jeudi 31 mai 2018

Black Lamb: un palimpseste

4e de couverture:Il y a une chronologie de l'amour de mes parents et une chronologie du récit de leur amour. 

Il y a une chronologie de mes souvenirs, et une chronologie de mes perceptions,hantée par des histoires d'avions et de navires qui ont marqué mon enfance. 

Les divers fils peuvent s'entrelacer de façon déroutante, refusant toute avancée littéraire. 

Le livre de Camille Naish "Black Lamb" paru aux Editions du Laboratoire Existentiel (que je découvre également), nous propose une plongée dans ses souvenirs. 

C'est un livre beau, de par l'histoire qu'il raconte, mais aussi par l'objet en lui même (les dessins du père de Camille, Michael, se mélangeant aux siens, sont des plus magnifiques).

C'est également un livre déconcertant qui m'a parfois laissé sur le bord de la route, surtout dans ses passages philosophiques et scientifiques. Mais, dans l'ensemble, j'ai passé un bon moment en compagnie de Camille et de ses parents.

Ce livre, c'est avant tout un message d'amour que Camille adresse à ses parents. En se racontant, elle raconte surtout l'amour que ses parents se sont portés pendant plus de 40 ans. De leur rencontre en 1943, au château d'Inverailort, quand ils étaient tous deux dans l'armée anglaise, jusqu'à leurs derniers instants à Santa Fe, au Mexique. Camille va ainsi naviguer de souvenirs en souvenirs, de la rencontre de ses grands parents maternels durant la première guerre mondiale, aux premiers jours de Ruth, sa mère, danas la campagne anglaise (j'ai beaucoup aimé cette partie), du mariage de ses parents, des premiers jours de Camille en Angleterre, leur départ aux Etats Unis, les années d'université de Camille (passionnant) jusqu'à ses années d'enseignement où elle fait la rencontre de Ionesco, Nathalie Saraute, Peter Sellars, tout ceci, reprend vie sous nos yeux.

Puis viennent les dernières parties, bouleversantes, où Camille met sa vie entre parenthèse pour s'occuper de ses parents malades. Elle va alors enregistrer sur des cassettes, les souvenirs de ses parents avant qu'ils ne soient plus là. C'est ainsi qu'on va repartir au moment de la seconde guerre mondiale où l'on croisera Winston Churchill, entre autres.

C'est un livre étonnant, qui m'a subjugué sans trop comprendre pourquoi, au fond. Je me suis laissé porter par la plume de Camille Naish, et éblouir par les dessins qui accompagnent ce récit émouvant.
Le dévouement de Camille pour ses parents est des plus beaux et émouvants qu'il m'ait été donné à lire et, même les petits bémols que j'ai pu trouvé à ce livre (les passages trop philosophiques ou scientifiques) ne m'ont pas empêcher d'apprécier ma lecture.

Au final, un livre émouvant sur le dévouement d'une fille à ses parents. Un livre sur une belle histoire d'amour comme on en trouve dans les romans. Ils ont eu une grande et belle vie rempli de souvenirs et de rencontres mémorables, et, dans ce livre, Camille Naish leur redonne vie, avec tout l'amour qu'une fille porte à ses parents. Un récit des plus touchants.

Merci à Camille Naish pour la gentille dédicace.
Et Merci aux Editions du Laboratoire Existentiel pour la lecture de ce récit.



Camille Naish & Michael Naish: Black Lamb: un palimpseste, (Black Lamb), Le Laboratoire Existentiel, 390 pages, 2018


mercredi 30 mai 2018

La Discothèque du 20e siècle #271

En 1977, Bonnie Tyler connaissait son premier succès avec ce titre.

Bonnie Tyler: It's a heartache (1977)


Peu de temps après sa sortie de l'hôpital [après une opération de la gorge où elle risquait de perdre sa voix], elle est remarquée par deux producteurs avisés qui lui écrivent des chansons sur mesure: dès le premier essai, intitulé lost in France (perdu en France), Bonnie atteint le Top 10 anglais. Dès la fin 1977, It's a heartache est aussitôt adopté par les programmateurs radio: après la Grande-Bretagne, c'est l''Europe, puis les Etats Unis qui succombent à son charme rocailleux. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1977", Polygram Direct)

Bonne écoute!


lundi 28 mai 2018

Power

4e de couverture: " Ici, comme dans les autres ghettos, pas d'artifice à la Marilyn, ni de mythe à la Kennedy. Ici, c'est la réalité. Celle qui macère, mendie et crève. " 1965. Enlisés au Vietnam, les Etats-Unis traversent une crise sans précédent : manifestations, émeutes, explosion des violences policières. Vingt millions d'Afro-Américains sont chaque jour livrés à eux-mêmes, discriminés, harcelés. Après l'assassinat de Malcolm X, la communauté noire se déchire entre la haine et la non-violence prônée par Martin Luther King, quand surgit le Black Panther Party : l'organisation défie l'Amérique raciste, armant ses milliers de militants et subvenant aux besoins des ghettos. 
Une véritable révolution se profile. Le gouvernement déclare alors la guerre aux Black Panthers, une guerre impitoyable qui va bouleverser les vies de Charlene, jeune militante, Neil, officier de police, et Tyrone, infiltré par le FBI. Personne ne sera épargné, à l'image du pays, happé par le chaos des sixties.

Pour leur premier titre, les Editions Stéphane Marsan ont mis la barre très haute avec le dernier roman de Michaël Mention. 

L'auteur français va nous plonger dans l'univers des Black Panthers, avec son style si particulier. 
Bien évidemment, le nom des Black Panthers ne m'était pas étranger: un admirateur de l'Amérique des Sixties, comme moi, avait déjà rencontré ce nom plus d'une fois, mais c'était juste un nom. Je l'avais rencontré dans certains romans ou films, mais je n'avais jamais eu une vision de l'intérieur. C'est ce que nous propose Michaël avec ce roman  et ce, en deux temps. 

Tout d'abord une première partie (What we want), où il nous raconte la naissance du mouvement "Black Panthers", créé par Bobby Stills et Huey Newton. Le roman commence très fort par l'assassinat de Malcolm X, et dès ces scènes là, on est pris aux tripes avec une sensation de vertige qui ne nous quittera pas avant la fin. C'est une première partie passionnante de bout en bout, mais pour ma part, elle n'est que la mise en bouche de ce qu'il va nous proposer par la suite: un voyage abyssale qui va nous entraîner dans un univers sombre jusqu'à la plus noire des folies. 

Cette fameuse 2e partie (What we believe) va alors se concentrer sur 3 personnages: Charlène, une adolescente noire de 16 ans qui va devenir militante chez les Black Panthers, Neil, un flic d'origine irlandaise de Los Angeles, plein d'idéalisme et de naïveté, qui va voir son monde bouleversé par la mort de son coéquipier, et qui va perdre ses illusions,et Tyrone, un taulard, que le FBI va faire sortir de prison, en l'infiltrant dans l'organisation des Black Panthers. 

Alors, dès les premières pages,  on sait que ça ne finira pas bien, mais à ce point là, j'étais pas préparé. Franchement, ce roman c'est un uppercut qu'on se prend en pleine face. Le style percutant et viscéral de Michaël Mention vous prend aux tripes, jusqu'au malaise, mais on ne peut s'empêcher de continuer à lire. Ce livre est tout simplement génial et, même s'il faut avoir le coeur bien accroché, sur certaines scènes, c'est une superbe radiographie de la fin des années 60 qui nous est offert par cet auteur génial. Tout m'a plu dans ce roman: le style, l'histoire, les personnages, tellement vivants qu'on tremble pour eux. J'ai ressenti plusieurs sentiments à leur égard; je les ai aimé, mais aussi détesté devant certaines de leurs actions. Ils ont plusieurs facettes, à laquelle on adhère où pas, mais c'est en cela qu'ils sont super vivants à mes yeux et que j'y ai cru. 
Pour moi qui aime tant cette période de l'historie Américaine (celle des Sixties et plus particulièrement de 1965 à 1969 et un peu au delà ici), là j'ai été servi: entre l'assassinat de Malcolm X. Ceux, de Luther King, de Bobby Kennedy, l'affaire du Zodiac, également évoquée, mais aussi Charles Manson, et l'affaire Sharon Tate (l'un des passages les plus difficiles à lire pour moi, et ce, malgré le fait que je le pressentais depuis plusieurs pages), les apparitions des créateurs du mouvement Black Panthers, Bobby Stills, Huey Newton, mais aussi Angela Davis. Tout ceci m'a parlé. 
Sans oublier la musique de cette époque là: les Stones, James Brown,Les Beatles, Etta James, Led Zeppelin,  la musique Funk. La playlist de ce bouquin est hallucinante et Michaël Mention l'intègre parfaitement bien dans son récit. 

Que vous dire, à part que ce roman est une bombe, qui va devenir un classique de la "littérature américaine". Oui, tout simplement. Il a sa place parmi les plus grands livres américains et son auteur est français. La classe! En tout cas, c'est l'un des romans les plus percutants et les plus puissants sur le mouvement des Black Panthers, de sa naissance, jusqu'à sa chute, qui existe. C'est clairement pour moi, un indispensable. 

Au final, un roman essentiel qui nous parle de ce mouvement (Les Black Panthers) qui bouleversa les Etats Unis et les Sixties. Un roman coup de poing qui vous prend aux tripes et vous bouleversera jusque dans votre chair. C'est tout simplement admirable! Un roman qui me restera en mémoire longtemps et que je vais avoir un peu de mal à digérer, tellement il m'a bousculé, au plus profond de mon être. Power est un roman appelé à devenir culte! 



Michaël Mention: Power, Stéphane Marsan, 456 pages, 2018


dimanche 27 mai 2018

Slow Qui Tue #367: Mad about you

Le slow qui tue de la semaine est dingue de lui.

Hooverphonic: Mad about you



Bonne écoute!


samedi 26 mai 2018

Sorties livresques du mois de Juin 2018

Voici les sorties livresques que j'ai retenu pour le mois de Juin. Il y en a 20, il me semble et elles sont toujours aussi variées, mais c'est parce que j'aime bien passer d'un genre à l'autre dans mes lectures. J'espère que cela vous donnera des idées. Comme d'habitude, je commence par les Grands Formats, puis les Poches. 



Grands Formats

30 mai

Résumé: Un chemin de traverse se dessinait grâce à ma passion du jeu. La lecture entrait dans ma vie. »
La relation de Guillaume de Tonquédec à la lecture est une longue histoire mouvementée, douloureuse autant que merveilleuse. Enfant, il peine à déchiffrer les mots, tâtonne dans un monde flou jusqu'au jour où une paire de lunettes bleues va tout changer et où la passion du théâtre l'entraîne, par des chemins de traverse, vers les grands textes. Aujourd'hui, dans son univers, Molière, Shakespeare, Zweig et Buzzati côtoient Sylvain Tesson, le scénario de la série Fais pas ci, fais pas ça ou les Conversations avec Billy Wilder. Tous ont un point commun : ils sont des portes ouvertes vers l'imaginaire. Avec générosité, le comédien de théâtre, acteur de télévision préféré des Français, couronné par un César, raconte ses difficultés mais aussi le travail, l'enthousiasme, les rencontres
qui lui ont permis de les dépasser. C'est cette lutte silencieuse à l'issue heureuse qu'il souhaite partager, pour que tous les complexés, les dyslexiques, les timides apprivoisent à leur rythme les livres.

Edit à 23h50: Oui, je sais, ce livre sort le dernier jour du mois de mai, et je n'en parle qu'en ce samedi soir, après la publication du billet, mais je viens juste d'en entendre parler car Guillaume est invité chez Laurent Ruquier dans ONPC. 
Alors, pourquoi ce livre? Tout simplement parce que c'est Guillaume de Tonquédec, que j'adore, dans tout ce qu'il fait. Et parce que ce livre parle des livres. Donc, dans le panier, direct. 

6 juin


Résumé: Bienvenue sur le forum de NetMaman.com ! On s'y retrouve entre mamans pour des conseils, du soutien... ou la mort. Enceinte de six mois, le sergent-détective Claire Boyle continue de s'investir corps et âme dans son travail, notamment sa dernière enquête : Miriam, retrouvée morte, droguée et étouffée, quinze jours après sa disparition. Comment expliquer une fin aussi atroce pour cette mère célibataire, entièrement dévouée à l'éducation de sa fille ? La vie sociale de Miriam se limitait à la fréquentation d'un forum pour jeunes mamans, NetMaman. Mise au repos forcé, Claire décide à son tour de s'y inscrire... 

Ce polar a retenu mon attention de par le résumé. J'ai bien envie de savoir ce que cache ce forum. Cela va parler des réseaux sociaux et de maternité apparemment, Donc pourquoi pas. 



Résumé: Perdu dans une région montagneuse isolée, un corps se consume. Seules des dents et un fragment de vêtement permettent d’identifier les restes carbonisés de l’avocate Elaine Buxton.  Pourtant, dans une pièce dissimulée aux yeux de tous, dans une grande maison d’Edimbourg, la vraie Elaine Buxton hurle dans le noir... L’inspecteur Luc Callanach vient juste de prendre ses fonctions quand l’affaire de la disparition d’Elaine est requalifiée en meurtre. Ayant abandonné une carrière prometteuse à Interpol, il tient à faire ses preuves aux yeux de sa nouvelle équipe. Mais le meurtrier a couvert ses traces avec un soin tout particulier...

La thématique de ce roman m'interpelle énormément. La couverture est des plus magnifiques et de plus, l'auteure est une ancienne avocate. Ce qui donne très envie. Normalement, je devrais le recevoir. Il sera donc sur le blog le mois prochain. 


Résumé: 1982. Rasmus vient d’avoir son bac et quitte la Suède profonde pour la capitale. À Stockholm, il va pouvoir être enfin lui-même. Loin de ceux qui le traitent de sale pédé. Benjamin est Témoin de Jéhovah et vit dans le prosélytisme et les préceptes religieux inculqués par ses parents. Sa conviction vacille le jour où il frappe à la porte d’un homme qui l’accueille chaleureusement, et lui lance : « Tu le sais, au moins, que tu es homosexuel ? » Rasmus et Benjamin vont s’aimer. Autour d’eux, une bande de jeunes gens, pleins de vie, qui se sont choisis comme vraie famille. Ils sont libres, insouciants. Or, arrive le sida. Certains n’ont plus que quelques mois, d’autres quelques années à vivre. 
Face à une épidémie mortelle inconnue, toutes les politiques sociales ou sanitaires du « modèle suédois » échouent. Les malades séropositifs sont condamnés à l’isolement et à l’exclusion.

Réédition de ce roman découvert il y a peu chez Karine (du blog "Mon coin lecture") j'ai eu de suite envie de le lire. Et voilà que quelques jours plus tard, en préparant ce billet, je vois que ce livre va ressortir. C'est un signe! Le signe qu'il doit rejoindre ma PAL absolument. Le thème du roman me parle énormément, l'avis de Karine, m'a convaincu et la lecture des premières pages sur le site des Editions Gaïa, me dit que ce livre est fait pour moi. Il me le faut! 

7 juin


Résumé: Hiver 1885. Les terres de l'Alaska demeurent inexplorées. Le colonel Allen Forrester, héros de guerre décoré, remonte la Wolverine River pour en cartographier les abords. Il consigne son expédition dans un journal à l'intention de sa femme Sophie, dans l'espoir qu'elle puisse le lire s'il ne revenait pas. Sophie est restée à Vancouver après avoir découvert qu'elle était enceinte. Elle vivra seule sa grossesse, au sein d'une société peu apte à lui reconnaître la liberté à laquelle elle aspire. C'est l'art naissant de la photographie qui lui permettra de s'émanciper et de célébrer la beauté de la vie sauvage qui l'entoure. Au cours de cette année fatidique, Allen et Sophie seront, chacun à leur manière, confrontés à la nature grandiose et cruelle. Les épreuves qu'ils surmonteront changeront leurs vies et ce qu'ils sont à jamais. 

Bon, on va pas se mentir, c'est la couverture qui m'a tapé dans l'oeil...mais généralement, c'est la première chose qu'on remarque quand on découvre un livre. Puis, le résumé à fait le reste. L'histoire de ces grands espaces de glace, ces histoires d'expédition en Alaska, une histoire d'amour, probablement, ont fait que j'ai très envie de le découvrir. 



Résumé: On les appelle " les Inséparables " : Lisa, Nick et Ethan, trois adolescents qui grandissent ensemble près du lac Michigan, dans une bourgade du Wisconsin. À la fin de l'été 2004, leur paisible existence vole en éclats : Lisa est retrouvée assassinée sur la plage. Après une enquête bâclée, Ethan, son petit ami, est arrêté et condamné à la prison à vie.

Douze ans plus tard, installé à New York, Nick est devenu un écrivain à succès. Mais les fantômes du passé ne sont pas près de le laisser en paix : contre toute attente, Ethan vient d'être remis en liberté. De retour dans sa ville natale, Nick va devoir affronter l'hostilité des habitants, toujours convaincus de la culpabilité de son ami. Pour innocenter définitivement son ami et parvenir à se reconstruire, il n'aura d'autre choix que de faire la lumière sur la mort de Lisa et de retrouver le véritable meurtrier.

Il y a un petit moment que j'ai envie de découvrir la plume de Valentin Musso (le frère de Guillaume, auteur de best seller depuis plusieurs années) pour voir ce qu'elle vaut. Spécialisé dans le polar/thriller, il me titille. Alors pourquoi ne pas le découvrir avec son dernier livre, surtout que le résumé me donne super envie: les Etats Unis, une histoire d'amitié, le meurtre d'une fille et la recherche du véritable meurtrier. Tout ça me donne envie. Alors, pourquoi pas. 

Résumé: Mario est un adolescent comme il y en a tant, indécis, apeuré par la vie et les choix qu'elle lui offre, en quête sans doute d'une image paternelle que sa famille ne lui propose pas. Or Guido a du charisme à revendre, une autorité et une aisance naturelles qui séduisent tous ceux qui le rencontrent. La vie l'enthousiasme, mais il en refuse toutes les contraintes, au risque de se retrouver progressivement isolé. 
Née de ces différences, l'amitié de Mario et Guido se poursuit et se renforce au fil des années : à l'école, après l'école et pendant leur vie adulte. Elle unit et change à jamais leurs deux vies...

La littérature italienne, que j'ai découverte l'année dernière avec quelques romans des éditions Philippe Rey, m'avait beaucoup plu, et j'ai envie de continuer. Alors pourquoi pas avec ce roman là, sur l'histoire d'une amitié entre deux adolescents à la fin des années 60 , au moment de mai 68. En tout cas, à tenter, je pense. 

Résumé: Après le très culte Lys de Brooklyn, le retour de Betty Smith avec une chronique à la fois lumineuse et délicate de la première année d'un jeune couple dans une petite ville du Midwest des années 1920. Attendrissante, drôle, une œuvre tout en finesse qui illustre brillamment les joies de l'amour mais aussi les premiers chagrins face à une réalité parfois sans pitié ; la vie à deux, pour le pire comme pour le meilleur.
Carl et Annie étaient assis tout près l'un de l'autre, sur la banquette, la main dans la main ; ils attendaient d'être mariés. De temps à autre se faisait entendre un léger sifflement, quand Carl jetait dans le crachoir une cigarette à moitié consumée. Chaque fois, Annie serrait la main de Carl et disait : " Nerveux ? "" Chaque fois il lui rendait la pression de sa main et répondait : " Non. Et toi ? " Invariablement elle répliquait : " Un peu. " Et de nouveau leurs mains resserraient leur étreinte. 

Prochain Belfond [Vintage] à paraître, ce livre rejoindra ma PAL pour cette raison. Car j'aime beaucoup les romans de cette collection de chez Belfond. Mais aussi, parce que "Le Lys de Brooklyn", lu, il y a quelques années, avait été une très forte lecture pour moi. 

Résumé: La vie, la famille, le travail à l’époque de la Révolution
1794, l’époque révolutionnaire bat son plein et la guillotine fonctionne à tout-va. À Paris, le marquis de Guéau vient d’être guillotiné. Le fils navigue sur les océans, à l’abri des vagues, tandis que sa femme, Madame de Bonvoust, se réfugie avec sa fille nouveau née au domaine de Reverseaux, propriété du marquis, dans la région de Chartres, elle part rapidement se réfugier en Angleterre, laissant sa fillette à une nourrice, dans le plus grand secret.
Les petites gens continuent à vivre autour du château du marquis guillotiné comme si de rien n’était. La Révolution a fait peu de vagues, et leur travail permet de les faire vivre. Un régisseur honnête surveille tout ce petit monde, ce qui permet au domaine de Reverseaux de survivre aux spéculateurs qui achètent successivement le domaine sans jamais y mettre les pieds.
Un roman historique qui se déroule après la Révolution Française, je dis oui (et ça, c'est depuis que je lis les romans de Jean-Christophe Portes, avec sa saga policière "Victor Dauterive"). Puis, il a l'air des plus intéressant. A découvrir. De plus, une maison d'édition que je ne connaissais pas, donc, une double découverte. 
Résumé: " Personne ne vit ainsi... à moins d'avoir quelque chose à cacher. "
Quand Caroline et Francis reçoivent une offre pour échanger leur appartement de Leeds contre une maison en banlieue londonienne, ils sautent sur l'occasion de passer une semaine loin de chez eux, déterminés à recoller les morceaux de leur mariage. Mais une fois sur place, la maison leur paraît étonnamment vide et sinistre. Difficile d'imaginer que quelqu'un puisse y habiter.
Peu à peu, Caroline remarque des signes de vie, ou plutôt des signes de sa vie. Les fleurs dans la salle de bains, la musique dans le lecteur CD, tout cela peut paraître innocent aux yeux de son mari, mais pas aux siens. Manifestement, la personne chez qui ils logent connaît bien Caroline, ainsi que les secrets qu'elle aurait préféré garder enfouis.
Et à présent, cette personne se trouve chez elle...

Prochaine parution chez "la Bête Noire" aux éditions Robert Laffont, le résumé plein de mystère, donne très envie. En tout cas, c'est le genre de résumé qui titille ma curiosité. Probablement un thriller qui pourrait me plaire. 

Résumé: Comment démêler le vrai du faux lorsque personne ne peut – ou ne veut – parler ? Dans un Bristol électrisé par les tensions sociales, deux adolescents, meilleurs amis depuis l'enfance, se retrouvent au cœur d'une affaire brûlante.
Noah Sadler et Abdi Mahad sont deux adolescents inséparables, meilleurs amis depuis l'enfance.
Par un matin glacial, une équipe de secours repêche le corpsde Noah dans le canal de Bristol : son état est critique. Abdi, présent sur la scène du drame, ne peut – ou ne veut – rien dire. Alors que le détective Jim Clemo, de retour d'un arrêt de travail forcé, se voit confier l'affaire, l'incident tourne à la bataille médiatique : Noah est anglais et issu d'une bonne famille, Abdi est fils de réfugiés somaliens. Il n'en faut pas plus pour mettre le feu aux poudres et raviver les tensions sociales qui rongent Bristol.
Dans ce contexte brûlant marqué par la peur et la colère, chaque famille se bat pour son fils et pour la vérité. Ni l'une ni l'autre ne sait jusqu'où elle devra aller, ni quels démons elle devra affronter. 
Découvert juste avant d'écrire ce billet, je dois dire que ce livre et le résumé qui l'accompagne ont fait tilt, de suite. Une histoire d'amitié, deux garçons qui viennent de deux mondes différents, l'un qui meurt et l'autre qui était sur les lieux du crime. Rien que cela, j'ai envie de le lire. Voilà, il se retrouve dans cette liste. 
Résumé: Marignan : 1515. Pavie : 1525.
Une grande victoire suivie d'une terrible défaite ; deux dates qui ont marqué d'un sceau indélébile les débuts du règne de François Ier, à l'aube de la Renaissance.
Pour tous, François Ier incarne la figure lumineuse du roi-chevalier et du poète cultivant l'art de la galanterie. Mais qui a façonné le grand homme ? Autour de lui, toujours, des femmes : Louise de Savoie et sa soeur Marguerite de Navarre ont construit l'image d'un souverain aimé du peuple, d'un diplomate subtil et d'un homme de guerre appelé à tenir tête jusqu'à sa mort à l'empereur Charles Quint. Et puis il y a aussi les favorites, celles que l'on nomme " les Salamandres ". À l'instar de ce petit lézard légendaire qui résisterait au feu, les meilleures d'entre elles ont le pouvoir de vaincre l'adversité. Et c'est aussi peut-être grâce à elles que le grand homme est devenu un roi accompli.
Parmi ces Salamandres, deux femmes se sont livré un duel impitoyable à la cour et dans les somptueuses résidences des bords de Loire : la comtesse Françoise de Châteaubriant et Anne de Pisseleu, duchesse d'Étampes. L'une est brune et piquante, mais elle vieillit ; l'autre est blonde, discrète et diaphane, et son ambition est grande...

Comme vous pouvez le voir, beaucoup de sorties le même jour (ce fameux 7 juin), mais je ne pouvais pas non plus passer à côté de celui là qui me fait terriblement envie. Sa couverture tout d'abord, très jolie, son auteur (que j'avais découvert, il y a quelques années avec "L'orange de noël"), un roman historique à l'époque de François 1er, mais vu au travers d'une rivalité de femmes. J'aime j'aime j'aime!! Et il faut absolument que je le lise.Il me fait trop envie. 

13 juin


Résumé: Les passagers qui embarquent dans le train de 10 h 35 reliant Manchester à Londres ont tous une bonne raison d’espérer des lendemains meilleurs. Jeff se rend à un entretien d’embauche après des mois de chômage, Holly s’offre un peu de répit, Nick se rend à un mariage avec toute sa famille, Meg et sa compagne partent en randonnée, Caroline tente de se soustraire à sa vie compliquée, et Rhona espère rentrer le soir même pour retrouver sa fille. Huit solitudes se côtoient à bord de ce train. Et parmi elles, celle de Saheel, qui peine à trouver sa place dans une société dans laquelle il ne se reconnaît plus. Avec son sac bourré d’explosifs, Saheel n’attend plus rien de l’avenir, il attend le terminus.

Eh oui, encore un livre des Editions Stéphane Marsan, mais que voulez-vous, j'ai envie de les posséder tous (j'ai d'ailleurs les 4 premiers titres dans ma PAL et je suis en train de lire "Power"). J'aime les couvertures, les résumés m'interpellent. Donc, je n'hésiterai pas une seconde à me jeter dessus, au moment de sa sortie. 
 ...
14 juin


Résumé: À Lyon, une jeune magistrate est découverte battue à mort sous une porte cochère alors qu'elle venait rejoindre son amant. Ce dernier est rapidement soupçonné, d’autant que ses mensonges, et plusieurs éléments matériels, l’accablent et en font le coupable idéal. Cet avocat connu, futur candidat à la mairie, décide de confier sa défense à David Lucas, un pénaliste réputé. Ce dernier va tout tenter pour l’innocenter.
André Buffard nous embarque dans un roman judiciaire au plus près de la réalité, avec une affaire criminelle hors norme vécue de l’intérieur, depuis la garde à vue jusqu'au procès aux assises. Il dépeint avec précision la complexité des relations entre l'avocat et celui qu'il défend. Il brosse un portrait sans concession de l'institution judiciaire et de la place des médias dans une affaire qui fait la une. Il s'interroge aussi sur les motivations d'un avocat, et pose les questions fondamentales de son métier. Entre recherche de la vérité, argent, pouvoir, il montre comment la justice n'est, finalement, 

qu'un jeu...

J'adore les histoires judiciaires,et l'univers des avocats, alors quand je tombe sur un roman qui me propose de suivre une histoire criminelle, de la garde à vue, jusqu'au procès, mon intérêt est titillé et j'ai envie de découvrir. J'espère le trouver dans ma librairie,à sa sortie. 



Poches

6 juin

Résumé: Du jour au lendemain, les couleurs disparaissent. Dans ce nouveau monde en noir et blanc, un drôle de duo se met en tête de sauver l'humanité de la dépression en partant à leur recherche. Lui, c'est Arthur, employé dans une fabrique de crayons de couleur, aussi paumé que séduisant. Elle, c'est Charlotte, aveugle de naissance et scientifique spécialiste de ces mêmes couleurs qu'elle n'a jamais vues. A leurs côtés, une petite fille au don mystérieux, un chauffeur de taxi new-yorkais, les résidents d'une maison de retraite qui ressemble à une colonie de vacances. A leurs trousses, une bande de bras cassés au service d'une triade chinoise... Avec ce roman ludique et enrichissant, vous ne verrez plus jamais les couleurs de la même façon.

Livre que j'avais croisé dès sa sortie en grand format et dont le résumé me tentait beaucoup. Sa sortie poche sera l'occasion de le découvrir. 


Résumé: Battu et martyrisé par ses parents adoptifs, renvoyé de l'école, Horty, huit ans, fuit le foyer familial. Le jeune garçon trouve alors refuge au sein d'un cirque ambulant où il devient le partenaire de deux jeunes naines, Zena et Bunny. Loin d'atteindre la sérénité, Horty se voit très vite confronté à d 'étranges phénomènes. Pourquoi le cirque tout entier tremble-t-il devant son féroce directeur, surnommé " Le Cannibale ", et sa mystérieuse collection de cristaux qui gémissent la nuit ? Zena, elle, connaît la vérité, elle sait depuis toujours que Horty et le Cannibale sont étroitement liés et que leur affrontement est inévitable...

Réédition de ce roman fantastique chez J'ai lu dans une nouvelle couverture, j'ai été attiré, par cette dernière mais aussi par le résumé. Je sais pas, il y a du Dickens, dans ce roman. A découvrir. 

7 juin


Résumé: ~" Jeune senior de 59 ans, tout juste préretraitée, cherche à 
partager appartement proche tour Eiffel avec colocataire 
gai et optimiste. Profil idéal recherché : étudiant étranger 
voire jeune quadra en transition de vie. " 
Telle est l'étonnante annonce que la pétillante Jeanne 
a publiée pour réaliser son voeu le plus cher : habiter 
près de la tour Eiffel. 
Mise en retraite anticipée par son employeur, fière 
de laisser voler de ses propres ailes son fils Léo – le 
seul homme de sa vie –, Jeanne est déterminée à se 
prouver qu'il n'y a pas d'âge pour vivre ses rêves, en 
se lançant dans l'aventure de la colocation. 
Cette nouvelle vie, riche de surprises et de belles 
rencontres, pourrait bien l'amener à s'autoriser enfin 
à explorer des horizons qu'elle s'était jusque-là 
interdits. 


Un petit roman qui m'a l'air idéal pour l'été, drôle, sans prise de tête. Alors pourquoi pas. 

14 juin

Résumé: Petite fille modèle, élève brillante, prodige du piano, Zoe est l'adolescente que tous les parents rêveraient d'avoir. Quelques années plus tôt, une erreur de jeunesse lui a fait commettre l'irréparable. C'est à la force du poignet qu'elle et sa mère se sont reconstruites. La vie leur a offert une seconde chance. 
Mais le soir où Zoe doit donner un concert pour lequel elle se prépare depuis des mois, la nuit tourne au cauchemar. Un meurtre est commis. Zoe sait que la vérité n'est jamais aussi simple que l'on pourrait le penser et que les apparences sont souvent trompeuses... 



Bon, 2e livre de l'auteure à paraître dans ces sorties livresques.(Son prochain roman "Les meilleurs amis du monde" sort le 7 juin, chez les Escales), cela veut dure que j'ai vraiment envie de découvrir cette auteure. En tout cas, celui ci je veux le lire depuis que Séverine, de la chaîne "Il est bien ce livre" en avait parlé l'année dernière. 

Résumé: Plus personne n'attend rien de bon, ni rien de grand, d'Edgar Hill. À 35 ans, il est un père et un mari absent, et un homme éteint. Mais le désastre, souvent, nous révèle à nous-même. 
Ayant survécu à une catastrophe planétaire, mais séparé de sa femme et de ses enfants par plus de 800 kilomètres, Edgar n'a qu'une seule option pour les rejoindre. Courir. Courir jusqu'à l'épuisement. Dépasser ses limites. Se battre contre lui-même. Et contre les dangers qui, tout au long de sa traversée d'un Royaume-Uni dévasté, menaceront jusqu'à sa survie même. S'il n'arrive pas à temps, il perdra sa famille. Pour toujours. 

Un petit Post Apocalyptique pour l'été, c'est parfait. En tout cas, la couverture, le résumé me font grandement envie. Alors pourquoi se priver? 


Résumé: Août 1914, la déclaration de guerre vient bouleverser le quotidien tranquille des villageois
de Nouan-le-Fuzelier en Sologne. Antoine Richerand, l'instituteur, est mobilisé et part pour le front laissant derrière lui sa ravissante épouse Inès, effondrée de voir contrariés ses
projets d'avenir et d'ascension sociale.
Au printemps 1915, Antoine est grièvement blessé par un éclat d'obus et est hospitalisé à Paris. Inès lui rend visite régulièrement et s'efforce de tenir son rôle d'épouse aimante.
Pourtant, derrière la blessure physique d Antoine se révèlent bientôt des lésions psychiques plus sournoises provoquées par les horreurs du front. Tantôt prostré, tantôt en proie à des
accès de violence, Antoine est devenu un étranger. Exténuée par ses incessants voyages et désespérée par le comportement inquiétant de son mari, Inès se met à rêver d une autre
vie... Un jour sur les quais de Seine, elle fait la connaissance d'Isidore Lambiot, un vieux garçon, un peu excentrique. Emu par la détresse de la jeune femme, celui-ci propose de
l'héberger et de lui venir financièrement en aide. Dès lors, Inès va devoir choisir...

La thématique de la première guerre mondiale m'intéresse toujours autant et cette histoire a l'air des plus poignantes, alors pourquoi ne pas se laisser tenter? Et le réserver pour la période estivale...en août. 

Eh bien voilà, encore une fois, une belle et grosse sélection des sorties du mois prochain. 

Alors, par quel titre allez-vous vous laisser tenter? 
Quels titres vous, vous avez retenu pour le mois de Juin? 
Je vous souhaite en tout cas, de belles futures lectures. 

vendredi 25 mai 2018

Là où l'on s'aime, il ne fait jamais nuit

4e de couverture: Et si le bonheur était un sentiment à réinventer ?

Dans la vie de Félicité, tout est allé de travers. Elle rêvait d'amour et de poésie, mais se retrouve seule avec ses deux enfants, Corentin et Manon, nés de pères différents.
Mathilde, sa soeur aînée, a de son côté planifié chaque aspect de son existence. Pour être comblée, il ne lui manque qu'un bébé, qui refuse d'arriver.
Félicité et Mathilde, que les épreuves ont séparées, vont-elles se rapprocher ?
L'anniversaire de Corentin va faire basculer le destin.
Félicité avait promis à son fils de lui révéler l'identité de son père le jour de ses dix ans. Mais impossible d'avouer le secret qu'elle garde douloureusement depuis tant d'années.
Grâce à la tendresse retrouvée de Mathilde et à un mystérieux charpentier aux chemises de bûcheron, Félicité va-t-elle enfin affronter son passé et s'ouvrir à l'amour ?

Pour que le lecteur embarque et aime un roman, il faut qu'il croit ce qu'il lit, qu'il accepte ce que l'auteur(e) lui propose. 

Ce roman avait toutes les clés pour m'emporter dans son univers: des personnages attachants, vivants des moments de vie joyeux rempli de grands et petits drames. Tout cela aurait dû me toucher. 
Malheureusement, ce ne fut pas le cas. Mathilde, Félicité, Germain, Loîc ou Eliane, aucun personnage n'a su me faire vibrer. Tout au long de ma lecture, je n'ai rien ressenti pour eux. Pourtant, habituellement, une histoire comme celle que vit Mathilde, qui essaie par tous les moyens d'avoir un enfant et qui n'y arrive pas: sa détresse aurait dû me toucher. Le secret que cache Félicité à son fils de 10 ans, Corentin, aurait dû me faire pleurer. Sauf que je n'ai rien ressenti tout au long de ma lecture. Ah si, juste un peu d'exaspération par moment, qui me faisait lever les yeux au ciel. 

En fait, je ne sais pas pourquoi je n'ai pas aimé ce roman, qui se lit bien et qui avait l'air sympathique et touchant (et de plus, je suis persuadé qu'il l'est) ...mais je n'ai pas réussi à trouver la porte d'entrée. Alors, je ne pense pas que ce soit l'histoire qui n'a pas fonctionné mais peut-être le style de l'auteure qui ne m'a pas convaincu. Pourtant, l'idée était bonne de donner la parole à chacun des protagonistes de l'histoire: normalement, l'utilisation de la première personne du singulier fait que l'on se sent plus proche de leurs histoires et qu'on comprend leurs sentiments. Sauf que là, ça à fait pschitt pour moi. 

Je n'ai pas ressenti la détresse de Mathilde qui n'arrive pas à concevoir, je n'ai pas été ému par le drame de Félicité (alors qu'habituellement je ne reste pas insensible à un drame comme celui là), j'ai trouvé que l'amour instantané de Loïc pour Félicité sonnait faux (alors, les coups de foudre peuvent exister et parfois j'y crois, mais là, ça ne fonctionne pas). J'ai trouvé certaines situations et comportements exagérés,  qui me faisaient lever les yeux au ciel. Alors que normalement, cela aurait dû marcher sur moi. 
C'est pour ça que je n'arrive pas à comprendre pourquoi je n'ai pas adhérer à cette histoire. Tout à glissé sur moi, comme si j'étais indifférent, extérieur, à ce que je lisais et j'en suis le premier navré.

Au final, un roman dans lequel je ne suis pas du tout entré et qui m'a laissé à la porte, alors qu'il avait tout pour me plaire. Peut être que je l'ai lu au mauvais moment, que je n'étais pas dans le bon esprit pour le lire, ou tout simplement, qu'il ne me parle pas. Enfin, ce roman n'a pas voulu que j'entre dans son histoire pour que j'y crois un tant soit peu. J'en suis le premier désolé, car je n'aime pas cette sensation. Alors, mon avis ne fait pas loi et je suis sûr que ce roman arrivera à trouver un public qui sera touché par son histoire. Ce ne fut pas le cas pour moi et j'en suis désolé. Mais, quelquefois, un roman peut nous laisser sur le pas de la porte. C'est ce qui est arrivé avec celui là. 

Merci quand même aux Editions Du Rocher pour la découverte de ce livre.

Séverine de la Croix, Là où l'on s'aime, il ne fait jamais nuit, Editions du Rocher, 340 pages, 2018


mercredi 23 mai 2018

Des nouvelles du monde

4e de couverture: Hiver 1870, le capitaine Jefferson Kyle Kidd parcourt le nord du Texas et lit à voix haute des articles de journaux devant un public avide des nouvelles du monde : les Irlandais migrent à New York ; une ligne de chemin de fer traverse désormais le Nebraska ; le Popocatepetl, près de Mexico, est entré en éruption. Un soir, après une de ses lectures à Wichita Falls, on propose au Capitaine de ramener dans sa famille,
près de San Antonio, la jeune Johanna Leonberger. Quatre ans plus tôt, la fillette a assisté au massacre de ses parents et de sa sœur par les Kiowas qui l'ont épargnée, elle, et élevée comme une des leurs. Le vieil homme, veuf, qui vivait jadis de son métier d'imprimeur, profite de sa liberté pour sillonner les routes, mais l'argent se fait rare. Il accepte cette mission, en échange d'une pièce d'or, sachant qu'il devra se méfier des voleurs, des Comanches et des Kiowas autant que de l'armée fédérale. Sachant aussi qu'il devra apprivoiser cette enfant devenue sauvage qui guette la première occasion de s'échapper. Pourtant, au fil des kilomètres, ces deux survivants solitaires tisseront un lien qui fera leur force. 

Habituellement, le Western n'est pas le genre de films qui m'attire. Sauf que je n'avais jamais lu de western, qui est une littérature à part entière, mais peu lu chez nous. 

Le nouveau roman de Paulette Jiles s'apparente à ce genre et je dois dire que, contre toute attente, j'ai adoré partir à la rencontre de ses personnages dans ces contrées sauvages de l'Ouest américain. 

Dès les premières lignes, on est embarqué dans un univers très sauvage, à la rencontre de Jeferson, un vieil homme, ancien soldat,  qui traverse le Texas, afin de lire les nouvelles du monde entier, grâce aux journaux qu'il glane lors de son voyage. Lors de son périple, un noir affranchi Britt, lui confie, une petite fille de 10 ans , jadis enlevée par les Kiowas (une tribu indienne) et que ces derniers ont revendus. Il lui demande de la ramener chez elle. Le lecteur va alors suivre ce drôle de duo sur les routes du Texas. 
J'ai été très attiré et touché par ces deux personnages Jeferson et Johanna. Leur relation, qui se construit au fil du voyage est des plus bouleversantes. On voit progressivement le vieil homme apprivoiser la petite sauvage et lui réapprendre sa langue. Je me suis surtout aperçu qu'une petite fille enlevée par les indiens avait du mal à reprendre sa vie d'avant. Elle restera toujours attachée à ceux qui l'ont enlevé. Ce fut très troublant. 

J'ai beaucoup aimé le style de Paulette Jiles, qui a réussit à insuffler un souffle éminemment épique et western à son histoire: la bataille dans les montagnes entre Jefferson et Almay (un proxénète qui veut acheter la petite Johanna) est digne des meilleurs westerns et j'ai été tendu comme un arc tout au long des ces quelques pages de confrontation. 
Alors, je préfère vous prévenir que ce livre est composé de manière peu conventionnel: les dialogues s'entremêlent parfois à la narration ou alors sont juste indiqué par un espace. Il n'y a aucun tiret pour signaler un dialogue. Alors cela peut déconcerter, mais on s'y fait vite, tellement ce livre est prenant. 

En l'espace de 230 pages, l'auteure réussit à nous raconter une histoire touchante, dense, qui n'a pas besoin de beaucoup de mots ou de rebondissements pour nous emmener très loin. Surtout, elle donne une conclusion à tous les personnages que Jeferson et Johanna croiseront sur leur chemin en nous racontant leur destin, en quelques lignes et cela nous suffit. Surtout, il n'y a pas besoin de beaucoup d’événements pour qu'on s'attache rapidement aux personnages, même les plus furtifs. Paulette Jiles a ce talent de donner une vie et une personnalité propre et affirmée à chacun de ces personnages. 
C'est un beau roman sur la confiance retrouvée, le retour aux sources, parfois très difficiles.  C'est simplement une histoire d'amitié entre un homme de 72 ans, solitaire qui vit loin de sa famille, et une petite fille de 10 ans, qui fut enlevée à sa famille et qui doit retrouver ses repères dans ce monde qu'elle ne connait plus. 

Une petite aparté pour dire bravo au traducteur Jean Esch, qui a su retranscrire magnifiquement la langue de Paulette Jiles, et surtout dans les dialogues entre Johanna et Jefferson, quand celui ci lui réapprend à parler sa langue maternelle l'anglais. C'est magnifique et je salue son travail. 

Au final, un western des plus captivants, qui se lit d'une traite tellement on est embarqué dans ce voyage. Une très belle histoire d'amitié, de confiance entre un vieil homme et une petite fille qui doit apprendre à vivre autrement et retrouver ses racines. Ce fut palpitant, bouleversant. Un formidable voyage que je vous encourage à faire,et ce, même si vous n'aimez pas les westerns. La plume de l'auteure vous emportera et Jefferson et Johanna vous bouleverseront tellement que vous aurez du mal à les oublier. 

Merci aux Editions de la Table Ronde pour ce formidable voyage dans l'Ouest américain. 

Paulette Jiles: Des nouvelles du monde, (News of the world), La Table Ronde, Collection Quai Voltaire, 230 pages, 2018