jeudi 6 avril 2017

La femme tombée du ciel

4e de couverture: La femme tombée du ciel se déroule à la suite d’une catastrophe écologique provoquée par la multinationale Domidion qui élimine toute forme de vie dans l’océan près de Samaritan Bay, et fait des victimes parmi les autochtones de la réserve voisine. On va suivre deux hommes, responsables de cette catastrophe, qui vont chercher leur rédemption, chacun à sa manière :
Le chercheur Gabriel Quinn, scientifique génial qui a mis au point le défoliant mortel, va s’installer dans la réserve polluée, d’où est originaire sa propre mère, dans l’intention de se suicider. Il y rencontre des survivants qui vont lui redonner goût à la vie.
Dorian Asher, le PDG de Domidion, narcissique et attachant à la fois, tente d’oublier un nouveau scandale écologique qui s’annonce en fuyant dans de luxueux hôtels, savourant sa solitude et avec pour unique obsession le choix de sa nouvelle montre…
Gabriel et Dorian ne se reverront pas mais, liés par le désastre, ils connaîtront des sorts inattendus.

Venant de ma part, il est très rare que je n'arrive pas avoir un avis concret en refermant un livre, ou au moins une petite idée de ce que j'en ai pensé. 
Comme on dit, il faut bien une première à tout: en refermant ce livre, hier soir, je ne savais pas quoi penser de ce roman (cet esprit a été le mien tout au long de ma lecture): je n'ai pas détesté ce livre (sinon, je ne serai pas aller au bout des 512 pages du roman), mais il ne m'a pas transcendé non plus. Enfin, disons, qu'à chaque fois que je reprenais le livre, j'étais heureux de ma lecture et je passais de bons moments en compagnie des personnages, mais je n'étais pourtant pas pressé d'y retourner.En fait, c'est un livre que je prenais le temps de lire, le soir, avant de me coucher. 

Les thèmes abordés par l'auteur me sont chères: le retour à la nature, le combat contre une catastrophe écologique (et le message qui se cache derrière), le retour au passé,, mais  aussi aux traditions: tout cela me parle. Et tout cela est traité de manière poétique et humoristique par l'auteur (il ne faut pas oublier qu'il y a toujours de l'humour dans la tragédie). 
Ce qui a retenu mon attention dans ce roman, ce sont les personnages: ils sont au nombre de 5 principaux (Crisp, vieil homme qui veuille sur la petite communauté de Samaritan Bay, Gabriel, le scientifique à l'origine de la catastrophe qui a pollué les rives de Samaraitan Bay, et qui veut se suicider, Mara, indienne, qui vit près de la réserve, Sonny, jeune homme, qui passe son temps a récupérer des objets abandonnés sur les plages et qui a un projet en tête, sans oublier Dorian, qui bien qu'éloigné des 4 autres, puisqu'il vit à Toronto, est très important: c'est le président de Domidion, la société à l'origine de la catastrophe écologique, et qui a le projet de s'acheter une nouvelle montre (humour ironique s'il en est). 
Ces cinq personnages sont la force de ce roman: Thomas King les alterne d'un chapitre à l'autre, en nous les présentant toujours plus en profondeur, en nous racontant leur passé, leurs failles et leur force. Ces personnages ont tous quelque chose de charmant et même, Dorian, qui pourrait être un salaud fini, qui ne pense qu'à sa gueule (il est un peu comme ça parfois), je n'ai pas pu m'empêcher de l'apprécier et d'aimer sa compagnie. 
Celui qui m'a le plus étonné et intrigué, c'est Sonny: je me suis demandé tout au long du roman quel âge, il pouvait avoir: si c'était un enfant, ou si c'était un adulte simple d'esprit (pourtant, il n'en manque pas, d'esprit). Il m'a fasciné de bout en bout et même à la fin, je n'ai pas pu percer son mystère. 
L'auteur donne du rythme à son roman avec des chapitres courts, bien dialogué, et qui alterne les personnages. Il nous parle des traditions amérindiennes (puisqu'on apprend que Gabriel vient d'une famille indienne, tout comme Mara) et de la nature qui reprendra toujours ses droits, quel que soit les catastrophes que provoquera l'homme. C'est un roman plein d'espoir qui, malgré son étrangeté et son mystère, nous emporte vers le meilleur. 

Au final, un roman qui, je pense, m'a quand même plu (mais je doute jusqu'à quel point...en  fait, c'est peut être un livre que j'aimerai à rebours, qui risque de revenir à ma mémoire au moment où je m'y attendrai le moins), avec des thèmes forts comme le retour aux sources, les traditions ancestrales, l'écologie, et le retour à la nature, dans une langue rythmée, poétique et drôle. Un roman atypique qui ne laisse pas si indifférent que ça...un roman à découvrir pour vous faire votre propre opinion. 

Merci aux Editions  Philippe Rey pour cette découverte atypique.

Thomas King: La femme tombée du ciel, (The Back of the Turtle), Philippe Rey, 512 pages, 2017


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