dimanche 31 décembre 2017

Bilan 2017

Les années passent trop vite.
Voilà déjà le bilan de l'année 2017 qui s'achève dans quelques heures maintenant.
Cette année, j'ai réussi à conserver mon rythme de l'année dernière en alternant billets littéraires et musicaux, mes deux grandes passions.

Passons maintenant au bilan.
Côté musique, le jazz a pris une place toujours plus importante et je prend toujours plaisir à l'écouter. C'est idéal pour se réveiller le matin en douceur, en compagnie de mon duo matinalier préféré: Laure Albernhe et Mathieu Beaudou qui animent "Les Matins Jazz" sur TSF Jazz. Quel bonheur de se réveiller à leurs côtés.

De mes découvertes Jazz de l'année, j'en retiendrai 3:

Mammal Hands:


Mélanie de Biasio (qui a réussi à m'apprivoiser au fil du temps):


Deva Mahal:


Il y en a eu d'autres bien sûr, mais ce sont ces 3 là qui ont retenu mon attention.


Maintenant, du côté des Livres (et donc de mes lectures):

En 2017,mon rythme de lecture a été plus qu'excellent pour moi avec une moyenne de 8 livres par mois (sauf pour le mois de décembre où j'ai été à la ramasse et cela s'est un peu ressenti sur le blog qui a tourné au ralenti).

Au final, j'ai lu 92 livres (soit 20 de plus que l'année dernière)

Voici les livres que je retiendrai:

Mes trois  coups de coeur de l'année:


un roman vibrant comme une corde de violon, sensuel comme la voix d'une chanteuse de tango, triste comme le son d'un bandonéon, et qui m'a touché en plein coeur. Un beau roman, sur le  tango (sans oublier les femmes) , cette musique sensuelle et cette danse charnelle, à laquelle Carolina de Robertis, rend un vibrant hommage. 








un 2e volet qui m'a encore plus charmé que le premier, et qui n'a pas entaché mes souvenirs d'enfance. Une véritable claque qui m'a fait chavirer le coeur











un roman qui fait du bien, mais pas que: il nous parle également du deuil de manière sincère et émouvante, de sa vie à reconstruire, d'enfants heureux, d'amour retrouvé. Il nous fait passer par plusieurs émotions: on rit aux éclats, on pleure également. On vit avec tous ces personnages intensément, tout simplement









Bien évidemment, d'autres livres ont retenu mon attention tout au long de cette année: 

 un roman addictif, qui vous dépayse totalement en vous faisant découvrir Tokyo et son quartier chaud, Kabukicho, avec une intrigue maîtrisée, une écriture au cordeau et qui vous happe dès les premières pages. Un roman que je vous conseille fortement. Dépaysement garanti. 









un petit bijou d'amour, qui a embelli mes deux jours de découvertes. Un livre doudou qui trouvera une place de choix dans ma bibliothèque et que je relirai surement. Un livre d'une amoureuse du cinéma, qui comblera tous les amoureux du cinéma, mais également les curieux qui désire savoir ce qui se cache derrière l'écran. 






une saga magnifique qui vous transporte dans un pays superbe, malgré les atrocités qu'il a connu. Une histoire forte, prenante, et qui ne vous lâche pas, avec un style âpre, dur, et qui ne nous épargne rien (il faut avoir le coeur bien accroché, et si vous êtes sensible, lancez vous tout de même, en sautant les passages trop durs, car cette saga vaut vraiment le coup.









un roman vibrant de tragédie, de poésie, sur la Grande Dépression et ses ravages, qui ressort de l'oubli, grâce à un éditeur qui prend soin de remettre en lumière les grands romans du siècle passé. Un livre qu'on ne lâche pas avant la fin, tellement la plume magnifique de l'auteure nous envoûte. Encore une belle découverte que Belfond nous propose pour démarrer la 5e saison de sa collection Belfond Vintage *. Un roman que je vous encourage très fortement à (re)découvrir. 







 un roman bouleversant, sur un sujet déjà lu (l'apprentissage d'un enfant vers l'adolescence, avec les questionnements et les chamboulements que cela comportent), mais dans un contexte inédit pour moi (le conflit anglo-irlandais dans les années 80) vu à travers les yeux d'un enfant. Bouleversant et auquel on pense longtemps après avoir refermé le livre. 






Voilà une belle année qui referme ses portes. En espérant que 2018 soit aussi remplis de belles surprises livresques et musicales. 

Je vous souhaite une très belle année 2018; 


Slow Qui Tue #345: Sexual Healing

Le slow qui tue de la semaine est une musique très sensuelle.

Marvin Gaye: Sexual Healing



Bonne écoute!


vendredi 29 décembre 2017

Angélique Tome 3: Angélique et le Roy

4e de couverture: Angélique, devenue en secondes noces marquise du Plessis-Bellière, croit avoir triomphé des obstacles qui la séparaient de la cour de Louis XIV. 
C'est compter sans les pièges diaboliques que lui tend son mari, le cruel et glacial Philippe du Plessis-Bellière, ce jeune dieu chéri des princes et du Roi. Furieux d'avoir été forcé d'épouser cette femme trop belle et trop intelligente, il a juré de se venger et de briser à tout jamais ses ambitions. Ces deux êtres d'exception s'affrontent en un combat âpre et sans merci, arbitré par le Roi lui-même dont les sentiments à l'égard d'Angélique, se révèlent étrangement ambigus. 

Risque de Spoilers sur les tomes précédents.

C'est un fait indéniable: La saga cinématographique "Angélique" (qui a pourtant bercé mon enfance) a détruit l'image de la saga littéraire "Angélique". 
Pour ce billet, je ne vais pas vous redire mon amour pour cette saga littéraire que j'ai découverte il y a quelques années. Ce serait de la redite par rapport aux tomes précédents.
Ici, j'ai plutôt envie de faire un comparatif entre le roman et le film qui en a été tiré dans les années 60. Un comparatif ou le livre sort grand gagnant. (Pour l'occasion, j'ai revu le film en diagonale peu après la fin de ma lecture).

Lire "Angélique", c'est redécouvrir l'histoire de France, et plus particulièrement le règne de Louis XIV, sous un autre angle, à travers un personnage féminin fort (et bien loin de l'image que le film en a donné) qui se trouve être à même l'égale des hommes (ce tome 3 en est une nouvelle preuve puisque Angélique est sollicité par Colbert et le Roi pour ses connaissances du commerce maritime, de part son commerce du chocolat. Puis, le roi lui confie une mission: être la porte parole de la cour envers Bachtiary Bey, l'ambassadeur de Perse).

Déjà, le premier changement important entre le roman et le film, c'est que le roman est beaucoup plus complet (ce qui est normal me direz vous dans une adaptation). Ok. Mais là, c'est quand même beaucoup car le film commence par la mort de Philippe (second mari d'Angélique), lors de la guerre des Flandres. Evènement qui arrive après plus de 300 pages dans le livre. Ce qui fait que le film a zappé tout le mariage et les rapports difficiles entre Angélique et son second mari (Philippe est un être odieux dans le roman, une image qu'il avait plus adoucie dans le film. Les pièges qu'il met en place pour discréditer Angélique sont diabolique comme l'enlèvement de sa femme pour l'empêcher d'assister à la chasse du Roi, afin de la discréditer aux yeux de ce dernier), mais aussi la présentation de la Cour, racontée de fort belle manière par Anne Golon: on croise ainsi tous les personnages emblématique de cette époque, la Reine, Mlle de la Vallière, première favorite du Roi, Mme de Montespan, "amie" d'Angélique à l'arrivée de celle ci à la Cour; Colbert, mais aussi Monsieur frère du roi, sans oublier Mme Scarron, à qui l'on prédit un grand avenir, d'après une voyante. Anne Golon nous raconte la Cour dans sa splendeur mais aussi dans ses plus sombres couloirs, et l'affaire des Poisons est évoquée plus d'une fois en la personne de La Voisin, que Barcarolle, le nain de la Cour des Miracles à bien connu.


Le film débute donc avec l'affaire du Bey de Perse et l'histoire de la Moumie, qui débute le 2e volume de mon édition. Et ce que l'on remarque, c'est que là où le film a retenu une intrigue de captivité et une histoire de fesses (car le Bey enferme Angélique, afin de la soumettre à lui,)le livre démontre qu’Angélique, en fin stratège, essaye d'apprendre les coutumes du pays persan, tout en inculquant à Bachtiary Bey, les coutumes de la Cour de France. Et elle y arrive sans succomber aux charmes de l'ambassadeur persan.
Même pour le prince Hongrois, Cirkoczy, qui demande l'aide du roi pour préparer une révolution en Hongrie, on découvre alors plus une intrigue politico géographique, en voyant les liens entre certains pays d'Europe, plutôt qu'une simple histoire de coucherie (alors oui, Angélique succombera aux charmes du Cirkoczy, mais c'est juste pour nous montrer que c'est une femme libre, veuve de surcroît. Donc, elle se donne à qui elle veut. C'est elle qui mène la danse.)

Autre différence entre roman et film: les enfants d'Angélique: Florimond et Cantor. Ils sont absents du film (seul une petite présence dans l'une des premières scènes du film et c'est tout), tellement absent qu'on pense qu'Angélique est une mère indigne qui ne pense qu'à elle, en délaissant ses enfants, alors que c'est tout le contraire. Elle fait tout pour leur donner une belle situation: Cantor deviendra l'un des petits pages d'un ministre qui partira en mer, parce qu'il trouve qu'il a une jolie voix. Sa disparition en mer lors d'une attaque pirate sur les mers orientales montre bien la douleur d'Angélique,  qui fera alors, tout pour protéger son aîné Florimond, devenu page au service du Maître de Bouche, à la Cour du Roi et qui aura un rôle important dans la dernière partie du roman.

Petit aparté (attention Spoilers sur le tome suivant: "indomptable Angélique": lors de la disparition de Cantor en mer, on apprend que le navire sur lequel il se trouvait, a été attaqué par un navire du Rescator. Quand on connait la suite (grâce aux films), on se dit qu'il y a peut être une chance que Cantor ait réchappé à la mort, connaissant qui se cache sous l'identité du Rescator.
Fin des Spoilers. 

Je trouve fort dommage que le film se focalise sur les histoires de fesses, plutôt que sur les intrigues historiques et politiques, qui sont beaucoup plus passionnantes. Et surtout, le livre donne une autre image d'Angélique beaucoup plus belle que celle du film. C'est un tel gâchis!
C'est donc une bonne nouvelle que les Editions de l'Archipel réédite les romans (même si c'est une longue mise en place), en espérant qu'ils aillent jusqu'au bout de la saga qui est difficilement trouvable dans son édition d'origine.

Le personnage d'Angélique mériterait d'être réhabilité aux yeux du grand public, et faire "oublier" les films (tâche très difficile). Pourquoi ne pas réadapter la saga, (mais pas au cinéma comme ce fut le cas, il y a 7 ans, et on a vu l'échec que cela a fait) à la télévision, dans une série, qui permettrait d'avoir le temps d'adapter le plus fidèlement possible ces longs romans passionnants. Une belle série historique d'envergure, qui redonnerait ses lettres de noblesse à l'un des personnages féminins, les plus emblématiques de la littérature française.
Vivement l'année prochaine pour que je me  plonge avec délice dans la suite de ses aventures.

Anne Golon: Angélique Tome 3: Angélique et le Roy, Vol 1, J'ai Lu, 376 pages, 1959
Anne Golon: Angélique Tome 3: Angélique et le Roy Vol 2, J'ai Lu, 338 pages, 1959

 

mercredi 27 décembre 2017

La Discothèque du 20e siècle #249

En 1994, pour la sortie de son Best Of, Cindy Lauper revient avec une nouvelle version de son tube le plus célèbre.

Cindy Lauper: Hey now (girls just want to have fun) (1994)




[Cindy Lauper] réussit en 1994 un éblouissant come-back avec cette version "réinventé" de l'un de ses plus grand tubes, originellement sorti en 1983, qui fit à nouveau un carton en France (3e du Top 50) et en Angleterre (classé à la 4e place), mais qui fut boudé aux Etats Unis. Saviez vous que son plus fameux concert filmé, publié en 1987, fut enregistré au Zénith de Paris et que le public parisien eut droit à cette occasion à des prolongations? En effet, peu satisfaite de sa performances sur l'une de ses chansons, Cindy demanda au public de rester pour permettre aux équipes vidéos de tourner quelques minutes de concert supplémentaires! (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1994", Polygram Direct)

Bonne écoute!


lundi 25 décembre 2017

Joyeux Noël



Un petit cadeau musical pour vous souhaiter une belle journée de noël




dimanche 24 décembre 2017

Slow Qui Tue #344: Les Miroirs dans la boue

Le slow qui tue de la semaine nous fredonne une légende qui se déroule près du Poitou.

William Sheller: Les Miroirs dans la boue 




Bonne écoute!


mercredi 20 décembre 2017

La Discothèque du 20e siècle #248

En 1993, Willy De Ville reprenait à son tour ce tube de Jimmy Hendrix.

Willy De Ville: Hey Joe (1993)


Le dandy-rocker américain et déglingué qui avait été révélé-sous le nom de Mink De Ville-par Spanish Stroll en 1977 avait montré dès le début des années 80 (album Le Chat bleu) un intérêt certain pour la France, sa culture et ses chansons. En 1993, c'est sur un label français qu'il effectue un comeback remarqué avec cette version hispanisante du classique connu de tous, notamment interprété en 1967 par Jimi Hendrix et, en français par Johnny Hallyday. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1993", Polygram Direct)

Bonne écoute!


dimanche 17 décembre 2017

American Gods

4e de couverture: Et si tous les dieux jamais imaginés par les hommes étaient encore parmi nous aujourd'hui?

Les Editions au Diable Vauvert ont réédité il y a quelques mois le roman de Neil Gaiman, American Gods (paru initialement il y a 15 ans) dans une très belle édition, agrémentés des dessins de Daniel Egnéus. 
Une réédition qui s'explique par le fait que ce roman  a été adapté en série télévisée. 
Une série qui me fait de l'oeil depuis quelque temps, et que j'ai envie de découvrir. Comme j'ai eu l'occasion de me procurer le roman, autant commencer l'aventure avec sa lecture.

Une lecture pas si évidente que ça aux premiers abords (malgré une écriture fluide et rythmée), de par la complexité et l'univers foisonnant que Neil Gaiman met en place. Un univers passionnant pas si farfelue que ça: imaginez un monde où tous les dieux connus des hommes (comme Odin, Thor, Loki, Bilquis et autres farfadets) existent réellement dans notre monde et vont se livrer une guerre sans merci avec les dieux modernes incarné par l'internet, les voitures et autres technologies du monde moderne.
C'est ce que Ombre, un détenu, fraîchement sorti de prison va découvrir lors de sa rencontre avec un homme se faisant appeler Voyageur et qui va devenir son patron. Ainsi, Ombre va se retrouver projeté dans cette guerre des Dieux, tout comme le lecteur qui va alors essayer de comprendre tous les éléments mis en place par l'auteur.
Une mise en place qui prend du temps, et assez complexe, fait de retour dans le passé (avec les chapitres "Arrivée en Amérique" qui raconte l'arrivée de ces dieux sur la terre du Nouveau monde à des époques différentes remontant parfois jusqu'aux premiers hommes). Tout cela est intriguant et j'ai dû m'accrocher pas mal pour tout comprendre, et le fait que le temps me manquait pour lire, n'a pas trop arrangé les choses parfois, pour me souvenir de ce que j'avais lu...sauf qu'au final, j'ai été bien accroché par l'histoire car ces pans oublié me revenaient en mémoire quand ils étaient de nouveau évoqués, quelques dizaines ou centaines de pages plus loin. Comme quoi, ce livre a retenu mon attention.

En fait, ce roman m'a fait l'impression d'un épisode Pilote d'une série, qui nous présente l'univers du monde que l'auteur a créé, ce qui fait que parfois, il y a eu certaines longueurs, et que j'avais l'impression qu'il ne se passait pas grand chose (surtout au moment où Ombre se trouve à Lakeside, un petit village au fin fond de l'Amérique où Voyageur l'envoie pour se cacher. Pourtant, malgré une certaine latente, j'ai beaucoup aimé ces passages). Ce livre n'a été qu'une succession de contradiction: j'y ai trouvé des longueurs, manquant parfois d'action (en fait, il ne faut pas trop en chercher car il y  en a peu) mais passionnant à découvrir, de par l'univers très riche que l'auteur à crée.

Ce livre est également une belle allégorie sur les croyances des hommes: celles de divinités venant de l'ancien monde, qui se retrouvent supplantés par des dieux modernes comme les voitures, les machines à vapeur, internet, qui deviennent à leur tour complètement obsolètes et beaucoup plus vite que celle des anciens dieux. Ces dieux qui ne demandent qu'une chose: d'exister encore et de trouver ou retrouver leur place en ce monde.

Après une mise en place longue, quoique passionnante, le roman dévoile tous ses secrets dans une dernière partie faites de révélations et qu'on a du mal à lâcher. J'ai lu cette dernière partie comme en apnée, espérant savoir comment cette guerre, dans laquelle Ombre se retrouve impliqué malgré lui, va se terminer. Cette dernière partie m'a démontré que Neil Gaiman,avait su maîtriser son roman de bout en bout, car, les révélations finales expliquent tout le cheminement et le parcours d'Ombre, tout au long du roman. Aucune histoire n'est laissée sur le bord de la route et trouve sa conclusion.

Au final, un roman à l'univers complexe et passionnant, que j'ai pris plaisir à lire et qui a tenu pour moi ses promesses, malgré quelques longueurs. Sauf que jai eu l'impression, tout au long du roman de lire le début d'une saga à l'univers foisonnant qui apporte beaucoup d'éléments avec peu d'action et d'explications...ce que la dernière partie du roman a démenti. J'espérerai presque une suite, dis donc.
Un roman que je vous encourage  vivement de découvrir,  pour tous ceux qui sont attiré par le fantastique et l'univers des Dieux, mais que je vous conseillerai de lire, quand vous aurez un long moment de détente, durant des vacances, pour prendre le temps de tout assimiler, pour pouvoir l'apprécier.
Pour ma part, j'ai maintenant hâte de découvrir l'adaptation série de ces American Gods.

Merci aux éditions Au Diable Vauvert pour cette divine découverte.

Neil Gaiman: Amercan Gods (American Gods), Au Diable Vauvert, 657 pages, 2002 (pour la traduction française), 2017 (pour la présente édition)


Slow Qui Tue #343: Mr Loverman

Le slow qui tue de la semaine attend un appel de Mr Loverman

Shabba Ranks: Mr Loverman






Bonne écoute!


mercredi 13 décembre 2017

La Discothèque du 20e siècle #247

En 1991, le groupe Mecano nous chantait une légende qui va confirmer leur succès commencé avec "une femme avec une femme".

Mecano: Hijo de  la luna (1991)


Mecano n'est pas un jeu mais un trio madrilène constitué des frères Cano (José Maria et Ignacio dit "Nacho") et de la chanteuse Ana: déjà très populaire en Espagne, on le découvre en France avec Une femme avec une femme. Quelques mois plus tard, Mecano revient avec ce "fils de la Lune" qui est un tube délicat de l'été 1991. (Source: Fasciculé "La Discothèque du 20e siècle: 1991", Poolygram Direct)

Bonne écoute!


dimanche 10 décembre 2017

La puissance des vaincus

4e de couverture: Octobre 1990, Three Rivers (Connecticut). Thomas Birdsey entre dans la bibliothèque municipale et, pour protester contre l'intervention militaire au Koweit, se tranche la main. Il est interné et, pour tenter de le sauver, son jumeau, Dominick, accepte de fouiller dans leur passé d'enfants illégitimes et maltraités, et de relire l'histoire familiale... C'est là, dans les douloureux secrets d'autrefois, qu’il trouvera des réponses à la folie de son frère et exorcisera ses propres démons...

Ma découverte de la plume de Wally Lamb remonte à 10 ans, avec son premier roman Le Chant de Dolores. Cette lecture fut un véritable choc émotionnel (c'est bien simple, c'était la première fois que je pleurais à la fin d'un livre). 
C'est ainsi que j'ai eu envie de lire ses autres livres (qui sont tous dans ma PAL). 
Dix ans plus tard, voilà que je termine La Puissance des vaincus, son 2e roman, dans un état bien différent. 
Je n'ai pas ressenti les même émotions qu'avec son premier roman. Dominick me laissera un souvenir bien différent quecelui que  Dolorès me laissa. J'ai aimé Dolores, dans ses moindres détails, mais Dominick m'aura fait passer de la compassion à la colère. Il faut dire que Dominick (le frère jumeau de Thomas, qui est le narrateur de l'histoire) est coléreux et arrogant au possible parfois, ce qui le rend difficile à aimer. J'ai préféré son frère Thomas, sa fragilité, sa douceur. J'ai été plus en empathie avec le frère le moins présent de l'histoire. 

Je crois que j'ai été frustré d'avoir mis 15 jours pour lire ce livre (cela ne m'est pas beaucoup arrivé cette année de rester aussi longtemps avec un livre), et surtout dans mon état (j'ai eu un gros rhume qui me fatiguait vite et qui m'a empêché d'entrer plus facilement dans ce livre). 
Pour tout vous dire, j'ai lu les 200 premières pages en un dimanche, puis les 200 suivantes en une semaine (pour vous dire que j'ai eu peu de temps). La puissance des vaincus n'est pas un livre facile d'accès: l'auteur, par l'intermédiaire de son narrateur, Dominick, va faire des sauts dans le temps, parfois dans le même chapitre, passant du présent au passé, au gré des souvenirs de Dominick, qui essaie d'aider son frère à sortir de l'hôpital psychiatrique où on l'a enfermé après s'être mutilé la main. Et c'est en essayant de comprendre leur passé commun que Dominick doit trouver la solution. 

C'est un roman foisonnant,  qui parle de secrets familiaux, de loi du silence (les descendant de Thomas et Dominick sont italiens), de recherche de soi, de la gémellité et du questionnement de Dominick sur sa ressemblance avec Thomas (pourquoi son frère est devenu schizophrène et pas lui). Tout ça est intéressant et les passages passé/présent ne me gênaient pas outre mesure. Sauf que plus le temps passait, plus mon intérêt pour le livre s'est émoussé. 
Je crois que l'auteur a voulu trop en raconter et à délayé son propos au maximum du maximum, quitte à en faire trop. Je n'ai pas trouvé que l'histoire du grand-père des jumeaux était indispensable, surtout que ce personnage était antipathique au possible, et son histoire, de légendes, de sorcières, étaient un peu tiré par les cheveux parfois. Les chapitres concernant le manuscrit de Domenico Tempesta, sont ceux que j'ai trouvé le plus pénible à lire,surtout qu'elle arrive après plus de 600 pages et que j'étais déjà bien assez perdu avec l'histoire de Dominick. 
Pourtant, l'auteur va aller jusqu'au bout de l'histoire et donnera une conclusion à tous ses personnages. Je n'ai donc eu aucune frustration à la fin du livre, qui m'a donné toutes les réponses voulues. Mais je suis arrivé au bout du livre, comme en apnée. J'ai retrouvé mon souffle en tournant la dernière page de ce roman, en soupirant et en me disant  qu'il fut long à lire. 

Au final, un roman américain de grande envergure qui a peut être voulu en faire trop. J'ai aimé certains pans de cette histoire (l'enfance malheureuse des jumeaux, Thomas, la relation amour-haine des deux frères, les questionnements de Dominick sur son passé), mais j'ai aussi détesté le comportement de Dominick parfois, l'histoire de son grand-père, que j'ai trouvé trop longue, pour un personnage aussi antipathique. Peut être aurai je dû le lire à un autre moment (lors de vacances par exemple) pour pouvoir l'apprécier plus. En fait, j'ai aimé ma lecture à un certain moment mais la lassitude m'a gagné et mon envie de savoir le fin mot de cette histoire s'émoussait. C'est dommage, car j'aurai tellement aimé qu'il me procure autant d'émotion que Le Chant de Dolorès. C'est pour ma part, un acte manqué. 

Wally Lamb: La puissance des vaincus, (I know this much is true), Le Livre de Poche, 979 pages, 2000


Slow Qui Tue #342: Je te promets

Le slow qui tue de la semaine rend hommage à un immense chanteur populaire.

Johnny Hallyday: Je te promets



Au revoir Johnny.


mercredi 6 décembre 2017

La Discothèque du 20e siècle #246

En 1979, la grande Donna Summer nous offrait un titre très chaud qui allait connaître une deuxième vie dans les années 90 grâce à un film drôle et tout aussi Hot.

Donna Summer: Hot Stuff (1979)


Après On the radio, voici l'un des 5 -oui oui 5- énormes tubes de la reine disco en 1979 avec Heaven Knows, Bad Girls (n°1 mondial),Dim all the lights et No more tears (enough is enough), son duo avec la diva Barbra Streisand. On a pu redécouvrir ce titre, il y a [20] ans, grâce au succès phénoménal du film anglais The Full Monty, dans lequel une bande de copains chômeurs jouaient les apprentis Chippendales au son de ce Hot Stuff décidément très chaud! (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1979", Polygram Direct)

Bonne écoute!



dimanche 3 décembre 2017

Slow Qui Tue #341: Succès de larmes

Le slow qui tue de la semaine nous donne les clefs pour faire un succès de larmes.

L'Affaire Louis'Trio: Succès de larmes



Bonne écoute!


mercredi 29 novembre 2017

La Discothèque du 20e siècle #245

En 1978, le groupe Blondie débarque avec un nouveau tube.

Blondie: Heart of  Glass (1978)


Nous avons eu droit en 1999 à la reformation de Blondie, avec Déborah Harry, splendide sex-symbole de la fin des années 70 et du début des années 80. Après s'être imposé comme une sorte de condensé parfait de la pop new-yorkaise (les tubes Denis et Presence Dear en 1976-77) le groupe vire sa cuti disco fin 1978 avec l'album Parrallel Lines- le plus vendu de sa carrière-et le fabuleux Heart of glass qui n'a pas pris une ride. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle : 1978", Polygram Direct)

Bonne écoute!


dimanche 26 novembre 2017

Slow Qui Tue #340: I believe I can fly

Le slow qui tue de la semaine croit qu'il peut voler.

R. Kelly: I believe I can fly



Bonne écoute!


samedi 25 novembre 2017

Il était un piano noir...

4e de couverture: Plus jamais je ne rentrerai sur scène.
Je ne chanterai jamais plus.
Un soir de 1993, au Châtelet, mon cœur, trop lourd de tant d'émotion, a brusquement battu trop vite et trop fort, et, durant l'interminable espace de quelques secondes où personne, j'en suis sûre, ne s'est aperçu de rien, mon corps a refusé d'obéir à un cerveau qui, d'ailleurs, ne commandait plus rien.
J'ai gardé, rivée en moi, cette panique fulgurante pendant laquelle je suis restée figée, affolée, perdue.
J'ai dû interrompre le spectacle pendant quelque temps, puis définitivement...
Durant deux ans, j'ai fait le deuil d'une partie de ma vie qui venait brusquement se terminer.
Ecrire, aujourd'hui, est un moyen de continuer le dialogue.


Il y a encore quelques années, jamais je ne me serais penché sur ce livre. Mais voilà que ses chansons entre dans ma vie il y a deux ans et tout change.  Puis, je l'ai trouvé en brocante, l'année dernière et là, ce fut comme une évidence. Il fallait que je le lise pour pouvoir entendre la voix de Barbara, me raconter son histoire. 

Alors, il est clair que c'est frustrant de se plonger dans ce livre, en sachant dès le départ qu'il est une ébauche de ses mémoires. (Une préface de l'éditeur nous dit même qu'ils se sont souvent posé la question de la publication ou non de ces mémoires interrompues). Car Barbara entrepris d'écrire ses mémoires en avril 1997, en les travaillant, retravaillant afin de rendre le travail final un an plus tard, en 1998...mais le destin en décide autrement puisque la Dame Brune disparut le 24 novembre 1997, laissant ce récit inachevé. 

C'est ainsi qu'on lit ce livre en tout état de cause, en sachant qu'on n'aura qu'une petite partie de son histoire. 
Cette histoire qui débute le 9 juin 1930, à Paris, près du square des Batignolles. Ainsi, Barbara nous parle de son enfance au sein d'une famille juive, qui va traverser la guerre, en allant de maison en maison mais jamais inquiétée par les allemands. C'est d'ailleurs étrange de lire ceci...comme si la vie avait jeté un voile sur cette famille en taisant sa judéité. Elle nous parle de sa mère adorée, de son frère Jean, très fort à l'école et sur qui tous les espoirs sont fondés, laissant à Barbara un sentiment d'échec permanent à l'école (heureusement sa passion pour la musique, qui ne se démentira jamais va la porter très loin), puis sa soeur Régine et enfin Claude, le petit dernier, né pendant la guerre. Et enfin, son père, ce père qui lui fait peur, parce qu'il a un comportement bizarre envers elle (le mot "inceste" n'est jamais évoqué dans ses mémoires, il est juste dit à mots couverts). 
Barbara évoque son apprentissage du piano au Conservatoire, avec un programme classique, ses débuts dans l'opérette "Violette Impériales", son départ pour Bruxelles où elle vivra chez un oncle violent de chez qui elle partira, puis son errance dans Bruxelles, sa dérive vers la prostitution dans laquelle elle ne tombera finalement pas: ses débuts de chanteuse dans des bars à Bruxelles, puis son retour à Paris sur un coup de tête, sans bagages, ni argent, pris en stop par un certain "Monsieur Victor", tatoué jusqu'au cou et à qui elle rendra hommage dans une de ses chansons justement intitulée Monsieur Victor
Puis son retour à Paris, son arrivée à L'Ecluse, le début de sa carrière: tout ceci est évoqué avec justesse et avec une langue qui parle à notre oreille. Par moment, vous avez l'impression d'entendre Barbara parler à votre oreille quand vous la lisez. 

Et ce récit se termine brutalement après les fameux concerts donnés en Allemagne en 1964, qui donnera naissance à la chanson Göttingen

La deuxième partie de ces mémoires sont fait de fragments, d'ébauches de textes où Barbara évoquait certaines rencontres avec certains hommes qui traversèrent sa vie, comme Lucien Morisse, qu'elle rencontra à Europe1, où bien Gérard Depardieu avec qui elle partagea la scène dans le spectacle Lily Passion (un texte magnifique, plein de tendresse pour ce "petit frère" avec qui elle restera proche jusqu'à la fin (et qui lui a rendu hommage dans un album magnifique en cette année 2017, anniversaire de la disparition de la chanteuse)). Puis son expérience de la scène où elle nous parle des coulisses...

Tout ceci est passionnant à lire, mais aussi frustrant car on sent que ce ne sont que des ébauches et qu'on aurait pu avoir plus. Elle n'a pas eu le temps d'évoquer les séjours en prison qu'elles fit pour donner quelques concerts, mais surtout pour parler du Sida aux détenus, parler de la maladie, la solitude...mais le temps lui a manqué pour aller au bout de ce livre. 
Alors, j'ai été ravi tout de même d'avoir retrouvé sa voix, frustré un peu d'en avoir si peu, mais aussi soulagé de voir qu'en lisant sa vie, j'en connaissais déjà beaucoup par l'intermédiaire de ses chansons. Car Barbara nous parlait d'elle dans ses chansons et si on veut savoir qui elle était, il suffit de l'écouter encore et toujours. 

Au final, ravi d'avoir lu les mémoires de cette grande dame, et même si une certaine frustration est venue, je me dis qu'il suffit juste d'écouter encore et toujours ses chansons pour savoir qui était Barbara, cette femme qui n'a vécue que pour son public. Un Public qui a fait de  cette femme nomade, une femme heureuse. 



Barbara: Il était un piano noir..., Fayard, 230 pages, 1998


Le Kabaret fête ses 8 ans


Non, vous ne rêvez pas, le Kabaret fête bien ses 8 ans cette année (avec un jour de retard, puisqu'il est né le 24 novembre 2009,mais je ne voulais pas publier mon billet  le même jour que l'hommage à Barbara)!
Je sais, que j'ai oublié de fêter ses 7 ans, l'année dernière (je me suis souvenu de son anniversaire bien trop tard et puis, le cap des 7 ans, me faisait peur, donc ce fut un "oubli calculé" pour une simple histoire de superstition).

Une peur bien irrationnelle puisque le Kabaret est toujours là pour son 8e anniversaire et qu'il reste  ouvert pour une année encore. Je m'étonne toujours de sa longévité. Je ne pensais pas que je prendrais encore plaisir à tenir ce blog tout ce temps. Donner envie de lire et parler de mes lectures de cette manière me plait toujours et me permet d'avoir un esprit curieux et toujours ouvert.

Merci encore de me suivre, lecteurs/trices assidu(e)s ou simples voyageurs de passage qui s'arrêtent un  moment en ouvrant la porte de ce petit Kabaret.

L'aventure continue!


vendredi 24 novembre 2017

En hommage à la grande Dame Brune



Le 24 novembre 1997, une grande dame de la chanson française nous quittait.
Déjà 20 ans que Barbara n'est plus là mais ses chansons (qui la racontait de façon si belle) continuent à nous bouleverser.

Il m'a fallu du temps pour aimer les chansons de Barbara et pour entrer dans son univers. Bien sûr, je connaissais certaines de ses chansons, comme "L'aigle noir", "Dis quand reviendras tu?", "Gottingen", mais je n'aimais pas la voix de Barbara.
En fait, je pense qu'à 20 ans, je n'avais pas encore les clefs pour entrer dans son univers et le bagage assez lourd de souvenirs pour comprendre cette voix et cette femme.

Il y a seulement deux ans que j'écoute Barbara assidûment et que je commence à comprendre ses chansons. Sa voix, que je n'aimais pas, m'émeut à chaque écoute, mais je pense, qu'à l'approche de la quarantaine, je suis assez mûr pour pouvoir entrer dans son univers et surtout, avoir le courage d'interpréter ses chansons.

Le déclic est arrivé à l'écoute de la chanson "Mon enfance" (première chanson que j'ai osé interpréter en public après plus d'une année de travail, pour trouver le ton juste: les chansons de Barbara ne se chantent pas, elles doivent se vivre. Il faut donc comprendre ce qu'elle disent, se les approprier en les mélangeant avec nos propres souvenirs, afin de les interpréter au plus juste).


Depuis cette découverte, j'ai compris que Barbara ferait à présent parti de ma vie et ses chansons m'accompagneront longtemps. Celles connues de tous comme


Dis quand reviendras tu?

et d'autres plus confidentielles: 


Plus rien

20 ans après, Barbara reste l'une des grandes étoiles de la chanson française qui brillent au firmament, pour l'éternité. 


La Symphonie du hasard (Livre 1)

4e de couverture: Toutes les familles sont des sociétés secrètes. Des royaumes d'intrigues et de guerres intestines, gouvernés par leurs propres lois, leurs propres normes, leurs limites et leurs frontières, à l'extérieur desquelles toutes ces règles paraissent souvent insensées.
Comme chaque semaine, Alice Burns, éditrice new-yorkaise, s'apprête à rendre visite à son jeune frère Adam. Jadis jeune loup de Wall Street en pleine ascension, ce dernier croupit désormais en prison.
Mais cette rencontre hebdomadaire va prendre un tour inattendu. Bien décidé à soulager sa conscience, Adam révèle un secret qui pourrait bien venir rompre les derniers liens qui unissent encore leur famille.

Et Alice de replonger dans l'histoire des siens, celle d'un clan à l'image de l'Amérique : volontaire, ambitieux, assoiffé de réussite, souvent attaqué, blessé parfois, en butte à ses propres démons, mais inlassablement en quête de rachat...

Avec La Symphonie du hasard, Douglas Kennedy revient pour nous offrir une fresque monumentale sur l'histoire Américaine des Sixties - Seventies à travers une famille de la classe moyenne.
 Pour ma part, c'est la première fois que je lisais cet auteur qui a un lectorat important et fidèle. Pourtant, j'ai un livre qui dort dans ma PAL depuis une dizaine d'années, mais la grosseur du livre m'a toujours incité à ne pas sauter le pas...et je me demande pourquoi je ne l'ai pas découvert plus tôt, car La Symphonie du hasard m'a enthousiasmé dès les premières pages.
Dans ce roman fleuve (puisque celui ci n'est que le premier livre, qui en contera trois au final), on suit Alice Burns, édititrice à New York, qui décide de rendre visite à Adam son frère emprisonné, qui va lui révéler un secret qu'il gardait depuis des années et qui concerne l'accident de voiture qu'il vécut adolescent.
Cette révélation va être le point de départ des souvenirs d'Alice, qu'elle va livrer au lecteur.
Ses souvenirs débutent lors de sa dernière année de lycée où elle voit sa meilleure amie Carly subir le harcèlement de ses camarades du lycée, jusqu'à la disparition soudaine de cette dernière. Pour se continuer lors de sa première année à l'université de Bowdoin.
Ce roman fait partie pour moi de cette tradition du roman d'apprentissage par excellence, car on voit l'évolution d'Alice dans cete amérique des années 70 en plein bouleversement (entre la Guerre du Vietnam et la révolution du Chili par le général Pinochet qui voit la chute du Président Allende, le mouvement hippie, l'ombre de l'affaire du Watergate qui pointe le bout de son nez, c'est une époque tragique pour l'amérique) et qui va se révéler à elle même, en vivant plusieurs drames (entre la disparition de Carly, sa meilleure amie, son amitié avec l'un de ses professeurs Mr Hancock, qui se révèlera bien plus perturbé qu'il ne le laissait voir,son histoire d'amour avec Bob, un sportif à l'intellect appuyé qui le fait sortir du lot), Alice va vivre tout ça et bien plus encore.
Mais ce roman est aussi le roman d'une famille américiane moyenne qui n'arrive pas à se parler et qui garde bien des secrets: tout d'abord, son père, un homme d'affaires qui gère une mine à Santiago, au Chili, irlandais conservateur qui vote Nixon, un peu raciste sur les bords (même s'il s'en défend), et sa mère, juive, protectrice avec ses enfants, et surtout Adam et Peter, mais en conflit perpétuel avec Alice, qu'elle rabaisse souvent, ce qui explique le manque de confiance de l'adolescente. Ensuite, ses deux frères: Peter, l’aîné, élève studieux qui poursuit ses études à Yale Divinity, loin de la famille, démocrate et se battant pour les causes qu'il croit juste comme lutter contre la ségrégation raciale ou contre la guerre au Vietnam. Alice coupera les ponts avec lui après un événement le concernant qui va traumatiser la jeune fille. Puis Adam, joueur de hockey, qui poursuit ses études grâce au sport qu'il pratique et non pour ses compétences intellectuelles. L'accident de voiture auquel il survit, va changer sa vie. Il arrêtera ses études et partira travailler pour son père, à Santiago. Alice aura alors peu de rapport avec lui.
 Ce n'est que le début de cette fresque et elle est déjà foisonnante. Ce premier livre se focalise sur Alice, ce qui est normal puisqu'elle en est la narratrice, et sur sa première année d'université. On est en  plein coeur des années 70 (en 1972 pour être précis): le mouvement hippie, la guerre du Vietnam qui sévit encore, l'élection présidentielle où Nixon se représente, la révolution au Chili, tout ça est évoqué dans le roman et c'est en partie pour ça que j'ai adoré ce livre que j'ai lu très rapidement, tellement le style de Douglas Kennedy est fluide et addictif. J'aime les Etats Unis et en particulier les Sixties et les Seventies, et j'ai eu tout ça dans ce roman.
Alors, certes, j'ai été frustré par certaines choses comme le fait qu'Adam, qui est pourtant le déclencheur du roman avec, au début du livre,  la révélation du secret le concernant, ne soit pas si présent dans le roman car il part vite au Chili...mais c'est le propre d'un roman écrit à la première personne du singulier, nous n'avons qu'un seul point de vue: celui de la narratrice, Alice. Ce qui fait que toute la vie d'Adam au Chili reste un mystère, pour Alice qui a peu de nouvelles de son frère, et à contrario, pour le lecteur. Cela ménage un certain suspense et surtout cela nous explique qu'Adam et cette famille qui ne se parlait pas, soit un mystère pour Alice. L'autre frustration vient du fait que plusieurs questions restent en suspens à la fin, concernant Peter, Adam où Alice (même si pour elle, on sait qu'elle débute un nouveau chapitre de sa vie, ailleurs), Pourtant le récit est maîtrisé car tout ce qui concerne Bowdoin et les protagonistes qu'Alice rencontre lors de sa première année comme Bob, son petit ami, Howie, un ami homosexuel harcelé pour sa différence,, Mr Hancock, son professeur d'histoire ou Carlson, autre professeur avec qui elle aura des différends et bien d'autres que je vous laisse découvrir: tous ceux ci voient leurs intrigues se conclurent à la fin de ce premier livre (même s'il n'est pas insensé de se dire qu'Alice (et le lecteur, par l'intermédiaire de la jeune femme), puisse les recroiser dans les prochains tomes. Et c'est là où la frustration est un peu atténuée: de savoir que dans les prochains mois, je pourrais retrouver Alice et l'histoire de sa famille, qui se confond avec celle de l'Amérique et même au delà. Mais je n'en dis pas plus.
 Au final, un roman d'apprentissage comme je les aime, qui, par l'intermédiaire d'une famille moyenne, raconte l'histoire de l'Amérique des années 70 (encore meurtri par la 2nde guerre mondiale et vivant un conflit tout aussi troublant et meurtrier au Vietnam), où les contestations étaient légions et où les gens voulaient construire un monde de Paix et d'Amour, mais où la violence trouva aussi sa place, faisant de ce rêve une éternelle utopie. Un premier livre, qui nous ouvre les portes d'un campus américain, avec ses joies, ses peines, ses victoires et ses injustices. Un roman qui comblera les fans de Douglas Kennedy, mais aussi pour ceux que l'Amérique des années 70 fascinent. Un roman foisonnant où les larmes ne sont pas loin, où le suspense est toujours présent et maintenu et qui nous laisse un sentiment de frustration. Mais c'est le propre d'un premier tome. Alors vivement Mars 2018, avec la sortie du Livre 2 qui nous emmènera vers d'autres contrées, en compagnie d'Alice.

Merci aux Editions Belfond pour la découverte de cet auteur et de cette histoire américaine qui me fascine encore et toujours. 

Douglas Kennedy: La Symphonie du hasard Livre 1, (The great Wide Open), Belfond, 363 pages, 2017



mercredi 22 novembre 2017

La Discothèque du 20e siècle #244

En 1978, le groupe Toto s'offrait un nouveau tube.

Toto: Hold the line (1978)



Après Africa, voici le tube international qui fit connaître en 1978, ces six musiciens parmi les plus réputés de la côte Ouest des Etats Unis, parmi  lesquels les frères Steve et Jeff Porcaro, respectivement claviériste et batteur, le clavériste David Paich , le guitariste virtuose Steve Lukater et le chanteur Bobby "Toto"  Kimball dont le surnom, inspiré d'un personnage du Magicien d'Oz-en l'occurence le chien de Judy Garland!- donna son nom à la formation. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1978", Polygram Direct)

Bonne écoute!


dimanche 19 novembre 2017

Une vie exemplaire

4e de couverture: Jeune cardiologue éminent, père de deux adorables petites filles, le docteur Jeremy Balint est un homme qui a réussi sa vie. D’autres que lui, apprenant que leur femme dévouée les trompe depuis des années avec un collègue, se laisseraient emporter par la rage.
Pas Jeremy Balint.
Jeremy Balint va prendre son temps, car Jeremy Balint est un sociopathe. Avec méthode et patience, il va organiser l’élimination de son rival.
Et ce n’est que le début.
De nombreux romans mettent en scène des psychopathes, mais jamais un écrivain n’était parvenu à nous plonger avec autant d’acuité dans les arcanes de leur esprit. Jeremy Balint ne nous cache rien. Ne nous épargne rien. Il ne voit tout simplement pas le mal comme nous.


Les tueurs en série fascinent depuis plusieurs décennies maintenant (de Jack L'éventreur, à Landru, en passant par Manson). 
Ils ont souvent été aussi des personnages principaux dans des romans ,films ou série (d'Hannibal Lecter, en passant par Dexter ou le Zodiac). 

Une vie exemplaire fait partie de cette catégorie là. Jacob M. Appel s'est mis dans la tête de son héros, Jérémy Balint, un médecin bien sous tous rapports, qui décide de tuer pour cacher son véritable dessein: supprimer l'amant de sa femme, en faisant passer cela pour l'acte d'un serial killer. Il devient alors l'Etrangleur à l'Emeraude et le lecteur va le suivre dans sa quête morbide, sans pouvoir rien y faire. 

Alors, l'idée est louable et aurait pu être captivante: à l'image de Dexter ou de Patrick Bateman (le "héros" d'American Psycho), suivre Jérémy Balint dans sa folie meurtrière aurait pu être fascinante. Sauf que pas du tout. Je n'ai pas été embarqué plus que ça dans ce roman, qui se lit bien et que j'ai eu tout de même envie de lire jusqu'au bout pour voir comment ce parcours allait se terminer, mais, je sais pas, il m'a manqué quelque chose pour totalement y adhérer. 

En fait, je n'ai ressenti aucune empathie pour les personnages: que ce soit Amanda, sa femme, Warren Sugarman, le collègue de Jérémy et accessoirement l"amant de sa femme, Amanda ou bien Jérémy, je n'ai rien ressenti. 
En fait, il manque le côté psychologique du personnage principal: sa pulsion meurtrière se réveille au moment où il apprend que sa femme Amanda, le trompe avec Sugarman. Il décide alors de le supprimer, mais pour éviter de se faire prendre, il met au point son plan machiavélique: supprimer des inconnus afin que les flics se lance sur la piste d'un tueur en série: "l'Etrangleur à L'Emeraude" (du fait qu'il attache un ruban vert sur ces victimes) pour ensuite supprimer son rival en orientant les soupçons sur le tueur en série (tueur en série qui n'est autre que lui. Je ne dévoile rien: on le sait puisque on suit Jérémy Balint dans sa folie). 
Sauf que je n'ai pas compris comment ses pulsions de meurtre sont arrivées: alors peut être que l'auteur a voulu démontrer que chacun était capable de tuer sur une pulsion et devenir un meurtrier en puissance, mais souvent ces choses là sont expliqué par le passé du futur tueur: comme pour Dexter, où l'on apprend qu'il tuait des animaux depuis tout jeune et que, son père, s'en rendant compte à fait en sorte qu'il contrôle ses pulsions meurtrières. Et c'est ainsi que Dexter élimine toujours des salauds ou des meurtriers qui n'ont pas été condamnés par la justice). Là, Jérémy tue pour tuer. Point. En tout cas, je l'ai ressenti comme cela. 

En plus, j'ai trouvé le personnage antipathique, imbu de lui même et arrogant. Rien pour me le rendre sympathique. 
De plus, le petit twist final me laisse carrément de marbre: cette fin ouverte ne me frustre pas du tout. Comme si je ne m'intéressais pas au devenir de ce personnage antipathique. 

Au final, un roman qui m'a laissé de marbre: il se lit rapidement, il est vrai, mais je n'ai rien ressenti durant ma lecture: ni empathie, ni fascination et ni frustration devant la fin. J'en ressors passablement déçu. 

Merci aux  Editions La Martinière pour cette découverte...qui a fait pschitt, en ce qui me concerne. 

Jacob M.Appel: Une vie exemplaire (The Mask of Sanity), Editions La Martinière, 286 pages, 2017