vendredi 17 mai 2019

Le Moi(s) Belfond #4: Le Messager (Belfond Vintage Saison 7, Volume 36)

4e de couverture: « Le passé est un pays étranger… » Ainsi s’ouvre ce classique aussi troublant que profond sur ces instants de l’enfance qui façonnent toute une vie. Publié en Angleterre en 1953 et en France deux ans plus tard, un roman tout en finesse porté par une langue précieuse, où Léon Colston, vieux monsieur, explore ses souvenirs et se replonge dans l’été 1900. Un été tragique et brûlant.
Adapté au cinéma par Joseph Losey et mis en musique par Michel Legrand, Palme d’or du festival de Cannes en 1971, un chef-d’œuvre à redécouvrir au plus vite !

Les petites phrases des écrivains qui apparaissent sur les couvertures des livres ou en 4e de couv, sont devenues monnaie courante. (combien de fois Stephen King fut mentionné sur une couverture en disant que ce roman est génial!). 

Le Messager a une citation d'un auteur, qui ouvre la 4e de couverture. Une citation que j'aurai du m'abstenir de lire, car elle a eu l'effet inverse escomptée. C'est à dire qu'au lieu de me donner envie de lire le livre, elle m'a donner envie d' y aller à reculons. Pourquoi, me direz-vous? Tout simplement, parce que l'auteur de cette citation, qui a lu ce livre quand il avait l'âge du héros du "Messager", et qui s'est identifié à lui, mentionne également qu'il a écrit un livre en hommage au roman de L.P. Hartley. Et là, patatras! En voyant le titre du "roman-hommage", je m'aperçois que j'ai lu le livre en question (et même vu l'adaptation ciné qui en fut tirée, plusieurs fois)! Ainsi, j'avais peur de m'être gâché la surprise de la découverte. 

Mais bon, je me suis lancé, et mes craintes ont été confirmées: les deux romans ont un postulat similaire, avec des différences tout de même dans le traitement. C'est pourquoi, il m'a fallu du temps pour entrer dans ce livre: plus d'une centaine de pages furent nécessaire pour accrocher (bon, le fait que j'ai eu peu de temps de lire cette semaine, a participé à cette lenteur)...puis le déclic, s'est fait. 

Après ce déclic, (et le fait que j'avais une matinée de libre) j'ai enchaîné les pages jusqu'à la fin, ne pouvant pas détacher les yeux de cette histoire tragique.  Certes, la fin ne m'a pas surprise, mais les personnages ont su faire le reste c'est à dire, m'intriguer pour savoir ce qui allait se passer. 

C'est un roman dans la pure tradition anglaise avec secrets, mariage arrangé, famille bourgeoise, mais également un roman initiatique d'un jeune garçon de 13 ans, qui découvre un nouvel univers: celui des grandes personnes. 
Effectivement, le personnage du petit Léon Colston, qui peut agacer par moments,se retrouve être mêlé dans un ménage à trois, à son corps défendant, et découvre ainsi, de manière bouleversante, et qui changera sa vie à jamais, le monde intransigeant des adultes, et surtout des convenances. 

Le Messager est également un roman très intéressant sur le thème de l'imaginaire: Léon est un jeune garçon très naïf et rêveur, qui s'invente des histoires, et qui sent l'importance de son rôle de messager, entre Marian, la soeur de son ami Marc, qui l'a invité à passer l'été dans la résidence de ses parents à Brandham Hall, et Ted,un fermier du village. Sauf que l'imagination débordante du garçon va être le catalyseur du drame qui se profile. 
Les nombreux passages d'introspection du jeune garçon sont parfois d'une telle arrogance, qu'on ne peut pas apprécier ce personnage. Heureusement que le Leon de soixante ans est là pour contrebalancer ce comportement détestable. 

En définitive, c'est un très bon roman et je comprend qu'il soit devenu un classique de la littérature anglaise: il est captivant de bout en bout, il est une formidable radiographie de cette Angleterre qui entre dans ce siècle des changements brutaux, qu'est le XXe, et qui ébranlera la famille Maudsley, sur plusieurs points. Mais  je pense que je l'aurai plus apprécié si je n'avais pas lu, il y a quelques années,  un roman, qui lui ressemble étrangement. Le fameux roman de cet auteur qui vie sa vie de petit garçon changer. 
 D'ailleurs, je l'ai aimé, sinon, je ne serai pas accroché coûte que coûte à la  lcture de ce roman. Puis, j'ai grandement envie de voir l'adaptation du film qui en fut tiré... et dont Michel Legrand composa la musique. 


The Go-Between 
(Fait remarquable: cette musique a servi de générique à "Faites entrer l'accusé")

Merci aux Editions Belfond pour leur confiance.



L.P. Hartley: Le Messager, (The Go Between), Belfond, (Collection Belfond [Vintage]), 390 pages, 1953 (pour l'édition originale), 1955 (pour la traduction française), 2019 (pour la présente édition)


Aucun commentaire:

Publier un commentaire