dimanche 30 août 2015

C'est la rentrée!

Eh oui, il est temps de ranger les tongs, les serviettes de plages et de retrouver le chemin du travail/l'école.
En un mot, c'est la rentrée (bon d'accord, cela en fait trois, mais ne chipotons pas)!

Pour le Kabaret, cette rentrée va voir le retour d'une rubrique et l'arrivée d'une nouvelle.

D'abord, commençons par la nouveauté.
Cette nouvelle rubrique sera mensuelle et sera axée sur les livres.


Les libraires sont souvent ceux qui nous ouvrent les portes de nouveaux univers livresques. Ils sont  là pour nous conseiller de nouvelles lectures (en rapport avec nos goûts littéraires). Quand vous ouvrez la porte d'une librairie et que vous vous trouvez devant tous ces livres, le choix est difficile à faire (sauf si vous savez par avance ce que vous voulez). Les libraires sont justement là pour vous orientez vers les livres qui seraient susceptibles de vous plaire. Ils sont aussi là pour vous conseillez des livres vers lesquels vous ne seriez pas allé spontanément. ( la lecture de ces livres peuvent être une belle surprise).

Cette année, j'ai envie de me laisser guider par leur choix et ainsi mettre en lumière ces amoureux des livres. Pour cela j'irai rencontrer les libraires de la ville où j'habite pour leur poser une question: Quel est votre dernier coup de coeur? 

Je suis toujours partant pour découvrir de nouveaux univers littéraires et de nouveaux auteurs.
En laissant le choix aux libraires,  je me laisse guider par eux, en prenant le risque que le livre qu'il me propose ne me plaise pas. Mais c'est un risque que je prend avec plaisir, car derrière ces coup de coeur pourraient se cacher de belles pépites. (Puis, c'est le jeu. Il nous arrive nous-même d'être attiré par des livres qui nous font envie et puis, qu'après lecture, la déception soit au rendez-vous).

Chaque mois, un coup de coeur des libraires sera dévoilé. J'en ferai la lecture dans le mois et vous donnerai mon avis sur ce livre.

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En septembre, c'est également le retour des Slows sur le blog.
"La Discothèque du 20e siècle" va donc laisser sa place à la nouvelle saison de "Slow Qui Tue" (bien sûr, "La Discothèque" sera toujours présent sur le blog, tous les mercredis).

Cette nouvelle saison "Slow Qui Tue" (la 7e! (Eh oui, déjà)  qui va bercer vos dimanches, sera encore une fois sous le signe de la diversité:

Voici quelques exemples de slows qui vont rythmer vos fins de semaine: "Words" (Christians); La Neige au Sahara (Anguun); Wonderful Life (Black); L'été indien (Joe Dassin); Dream a little dream (Mama Cas) et bien d'autres.

Rendez-vous dimanche prochain avec  le premier Slow Qui Tue de la saison 7. (qui sera accompagné de son petit logo).


Belle rentrée à tous!



La Discothèque du 20e siècle #129

En 1983, les Forbans remettait les sixties et les surprises parties sous les lumières des projecteurs.

Les Forbans: Chante (1983)


Entre la pop française des années 60- le nom du groupe renvoie en effet aux Pirates de Dany Logan- et le rockabilly façon Elvis Presley, le cœur des Forbans a toujours balancé. Ainsi, avec son rythme endiablé et ses paroles qui exaltent la fête, cette adaptation du hit américain Shout shout s'est vendu en 1983 à 2 millions d'exemplaires et a été n°1 au mois de mars. (Source: Fascicule "L'encyclopédie de la chanson française n°22", Universal Collections)

Bonne écoute!

jeudi 27 août 2015

Illumination

4e de couverture: La rencontre de deux coeurs solitaires. Adam Craig est au bout du rouleau. Ce chanteur de hard rock n’en peut plus de sa vie vide de sens, qu’il mène de chambre d’hôtel en chambre d’hôtel. Après le dernier concert de sa tournée, pris de nostalgie, il s’enfuit jusqu’au lac où il passait autrefois ses vacances. Il s’assoupit devant une maison au bord de l’eau… qui appartient à Miles Caldwell, un enlumineur agoraphobe, forcé de vivre en reclus. Celui-ci découvre le bel endormi à sa porte et, dès le premier regard, Adam ressent pour Miles une puissante attirance. Mais l’éternel vagabond et l’éternel solitaire pourront-ils jamais s’aimer ? 

Premier titre de la nouvelle collection Romance de chez Milady (la collection "Slash" qui, comme son nom (ne) l'indique (peut être pas) sera consacrée à la romance Gay), cette "Illumination" a été une belle surprise. 

Au début, j'ai trouvé l'histoire gentillette (la rencontre entre Adam et Miles est bien amenée et nous laisse entrevoir une romance simple et classique): le cadre était joli (un ancien camp de vacances au bord d'un lac), les deux personnages bien dessiné (ma préférence allant tout de même pour Miles, qui avec son problème d'agoraphobie, le rend attachant et un peu hors du commun). J'avançais donc bien dans ma lecture, trouvant cela plaisant, mais pas transcendant, par manque d'enjeu et d'une intrigue (car, pour moi, une simple romance entre deux personnages ne fait pas une intrigue. Il faut tout de même des rebondissements). 

Heureusement, à plus de la moitié du roman, l'intrigue qu'il me manquait au départ, arrive, grâce à la séparation (physique, en tout cas) de Miles et Adam. C'est à partir de ce moment là (et à l'arrivée d'Evie, "ex-petite amie" d'Adam) que les doutes et les révélations vont arriver. Le passé de Miles va se dévoiler et j'ai compris pourquoi il était devenu un ermite. Puis, il y a aussi le fait qu'Adam, cache aux yeux du monde ce qu'il est réellement (ben oui, un chanteur de rock métal ne peut pas être gay). et qu'il a de plus en plus de mal à gérer cela. 

Donc, d'une histoire d'amour classique, l'auteur va nous parler de la solitude, du monde infernal du showbizz qui n'est basé que sur l'apparence (d'ailleurs, Adam, le dit souvent: il joue rôle), du coming-out dans ce monde là et les conséquences sur la vie d'artiste d'Adam (ce coming-out aura une incidence sur sa carrière), mais aussi les doutes qu'un couple peut avoir sur leur relation et comment celle si peut soit se concrétiser ou évoluer. 

J'ai beaucoup aimé le couple que formait Miles et Adam: ils sont très beaux ensemble et leur problèmes relationnels les rend attachants. Mais le petit monde qui gravite autour d'eux n'est pas non plus dénué d'intérêt, comme Lisa, la soeur de Miles, qui le soutient depuis le drame qui a changé sa vie, ou Doug et Bobby, les deux seuls amis qui ne lui ont pas tourné le dos. Sans oublier Evie, la "petite amie" d'Adam: j'ai aimé son extravagance et surtout son soutien à Adam dans ses moments de doutes et de découragements. Evidemment, ils sont peu présent puisque l'accent est surtout mis sur le couple Adam/Miles, mais leur présence, même furtive, est bienvenue, car c'est eux qui font avancer les choses.  

Au final, une romance qui a pris le temps de me séduire (j'ai trouvé la deuxième partie du roman beaucoup plus intéressante car c'est elle qui contient tous les enjeux du livre), mais qui m'a montré un couple magnifique et bien construit. En fait, j'espérais que l'auteur développerait certains aspects de la vie d'artiste d'Adam (comme sa "double vie" et la gestion de son homosexualité dans ce monde viril du hard rock) et le passé de Miles. Ce fut le cas, donc je sors ravi de cette lecture. 
Une première incursion réussi dans la romance gay. Une jolie histoire d'amour qui a embellit la fin de cet été. 

Rowan Speedwell: Illumination (Illumination), Milady Romance (Collection "Slash"), 381 pages, 2015


mercredi 26 août 2015

La Discothèque du 20e siècle #128

En 1983, un jeune chanteur anglais trouvait le succès avec l'un de ses premier titre.

Paul Young: Come back and stay (1983)


1983 est l'année de la révélation pour ce chanteur soul anglais à la voix de velours: sur son premier album mystérieusement intitulé No parlez- qui va se vendre à plus de 8 millions d'exemplaires dans le monde-on ne trouve que des tubes, ou presque, de Wherever I lay my hat (that's my home) (excellent reprise d'un morceau méconnu de Marvin Gaye), à Love of the common people en passant naturellement par Come Back and Stay. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1983", Polygram Direct)

Bonne écoute!

lundi 24 août 2015

Meurtres low-cost (Saison 1 & 2)

4e de couverture: Anna, la quarantaine, épouse modèle et bonne mère de famille, limite desperate housewife depuis qu’elle est au chômage, réussit un beau jour sa reconversion professionnelle sans l’aide de Pôle emploi. De toute façon, son nouveau métier ne rentre pas dans les catégories type des formulaires administratifs : tueuse à gages… low cost. Un concept pourtant extrêmement porteur et très original de service à la personne, comme elle l’explique au journaliste venu l’interviewer sous couvert d’anonymat.
Aujourd’hui à la tête d’une petite entreprise qui connaît pas la crise, Anna éprouve quelques difficultés à concilier vie de famille et vie professionnelle, car il lui faut cacher à son fils et à son mari – un pompier au grand coeur qui sauve les gens, tandis qu’elle les tue – en quoi consiste sa nouvelle activité. Pour couronner le tout, sa mère qu’elle était heureuse de ne pas avoir revue depuis des lustres, débarque à l’improviste pour s’installer chez eux.
La devise d’Anna ? « Soldes, tout doit disparaître ». Surtout les corps et les indices.

Si vous recherchez une lecture fun, avec un humour à la limite du noir, cette série est faite pour vous. 

L'idée de départ est en soi, originale: imaginez, une femme, la quarantaine, au chômage, qui décide de monter son entreprise de tueuse à gages (sous couvert d'une entreprise de coaching) en proposant de tuer pour une somme modique, les personnes qui vous font chiez ou qui vous font du mal. Cette idée qui tue, lui est venue après un rendez-vous avec une conseillère du Pôle Emploi qu'elle aurait bien eu envie de trucider. 

Et voilà notre chère Anna, qui doit jongler entre son métier particulier et sa vie de famille, entre un mari pompier, qui essaye de sauver les personnes qu'elle doit supprimer et un fils, étudiant en psycho qui va lui être d'un grand secours...

J'ai tout bonnement adoré cette première saison: bien évidemment, c'est la saison de présentation des personnages et de la mise en place, mais elle n'est pas dénuée de rythme, de quiproquos et d'humour. Il n'y a aucune lenteur et l'on a pas le temps de s'ennuyer. 
L'une des astuces de l'auteur, c'est d'avoir pris le pied de l'interview pour qu'Anna nous raconte son histoire (au début de premier épisode, Anna a rendez-vous avec un journaliste pour lui raconter son parcours). Ainsi, le lecteur devient ce journaliste et plonge dans cette histoire à pied joint. 

Malgré son métier hors norme, je me suis pris d'affection pour Anna: elle est drôle, sympathique et a tout de même une morale. Anna, c'est un peu Dexter, l'humour en plus. Car oui, je me suis surpris à rire à gorge déployée devant certaines situations (comme celle ou Anna décide de supprimer son "colis" en brûlant le corps dans une voiture...sauf que Erwan, son pompier de mari débarque pour éteindre l'incendie. Ni une, ni deux, Anna téléphone à ce dernier et invente une excuse pour l'empêcher de faire son travail). 

D'épisode en épisode, le rythme ne faiblit pas. De nouveaux personnages font leur apparition, comme Martine, la femme de ménage ou Béatrice, la mère d'Anna. 
Isabelle Bouvier a très bien compris les codes de la série et les utilise de fort belle manière pour nous tenir en haleine, jusqu'au twist final du dernier épisode qui ne donne qu'une envie: lire la saison deux. 


Ce que j'ai fait de suite après avoir fini la saison 1, tellement je voulais savoir (et comprendre) ce qui allait arriver à notre chère Anna et son entreprise de Meurtres Low-Cost. 
Alors, je vais être gentil en ne vous en disant pas trop sur cette saison deux (surtout si vous n'avez pas lu la saison 1). 

Tout ce que je peux dire sur cette saison deux, c'est que la série garde son rythme enlevé, qui va à 100 à l'heure et ne laisse aucun répit. Elle entre plus en détail dans la vie d'Anna et ses proches, toujours ponctuée de meurtres toujours aussi jouissif et imaginatifs. 
Mais surtout, cette saison deux est beaucoup plus sombre que la première (rassurez vous, il y a toujours autant d'humour) et elle dévoile le passé d'Anna qui a vécu un traumatisme étant enfant. Ces événements du passé nous font comprendre pourquoi Anna s'est lancée dans cette nouvelle carrière atypique. 

Cette 2e saison se lit d'une traite, tellement on a envie de savoir comment tout cela va se terminer...sauf que le cliffhanger du 6e et dernier épisode de cette saison 2 annonce une 3e saison qui va changer la donne...et qui m'a laissé dans une frustration totale puisque cette saison 3 n'est pas encore sortie. 

Au final, une série Pulp, fun, drôle,que je conseille à tous (honnêtement, même si vous avez un coeur sensible, vous pouvez y aller sans crainte: l'auteur ne rentre pas dans le trash et les scènes gores). C'est enlevé, avec des personnages haut en couleur qui vous feront marrer. Isabelle Bouvier manie les codes de la série avec maestria et on n'a qu'une envie: savoir la suite des aventures d'Anna. Alors vivement la saison 3!

(De plus, elle est disponible en ebook pour la modique somme de 4.99€ pour chaque saison sur le site de l'éditeur. A ce prix là, ce serait dommage de s'en priver!)


Merci aux Editions la Bourdonnaye pour la découverte de cette série Pulp de toute beauté.

Isabelle Bouvier: Meurtres Low-Cost Saison 1, La Bourdonnaye, 142 pages, 2014
Isabelle Bouvier: Meurtres Low-Cost Saison 2, La Bourdonnaye, 157 pages, 2015




dimanche 23 août 2015

La Discothèque du 20e siècle #127

En 1982, Thierry Pastor montait dans les charts grâce à un coup de folie.

Thierry Pastor: Le Coup de folie (1982)


Fils d'une famille de musiciens lyonnais, Thierry fait ses premières armes comme accompagnateur de Nicolas Peyrac. En 1982, le comique Roland Magdane produit Coup de folie qui devient l'un des premiers grands succès des "radios libres". Mais Pastor est victime en plein succès d'un très grave accident de voiture et il faudra 4 ans pour se rétablir. A peine sorti de ses souffrances, aidé par le producteur Jean Mareska, il obtient un second très gros succès avec Sur des musiques noires. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1982", Polygram Direct)

Bonne écoute!

vendredi 21 août 2015

Nora ou le paradis perdu

4e de couverture: Cuba, 1956. Nora et Alicia, deux cousines très proches et complices, vivent une enfance heureuse et insouciante.
Mais la révolution éclate, et Fidel Castro accède au pouvoir. Un climat de peur, nourri par la répression, s’installe peu à peu. Nora émigre alors aux États-Unis, laissant Alicia derrière elle, qui s’apprête à vivre des heures sombres à La Havane.
Tandis que Nora, bien nostalgique de son pays natal, s’accommode peu à peu de cet environnement nouveau, Alicia subit les coups durs, dans un Cuba où la situation se détériore. Grâce aux lettres qu’elles continuent d’échanger, Nora comprend que la vie d’Alicia est devenu un enfer. Elle décide alors de retourner à la Havane pour lui venir en aide.
Mais ce qu’elle va découvrir à Cuba est bien loin de tout ce qu’elle pouvait imaginer…


La littérature est un moyen formidable de se divertir, tout en apprenant des choses nouvelles et elle nous offre de fabuleux voyages immobiles vers des contrées magnifiques ou des époques lointaines. (Je ne remercierai jamais assez la vie (et ma mère, une autre grande lectrice) de m'avoir donné le goût de la lecture).

Nora ou le pardis perdu en est un nouvel exemple. Ce roman m'a offert un fabuleux voyage immobile à travers le temps mais également vers un pays merveilleux : Le Cuba des années 50 jusqu'au début des années 80.
De Cuba, je ne connaissais quasiment rien : à part la prise de pouvoir de Fidel Castro et La Baie des Cochons en 1961 ( vue avec un regard américain, mais cet événement a toujours été un peu confus pour moi). C'est donc avec un grand intérêt que je me suis lancé dans la lecture de ce roman.

J'en ressors complètement bouleversé. Cécilia Samartin décrit Cuba d'une manière tellement poétique qu'on a l'impression d'y être et de l'aimer. Elle a également le don de croquer des personnages en leur donnant une âme qu'on a l'impression qu'il ne sont pas que des êtres de papier mais qu'ils sont fait de chair et de sang et qu'ils nous racontent leur histoire, à l'instar de Nora, personnage principal de ce roman, qui vivra l'exil quand ses parents décident de quitter Cuba après l'arrivée de Castro au pouvoir.

A travers le regard de Nora, Cuba se livre à nous sous plusieurs facettes : tout d'abord le Cuba d'avant la révolution : la vie de Nora, avec sa cousine Alicia était rempli d'insouciance, de jeux, de soleil et de bonheur ; ensuite vient le moment de la révolution avec l'arrivée de Fidel Castro, promesse d'un renouveau et d'un nouveau départ, sauf que ce ne sera pas la nouvelle vie que tout le monde espérait. C'est alors le moment de l'exil pour Nora et sa famille et la séparation pour les deux cousines puisqu'Alicia restera à Cuba. Le lecteur oscille alors entre la nouvelle vie de Nora aux Etats Unis, qui doit tout apprendre et se faire une place dans ce pays étranger, et la vie d'Alicia, qui devient progressivement un enfer, vue à ttravers les lettres qu'elle envoie tant bien que mal à sa cousine Nora.

J'ai été touché au cœur par Nora et Alicia : je me suis surpris à trembler pour elles deux (surtout les parties se déroulant à Cuba en 1981), à verser quelques larmes (la plume tendre et poétique de Cécilia Samartin n'y est pas étrangère non plus) devant la vie d'Alicia.

C'est un superbe roman sur l'amitié indéféctible entre deux cousines, qui ne couperont jamais le contact malgré la distance. C'est également un roman magnifique sur l'exil : le fait de se sentir étranger partout et de ne plus savoir d'où l'on vient (Nora n'est pas une américaine, malgré ses années passées en Californie, mais elle n'est plus aussi Cubaine qu'avant. L'exil lui fait perdre ses repères et elle se sent étrangère partout) : la métaphore du « cœur fantôme » traduit bien ce sentiment. Nora ne se livre pas complètement : elle garde pour elle son véritable cœur et offre à voir un « cœur fantôme »...sauf que l'on ne peut pas vivre de cette manière là indéfiniment.

Je n'arrive pas à croire que ce roman a 11 ans (Cécilia Samartin l'a écrit en 2004) : il est au contraire très actuel et je dirai même qu'il fait écho à l'actualité : en ce moment, on parle beaucoup des migrants qui quittent leur pays pour l'Europe et un « monde meilleur » (cela fait même débat depuis plusieurs jours). C'était la même chose à Cuba (et probablement dans d'autres pays), il y a 60 ans : Cécilia Samartin le décrit de fort belle manière : tous ces cubains qui risquent leur vie sur des bateaux, voire des radeaux de fortune pour quitter l'enfer qu'ils vivent dans leur pays et avoir la chance de se construire une vie plus belle aux Etats Unis. En lisant ce livre, j'ai ainsi mieux compris les raisons des migrants. Alors, je sais qu'on ne peux pas tous les accueillir (c'est techniquement impossible) mais j'aimerai parfois qu'on les comprenne mieux et qu'on se mette à leur place. Le roman de Cécilia Samartin est un bon moyen de mieux comprendre ces migrants et d'avoir un autre regard sur eux.

Au final, un roman boulerversant qui vous montre un pays (Cuba) peu présent dans les romans (enfin pour moi, c'est le cas, puisque c'est ma première incursion dans ce pays), avec des personnages forts et touchants qui ne m'ont pas laissé indifférent. Un roman très actuel qui nous montre un visage différent sur l'exil et les migrants (on le voit de l'intérieur, par l'intermédiaire de la voix de Nora). Un roman sur une belle amitié qui défit le temps et l'espace. Je n'oublierai pas de sitôt Nora et Alicia : elles ont trouvé le chemin de mon petit cœur pour le faire chavirer. C''est toujours un bonheur de découvrir la plume d'un nouvel auteur : quand en, plus cette plume vous bouleverse et vous émeu, vous n'avez qu'une envie : la retrouver un jour. Cécilia Samartin est une auteure a découvrir (si ce n'est pas déjà fait) et que je retrouverai avec plaisir en ouvrant un autre de ses romans. 

Merci à Camille et aux Editions de l'Archipel pour la découverte de la plume de Cécilia Samartin et pour ce bouleversant voyage à Cuba. 




Cécilia Samartin: Nora ou le paradis perdu (Broken Paradise), L'Archipel, 453 pages, 2015