4e de couverture: Dès son plus jeune âge, Hugo Bayo est persuadé qu'un avenir hors du commun l'attend et s'évade dans ses rêveries. Mais la découverte des mensonges de sa mère adultère, qu'il adore, et des escroqueries de son père le font brutalement basculer dans une réalité prosaïque qui marquera la fin de son innocence. Il comprend assez vite que ces deux secrets vont lui conférer du pouvoir. Maître-chanteur, manipulateur, Hugo passe constamment de la faute à la rédemption et de l'aveuglement à la clairvoyance, se réinventant et négociant sans cesse avantageusement avec son passé, sa conscience et son avenir.
Le pitch de ce roman me faisait très envie. Il me promettait mille aventures. Seulement, il fallait compter avec un personnage principal peu sympathique.
En effet, le début de ce roman était prometteur: le jeune narrateur, Hugo Bayo découvre un secret sur sa mère et va ainsi la faire chanter. Puis, il va s'inventer plusieurs vies, rêvant d'avenir rocambolesque. Sauf que la vie, ce n'est pas comme le cinéma.
J'ai bien aimé ce roman, en grande partie, sauf que j'ai trouvé parfois les atermoiements et le comportement de Hugo fort agaçant. En fait, il ne sait pas ce qu'il veut faire de sa vie et tergiverse souvent, à se chercher une vie meilleure. Sa condition de coiffeur va lui peser, lui qui se rêvait acteur ou fermier.
Alors, c'est bien écrit, avec un humour très sombre qui peut vous laisser sur le bord de la terre, tellement il est amer, mais cela ne m'a pas déplu. En fait, ce que j'ai trouvé un peu pénible, c'est les revirements et les retours en arrières d'Hugo, cet éternel insatisfait.
Sa relation avec la jeune Léo, qu'il connait depuis tout petit, est toujours conflictuelle et malsaine parfois, même si de l'amour transparaît au final dans leur relation.
C'est un livre sur la désillusion et le mensonge. Hugo est un éternel insatisfait qui n'arrive pas à se trouver une vie meilleure. Son insatisfaction et son mal être est des plus irritant parfois. Cependant, on continue la lecture pour savoir comment toute cette histoire va se terminer et, je dois dire que la fin m'a plu. Ce retournement de situation fut des plus étonnant et la fin, toute en nuance et fort nostalgique m'a touchée. Mais est ce que cela suffit pour dire que ce fut une lecture à 100% plaisante. Pas si sûr.
Au final, un roman au pitch intéressant, mais qui m'a laissé un peu sur le carreau, à cause d'un personnage principal antipathique, et même si la fin sauve le roman, cela ne fait pas tout pour pouvoir l'apprécier comme j'aurai voulu. Un peu dommage.
Merci aux Editions du Rocher pour la découverte.
Luis Landero: La vie négociable, (la vida negociable), Editions du Rocher, 441 pages, 2019
Bienvenue dans ce Kabaret où je vous parlerai de mes lectures, mais également de séries, de cinéma, de musique...
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samedi 31 août 2019
lundi 27 août 2018
Au rendez-vous des élégantes
4e de couverture: Une île où tout semblait possible…
La Havane, 1947. Patricio débarque à Cuba après avoir quitté la misère de son Espagne natale. Débrouillard, le garçon trouve vite ses marques dans ce monde luxuriant de couleurs et de sons. Après avoir été cireur de chaussures puis vendeur de billets de tombola, le voilà homme à tout faire à El Encanto, prestigieuse enseigne de la ville, qui rivalise avec les grands magasins parisiens. Patricio apprend vite, il gravit les échelons. D’autant qu’il veut éblouir la mystérieuse Gloria, la plus belle femme de l’île, et sans doute aussi la plus inaccessible puisqu’elle est
mariée au chef de la mafia… Pour l’arracher des griffes de son ogre d’époux, l’intrépide Patricio sera prêt à tout.
Dans le monde rayonnant et bigarré de Cuba avant la révolution – son insouciance de façade, son exubérance, mais aussi son impitoyable criminalité –, une grande histoire d’amour, de choix, et surtout de courage.
Au rendez-vous des élégantes est une saga qui nous emporte dans le Cuba des années 40 à la rencontre d'un jeune espagnol aventurier et malin. Je sentais qu'il fallait que je lise ce livre avant la fin de l'été. Il était clair pour moi, que ce roman était une saga estivale. Qu'est ce que j'ai eu raison.
Tous les ingrédients sont là pour nous emporter très loin pour des des aventures multiples, dans un pays exotique que je connais peu, et qui nous embarque dans le feu de l'histoire avec des personnages hauts en couleur, tel que Patricio, Le Barouf, Guzman et Gloria. J'ai aimé cette histoire d'amour contrarié et ce que l'auteure en a fait. On sait dès le départ que le héros va tomber amoureux de la mauvaise personne: Gloria est une jeune femme mariée à un mafioso notoire de la Havane, qui n'hésiterai pas a tuer le possible amant de sa femme s'il l'apprenait. Le fait que l'histoire soit racontée par Patricio nous le rend de suite sympathique et on a souvent peur pour lui jusqu'au bout. Il y a beaucoup d'humour au début du roman,surtout dans la rencontre entre Patricio, Le Barouf et Guzman, les trois amis qui partagent un appartement et tous leurs soucis. Mais la peur survient quand arrive Gloria dans la vie du jeune homme et cette peur est symbolisée par César, le mari, mafieux notoire, de Gloria, ainsi que de la soeur de ce dernier Marita, qui suit sa belle soeur comme son ombre, afin de surveiller ses moindres faits et gestes. (quand je vous disais qu'on était dans une grande saga à la "Nord et Sud" ou "Les Oiiseaux se cachent pour mourir", je ne mentais pas). L'histoire devient encore plus palpitante et plus riche, quand la narration devient double. En effet, à l'arrivée de Gloria, le lecteur aura droit aux points de vue successif des deux amoureux: Patricio et Gloria. Ainsi nous apprendrons comment Gloria est devenue la femme de César, mais aussi, suivre leurs déboires et leurs joies, en tremblant pour eux deux.
Bien sûr, je ne vais pas vous détailler le roman afin de vous laisser la surprise, mais juste vous dire que cette histoire est maîtrisée de bout en bout, avec son lot de surprises qui s'enchaînent à cent à l'heure, dans un style fluide et addictif (les fin de chapitres où le narrateur nous annonce, de manière sibylline, les prochains drames ou aventures des protagonistes, fait qu'on tourne les pages très rapidement).
Surtout, tout ce qui fait le sel de cette histoire, c'est l'histoire d'amour contrariée de Patricio et Gloria. C'est l'amour contrarié par excellence, qui jusqu'au bout du roman n'aura de cesse de nous tenir en haleine sans forcément nous promettre de happy end. Et ça c'est fort de la part de Susana Lopez Rubio. Ne pas forcément nous donner ce que l'on attend de toutes nos forces(ne comptez pas sur moi, pour vous dire si ça finit bien pour nos deux héros).
L'autre point de ce roman, c'est sa durée: on traverse la 2e moitié du XXe siècle dans un pays en pleine révolution (de 1947 aux années 2000): le lecteur, en plus de rêver et de s'émouvoir devant cette histoire d'amour entre les deux héros, découvre le Cuba de cette période, que l'auteure retranscrit de fort belle manière. Et le dernier point, c'est l'élégance qui se dégage du roman: il fait rêver. En effet, l'autre personnage du roman n'est autre que El Encanto, le grand magasin,( style Galerie La Fayette pour vous donner une idée), dans lequel travaille Patricio, et qui sera le lieu de la rencontre entre celui ci et Gloria. C'est un endroit de rêve, qui nous fait côtoyer les riches de la Havane, mais aussi les plus grandes stars comme Ava Gardner, Franck Sinatra et bien d'autres. Cela nous vend du rêve et on n'a qu'une envie: faire un tour dans ce grand magasin.
Vous l'aurez compris: "Au rendez-vous des élégantes" est une saga formidable qui nous vend du rêve, du voyage, de l'amour, de l'aventure, des dangers, des moments comiques. Tout ce qui fait le sel d'une grande et belle saga, fort élégante. Tout ce que j'aime trouver dans une saga, je l'ai eu dans le premier roman de Susana Lopez Rubio. Et le petit plus, c'est qu'il m'a fait voyager et découvrir une île que je connais peu: Cuba. N'hésitez pas une minute et embarquez pour la Havane en compagnie de Patricio, Gloria, Le Barouf, Nely, César, Marita, et bien d'autres...et n'oubliez pas d'ouvrir la porte du grand magasin El Encanto. Vous aurez ainsi droit à votre moment de rêve.
Merci aux Editions Presses de la Cité pour ce moment de rêve merveilleux.
Susan Lopez Rubio: Au rendez-vous des élégantes, (El Encanto), Presses de la Cité, 476 pages, 2018
mariée au chef de la mafia… Pour l’arracher des griffes de son ogre d’époux, l’intrépide Patricio sera prêt à tout.
Dans le monde rayonnant et bigarré de Cuba avant la révolution – son insouciance de façade, son exubérance, mais aussi son impitoyable criminalité –, une grande histoire d’amour, de choix, et surtout de courage.
Au rendez-vous des élégantes est une saga qui nous emporte dans le Cuba des années 40 à la rencontre d'un jeune espagnol aventurier et malin. Je sentais qu'il fallait que je lise ce livre avant la fin de l'été. Il était clair pour moi, que ce roman était une saga estivale. Qu'est ce que j'ai eu raison.
Tous les ingrédients sont là pour nous emporter très loin pour des des aventures multiples, dans un pays exotique que je connais peu, et qui nous embarque dans le feu de l'histoire avec des personnages hauts en couleur, tel que Patricio, Le Barouf, Guzman et Gloria. J'ai aimé cette histoire d'amour contrarié et ce que l'auteure en a fait. On sait dès le départ que le héros va tomber amoureux de la mauvaise personne: Gloria est une jeune femme mariée à un mafioso notoire de la Havane, qui n'hésiterai pas a tuer le possible amant de sa femme s'il l'apprenait. Le fait que l'histoire soit racontée par Patricio nous le rend de suite sympathique et on a souvent peur pour lui jusqu'au bout. Il y a beaucoup d'humour au début du roman,surtout dans la rencontre entre Patricio, Le Barouf et Guzman, les trois amis qui partagent un appartement et tous leurs soucis. Mais la peur survient quand arrive Gloria dans la vie du jeune homme et cette peur est symbolisée par César, le mari, mafieux notoire, de Gloria, ainsi que de la soeur de ce dernier Marita, qui suit sa belle soeur comme son ombre, afin de surveiller ses moindres faits et gestes. (quand je vous disais qu'on était dans une grande saga à la "Nord et Sud" ou "Les Oiiseaux se cachent pour mourir", je ne mentais pas). L'histoire devient encore plus palpitante et plus riche, quand la narration devient double. En effet, à l'arrivée de Gloria, le lecteur aura droit aux points de vue successif des deux amoureux: Patricio et Gloria. Ainsi nous apprendrons comment Gloria est devenue la femme de César, mais aussi, suivre leurs déboires et leurs joies, en tremblant pour eux deux.
Bien sûr, je ne vais pas vous détailler le roman afin de vous laisser la surprise, mais juste vous dire que cette histoire est maîtrisée de bout en bout, avec son lot de surprises qui s'enchaînent à cent à l'heure, dans un style fluide et addictif (les fin de chapitres où le narrateur nous annonce, de manière sibylline, les prochains drames ou aventures des protagonistes, fait qu'on tourne les pages très rapidement).
Surtout, tout ce qui fait le sel de cette histoire, c'est l'histoire d'amour contrariée de Patricio et Gloria. C'est l'amour contrarié par excellence, qui jusqu'au bout du roman n'aura de cesse de nous tenir en haleine sans forcément nous promettre de happy end. Et ça c'est fort de la part de Susana Lopez Rubio. Ne pas forcément nous donner ce que l'on attend de toutes nos forces(ne comptez pas sur moi, pour vous dire si ça finit bien pour nos deux héros).
L'autre point de ce roman, c'est sa durée: on traverse la 2e moitié du XXe siècle dans un pays en pleine révolution (de 1947 aux années 2000): le lecteur, en plus de rêver et de s'émouvoir devant cette histoire d'amour entre les deux héros, découvre le Cuba de cette période, que l'auteure retranscrit de fort belle manière. Et le dernier point, c'est l'élégance qui se dégage du roman: il fait rêver. En effet, l'autre personnage du roman n'est autre que El Encanto, le grand magasin,( style Galerie La Fayette pour vous donner une idée), dans lequel travaille Patricio, et qui sera le lieu de la rencontre entre celui ci et Gloria. C'est un endroit de rêve, qui nous fait côtoyer les riches de la Havane, mais aussi les plus grandes stars comme Ava Gardner, Franck Sinatra et bien d'autres. Cela nous vend du rêve et on n'a qu'une envie: faire un tour dans ce grand magasin.
Vous l'aurez compris: "Au rendez-vous des élégantes" est une saga formidable qui nous vend du rêve, du voyage, de l'amour, de l'aventure, des dangers, des moments comiques. Tout ce qui fait le sel d'une grande et belle saga, fort élégante. Tout ce que j'aime trouver dans une saga, je l'ai eu dans le premier roman de Susana Lopez Rubio. Et le petit plus, c'est qu'il m'a fait voyager et découvrir une île que je connais peu: Cuba. N'hésitez pas une minute et embarquez pour la Havane en compagnie de Patricio, Gloria, Le Barouf, Nely, César, Marita, et bien d'autres...et n'oubliez pas d'ouvrir la porte du grand magasin El Encanto. Vous aurez ainsi droit à votre moment de rêve.
Merci aux Editions Presses de la Cité pour ce moment de rêve merveilleux.
Susan Lopez Rubio: Au rendez-vous des élégantes, (El Encanto), Presses de la Cité, 476 pages, 2018
jeudi 26 juillet 2018
Quand Damas refleurira
4e de couverture: 2014, Madrid. Sarah, hispano-syrienne, vit dans l’angoisse : elle est sans nouvelles du père de sa petite Sham depuis qu’il a été enlevé dans la banlieue de Damas, sans doute par l’armée de Bachar el-Assad. Elle décide de raconter son année 2011. L’année où fut conçue Sham, l’année où le monde arabe se réveilla – l’année où tout commença. Une façon pour Sarah de continuer à garder espoir… En retraçant les trajectoires de Mazen, syro-palestinien, la conservatrice Wafa, qui attend le prince charmant, Hussein, chiite, Rudayna, virtuose du luth dont la famille est proche du régime, Osama, reporter idéaliste, Sarah nous embarque dans le quotidien des jeunes Damascènes, entre aspiration d’ouverture et condamnation à la fermeture. Et brosse le portrait d’un pays aux multiples couleurs, aux innombrables parfums et à la culture millénaire dont aucun
dictateur ne pourra museler l’âme romanesque.
À la fois chant d’amour, récit initiatique, mémoires et précis politique, ce tableau incarné d’une jeunesse assoiffée de révolution nous offre un aller simple pour Damas et un témoignage hors
des sentiers battus sur la guerre la plus documentée de notre nouveau siècle.
dictateur ne pourra museler l’âme romanesque.
À la fois chant d’amour, récit initiatique, mémoires et précis politique, ce tableau incarné d’une jeunesse assoiffée de révolution nous offre un aller simple pour Damas et un témoignage hors
des sentiers battus sur la guerre la plus documentée de notre nouveau siècle.
Le premier roman de la journaliste hispano-syrienne, Leïla Nachawati est des plus exigeants mais également un formidable témoignage sur les événements tragiques de Syrie.
Habituellement, je ne suis pas attiré par les romans traitant d'une actualité récente et brûlante. J'ai besoin de rêver. Cependant, je ne sais pas ce qui m'a attiré par ce livre: peut être le fait d'en savoir un peu plus sur ce conflit syrien dont on entend parlant, de si loin.
Je pensais alors le faire à travers un roman, plus facile pour aborder ce point qu'un livre d'actualité, me racontant les faits bruts.
Sauf que je ne savais pas que l'auteure était journaliste. C'est alors bien plus qu'un roman qu'on lit quand on se plonge dans "Quand Damas refleurira". Le style très journalistique de l'auteure nous plonge brutalement dans le quotidien de nombreux personnages: de Mazen à Wafa, en passant par Sarah, Ossama, Walid et tant d'autres que je n'ai pas forcément retenus. Cela donne alors une cartographie humaine du conflit mais surtout du quotidien de tous ces syriens.
Leïla Nachawati va nous raconter l'avant et l'après révolution syrienne, en nous parlant des écho des printemps arabes qu'à connu la Tunisie et l'Egypte quelques mois plus tôt en 2011. C'est passionnant et vibrant de voir tous ces personnages de papier, tellement vivants sous nos yeux, voir leur conscience s'ouvrir et la révolte gronder. On suit le quotidien de ces jeunes hommes et ces jeunes femmes qui vont vouloir vivre une vie pleine de libertés et surtout y croire.
Alors, c'est un livre difficile à résumer, tellement il se passe de chose: les livres consacrés aux personnages de Mazen, Wafa,Osama et tant d'autres, sont constitué de paragraphes titrés plus ou moins loin qui déroule le fil de l'histoire avant la révolte mais également après et toute les conséquences, souvent tragique, qui en ont découlé. Tout ça entrecoupé par le journal de Sarah, cousine de Wafa, qui vit en Espagne et qui participe à la révolution en traduisant des vidéos ou en les diffusant sur le net pour que le monde entier soit au courant de ce qui se passe en Syrie.
C'est également un livre exigeant que j'ai pris le temps de lire pour pouvoir tout bien comprendre. On sent, dans le style de l'auteure que celle ci est journaliste, car elle essaye de le rendre fluide, mais les multiples informations qu'elle nous communique font que cela prend du temps pour tout assimiler. Puis c'est un livre difficile dans son contexte, car on assiste à l'espoir de toute cette population en révolte, devant les révolutions des pays voisins, mais aussi aux désillusions devant la résistance du pouvoir en place. L'auteure ne nous épargne rien. On assiste aux tortures, aux meurtres des habitants, aux arrestations musclées. Je crois que la scène qui m'a le plus meurtri est celle de la décapitation par une bombe d'une petite fille. C'est brutal, brûlant, mais aussi rempli d'espoir et la fin, écrit sous forme d'avenir utopique mais que l'on voudrais voir se réaliser, nous laisse espérer un monde meilleur.
Au final, un roman exigeant, mais passionnant sur la révolte syrienne et la vie en Syrie. Leïla Nachawati, par le prisme du roman, fort bien documenté, rend hommage à tous ces hommes et toutes ces femmes qui se sont battus et qui se battent encore contre le régime dictatoriale qui gouverne la Syrie. Un roman bouleversant pour comprendre ce qui se joue aujourd'hui, dans ce pays du Moyen Orient. Un livre essentiel qui permettra, j'espère, d'ouvrir les consciences.
Merci aux Editions Presses de la Cité pour cette découverte.
Leïla Nachawati: Quand Damas refleurira, (Cuando la revolucion termine), Presses de la Cité, 406 pages, 2018
Leïla Nachawati: Quand Damas refleurira, (Cuando la revolucion termine), Presses de la Cité, 406 pages, 2018
mardi 30 avril 2013
Batalle de chats
4e de couverture: Anthony Whitelands, expert britannique en peinture, n’en revient pas.
Débarqué à Madrid en mars 1936, il trouve un Velasquez inconnu chez le
duc de la Igualada. D’où vient cette toile ? Pas le temps d’y réfléchir,
ils veulent tous la récupérer : fascistes excités, démocrates à
l’agonie, communistes en embuscade. Qu’importent les moyens ! Mauvaise
idée que d’arriver la veille d’une guerre civile…
Eduardo Mendoza entraine le lecteur dans l'Espagne des années 30, et plus particulièrement en février 1936, quelques mois avant le début de la guerre civile espagnole.
Le lecteur va alors se sentir comme le héros du roman, Anthony Whitelands, embarqué dans une course folle et une histoire qui va progressivement le dépasser. Entre peinture, politique et complots, Antthony (et le lecteur) n'est pas au bout de ses surprises.
Je dois vous avouer que j'ai mis un peu de temps pour entrer dans ce roman. Les 100 premières pages m'ont paru intéressantes mais je tâtonnais dans ce Madrid des années 30 que je ne connaissais pas du tout, ayant peu lu de roman sur cette période.
Puis, dimanche, je me suis posé et ai repris le roman pour ne plus le lâcher. J'ai été hypnotisé par l'écriture fabuleuse, riche, puissante, poétique, vibrante, entrainante d'Eduardo Mendoza. Le lecteur novice que je suis en matière d'aventures espagnoles, s'est un peu senti comme Anthony Whitelands: un pion (consentant pour ma part) dans un jeu politique qui le dépasse. L'auteur arrive à nous emmener dans cette époque en nous expliquant les aboutissants dans ce futur conflit qui se prépare (il nous parle de Mussolini, d'Hitler), on croise même Franco, personnage célèbre de cette guerre.
Si l'un des points importants de ce roman est le conflit civil qui se prépare, il est question également de peinture et surtout de Velázquez, célèbre peintre espagnol du XVIIe siècle. On sent que l'auteur s'y connait mais n'étale cependant pas sa science. Il parle de peinture mais ces passages servent le récit. C'est encore une fois réussi et passionnant.
Puis le récit s'emballe et l'histoire va à cent à l'heure, donnant une impression de vertige, mais un vertige fascinant et bienheureux qui fait qu'on ne peut absolument pas lâcher ce roman. Le lecteur avance, en allant de surprise en surprise et se demande jusqu'où l'auteur va aller avec son héros. Mais il n'y a pas que lui dans l'histoire: il y a aussi la famille qui va lui demander d’expertiser les tableaux familiaux en vue d'un départ prochain, si guerre il y a, afin d'avoir quelques liquidités. Les De Igualada sont des êtres étranges, je trouve, surtout les deux filles du Duc, Paquita et Lili, qui vont tour à tour faire chavirer notre expert anglais. Pourtant, ce sont cette famille qui font le sel de ce roman avec Jose antonio Primo de Rivera, jeune homme à la tête d'une organisation fasciste.
Comme vous pouvez le voir, ce roman est riche et passionnant. Il se passe tellement de choses fascinantes qu'on ne peut pas faire autrement que de le dévorer: de la politique à l'histoire de l'art, à l'histoire tout court, vous êtes entrainé dans un tourbillon qui vous fait tourner la tête. C'est admirable.
Au final, un roman passionnant, riche, qui ravira les amateurs d'aventures, d'histoire, de complots, d'art, d'amour également. En fait, c'est un pan de l'historie espagnole qui se dévoile à vous. Vous êtes entrainé dans un tourbillon qui vous transportera et vous laissera essouflé, pantelant mais ravi d'avoir le fin mot de toute cette histoire dès la dernière page tournée. Après tout c'est tout ce qu'on demande à un livre: de nous faire apprendre et découvrir des choses en nous divertissant.
Eduardo Mendoza: Bataille de chats (Riñas de gatos), Points, 470 pages, 2012
Eduardo Mendoza entraine le lecteur dans l'Espagne des années 30, et plus particulièrement en février 1936, quelques mois avant le début de la guerre civile espagnole.
Le lecteur va alors se sentir comme le héros du roman, Anthony Whitelands, embarqué dans une course folle et une histoire qui va progressivement le dépasser. Entre peinture, politique et complots, Antthony (et le lecteur) n'est pas au bout de ses surprises.
Je dois vous avouer que j'ai mis un peu de temps pour entrer dans ce roman. Les 100 premières pages m'ont paru intéressantes mais je tâtonnais dans ce Madrid des années 30 que je ne connaissais pas du tout, ayant peu lu de roman sur cette période.
Puis, dimanche, je me suis posé et ai repris le roman pour ne plus le lâcher. J'ai été hypnotisé par l'écriture fabuleuse, riche, puissante, poétique, vibrante, entrainante d'Eduardo Mendoza. Le lecteur novice que je suis en matière d'aventures espagnoles, s'est un peu senti comme Anthony Whitelands: un pion (consentant pour ma part) dans un jeu politique qui le dépasse. L'auteur arrive à nous emmener dans cette époque en nous expliquant les aboutissants dans ce futur conflit qui se prépare (il nous parle de Mussolini, d'Hitler), on croise même Franco, personnage célèbre de cette guerre.
Si l'un des points importants de ce roman est le conflit civil qui se prépare, il est question également de peinture et surtout de Velázquez, célèbre peintre espagnol du XVIIe siècle. On sent que l'auteur s'y connait mais n'étale cependant pas sa science. Il parle de peinture mais ces passages servent le récit. C'est encore une fois réussi et passionnant.
Puis le récit s'emballe et l'histoire va à cent à l'heure, donnant une impression de vertige, mais un vertige fascinant et bienheureux qui fait qu'on ne peut absolument pas lâcher ce roman. Le lecteur avance, en allant de surprise en surprise et se demande jusqu'où l'auteur va aller avec son héros. Mais il n'y a pas que lui dans l'histoire: il y a aussi la famille qui va lui demander d’expertiser les tableaux familiaux en vue d'un départ prochain, si guerre il y a, afin d'avoir quelques liquidités. Les De Igualada sont des êtres étranges, je trouve, surtout les deux filles du Duc, Paquita et Lili, qui vont tour à tour faire chavirer notre expert anglais. Pourtant, ce sont cette famille qui font le sel de ce roman avec Jose antonio Primo de Rivera, jeune homme à la tête d'une organisation fasciste.
Comme vous pouvez le voir, ce roman est riche et passionnant. Il se passe tellement de choses fascinantes qu'on ne peut pas faire autrement que de le dévorer: de la politique à l'histoire de l'art, à l'histoire tout court, vous êtes entrainé dans un tourbillon qui vous fait tourner la tête. C'est admirable.
Au final, un roman passionnant, riche, qui ravira les amateurs d'aventures, d'histoire, de complots, d'art, d'amour également. En fait, c'est un pan de l'historie espagnole qui se dévoile à vous. Vous êtes entrainé dans un tourbillon qui vous transportera et vous laissera essouflé, pantelant mais ravi d'avoir le fin mot de toute cette histoire dès la dernière page tournée. Après tout c'est tout ce qu'on demande à un livre: de nous faire apprendre et découvrir des choses en nous divertissant.
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| Rockeby Venus de Diego Velázquez (tableau évoqué dans "Bataille de chats") |
Eduardo Mendoza: Bataille de chats (Riñas de gatos), Points, 470 pages, 2012
Libellés :
Littérature espagnole,
Prix du Meilleur Roman Points
mardi 8 juin 2010
On ne peut rien contre le destin

Résumé: 1965 : rien ne prédisposait Sonia Maino, une étudiante italienne d'origine modeste à rencontrer Rajiv, petit-fils de Nehru et fils d'Indira Gandhi. Mais lorsque Christian von Stieglitz, leur ami commun, les présente à Cambridge, Sonia tombe aussitôt sous le charme de cet étudiant presque ordinaire, dont le seul rêve est de devenir pilote. Trois ans plus tard, malgré les réticences de son père, Sonia épouse Rajiv à New Delhi. Elle revêt pour l'occasion le sari rose tissé par Nehru en prison, celui-là même qu'avait porté Indira lors de son propre mariage. Le symbole est fort : par cette alliance, Sonia choisit d'unir son destin à celui d'une nation, qui, pour l'heure, lui est étrangère. Plus de vingt ans après, la mort tragique de Rajiv, en 1991, ne pourra défaire les liens qui se sont tissés entre Sonia et le peuple indien. Par-delà l'histoire de ce couple mémorable et passionné, Javier Moro nous offre le récit bouleversant de la métamorphose d'une femme.
Mon avis: Je viens de finir le livre de Javier Moro et le premier sentiment qui me vient à l'esprit est que ce fut une lecture un peu difficile.
Tout d'abord, je ne m'attendais pas à lire une biographie mais un roman: j'ai donc tout d'abord été surpris par le style très journalistique de l'auteur (en tout cas, je le perçois comme ça). Certes, il nous prévient dès le départ que c'est une biographie romancée. N'empêche, je n'ai pas eu l'impression d'avoir affaire à un romancier mais à un journaliste nous racontant la dynastie d'une famille, celle de Nehru-Gandhi. Attention, cela ne remet pas en cause la qualité du livre qui est bien là.
Car, même, s'il m'a fallu une centaine de pages pour me faire au style de l'auteur et à l'idée que je lisais un "roman" sur la politique des Gandhi, j'ai trouvé ce livre tout à fait intéressant. La destinée de cette famille qui n'a pas d'autre choix que d'être sous les feux des projecteurs du pouvoir m'a plu (sinon, je ne serai pas allé au bout).
J'ai un regret cependant: que Sonia Maino qui entrera dans la famille Gandhi en épousant Rajiv, le fils ainé d'Indira ne soit pas assez présente dans le livre (mis à part à la fin quand tous les autres protagonistes de l'histoire ont disparus). Elle apparait au début (le livre commence par l'enterrement de Rajiv Gandhi, son mari mort dans un attentat en 1991, (ce qui m'a beaucoup peiné car je l'appréciais beaucoup)pour revenir en arrière, au moment de la rencontre entre Sonia et Rajiv), pour se faire plus discrète au profit de sa belle mère Indira Gandhi, dont on va suivre le parcours politique. Je pense que cela m'a freiné dans ma lecture et que j'ai mis du temps à lire ce livre.
Sonia et Rajiv Ghandi sont les deux personnes du roman que j'ai préféré. Leur rencontre à Cambridge va complètement changer la vie de Sonia, italienne d'origine qui va connaitre un destin extraordinaire, tout ça pour avoir croisé le regard de cet homme faisant parti de la famille la plus influente d'Inde. J'ai aimé ce couple qui n'a jamais cessé de s'aimer et j'ai été peiné par la mort de Rajiv, tout ça parce qu'il a été "forcé" de prendre la place de sa mère au pouvoir, à la mort de cette dernière, lui qui a tout fait pour s'en éloigner. Mais on n'échappe pas à son destin comme le disait si bien Nehru, le père d'Indira.
En revanche, j'ai détesté Sanjay, le frère cadet de Rajiv. Et sa femme Maneka. (D'ailleurs, les photos du livre m'ont confirmé cet antipathie. J'ai trouvé Sanjay et Maneka arrogant sur cette photo de famille). Il s'est comporté en despote lors de l'Emergency, profitant de l'amour aveuglant de sa mère, alors au pouvoir pour assouvir ses désirs. Je l'ai trouvé arrogant, prétentieux, tout le contraire de son frère, doux, gentil, voulant vivre une vie simple en dehors du pouvoir et des menaces que cela engendre.
Le Sari Rose nous apprend beaucoup de choses très instructives sur ce pays fascinant qu'est l'Inde autant sur son histoire que sur sa politique. Malheureusement, je n'en retiendrai pas grand chose car il y a beaucoup d'informations. Il s'en passe des choses en trente ans. Puis la politique ne m'intéresse pas plus que ça. Ce qui explique ma petite déception de ne pas avoir plus focaliser l'histoire sur Sonia et Rajiv. J'aurai voulu les voir vivre en dehors de la vie politique.
Ce que je retiendrai surtout, c'est qu'on ne peut pas échapper à son destin, même si on le souhaite de toutes ses forces: Sonia en a fait l'amère expérience. Elle et son mari ne voulaient pas du pouvoir mais le peuple indien avait besoin des Gandhi pour se trouver une raison d'être. Nehru, le père d'Indira, lui avait écrit de sa prison: on ne peut pas échapper à la tradition familiale. Parfois les traditions sont lourdes à porter et font des dégâts irrémédiables.
Alors, certes, Le Sari Rose est une lecture "difficile" mais très intéressante et que je conseille à tous ceux qui veulent découvrir un pays fascinant comme l'Inde, à travers le destin de la famille la plus influente de ce pays:les Nehru-Gandhi.
Je remercie Les Edtions Robert Laffont (j'ai une petite pensée pour ce grand monsieur de l'édition, qui nous a quitté récemment) et Livraddict pour ce partenariat.
Javier Moro: Le Sari Rose (El Sari Rojo) , Robert Laffont,573 pages, 2010
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