dimanche 19 avril 2015

Slow Qui Tue #231: One of us

Le Slow qui tue de la semaine se pose des questions à propos de Dieu.

Joan Osborne: One of us


Bonne écoute!


samedi 18 avril 2015

Le scandale des eaux folles

4e de couverture: Pays du Lac-Saint-Jean, fin mai 1928. Après deux ans d'accalmie, de nouvelles crues exceptionnelles frappent les riverains du grand lac. Les terres arables sont inondées, les ponts emportés, les maisons menacées, les habitants évacués. Une véritable tragédie...
Pour la famille Cloutier, des cultivateurs de Saint-Prime, la catastrophe prend une autre dimension. Emma, leur plus jeune fille, est retrouvée noyée près de la ferme.
Ce deuil cruel va semer la discorde, le mensonge, tandis que les éléments continuent à se déchaîner.
Jacynthe, la soeur aînée d'Emma, ira jusqu'au bout des doutes qui la rongent, un douloureux chemin couronné par l'amour retrouvé.


Indéniablement, Marie Bernadette Dupuy est une conteuse. Elle sait comment raconter une histoire, pleine de bons sentiments, avec tout de même des secrets, des révélations, de l'amour, des larmes... Tout ce qui fait le sel d'une bonne saga. 
J'avais déjà pu découvrir ce talent de conteuse dans l'un de ses romans "Les fiancés du Rhin", qui m'avait laissé un sentiment mitigé. Même si j'avais aimé l'histoire, pour les souvenirs nostalgiques qu'il faisait remonter à ma mémoire (il me rappelait les histoires régionales que ma grand-mère lisait et qu'elle me prêtait quand j'étais ados, et que nous racontait Christian Signol ou Claude Michelet, par exemple)
Sauf que j'ai un soucis avec Marie-Bernadette Dupuy: c'est le style d'écriture complètement absent. Je trouve que Marie-Bernadette Dupuy manque de style: elle sait raconter une histoire, mais il lui manque un tant soit peu de style. Le souffle romanesque est là, l'histoire se tient dans l'ensemble (malgré parfois quelques passages de bons sentiments ou de situations qui s'arrangent par miracles), mais le soucis majeur des romans de Marie-Bernadette Dupuy sont les dialogues: ils sonnent creux, faux et sont parfois affligeants. (J'avais déjà remarquer ce soucis dans l'autre roman que j'avais lu d'elle). 
Alors, je sais ce que certains vont me dire: si tu es si malin,fais en donc autant! (Eh bien, je vous répondrais que je l'ai fait, Ily a plus de 10 ans, mais j'ai également remarqué que je n'avais pas un style d'écriture très travaillé, et ce roman ainsi que d'autres histoires sont resté dans mes tiroirs. 

Loin de moi l'idée de dénigrer et de saborder le travail de l'auteure, surtout que, je le répète, Marie-Mernadette Dupuy sait raconter des histoires, inventer des situations romanesques à souhait qui me rappellent les sagas régionales deChristian Signol et Claude Michelet (entre autres): elle en est une digne héritière d'ailleurs...mais j'ai un petit soucis avec les dialogues. Quand l'auteure décrit un moment, une situation ou raconte l'histoire, pas de soucis, cela passe bien mais tout est "gâché" par des dialogues non maîtrisés et qui m'ont souvent dérangé dans ma lecture. 
C'est dommage car l'histoire des Cloutier et du mystère qui les entoure (la mort d'Emma) est passionnante et tient en haleine. Le Québec que nous décrit Marie-Bernadette Dupuy est passionnant  à découvrir et elle remet en lumière l'un des événements marquants du Québec (les inondations de 1928). Les personnages, sont sympathiques ou antipathiques et on les aime ou on aime les détester, malgré leur unique facette. Quoique, ici, l'un des personnages a tout de même des côtés gris (celui d'Emma) mais d'une certaine manière heureusement, puisque le roman se focalise sur elle et les secrets qu'elle cachait et que sa soeur aînée va découvrir progressivement. 

Après cette lecture, je pense maintenant savoir quelle n'est pas pour moi.Mais je suis ravi qu'elle ait autant de lectrices-Lecteurs car elle sait raconter et captiver son auditoire, mais son manque de style et des dialogues qui sonnent creux, me font souvent tiquer et me gâche la lecture. Ce qui est un point de détail à ne pas négliger pour lire un livre avec plaisir. 
Cependant, je me laisserai tout de même tenter par un dernier tour de piste avec elle, en lisant, un jour, le 2e et dernier tome de cette saga. Appelez moi Maso si vous voulez, mais, j'ai tout de même envie de savoir ce que l'auteur réserve à la famille Cloutier.Ensuite, je dirai au revoir à la plume de Marie Bernadette Dupuy qui n'est pas faite pour moi. 

Marie-Bernadette Dupuy: Le Scandale des Eaux Folles (Tome 1), France Loisirs, 689 pages, 2014




mercredi 15 avril 2015

La Discothèque du 20e siècle #102

En 1953, Line Renaud s'inquiétait des voleurs de coeurs. Voilà pourquoi elle voulait offrir un chien à son amoureux.

Line Renaud: Le chien dans la vitrine (1953)

Le chien dans la vitrine by Line Renaud on Grooveshark

Rarement un couple aura été aussi complémentaire: d'un côté Loulou Gasté, un compositeur au grand talent mélodique; de l'autre, Line Renaud, une chanteuse qui symbolisait à merveille la France des années 50. Ma cabane au Canada a été le premier succès de Loulou Gasté et Line Renaud. Il y en aura beaucoup d'autres, aux premiers rangs desquels on trouve le chien dans la vitrine. Assurément une chanson emblématique de "Mademoiselle from Armentières" (Source: Fascicule "L'encyclopédie de la chanson française n°35", Universal Music Collections)

Bonne écoute!

dimanche 12 avril 2015

Slow Qui Tue #230: Le géant de papier

Le slow qui tue de la semaine se retrouve comme un géant de papier, devant son corps de femme.

Jean-Jacques Lafon: le Géant de papier


Bonne écoute! 


samedi 11 avril 2015

Les 3 crimes de West Memphis

4e de couverture: West Memphis, petite ville de l’Arkansas. Le 5 mai 1993, trois enfants de 8 ans sont portés disparus. On les retrouve égorgés le lendemain dans un bois dénommé le « nœud du diable ». Ils auraient été tués suite à un rituel satanique.
Très vite, trois adolescents, Damien Echols, Jason Baldwin et Jessie Misskelley sont appréhendés suite au témoignage accablant de deux personnes.
Malgré une enquête bâclée et une absence totale de preuves, Baldwin et Misskelley sont condamnés à la perpétuité, Echols à la peine de mort…
Face aux incohérences du dossier, un détective privé décide de mener sa propre enquête.


En 1692, a Salem Village (aujourd'hui Danvers) quelques jeunes filles, dont Abigail Williams, Ann Putnam et Betty Parish accusent certains concitoyens de les avoir envoutées et d'être des sorciers et des magiciens alliés à Satan. Ce fait divers resta gravé dans l'histoire américaine sous le nom des Sorcières de Salem. Mais cela vient d'un autre temps, et comme on dit autre temps,autre moeurs. Dans notre société actuelle, cela ne se reproduirait pas. Sauf que...300 ans plus tard, en 1993, dans une petite ville de l'Arkansas, West Memphis, une "nouvelle chasse aux sorcières" est lancée, et cela parait impensable, mais c'est pourtant vrai: 3 jeunes adolescents marginalisés, qu'on dit satanistes, vont être pris pour cible par la police dans le meurtre de 3 enfants de 8 ans, d'une telle monstruosité qu'on ne peut pas l'imaginer. 

Mara Leveritt, journaliste vivant en Arkansas, décrit, de façon objective et neutre tous les points troublants de cette affaire qui défraya la chronique. Elle démonte, un par un, tous les manquements de la police et de la justice dans cette affaire, sans jamais prendre parti, pour qui que ce  soit. 

J'ai été happé dès les premières pages: ce livre sur cette affaire incroyable, se lit comme un polar et est aussi addictif. Au fil des pages, l'enquête bâclée de la police est dévoilée point par point, ce qui fait qu'on a toute la lumière sur cette affaire, de l'intérieur. On prend alors fait et cause pour les 3 accusés. Il ne peut en être autrement, au vu des événements et des éléments que l'auteur nous donnent à lire. Du moins, le lecteur est troublé par tout ça. 

Jamais un livre ne m'a autant révolté et mis en colère. A chaque page, je fulminais devant le manquement des policiers, du juge et des procureurs, qui, parce qu'ils n'ont pas fait leur travail correctement et consciencieusement, ont préféré s'en prendre à 3 adolescents qui ne sont coupable de rien, sauf de ne pas être comme les autres adolescents de leur âge, s'intéressant aux mondes occultes, écoutant du heavy metal... Pour autant, cela ne fait pas  pas d'eux des adorateurs du diable...Oui, mais voilà, nous sommes dans le Sud profond des Etats Unis, là où, dans les années 50,  le Rock était considéré comme une musique du diable et Elvis, un chanteur possédé par Satan (!!) Et tout ce qu'on peut dire, c'est que ces croyances ont la vie dure. 
Les flics n'ont pas étudiés toutes les pistes et tous les indices en leur possession: l'homme noir couvert de sang, vu dans les toilettes des femmes du restaurant Bojangles, le soir de la disparition des gamins, le passé violent de Mark Byers, le beau-père, d'un des garçons tués, le couteau ensanglanté de ce même Byers, remis à la police quelque temps avant les procès des 3 adolescents...et autant de preuves qui sont passés à la trappe, parce que la police a préféré s'orienter vers la thèse d'un crime sataniste et s'est acharné sur 3 adolescents. 

Mara Leveritt nous donne tous les indices de cette affaire, mais se focalise aussi sur John Mark Byers, le beau-père de Christopher, en nous rappelant son passé et ses démêlées avec la justice. Cette mise en lumière sur l'un des pères d'une des victimes fait de lui l'un des suspects potentiels dans cette affaire...sauf que la police ne l'a pas pris en compte. 

Alors, j'avoue, c'est facile de prendre fait et cause pour les 3 accusés (qui sont les 3 autres victimes dans cette affaire) quand le lecteur a tous les éléments pour arriver à cette conclusion, puisque l'auteur nous retranscrit, point par point, toute l'enquête de l'intérieur. Mais, je me suis alors posé la question: si j'avais lu l'histoire de cette affaire dans les journaux, à l'époque, quel aurait été mon sentiment: aurais je pris la défense de ces 3 adolescents ou les aurais je condamné moi-même? Je ne peux pas répondre à cela car je n'en sais rien. 

Heureusement pour Damien Echols, Jason Baldwin et Jesse Miskelley Jr, certaines personnes ont cru en leur innocence et se sont battus pour les faire sortir de ce système qui les a broyés. (Après 18 ans d'incarcération, les 3 de West Memphis ont été libérés,en 2011  mais pas de la bonne manière: ils ont dû accepter un accord impensable: ils devaient plaider coupable pour trois chefs d'inculpation pour meurtre, tout en clamant leur innocence, s'ils voulaient que l'Etat les libèrent. C'est à dire qu'aux yeux de la loi, ils sont toujours considéré comme des repris de justice (ce qui veux dire qu'à la moindre infraction, c'est retour direct par la case prison). Ils sont libérés mais pas innocentés, tout ça parce que l'Etat ne veut pas reconnaître avoir fait des erreurs. Tout simplement révoltant. 

Voilà un livre passionnant, qui ravira les amateurs de faits divers, sur une enquête qui fit grand bruit aux Etats Unis, moins connu en France (en fait, le nom de Damien Echols ne m'étaient pas inconnu mais je ne me souvenais pas où je l'avais entendu. Cela m'est revenu hier en voulant savoir ce que les 3 de West  Memphis étaient devenu aujourd'hui: j'ai vu Damein Echols dans l'émission de Thierry Ardisson, Salut les Terriens, en mars 2014, pour la sortie de son livre , La vie après la mort (un livre témoignage qui m'interpelle encore plus après la lecture du livre de Mara Leveritt et que je pense lire un jour  pour avoir la vision d'un des protagonistes de cette macabre histoire, de l'intérieur). 
Un livre passionnant et addictif qui se lit quasi d'une traite, et qui, malgré son sujet très difficile (il faut avoir le coeur bien accroché sur certains passages), nous éclaire encore une fois sur la bêtise humaine. 
On dit souvent que l'erreur est humaine, mais quand celle ci est dû à des incompétents qui risquent la vie de 3 adolescents, elle est impardonnable. On ne peut pas jouer avec la vie des gens. 

Un livre coup de poing qui me marquera pour longtemps. J'ai été estomaqué, bouleversé, révolté, en colère. En tout cas, je vous invite à vous faire votre propre opinion en vous plongeant dans ce document captivant qui se lit comme un thriller et qui nous montre un autre pan de la société américaine. Et ce n'est pas le plus joli. 

Merci à Audrey et aux Editions L'Archipel pour cette découverte des plus captivantes. 

Mara Leveritt: Les 3 crimes de West Memphis, (Devil's Knot), L'Archipel, 394 pages, 2015





mercredi 8 avril 2015

La Discothèque du 20e siècle #101

En 1952, Mouloudji nous expliquait d'où lui venait sa passion  des coquelicots.

Mouloudji: Comme n p'tit coquelicot (1952)

Comme un p'tit coquelicot by Mouloudji on Grooveshark

Adaptation d'un refrain populaire du XVIe siècle (J'ai descendu dans mon jardin) que l'on doit à Claude Valéry (pour la musique) et à Raymond Asso (pour le texte), Comme un p'tit coquelicot est, avec Un jour, tu verras, la chanson la plus célèbre de Mouloudji. Acteur tout d'abord, puisqu'il avait tourné pour le cinéma dès la fin des années 30 (Les Disparus de Saint-Agil) Mouloudji a ensuite participé au renouveau de la chanson française. Comme un p'tit coquelicot lui a même valu le Grand Prix du disque en 1953. (Source: Fascicule "L'encyclopédie de la chanson française n°22", Universal Collections)

Bonne écoute!

lundi 6 avril 2015

Nous ne sommes pas nous-mêmes

4e de couverture: Une révélation littéraire comme on en voit rarement. Épique, tendre, cruelle, traversant toute la deuxième moitié du xxe siècle, une oeuvre bouleversante qui, à travers le désir d'ascension d'une femme, interroge l'American Dream et rappelle les plus belles heures du grand roman américain.

De son enfance dans un minuscule appartement du Queens d'après-guerre, fille unique d'un père camionneur idole du quartier, et d'une mère qui noyait sa mélancolie à grands coups de scotch, Eileen Tumulty a tiré un principe : toujours viser plus haut, ne jamais renoncer à sortir de sa condition.
Faire des études, décrocher un diplôme d'infirmière : Eileen s'accroche, s'endurcit. Tomber amoureuse, épouser Ed : Eileen s'envole, elle a de l'ambition pour deux. Donner naissance à un fils, trouver la maison de ses rêves, former une vraie famille : Eileen veut encore plus, encore mieux.

Et pourtant...
Les rêves ne sont-ils jamais que des rêves ?

Sentir la menace, redouter le pire, se révéler dans l'épreuve.

Et puis choisir de continuer à vivre, malgré tout.


Ce roman-fleuve de Matthew Thomas m'a déconcerté. En lisant la 4e de couverture, je m'attendais à lire une fresque de l'Histoire Américaine, vécue à travers le prisme d'une famille américaine, sur plus de 60 ans. J'ai commencé ma lecture avec cet objectif et, au final, ce n'est pas ce que j'y ai trouvé. Non, ce roman n'est pas un livre sur l'Amérique. C'est un roman intime centrée sur une famille, les Leary,  avec leurs joies et leurs peines. Ayant compris cela, c'est à ce moment là que le roman s'est révélé à moi. Il m'a bouleversé, chamboulé. 
Matthew Thomas a donné du corps à ses personnages. Nous sommes vraiment dans l'intimité d'un couple, de sa rencontre jusqu'à la disparition d'un des deux. Ed et Eillen Leary démontre que l'amour est plus fort que tout. Malgré ses rêves de grandeur, Eillen n'a jamais baissé les bras et a toujours soutenu son mari, jusqu'au bout. C'est beau, émouvant. 

En fait, j'ai pris le temps de lire ce roman car, au final, il ne s'y passe pas des événements majeurs qui vous clouent sur place et vous fait tourner les pages à une vitesse folle. C'est un roman qui prend son temps et qui expose les faits de manière poétique et cruelle, et qui nous parle surtout du temps qui passe et des rêves qui ne restent que des rêves. 
J'en étais donc à penser que ce roman était bien sympathique mais qu'il n'avançait pas beaucoup, pestant déjà sur le fait que l'auteur aurait pu nous éviter certains passages et faire plus court (ceci est un fait avéré pour moi: l'auteur aurait pu resserrer son roman,en évitant de s'appesantir sur certains passages, mais bon, c'est souvent le défaut des premiers romans), et voilà qu'un événement va tout changer dans ma perception du roman. 
A ce moment là, le couple Leary (qui a eu un fils depuis quelque temps déjà) se délite progressivement: Eillen ne reconnait pas son mari et commence à s'éloigner de lui. Elle sent qu'ils n'ont pas les mêmes ambitions et le lecteur que je suis, sent que le couple arrive à un point de non retour. Mais voilà qu'une maladie s'invite dans le couple. Cette maladie va me faire changer de regard sur la famille Leary et changer ma perception du roman. A partir de ce moment là, je me  suis senti proche de cette famille, m'y retrouvant parfois. J'ai été ému aux larmes devant le combat de ce couple qui se lance dans une lutte perdue d'avance, puisque cette maladie (L'Alzheimer pour mettre un nom sur celle ci) ne se soigne pas. 
J'avoue qu'a partir de ce moment, le roman devient un peu éprouvant émotionnellement, puisque cela fait plus de 400 pages  que le lecteur s'est attaché aux Leary, avant que la maladie se déclare. L'auteur ne nous épargne rien sur la dégradation que provoque la maladie chez Ed, et cela a été difficile pour moi de le lire car j'ai été confronté à cette maladie. Cela a fait ressortir en moi des sentiments et des émotions que j'ai vécu. 

La maladie d'Ed pourrait être assimilée à la fin du rêve américain. Au début du roman, Eillen, fille d'un Irlandais qui s'est établi à New York pour y refaire sa vie, a des rêves plein la tête: elle veux avoir un très bon métier (avocate, médecin...), une belle maison dans un quartier "riche": le rêve américain par excellence...sauf que Ed, son mari n'a pas les mêmes ambitions qu'elle, ce qui va la démoraliser. Elle va voir son quartier changer avec des familles noires, indiennes s'installer près d'elle...et ce n'est pas ce qu'elle veut pour sa famille. Elle réussira à acheter une maison dans une banlieue plus huppée, mais c'est à ce moment là que sa vie va basculer et que ses rêves de réussite vont tomber en lambeaux: elle va alors se consacrer à son mari,tout en gardant l'espoir que son fils Connell, aura une meilleure vie qu'elle. Sauf que Connell ressemble plus à son père.
Ce roman fabuleux sur la désillusion et les espoirs déçus est bouleversant, dérangeant parfois, crispant devant certaines situations mais toujours juste. Matthew Thomas nous embarque dans cette histoire américaine qui ressemble à beaucoup d'autre...et c'est ce qui fait sa force: la proximité avec le lecteur. 

J'ai bien conscience que je ne rend pas justice à ce roman avec cette chronique (je n'arrive pas à trouver les mots justes sur les émotions que j'ai ressenti tout au long de ma lecture), mais ne vous arrêter pas à cela. Nous ne sommes pas nous mêmes est un roman à lire pour tous ceux qui aiment les fresques intimistes, les grands romans qui nous parlent des gens simples, et qui déroule le fil de toute une vie: celle de la famille Leary. Faites leur connaissance, vous en ressortirez changé et vous verrez la vie d'un autre oeil. 

Merci à Brigitte et aux Editions Belfond pour cette merveilleuse rencontre avec les Leary. 

Matthew Thomas: Nous ne sommes pas nous mêmes, (We are not ourselves), Belfond, 788 pages, 2015