lundi 26 janvier 2015

L'homme au complet gris

4e de couverture: Dans la lignée de La Fenêtre panoramique, de Richard Yates, un livre culte, immense best-seller d'après-guerre aux États-Unis, oublié ensuite car jugé trop bourgeois par la vague hippie, et enfin redécouvert dans les années 80 comme une oeuvre majeure des lettres américaines. Traduit en plus de vingt-cinq langues, adapté au cinéma en 1956 avec Gregory Peck dans le rôle-titre, large source d'inspiration de la série Mad Men,L'Homme au complet gris retrace l'émouvante trajectoire d'un homme tiraillé entre son amour pour sa famille et son ambition sociale, dans le Manhattan des années 50. Une importante redécouverte littéraire.

Les similitudes entre L'homme au complet gris et la série Mad Men sont évidentes. A croire que Matt Weiner a peut être lu ce livre, qui lui donna l'idée de départ de sa série. 
Même les protagonistes des deux oeuvres, ont la même sonorité dans les prénoms: Tom Rath et Don Draper, Betsy Rath et Betty Draper. 
Je dois avouer que cela m'a déstabilisé au début de ma lecture: j'étais constamment en train de penser à la série Mad Men, en lisant ce livre, jusqu'à donner le visage des acteurs aux personnages du roman. Heureusement, les petites différences de caractère des personnages  m'ont vite détourné de la série télévisée. 

Ce roman est un pur chef d'oeuvre, qui pourtant pourrait en rebuter plus d'un. En effet, l'auteur prend le temps d'installer les protagonistes et son histoire, utilisant beaucoup de flashbacks pour nous en dire plus sur le passé de Tom. Il y a de nombreux passages introspectifs, où le lecteur est plongé dans l'esprit de Tom, mais également des autres personnages qui gravitent autour de lui, comme Hopkins, ou le juge Berstein. En fait, L'homme au complet gris est un roman psychologique qui nous montre une société qui se veut moderne mais qui n'a pas encore fait le deuil de la guerre qui vient de s'achever. 
Voilà la force de ce roman: c'est une radiographie de cette époque d'après-guerre (les années 50), où les hommes étant parti au combat comme Tom, n'ont pas encore totalement refermé leur blessures, et fait leur deuil de cette période, en cachant à leur proche et au monde entier, les secrets les plus inavouables (que l'auteur révèle au lecteur à travers des flashbacks d'une puissance émotionnelle à la fois forte et glaçante). 

Le titre du roman m'a fortement fait penser à une société uniformisé: avec son complet gris, Tom se fond dans cette masse de jeunes cadres, travaillant pour de grandes entreprises, de communications ou autres, et qui n'ont plus beaucoup de rêves et d'espoir. D'ailleurs, Tom n'a aucun but dans la vie, à part gagner de l'argent pour assurer une vie plus décente à sa famille. Heureusement, la rencontre avec Hopkins, le président de Broacasting Corporation va lui ouvrir les yeux, aidé en cela par les encouragement de Betsy, sa femme. 

Au début de mon billet, j'ai parlé des similitudes entre Mad Men et le roman de Sloan Wilson: il y a pourtant une sacré différence: Malgré que Don et Tom ont  des secrets en ce qui concerne la guerre qu'ils ont vécu (la 2nde pour Tom, et la guerre de Corée pour Don), leur relation n'en souffrira pas de la même manière: là où le couple de Don et Betty Draper se délite pour exploser, dans la série, Tom et Betsy restent unis malgré les difficultés de la vie. J'ai trouvé cela encourageant et surtout un petit bol d'air frais. 

Depuis un an, j'ai la chance de découvrir la collection Belfond [Vintage] et je dois dire que je n'ai pas encore été déçu par un seul de ses titres. Tous m'ont apporté une nouvelle compréhension du monde d'hier et plusieurs ont été une claque monumentale (je pense à Après minuit ou Le Lys de Brooklyn). L'homme au complet gris ne déroge pas à la règle. Il m'a plu à plusieurs égards: je m'y suis senti bien. J'y ai retrouvé une ambiance que j'aime énormément. Il m'a même donné envie de me replonger dans la série Mad Men

Alors, certes, il pourra en rebuter certains qui n'auront peut être pas la patience d'aller au bout, car ils penseront qu'il ne s'y passe pas grand chose. Ce serait une erreur. Tout comme pour Mad Men, il faut se laisser porter et persévérer car vous passeriez à côté d'un roman puissant, qui nous parle d'une société,qui est encore tellement présente aujourd'hui. 
L'homme au complet gris, est un roman très actuel. Des Tom Rath, il en existe encore de nos jours. Malgré l'époque concernée,  (les années 50) l'esprit qui s'en dégage est toujours là et le lecteur peut s'y retrouver. Ce qui fait du roman de Sloan Wilson, un livre intemporel. 

Merci à Brigitte et aux Editions Belfond pour cette nouvelle découverte. 



Sloan Wilson: L'homme au complet gris, (The man in the gray flannel suit), Belfond, (Collection Belfond [Vintage]), 452 pages, 2015





5 commentaires:

  1. J'en ai lu la moitié. J'irai au bout, mais sans conviction. J'ai du mal à comprendre ça qui provoque l'emballement à propos de ce roman bien terne, et poussif.

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    1. Ah dommage. Mais je comprends ton ressenti.Je n'ai pas eu ce sentiment mais j'aurai pu l'avoir, il y a quelques années, je pense.(Mon amour pour la série "Mad Men" à peut être joué dans mon ressenti pour ce livre. Mais, c'est bien d'avoir un autre ressenti sur un livre, cela fait également parti de l'échange. J'espère tout de même que la suite du roman ne sera pas une corvée.

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    2. Je ne connais pas la série Mad Men... et je ne suis guère tentée....

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  2. C'est tentant :-) Moi aussi je me replongerai bien dans Mad Men!

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    1. Il faut alors tenter, surtout si tu as réussi a entrer dans "Mad Men", ce roman pourrait te convenir. En ce qui concerne "Mad Men", j'ai bien envie de rattraper mon retard en attaquant la saison 6. (En tout cas, pendant les soldes, j'ai fait une bonne affaire: la saison 4 de Mad Men à 7€ à la Fnac! Qui dit mieux?)

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