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jeudi 8 septembre 2016

Le piège de la mémoire

4e de couverture: Après Un visage d'ange, Lisa Ballantyne livre la douloureuse histoire d'une femme à la recherche de son passé et d'un homme en quête de rédemption. Un suspense psychologique nourri d'une forte charge émotionnelle, où se dévoile en creux une histoire de la Grande-Bretagne des années 1980.
Margaret Holloway vient d'être victime d'un grave accident de voiture. Un accident qui lui aurait été fatal sans l'intervention miraculeuse de ce géant défiguré qui l'a libérée des flammes avant de tomber dans le coma. En apparence, un inconnu, un homme sans famille.

Pourtant, Margaret s'interroge : cet ange gardien qui a risqué sa vie pour elle, qui est-il ? Pourquoi a-t-elle l'impression de le connaître ? D'où viennent ces étranges cauchemars qui l'assaillent ?

Lisa Ballantyne signe avec Le piège de la mémoire, un 2e roman des plus efficaces. 
Et pour que vous vous rendiez compte de cette efficacité, j'ai coupé la fin de la 4e de couverture qui dévoilait, à mon sens, une partie du suspense. 

Ce qui a retenu mon attention dans ce livre, c'est sa construction: l'auteure va nous balader dans le temps, en multipliant les points de vue: tout d'abord Margaret Holloway, qui, en décembre 2013, est victime d'un accident de la route. Elle est sauvée par un colosse défiguré, qui lui a probablement évité une mort certaine. 
Puis, l'histoire va faire un bond en arrière:nous sommes en septembre, octobre 1985, le lecteur se retrouve avec un certain George McLaughlin, garagiste, mais qui fait partie d'une famille de gangster (le garage leur servant de couverture), qui va décider de partir retrouver la femme qu'il a toujours aimé, Kathleen et Molly, leur petite fille. Sauf que les retrouvailles ne vont pas se dérouler comme il le pensait. Le 2 octobre 1985, il rencontre Molly sur le chemin de l'école, il l'a fait monter dans sa voiture pour l'emmener à l'école...sauf, qu'il panique en entendant une sirène de police, et va, sans le vouloir, kidnapper sa fille. 

C'est cet enlèvement que le lecteur va suivre, de plusieurs points de vue: celui de George, mais également celui de Kathleen, la mère et Angus Campbell, journaliste local, qui croit que cette affaire va être le scoop qu'il attendait. 
Et c'est ici que les choses se gâtent et deviennent intéressantes: la temporalité ne va pas être la même pour les protagonistes: la fuite de George va s'étaler lentement, entrant dans plusieurs détails, alors que celle de Kathleen et Angus avancent plus rapidement: ce qui fait qu'on peut revenir en arrière d'un chapitre à un autre...sans oublier que l'histoire de Margaret, en 2013, qui essaye d'en savoir plus sur son sauveur, nous ait également contée. 

On peut croire qu'on se perd un peu et cela a été  le cas, pour moi, au tout début, mais dès que j'ai pris le pli, cela a été des plus passionnants. Je voulais savoir comment allait se terminer la cavale de George et Molly, mais aussi savoir quels liens pouvaient avoir ces deux histoires (la cavale de George en 1985, et l'accident de Margaret en 2013) éloignées dans le temps. 

C'est un roman psychologique des plus tendus qui nous parle de rédemption, de famille, de liens affectifs. Mais aussi de ces milieux mal famés d'angleterre, avec ces familles de gangsters (certaines scènes sont des plus violentes et parfois peu supportables, surtout dans l'enfance chaotique de George. Mais aussi dans la vie très catholique d'Angus, le journaliste, que j'ai trouvé exécrable: un homme des cavernes qui préfère les vaches à sa propre famile, famille qu'il n'hésite pas à battre. (C'est en écrivant ces lignes que j'ai compris la présence d'Angus dans le roman: la vie de George, enfant et celle d'Angus, est un parallèle flagrant). 

Au final, un roman pychologique, qui se lit comme un polar, et qu'on a du mal à lâcher. Il est d'une construction efficace, et même si au début, j'ai eu du mal à me repérer, je n'ai pas pu le lâcher avant d'avoir eu le fin mot de l'histoire. Un roman diaboliquement efficace, qui vous fera vous demander si votre mémoire ne vous joue pas des tours, devant tous ces rebondissements. 

Merci à Brigitte et aux Editions Belfond pour cette découverte palpitante.

Lisa Ballantyne: Le piège de la mémoire (Redemption Road), Belfond, 426 pages, 2016


jeudi 12 septembre 2013

L'air d'été est rempli de promesses

4e de couverture: Lorsqu’un tableau de Nicolas Poussin est volé à un riche propriétaire foncier, celui-ci demande à Isabel Dalhousie, philosophe et directrice de la Revue d’éthique appliquéeà Édimbourg de l’aider. Elle y consent, malgré les protestations de son mari Jamie. Tout en enquêtant sur le vol de l’œuvre d’art, elle est obligée de faire face aux problèmes de tous les jours. Elle se demande si elle devrait encourager son fils Charlie, chez qui se manifestent les premiers signes d’un génie mathématique. En même temps, Isabel hésite à aider son ami Eddie, confronté à des problèmes d’amour et de santé. Cet été encore, malgré ses doutes et les changements qui se produisent, Isabel parvient à tenir ses promesses.


Ce 9e tome de la série "Isabel Dalhousie" est un petit bijou de plénitude. 

Après avoir fait la connaissance d'Isabel Dalhousie et de son entourage, le mois dernier avec le 1er tome de ses aventures, j'avais découvert une femme charmante, qui m'avait plu. Ce fut donc un plaisir de la retrouver ce mois ci avec ce nouveau tome (qui paraîtra aux Editions des Deux Terres le 25 septembre 2013) où j'ai découvert que ma théorie sur un éventuel rapprochement entre Isabel et Jaimie, s'avérait juste puisqu'ils sont mariés et ont un petit garçon du nom de Charlie. 

La particularité de cette série est que l'auteur se focalise plus sur ses personnages et leur vie privée que sur les enquêtes de la perspicace philosophe. L'intrigue policière est encore une fois secondaire, comme dans le premier tome, l'auteur préférant se focaliser sur les capacités de Charlie en maths (le petit bonhomme à 3 ans trois quart et a déjà des aptitudes pour les mathématiques. Isabel se demande si stimuler ses capacités à cet âge n'est pas prématuré) ou sur Eddie, le jeune vendeur, qui travaille au magasin de Cat, la nièce d'Isabel, et qui va avoir quelques problèmes sentimentaux. J'aime ce procédé dans cette série. Je préfère en savoir plus sur les personnages, sur lesquels je m'attache plus facilement et qui me donne envie de poursuivre la série pour voir leur évolution que sur l'intrigue policière.

Malheureusement, "l'intrigue policière" en pâtit, dans ce tome. Le vol du "Poussin" aurait pu être intéressant (il y a d'ailleurs certains passages trépidants comme la rencontre avec les intermédiaires des voleurs pour la rançon) mais la résolution de l'intrigue m'a beaucoup déçu. Je me suis dis: tout ça pour ce résultat là. L'auteur ne donne pas de réponse définitive, ce qui m'a frustré. Quand je lis un roman avec une enquête policière, j'aime que l'auteur me dise qui est le coupable pour savoir si j'avais raison dans mon raisonnement (car j'aime bien chercher le coupable moi aussi). 

Dans ce tome, Alexander McCall Smith réunit deux de ses passions: la philosophie et l'art pictural (du moins, c'est ce que je pense puisque ces deux aspects sont souvent évoqués dans ses romans): les passages philosophiques disséminés dans le roman m'ont plu, même s'ils ne m'ont pas plus passionné que cela (je n'ai pas un penchant pour la philosophie) mais les passages parlant de peintures m'ont en revanche beaucoup plu. 
Mais surtout, c'est l'air doux et tranquille qui se dégage de l'écriture d'Alexander McCall Smith qui m'a énormément charmé. J'ai eu l'impression de revenir à ces premiers jours d'été qui apporte son lot de bien être et de repos un peu languissant. 

Malgré une intrigue policière qui m'a déçu par sa conclusion, j'ai pris énormément de plaisir à retrouver Isabel, Jaimie, Eddie, Grace, et avoir fait la connaissance du petit Charlie, qui me charme déjà. Pour tous les fans de la série "Isabel Dalhousie", n'hésitez pas une seconde à vous procurer ce tome dès qu'il sortira, il vous charmera autant que les premiers. Pour tous les autres, je vous invite a faire la connaissance d'Isabel Dalhousie et de sa petite troupe: vous allez tomber immédiatement sous leur charme. Vous pouvez sans crainte lire ce tome sans avoir lu les autres, car l'auteur fait peu de références aux autres tomes. Puis, comme ça vous n'aurez qu'une hâte: dévorez les 8 autres tomes pour savoir ce qui s'est passé dans la vie trépidante d'Isabel Dalhousie avant cet été rempli de promesses. 

Merci aux Editions des Deux Terres de m'avoir permis de faire enfin connaissance avec Isabel Dalhousie.  

Alexander McCall Smith: L'air d'été est rempli de promesses; (The Uncommon appeal of Clouds); Editions des 2 Terres; 297 pages, 2013




lundi 1 avril 2013

Les étoiles dans le ciel radieux

4e de couverture: Voilà des semaines qu’elles attendaient ça ! Les Sopranos se retrouvent pour partir en vacances. Manda, Chell, Kylah, Finn et Kay ont quitté le lycée. Toutes ont suivi des chemins différents. Malgré les failles naissantes dans leur amitié, elles n’ont pas perdu le sens de la fête. Entre gueule de bois et perte de passeport, l’aventure commence dès l’aéroport… qu’elles ne sont pas prêtes de quitter !

2e volet des aventures des "Sopranos", ce roman est tout aussi prenant que "Les Sopranos".
Nous sommes au début des années 2000, les Sopranos se retrouvent pour passer des vacances ensemble...sauf qu'elles ne sont pas prêt de quitter l'aéroport.

Bizarrement, j'ai pris beaucoup de plaisir à retrouver cette bande de filles. Je dis bizarrement car elles sont toutes un peu givrées, alcoolo...bref, des filles que je fréquenterais pas dans la vie réelle. Mais Alan Warner réussi à les rendre vraies.
Pourtant, qu'est ce que Manda à pu me saouler. Je crois qu'elle est encore pire qu'avant. Elle n'arrête pas d'ouvrir sa grande gueule, de s'enfiler des pintes de bières comme c'est pas permis. En bref, c'est l'un des personnages les plus irritables que j'ai rencontrée dans un roman. Pour vous dire, même les autres filles n'en peuvent plus de Manda.

J'ai eu un petit pincement au coeur de ne pas retrouver Orla, mon personnage préféré des "Sopranos". Le lecteur apprend son décès au début du roman. C'est Ava, nouveau personnage, et nouvelle amie de Finn qui va débarquer dns la petite bande, et elle nous réservera quelques petites surprises.

Je tire mon chapeau à l'auteur car il a réussi à me captiver alors qu'il ne se passe pas grand chose dans ce roman: on suit six filles entre beuveries et clopages, dans un aéroport, coincée là à cause de Manda qui a perdu son passeport (le boulet!). Un lieu unique pour une intrigue minime. Le roman se déroule sur 5 jours, du vendredi soir au mardi après-midi. Pourtant, j'ai tourné rapidement les pages, ravi de me retrouver dans cet univers complètement déjanté.
De plus, cette fois ci la lecture fut agréable: la traductrice a rectifié le défaut du 1er volet au niveau des dialogues.

Puis, il y a ce final renversant qui me laisse encore sur le cul. C'est à ce moment là que j'ai compris à quel moment se déroulait l'action du livre: nous sommes en 2001.

Au final, un roman qui se lit très bien, vulgaire certes, mais bien ancrée dans son époque. (D'ailleurs ce roman n'est il pas trop marqué par son époque pour passer les années? L'apprécierai-je si je le lisais dans 10 ou 20 ans?) Un roman qui peut se lire indépendamment du 1er volet. Un roman que j'ai lu très rapidement, comme hypnotisé par l'écriture d'Alan Warner et les aventures de ces 6 filles.
Ce qui est encore plus bizarre, c'est que je serai curieux d'avoir un 3e volet pour avoir de leurs nouvelles.

Alan Warner: Les étoiles dans le ciel radieux (The Stars in the Bright sky), Points, 516 pages, 2011










dimanche 17 mars 2013

Les Sopranos

4e de couverture:Le concours de chorale de leur école écossaise de bonnes sœurs ? Les Sopranos n’en ont rien à faire. Manda, Chell, Kylah, Finn et Orla veulent rendre cette virée en ville inoubliable. À 17 ans, tout ce qu’elles ont en tête, c’est l’alcool, les fringues, les mecs, perdre le concours pour rentrer à temps et enflammer le dancefloor. Et l’amitié. Parce que c’est tout ce qu’elles ont au monde, l’amitié.

Alan Warner, auteur écossais, dépeint dans ce livre, une jeunesse rebelle et désabusée qui noie ses désillusions dans l'alcool. Par l'intermédiaire de six jeunes filles, il parle de cette société qui ne croit plus en grand chose et qui voudrait sortir de leur trou paumé.
Comment suis je venu à ce livre? Grâce aux Editions Points qui ont eu la gentillesse de m'envoyer ce roman pour pouvoir faire la connaissance de ces sopranos que l'on retrouve dans un 2e tome "Les étoiles dans le ciel radieux", qui a été sélectionné pour le Prix du Meilleur Roman Points.

Je dois dire que j'ai eu quelques difficultés tout au long du roman avec le style de l'auteur (où est ce un problème de traduction, je ne sais pas) et surtout les dialogues. Ce parler jeunes m'a un peu déboussollé au départ mais je m'y suis fait progressivement laissant ces jeunes filles me raconter leurs envies, leurs parcours et leurs déboires. Mais c'est surtout que je n'ai pas l'habitude de voir des verbes introduits de cette manière là dans les dialogues: un exemple pour bien comprendre ce que j'ai du mal à expliquer:

"T'as vu la tête à Soeur Condron?
-Ouais. Et j'ai bien cru qu'Orla, elle allait basculer par la fenêtre.
-Et s'y mettre avec!" Kay sort comme ça.
(...)
-Dis Fionnula, elle va bien Orla?" Kay demande comme ça de nouveau toute sérieuse, avec son froncement du nez. (p.207)

Alors, c'est peut être une figure de style de mettre le prénom avant le verbe à la fin d'un dialogue mais j'ai été déstabilisé car j'ai plus l'habitude de lire:

-Dis Fionnula, elle va bien Orla?" demande Kay comme ça...

D'ailleurs, je n'ai pas arrêter lors de ma lecture de remmettre les verbes à leur place pour un meilleur confort de lecture.

Pourtant, ce petit désagrément sur le style, ne m'a pas empêché d’apprécier ma lecture et de prendre  du plaisir à partir durant cette journée avec les cinq sopranos parti en vadrouille dans la grande ville. Ces filles n'ont pas leur langue dans leur poche: elles se saoulent à qui mieux mieux, font les boutiques (et les 400 coups par la même occasion), sortent en boite. Ils leur arrivent des tas d'aventures qui font que j'ai tourné les pages très rapidement.
Parmi ces cinq filles, c'est Orla ma préférée: elle brûle la vie par les deux bouts et veut en profiter à fond car elle a été atteinte d'un cancer et sait que celui ci pourrait revenir. J'ai été touché par Orla.
Il y a aussi Kay, qui dévoile peu à peu son vrai visage au fil du roman.

Un roman bien ancrée dans son époque: celle de la fin des années 90, qui nous dresse le portrait sans concession mais avec humour de six jeunes filles dans le vent qui ne s'en laissent pas compter. C'est parfois complètement barré mais qu'est ce que c'est bien! J'ai pris un pied d'enfer à lire ce très bon roman d'Alan Warner et suis impatient de lire la suite des aventures des Sopranos.

Merci aux Editions Points pour cette découverte.

Alan Warner: Les Sopranos (The Sopranos), Points, 405 pages, 2000




samedi 9 mars 2013

Le Peuple des invisibles

4e de couverture: Après le formidable succès de La Tendresse des loups, récompensé du prestigieux Costa Book Award, Stef Penney nous emporte à la rencontre des gipsies d'Angleterre, de la fascination qu'ils provoquent et des légendes qui les entourent...

Ray Lovell, détective privé, s'interroge : que fait-il dans cet hôpital ? Pourquoi cette amnésie, ces hallucinations ? Et si l'accident de voiture dont il a été victime était lié à son enquête ?
Peu de temps auparavant, Leon, un gipsy, a fait appel à lui pour retrouver sa fille, Rose, disparue depuis sept ans. L'homme ne s'est pas adressé à Lovell par hasard : ses origines tziganes font de ce dernier la personne idéale pour éclaircir l'affaire.
Mariée au taciturne Ivo Janko, mère d'un petit garçon atteint d'une étrange maladie, Rose aurait tout abandonné pour suivre un gadjo. Mais où se cache-t-elle ? Pourquoi ce mutisme du clan ? Quels secrets la jeune femme a-t-elle emportés avec elle ?

Car une malédiction pèse sur les Janko, terrible, inavouable, qui menace désormais Lovell. À moins que quelqu'un ne trouve le courage de briser la loi du silence...


Après un premier roman remarqué (la tendresse des loups), Stef Penney revient avec ce 2e roman qui plonge le lecteur dans le monde secret et fascinant des tziganes. Par l'intermédiaire d'une disparition, l'auteur a entrainé le gadjo que je suis dans un monde et un univers totalement inconnu. Je ne connais pratiquement rien sur les gitans et leur mode de vie et j'ai trouvé intéressant ce côté de l'histoire.
L'idée lumineuse de l'auteur fut de mêler deux voix dans ce roman: celle de Ray, le détective privé en charge de retrouver ce qui est arrivé à Rose Janko, disparu depuis six ans. Un détective qui connait ce monde gitan de par son père et qui va donc réussir à rentrer en contact avec la famille Janko pour les besoins de son enquête. Puis une 2e voix, celle de James Janko (alias J.J.), le jeune cousin de Christopher (alias Christo) , le fils de la femme disparue. 
Des deux voix, celle que j'ai préféré fut celle de J.J.. C'est par lui que le monde des gitans s'ouvre au lecteur. De par ses yeux, on comprend la méfiance et la peur qu'inspire les gitans. Jeune adolescent doué pour les etudes, il est confronté au regard des autres élèves qui se méfient de lui et ne veulent pas de lui comme ami. 

Même si j'ai mis le temps pour lire ce roman, peu pressé de découvrir la suite, j'ai été tout de même soufflé par les rebondissements que l'auteur parsèment au compte goutte tout au long de son récit. En fait, j'ai eu l'impression d'être blasé en lisant ce roman car je pensais avoir deviné les secrets que cachaient la famille Janko. Sauf que l'auteur a réussit largement à me mettre une claque monumentale en me montrant que je faisais totalement fausse route. Un trait  de génie que je salue car l'auteur maitrise son roman en emmenant le lecteur sur une fausse piste. Honnêtement, je n'aurai jamais imaginé le fin mot de cette histoire. Quand la solution est donné au lecteur, celui ci essaye de se souvenir de toutes les pistes et se rend compte que tout coïncide et que la solution était trouvable par le lecteur bien avant que l'auteur le révèle. Je trouve cela bien car j'aime que l'auteur me surprenne. Ce fut le cas ici. 

Un roman fascinant, captivant (même si j'ai mis une semaine pour le lire mais cela n'est pas du fait que le roman n'est pas bien, c'est juste moi qui n'était pas dans une phase lecture), qui nous parle du monde tzigane que j'ai plus découvert grâce à ce livre. Une bonne intrigue qui nous promet un twist final de toute beauté (pour ma part, je n'ai pas deviné le fin mot de l'histoire). Un roman sympathique qui se lit comme un bon roman de détective privé. 

Merci à Brigitte des Editions Belfond pour cette découverte. 

Stef Penney: Le peuple des invisibles (The Invisibles Ones), Belfond, 457 pages, 2013

 

jeudi 20 septembre 2012

Il y a du Mr Hyde en moi

4e de couverture: En guise de trésor, le Docteur Jekyll parvient à mettre au point une mixture louche qui lui permet d'être tour à tour ange ou démon. Au fil de lettres et de meurtres mystérieux, l'avoué Charles Utterson enquête sur la liaison étrange qui semble unir Edward Hyde et le Docteur Henry Jekyll. Cette oeuvre majeure de Robert Louis Stevenson, d'une écriture très fine et imagée, développe une intrigue riche et sujette à tous les fantasmes de l'inconscient. Sous la bride des moeurs hypocrites de la société victorienne, Jekyll est M. Hyde : par-delà le bien et le mal. (Source Amazon)

Certains romans, devenus des classiques, devraient être découvert, durant l'enfance ou l'adolescence. Ainsi, ils ne perdraient pas leur charme mais également leur intérêt.
J'ai voulu me plonger dans ce court roman d'une centaine de pages, après son évocation dans le 2e tome d'Enola Holmes. Ce fut également une bonne occasion de vider la PAL rapidement puisqu'il se lit en à peine deux heures (heureusement que j’avais acquis ce livre en vide grenier pour 0.50cts. Une lecture à moindre frais).
En le refermant, je constate que je n'ai pris pas plus de plaisir que ça à la lecture de cette histoire...tout simplement parce que je la connaissais déjà. Le mystère qu'instaure Stevenson dans le roman fut éventé par le fait que je connaissais déjà la véritable identité de Mr Hyde, ayant déjà vu plusieurs adaptations cinématographiques ou entendu également quelques chansons traitant de ce sujet comme celle de Gainsbourg


(Dr Jekyll & Mr Hyde) 

ou celle de Philippe Chatel (dont j'ai repris un vers pour le titre de ce billet).


(Mr Hyde)

Dans ces cas là, comment apprécier un roman dont on connait déjà la fin. Très difficile. Il faut alors prendre du plaisir dans le style et la façon qu'à l'auteur de raconter son histoire. De ce point de vue là, je n'ai pas été séduit par le style, un peu froid, presque clinique de Stevenson et j'ai été déçu. Je ne retrouvais pas le style qui m'avait séduit dans "L'île au Trésor" (que j'ai découvert, à l'adolescence). J'ai lu ce roman sans plaisir, tournant les pages en attendant la révélation finale (que je connaissais donc) et ne la voyant pas arriver avant la toute fin.
En fait, je n'imaginais pas lire une enquête: l'enquête de Utterson, l'avoué et ami du Dr Jekyll, qui va nous amener vers la révélation finale: l'identité de Mr. Hyde. Car, oui, c'est bien un petit roman policier, teinté de fantastique, auquel nous convie Stevenson...oui, mais quel intérêt de lire un policier si on connait déjà l'identité de l'assassin avant de le lire. 

Pourtant, Stevenson soulève un sujet important et qui porte à réflexion: l'ambivalence dont chaque être humain est pourvue: chaque individu a une part sombre en lui, qu'il laisse plus ou moins sortir de temps en temps, à des degrés différents. Qu'est ce qui nous fait succomber à notre part sombre, quelquefois jusqu'au meurtre? Qu'est ce qui nous pousse a passer à l'acte? Qu'est ce qui fait également qu'on ne veuille pas faire sortir ce Mr Hyde de nous? Quoique, chacun a connu son côté Hyde, ce côté méchant qui vous faire dire des horreurs à une personne que vous détestez. 
D'ailleurs, cela me fait dire que ce roman de Stevenson est encore très actuel aujourd'hui: internet, ce merveilleux outil qui permet de faire de belles découvertes est également un merveilleux moyen de faire ressortir le Mr Hyde qui sommeille en nous. Sous couvert d'anonymat et de pseudo, chacun se permet de sortir des insanités, et des horreurs, dans des commentaires parfois douteux et souvent abjects et insultants... 
Alors il y a du Mr Hyde en moi: il m'arrive de faire ressortir mon côté méchant de temps en temps. Mais vous, avez vous, au plus profond de vous, un Mr Hyde qui ressort de temps en temps?
Je finis donc mon billet sur cette  question. 

Comme quoi cette lecture, qui ne m'a pas plus emballé que ça, permet quand même de me questionner sur l'ambivalence de l'être humain. C'est déjà ça. 

Robert Louis Stevenson: L'étrange cas du Dr Jekyll & Mr Hyde, Le Livre de Poche, 120 pages, 1975



3/ Ce roman de Stevenson connut plusieurs adaptations cinématographiques, dont une en 1941 signée Victor Flemming avec Spencer Tracy, Ingrid Bergman & Lana Turner. 











jeudi 12 avril 2012

L'été de cristal


4e de couverture: Publiés pour la première fois entre 1989 et 1991, L'Eté de cristal, La Pâle Figure et Un requiem allemand ont pour toile de fond le IIIe Reich à son apogée et, après la défaite, l'Allemagne en ruine de 1947. Bernie Gunther, ex-commissaire de la police berlinoise, est devenu détective privé. Désabusé et courageux, perspicace et insolent, Bernie est à l'Allemagne nazie ce que Philip Marlowe est à la Californie de la fin des années 1930 : un homme solitaire, témoin de son époque.
Des rues de Berlin "nettoyées" pour offrir une image idyllique aux visiteurs des Jeux olympiques à celles de Vienne la corrompue, Bernie enquête au milieu d'actrices et de prostituées, de psychiatres et de banquiers, de producteurs de cinéma et de publicitaires. La différence avec un film noir d'Hollywood, c'est que les principaux protagonistes s'appellent Heydrich, Himmler et Goering....


L'achat du 4e tome des aventures de Bernie Gunther a été le déclic pour sortir la Trilogie Berlinoise de ma PAL.
Je ne le regrette aucunement car le premier tome qui s'intitule "L'été de cristal" est passionnant du début à la fin.
Philip Kerr nous emmène dans le Berlin des années 30 (l'année 36 pour être précis) et nous embarque pour une histoire folle sur fond de nazisme.
J'ai trouvé très intéressant que Bernie Gunther soit un héros sans parti pris. Il n'est pas à la solde des nazis (il à même démissionné de la police après que ces derniers ai pris le contrôle de cette administration). Il a un bagout qui va parfois lui jouer des tours. Il est tout simplement le narrateur qui nous emmène avec lui dans les rues de Berlin (chapeau à l'auteur qui a su nous faire visiter cette ville. J'ai eu l'impression de mieux la connaitre). Comme vous le savez probablement, la seconde guerre mondiale me fascine. J'ai donc été ravi de pouvoir découvrir dans ce premier tome comment les allemands ont vécu l'arrivée du nazisme, bien avant la guerre. Avoir enfin une vision allemande du nazisme est fascinant.

Dans ce premier tome, Bernie est contacté par un millionnaire qui vient de perdre sa fille et son gendre dans un incendie. Il n'engage pas spécialement Bernie pour retrouver l'assassin mais pour retrouver un collier de diamants qui se trouvait dans le coffre fort. Bernie va se lancer dans cette quête qui le mènera jusque dans les bureaux de Goering.

Je n'en dirai pas plus pour ne pas déflorer le suspense. Je peux vous dire que j'ai tourné les pages de plus en plus vite. L'histoire va à toute vitesse et on ressent l'atmosphère pesante de cet été 36 sur fond de Jeux Olympiques. C'est très astucieux de la part de Kerr de mêler personnages de fictions et personnes réelles comme Goering ou Himmler. J'espère qu'il continuera dans les prochains tomes (qui sait Bernie croisera peut être la route d'Hitler?).
C'est un policier efficace que ce premier tome, avec un style direct et rapide qui va à l'essentiel, et les quelques pauses historiques comme les courses des Jeux Olympiques avec le fameux noir américain Jesse Owens sont très bien amenés et indispensables pour rester dans l'ambiance. Ces petits rappels de l'histoire sont les bienvenus. J'espère qu'il y en aura d'autres dans les prochains tomes.

RISQUE DE SPOILERS

Toutefois, j'aurai un petit bémol sur la fin que j'ai trouvé trop rapide. La partie dans le KZ est intéressante pour nous montrer ce qu'était les camps de concentration avant la guerre mais j'ai trouvé la résolution de la mission de Bernie trop rapide.
FIN DES SPOILERS.

Mis a part ce petit bémol, j’ai trouvé ce roman policier captivant et qui en plus nous apprend des choses sur l'Allemagne nazie. Je compte lire le 2e tome prochainement (car non, je ne vais pas enchaîner directement avec le 2e par peur de me lasser).

Un policier que je conseille à tous ceux qui aiment les polars, qui s'intéressent à l'histoire et plus particulièrement à l'Allemagne des années 30, qui aiment les détectives privés à la Marlowe. Un roman noir qui s'inscrit complètement dans l'ambiance des films noirs américains des années 40-50 avec Humphrey Bogart. Vivement la suite!

Philip Kerr: L'été de cristal (la Trilogie Berlinoise) (March Violets), Le Livre de Poche, 322 pages, 1989