vendredi 7 juin 2013

Rich Boy






4e de couverture:  Robert Vishniak est l'enfant chéri d'Oxford Circle, un quartier juif ouvrier de Philadelphie. Beau garçon et intelligent, il pénètre dans le monde fermé des universités de la Nouvelle-Angleterre, où les rejetons de familles riches et influentes côtoient des élèves d'origine plus modeste comme Robert qui doivent travailler pour acheter leurs livres. Cet univers lui ouvre les portes des plus hautes sphères de la société new-yorkaise des années soixante, où tout ce que Robert a appris sur les femmes, la séduction et les peines de coeur s'avère payant.

Depuis sa sortie en 2011, ce roman me tentait énormément. J'ai profité d'une affaire promotionnelle sur le site de Gibert (qui proposait des livres à -90%) pour me le procurer a un prix microscopique (moins de 2€) il y a de cela quelques mois. .
A ce prix là, je me suis dit que si le roman ne me plaisait pas, la déception serait moins grande.
Heureusement, il n'en est rien.

Dans ce premier roman, Sharon Pomerantz nous conte le destin magnifique d'un jeune juif de la banlieue de Philadelphie, sur près de 40 ans. Elle survole ainsi l'histoire contemporaine américaine, du début des années 60 jusqu'à la fin des années 80, à travers Robert qui va tout faire pour quitter son quartier de Philadelphie et gravir les échelons de la renommée, voulant a tout prix faire parti du monde des nantis. Ainsi, la Guerre du Vietnam est évoquée, mais également le système du Tirage au sort qui laissait le hasard choisir les jeunes hommes susceptibles de partir au combat. Les années 70 et les mouvements pacifistes entre manifestations et période hippies, pour finir par les années 80 et l'arrivée du Sida (qui sera évoqué par l'intermédiaire de Mario, un collègue de Robert).

J'ai trouvé ce roman fascinant, malgré le survol de certaines années. Mais il est difficile de résumer 40 ans d'une vie en presque 500 pages. Des choix doivent être fait. Malgré son arrivisme et son envie de rayer le plancher avec ses dents longues, j'ai trouvé le personnage de Robert intéressant à suivre. J'ai compris son envie de changer de milieu social (car en fait, c'est ça le thème central du roman: la lutte des classes et comment Robert fera tout pour appartenir à un monde qui ne va l'accepter qu'à moitié). Il veut sa place au soleil et il y arrivera un temps avant de chuter.. Mais chut, ne dévoilons pas tout.

Sharon Pomerantz nous dessine un portrait de la bourgeoisie new-yorkaise pas très glorieux mais tellement réaliste, je pense. Robert va aller d'illusions en désoeuvrement et connaitra son lot de malheur (les passages sur Gwendolyn, la première véritable histoire d'amour de Robert sont les moments les plus émouvants du roman. D'ailleurs, il n'aimera plus de la même manière après la fin de cette histoire). Puis, j'ai aimé retrouver l'ambiance de ces trois villes (Philadelphie, Boston et New York), que j'ai visité, il y a quelques années. J'ai déambulé dans ces rues avec Robert et j'ai été emporté dans un tourbillon de paillettes, d'horreur et de rancœur parseùé de jolis moments d'espoir. D'ailleurs,  on garde espoir tout au long du roman.

Pour toux ceux qui aiment les grandes fresques américaines, vu à travers le destin d'un jeune américain moyen, ce roman est fait pour vous. Pour ma part, j'ai passé un très fort moment de lecture et c'est un peu triste que j'ai refermé la porte de la maison d'enfance de Robert à Philly, le laissant seul avec la suite de sa destinée.

Au final, un très beau premier roman, qui m'a emporté dans cette Amérique Sixties, Seventies et Eighties que j'aime tant. A chaque fois, je découvre toujours de nouveaux éléments (pourtant j'ai lu beaucoup de romans sur cette période) sur cette histoire américaine qui me fascine tant. Je le conseille à tous les amoureux de l'Amérique, de ces trois villes magnifiques que sont Philadelphie, Boston et New York, de ces destins fabuleusement magiques et tragiques à la fois. Plongez vous aussi dans cette fresque grandiloquente et majestueuse, qui montre l'hypocrisie des hommes, son snobisme, ses passions, ses désenchantements et ses désillusions. Encore une fois, l'ombre de Fitzgerald plane et me poursuit de livre en livre. Il serait donc temps que je réponde a son appel en lisant, un jour prochain, d'autres romans et nouvelles de ce cher Scott.

Sharon Pomerantz: Rich Boy; (Rich Boy); Flammarion; 489 pages; 2011






 3e roman lu dans le cadre du challenge New York (3e année) organisé par Emily.


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