dimanche 23 septembre 2018

Slow Qui Tue #376: Rough Boy

Le slow qui tue de la semaine veut montrer à tout le monde que c'est un dur.

ZZ Top: Rough Boy



Bonne écoute!


vendredi 21 septembre 2018

Les Roses du Montfort

4e de couverture: Au premier jour des vendanges de 1899, Louise fête ses dix-huit ans sur les pentes du Montfort. Son père, Charles Vinot, viticulteur sur ces coteaux des Vosges, veille sur elle comme sur sa vigne : sans relâche. Quitte à sacrifier son bonheur, il est prêt à la marier à un vieux garçon dont la parcelle avoisine la sienne.
Mais le phylloxéra, ce fléau, ruine les vignobles. Grâce aux conseils d’un pépiniériste réputé du pays et d’un spécialiste alsacien, la vigne de Vinot sera reconstituée. Le temps d’une passion avec un ingénieur venu du Nord, le bonheur de Louise sera épargné, jusqu’à ce que cet homme révèle sa nature profonde…
Le travail patient de la terre et du vin, la paix retrouvée avec son père suffiront-ils pour que Louise, jeune rose à peine éclose, emportée par le tourbillon de l’Histoire, s’ouvre enfin au bonheur et à la liberté ? 


Rentrée Littéraire 2018 (#4)

Le dernier roman de Gilles Laporte fait la part belle aux gens de la Terre, et plus particulièrement ici, aux vignerons. 

Je dois vous dire que j'ai beaucoup apprécié ce livre. Même s'il n'y a pas d'action à chaque page, c'est la plume de l'auteur qui nous emporte: une plume d'antan qui fait chanter les mots et nous montre tout son amour pour cette région des Vosges qu'il connait tant. 
Durant vingt ans, l'on va suivre la famille Vinot, Charles et Marie, les parents, et Louise, leur fille, sur leur terre du Montfort, entre coups dur et accalmie, c'est la valse des saisons qui se joue devant nos yeux ébahis. 
Certes, chaque chapitre se concentre sur une période précise, passant ainsi les mois et les années d'une page sur l'autre, mais cela ne m'a pas dérangé. Je l'ai pris comme des instants de la vie d'une famille sur près de vingt ans, ce qui donne un bon rythme au roman. 

Ce fut également un roman fort instructif sur les vignes et surtout, le philloxera, cet insecte qui ravagea les vignes au début du XXe siècle. Ainsi, Charles, le père de famille décide de se battre et de trouver une solution a ce problème. Il ira même jusqu'en Alsace (alors zone occupée par les Allemands à l'époque) pour aller chercher des plants de ceps sains, quitte à prendre tous les risques. 
J'ai également aimé la relation compliquée de Charles et Louise: père et fille n'arrivent pas forcément à se comprendre et c'est Marie la mère, qui fait tampon entre les deux afin de protéger sa fille des projets de mariage que Charles met en place pour agrandir ses vignes. 
J'ai surtout aimé suivre cette relation père-fille sur plusieurs années. L'évolution de cette relation se transforme au gré des malheurs et des joies, et cela est très beau. 

Ce roman, c'est un bel hymne à la vie et à la terre. C'est aussi un bel hommage que l'auteur rend à sa région:les Vosges. J'ai imaginé, ces montagnes, ces champs, ces vignes courant tout au long des vallées. Gilles Laporte fait revivre ces paysages d'antan et leurs habitants en leur redonnant une parole qu'il ne faut pas oublier. 
Je remarque également que je reprend de nouveau plaisir à retrouver cette littérature régionale vers laquelle je m'étais éloigné depuis fort longtemps. Je retrouve ainsi les saveurs de mon enfance, et, le temps d'une lecture, je me laisse envahir par la nostalgie. Je renoue ainsi un dialogue muet avec ma grand-mère, dont c'était le genre de lectures qu'elle affectionnait. 

Au final, un roman fort touchant, vers lequel on se laisse bercer par le rythme des saisons qui passent, avec une plume magnifique qui redonne vie à ces gens de la terre et de la vigne. Ce moment de lecture fut fort plaisant et bienvenue. Un petit bonbon d'enfance qui m'a fortement plu, et que ma grand-mère aurait appréciée. 

Merci aux Editions Presses de la cité pour ce joli moment de nostalgie heureuse. 

Gilles Laporte: Les Roses du Montfort, Presses de la Cité, collection "Terres de France", 395 pages, 2018


mercredi 19 septembre 2018

La Discothèque du 20e siècle #287

En 1998, une jeune chanteuse fait son entrée dans les hits parades avec ce titre.

Loïs Andrea: In (1998)



Sa voix limpide comme un cristal de roche et sa fraîche blondeur ont surgi au cours de l'été 1998 sur les ondes et les écrans pour s'inscrire dans le ton de la mode du groove avec son single In. Dès l'âge de 11 ans, au coeur de sa Normandie natale, Loïs avait décidé de vouer sa vie à ne carrière dans le monde du spectacle. Après des années de pratique de la danse classique, c'est vers la musique qu'elle s'est tournée, et c'est à Paris qu'elle a pris des cours de chant, de comédie et d'expression corporelle. A 21 ans son chemin a croisé celui du compositeur Jean-Patrick Allouche: un coup de foudre artistique dont on n'a pas fini d ressentir les effets: écoutez l'album Insomnies pour vous en convaincre. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1998" Polygram Direct)

Bonne écoute!


dimanche 16 septembre 2018

Slow Qui Tue #375: Le premier pas

Le slow qui tue de la semaine joue les grands timides.

Claude Michel Schönberg: Le premier pas



Bonne écoute!


samedi 15 septembre 2018

Héléna

4e de couverture: Kansas, un été plus chaud qu’à l’ordinaire.
Une décapotable rouge fonce sur l’Interstate. Du sang coule dans un abattoir désaffecté. Une présence terrifiante sort de l’ombre. Des adolescents veulent changer de vie. Des hurlements s’échappent d’une cave. Des rêves de gloire naissent, d’autres se brisent.
La jeune Hayley se prépare pour un tournoi de golf en hommage à sa mère trop tôt disparue.
Norma, seule avec ses trois enfants dans une maison perdue au milieu des champs, essaie tant bien que mal de maintenir l’équilibre familial.
Quant à Tommy, dix-sept ans, il ne parvient à atténuer sa propre souffrance qu’en l’infligeant à d’autres…
Tous trois se retrouvent piégés, chacun à sa manière, dans un engrenage infernal d’où ils tenteront par tous les moyens de s’extirper. Quitte à risquer le pire.
Et il y a Helena… 
 
Jusqu'où une mère peut-elle aller pour protéger ses enfants lorsqu'ils commettent l’irréparable ? Après Les loups à leur porte, Jérémy Fel aborde cette vertigineuse question dans une grande fresque virtuose aux allures de thriller psychologique.



Rentrée Littéraire 2018 (#3)

2e roman de Jérémy Fel, Héléna est un page turner glaçant, qui vous prend sur sa route pour ne plus vous lâcher avant la fin. 

Alors, je préfère vous prévenir, ce roman ne conviendra pas à tout le monde. Il est très noir et cruel, et pour le savoir, il faut juste lire le premier chapitre du roman. Celui ci vous place dans une ambiance dérangeante qui provoque une gêne. (Il est vrai que par la suite, la centaine de pages qui suit, rien ne prédit une catastrophe glaçante et cruelle, car elles nous présentent les personnages que l'on va suivre sur plus de 700 pages, mais il faut toujours garder en mémoire ce premier chapitre où l'on voit un ado de 17 ans, massacrer un chien, car elles prédisent la noirceur qui nous attend lors de cet été suffocant.)

Je dois dire que j'ai été happé de suite par ce livre. Ce thriller psychologique nous emmène loin dans la noirceur, mais il est impossible de décrocher une seule minute. Jérémy Fel nous prend par la main et ne nous lâche plus avant le mot final, car même si vous devez quitter le roman un seul instant, pris par d'autres activités, il continue de vous hanter, et vous êtes irrésistiblement attiré vers lui et vous revenez alors dans cet enfer, avec un plaisir non dissimulé j'avoue. 

Dans ce roman, nous allons suivre 4 personnages (Hayley, jeune fille qui part pour un tournoi de golf et qui tombera en panne sur la route, Norma, mère de trois enfants, qui, accompagnée de sa fille Cindy, prendra en charge Hayley et l'emmènera chez elle; Tommy, jeune ado un peu (voire beaucoup) perturbé, et Graham, jeune homme qui veut prendre un nouveau départ dans la vie, avec sa petite amie, Amber). 
Puis un drame survient et chacun à sa manière, va vouloir sortir de ce piège par tous les moyens, quitte a commettre parfois l'irréparable. 

Voilà un roman haletant, aux personnages à la psychologie fort bien dessinée, et qui nous emporte loin dans l'horreur glaçante. Il est vrai que chacun des personnages a un côté très sombre, sauf, peut être Graham, qui, pour moi, est le personnage le plus solaire de ce roman, mais qui va jouer sa partition dans cette horreur. 
Honnêtement, je me suis demandé comment Jérémy allait faire pour tenir son histoire sur plus de 700 pages, sans qu'il y ait de temps mort ou de longueurs. Eh bien, cet auteur est follement génial car il tient son histoire au cordeau, avec de nombreux twists que je n'ai pas vu venir  et qui m'ont laissé sur le carreau, tellement tendu pour savoir jusqu'où il pouvait aller. Et il va aller très loin dans la noirceur. Pourtant, il y a un côté conte cruel qui se dégage dans certaines de pages, un côté onirique qui nous emporte (comme la tornade qui emporte Dorothy à Emerald City),  mais qui est tout de suite après contrebalancé par la réalité la plus cruelle qui soit. 

C'est aussi un roman qui parle de la maternité, et de ce qu'une mère est capable de faire pour ses enfants. L'auteur a formidablement compris ce que peut être une mère pour ses enfants, et le personnage de Norma, que l'on pourrait détester par moment, n'en reste pas moins très humaine, car, elle a cette dualité qui est en chacun de nous. Et les autres personnages ont cette dualité, qui fait qu'on ne peut pas les détester complètement, malgré leurs actes. De ce point de vue psychologique, l'auteur a réussi à donner chair à ses personnages de papier. 

Le titre du livre m'a longtemps intrigué, car je ne voyais pas le lien entre lui et l'histoire, sauf que ce lien s'explique dans les dernières pages du livre. D'ailleurs cet épilogue ferme la boucle de toute cette tragédie et les toutes dernières pages m'ont beaucoup ému, je dois dire. 

Autre avertissement, avant de vous plonger dans ce roman: celui ci est intrinsèquement lié au premier roman de l'auteur, "Les Loups à leur porte": le point commun entre les deux se trouve être le lieu de l'action. La maison où habite Norma est la même que celle des "Loups à leur porte". Mais je vous rassure,on peut très bien lire ce roman sans avoir lu le précédent (même si l'auteur fait référence à certains personnages de son premier roman). D'ailleurs, cela ne va pas m'empêcher de lire ce premier roman ,tellement j'ai adoré l'ambiance d'"Héléna" et la plume de Jérémy Fel. 

Vous l'aurez compris, ce roman a été une claque monumentale, qui m'a emporté très loin dans la noirceur humaine, qui m'a parfois glacé le sang, mais dont je ne pouvais pas détacher mes yeux, tellement hypnotiser par la plume de l'auteur et l'ambiance qu'il a instaurer dans ces pages fort sombres. Un thriller psychologique que je vous encourage fortement à découvrir...si vous n'avez pas peur de partir au plus profond de la noirceur de l'âme humaine. 

Jérémy Fel: Héléna, Rivages, 732 pages, 2018



mercredi 12 septembre 2018

La Discothèque du 20e siècle #286

En 1996, un duo de rappeurs fait danser sur les dancefloor avec ce titre.

Addis Black Widow: Innocent (1996)


Duo rap originaire d'Oakland en Californie, mais transplanté en Suède, la "Veuve noire d'Addis" publie un premier album en 1995, intitulé Breakin' DreadInnocent fut un gros succès de l'hiver 1995-96 et rien qu'à l'écouter, on a des fourmis dans les jambes et on se prend d'une furieuse envie de danser! (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1996", Polygram Direct)

Bonne écoute!


dimanche 9 septembre 2018

Slow Qui Tue #374: Bridge over troubled water

Le slow qui tue de la semaine sera un soutien, tel un pont enjambant l'eau trouble.

Simon & Garfunkel: Bridge over troubled water



Bonne écoute!


vendredi 7 septembre 2018

Sous les branches de l'Udala

4e de couverture: Dans la lignée d’Imbolo Mbue et de Chimamanda Ngozi Adichie, la découverte coup de cœur d’une voix puissante et singulière. Nommé pour de nombreux prix littéraires, porté par une atmosphère foisonnante où se bousculent les sensations, un roman bouleversant de courage sur la quête de soi, le poids dévastateur de la religion et des traditions, et la force éperdue de l’amour.


 1968. Le Nigeria et la jeune république du Biafra se déchirent, les conflits interethniques sont chaque jour plus meurtriers, la population sombre peu à peu dans le désespoir.
Au cœur de cet océan de violence, la jeune Ijeoma tombe amoureuse d’Amina.
La relation des deux adolescentes est rapidement découverte et tous, mères, pères, voisins, amis, se chargent de leur rappeler qu’aux yeux de Dieu et de la loi, leur amour est criminel.

Pour Ijeoma, un choix se dessine alors : se cacher et suivre ses désirs ; ou s’oublier et jouer le rôle que la société lui impose.
Une existence prisonnière du mensonge, est-ce la seule issue qui s’offre à Ijeoma ?

Rentrée Littéraire 2018  (#2)
71 pays dans le monde considèrent encore l'homosexualité comme un crime. Dans 13 pays, l'homosexualité est même passible de la peine de mort. Le Nigeria (où se déroule l'action de Sous les branches de l'Udala) fait partie de ces 13 pays là. 
J'étais curieux de suivre une jeune héroïne homosexuelle dans ce pays là. C'est pourquoi je me suis plongé avec curiosité et envie dans le premier roman de Chinelo Okparanta. Je dois dire que je suis passé par plusieurs sentiments: l'étonnement, l'exaspération, la colère l'effroi, devant tout ce que vit la jeune Ijeoma. Composé de plusieurs parties bien distinctes, le roman débute, en pleine guerre civile dans les années 70, par la mort du père d'Ijeoma, lors d'un raid aérien. Sa mère voulant la protéger des conflits va l'envoyer chez un professeur à Aba. C'est là qu'elle va faire la connaissance d'Amina et découvrir un sentiment nouveau pour elle: l'amour. 
C'est un roman choc qui va vous faire partir à la rencontre d'une jeune fille perdue dans l'océan des sentiments. Elle va se poser beaucoup de questions quant à ce désir qui naît en elle, pour une jeune fille, quant à la conduite à avoir et comment faire pour y faire face...surtout dans un pays qui condamne l'homosexualité. J'ai souvent été incrédule et énervé contre la mère d'Ijeoma, qui, par l'intermédiaire de la Bible va vouloir rééduquer sa fille après qu'elle ait appris la liaison de celle ci avec une fille. J'ai souvent fait des bonds en voyant comment la mère d'Ijeoma interprète la Bible, par rapport à l'homosexualité, et les questions que se pose Ijeoma par rapport à ça so,nt des plus légitimes. Les dialogues entre la mère et la fille sont d'ailleurs très intéressants, même si je trouve les réponses de la mère souvent aberrantes. J'ai le souvenir d'un dialogue entre la mère et la fille sur l'histoire d'un paysan qui recueille un étranger chez lui. (c'est à Sodome) Il va alors offrir sa fille aux Sodomites (les habitants de Sodome) pour qu'ils la violent plutôt que de livrer l'étranger. Devant ce récit, Ijeoma se demande pourquoi un paysan livrerait sa fille plutôt que l'étranger. Et sa mère de répondre qu'un homme couchant avec un homme est une abomination. (Je dois dire que j'ai bondi en lisant cela) Pourtant, au fil des pages, j'ai compris que la mère d'Ijeoma ne cherchait qu'à protéger sa fille. 
Je me suis retrouvé dans le personnage d'Ijeoma, même si nous n'habitons pas le même pays: dans ses questionnements, ses combats, et je voulais savoir les choix qu'elle allait faire. La relation entre Ijeoma et Amina est très sensuelle et cette sensualité à été très bien retranscrite par Chinelo Okparanta, sans voyeurisme ni vulgarité. 
J'ai trouvé la plume de Chinelo Okparanta fluide et chantante. Je trouve que ce fut une belle idée, de la part de la traductrice de laisser certains dialogues dans la langue d'origine d'Ijeoma, afin de ressentir cette sonorité particulière. Cela nous immerge complètement au Nigeria. J'ai été bouleversé par certains passages et je me suis surpris à trembler devant certaines situations. Ce roman  m'a permis de me  rendre compte comment se passe la vie dans ce pays d'Afrique où il ne fait pas bon être homosexuel. 
Je ne peux que vous encourager à lire ce livre nécessaire pour comprendre et voir que le chemin sera long avant que l'homosexualité ne soit pas vu comme quelque chose de contre nature. Ce roman est aussi le portrait touchant et juste d'une jeune femme qui va tout faire pour survivre dans ce pays qui ne l'accepte pas telle qu'elle est, quitte à se renier. Un roman de la rentrée littéraire qui sort de l'ordinaire, pour peut être éveiller les consciences.La littérature sert à ça quelquefois. 
Merci aux Editions Belfond pour ce roman bouleversant et nécessaire. 
Chinelo Okparanta: Sous les branches de l'Udala, (Under the Udala trees), Belfond, 367 pages, 2018


mercredi 5 septembre 2018

La Discothèque du 20e siècle #285

En 1996, Zucchero revenait sur le devant de la scène avec ce titre devenu un tube.

Zucchero: Il volo (1996)


Né en Italie en 1955, le Joe Cocker italien a mis des années à percer. En 1987, il atteint le sommet des ventes dans son pays natal grâce à l'album Blues, qui contient la version originale de Senza Una Donna qu'il rechantera plus tard, avec le succès que l'on sait, en duo avec Paul Young. Sur Oro, Incenso et birra, publié en 1989, on remarque des invités prestigieux tels que Clarence Clemons (du groupe de Bruce Springsteen), Eric Clapton ou Ennio Morricone...Ses qualités indéniables de chanteur souls sont mises en valeur sur l'album Spirito di vino, 6 ans plus tard, dont est tiré le tube Il volo,, slow imparable plébiscité par le public français (n°2 au Top Singles). (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1996", Polygram Direct)

Bonne écoute!


dimanche 2 septembre 2018

Slow Qui Tue #373: Tien an men

Le slow qui  tue de la semaine ne veut pas baisser les bras devant l'adversité.

Calogero: Tien An Men



Bonne écoute!


samedi 1 septembre 2018

La Neuvième Heure

4e de couverture: Jim agite doucement la main en refermant la porte derrière sa femme Annie qu’il a envoyée faire des courses. Il enroule alors soigneusement son pardessus dans le sens de la longueur et le pose au pied de cette même porte. À son retour, c’est un miracle si Annie ne fait pas sauter la maison entière en craquant une allumette dans l’appartement rempli de gaz. 
Les chevilles enflées après une journée à faire l’aumône, sœur Saint-Sauveur prend la relève des pompiers auprès de la jeune femme enceinte et des voisins sinistrés de ce petit immeuble de Brooklyn. La nouvelle du suicide étant déjà parue dans le journal, elle échouera à faire enterrer Jim dans le cimetière catholique, mais c’est très vite toute la congrégation qui se mobilise : on trouve un emploi pour Annie à la blanchisserie du couvent où sa fille Sally grandit sous l’œil bienveillant de sœur Illuminata, tandis que sœur Jeanne lui enseigne sa vision optimiste de la foi. Et quand cette enfant de couvent croira avoir la vocation, c’est l’austère sœur Lucy qui la mettra à l’épreuve en l’emmenant dans sa tournée au chevet des malades. 

«Si j’étais Dieu, avait coutume de dire sœur Saint-Sauveur, je ferais les choses autrement.» À défaut de l’être, les Petites Sœurs soignantes des Pauvres Malades, chacune avec son histoire et ses secrets, sont l’âme d’un quartier qui est le véritable protagoniste du roman d’Alice McDermott.


Rentrée Littéraire 2018 (#1)

Pour débuter cette rentrée littéraire 2018, mon choix s'est porté sur le dernier roman d'Alice McDermott, "La Neuvième Heure". 
Je dois dire que depuis quelques années, je ne lis plus les 4e de couverture en entier de peur d'être spoiler (ou "divulgâché" comme disent nos amis québécois)...sauf que ce procédé est à double tranchant. Un résumé peut nous donner une mauvaise piste sur l"histoire du livre. 

C'est ce qui m'est arrivé avec "La neuvième heure". En lisant le début de la 4e de couverture, je pensais lire un livre sur le suicide d'un homme (Jim) dans un immeuble, suicide qui provoque un incendie, et les conséquences de ce suicide et de cet incendie sur les habitants de l'immeuble. Eh bien pas du tout. ceci n'est juste que le point de départ du roman et l'incendie est vite expédié, car à la fin du premier chapitre, quelques mois se sont passés. 
Ensuite, l'histoire, va alors s'intéresser à la veuve de Jim, Annie, sa fille Sally, et surtout, aux bonnes soeurs qui vont prendre cette veuve et son  enfant sous leurs ailes. 

Voilà, "La neuvième heure" est plus un roman sur les bonnes soeurs, que sur le suicide d'un homme et ses conséquences. 
Alors, cela ne m'a pas déplu,le roman est intéressant et la plume de l'auteure est des plus belles et maîtrisées. Elle dresse un portrait magnifique de cette congrégation de bonne soeur et donne à rencontrer un personnage fort intriguant et complexe en la personne de Sally, la fille d'Annie, qui va être élevée par les soeurs, dans la foi chrétienne. De plus, il n'y a pas de bondieuserie, chose que l'on pourrait craindre dans ce genre de livre. Sauf que je ne m'attendais pas à lire un roman sur les bonnes soeurs, et il m'a fallu une bonne centaine de pages pour me faire à cette idée et  prendre plaisir à ma lecture, quand l'idée à fait son petit bonhomme de chemin dans ma tête. 

Le roman est très beau et poétique: on sent comme une tragédie irlandaise qui se joue sous nos yeux. Ce qui a retenu mon attention dans le roman, c'est la complexité du personnage de Sally. Il se dégage de cette jeune fille devenue jeune femme, une dualité qui oscille entre le bien et le mal. On sent l'influence des Soeurs dans son éducation, qui amène son désir de marcher sur leurs pas, mais le diable est là qui se cache dans les coins et qui lui fait faire des choix différents. Elle oscille entre le bien et le mal et cette nuance de gris est des plus intéressantes. 
Alice McDermott nous conquiert aussi par les portraits des bonnes soeurs qu'elle dessine avec tendresse et humanité, leur donnant un visage des plus humains. En commençant par Soeur Saint Sauveur,qui sera sur les lieux de l'incendie et qui prendra en charge Annie et son enfant à naître. Puis viendra, Soeur Jeanne, qui deviendra amie avec Annie, et la vieille et douce Soeur Illuminata, blanchisseuse au couvent et qui se prendra d'affection pour la petite Sally. Je vous assure qu'après ce livre, vous aurez un autre regard sur ces dames de grande charité. 

Vous l'aurez compris, je ressors déconcerté par ce roman, car il ne m'a pas apporté ce que j'en attendais. C'est cependant, un fort joli roman que je vous recommande si vous voulez découvrir les bonnes soeurs sous un nouveau jour. Et rien que pour la plume de l'auteure, belle et raffinée, et pour le personnage ô combien complexe de Sally, ce livre vaut le coup d'être lu. Alors, à vous maintenant de vous faire votre opinion. 

Merci aux Editions de la Table Ronde pour cette jolie mais déconcertante découverte. 

Alice McDermott: La Neuvième Heure, (The Ninth Hour), La Table Ronde, collection Quai Voltaire, 282 pages, 2018


mercredi 29 août 2018

La Discothèque du 20e siècle #284

En 1995, le groupe MN8 enflammait les dance floor avec ce titre.

MN8: I've got a little something for you (1995)


Originaires de Grande-Bretagne et des îles de Trinité-et-Tobago, les MN8 étaient quatre et s'appelaient K.G. (18 ans), Dee Talls (17 ans), G. Man (17 ans) et Kule (prononcez "Kioule" parce qu'en français ça sonne pas terrible, 19 ans). Produits par l'équipe qui avait lancé avec succès le groupe féminin Eternal à l'assaut des hit-parades européens et qui tentaient de dupliquer l'affaire avec un groupe vocal constitué de quatre jeunes et (très) beaux garçons, ils eurent moins de chance avec MN8 qui, au delà du triomphe initial du titre que nous vous présentons ici, ne parvint pas à transformer l'essai. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1995" Polygram Direct)

Bonne écoute!


lundi 27 août 2018

Au rendez-vous des élégantes

4e de couverture: Une île où tout semblait possible…
La Havane, 1947. Patricio débarque à Cuba après avoir quitté la misère de son Espagne natale. Débrouillard, le garçon trouve vite ses marques dans ce monde luxuriant de couleurs et de sons. Après avoir été cireur de chaussures puis vendeur de billets de tombola, le voilà homme à tout faire à El Encanto, prestigieuse enseigne de la ville, qui rivalise avec les grands magasins parisiens. Patricio apprend vite, il gravit les échelons. D’autant qu’il veut éblouir la mystérieuse Gloria, la plus belle femme de l’île, et sans doute aussi la plus inaccessible puisqu’elle est
mariée au chef de la mafia… Pour l’arracher des griffes de son ogre d’époux, l’intrépide Patricio sera prêt à tout.

Dans le monde rayonnant et bigarré de Cuba avant la révolution – son insouciance de façade, son exubérance, mais aussi son impitoyable criminalité –, une grande histoire d’amour, de choix, et surtout de courage.

Au rendez-vous des élégantes est une saga qui nous emporte dans le Cuba des années 40  à la rencontre d'un jeune espagnol aventurier et malin. Je sentais qu'il fallait que je lise ce livre avant la fin de l'été. Il était clair pour moi, que ce roman était une saga estivale. Qu'est ce que j'ai eu raison. 
Tous les ingrédients sont là pour nous emporter très loin pour des des aventures multiples, dans un pays exotique que je connais peu, et qui nous embarque dans le feu de l'histoire avec des personnages hauts en couleur, tel que Patricio, Le Barouf, Guzman et Gloria. J'ai aimé cette histoire d'amour contrarié et ce que l'auteure en a fait. On sait dès le départ que le héros va tomber amoureux de la mauvaise personne: Gloria est une jeune femme mariée à un mafioso notoire de la Havane, qui n'hésiterai pas a tuer le possible amant de sa femme s'il l'apprenait. Le fait que l'histoire soit racontée par Patricio nous le rend de suite sympathique et on a souvent peur pour lui jusqu'au bout. Il y a beaucoup d'humour au début du roman,surtout dans la rencontre entre Patricio, Le Barouf et Guzman, les trois amis qui partagent un appartement et tous leurs soucis. Mais la peur survient quand arrive Gloria dans la vie du jeune homme et cette peur est symbolisée par César, le mari, mafieux notoire, de Gloria, ainsi que de la soeur de ce dernier Marita, qui suit sa belle soeur comme son ombre, afin de surveiller ses moindres faits et gestes. (quand je vous disais qu'on était dans une grande saga à la "Nord et Sud" ou "Les Oiiseaux se cachent pour mourir", je ne mentais pas). L'histoire devient encore plus palpitante et plus riche, quand la narration devient double. En effet, à l'arrivée de Gloria, le lecteur aura droit aux points de vue successif des deux amoureux: Patricio et Gloria. Ainsi nous apprendrons comment Gloria est devenue la femme de César, mais aussi, suivre leurs déboires et leurs joies, en tremblant pour eux deux. 
Bien sûr, je ne vais pas vous détailler le roman afin de vous laisser la surprise, mais juste vous dire que cette histoire est maîtrisée de bout en bout, avec son lot de surprises qui s'enchaînent à cent à l'heure, dans un style fluide et addictif (les fin de chapitres où le narrateur nous annonce, de manière sibylline, les prochains drames ou aventures des protagonistes, fait qu'on tourne les pages très rapidement). 
Surtout, tout ce qui fait le sel de cette histoire, c'est l'histoire d'amour contrariée de Patricio et Gloria. C'est l'amour contrarié par excellence, qui jusqu'au bout du roman n'aura de cesse de nous tenir en haleine sans forcément nous promettre de happy end. Et ça c'est fort de la part de Susana Lopez Rubio. Ne pas forcément nous donner ce que l'on attend de toutes nos forces(ne comptez pas sur moi, pour vous dire si ça finit bien pour nos deux héros). 
L'autre point de ce roman, c'est sa durée: on traverse la 2e moitié du XXe siècle dans un pays en pleine révolution (de 1947 aux années 2000): le lecteur, en plus de rêver et de s'émouvoir devant cette histoire d'amour entre les deux héros, découvre le Cuba de cette période, que l'auteure retranscrit de fort belle manière. Et le dernier point, c'est l'élégance qui se dégage du roman: il fait rêver. En effet, l'autre personnage du roman n'est autre que El Encanto, le grand magasin,( style Galerie La Fayette pour vous donner une idée),  dans lequel travaille Patricio, et qui sera le lieu de la rencontre entre celui ci et Gloria. C'est un endroit de rêve, qui nous fait côtoyer les riches de la Havane, mais aussi les plus grandes stars comme Ava Gardner, Franck Sinatra et bien d'autres. Cela nous vend du rêve et on n'a qu'une envie: faire un tour dans ce grand magasin. 
Vous l'aurez compris: "Au rendez-vous des élégantes" est une saga formidable qui nous vend du rêve, du voyage, de l'amour, de l'aventure, des dangers, des moments comiques. Tout ce qui fait le sel d'une grande et belle saga, fort élégante. Tout ce que j'aime trouver dans une saga, je l'ai eu dans le premier roman de Susana Lopez Rubio. Et le petit plus, c'est qu'il m'a fait voyager et découvrir une île que je connais peu: Cuba. N'hésitez pas une minute et embarquez pour la Havane en compagnie de Patricio, Gloria, Le Barouf, Nely, César, Marita, et bien d'autres...et n'oubliez pas d'ouvrir la porte du grand magasin El Encanto. Vous aurez ainsi droit à votre moment de rêve. 
Merci aux Editions Presses de la Cité pour ce moment de rêve merveilleux. 
Susan Lopez Rubio: Au rendez-vous des élégantes, (El Encanto), Presses de la Cité, 476 pages, 2018


dimanche 26 août 2018

So Jazz #26 (Saison 3): Les Double Six


Les Double Six

Né en 1959, les Double Six est un groupe français de "vocalese", crée par Mimi Perrin. 

L'ensemble, formé de six choristes, dont Mimi Perrin, varie un peu selon les différents enregistrements. Grâce au re-recording, ils reproduisent les douze voix des big bands. 

Les chanteurs vocalisent à la manière des instruments, restituant sans onomatopées les improvisations des saxophones, , trompettes ou trombones relevées sur les disques. Ils chantent des grands standards de jazz, notamment d'après des enregistrements de Quincy Jones ou Dizzie Gillepsie, adaptées en français avec des textes poétiques ou humoristiques écrits par la très imaginative Mimi Perrin. , en respectant exactement le phasé de l'enregistrement original, ce qui constitue une prouesse jamais inégalée. 

Il y eux énormément de membres dans ce groupe, certains se succédant selon les enregistrements. On peut citer, entre autre Mimi Perrin, Jean-Claude Briodin, Louis Aldebert, Monique Aldebert, Claude Germain (qui sera la voix chantée de Catherine Deneuve dans les films de Jacques Demy), Eddy Louis, (également musicien de jazz), Christiane Legrand (la soeur de Michel Legrand) ou Ward Single. 

Ward Single sera à l'origine du groupe vocal des Swingle Singers (qui comprendra plusieurs membres des Double Six). 

Ils vont enregistré quatre albums entre 1959 et 1964. 
Malheureusement, par suite de problèmes de santé de Mimi Perrin, qui souffrait de tuberculose, les Double Six cessent d'exister en 1966. 

J'ai découvert ce groupe grâce à un ami musicien, et dès la première écoute, j'ai été estomaqué par la performance vocal. Quel  talent. Les Double Six est un groupe unique qui réalise à chaque fois des merveilles, et surtout ce groupe, par l'intermédiaire de Mimi Perrin, nous démontre que la langue française sait swinguer. 

Pour illustrer ce billet, le choix a été difficile car tous les morceaux sont  bons. Il faut, cependant faire un choix, mais vous en aurez deux pour le prix d'un. C'est pas chouette ça! 


Boplicity (La légende du troubadour)/ Rat Race (La course au rat)

Bonne écoute! 

C'est avec les excellents Double Six que se clôt ce 3e été So Jazz. J'espère que vous avez apprécié la (re)découverte de ces talentueux artistes. 
Dès dimanche prochains, les Slow Qui Tue seront de retour pour leur 10e saison. (Eh oui, c'est en somme un anniversaire qui s'annonce). 


mercredi 22 août 2018

La Discothèque du 20e siècle #283

En 1995, le groupe Brownstone débarque sur les ondes avec ce titre.

Brownstone: If you love me (1995)


Signé sur MJJ Records, la maison de disques de Michael Jackson, le lancement de ce trio de filles super-mignonnes (Maxee, Mimi et Nicci) fut accompagné d'une campagne promotionnelle évalué à l'époque à 5 millions de francs...rien que pour la France! Malgré cela, If you love me ne dépassera pas la 18e position du Top 50, ce qui est finalement assez injuste, vu la beauté des harmonies et la perfection de la mélodie...(Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1995", Polygram Direct)

Bonne écoute!


mardi 21 août 2018

Un intrus (Belfond Vintage Saison 6, Volume 30)

4e de couverture: Parue en 1959 aux États-Unis et en 1960 en France, adaptée au cinéma par Roger Corman, une analyse aussi virtuose que glaçante de la montée du populisme pour un Vintage noir choc, qui n’a malheureusement pas perdu une once de son actualité. 
La petite ville sudiste de Caxton est déboussolée : l’arrêt de la Cour suprême vient de tomber ; désormais, les écoles publiques sont ouvertes aux enfants noirs. On s’étonne, on s’agace, et puis finalement on laisse faire.
Jusqu’à l’arrivée d’un intrus.
L’inconnu s’installe, intrigue, séduit, et petit à petit distille le poison : des Noirs ? Avec vos enfants chéris ? Vous n’y pensez pas !
Alors on s’invective, on rugit, on brandit le poing. Et puis montent la fureur, la haine, le sang…


Dès les premières pages, on sent que "Un intrus" est un livre qui dérange et met mal à l'aise. Pourtant, on ne peut s'empêcher de continuer, malgré le malaise, pour savoir comment cela va se terminer. 

Ce n'est jamais évident de lire un livre dans lequel on ne se sent pas bien, dont on sait que les actions des personnages, tel que cet intrus, Adam Cramer, vont vous mettre hors de vous. Alors, parfois, ce malaise vient au fil de la lecture et on ne sait pas comment on en est arrivé là. Mais, dans Un intrus, c'est tout le contraire. On sait très bien, dès les premières lignes et l'arrivée de cet étranger, Adam Cramer, dans la ville de Caxton, que tout va nous mettre mal à l'aise. 
Mais pourquoi, me direz-vous? 
Commençons d'abord par résumer l'histoire: la Cour Suprême vient de voter une loi autorisant les élèves noirs à intégrer les écoles des Blancs. Les gens sont choqués, restent interdits et n'acceptent pas cette situation...mais ne font rien et se plient à la loi. Car la loi est la loi. Jusqu'au jour où un étranger arrive et, par petites touches, de paroles, de séductions commence à convaincre la population que ce n'est pas normal et qu'il faut changer cela. 
C'est alors que tout va dégénérer. 

Ce roman, qui se déroule dans le Sud des Etats Unis, m'a énormément plu, même s'il m'a gêné: tous les personnages blancs , sans exception, sont contre l'intégration, même ceux qui n'ont rien contre les Noirs. C'est alors très difficile de prendre parti pour quelqu'un. Puis, progressivement, je me suis interrogé: ce roman serait il si gênant s'il n'était pas seulement le reflet de la majorité de la population, moi, y compris. Est ce que ce ne serait pas ça le plus gênant, à savoir, qu'il y a un peu de racisme en chacun de nous, des pensées inavouées qui resurgissent parfois. Attention, je ne me considère par raciste, mais seulement, est ce que je n'ai pas eu moi aussi, un jour où l'autre des pensées racistes? Je m'interroge. 

En fait, ce roman, de par ce sujet brûlant d'actualité qui n'est autre que le racisme ordinaire, fait ouvrir les consciences et nous fait nous poser mille questions. 
Surtout que ces personnages ne sont pas manichéens (bon, il y a bien des salauds qui resteront des salaud, comme le révérend Niesen ou Carey), à commencer par Adam Cramer. Adam est un personnage plus complexe qu'il n'y parait et l'auteur, en  nous racontant son histoire personnelle par petite touche va nous le dévoiler sous un autre jour. Il n'est pas forcément le raciste forcené qui veut à tout prix que les nègres décampe des écoles.Son but ne serait il pas tout autre? Je vous laisse le découvrir. 

En tout cas, voilà un roman puissant qui dérange et qui nous fait nous poser mille questions, sur le racisme ordinaire, que l'on vivait dans les années 50, dans le Sud des Etats Unis, mais aussi aujourd'hui, dans notre propre société. Un racisme ordinaire qui, par un discours plein de haine,mais bien formulé par un orateur hors pair (un parallèle est même fait entre Adam Cramer et Hitler à un moment dans le livre) peut se révéler ravageur et mettre le feu aux poudres. Un roman fort bien écrit,qui ne cherche pas à faire la morale. Il laisse simplement vivre ses personnages, dans cette histoire haletante qui vous prend aux tripes jusqu'à la dernière page. Un roman qui nous fait réfléchir et qui est ressorti cette année chez Belfond [Vintage], qui encore une fois à su faire mouche. Merci à eux! 

Pour info, ce roman a été adapté par Roger Corman (qui signe la préface de la présente édition) en 1962, au cinéma. Le film vient de  bénéficier d'une sortie au cinéma, à partir du mercredi 15 août 2018, dans une version restaurée, dans certaines villes de France. Renseignez vous. 

Charles Beaumont: Un intrus, (The Intruder), Belfond, (collection Belfond [Vintage]), 444 pages, 1959 (pour l'édition originale), 1960 (pour la traduction française), 2018 (pour la présente édition)


dimanche 19 août 2018

So Jazz #25 (Saison 3): Aretha Franklin


Aretha Franklin

Née le 25 mars 1942 à Memphis (Tennessee), Aretha Louise Franklin est une chanteuse, auteure et compositrice  de gospel, soul, funk, rythm'n'blues et jazz. 

Fille d'un pasteur baptiste et d'une mère, chanteuse de gospel, Aretha et ses soeurs Carolyn et Emma chantent à l'église de Détroit dans la chorale de leur père et font leurs premiers enregistrements à l'âge de 14 ans. L'un de ces frères devient son imprésario de 1969 à 1989. 

Découvert par John Hammond, Aretha signe son premier contrat avec Columbia Records. Au début des années 60, elle obtient quelques petits succès comme "Rock a bye your baby with a dixie melody". Columbia Records veut en faire une chanteuse de jazz mais les premiers résultats ne sont pas probants. 

En 1967, elle quitte Columbia pour rejoindre la maison de disque Atlantic et s'associer aux réalisateurs artistiques Jerry Wexler et Arif Mardin. Ce qui aboutit aux enregistrements R&B les plus influents des années 60, y compris"I never loved a man (the way I love you)". A la fin des années 60, elle obtient le surnom de "Queen of Soul", devenant par là même connue internationalement et devient  un symbole de fierté pour la communauté noire. 

En 1972, elle interprète des chants gospel traditionnels dans l'album Amazing Grace ; il devient l'un des albums gospel les plus vendus de l'histoire de la musique avec deux millions de copies.

Après une carrière un peu ralenti dans les années 70, son passage dans le film des "Blues Brothers" la relance. Elle enchaîne alors les albums à succès  tel que "Jump to it" en 1982 et "Get it right" en 1983. 

Durant la décennie 90, elle intervient dans plusieurs bande originales de films tel que "Malcolm X" ou "Sister Act 2". 
Elle revient sur le devant de la scène en 1998 en participant à un concert caritatif "Divas Live" aux côtés de Céline Dion, Mariah Carey, Gloria Estefan et Shania Twain. 

Le 20 janvier 2009, elle chante "My Country , 'Tis of Thee", lors de la cérémonie  d'assermentation  du nouveau président des Etats Unis Barack Obama. 

Elle donne son dernier concert le 7 novembre 2017 à la Cathédrale Saint Jean le Théologien de New York lors du 25e anniversaire de la "Elton John's Aids Foundation". 

Elle nous quitte le 16 août 2018, à l'âge de 76 ans. 

Je ne pouvais pas faire autrement que de rendre hommage à cette grande dame de la chanson qu'est Aretha Franklin, qui nous a quitté cette semaine. Comme beaucoup, la musique d'Aretha  partage ma vie. Qui ne connait pas "Think" ou "Respect". On a tous été bercé par la musique d'Aretha. C'était une voix chaude, pleine d'énergie et d'émotion. Ce fut une grande tristesse pour moi quand j'appris son décès jeudi. Une grande dame de la musique nous a quitté mais elle restera longtemps dans nos coeurs et dans les mémoires. 

Pour illustrer ce billet, j'aurai pu choisir la facilité en prenant l'un de ses titres phares. Mais, comme cecux ci sont des standards, vous vous doutez bien que vous risquez de les retrouver un jour dans la rubrique musicale "La Discothèque du 20e siècle"(ce qui ne veut pas dire que celui que j'ai choisi ne soit pas un tube. Bien au contraire). J'ai donc choisi un autre titre que j'aime énormément car il lui correspond totalement.


 A natural woman

Bonne écoute!