mercredi 20 août 2014

La Discothèque du 20e siècle #71

En 1960, Ben Sa Tumba nous faisait danser sur de jolies bananes!

Ben Sa Tumba: La Banana (1960)

La Banana (El unico fruto del amor) by Ben Sa Tumba & Son Orchestre on Grooveshark

Comment? Vous ne connaissez pas le fabuleux Ben avec sa Tumba et son orchestre? On vous rassure tout de suite: il n'a pas laissé dans l'histoire de la musique une marque indélébile. En revanche, La Banana a été déterrée par un habile concepteur publicitaire qui l'a utilisé sur une [...] campagne Citroën. (Source: "La Discothèque du 20e siècle: 1960", Polygram Direct)

Bonne écoute!

dimanche 17 août 2014

Le Vent à gorge noire

4e de couverture: Leur diplôme en poche, Jack, Ben et David, amis de toujours, s’offrent une aventure lointaine. Pour ne pas faire comme les autres, ce sera l’Ouganda. Un pays dont ils ne savent rien, pas même les dangers. Un voyage dont ils ne reviendront pas tous…
Des années plus tard, Jack Carrigan est devenu une légende au sein de la police londonienne. Il se voit chargé d’une enquête épineuse : le meurtre sauvage de Grace Okello, jeune étudiante d’origine ougandaise. S’agit-il d’un vulgaire crime crapuleux, ou bien ce meurtre est-il lié aux découvertes de l’étudiante sur les groupes rebelles qui se disputent son pays ? Cette enquête va plonger Carrigan, secondé par le sergent Geneva Miller, dans l’univers violent de la diaspora africaine et les refuges d’ex-enfants soldats pour le guider jusqu’aux secrets bien gardés de l’ambassade. Une intrigue sans frontières et à haut risque qui l’obligera surtout à affronter les fantômes de son passé.

En lisant la 4e de couverture, ma curiosité a été titillée. L'auteur me promettait un voyage africain hors norme. 
Comme je trouve que l'été est une bonne saison pour dévorer des polars, je me suis tourné vers celui ci. Punaise! Quel roman! J'en suis encore tout estomaqué. L'auteur nous embarque dans une intrigue haletante, sans temps mort et où notre cerveau cogite dur pour pouvoir démêler tous les liens de cette nébuleuse et ténébreuse affaire. 

Jack Carrigan, flic londonien, est appelé sur une affaire de meurtre: une jeune femme d'origine ougandaise à été retrouvée sauvagement assassinée dans son appartement. En s'occupant de cette affaire, Jack ne sait pas que celle ci va raviver de vieilles blessures. Mais surtout, il devra composer avec une jeune sergent, Geneva Miller, qui va le seconder dans cette affaire. 

Le roman débute sur un voyage en Ouganda qu'effectuent trois amis, qui viennent tout juste d'obtenir leur diplôme. Un voyage qui ne se passera pas aussi bien qu'ils l'espéraient, après avoir bifurqué vers la mauvaise route. Dès ces premières pages, j'ai été happé par le roman mais surtout frustré car, après ces 16 premières pages, l'auteur fait un saut d'une vingtaine d'années dans le temps et nous voici suivant Jack, devenu flic, dans son enquête. 
Cependant, malgré cette petite frustration, j'ai été happé direct par l'intrigue qui se noue. L'originalité de ce roman réside du fait qu'il parle de l'Afrique et des groupuscules qui prennent le pouvoir et massacrent les populations des villages africains. D'ailleurs, l'auteur a fait un travail formidable de documentation car le lecteur est totalement immergé dans cette histoire de l'Afrique qui nous est conté. 
Mais il ne faut pas oublier non plus l'ambiance londonienne qui se dégage du roman, car, même si elle traite de l'Afrique, les lieux de l'intrigue sont bien Londres et ses quartiers. Ce fut d'ailleurs très intéressant de découvrir la ville et surtout des quartiers peu connus. 
Bien sûr, il y a quelques détails propre au roman policier, comme le flic solitaire, taciturne, qui doit composer avec une jeune recrue qu'il voit comme un obstacle, au départ de l'enquête, les fausses pistes et les complots propres au genre, mais, le fait que l'auteur se focalise sur le passé de Jack, nous fait comprendre que si Jack est comme beaucoup de flics qu'on rencontre dans les romans policiers (c'est à dire avec beaucoup de fêlure, solitaires et n'en faisant qu'à sa guise) , c'est à cause d'un événement de son passé que l'auteur nous expose en quelques chapitres (qui ont été parmi ceux les plus éprouvants à lire). 
Stav Sherez, par petites touches, humanise ses personnages principaux (Jack Carrigan et Geneva Miller) en nous donnant quelques éléments de leu passé. J'ai apprécié ce procédé, car cela m'a plus impliqué dans l'enquête. 
Autre point positif: le fait que l'auteur, tout en gardant quelques cartouches, nous donne à réfléchir et tout du long, j'ai essayé de savoir qui était derrière toute cette histoire. J'ai ainsi joué les détectives (comme j'aime le faire en lisant un roman policier) et j'étais certains d'avoir le fin mot de l'histoire...sauf qu'encore une fois, l'auteur, Stav Sherez, m'a complètement scotché par un final en apothéose (j'étais pourtant proche de la réponse mais mon suspect n'était pas le bon...grrr). 

Par contre, je voudrais vous mettre en garde: il y a certains passages du roman qui sont très durs (comme la description des meurtres ou les passages se passant en Ouganda) et qui pourront heurter les personnes sensibles. Moi même, qui pourtant en est lu (ou vu) d'autres, ait été un peu déboussolé par certains passages, qui ont heurté mon petit coeur sensible. Mais rien ne vous empêche de le lire, si vous vous sentez le courage, ou si le roman vous intéresse. Ce roman vaut vraiment le coup d'être découvert. (Vous n'aurez qu'à sauter les passages un peu trop difficiles pour vous).

Voilà un roman policier comme je les aime: dépaysant, bien mené, avec des personnages forts, une intrigue aux petits oignons, mais aussi, un roman qui nous en apprend plus sur les groupes rebelles en Afrique, sur l'Afrique en elle même. Une très bonne  découverte que je vous recommande. 

Merci à Amandine et aux  Editions Stock pour ce voyage en terres londonienne et africaine qui m'a ravi. 

Stav Sherez: Le Vent à gorge noire, (A Dark Redemption), Stock, 406 pages, 2014





Clip-Clap #16 ne s'aimer que la nuit (Emmanuel Moire)

Pour ce 7e rendez-vous de la saison 2 de Clip Clap, voici un clip tout simple, mais qui moi me touche. Le plus drôle, c'est que je ne sais pas pourquoi: peut être de voir la solitude qui se dégage de ces oiseaux de nuit.



Bon visionnage!


mercredi 13 août 2014

La Discothèque du 20e siècle #70

En 1960, Dario Moreno nous donnait des conseils pour danser la Bamba.

Dario Moreno: La Bamba (1960)

La Bamba by Dario Moreno on Grooveshark

Depuis que Richie Valens en a fait l'un des hymnes de la génération rock'n'roll, La Bamba a été interprétée par des dizaines d'artistes. En France, c'est Dario Moreno qui en 1960, en a réalisé la version la plus réussie, grâce aussi à Jacques Plante et Roger Lucchesi qui ont parfaitement respecté sa chaude atmosphère latino-américaine. Bien des années plus tard, en 1987, La Bamba allait retrouver le chemin des hit-parades français, puis de nouveau au début des années 2000. (Source: Fascicule "L'encyclopédie de la chanson française n°37", Universal Music Collections)

Bonne écoute!

dimanche 10 août 2014

Patience

4e de couverture: Jeune, naïve, jolie et satisfaite de son existence, Patience a été pendant sept ans une épouse soumise et une mère de famille parfaite, subissant le devoir conjugal en bonne catholique, mais sans jamais éprouver le moindre plaisir.
Jusqu'à ce que son chemin croise celui du beau Philip. La révélation est fulgurante : oui, le péché est bien plus réjouissant que le devoir ! Si seulement l'adultère ne la condamnait pas à l'enfer... Que faire, désormais, pour vivre cet amour naissant et soulager sa conscience ?

Interdit en Irlande lors de sa sortie en 1953, ce truculent portrait d'une Emma Bovary des temps modernes a marqué les esprits comme l'une des plus délicieuses satires sociales et religieuses de l'Angleterre post-victorienne. Adapté au théâtre, publié en France en 1957, ce roman drôle, provoquant, subversif, empreint d'une grande liberté de ton, a imposé John Coates au rang de maître de l'humour anglais. À redécouvrir sans modération !


Jubilatoire! 
Ce petit roman de John Coates, publié pour la première fois en 1953 (et qui fut interdit en Irlande) est tout simplement très bon et fort drôle. 

Ce fut un véritable bonheur que de découvrir la plume et surtout l'humour de John Coates, à travers le portrait de cette jeune femme,Patience, mariée à un homme plus âgé qu'elle et qui va découvrir le plaisir dans les bras d'un autre. 

Si j'ai pris autant de plaisir à ma lecture, c'est parce que j'ai aimé de tout mon coeur, Patience:  elle va enfin découvrir les joies de l'amour, et surtout le pouvoir qu'elle peut exercer sur les hommes (et surtout sur son mari). D'une femme naïve et soumise, elle devient une femme à part entière (pas complètement indépendante,mais elle prend enfin son destin en main.) 
J'ai trouvé très charmant sa naïveté (une naïveté que l'auteur habille d'irrévérence de par les pensées et les paroles de son héroïne), mais surtout j'ai aimé la suivre dans son nouveau parcours de femme. Sa soeur Helen fait également parti de mes personnages préférés: une femme indépendante qui a su reprendre sa vie en main en divorçant et en vivant avec un autre homme, qui lui a donné un enfant (qui se trouve être, aux yeux de l'église Catholique, un bâtard puisque le divorce n'est pas accepté par cette sainte institution, ou du moins, mal accepté par leur frère Lionel (ce Pauvre Lionel! qui n'a pas de chance. En même temps, il est un peu insupportable). 

D'une écriture rythmée de dialogues truculents, on voit Patience devenir une nouvelle femme, qui découvre enfin ce qu'est l'amour et le plaisir que peut procurer une relation. Patience est une femme que l'on aime. Car oui, on ne peut qu'aimer Patience (et non, je ne l'ai pas jugé. Mais, en même temps, nous sommes en 2014 et ce qui est évoqué dans le roman ne me choque pas. Je trouve ça plutôt très drôle): elle est tout le contraire d'une Emma Bovary. Elle est plaisante, et son amour pour Philip est très beau. 


Voilà un roman des plus agréables à lire, surtout en période d'été, et idéal entre deux lectures. C'est un petit moment jubilatoire, qui se lit comme une pièce de théâtre (il y a d'ailleurs eu une adaptation théâtrale de ce roman), et qui se croque comme un bonbon acidulé, qu'on voudrait garder en bouche le plus longtemps possible.

Par contre, la fin du roman a été un choc. Je ne m'attendais pas du tout à être aussi surpris par elle.  

Je vous encourage donc fortement de (re)découvrir ce roman de John Coates que les éditions Belfond ont eu la belle idée de ressortir de l'oubli dans lequel il était plongé, en l'incluant dans leur magnifique collection "Belfond Vintage" (qui pour le moment ne m'a jamais déçu). 

De plus, je trouve la couverture de ce livre trop choupinette. C'est peut être un détail, mais celle ci a été un petit plus pour que je me mette dans l'ambiance du roman. 

Allez, courez vite chez votre libraire faire la connaissance de Patience. En refermant ce livre, vous aurez  une nouvelle amie parmi votre entourage. 

Merci infiniment à Brigitte et aux Editions Belfond de m'avoir permis de faire la connaissance de Patience. Quelle découverte! Quelle femme! 

John Coates: Patience (Patience), Belfond, 268 pages, 2014



Clip-Clap #15 It's o so quiet (Bjork)

Ce 6e rendez-vous de la saison 2 de Clip Clap va être rempli de poésie. En effet, la chanson de Bjork, Its o so quiet est d'une douceur, que contrebalance son énergie survoltée. Mais surtout, cette poésie est amené par l'univers  coloré du clip. Un clip filmé par le réalisateur du film le plus poétique et le plus beau de  cette année (d'après ceux qui l'ont vu puisque je n'ai pas encore eu la chance de le voir): Her. Eh oui, Spike Jonze est le metteur en image de cette chanson.
Quand la poésie de Jonze et l'univers étrange et survitaminée de Bjork se rencontre, ça donne ceci:


Bon visionnage!

vendredi 8 août 2014

Chasse au trésor

4e de couverture: Finis le champagne, les journées aux courses, les escapades à Monte-Carlo... Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les propriétaires de Ballyroden doivent changer drastiquement leur mode de vie. Le benjamin de la famille, sir Philip, décide de faire du château une maison d'hôtes. Il reçoit trois Londoniens fortunés, un frère, sa sœur et la ravissante fille de celle-ci, persuadés de jouir du calme luxueux de la campagne irlandaise. En découvrant des souris dans sa chambre décrépite, Dorothy comprend qu'elle a fait fausse route, mais sa fille et son frère insistent pour rester à Ballyroden : la première a succombé aux charmes de sir Philip, et le second ajoute foi aux délires de tante Anna Rose. Persuadée d'arpenter le monde en avion privé, cette vieille dame au passé mystérieux soutient que se trouve, dissimulée dans la maison, une coquette quantité de rubis... Dans ce roman à mi-chemin entre la comédie de mœurs, le vaudeville et le théâtre policier à l'anglaise, Molly Keane, en grande satiriste, dresse une galerie de portraits tous plus échevelés les uns que les autres.

Publié en 1952, en Irlande, ce n'est qu'en 2014 que cette "Chasse au trésor" nous est proposé par les éditions de la Table Ronde, qui a eu la belle idée de nous faire découvrir les écrits de Molly Keane, auteure irlandaise. 
J'ai été intrigué par ce roman parce qu'il me proposait une ambiance "à l'anglaise" (je sais que le terme n'est pas très approprié, surtout quand le roman se passe en Irlande, mais je n'en trouve pas de mieux), une saveur automnale mais qui sentait bon l'été grâce à son titre. En effet, rien de mieux qu'une Chasse au trésor pour égayer mon été. 

Malheureusement, je dois dire que cette "chasse" fut en dessous de mes espérances, et, au final, j'en ressors mitigé. J'ai aimé certains personnages du roman, comme Tante Anna Rose (j'aimais sa folie douce, son passé troublant et son côté espiègle.) J'ai aimé les domestiques également et plus particulièrement William, tout dévoué à cette chère Tante Anna Rose et à l'humour caustique. J'ai également aimé le mystère qui entourait les fameux rubis que cette chère tantine a caché et que, les membres de la famille, ruinés, ne retrouvent pas. J'ai aimé le côté théâtral du roman: seulement cinq chapitres constituent ce roman: cinq chapitres qui vont crescendo, comme cinq actes dans une pièce de théâtre; les unités  de lieu et de temps sont quasi respecté. J'ai trouvé l'ambiance du roman, ce côté manoir dans la brume, éloigné de la ville, dans lequel il fait froid, très charmant. 

En revanche, je n'ai pas totalement aimé le style de l'auteur: les dialogues sont très bon, et très drôles par moment, donnant du rythme au roman. Malheureusement, celui ci est ralenti par de longues descriptions, qui douchait l'enthousiasme que j'avais ressenti quelques paragraphes plus tôt. Les descriptions de début de chapitre ne  m'indisposaient pas, bien au contraire: elles nous décrivaient le lieu et plantaient le décor, ainsi, je pouvais vraiment visualiser la scène. Mais les descriptions qui venaient après des dialogues me semblaient "inutiles". (C'est peut être dû au fait que je ne rencontre plus tellement de longues descriptions dans mes lectures ces derniers temps, et donc, que je ne suis plus habitué. Peut être devrai je me remettre à lire des livres avec des descriptions (qui sont un peu ma hantise: voilà ce qui explique mon "désamour" de Balzac). 

L'histoire en elle même est amusante et m'a fait passer un  bon moment: voir cette famille ruinée, contraint de transformer leur manoir en chambres d'hôtes, est très réjouissant. D'ailleurs, j'ai été plus enthousiasmé par les hôtes anglais que par les habitants de Ballyroden (à part Tante Anna Rose, tous les autres habitants, de Philip à Véronica, m'ont insupporté, la palme revenant à Consuelo et Hercules, ces deux vieux aux airs d'enfants pourris gâtés, j'avais souvent envie de les frapper). 

Au final, un petit roman qui ne m'a pas autant charmé que je l'aurai pensé, à cause de descriptions longues et parfois dispensables, et à des personnages qui m'ont parfois agacé. Une chasse au trésor qui ne fut pas comme je l'espérais. Dommage. 

Merci, tout de même, à Gwenaëlle et aux Editions La Table Ronde pour cette découverte. 

Molly Keane: Chasse au trésor, (Treasure Hunt), La Table Ronde (Quai Voltaire), 270 pages, 2014