mercredi 29 juillet 2015

La Discothèque du 20e siècle #121

En 1980, Kool & the Gang célèbrent leur  succès avec ce titre...qui devient un succès.

Kool & the Gang: Celebration (1980)




Ce groupe originaire du New Jersey, qui sévit depuis la fin des années 60, avec à sa tête Robert "Kool" Bell, a connu deux carrières distinctes: quelques succès super-funky a dominante instrumentale limités aux Etats Unis au début des années 70 (jungle Boogie en 1973), puis l'adjonction du chanteur James "J.T." Taylor et la farandoles des tubes festifs et planétaires dès 1979-80 avec coup sur coup le tiercé gagnant Ladies night, Too Hot et Celebration. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1980", Polygram Direct)

lundi 27 juillet 2015

Un caillou dans la chaussure

4e de couverture: « Prisonnier de mon passé, je suis l’assassin et l’enquêteur, la proie et le chasseur, l’amant trompé et le mari fautif. »
Un village ensoleillé de l’arrière-pays varois, une élection facile à la mairie et un repreneur pour l’usine de lavande. Tout va bien.
Un amour de jeunesse d’une beauté troublante, le fils d’un gendarme assassiné qui cherche vengeance et une enquête qui reprend. Tout va mal.
Entre espoir d’une nouvelle vie et peur d’un passé encombrant, Samuel Marion avance, un caillou dans la chaussure, vers la pire des responsabilités : celle d’un meurtre qu’il aurait préféré ne jamais commettre.


Plus je découvre les romans (et romancier(e)s) des éditions Daphnis et Chloé, et plus je trouve qu'ils ont une originalité folle: parfois dans les thèmes abordés, et parfois dans leur écriture et leur construction. 

Le 2e roman de Mathieu Tazo, Un caillou dans la chaussure est une petite bombe! Il y a longtemps qu'un livre  ne m'avait pas happé aussi rapidement (c'est bien simple, je l'ai lu en une journée, ne pouvant pas décrocher une seule minute). Ce roman sent bon l'été (certes rempli de meurtres, de secrets, de manipulations en tout genre): on se retrouve dans un petit village du Sud de la France avec un personnage (Samuel Marion) imbu de sa personne, parfois,  mais qu'on ne peut pas foncièrement détesté malgré qu'il ait tué un homme dans sa jeunesse. (là, je ne dévoile rien puisque le meurtre nous ai révélé dans les premières pages) 25 ans plus tard, il revient sur les lieux de son crime, à Barjance, pour les élections municipales, qu'il va gagner. Il devient alors le maire du petit village. Sauf que le fils du gendarme assassiné, il y a 25 ans, par Samuel, rouvre l'enquête du meurtre de son père. Samuel est alors pris au piège.

Ce roman est tout bonnement diabolique: c'est super bien écrit, avec un rythme haletant, mais surtout avec un suspense qui ne vous lâche plus (pourtant, le meurtrier est connu du lecteur puisque c'est lui (Samuel) qui raconte les événements, passant du présent au passé pour nous dire comment tout cela est arrivé). C'est ça qui est très fort: que le lecteur soit happé, non pas sur la résolution du meurtre, mais plutôt sur les conséquences de ce meurtre et comment le meurtrier va s'en sortir (car oui, j'ai eu envie que Samuel s'en sorte).

Bien évidemment, il n'y a pas que ça: ce livre tient son lecteur, par pleins de petites révélations, distillées tout au long du livre: les secrets pullulent dans ce petit village varois, les habitants se renferment et ne révèlent rien sauf que l'arrivée de Samuel va tout chambouler. Mais, je ne voudrais pas trop en révéler car, sinon, ce serait gâcher la lecture. Tout ce que je peux vous dire, c'est que le twist final de la fin est renversant et m'a laissé sans voix.

Au final, il est très difficile de parler de ce livre, car trop en dire serait gâcher la lecture. Mais c'est un roman palpitant, dont l'action ne faiblit pas une seule minute. Un roman qui vous happe pour ne plus vous lâcher. Un roman idéal pour l'été (il se passe d'ailleurs en été) qui m'a rappelé des films comme "Un été meurtrier" ou "L'été en pente douce" et qu'il faut absolument découvrir. Ainsi que son auteur Mathieu Tazo, qui a une plume magnifique et un sens du suspense irréprochable. Un sans faute, pour ma part.

Merci aux Editions Daphnis & Chloé pour cette nouvelle découverte, qui m'a encore une fois ravi.



Mathieu Tazo: Un caillou dans la chaussure, Daphnis & Chloé, 333 pages, 2015






dimanche 26 juillet 2015

La Discothèque du 20e siècle #120

En 1980,  Taxi Girl cherchait LE garçon.

Taxi Girl: Chercher le garçon (1980)



Comme le raconte Jean Eric Perrin dans "L'encyclopédie du rock français, Taxi Girl (avec Daniel Darc au chant, Laurent Sinclair aux claviers, Pierre Wolfsohn à la batterie et Mirwaiss Amadzaï à la guitare) est né au lycée Balzac de Paris. Fans de rock extrême, ils mêlent des références littéraires à leur innocence new wave bien dans le ton de l'époque. Leur 2e maxi, le tubesque Chercher le garçon précède un excellent album Seppuku qui donne un coup de fouet au rock made in France. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1980", Polygram Direct)

Bonne écoute!

vendredi 24 juillet 2015

Le bâtard

4e de couverture: La vie erratique de Gene, fils de prostituée, qui part sur les routes après avoir assassiné le souteneur de sa mère. Dans sa concision et sa violence Le Bâtard(1929), tout premier roman d'Erskine Caldwell, annonce les grands thèmes qui irrigueront ses oeuvres suivantes et est considéré comme l'un des textes fondateurs du roman noir américain.

La vie est parfois étrange. Pourquoi un auteur passe à la postérité et connait une notoriété perenne, à travers le monde? Et pourquoi un autre auteur, malgré un succès formidable, en son temps, tombe, au fil du temps dans l'oubli? 


Les deux auteurs dont je parle, sont John Steinbeck et Erskine Caldwell. Le premier est entré dans l'histoire de la littérature américaine, avec des romans tels que A l'est d'Eden, Les Raisins de la colère ou Des souris et des hommes: livres qui sont encore lu aujourd'hui par les jeunes générations. 
Le second (Erskine Caldwell), un contemporain de Steinbeck, a lui aussi décrit le monde ouvrier, la misère et les gens du peuple. Malgré la censure qu'à connu ses romans tels que ce Bâtard, ceux ci se sont vendus et ont été lu par millions. Oui, mais, il n'est pas passé à une postérité mondiale, comme Steinbeck. Qui connait Erskine Caldwell et ses écrits? (à part les américains qui doivent forcément savoir qui c'est.) 

La collection Belfond [Vintage] a été créée, dans ce but là (je sais, je le répète à chaque fois que je parle d'un des livres de cette collection, mais c'est important à souligner): faire (re)découvrir aux lecteurs des auteurs et des romans tombés dans l'oubli au fil du temps. Et, j'ai bien l'impression que la directrice de la collection, veut faire connaître Erskine Caldwell, au plus grand nombre, puisque c'est le premier auteur qui va avoir droit à un deuxième passage dans la collection. En effet, en avril 2013, les Editions Belfond publie Le Bâtard, qui sera le 3e livre de Belfond [Vintage]. Et voilà que, deux ans plus tard, dans la 3e saison de la collection, le 17e livre de Belfond [Vintage], sera un autre roman d'Erskine Caldwell: Haute tension à Palmetto (à paraître en novembre 2015). 

En sachant cela, j'ai voulu, tout d'abord lire le premier roman d'Erskine Caldwell pour savoir à quoi m'attendre. Et là, c'est tout simplement une claque monumentale que je me suis prise. Quel roman, mes amis! 
Un roman percutant, amoral, où l'on suit Gene, un jeune homme qui, après avoir tué un homme qui avait bien connu sa mère, une prostituée, revient dans sa ville natale Lewisville, "incognito".
J'ai été déconcerté par ce petit livre: à chaque page, un nouveau fait me faisait écarquiller les yeux. Il se dégage une telle violence dans ce livre, que l'on se demande où tout cela va s'arrêter. Le plus bizarre, c'est que cette violence cache une grande naïveté: les personnages comme Gene ou John font preuve de violence mais comme si tout cela était normal. Certaines scènes m'ont estomaquées comme celle où Gene, dans sa cellule de dégrisement fait la connaissance d'une jeune fille dans la cellule à côté, qui pleure. Il demande au gardien pourquoi ces pleurs: le gardien lui explique qu'il vient de dépuceler cette jeune fille et que Gene peut en profiter également. Ce que Gene accepte. Le gardien fait alors entrer Gene dans la cellule de la jeune femme, pour que celui ci la viole impunément, sans demander son reste (!!). Ou bien celle, où John, pourtant un gentil garçon, va s'en prendre à un nègre, pour une broutille et va carrément le balancer sur la scie, et couper ainsi le type presque en deux. Gene et lui, vont alors "faire une expérience": ils donnent à boire au Noir, (le dernier à le ventre ouvert et les tripes à l'air) et regardent l'eau sortir de son ventre ouvert. Et cela les amuse...car pour eux,un nègre qui se fait tuer de cette manière, est une chose banale: ce n'est pas la première, ni la dernière fois que cela arrivera. Personne ne s'en formalisent (d'ailleurs les autres noirs de la scierie fuient sans demander leur reste quand John prend ce nègre à partie). Puis, il dit à Gene de ramener les morceaux à la femme du noir, en les laissant devant sa porte. 
Dans ce livre, on navigue entre scène horrible de ce genre et d'autres beaucoup plus burlesque: comme l'enterrement du shérif Jim (le père de John) qui est l'un des moments les plus incroyables qui soient, et qui pourraient être drôle, s'il n'y avait pas ce malaise permanent qui flotte. 
Puis, à la fin, le livre devient une sorte de roman fantaisiste. Mais une fantaisie cruelle (à la "Elephant Man") et le lecteur que je suis a été encore plus déconcerté par cette fin rapide et sans joie. 

Malgré le malaise qui m'a parcouru tout au long de ce petit roman, j'ai beaucoup aimé l'écriture d'Erskine Caldwell: elle est âpre, sans fard, percutante, violente, emballée par des dialogues qui fusent et qui font mouche, mais qui font entendre ces voix du Sud qui vous vrillent les oreilles et que vous n'oubliez pas de sitôt. Surtout, Erskine Caldwell ni ne jge, ni ne compatit avec ses personnages. Il raconte la vie de ceux ci sans prendre parti: il est juste l'évocateur d'une époque (les années 30,celles de la crise et de la prohibition), un radiographe de ces vies, qu'il a bien connu et qu'il met en lumière, comme le ferait un journaliste (le style d'un romancier en plus). 

Au final, un petit roman âpre, percutant, et violent qui vous prend aux tripes et qui vous malmène. Un roman puissant qui ne peut laisser indifférent. Le lecteur est bousculé dans ses principes et regardent, fasciné, l'errance de Gene, ce jeune bâtard, qui essaye de vivre dans ce monde de brutes. Le monde n'en ressort pas grandit mais c'est également ça la vie. J'ai été happé par cette plume que je n'oublierai pas de sitôt. Tout comme Steinbeck, Erskine Caldwell fait partie des grands romanciers américains du 20e siècle: avec ce Bâtard, il est même précurseur du mouvement du roman noir américain qui va voir naître les Hammet et Chandler, les futurs grands romanciers de ce genre là. 
Ce n'était que justice de remettre en lumière les romans d'Erskine Caldwell, et c'est aux Editions Belfond à qui l'on doit cette initiative. Merci à eux. 

Merci à Brigitte des Editions Belfond  pour la découverte de cet immense auteur (et pour m'avoir aidé à compléter ma collection "Belfond [Vintage]). 

Erskine Caldwell: Le Bâtard (The Bastard), Editions Belfond (Collection Belfond [Vintage]), 159 pages (avec la postface de Michel Fabre), 1929 (pour l'édition américaine), 1982,(pour la 1ere édition et traduction française), 2013 (pour la présente édition)


jeudi 23 juillet 2015

Le Visionnaire (le Temps des bâtisseurs T1)

4e de couverture: Aux environs de 1860, on parcourait encore le Bas-Canada sur des routes de terre et on traversait les rivières sur des bacs.
Trois membres de la famille Saintonge contribuèrent de façon déterminante à forger le Québec d’aujourd’hui. Le père, Frédéric, surnommé le Visionnaire, s’exile pour fonder une communauté francophone dans le Midwest américain. Le fils de celui-ci, également nommé Frédéric et qualifié de Prodige, dresse églises, presbytères et nombre de résidences prestigieuses. Enfin, son frère Jean-Charles, dit « l’Affranchi », mène une existence libre, en précurseur des temps nouveaux.
Ces pionniers – et les femmes qui les ont accompagnés – sont ceux et celles qui ont mis le Québec au monde ! Ce livre est leur histoire…


La nouvelle trilogie de Louis Caron m'avait interpellé car son résumé me promettait de découvrir encore une fois , une nouvelle facette de l'histoire du Canada français, de part les bâtisseurs qui ont contribué à sa construction. 

Après lecture, je peux seulement dire que ce roman n'a pas comblé mes attentes (En attendais-je trop?). En tout cas, je ne m'attendais pas à lire un livre aussi déprimant. Oui, ce livre m'a déprimé par son côté trop religieux, mis en avant par l'auteur. Cette part trop importante de la religion n'est, de plus, pas très réjouissante. De l'abbé Desnoyers, pervers et maître-chanteur envers les femmes qui viennent à confesse, pour se servir de leur confession a des fins pas très catholiques (les mettre dans son lit); jusqu'à l'abbé Quintier, qui, à Saint Anne, devient tout simplement un inquisiteur, puis un despote. La religion ne sort pas grandit de ce roman; 

Pourtant, tout commençait bien: la découverte de la famille Saintonge, dans le village de L'Islet, m'emmenait dans la campagne québécoise au bord du Saint Laurent, la rivalité entre les deux frères Saintonge, Frédéric et Félicien annonçait une saga familiale idéale pour l'été. 
Puis, patatras!
Le départ des deux Frédéric (parce que, pour aider le lecteur à suivre, l'auteur à eu la belle idée d'appeler ses deux héros (le père et le fills aîné Saintonge) du même prénom, répétant  à l'infini "Frédéric père", et "Frédéric le fils", ce qui devient à la longue répétitif et saoulant) pour Saint Anne, qui me promettait un autre dépaysement et des aventures à propos des bâtisseurs, de toute beautées, aurait pu être un nouvel élan.  
Sauf que l"auteur s'est plus  focalisé sur le "duel" de Frédéric père avec l'abbé Quintier, que sur le cheminement du fils Frédéric, pour devenir architecte à Chicago. 
Et c'est là que le bas blesse. Le titre nous promet un roman sur les bâtisseurs, et le personnage qui représente cette corporation (Frédéric fils) est peu exploité. 
Certes, ce 1er tome s'intéresse au parcours du père (puisqu'il est intitulé "Le Visionnaire", du pseudo de Frédéric père  pour écrire ses articles dans le journal local), mais je pensais que ce dernier serait également bâtisseur (il l'est par certain côté puisqu'il débute la construction du nouveau presbytère de l'abbé Quintier, puis, de par ses articles et ses discours, c'est un bâtisseur de la pensée, qui bouscule la population à se bouger pour garder son indépendance française, dans ce pays anglophone), mais cela est anecdotique. 

Alors, le roman n'est pas totalement inintéressant: voir le comportement du clergé avec les canadiens français au XIXe siècle (de façon exécrable, je vous l'accorde), ou de comprendre que certains canadiens français se sont installés au Nord des Etats Unis, près de Chicago, pour construire une nouvelle "nation française" aux Etats Unis, mais aussi de montrer le melting pot des Etats Unis avec ces langues différentes qui s'entrecroisent, a un certain intérêt. Mais celà ne suffit pas pour retenir l'attention. 

Au final, un 1er tome d'une trilogie qui ne m'a pas totalement convaincu. Le point de départ est des plus sympa (donner la parole aux personnes qui ont construit le Québec tel qu'il est aujourd'hui), mais tout cela perd de son charme à cause de personnages trop antipathiques (les deux curés ou Félicien) ou des personnalités pas assez affirmé, pour les autres, qui fait qu'on ne s'attache pas à eux. Pour moi, malheureusement, cela ne l'a pas fait, et je ne pense pas que je lirai la suite, malgré une fin qui relance un peu l'intérêt. Tant pis. 

Merci aux Editions de l'Archipel pour la découverte de ce nouvel auteur, malgré mon avis mitigé. 





Louis Caron: Le Visionnaire (Le Temps des bâtisseurs T1), L'Archipel, 331 pages, 2015





mercredi 22 juillet 2015

La Discothèque du 20e siècle #119

En 1978, Daniel Balavoine trouvait enfin le succès avec son chanteur.

Daniel Balavoine: Le Chanteur (1978)



Grâce à cette chanson, Daniel Balavoine rompait enfin avec la spirale infernale de l'échec, faisant mentir ceux qui ne croyaient plus en son avenir. Léo Missir, lui, y croyait encore. Aussi avait il incité son protégé à prendre une nouvelle fois le chemin des studios. Le chanteur, qui donne son nom au troisième opus studio de Balavoine, allait faire un malheur dans les hit-parades et être perçu comme un signe de ralliement par la jeune génération des années 80. Balavoine y révélait en outre tout son talent d'interprète et de compositeur. (Source: Fascicule "L'encyclopédie de la chanson française n°5", Universal Collections)

Bonne écoute!

lundi 20 juillet 2015

A un détail près (Blue Heron T1)

4e de couverture: Quand elle débarque pour deux mois à Manningsport, la petite ville des Finger Lakes où vit toute sa famille, Faith Holland a dans la poche une liste ambitieuse de projets :
- rénover la vieille grange du domaine familial de Blue Heron
- faire en sorte que la ville oublie, enfin, que son ex-fiancé l’a larguée devant l’autel le jour de leur mariage en faisant son coming out (un moment particulièrement bien choisi, non ?)
- trouver une nouvelle compagne à son père, lequel pourrait bien vouloir se remarier avec une femme cupide et d’un absolu mauvais goût (pour elle, le comble du chic est de porter une robe à imprimé léopard)
- régler ses comptes avec Levi Cooper, le copain ô combien attentionné qui a tout fait pour que son ex-fiancé clame son homosexualité devant la moitié de la ville…
Car pour Faith, une chose est sûre : rien, ni le sex-appeal affolant de Levi ni ses magnifiques yeux verts, ne viendra altérer la colère que suscite en elle celui qui, trois ans plus tôt, a fichu sa vie en l’air.


Après la lecture intense du 3e tome du Trône de Fer, il me fallait une lecture beaucoup plus légère. 
C'est ainsi que je me suis lancé dans le dernier roman de Kristan Higgins paru aux éditions Mosaïc. Il y a un moment que je voulais découvrir cet auteur. Quand j'ai eu la chance de pouvoir lire ce livre, je n'ai pas hésité une seconde. Qu'est ce que j'ai bien fait! 

Ce livre est une petite merveille de drôlerie, de bons sentiments, mais de peine également. Tout ce qui fait le sel d'une bonne comédie romantique. Kristan Higgins l'a fort bien compris car elle sait doser ça à la perfection. 
Ce premier tome de la série Blue Heron (ce qui n'est pas indiqué dans le livre et c'est fort dommage. Il a fallu faire quelques petites recherches pour savoir que ce livre était le 1er tome d'une série qui en compte 4 pour le moment (le 5e tome étant prévu pour la fin de l'année 2015), du nom du domaine des Holland, est tout ce qu'il me fallait pour passer un très agréable moment, installé dans mon transat, sur mon balcon, au soleil.
Dès les premières pages, j'ai été conquis et j'ai déjà commencer à beaucoup rire devant les situations rocambolesques de cette chère Faith, qui n'a vraiment pas de bol avec les mecs, il faut dire. Je l'ai trouvé très attachante, et même très touchante. Les deux hommes qui gravitent autour d'elle, ne sont pas mal non plus, même si j'ai eu un peu de mal à cerner Levi, le chef de la police de Manningsport. Je l'ai trouvé au départ antipathique, mais mon jugement a changé au fil des pages. Jeremy, en revanche a eu mon adhésion tout de suite, (est ce parce qu'il serait gay par hasard?): il est charmant, attentionné, toujours disponible, sauf que pour Faith, il a ce grand défaut (il est gay!) et il ne trouve pas mieux que de l'avouer juste avant la cérémonie de leur mariage. 

En plus de ça, ce qui m'a le plus charmé, c'est la famille de Faith: les Holland! Ces derniers m'ont rappelé une autre famille dont j'ai suivi les péripéties durant 5 ans: les Walker de Brothers & Sisters. Oui, cette fratrie (Les Holland), très soudée, se mêlant un peu de la vie de leurs proches, se chamaillant, ou se rassemblant autour d'une bouteille de vin (ils ont un domaine viticole à Manningsport, le fameux Blue Heron), m'a rappelé celle de la famille Walker. Je les ai tous aimé (de la petite dernière Abby, aux grands parents qui se chamaillent à tout bout de champ) , et surtout, j'ai apprécié que l'auteur, bien que se focalisant sur Faith et sa future histoire d'amour avec Levi (ben quoi, on est dans une comédie romantique, donc, la romance est forcément là),  n'en oublie pas pour autant de nous parler des déboires conjugaux de Prudence, avec son mari, ou du fait qu'Honor et Faith cherchent à recaser leur père, qui a eu le malheur de se lier d'amitié avec cette arriviste de Lorenna (j'ai d'ailleurs beaucoup ri devant une certaine scène ou Faith, ayant arrangé un rendez-vous avec une certaine Maxine, pour son père, se rend compte que cette dernière a une poigne un peu trop virile). 

Ce que j'ai aimé également, c'est que Kristan Higgins sait parfaitement passer du rire aux larmes. Car, bien qu'ayant beaucoup ri, j'ai également versé quelques larmes,devant la détresse de Faith, depuis la mort de sa mort, dont elle se sent responsable. Le fait également que l'auteur oscille entre passé et présent pour nous expliquer le parcours de Faith (les passages du lycée m'ont extrêmement plu et ils m'ont fait comprendre comment Faith en était arrivée là) D'une situation humoristique au possible (se faire larguer le jour de son mariage par son futur mari qui fait son coming out ce jour là) Kristan Higgins a construit une comédie romantique aboutie en tout point, passant du rire aux larmes, construisant une relation entre les deux héros (Faith et Levi) tout en douceur et prenant son temps, même si le schéma est classique (ils se détestent à la base pour mieux s'aimer). Les rebondissements sont présents jusqu'à la dernière page, ce qui fait qu'on ne s'ennuie pas une seule seconde. 

Au final, une comédie romantique qui tient toutes ses promesses du début à la fin, passant du rire (jusqu'aux éclats) aux larmes. J'ai adoré suivre les aventures parfois rocambolesques, parfois burlesques, de la famille Holland, et je n'ai qu'un souhait: l'espoir de voir le 2e tome publié en français, pour pouvoir continuer l'aventure avec eux. 
Une comédie romantique que je vous recommande chaudement: une lecture idéale pour l'été. 

Merci aux Editions Moisaïc  pour la découverte de l'univers de Kristan Higgins, et surtout pour la rencontre avec les Holland. 



Kristan Higgins: A un détail près (The Best Man), Mosaïc, 456 pages, 2015