lundi 25 juillet 2011

"Danse, Zarité, , danse , car un esclave qui danse est libre...aussi longtemps qu'il danse"


Résumé: 1770, Saint-Domingue. Zarité Sedella, dite Tété, a neuf ans. Fillette chétive à la volonté de fer, elle est vendue comme esclave domestique à Toulouse Valmorain, jeune français tout juste débarqué pour prendre la succession de son père, propriétaire terrien mort de syphilis…
Zarité va découvrir la plantation, avec ses champs de canne à sucre et ses esclaves, courbés sous le soleil de plomb, la violence des maîtres, le refuge du vaudou. Et le désir de liberté. Car entre soldats, courtisanes mulâtres, pirates, esclaves et maîtres blancs, souffle le vent de la révolte.
Lorsque Valmorain, réchappé de l’insurrection grâce au courage et à la détermination de son esclave, parvient à embarquer pour La Nouvelles-Orléans, Tété doit le suivre. Mais la lutte pour la dignité et l’émancipation ne peut être interrompue…



Même si je n'ai mis que 6 jours pour le lire, j'ai l'impression d'avoir pris le temps de m'imprégner de l'histoire de Tété et du style si envoutant d'Isabel Allende. Je ne voulais pas me précipiter pour ne pas me gâcher cette découverte.
C'est à un véritable roman historique que nous avons affaire et le style travaillé de l'auteur qui nous raconte dans les moindres détails cette première révolution d'esclaves en est la preuve. J'ai appris beaucoup de chose sur l'histoire de Saint-Domingue. Ces passages rempli de vaudou, de révoltes et de sentiments de libertés m'ont envoutés (je ne sais pas ce que j'ai avec cette île mais elle a le même effet sur moi à chaque fois que je me plonge dans son histoire: j'avais eu le même sentiment pendant la lecture du Manuscrit de Port Ébène de Dominique Bona (qui se situe à la même période)).
Mais il n'y a pas que des faits historiques racontés dans ce magnifique roman: il y a des personnages, certains attachant comme Tété, Maurice, ou certains immondes et plein de morgues (comme Valmorain qui sous ces airs d'homme "bon", n'est rien moins qu'un esclavagiste de plus.Ou bien sa deuxième femme, Hortense que j'ai détesté(et que j'ai adoré insulté, je l'avoue, devant ses actions abjectes. Et j'ai été heureux qu'elle ne puisse pas donner d'héritier à Valmorain) qui ne nous laissent pas indifférents.
J'ai aimé Tété, cette femme, juste et belle qui se bat pour qu'elle et sa fille Rosette aient leur liberté. J'ai beaucoup apprécié que l'auteur lui donne la parole. Les chapitres de Zarité sont d'une telle beauté et d'une musicalité que j'ai eu l'impression d'entendre sa voix à mon z'oreille.
J'ai également apprécié que l'histoire et la Grande Histoire se retrouve mêlée, comme, par exemple, Gambo, l'esclave dont Tété tombera amoureuse, qui prendra la fuite et se retrouvera lors des affrontements aux côtés de Toussaint Louverture, qui jouera un grand rôle dans l'histoire de l'île.


Le roman est composé de deux parties, et même si j'ai aimé la partie sur Saint Domingue, je lui ai préféré celle sur la Louisiane. Cette partie fut passionnante car l'auteur nous raconte comment cette colonie française est devenue américaine: c'est la faute à Napoléon (comme le chantait Michel Fugain...mais je m'égare). Quand les américains débarquent, j'ai aimé voir la réaction des français qui se disaient que ces amerloques, tout aussi civilisés que leurs esclaves (c'est vous dire l'estime qu'ils en avaient) devraient apprendre à parler le Français, s'il voulait rester. Sauf que la suite on la connait. Les Américains ont promulgués l'anglais comme langue principale et officielle, ce qui fait qu'on ne parle pratiquement plus le français en Louisiane...sauf erreur de ma part.
La partie sur la Louisiane est celle qui m'a le plus touché, fait vibrer, mis en colère, devant le comportement de cette Hortense, que j'ai détesté de suite. J'ai également aimé voir les différences entre les mulâtres, les quarteronnes ou les noirs.
Isabel Allende est une auteure avec un style fort, musical et qui donne vie à des personnages vivants, forts et auxquels on croit. La preuve, c'est que je les ai aimés, détestés. Quand des personnages nous font ressentir toutes ces choses et qu'ils ne nous laissent pas indifférents, c'est que l'auteur à réussi a leur insuffler une âme.
En tout cas, la liberté à un prix que Tété à payé très cher. C'est une femme courageuse qui m'a ému (le dernier chapitre du livre, qui donne la parole à Tété, m'a fait versé quelques larmes, je l'avoue).

En conclusion, Isabel Allende à su m'émouvoir et à réussi son pari de nous raconter l'histoire de Saint-Domingue par l’intermédiaire d'une femme courageuse qui a tout fait pour gagner sa liberté. Je vous le recommande fortement. Vous aussi laissez vous envouter par Tété et vous embarquerez pour un voyage que vous n'oublierez pas.

Merci infiniment à News Books et aux Editions Grasset pour ce partenariat. Grâce à vous j'ai passé un agréable moment.



Isabel Allende: L'île sous la mer (La Isla Bajo El Mar), Grasset, 523 pages, 2011.

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