dimanche 16 juin 2019

Snap Killer

4e de couverture: Un élève de terminale est retrouvé mort un dimanche à l’aube, pendu par les pieds à une branche de platane, au milieu de la cour de son lycée. 980 élèves suspects, sans compter le directeur, les profs et le reste du personnel, l’enquête s’annonce complexe. Pourquoi le meurtrier a-t-il pris le risque fou de cette mise en scène ? Y a-t-il un lien entre ce meurtre et le suicide d’une élève de seconde, victime d’un harcèlement brutal sur les réseaux sociaux quelques mois plus tôt ? Pour la commissaire Clara Di Lazio et son équipe, aucun indice ni aucune piste ne sont à négliger.

Sylvie Allouche a exaucé l'un de mes voeux. Souvenez-vous: après ma lecture de "Stabat Murder", j'espérais revoir la commissaire Di Lazio et son équipe dans une autre enquête. 
C'est chose faite avec ce "Snap Killer" de toute beauté. 

Ce fut un plaisir de retrouver toute l'équipe de Clara (Louise, Nathan, Clément et Gauthier (le petit nouveau) qui vont devoir démêler les noeuds d'une enquête des plus complexes. 
Encore une fois, Sylvie Allouche arrive à mener son histoire de main de maître, s'en est bluffant, allant de fausses pistes, en révélations, et tout ça dans un  rythme effréné, sans oublier la psychologie de ses personnages. 
Surtout, Sylvie Allouche va, par l'intermédiaire d'une enquête, parler d'un sujet sensible et toujours autant d'actualité: le cyber-harcèlement, chez les ados. En effet, l'histoire commence au moment où Garance, une jeune fille de 15 ans, en seconde, est victime d'un harceleur, au point de mettre fin à ses jours. C'est étrange, mais cette partie de l'histoire a été la plus difficile à lire pour moi, me renvoyant à mon propre passé (à la différence que les réseaux sociaux et autre joyeuseté des nouvelles technologies, n'existaient pas à mon époque). Sylvie Alouche sensibilise son jeune lectorat en l'interpellant sur ces sujets. Elle le fait de manière intelligente et surtout adulte. 

C'est ce qui me frappe dans l'écriture de Sylvie Allouche: sa maturité: derrière un style addictif, simple, efficace,elle propose un style et une histoire très adulte. Ce n'est pas manichéen: chaque personnage à sa part d'ombre, ses secrets, ses fêlures, et l'on se surprend à se demander jusqu'où l'auteure va aller dans son cheminement. 

"Snap Killer" n'est pas seulement un roman à enquête, il est aussi un roman psychologique ou les personnages ont une part importante, et surtout l'équipe de Clara: chaque personnage à son propre passé et ses propres fêlures, ce qui nous les rend très sympathiques: voir Louise évoluer et faire ses premières armes dans une enquête, sous le regard bienveillant de Clara,Gauthier, le petit nouveau de l'équipe qui a rater son entrée au RAID (je vous laisse découvrir pourquoi) et son rapproche avec Louise,  ou bien Clara, elle même, dont le passé va être encore mis en avant, en la personne de Lilo, sa nièce, qui arrive chez elle, sans prévenir. La relation entre la nièce et la tante, est des plus touchantes, et de nous montrer les blessures de Clara (et surtout celle de la disparition de son frère Vincent, des années auparavant), et sa relation difficile avec sa soeur m'a vraiment bouleversé. 

De plus, cette fois ci, Sylvie Allouche a su bien me mener en bateau, car je n'ai pas deviné avant le final, qui pouvait être le fameux meurtrier de ce jeune homme retrouvé pendu à un arbre. Du grand art! 

Au final, un 2e volet encore une fois bien mené, addictif, sur un sujet fort: le cyber-harcèlement, qui je l'espère, ouvrira les consciences de certains jeunes lecteurs, et de leurs parents. Un retour en force de la commissaire Di Lazio et de toute son équipe, fort sympathique, qu'on prend plaisir à suivre dans leurs investigations. Non, franchement rien à dire de plus que: vivement le prochain volet, car je suis persuadé qu'on en a pas fini avec la commissaire Di Lazio. Un polar adolescent qui ne prend pas ses lecteurs pour des gamins, ça fait du bien! 

Merci aux Editions Syros  de m'avoir permis de continuer l'aventure. 

Sylvie Allouche: Snap Killer, Syros, 322 pages, 2019


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