mercredi 4 mai 2016

La Discothèque du 20e siècle #165

En 1989, Bobby McFerrin renouvelait l'exploit du chant "à cappella", avec ce tube, tiré la BO du film "Cocktail".

Bobby McFerrin: Don't worry, be happy (1989)




Sorte d'écho tardif à la fameuse rengaine Dans la vie, faut pas s'en faire de Maurice Chevalier, Don't worry, be happy est le seul et unique tube de la riche et longue carrière de ce vocaliste jazz hyperdoué -et quel tube! N°1 aux Etats Unis, n+2 en Angleterre, cette chanson était aussi incluse sur la bande originale du film Cocktail avec Tom Cruise. (Source: Fascicule "La discothèque du 20e siècle: 1989", Polygram Direct)

Bonne écoute!


La tombe buissonnière de Georges Brassens

4e de couverture: Ce livre est un drôle de polar. Tous les ingrédients du genre y sont savamment mélangés: 
Un coupable et une victime, un flic et un détective amateur aidés par des témoins hauts en couleur, le tout sur fond de suspense finement dosé. Sauf que la victime n'en est pas vraiment une, le coupable n'a rien d'un tueur en série, le flic est une "fliquette"-mignonne et intelligente de surcroît- et le détective amateur est bien trop rhumatisant et hypocondriaque pour songer à se prendre pour Rouletabille! Ajoutons à cela que le héros de cette histoire aux multiples rebondissements n'est autre que...Georges Brassens, ou plutôt sa dépouille...On l'aura compris, il coule dans ce roman policier, beaucoup plus d'humour et de poésie que de raisiné! 

Ma surprise a été grande quand j'ai reçu ce livre. J'ai même d'ailleurs eu un peu peur, je l'avoue (tout simplement parce que Brassens et moi, ce n'est pas vraiment le grand amour (En effet, je n'ai jamais vraiment adhéré au répertoire de Brassens (même si certaines chansons me plaisent comme "Histoire de faussaires ou L'orage, par exemple).
Mais j'étais prêt à lire un livre sur Brassens, ma curiosité ayant pris le dessus sur mon "désamour"...sauf que ce n'est pas une biographie de Brassens, mais un roman qui concerne Brassens. Et là, ma curiosité a été grandissante.
C'est alors que j'ai ouvert ce livre, il y a quelques jours et j'ai beaucoup aimé.

C'est une petite récréation que ce livre, au langage chantant et fleuri, tout à fait dans l'esprit de Brassens. L'auteur parsème son histoire (originale pour sûr, puisque voler le cercueil de Brassens pour refaire parler de lui, il fallait y penser) d'extraits de chansons de Brassens (off course) mais aussi de Barbara, Trenet, Ferré...,
Le rythme rapide et les dialogues savoureux donnent même envie de le lire à voix haute, comme si une pièce de théâtre se jouait devant nous.
Le duo Sophie-Arnaud est touchant et savoureux et ne manque pas de piquant: entre l'aristo anar et la fliquette, cela fait des étincelles et leurs échanges sont un vrai plaisir pour les yeux et les oreilles.

Au final, voilà un petit roman qui ne paye pas de mine, et qui, par une langue savoureuse (et qui rappelle celle de Brassens d'ailleurs), nous invite dans l'univers de Georges Brassens. Une jolie découverte que ce petit roman: un petit moment de récréation bienvenue entre deux lectures, et qui plaira, même à ceux qui ne sont pas fous de Brassens (c'est mon cas!) . Je vous encourage donc à partir faire un petit bout de voyage avec Sophie, Arnaud...et Georges Brassens!

Merci à Camille et aux  Editions du Moment pour cette surprenante ballade.

Jean-Paul Sermonte: La tombe buissonnière de Georges Brassens, Editions du Moment, 177 pages, 2016



dimanche 1 mai 2016

Slow Qui Tue #276: Le Pont Mirabeau

Le slow qui tue de la semaine met en musique un poème d’Apollinaire.

Marc Lavoine: Le Pont Mirabeau


Bonne écoute!


jeudi 28 avril 2016

Tout est sous contrôle

4e de couverture: Olympe a 38 ans, un emploi de photographe culinaire qui ne lui plaît qu'à moitié, une fille de 12 ans bien plus mature qu'elle, une famille déjantée, des copines délurées et un ex-mari, Bertrand, qui l'appelle chaton. Lorsqu'elle perd son job, elle supplie son meilleur ami Hugo, qui tient une agence de détectives spécialisée dans les arnaques aux assurances de l'embaucher. Faisant valoir son expérience de photographe, elle réussit à intégrer l'équipe de détectives à une condition : elle ne devra s'occuper que des affaires les plus simples. Bien entendu, Olympe n'est pas assez raisonnable pour respecter les consignes et l'appel des commissions versées à chaque résolution d'affaires est trop fort pour qu'elle garde ses fesses confortablement posées sur le siège de sa voiture... Mais que va-t-il se passer quand les cadavres commencent à s'accumuler et que l'on cherche à l'éliminer à son tour ?

Sophie Henrionnet aime apparemment se balader entre les genres, passant de la chick lit, au roman contemporain. Ici, elle s'essaye à la comédie policière. 
Avec son héroïne, Olympe McQueen, elle arrive brillamment à mettre en place un univers déjanté, mais très plaisant, où le lecteur se sent bien. 

Ce roman est tout bonnement jubilatoire. C'est à pleurer de rire, tellement les aventures rocambolesques d'Olympe ne manquent pas de piquant, mais surtout qu'elle a son franc-parler et sa bonne humeur.
Le point de départ du roman nous met de suite dans l'action et on ne peut pas le lâcher une seule seconde avant d'avoir eu le fin mot de l'histoire. En effet, Olympe se retrouve, dès la première page, dans une situation périlleuse avec un cadavre sur les bras. Ensuite, survient un flashback, qui nous ramène deux semaines avant les événements cités. Cette situation d'accroche est l'apanage des séries policières et est un bon moyen de retenir l'attention. 

Ce roman est un peu un roman d'exposition (qui je l'espère en appellera d'autres) , qui nous présente le nouveau job d'Olympe, et toute la fine équipe qui gravite autour d'elle: de Hugo, son meilleur ami (et accessoirement son patron), à Stella, en passant par l'énigmatique et beau Vincent, Hubert, Laurent (ses collègues détectives) et l'introvertie Antoinette, la secrétaire. Mais, il y a aussi, les personnages de sa vie privée, qui sont aussi jouissif à suivre, sa fille, Aglaé, (qui, du haut de ses douze ans, est la plus adulte des deux) son ex mari, Betrand, ses parents, sa grand-mère, hyper fantasque, Mamie Jeanne, et son nouveau voisin, Mathieu, flic de son état, qu'elle va embarquer dans ses aventures. 

Alors, il est vrai que l'intrigue policière n'est pas ce qui retient l'attention: non, c'est clairement Olympe qui emporte l'adhésion. Puis, l'auteur décrit parfaitement le métier de détective, entre planque et attente. 
J'ai adoré suivre ses aventures: avec un style enlevé, drôle, qui va à cent à l'heure, des dialogues percutant qui fusent comme dans une comédie, on ne s'ennuie pas une minute et les pages se tournent très facilement...et on tourne la dernière page beaucoup trop rapidement, un peu déçu, j'avoue, de quitter Olympe et sa fine équipe. 

Au final, une comédie policière enlevée, drôle et décapante, avec une héroïne géniale, qu'on adorerait avoir pour copine. En fait, cela m'a fait penser à Stéphanie Plum, l'héroïne de Janet Evanovitch. Alors, si vous aimez les aventures de Stephanie Plum, vous aimerez tout autant celles d'Olympe McQueen, parisienne de 38 ans, qui se retrouve détective par hasard.  En espérant la retrouver dans de prochaines aventures. Si vous avez envie de passer un moment sympa, n'hésitez pas une seconde: le tumultueux quotidien d'Olympe McQueen ne peut que vous ravir. 

Merci à Eric et aux Editions Charleston pour cette rencontre formidable. 

Sophie Henrionnet: Tout est sous contrôle, Charleston, 382 pages, 2016


mercredi 27 avril 2016

La Discothèque du 20e siècle #164

En 1986, un groupe toulousain nous faisait danser avec leurs démons, bien au delà de minuit.

Images: les Démons de minuit (1986)




Originaires de Toulouse et épaulés par le vétéran Richard Seff, les trois du groupe Images atteignent le million de singles vendus avec les sympathiques "Démons", n°1 du Top durant tout l'été 1986. Mais saviez-vous qu'à l'origine Les démons de minuit était une chanson écrite en anglais sous le titre Love Emotion? Après, bien sûr, il y eut Corps à corps et Le cœur en exil, qui démontre que Images excelle aussi dans la ballade, après deux titres aussi énergiques. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1986", Polygram Direct)

Bonne écoute!


dimanche 24 avril 2016

Les Trois médecins

4e de couverture: Un médecin, ça n'a pas toujours été médecin. 
En 1974 – vingt ans avant La maladie de Sachs –, Bruno Sachs entre à la faculté de médecine de Tourmens. Il se lie d'amitié avec André Solal, Basile Bloom et Christophe Gray, trois étudiants voués à la médecine générale. 
Au cours de ces sept années de faculté, ils vont apprendre leur métier, mais aussi côtoyer les militants de l'IVG et de la contraception, contester l'enseignement de mandarins hospitaliers, militer pour une médecine plus humaine... 
Pour devenir médecins – pour devenir des hommes –, Bruno et ses trois camarades devront vivre plusieurs histoires à la fois : l'histoire d'une formation ; l'histoire d'un grand amour ; l'histoire d'un engagement moral et politique ; l'histoire d'une profonde amitié. Des histoires comiques et tragiques. Des histoires où l'on vit pleinement et où, parfois, l'on meurt. 
Comme dans un roman d'aventures. 
L'ambition de ce roman polyphonique est non seulement de raconter comment Bruno Sachs est devenu ce qu'il est, mais quel monde, il y a trente ans, a préparé celui que nous connaissons aujourd'hui.

Après plusieurs années d'attentes, j'ai enfin sauté le pas afin de découvrir la plume de l'écrivain Martin Winckler (après avoir découvert celle du passionné de séries). 
Et j'ai décidé de faire le grand saut avec un petit pavé de plus de 700 pages (alors que j'aurai pu commencer par le bref roman La vacation), tout ça pour découvrir les années d'apprentissage de Bruno Sachs (l'un des héros récurrent de Martin Winckler) avant ses années de pratique évoquée dans La vacation ou La Maladie de Sachs
J'ai été estomaqué par ce roman fleuve, de par sa construction: ces voix multiples qui nous racontent leurs expériences en faculté de médecine, ces 7 années de pratiques (dont la première est survolé en un petit chapitre) qui nous sont dévoilées sans fard, avec justesse, sensibilité mais aussi sans concession. 

Alors, il est vrai qu'on s'y perd un peu dans tous ses personnages évoqués, et on en retient peu finalement (Bruno et ses trois amis Christophe, Basile et André; Charlotte, Emma, Mathilde, Monsieur Nestor...) mais leur parcours est tout aussi passionnant à suivre. 
Ce roman revient sur une période charnière de la médecine, surtout en ce qui concerne les femmes: en effet, Bruno commencent ces études de médecine lors de la promulgation de la Loi Veil, sur l'avortement. L'auteur y parle alors de grossesse, d'avortement, mais également de la place des femmes dans la société, et plus particulièrement dans le monde médical. Certains passages sont misogynes mais ils faut les replacer dans le contexte de l'époque. (les années 70), mais aussi sur une pratique plus humaine de la médecine et moins hiérarchisé, moins élitiste. 
Ce roman est un roman médical, et j'avoue m'être senti perdu dans certains passages du roman, qui sont un peu technique (surtout dans les parties concernant Le Manuel (journal conçu par Bruno et ses amis), mais, même si je ne comprenais rien à ce que je lisais, ces passages là donnent un ton et une couleur particulière au roman. 

L'un des points qui m'a comblé lors de ma lecture est la référence permanente à Alexandre Dumas et à son roman le plus célèbre Les Trois Mousquetaires (même le titre du roman de Martin Winckler est une référence à ce roman de cape et d'épée). En fait, Les Trois médecins est une "réécriture" des Trois Mousquetaires. Beaucoup de passages du roman de Dumas sont "retranscrit" (bien évidemment dans le contexte médical du roman et de l'époque moderne): la rencontre entre Bruno/D'Artagnan et ses trois camarades: Christophe/Athos, Basile/Porthos et André/Aramis, l'affaire des Ferrets (qui ici concerne un stylo), la vengeance de Mathidle/Milady envers Bruno/D'artagnan. J'ai adoré retrouver ces passages là, qui font de  ce roman médical, un roman d'aventures captivant. 
J'ai trouvé que cet hommage était bien mené par Martin Winckler, qui tient son roman jusqu'à la dernière page, qui termine le roman sur un petit clin d'oeil supplémentaire. 

Au final, un roman polyphonique, sur le monde médical des années 70 (et surtout les années d'apprentissages de la médecine), qui m'a passionné de bout en bout et qu'on a peine à lâcher. Un roman mené tambour battant mais qui sait aussi poser les bonnes questions et les bonnes réflexions sur le monde médical et plus particulièrement sur une médecine, plus juste, plus humaine, moins chiffré, moins élitiste, sur la place des femmes dans cette société d'hommes. Ou comment se cultiver en se divertissant. 
Je suis ravi d'avoir découvert la plume et l'univers fictionnel de Martin Winckler, que je retrouverai dans d'autres romans, c'est sûr. Et ça tombe bien, j'en ai encore certains qui attendent d'être lu. Si c'est pas génial ça! 

Martin Winckler: Les Trois médecins, Folio, 750 pages, 2004


Slow QUi Tue #275: Will you

Le slow qui tue de la semaine parle d'une énième rencontre.

Hazel O'Connor: Will you



Bonne écoute!