mercredi 8 juillet 2015

Les aventures de Cluny Brown

4e de couverture: Mais pour qui se prend donc Cluny Brown ? Effrontée, pétillante et décontractée, la jeune fille se soucie comme d'une guigne des conventions dans une Angleterre des années 30 encore corsetée par les traditions. Pour Cluny, une chose est sûre : la vraie vie est ailleurs... mais reste à savoir où ! La redécouverte littéraire d'une auteure culte au style irrésistiblement british.

Délicieuse comédie so british sur l'émancipation des femmes, critique espiègle de l'Angleterre des années 1930 engoncée dans son carcan moral, Les Aventures de Cluny Brown, ou quand une femme de chambre aussi délurée qu'attachante fait fi de toutes les conventions pour former un couple improbable avec un fantasque intellectuel polonais fuyant les nazis.

Surprenante création d'un auteur par ailleurs connu pour sa série jeunesse Bernard et Bianca, Les Aventures de Cluny Brown font l'objet d'un véritable culte en Angleterre et ont été adaptées au cinéma par Ernst Lubitsch en 1946. Un concentré d'humour et d'impertinence à redécouvrir sans plus attendre.


Margery Sharp était une auteure inconnue pour moi, avant de la découvrir avec la Collection Belfond [Vintage] . Cependant, je connaissais deux de ses personnages qui ont enchanté mon enfance: Bernard et Bianca (les deux souris espiègles et aventureuses dont Disney a adaptée les aventures). 
Mais ici, c'est un roman adulte dont il est question et qui nous conte les aventures de Cluny Brown, une jeune femme au tempérament indomptable, naïve et emplit de liberté. 

Voilà une lecture idéale pour l'été: un roman dans la pure tradition britannique, qui, avec un humour caustique et un ton d'irrévérence, nous dépeint la femme sous toutes ses coutures, grâce à des portraits très différents: de Cluny, jeune fille naïve et épris de liberté, à Betty, jeune femme libre et très belle, qui ne se laisse pas si facilement épouser, à Hilda, jeune femme de chambre, qui a eu un enfant avec un matelot qui est parti sans laisser d'adresse, en passant par Mrs MaÎle, très à cheval sur les convenances et lady Carmel, qui voit graviter ce petit monde, paisible mais gardant un oeil sur son grand fils Andrew. 
C'est un roman sur l'émancipation des femmes, et les hommes, même s'ils sont beaucoup présents ne sont finalement que les faire-valoir de ces dames et damoiselles. 

J'ai aimé le côté fantasque de Cluny et j'ai souvent ri devant ces facéties. Alors, même si le roman porte le nom de la demoiselle, l'auteur n'en oublie pas pour autant les autres personnages de Friars Carmel: elle nous conte dans le menu détail les pérégrinations (souvent) amoureuses de tout ce joli petit monde. Car, oui, Cluny va tomber sous le charme de Titus Wilson, le pharmacien du village, qui vit seul avec sa mère, et qui profite de son mercredi pour aller se promener avec la charmante Cluny (même si celle ci est, apparemment, très laide, mais c'est elle qui le dit. Moi, je trouve que son côté délurée et bon enfant, lui donne un charme fou)...mais Andrew Carmel, le fils de la famille dans laquelle est employé la jeune Cluny, est très amoureux de Betty, même s'il ne lui montre pas. Lors d'une visite de cette dernière, un "duel" va se jouer entre Andrew Carmel et Adam Belinski (écrivain polonais qu'Andrew a invité au Manoir de la famille afin de le protéger des nazis qui le pourchasse (le roman se déroule en 1938), pour les yeux de la belle. 

Ce roman est drôle, enlevé et il se lit quasi d'une traite: pour tout vous dire, j'ai lu plus de la moitié du livre, en une matinée, tellement j'étais pris dans ce tourbillon de folie, qui, en plus d'être drôle, sait captiver le lecteur avec des rebondissements auxquels il ne s'attend pas. J'ai été très surpris par la fin du roman que j'ai trouvé très culottée, comme l'est son héroïne. 

Au final, un roman idéal pour l'été, qui, dans la plus pure tradition anglaise, donne la part belle aux femmes, avec un humour bon enfant, mais caustique par moment, et qui vous procurera de très bons moments de lecture. Encore une fois, la collection "Belfond [Vintage]" a tenu toutes ses promesses. C'est toujours un plaisir de replonger dans un de ces romans, remis en lumière de belle manière. (Par certains côté, il y a un peu de "Patience" (héroïne de John Coates (que les éditions Belfond avaient remis en lumière l'année dernière ) dans "Cluny", sauf qu'elles n'ont pas le même âge. 
A recommander, assurément, pour tous les amoureux des comédies so british (mais les autres pourraient être conquis par Cluny). 

Merci à Brigitte et aux Editions Belfond pour cette charmante et drôle découverte.

Margery Sharp: Les aventures de Cluny Brown (Cluny Brown), Belfond (Collection Belfond [Vintage]), 373 pages,1946,(pour la 1ère édition et traduction française), 2015 (pour la présente édition)


2 commentaires:

  1. Je ne connaissais pas du tout, je note bien sûr!

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    1. Content de te l'avoir fait connaître. Tu verras, Cluny est impayable: tu vas l'adorer.

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