lundi 30 juillet 2018

Les Crèvecoeur Tome 2 (Germain & Raphaël)

4e de couverture: L'Histoire et la guerre viennent une fois de plus bouleverser la passion que cultive Germain Crèvecœur pour les souliers féminins, en ravivant de douloureux souvenirs d'enfance. Otage du conflit franco-allemand dans lequel on exploite son talent et témoin d'un amour qui dérange, Germain se voit obligé de jouer les héros malgré lui pour protéger sa liberté et sa vie.

Il se raccroche alors à son génie créatif et tente de trouver le chemin qui mène au cœur des femmes, entraînant ainsi le lecteur dans le tourbillon de son destin exceptionnel. Trahisons, amour, secrets de famille, rien n'épargnera Germain dans sa quête du bonheur et surtout pas cette dernière confidence trouvée, bien malgré lui, au fond d'une petite boîte.

Entre passions et intrigues familiales, la saga des Crèvecœur est un hymne à la féminité autant qu'un voyage dans le cœur meurtri d'un homme à la sensibilité unique, qui espérait soigner son âme au fond d'une bottine pour dame.

Germain et Raphaël est le second et dernier volet de cette épopée familiale.

Risque de Spoilers sur le tome précédent. 

C'est avec soulagement (car j'ai enfin pu lire le dénouement des Crèvecoeur), mais également un petit pincement au coeur que j'ai refermé ce 2e et dernier tome. 
Après 3  ans d'attente, j'ai enfin lu le dénouement de cette saga qui m'a hanté pendant toutes ces années. 

Germain continue de dérouler son histoire à son fils Raphaël. Il nous raconte sa vie parisienne que la 2nde guerre mondiale va venir bousculer. 
C'est alors le temps des années sombres pour Germain et les Bonhomie, qui voient des trains arriver en gare de Drancy pour parquer les juifs. 
Dans ce 2e volet, Antonia continue de dérouler le fil de la vie de Germain, avec toujours autant de détails sur le monde des chaussures, tout en faisant entrer son anti-héros dans la grande Histoire. 

Ce fut encore une fois un plaisir de retrouver Germain, un personnage attachant qui nous surprend de par sa lâcheté (après tout il n'est qu'un homme) mais qui va devenir un héros malgré lui, en sauvant la vie d'Hanna, la petite fille de ses voisins. 
Dans ce tome là, les nouveaux personnages sont encore nombreux: de Erlmann, le soldat nazi (qui avait fait une apparition au début du premier tome, et c'est intéressant de voir les fils de l'histoire se tisser et nous faire nous poser mille questions), en passant par Ballantine, la jeune bonne d'une cliente de Germain, quand celui ci fait son retour à Bayeux, ou bien Garance, qui sera le grand amour de notre solitaire qui ne saura jamais vraiment aimer. Tous ont de multiples facettes qui les rendent très intrigants. 

C'est bien simple, je n'ai pas pu décrocher une seule minute, étant avide de savoir comment tout cela allait se boucler. 
La plume d'Antonia est des plus magiques. Il y a quelquefois des fulgurances de poésie dans certains passages qu'on se met à frissonner, tellement c'est beau. Le parti pris de la narration par Germain fait que celui ci devient un personnage exceptionnellement attachant, de par ses failles, ses faiblesses. Les passages du dernier chapitre dans la seconde partie "Raphaël" m'ont presque mis la larme à l'oeil tellement ce qu'il dit à son fils est beau. Et le procédé de la narration alternant le je et le tu, fait que, si Germain s'adresse à Raphaël, son fils dans les lettres, le lecteur se surprend à se mettre dans la peau de ce fils perdu et retrouvé...trop tard. 

Un point important que je n'avais pas relevé lors de ma précédente lecture: le rôle de la maison des Gervais-Crèvecoeur à Bayeux, au 15 rue Saint Malo, est primordial. Il est même central. Cette maison est le coeur du récit et c'est elle qui renferme cette noirceur et cette profondeur quasi macabre qui fait qu'on s'y sent mal à l'aise, tout comme Raphaël quand il l'a découvre. On se demande même pourquoi le destin s'acharne à ramener Germain dans cette maison qu'il a toujours détesté et qui va lui servir de tombeau. Antonia la décrit de telle manière que j'ai eu l'impression, bien souvent de m'y trouver. 
De par sa plume, Antonia lui a donné une âme, sombre certes, mais une âme qui fait qu'elle est vivante et renferme bien des secrets. 

Des secrets qui sont dévoilés au lecteur de fort belle manière, même si certains sont répétés plusieurs fois (je pense au secret de la naissance de Germain), mais c'est tout à fait normal: le point de vue étant celui de Germain, il découvrira le secret de sa naissance par son père, puis quelques pages plus loin par sa mère. Cela peut sembler redondant mais c'est un fait exprès; Cette répétition n'est là que pour nous montrer le chemin qu'a pris Germain pour découvrir les secrets de sa famille. 

Je dois dire que le final m'a beaucoup surpris: je ne m'attendais pas à avoir 3 épilogues se focalisant sur Edith en 1936, pour nous parler du destin de certains personnages qui ont croisé la route de la mère de Germain, sur Raphaël en 1975 et sur une certaine Eva (dont je vous tairai le patronyme pour un peu de suspense) la même année, bouclant ainsi la boucle de cette histoire de famille pas comme les autres. 

Au final, une saga flamboyante qui tient toutes ses promesses, écrite d'une plume poétique qui n'est pas sans rappeler celles du XIXe siècle. Il y a un souffle dans cette épopée familiale, rempli de secrets, de malheur et des personnages attachants aux destins tragiques pour lesquels on tremble et l'on espère des jours meilleurs. A n'en pas douter, "Les Crèvecoeur" resteront au panthéon des grandes sagas et ils ont tout à fait leur place aux côtés des Rougon Macquart, car, tout en nous parlant des secrets de famille, elle nous parle surtout  de la société du début du XXe siècle jusqu'aux années 70, tout en dressant un portrait magnifique du monde de la Chaussure. Jamais cet objet n'aura été autant sublimé qu'entre les pages des Crèvecoeur. 
"Les Crèvecoeur"? Une saga à lire absolument! 

Merci à Antonia de m'avoir permis de lire le fin mot de cette histoire. 

Antonia Medeiros: Les Crèvecoeur Tome 2 (Germain & Raphaël), Silk Thread Publishing, 285 pages (format ebooks), 2018


dimanche 29 juillet 2018

So Jazz #22 (Saison 3): Robin McKelle


Robin McKelle

Née en 1976, Robin McElhatten, plus connue sous le nom de Robin McKelle, est une chanteuse aux influences multiples (du jazz, bien sûr, en passant par le blues, la soul, la pop, la superbe rousse se ballade aisément dans tous les genres). 
Elle est souvent comparée à Ella Fitzgerald par ses fans de la première heure,mais Aretha Franklin ou Tina Turner ne sont pas loin dans la comparaison. 
Elle a fait ses débuts aux côtés de prestigieux artistes comme Michael McDonald ou Bobby McFerrin. Ses références musicales seraient pourtant plus Ray Charles ou Nina Simone. 

Elle sort ses deux premiers albums en big band (Introducing Robin McKelle (2006); Modern Antique (2008), suivi d'un album plus blues & soul music en 2010. Son 4e album sera nettement recentré autour de la soul et enregistré à Brooklyn au studio G par l'ingénieur Joel Hamilton. Soul Flower est clairement tourné vers la musique de ses débuts. 
C'est en 2014 qu'elle atterrit à Memphis (ville des studios Stax et Sun Records) pour enregistrer son album Heart of Memphis sous la houlette du producteur Scott Bomar. 
Deux ans plus tard, elle revient avec un album aux consonances plus pop, "The Looking Glass
Au printemps 2018, elle nous revient avec un album résolument  jazz, Melodic Canvas

Robin McKelle est aujourd'hui entré au panthéon des grandes chanteuses de jazz, et son dernier album en est la preuve. 

J'ai découvert Robin McKelle, il y a trois ans, lors de ma redécouverte du jazz, et j'ai de suite été charmé par sa voix chaude. Elle est auteure compositrice et son univers multiple qui la fait passer d'un genre musical à l'autre fait que tout le monde peut accrocher à sa musique, à un moment où à un autre. 

Pour illustrer ce billet, j'ai choisi un morceau de son dernier album qui démontre sa capacité à se mouvoir dans tous les styles. C'est une reprise d'une chanson française, que Ray Charles à adapté en anglais. Robin McKelle nous offre deux versions de cette chanson dans son album (celle de Ray Charles, mais également la version originale de la chanson). 


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Il est mort le soleil

Bonne écoute! 


samedi 28 juillet 2018

Les Crèvecoeur Tome 1 (Edith & Romain)

4e de couverture: Germain Crèvecœur, l'un des plus grands créateurs de chaussures pour femmes du XXe siècle, vient d'être retrouvé pendu. Il lègue à un fils mystérieux tous ses biens, y compris une maison étrange aux murs couverts de souliers féminins et des lettres dans lesquelles le défunt dévoile le roman de sa vie ainsi que ses plus terribles secrets...

Pris entre l'amour fusionnel de sa mère Édith et la folie fétichiste de son père cordonnier, Germain grandit au début des années 1920 conscient de sa différence et de sa sensibilité à l'élégance féminine. Des tragédies familiales et des secrets qui hantent son histoire, il puisera toute la force de sa passion créatrice afin de répondre à cette unique question : peut-on guérir son âme au fond d'une bottine pour dames ? 


Entre "Les Crèvecoeur" et moi, c'est une longue histoire qui a débutée il y a 4 ans avec la découverte du premier volet "Edith" (qui se trouve être la première partie de ce premier tome. Oui, je sais, c'est compliqué). J'avais été charmé mais en même temps frustré par la brièveté de ce premier volet. Il n'était clairement pour moi qu'un long prologue d'une centaine de pages, qui annonçait une saga de plus grande ampleur. 
Petit à petit, j'ai lu les deux autres volets suivants ("Romain" (qui conclut ce premier tome) et "Germain" (qui débute le second): de plus en plus l'histoire prenait de l'ampleur et des personnages fantastiques et attachants prenaient vie sous mes yeux. J'étais conquis, mais frustré car j'attendais de savoir le fin mot de l'histoire, que je n'eu jamais car le 4e volet ("Raphaël") ne paru jamais, la maison d'édition la publiant en France ayant fermée. 
C'est ainsi que je suis resté orphelin de l'histoire de Germain, de Raphêl, d'Edith et de tous les autres. 

Puis, il y a quelques mois, Antonia Medeiros me contacta pour me dire que la saga des Crèvecoeur allait revenir dans un nouveau format. Vous n’imaginez pas le bonheur que ce fut de voir revenir cette saga que j'aime tant. 

Quel moment idéal pour retrouver la saga que de la savourer en été. Je trouve que la saison est propice à ce genre d'histoire. 
Alors, pour bien faire les choses, j'ai décidé de reprendre l'histoire du début...et je dois dire que le charme a opéré de suite, et ce dès les premières pages. (ce qui ne fut pas le cas à la première lecture, où il m'avait fallu quelques chapitres pour entrer dans l'histoire). Ce fut un véritable bonheur de retrouver Edith, la mère de Germain, mais également Germain,  qui meurt au début du roman, en laissant à son fils, des lettres qui vont raconter son histoire. 

Dans cette édition, les défauts du roman ont été gommé,surtout le plus important: la brièveté des tomes. Le fait d'avoir réunis les deux premiers volets en un seul tome, fait que l'histoire est riche de personnages, de situations plus romanesques les uns que les autres: la découverte par Raphaël de l'existence d'un père qu'il n'a jamais connu, l'histoire d'Edith qui va s'enliser dans un mariage arrangé qui va faire de sa vie un enfer, et qui va trouver le bonheur en donnant naissance à Germain. L'enfance de celui ci entre une mère aimante et un père totalement absent et abject, cachant bien des secrets. 
Il y a toute une galerie de personnages truculents, inquiétants, lumineux et généreux: des Bonhomie (qui portent bien leur nom) à Mimei, la petite chinoise qui m'a encore une fois fait une étrange impression, et la flamboyante Ninon, jeune sénégalaise (qui nous parle de cette exposition des colonies qui eu lieu dans les années 30). 
C'est beau, palpitant, instructif et tout est là pour que l'on passe un merveilleux moment. La plume d'Antonia est belle et poétique. Il y a des passages de toute beauté qui nous décrit le monde des chaussures mais surtout dresse un portrait des femmes et l'amour de Germain pour cette féminité, qui fait palpiter notre coeur. Surtout, Antonia nous décrit un monde sombre et glacial dans la maison familiale de Germain à Bayeux, qui garde de lourds secrets et dans laquelle on ne se sent pas bien, pour ensuite nous emporter dans le Paris lumineux des années 30 où Germain prendra son envol. 

Au final, une saga familiale qui m'a encore une fois emportée dans son univers et, cete fois ci, sans frustration. Tout s'enchaîne parfaitement et l'on découvre un monde fascinant (celui des chaussures et plus particulièrement les chaussures de femmes), à travers un personnage tendre et énigmatique, en la personne de Germain, que tout comme Raphaël, le lecteur découvre avec envie et angoisse. 
Cette relecture fut un véritable bonheur et je n'ai qu'une hâte: commencer le 2e tome pour (enfin!) savoir quel destin attend Germain et quels secrets il va nous dévoiler sur son passé. 

Pour avoir mon ressenti de ma découverte de cette saga, voici le lien des deux premiers volets: Edith et Romain

Le livre peut être commandé sur amazon, fnac, Chapitre.com. Plus d'infos sur le site de l'auteure:Antonia Medeiros 

Merci à Antonia  pour sa confiance et pour la découverte de cette magnifique édition. 

Antonia Medeiros: Les Crèvecoeur Tome 1 (Edith & Romain), Silk Thread Publishing, 295 pages (format ebook), 2018


jeudi 26 juillet 2018

Quand Damas refleurira

4e de couverture: 2014, Madrid. Sarah, hispano-syrienne, vit dans l’angoisse : elle est sans nouvelles du père de sa petite Sham depuis qu’il a été enlevé dans la banlieue de Damas, sans doute par l’armée de Bachar el-Assad. Elle décide de raconter son année 2011. L’année où fut conçue Sham, l’année où le monde arabe se réveilla – l’année où tout commença. Une façon pour Sarah de continuer à garder espoir… En retraçant les trajectoires de Mazen, syro-palestinien, la conservatrice Wafa, qui attend le prince charmant, Hussein, chiite, Rudayna, virtuose du luth dont la famille est proche du régime, Osama, reporter idéaliste, Sarah nous embarque dans le quotidien des jeunes Damascènes, entre aspiration d’ouverture et condamnation à la fermeture. Et brosse le portrait d’un pays aux multiples couleurs, aux innombrables parfums et à la culture millénaire dont aucun
dictateur ne pourra museler l’âme romanesque.
À la fois chant d’amour, récit initiatique, mémoires et précis politique, ce tableau incarné d’une jeunesse assoiffée de révolution nous offre un aller simple pour Damas et un témoignage hors
des sentiers battus sur la guerre la plus documentée de notre nouveau siècle.


Le premier roman de la journaliste hispano-syrienne, Leïla Nachawati est des plus exigeants mais également un formidable témoignage sur les événements tragiques de Syrie. 

Habituellement, je ne suis pas attiré par les romans traitant d'une actualité récente et brûlante. J'ai besoin de rêver. Cependant, je ne sais pas ce qui m'a attiré par ce livre: peut être le fait d'en savoir un peu plus sur ce conflit syrien dont on entend parlant, de si loin. 
Je pensais alors le faire à travers un roman, plus facile pour aborder ce point qu'un livre d'actualité, me racontant les faits bruts. 

Sauf que je ne savais pas que l'auteure était journaliste. C'est alors bien plus qu'un roman qu'on lit quand on se plonge dans "Quand Damas refleurira". Le style très journalistique de l'auteure nous plonge brutalement dans le quotidien de nombreux personnages: de Mazen à Wafa, en passant par Sarah, Ossama, Walid et tant d'autres que je n'ai pas forcément retenus. Cela donne alors une cartographie humaine du conflit mais surtout du quotidien de tous ces syriens. 
Leïla Nachawati va nous raconter l'avant et l'après révolution syrienne, en nous parlant des écho des printemps arabes qu'à connu la Tunisie et l'Egypte quelques mois plus tôt en 2011. C'est passionnant et vibrant de voir tous ces personnages de papier, tellement vivants sous nos yeux, voir leur conscience s'ouvrir et la révolte gronder. On suit le quotidien de ces jeunes hommes et ces jeunes femmes qui vont vouloir vivre une vie pleine de libertés et surtout y croire. 
Alors, c'est un livre difficile à résumer, tellement il se passe de chose: les livres consacrés aux personnages de Mazen, Wafa,Osama et tant d'autres, sont constitué de paragraphes titrés plus ou moins loin qui déroule le fil de l'histoire avant la révolte mais également après et toute les conséquences, souvent tragique, qui en ont découlé. Tout ça entrecoupé par le journal de Sarah, cousine de Wafa, qui vit en Espagne et qui participe à la révolution en traduisant des vidéos ou en les diffusant sur le net pour que le monde entier soit au courant de ce qui se passe en Syrie. 

C'est également un livre exigeant que j'ai pris le temps de lire pour pouvoir tout bien comprendre. On sent, dans le style de l'auteure que celle ci est journaliste, car elle essaye de le rendre fluide, mais les multiples informations qu'elle nous communique font que cela prend du temps pour tout assimiler. Puis c'est un livre difficile dans son contexte, car on assiste à l'espoir de toute cette population en révolte, devant les révolutions des pays voisins, mais aussi aux désillusions devant la résistance du pouvoir en place. L'auteure ne nous épargne rien. On assiste aux tortures, aux meurtres des habitants, aux arrestations musclées. Je crois que la scène qui m'a le plus meurtri est celle de la décapitation par une bombe d'une petite fille. C'est brutal, brûlant, mais aussi rempli d'espoir et la fin, écrit sous forme d'avenir utopique mais que l'on voudrais voir se réaliser, nous laisse espérer un monde meilleur. 

Au final, un roman exigeant, mais passionnant sur la révolte syrienne et la vie en Syrie. Leïla Nachawati, par le prisme du roman, fort bien documenté, rend hommage à tous ces hommes et toutes ces femmes qui se sont battus et qui se battent encore contre le régime dictatoriale qui gouverne la Syrie. Un roman bouleversant pour comprendre ce qui se joue aujourd'hui, dans ce pays du Moyen Orient. Un livre essentiel qui permettra, j'espère, d'ouvrir les consciences. 

Merci aux Editions Presses de la Cité pour cette découverte. 

Leïla Nachawati: Quand Damas refleurira, (Cuando la revolucion termine), Presses de la Cité, 406 pages, 2018



mercredi 25 juillet 2018

La Discothèque du 20e siècle #279

En 1989, le flamboyant Simply Red, reprend cette chanson des années 70 pour l'emmener vers les sommets des classements.

Simply Red: If you don't know me by now (1989)


Splendide reprise d'un standard de la soul dont on doit l'original au groupe américain Harold Melvin & The Blue Notes, ce tube planétaire permet au chanteur Mick Hucknall, ex-leader du groupe punk Frantic Elevators et ex-DJ de la région de Manchester, d'asseoir sa popularité tandis que le 3e album de son groupe, A New Flame, accumule les disques d'or et de platine. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1989", Polygram Direct)

Bonne écoute!


dimanche 22 juillet 2018

So Jazz #21 (Saison 3): Thelonious Monk


Thelonious Monk

Né le 10 octobre 1917, Thelonious Monk est un pianiste et compositeur américain célèbre dans le style d'improvisation, mais aussi en tant qu'auteur de standards de jazz. 

Il commence à jouer du piano dès l'âge de 6 ans,en autodidacte. 
Il suivra des cours à la Stuyvesant High School, mais n'obtiendra pas son diplôme. 

Il trouve du travail en tant que musicien de jazz. Il est engagé comme pianiste au Minton's Playhouse, un club de Harlem. Il attire ainsi les grands de l'époque, Dizzie Gillepsie, Bud Powell et Charlie Parker. 
En 1944, Monk enregistre en studio pour la première fois avec le quartet de Coleman Hawkins. C'est lui qui aidera Monk au début de sa carrière, qui lui rendra la pareille en l'invitant à le rejoindre lors de sessions pour John Coltrane, en 1957. 

En 1947, il enregistre pour la première fois sous son nom pour Blue Note. On remarquera alors son talent de compositeur. 
Monk passe les années 50 a composer, jouer et enregistrer dans des théâtres. 

Alors qu'il va signer pour le label Riverside, Monk est reconnu par le milieu du jazz mais ne vend pas beaucoup d'albums. Sa musique est considérée peu accessible pour le grand public. Son nouveau label parvient à convaincre Monk d'enregistrer deux albums avec seulement des standards de jazz. Il enregistrera alors "Thelonious Monk Plays Duke Ellington"
Après ces deux enregistrements, il publie l'album "Brillant Corners", qui contient beaucoup de ses compostions. Cet album est considéré comme l'un de ses meilleurs. 

Quand il récupère sa carte de musicien, qu'il avait perdu lors d'une sombre affaire de drogue,quelques années plus tôt, il peut de nouveau jouer dans les clubs. C'est ainsi qu'il fera la rencontre de John Coltrane. De ses années intense de production, il ne reste que très peu d'enregistrements de qualité. Pourtant, dans les années 2000, on retrouva un enregistrement live de qualité qui réunit ces deux grands géants du jazz. C'est l'album "Thelonious Monk Quartet with John Coltrane at Carnegie Hall". Un album important de deux grands géants du jazz. 

Le dernier enregistrement de Monk date de novembre 1971, avec Art Blakey, Dizziz Gillepsie, Al McKibbon, Sonny Stitt et Kai Winding, formant le groupe Giant of Jazz. Il se produira sur scène durant cette même année. 
Le 3 juillet 1975, il joue son dernier concert accompagné sur scène, entre autre, par son fils, Thelonious Sphere Monk III. 

Il vit les 6 dernières années de sa vie sans toucher le piano, parlant très peu. 
Il meurt d'une attaque cérébrale le 17 février 1982. 
Le grand public redécouvrira sa musique après sa mort, faisant de lui une figure majeure de l'histoire du jazz, au même rang que Miles Davis ou John Coltrane. 

En ce qui me concerne, j'ai connu Thelonious Monk de nom durant longtemps avant d'entendre sa musique. Ce que je retiens est son talent de compositeur et ses morceaux qui nous accompagnent et qui sont repris encore aujourd'hui par les plus grands. 
Si je l'ai choisi dans cette 3e saison (alors que ma découverte est assez récente), c'est parce que nous avons fêté l'année dernière, les 100 ans de sa naissance. 

Pour illustrer ce billet, je ne pouvais pas faire autrement que de choisir son standard le plus célèbre, à mes yeux. En tout cas, l'un des plus repris, que ce soit en paroles ou en musique, et qui donna le nom à l'un des films de Bertrand Tavernier "Autour de Minuit". 


Round Midnight

Bonne écoute! 


vendredi 20 juillet 2018

Dernier été pour Lisa

4e de couverture:On les appelle « les Inséparables » : Lisa, Nick et Ethan, trois adolescents qui grandissent ensemble près du lac Michigan, dans une bourgade du Wisconsin. À la fin de l’été 2004, leur paisible existence vole en éclats : Lisa est retrouvée assassinée sur la plage. Après une enquête bâclée, Ethan, son petit ami, est arrêté et condamné à la prison à vie.
Douze ans plus tard, installé à New York, Nick est devenu un écrivain à succès. Mais les fantômes du passé ne sont pas près de le laisser en paix : contre toute attente, Ethan vient d’être remis en liberté. De retour dans sa ville natale, Nick va devoir affronter l’hostilité des habitants, toujours convaincus de la culpabilité de son ami. Pour innocenter définitivement son ami et parvenir à se reconstruire, il n’aura d’autre choix que de faire la lumière sur la mort de Lisa et de retrouver le véritable meurtrier.
Avec ce nouveau thriller d’une redoutable efficacité, Valentin Musso nous entraîne au cœur d’une petite ville américaine en apparence sans histoires, et qui cache bien ses secrets

Il y avait longtemps que je voulais découvrir la plume de Valentin Musso (après avoir découvert il y a plusieurs années, celle de son frère Guillaume, avec son premier roman "Et après"). J'ai profité de son dernier roman pour le faire. 
Je dois dire que Valentin Musso sait trousser un thriller pour le rendre efficace. Sa plume alerte, fluide, et ses dialogues ciselés,qui font mouche, tiennent le lecteur en haleine. Il a l'art de mener celui ci en bateau pour l'embarquer dans son histoire. 
Honnêtement, ce genre de suspense,c'est tout ce que j'aime: une ancienne affaire dont on rouvre le dossier, des amis perdus de vue après le drame qui essaient de se reconstruire, puis, c'est aussi un roman sur l'innocence perdue à cause de la mort d'une jeune fille qui avait toute la vie devant elle. Il y a également le point de vue de la petite ville de campagne qui cache bien des secrets que la réouverture de l'enquête va raviver. Certaines rancoeurs et coups bas qui vont être dévoilé au lecteur. 
Dans ce genre d'histoire qui revient sur une sombre affaire du passé,  celui ci  ne peut être dévoilé qu'avec  des flashbacks, pour ainsi dire au lecteur ce qui s'est passée cette fameuse nuit d'été 2004. Je dois dire que cela fonctionne bien. Ainsi que le fait que le personnage de Nick, qui n'est qu'un simple écrivain enquêtant sur la mort de Lisa afin d'innocenter son meilleur ami Ethan, qui vient juste de sortir de prison, pour réhabiliter son honneur et surtout savoir qui a tué Lisa, fait que le lecteur s'identifie à lui et entre dans ses pas pour essayer de savoir qui est derrière tout ça. 
Tous les personnages du roman sont bien construit et chacun garde des secrets enfouis qu'ils vont révéler à un moment ou  à un autre: que ce soit la famille de Nick, sa mère, son frère Adam, les anciens camarades de classe, Connie, Madison ou Richard, le frère de Lisa, chacun va se dévoiler et se livrer à Nick, et aussi au lecteur. 
Le personnage d'Alister Brandeau ressemble fortement à tous ses écrivains ou reporters qui rouvrent des dossiers comportant une éventuelle erreur judiciaire, comme on peut en voir dans les romans ou films américians (mais qui existent dans la vie). On pourrait croire qu'il n'est juste qu'un faire valoir et qu'il n'est là que pour aider Nick, mais Valentin Musso lui donne une identité propre et un passé qui éclaire son parcours et le fait qu'il s'intéresse à ces cas d'erreurs judiciaires. Son histoire est d'ailleurs fort intéressante. 
Enfin, pour tout vous dire, j'ai adoré ce thriller, aux accents très américains, à tel point qu'on en oublie que l'auteur est français. Sauf que là où un auteur américain aurait tout misé sur l'action, Valentin Musso n'oublie pas le côté psychologique des personnages, bien mis en avant. Bien évidemment, les révélations sont légions et nous laissent par terre, en tout cas, je ne les ai pas vu venir. Pourtant, je me suis creusé la tête pour chercher la solution. 
Et je dois dire que le final et la révélation de l'enquête de Nick m'a laissé sur les fesses. Je ne m'attendais pas à une fin pareille. Et cela n'est pas le seul secret qui va être révélé dans l'histoire, qui dévoile son lot de surprises jusqu'au bout. 
Au final, un thriller réussi pour Valentin Musso, qui, à travers cette histoire d'adolescence déchue et d'innocence perdue, dépeint un côté sombre des petites villes américaines, qui cachent bien des secrets. Un thriller efficace, bien écrit, et qui m'a fait passer un excellent moment de lecture. Je pense que ce ne sera pas la dernière fois que je lirai du Valentin Musso, tellement il m'a convaincu avec ce "Dernier été pour Lisa". 

Merci aux Editions du Seuil pour cette palpitante découverte.

Valentin Musso: Dernier été pour Lisa, Seuil, 399 pages, 2018



mercredi 18 juillet 2018

La Discothèque du 20e siècle #278

En 1988, le groupe Eight Wonder se fait connaitre avec ce titre qui deviendra un grand succès.

Eighth Wonder: I'm not scared (1988)



 Après avoir obtenu un joli succès en Grande Bretagne (n°7) cette chanson s'infiltre dans le Top 50 français, où elle passe la bagatelle de 18 semaines. Dans le groupe, qui a l'outrecuidance de s'appeler "Huitième Merveille" on trouve la très jeune et très jolie Patsy Kensit, qui fera bientôt ses débuts d'actrices dans Absolute Beginners aux côtés de David Bowie,, avant de devenir en secondes noces la femme de Liam Gallagher, le jeune chanteur du groupe anglais Oasis. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1988", Polygram Collections)

Bonne écoute!



mardi 17 juillet 2018

The Cakemaker


Synopsis: Thomas, un jeune pâtissier allemand, a une liaison avec Oren, un homme marié israélien qui voyage régulièrement à Berlin pour affaires. Quand Oren meurt dans un accident de voiture, Thomas se rend à Jérusalem à la recherche de réponses concernant sa mort. Sans révéler qui il est, Thomas se plonge dans la vie d'Anat, la veuve de son amant, qui tient un petit café. Il commence alors à travailler pour elle. (Source :Allociné)

Il y a bien longtemps que je n'avais pas parler de film sur mon blog (je parle ici, de films sorti récemment au cinéma, mes billets sur les Hitchcock, ne comptent pas). 
Mais ce film m'a tellement bousculé à l'intérieur, qu'il fallait que j'en parle. 

Parfois, il est de bon ton d'écouter son instinct. Ce film est venu à moi par hasard. Lors de mon travail, je passe souvent devant un cinéma (qui se trouve dans ma ville natale à une trentaine de km de là où j'habite)  et je m'arrête toujours 30 secondes, une minute pour regarder les grandes affiches sur la devanture (je précise que c'est un petit cinéma avec deux salles, et qu'il n'y a donc que deux affiches mis en avant). La semaine dernière, je passe devant ce cinéma et mes yeux s'arrête sur l'affiche de "The Cakemaker". Et de suite j'ai été attiré par elle (de par l'acteur qui orne l'affiche et qui a le rôle principal du film) mais aussi par son titre très intriguant. 
Ni une ni deux, en rentrant chez moi, j'ai fait quelques recherches sur le film,j' ai vu la bande annonce et j'ai de suite voulu le voir...sauf que ce film,sorti le 6 juin, au cinéma, n'était diffusé que dans ce petit cinéma (pour vous dire, je n'ai jamais croisé l'affiche de ce film dans la ville où j'habite. Je pense donc qu'il n'a pas dû être diffusé). 
Et là, l'envie à été tellement forte que j'ai fait 30 km pour aller voir un film (alors que je ne suis même pas fichu d'aller faire 1 km a pied pour aller au cinéma proche de chez moi). 

Et je ne regrette pas du tout le petit voyage car ce film est un petit bijou et je m'en serai voulu d'être passé à côte. 

Tout d'abord l'histoire:elle est  tirée de faits réels dont le réalisateur s'est inspiré: il connaissait un homme qui menait une double vie. A la mort de ce dernier, sa veuve a dû faire face à la trahison de son mari, qui la trompait avec des hommes et faire le deuil de celui ci. Mais le réalisateur a également voulu montrer le cheminement de l'amant dans la construction de ce deuil, par le personnage ficitif de l'amant: ici Thomas, le pâtissier allemand. 

C'est un film remarquable, qui de par une histoire forte et touchante, va au plus profond de l'être humain. Il n'est pas ici question d'homosexualité: celle ci est très secondaire. C'est un film sur le deuil et comment l'accepter quand, d'un côté, la femme du défunt apprend la tromperie de son mari, et de l'autre, l'amant du mari, qui aimait cet homme plus que tout,et ne peut pas faire le deuil de celui ci car il ne sait pas du tout où il est enterré. 

Le film débute réellement à Jérusalem, avec la découverte pour le spectateur, de la femme d'Oren, Anat, et de son fils, et de l'arrivée de Thomas dans cette même ville...et sa rencontre avec Anat. 
Une relation belle et forte va s'installer entre les deux qui vont commencer à se connaître avant de s'apprivoiser. Alors il est vrai que les cartes sont truquées car seul Thomas sait qui est réellement Anat, elle ignorant complètement qu'elle a engagé dans son café, l'amant de son mari. 

Il y a des plans d'une telle intensité dans ce film qui parfois se fixe sur les visages tellement expressifs des acteurs (Sarah Adler et Tim Klakhof (une véritable révélation pour moi)) qu'il n'y a pas besoin de mots pour comprendre, la solitude des personnages. 
Celui qui m'a le plus ému et touché, est certainement Thomas: sa solitude qui d'un coup est éclairé par l'arrivée d'Oren dans sa vie et qui voit son monde s'écrouler quand il apprend la mort de celui ci, est des plus bouleversante et j'ai été souvent ému. 

C'est un film où l'action est inexistante mais on s'en fiche. Il se dégage une telle intensité, et une telle exacerbation des sentiments qu'on est porté par le film et que le temps s'écoule très vite. Honnêtement, je n'ai pas vu le temps passer devant ce film. 

Mention spéciale dans ce film à Tim Kalkhof qui montre toute une palette de sentiments et qui n'hésite pas à se mettre à nu (dans tous les sens du terme) pour nous montrer la solitude et le vide qui s'est installé dans la vie de Thomas. Thomas essaye de se reconstruire en s'installant à Jérusalem, et pense, en se rapprochant d'Anat et de son fils, qu'il se rapprochera de l'homme qu'il aime. 

Risque de Spoilers sur la fin du film (mais je ne peux pas faire autrement que d'en parler tellement cette scène m'a retournée émotionnellement)
L'une des scènes finale est un véritable déchirement: encore une fois la caméra se fixe sur le visage de Thomas qui éclate en sanglot et son chagrin nous explose en plein coeur, tellement fort qu'on ne peut qu'être au bord des larmes (honnêtement je me suis pincé très fort pour ne pas pleurer à ce moment là). 

Fin des Spoilers

Il y avait bien longtemps qu'un film ne m'avait pas autant secoué. Tout est quasiment parfait: le jeu des acteurs tout en intensité et en retenu. La réalisation très subtile dans la démonstration des sentiments et la musique de Dominique Charpentier qui habille magnifiquement les images du film, tout en délicatesse font de ce film un petit bijou qui va rester longtemps gravé dans ma mémoire. 

L'un des plus beaux films que j'ai pu voir cette année. Une petite pépite que je vous encourage fortement à aller voir. 





Love, Simon (Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens)

4e de couverture: « Moi, c'est Simon. Simon Spier. Je vis dans une petite ville en banlieue d'Atlanta. J'ai deux sœurs, un chien, et les trois meilleurs amis du monde. Je suis fan d’Harry Potter, j’ai une passion profonde pour les Oréo, je fais du théâtre. Et je suis raide dingue de Blue.

Blue est un garçon que j’ai rencontré sur le Tumblr du lycée. Je le croise peut-être tous les jours, mais je ne sais pas qui c’est. On se dit tout, sauf notre nom. À part Blue, personne ne sait que je suis gay. »

Simon est gay, mais uniquement derrière son écran, où il entretient la plus parfaite relation virtuelle avec Blue. Un jour, un garçon de son école découvre son secret. Il accepte de ne rien dévoiler à une condition : obtenir un rendez-vous avec sa meilleure amie.

'Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens" est un roman que j'avais envie de découvrir dès sa sortie. Il aura fallu que j'attende la sortie du film pour me décider à l'acquérir à et à le lire. 
C'est maintenant chose faite et je dois dire que je n'en sors pas "foufinou". 

Alors, c'est un roman sympathique à lire, qui se lit très vite. Les personnages sont tous très mignons (à commencer par Simon qu'est trop chou) et l'histoire est mignonne. 
Et si ce roman (et le film qui en découle)  peut aider les jeunes homos à faire leur coming-out, c'est très bien. 

Mais...il y a un gros hic avec ce roman: c'est qu'il est trop positif (alors, je n'ai rien contre la positivité, mais là c'est pas possible): on a l'impression qu'on est dans le pays des bisounours. Exemple: quand Blue dit à Simon qu'il va faire son coming out devant ses parents, Simon se décide à le faire devant ses amis et sa famille (petite précision tout de même: Simon sait qu'il est gay depuis longtemps et n'a aucun problème avec ça. Seulement, il ne voyait pas l'utilité de le dévoiler à ses proches)...et là, tout se passe pour le mieux: ses amis l'acceptent tel qu'il est, sa famille, n'en parlons pas: ses parents trouvent cool qu'ils soit gay et qu'il le leur ai dit surtout. Bon, je vous l'accorde, certains coming-out se passent bien dans certaines familles...seulement, au vu de la réalité, cela ne se passe pas toujours au mieux et on voit souvent certains jeunes mis à la porte de chez leurs parents parce qu'ils sont homos. Disons, que ce qui me gêne ici, ce n'est pas que l'acceptation de l'homosexualité de Simon se passe bien, c'est qu'il aurait fallu, par exemple, que celle de Blue présente quelques difficultés, pour montrer les deux facettes du coming-out. 
Un autre exemple où le bas blesse, c'est quand l'homosexualité de Simon est lâchée sur internet et que tout le lycée est au courant. C'était le bon moyen de voir Simon en baver un peu (car c''est souvent ça dans certains lycées: il ne faut pas oublier que les enfants et les ados sont parfois cruels entre eux et surtout en meute) devant ses camarades de classes. Sauf que ce n'est pas le cas. Il est bien la cible de quelques chamailleries, mais cela ne va pas très loin. 

En fait, à force d'angélisme, le roman de Becky Albertalli s'éloigne un peu trop de la réalité et ne donne qu'une image positive de l'acceptation de soi et ici de l'homosexualité d'un personnage, qui fait qu'elle peut être faussée, surtout que ce livre concerne les ados. Alors, c'est bien de vouloir délivrer un message positif et donner une lueur d'espoir...mais il est aussi important de montrer l'autre facette, celle un peu plus sombre de la vie (il aurait été plus intéressant de voir le parcours de Simon avec quelques embûches, ce qui n'aurait pas empêcher un happy  -end) . Ce que certains romans ados font comme "Qui es tu Alaska" de John Green ou "13 reasons why" qui montre un côté beaucoup plus sombre et morbide de la jeunesse et de leurs tourments. 
Alors un peu de positivisme dans un roman, c'est bien. Si celui ci est poussé à l'extrême, cela fausse tout et on n'y croit plus. 

Bon, clairement, je ne suis pas la cible de ce roman, moi qui dont l'adolescence est loin, mais j'ai été parfois ému par des romans jeunesses comme ceux de John Green, par exemple, qui décrit de fort belle manière l'adolescence. Mais j'aurai pensé qu'avec Simon, tout ne serait ps si rose...je me suis planté. 

Au final, un roman jeunesse qui se lit bien et qui est fort agréable à lire, mais dont je ne me suis pas senti proche car trop éloigné de la réalité. Alors, il est vrai qu'il est bon de rêver et de s'évader en lisant un livre, mais quand celui ci parle d'un sujet important comme le coming-out, j'estime qu'il faut qu'il soit ancré dans une certaine réalité et qu'il montre les multiples facettes de cette thématique. Ce qui n'est clairement pas le cas ici. 
Toutefois, je retiendrai ces phrases très juste que l'auteure évoque dans le livre, par l'intermédiaire de son personnage,Simon: 

"Le plus étrange, c'est qu'ils ont réussi à transformer ça en un énorme coming-out. Ce qui ne peut pas être normal. Pour autant que je sache, la plupart des gamins hétéros n'ont pas à stresser à ce sujet. 
[...]
Mais je suis tellement fatigué de faire mon coming-out. Ça n'en finit pas. J'essaie de ne pas changer, imperceptiblement. Je me trouve une copine. Je bois une bière. Et, chaque fois, je dois l'annoncer à l'univers tout entier."(p.56)

Becky Albertalli: Love, Simon (Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens), (Simon vs the homo sapiens agenda), France Loisirs, 315 pages, 2015 (2018 pour la présente édition)




dimanche 15 juillet 2018

Tous les soleils d'hier

4e de couverture: Ça commence avec un tableau, Les Tournesols de Van Gogh, accroché au mur par une femme convaincue que les hommes sont capables de grandes et belles choses.
Et il y a ces deux garçons, Ellis et Michael, inséparables.
Puis ces garçons deviennent des hommes, et plus que des amis.
Et un jour Annie entre dans leur vie.
Et ça ne change rien.
Et ça change tout.
Bien des années, plus tard, Ellis est un homme seul à qui revient le souvenir de bonheurs enfuis, par petites touches, tels les coups d’un pinceau formant les images lumineuses de la jeunesse et de l’amour

Clopin Clopant, je continue ma découverte des livres de la maison d'édition Stéphane Marsan. 

J'avais beaucoup d'attente avec ce livre, et ce, parce que l'éditeur lui même avait dit que c'est un livre qui l'avait bouleversé. 
Je comprend son enthousiasme avec ce roman. Ce dernier est fabuleux et fait battre notre petit coeur jusqu'au point de le faire chavirer à plusieurs moments. 
Ce roman, c'est quoi: une histoire d'amitié amoureuse entre deux garçons, Ellis et Michael, qui se rencontre à Oxford (la ville, pas le collège). Chacun va être confronté à un drame: la perte de sa mère pour Ellis et celle de ses parents pour Michael. 
Mais tout commence en fait par un tableau: "Les Tournesols" de Van Gogh, que Dora Judd, la mère d'Ellis, gagne à une loterie. Elle choisi d'ailleurs le tableau contre l'avis de son mari qui aurait voulu qu'elle prenne la bouteille de Whisky. C'est ainsi qu'on découvre le premier acte de rébellion d'une femme peut être soumise. 

Cette amitié amoureuse entre les deux garçons va être chamboulé par la rencontre d'Annie, un soir de décembre, à quelques jours de Noël. Ellis tombe sous le charme de la jeune fille. Mais cette amitié qui aurait pu être brisée par cette rencontre va s'en sentir renforcé et le duo devient trio. 

Alors non, je n'ai pas pleuré lors de ma lecture (pourtant parfois ce n'était pas loin) mais je ne peux pas dire qu'elle ne m'a pas bousculé à l'intérieur. La plume délicate et poétique de Sarah Winman à su tout de même trouver la porte d'entrée de mon coeur. Pourtant, elle déstabilise au départ de par la construction du roman. En effet, les dialogues sont inclus dans la narration, ce qui fait qu'il faut faire une petite gymnastique de l'esprit pour pouvoir trouver son rythme. Mais une fois trouvé, le voyage est merveilleux. 

Le roman est découpé en deux parties distinctes: on suit d'abord Ellis en 1996, la quarantaine, qui travaille dans une usine, la nuit, et qui vit seul après la mort de sa femme. C'est de par ses souvenirs qui le hantent parfois que le lecteur va faire la connaissance du jeune Ellis, de Michael et d'Annie. Puis, le lecteur apprendra les drames qu a frappé Ellis...qui découvrira dans le grenier de son père, un carton contenant les affaires de Michael, dont un petit carnet où celui ci s'est confié. 
C'est ainsi que Michael prend la place d'Ellis dans le récit pour nous raconter sa vie à Londres. 
Je dois dire que c'est à partir de cette partie là que j'ai été le plus bousculé et que certains passages ont été compliqué à lire. Compliqué émotionnellement parlant: le destin de G. et de Chris, m'a vraiment bouleversé. Puis, j'ai découvert plus en amont la belle relation entre Ellis et Michael, lorsqu'ils étaient adolescents. Cette relation, décrite avec la plus grande subtilité par l'auteure, est des plus belles et troublantes qui soit. Troublante pour les protagonistes de l'histoire. 

Je ne peux pas dire que ce roman ne m'a pas touché, ce serait mentir. Mais il ne m'a pas fait pleurer. L'histoire est belle, touchante. On se sent tout de même bousculé au fond de notre être par cette belle amitié entre deux garçons et une fille, dont le lien et le ciment n'est autre qu'Ellis. 
C'est beau et triste comme un soleil couchant, chaud et brûlant comme un soir d'été devant un champ de Tournesols. Un roman qui ne laisse pas indifférent et qui va vous dévoiler une belle image de l'amitié entre trois êtres qui ont su se trouver et s'aimer. Mais le destin est souvent cruel...mais chut, ne brisons pas le rêve. Pour le lecteur ou la lectrice qui va découvrir ce roman, le soleil brille encore comme un tournesol de Van Gogh. 

Sarah Winman: Tous les soleils d'hier, (Tin Man), Stéphane Marsan, 221 pages, 2018


So Jazz #20 (Saison 3): Dee Dee Bridgewater


Dee Dee Bridgewater

Née le 27 mai 1950 à Memphis (Tennessee), Dee Dee Bridgewater, de son vrai nom, Denise Eileen Garret est une chanteuse de Jazz. 

Dee Dee Bridgewater baigne très tôt dans le jazz. Normal, me direz-vous, son père, Matthew Garret, est trompettiste de jazz. A 16 ans, elle intègre un trio de rock et de rythme'n'blues, qui donne des concerts dans le Michigan. 

Elle donne de nombreux concerts, et notamment en Union Soviétique en 1969. Elle rencontre, l'année suivante, le trompettiste bugliste, Cecil Bridgewater. Ils se marient et emménagent à New York, où son mari se produit dans le quintette d'Horace Silver. 

En 1971, Dee Dee intègre l'orchestre de Thad Jones et Mel Lewis en tant que chanteuse. C'est ainsi que sa carrière débute et qu'elle va collaborer avec les plus grands jazzmen du moment: Dizzy Gillespie, Sonny Rollins, Dexter Gordon...

En 1974, elle sort son premier album Dee Dee Brisgewater, orienté soul et funk. La même année, elle joue dans la comédie musicale The Wizz à Broadway. 

Après avoir joué en France, la comédie musicale, Sophisticated Ladies, en 1984, elle s'installe à Paris, deux ans plus tard puis à Garges-lès-Gonesse où elle vit jusqu'en 1993. 
En 1986, elle joue le rôle de Billie Holliday, dans Lady Day
En 1989, elle remporte un gros succès avec Precious Thing qu'elle interprète en duo avec Ray Charles. 

En 1994, elle collabore enfin avec Horace Silver qu'elle admire depuis longtemps pour l'album "A Tribute to Horace Silver. 
Elle rend hommage à Ella Fitzgerald, en 1997, dans un album intitulé Dear Ella, pour laquelle elle remporte un Grammy Award du meilleur album de jazz. 

Dee Dee Bridgewater est la première américaine à être membre du Haut Conseil de la francophonie. elle est également fait chevalier de l'Ordre National du Mérite, ainsi que l'Officier des Arts et des Lettres. 

En 2017, elle sort un nouvel album Memphis...Yes I'm ready. 


Le premier souvenir vocal que je garde de Dee Dee Brisgewater sera toujours ce duo magnifique avec Ray Charles. Precious Thing. Il est vrai que je la connais peu...mais je n'en suis qu'aux prémisses de ma découverte du jazz . 

Alors j'aurai pu choisir le duo avec Ray Chaarles pour illustrer ce billet, mais cela aurait été trop facile. En faisant quelques recherches, je suis tombé sur une chanson qui m'enthousiasme beaucoup cr on découvre toute la dextérité de la voix de Mrs Bridgewater. 


Song for my father

Bonne écoute!