mardi 3 mars 2015

Les saisons et les jours

4e de couverture: Porté par la grâce de son écriture, un roman naturaliste d'une grande beauté, ode au courage, à la patience et à la foi irréductible de ces fermiers blancs du Vieux Sud, trop pauvres pour posséder leur terre ou leur esclave ; une oeuvre poétique et bouleversante, rythmée par les saisons, les naissances, les drames et les joies. 

Prix Pulitzer 1934, Les Saisons et les jours ont connu un succès colossal aux États-Unis, avec pas moins de trente-sept réimpressions de la première édition. Paru en France en 1935 dans une version abrégée, ce livre culte ressort aujourd'hui dans sa version intégrale et dans une toute nouvelle traduction.


Cette année, j'ai décidé de lire, la "1ère saison" de la collection "Belfond [Vintage], paru en 2013, en parallèle avec les romans de la 3e saison (débutée avec L'homme au complet gris de Sloan Wilson paru en janvier 2015). 

C'est donc par le roman de Caroline Miller, Les Saisons et les Jours", que cette collection débuta. 

Caroline Miller a été une des grandes auteurs sudistes du début du XXe siècle. Elle reçu même le Prix Pulitzer pour ce roman. Ce qui incitera son éditeur à rechercher d'autres auteurs sudistes. Pourtant, Caroline Miller est aujourd'hui, une auteure peu connu des lecteurs du XXI siècle . Le plus ironique, c'est qu'elle est  éclipsée (de la part du public)  par l'auteure que son éditeur publiera l'année suivante: une certaine Margaret Mitchell, qui recevra, un an après Caroline Miller, le même Prix Pulitzer pour son roman Autant en emporte le vent. Cette même Margaret Mitchell qui dira de ces Saison et les jours, de sa consoeur: "Le plus grand livre sur le Sud et ses habitants." Alors pourquoi ce livre a été "oublié" des lecteurs d'aujourd'hui? Voici ma propre réponse à cette question (qui n'en est que mon interprétation). 

En tout cas, le roman de Caroline Miller avait toute sa place dans la collection des Editions Belfond: cette collection qui remet en lumière, des romans qui marquèrent leur temps mais qui sont oubliés des lecteurs de notre époque. 

Mais revenons à la question posée précédemment: si le roman de Caroline Miller n'est plus connu aujourd'hui, c'est d'une part, qu'il fut publié en français de manière expurgé (ce qui est je crois le pire qu'on puisse faire à un livre: c'est lui enlever la sève qui fait la grandeur ou la déchéance d'un roman), d'autre part, il n'a pas la flamboyance d'Autant en emporte le vent. Ce qui ne veut pas dire que ce n'est pas un grand roman. C'est simplement qu'il ne s'y passe pas de grands évènements qui vont vous faire chavirer le coeur. 

Les Saisons et les Jours se lit lentement, avec dégustation, en prenant son temps. J'ai pris mon temps et je ne le regrette pas. J'ai ainsi suivi les jours, les saisons, de la vie de  Cean et des siens. La force et la sève du roman de Caroline Miller, c'est sa capacité à raconter, avec une plume poétique et habitée, la vie des petites gens du Sud, simplement, sans grand guignol ou des rebondissements à chaque page. Le lecteur suit  les naissances, les moissons, les semailles, les décès, sans que ce soit tarabiscotée ou mal venue. Dans certaines pages, il ne se passe rien...et alors. C'est simplement la vie , avec ses joies, ses peines, d'une famille du Sud des Etats Unis avant la guerre de Sécession. 

De plus, vous risquez d'être aussi surpris que moi, en lisant Les saisons et les jours. C'est en lisant ce livre que je me suis aperçu que j'avais une vision erronée des Sudistes: je les pensais tous dans des belles maisons, avec des nègres à leur service. La vision que m'en a donné des romans comme Autant en emporte le vent (encore lui!)ou Nord et Sud (de John Jakes). 
Ce n'est pas le cas ici: Cean et Lonzo Carver n'ont pas de nègres à leur service: Lonzo a construit leur maison, ils travaillent dure la terre de leur petite propriété et récoltent ce qu'ils sèment. Cean, Lonzo, leurs enfants (de Maggie à Aryadne, en passant par Cal (ils en auront 14), et leurs familles respectives  sont des gens comme vous et moi. Ils essayent de vivre au mieux et de se nourrir de ce que Dieu leur donne. 

Voilà un roman, écrit avec une langue merveilleuse, qui prend le temps de raconter la vie simple et honnête de certains  habitants de Géorgie. C'est beau, c'est émouvant, c'est banal (mais une jolie banalité qui nous montre que même les vies les plus simples valent le coup d'être racontées) c'est vivifiant et cela nous ramène à l'essentiel (la cerise sur le gâteau, c'est que l'on se surprend à être surpris): c'est la vie, tout simplement...mais il fallait un grand écrivain pour raconter aussi bien la banalité des saisons d'une vie comme celle de Cean. Et ce grand écrivain se nomme Caroline Miller.

Merci aux équipes des  Editions Belfond   d'avoir remis Caroline Miller dans la lumière. 

Caroline Miller: Les Saisons et les Jours (Lamb in his Bosom), Belfond, (Collection Belfond [Vintage]), 438 pages, 2012




2 commentaires:

  1. Je ne connaissais en effet ni le roman ni l'auteur, c'est un tort visiblement!!

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    1. En effet. Justement, c'est l'une des raisons de la création d la collection Belfond [Vintage]: redécouvrir des auteurs. Caroline Miller vaut le coup d'être (re)découverte.

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