dimanche 17 septembre 2017

Slow Qui Tue #330: Suddenly

Le slow qui tue de la semaine a été soudainement envoûté par quelque chose contre laquelle elle ne peut rien.

Soraya: Suddenly


Bonne écoute!



samedi 16 septembre 2017

Rentrée Littéraire #7: Hillbilly Elégie

4e de couverture: Dans ce récit à la fois personnel et politique, J.D. Vance raconte son enfance chaotique dans les Appalaches, cette immense région des États-Unis qui a vu l’industrie du charbon et de la métallurgie péricliter.
Il décrit avec humanité et bienveillance la rude vie de ces « petits Blancs » du Midwest que l’on dit xénophobes et qui ont voté pour Donald Trump. Roman autobiographique, roman d’un transfuge, Hillbilly Élégie nous fait entendre la voix d’une classe désillusionnée et pose des questions essentielles. Comment peut-on ne pas manger à sa faim dans le pays le plus riche du monde ? Comment l’Amérique démocrate, ouvrière et digne est-elle devenue républicaine, pauvre et pleine de rancune ?

J.D. Vance, avocat, raconte dans ce roman autobiographique, son parcours initiatique, et nous montre une population à laquelle on ne pense pas souvent: celle des "Hillbillies" (que l'on pourrait traduire par "péquenots", (même si je trouve ce terme péjoratif), ces blancs pauvres, et plus particulièrement ceux des Appalaches, issus de la classe ouvrière. 
Entre histoire personnelle et constat politique, J.D. Vance défend cette population, qui a voté pour Trump aux dernières élections et démontre comment elle en est arrivé là. C'est également un très bel hommage que J.D. rend à sa famille, et surtout à ses grand-parents, qu'il surnommaient affectueusement Mamaw et Papaw. 
Il revient sur leur histoire, leur installation dans le Kentucky puis l'Ohio. Les enfants qu'ils ont eu (dont la mère de J.D. qui fut une femme un peu perdue et qui accumula les hommes et sombra dans la drogue). Au fil du texte, on se rend compte que si Mamaw n'avait pas été là pour prendre soin de J.D. et Lindsay (la soeur de ce dernier) ces deux là auraient peut être mal tourné. C'est elle qui leur a insufflé l'effort du travail et de croire en ses capacités. C'est grâce à elle que J.D. peut vivre son rêve américain et devenir l'homme qu'il est devenu: un avocat respectable, avec une belle petite famille, loin de ces Hillbillies qu'il a pourtant côtoyé et qu'il ne renie en aucune façon. Et ce joli livre touchant en est la preuve. 
Je m'aperçois qu'il m'est un peu difficile de trouver les mots pour parler de ce livre: le parcours de J.D. et son amour pour ses grands-parents m'a beaucoup touché. Dans sa plume on ressent tout l'amour et le respect qu'il a pour eux, et même pour sa mère,qu'il ne juge en rien, car beaucoup de pauvres blancs de cette région des Appalaches avaient la même vie qu'elle. J.D. s'en est sorti grâce à son entourage combatif et ayant le respect de l'effort,et tout ça grâce à  sa grand-mère, ce sacré personnage, qui n'hésitait pas parfois à sortir son fusil pour défendre les siens. 
Plus on avance dans le parcours de J.D., plus je me suis senti un peu en dehors du livre: le parcours universitaire et ses premiers pas d'avocats sont intéressants à découvrir mais moins fort que les passages de son enfance et son adolescence. Mais cela n'enlève rien à la beauté de ce bel hommage. 

Au final, un roman autobiographique touchant qui donne un visage à cette population blanche et pauvre des Etats Unis qui a peu à peu perdu ses illusions. C'est également un beau parcours initiatique qui démontre tout de même qu'à force de volonté et avec l'aide d'un entourage qui le soutien, on peut réaliser ses rêves et s'en sortir. Un roman plein d'espoir que je vous encourage à découvrir. 

Merci aux Editions Globe pour cette touchante découverte.

J.D. Vance: Hillbilly Elégie, (Hillbilly Elegy), Editions Globe, 288 pages, 2017



mercredi 13 septembre 2017

La Discothèque du 20e siècle #234

En 1996, ce rap servant de BO a un film avec Michelle Pfeiffer, allait déferler sur les ondes.

Coolio: Gangsta's paradise (1995)


Le second album [de Coolio] Gangsta's Paradise, fait mieux [que son premier], en particulier grâce à la chanson qui lui donne son titre, le plus gros hit rap de 1996 qui n'est rien d'autre qu'une réinterprétation du Pastime Paradise de Stevie Wonder, et qui fit un triomphe en France durant l'hiver 96, puisqu'il resta plus de 10 semaines en tête des ventes de singles. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1996", Polygram Direct)

Bonne écoute!


dimanche 10 septembre 2017

Slow Qui Tue #329: Je n'aurai pas le temps

Le slow qui tue de la semaine court après le temps, toujours trop court.

Michel Fugain: Je n'aurai pas le temps



Bonne écoute!


jeudi 7 septembre 2017

Rentrée Littérraire #6: Jusqu'à la bête

4e de couverture: Erwan est ouvrier dans un abattoir près d'Angers. Il travaille aux frigos de ressuage, dans un froid mordant, au rythme des carcasses qui s'entrechoquent sur les rails. Une vie à la chaîne parmi tant d'autres, vouées à alimenter la grande distribution en barquettes et brochettes. Répétition des tâches, des gestes et des discussions, cadence qui ne cesse d'accélérer... Pour échapper à son quotidien, Erwan songe à sa jeunesse, passée dans un lotissement en périphérie de la ville, à son histoire d'amour avec Laëtitia, saisonnière à l'abattoir, mais aussi à ses angoisses, ravivées par ses souvenirs. Et qui le conduiront à commettre l'irréparable.
Jusqu'à la bête est le récit d'un basculement, mais également un roman engagé faisant résonner des voix qu'on entend peu en littérature.

Le 2e roman de Timothée Demeillers, Jusqu'à la bête, est une véritable claque qu'on se prend en pleine figure. 

C'est toujours enthousiasmant de découvrir un nouvel auteur, qui va nous embarquer dans son univers. On se demande si la découverte sera une belle surprise. 
L'univers qu'explore Timothée dans son roman, est des plus glauque et on s'y sent un peu mal à l'aise, tellement il est ancré dans notre réalité et tellement on se reconnait dans le personnage d'Erwann. 
On suit donc  Erwann, un trentenaire, ouvrier dans un abattoir, qui, au début de roman se trouve en prison, sans que le lecteur ne sache pourquoi (cela sera dévoilé à la fn du livre)i. Dans sa cellule, il déroule le fil de ses pensées, et celui de sa vie: son boulot à l'abattoir, si mécanique, si répétitif, tellement peu emballant, et qu'il n'arrive pas à se sortir de la tête, entre le sang des bêtes, les bruits (ces fameux clacs qui font défiler les carcasses des bêtes), les mauvaises blagues des collègues, puis son histoire d'amour avec Laetitia,cette jeune étudiante, intérimaire à l'abattoir durant un été, en 2006, puis son adolescence pas toute rose, dans la banlieue de Rennes, avec son jeune frère Jonathan, qui a réussi  sa vie mieux que lui,apparemment, avec un travail , une femme (Audrey) et deux petites filles, qui sont un peu la bouée de sauvetage d'Erwann, quand il part en vacances avec eux, pour oublier le boulot et l'usine. 

Ce roman, c'est simplement l'histoire d'un naufrage, une vie qui bascule dans l'horreur la plus totale...mais aussi la plus banale...celle qui fera un article dans la rubrique "faits divers" du journal local et qui pourrait arriver à tous...et même à nous. 
En lisant Jusqu'à la bête, j'ai souvent été troublé de constater à quel point la vie d'Erwann, pouvait ressembler à la nôtre. Les histoires et les pensées qu'il raconte sur la vie à l'abattoir, a fait écho à mon propre travail. Et je me suis souvent demandé, lors de ma lecture,  ce qui avait fait que je n'avais pas (encore) péter les plombs, comme c'est le cas d'Erwann. 

Comment Timothée Demeillers a pu transformer une histoire si réelle et surtout si banale en un roman percutant et fort qui fait réfléchir? Tout simplement grâce à un style vif et nerveux, qui claque au visage du lecteur et qui rend le texte vivant. Il assène cette vérité crue, et cette banalité du quotidien pour en faire ressortir toute la tristesse abyssale qu'elle renferme. C'est pas joyeux, certes, mais c'est tellement vrai, que cela fait un peu peur par certains côtés. 
En tout cas, j'en ressors complètement hypnotisé, et un peu groggy. 

Au final, un roman noir percutant, d'un réalisme glaçant de banalité, sur un homme désabusé et hanté par son boulot, qui va le faire sombrer jusqu'au point de non retour. Un roman au style vif et saccadé, fait de phrases courtes, comme des coups de poing que le lecteur se prend en plein visage. La découverte d'un auteur à suivre, c'est certain, et que je serai curieux de retrouver (probablement avec son premier roman). Une belle découverte de cette rentrée littéraire. 

Merci aux Editions Apshalte pour la découverte de l'univers de Timothée Demeillers. 

Timothée Demeillers: Jusqu'à la bête, Editions Asphalte, 149 pages, 2017


mercredi 6 septembre 2017

La Discothèque du 20e siècle #233

En 1991, Crystal Waters se lance dans la chanson en lançant un la-da-dee-la-da-da entêtant.

Crystal Waters: Gypsy Woman (1991)



On pourrait imaginer qu'il s'agit d'un pseudonyme: son nom ne signifie-t-il pas littéralement "les eaux de cristal"? Eh bien pas du tout: nièce de la chanteuse de jazz Ethel Waters (une star des années 20 et 30 qui fut une idole de Billie Hollyday), Crystal est ingénieur diplômée en informatique lorsqu'elle se lance dans la chanson soul le temps d'une chanson dont les "la-da-dee-la-da-da" font le tour de la planète. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1991", Polygram Direct)

Bonne écoute!


mardi 5 septembre 2017

Rentrée Littéraire #5: Les Terres dévastées

4e de couverture: Au fond de la jungle mexicaine, des projecteurs s’allument en pleine nuit: un groupe de migrants, trahis par leurs passeurs, est pris d’assaut par des trafiquants. Certains sont exécutés; les autres sont stockés dans des camions pour être livrés alentour.
Sous la direction des deux chefs de bande, Estela et Epitafio, les convois prennent la route des montagnes. Ces amants contrariés jouissent des souffrances qu’ils infligent. Obsédés l’un par l’autre, ils tentent vainement de communiquer pour se dire leurs espoirs d’une nouvelle vie.
Tenu en haleine, le lecteur navigue entre les différents protagonistes: Estela et sa cargaison dans une direction, Epitafio dans une autre, son homme de main occupé à ourdir quelque vengeance, les jeunes passeurs qui répètent inlassablement leur triste tour… tandis que le chœur des migrants devient peu à peu «sans voix, sans âme et sans nom».
Dans ce récit construit avec une impeccable maîtrise, où les hommes et les femmes sont réduits à l’état de marchandises, Emiliano Monge met à nu l’horreur et la solitude, mais aussi l’amour, la loyauté et l’espérance qui animent les êtres.
Tragédie moderne à la prose rythmée, Les terres dévastées happent le lecteur dans un tourbillon aussi bouleversant que dérangeant.

Sans espoir et un amer goût de violence dans la bouche. Voilà comment pourrait être perçu le dernier roman d'Emiliano Monge. 
J'ai voulu découvrir ce livre pour sortir de ma zone de confort (la littérature américaine) pour trouver quelques chose de différent. Je crois que j'ai été servi avec ce roman mexicain. Il est bon parfois d'aller prendre des chemins de traverse qui nous font aller très loin. ici, c'est dans la violence la plus brute que l'auteur nous embarque et je dois dire que je n'étais pas préparé à ça. 
Emiliano Monge est en plein dans l'actualité avec ces migrants qui traversent la frontière mexicaine pour un monde meilleur...sauf que la jungle (ces fameuses terres dévastées) dans laquelle ils se trouvent va être un véritable enfer. Raconter l'histoire des migrants par le prisme de leur ravisseurs (car ces migrants sans noms, et sans visages vont se faire piéger par leurs passeurs, qui vont les donner à des trafiquants pour qu'ils les vendent) est une formidable idée, qui peut être à double tranchant pour le lecteur, qui se sent déstabilisé. 
En donnant un visage aux ravisseurs (Epitafio et Estela, ce couple, qui tout au long du livre va tenter de communiquer sans trop y parvenir), l'auteur m'a fait ressentir un sentiment étrange: une sorte de malaise: comment pouvais je avoir de la compassion pour ces ravisseurs et non pas pour ces pauvres gens? Tout simplement grâce à l'auteur qui leur à donner une âme, alors que la "masse de migrants" n'ont plus aucune identité et ne sont que marchandise. (C'est horrible de dire ça, mais c'est ce que j'ai ressenti envers ces gens, à qui l'auteur laisse pourtant,  parfois la parole). Seul l'un d'entre eux, Mausoléo (c'est Epitafio, qui la renommé comme cela) ce "géant" auquel Epitafio donne une chance à droit à la parole et à un nom: cette chanson, il  va la saisir et essayer de jouer double jeu avec les deux ravisseurs, Epitafio et Sepelio, afin de pouvoir s'en sortir. Il y a également une histoire de vengeance dans ce roman, sauf que sur ce coup, je n'ai pas totalement adhéré car je n'ai pas compris le ressentiment de Sepelio pour Epitafio. Peut être suis je passé à côté. Dommage, car cela créait une tension indispensable pour les enjeux de l'histoire. 
C'est un texte difficile à lire, de par la violence qui se dégage de la situation (on est dans une véritable jungle qui pue la mort à chaque pas), mais aussi de l'écriture crue de l'auteur. Pourtant, parfois, il y a des moments de lyrisme,qui m'ont charmé. Mais ils sont toujours contrebalancé par la violence verbale et physique qui émane de tout le livre. On oscille à chaque fois, entre enfer et paradis, espoir et désillusion et ce yoyo sentimental n'est pas de tout repos pour le lecteur. 
Il y a une sorte de fascination pour les personnages, pour la plupart malveillants, du livre,qui s'est formé dans mon esprit et qui m'a fait continuer ma lecture: j'ai eu envie de savoir comment tout cela allait se terminer. Ayant maintenant la réponse à cette question, je garde un goût amer dans la bouche: c'est un roman affreusement  pessimiste: la jungle m'a peu à peu englouti et je pense ne pas sortir indemne de cette lecture.
Au final, un roman percutant qui vous happe dès le départ, malgré une confusion, qui vous laisse sur le carreau, les 50 premières pages (comme si vous étiez vous même l'un des migrants du livre) et qui vous englouti dans un monde de violence, de haine et de désillusion, qui vous laisse l'esprit poisseux. Un roman dans lequel on ressort quelque peu sonné. Cette première découverte de la littérature mexicaine fut une véritable claque, qui m'a laissé KO. Un roman et une plume dévastatrice (celle d'Emiliano Monge) à découvrir ma fois, , en prenant garde toutefois, car vous risquez de prendre des coups et de ne pas en sortir indemne. 

Merci aux Editions Philippe Rey pour cette percutante découverte.

Emiliano Monge: Les Terres dévastées, (Las Tierras arrasadas), Philippe Rey, 347 pages, 2017