dimanche 23 juin 2019

Slow Qui Tue #415: Arthur's Theme

Le slow qui tue de la semaine chante que le mieux que tu puisses faire est de tomber amoureux.

Christopher Cross: Arthur's Theme



Bonne écoute!


mercredi 19 juin 2019

La Discothèque du 20e siècle #326

En 1972, Mort Shuman raconte un pan de l'hitoire de l'italie avec cette chanson.

Mort Shuman: Lac majeur (le) (1972)


C'est profondément révolté par le suicide "provoqué" de l'anarchiste italien Marco Pinelli qu'Etienne Roda-Gil a écrit les paroles du Lac majeur. Il lui restait à trouver un compositeur et un interprète. Ce devait être Mort Shuman, qui, après avoir formé avec Doc Pomus, l'une des plus brillantes équipes de Broadway, avait décidé de tenter sa chance de ce côté-ci de l'Atlantique. De cette rencontre est née l'une des plus belles chansons des années 70. Très grand succès en France, puisqu'il y a été classé n°6 en avril 1972, Le Lac Majeur a aussi connu les fastes des hit-parades aux Etats Unis, grâce à la superbe version de Dionne Warwick. (Source: Fascicule "L'encyclopédie de la chanson française n°10" Universal Collections)

Bonne écoute!


dimanche 16 juin 2019

Snap Killer

4e de couverture: Un élève de terminale est retrouvé mort un dimanche à l’aube, pendu par les pieds à une branche de platane, au milieu de la cour de son lycée. 980 élèves suspects, sans compter le directeur, les profs et le reste du personnel, l’enquête s’annonce complexe. Pourquoi le meurtrier a-t-il pris le risque fou de cette mise en scène ? Y a-t-il un lien entre ce meurtre et le suicide d’une élève de seconde, victime d’un harcèlement brutal sur les réseaux sociaux quelques mois plus tôt ? Pour la commissaire Clara Di Lazio et son équipe, aucun indice ni aucune piste ne sont à négliger.

Sylvie Allouche a exaucé l'un de mes voeux. Souvenez-vous: après ma lecture de "Stabat Murder", j'espérais revoir la commissaire Di Lazio et son équipe dans une autre enquête. 
C'est chose faite avec ce "Snap Killer" de toute beauté. 

Ce fut un plaisir de retrouver toute l'équipe de Clara (Louise, Nathan, Clément et Gauthier (le petit nouveau) qui vont devoir démêler les noeuds d'une enquête des plus complexes. 
Encore une fois, Sylvie Allouche arrive à mener son histoire de main de maître, s'en est bluffant, allant de fausses pistes, en révélations, et tout ça dans un  rythme effréné, sans oublier la psychologie de ses personnages. 
Surtout, Sylvie Allouche va, par l'intermédiaire d'une enquête, parler d'un sujet sensible et toujours autant d'actualité: le cyber-harcèlement, chez les ados. En effet, l'histoire commence au moment où Garance, une jeune fille de 15 ans, en seconde, est victime d'un harceleur, au point de mettre fin à ses jours. C'est étrange, mais cette partie de l'histoire a été la plus difficile à lire pour moi, me renvoyant à mon propre passé (à la différence que les réseaux sociaux et autre joyeuseté des nouvelles technologies, n'existaient pas à mon époque). Sylvie Alouche sensibilise son jeune lectorat en l'interpellant sur ces sujets. Elle le fait de manière intelligente et surtout adulte. 

C'est ce qui me frappe dans l'écriture de Sylvie Allouche: sa maturité: derrière un style addictif, simple, efficace,elle propose un style et une histoire très adulte. Ce n'est pas manichéen: chaque personnage à sa part d'ombre, ses secrets, ses fêlures, et l'on se surprend à se demander jusqu'où l'auteure va aller dans son cheminement. 

"Snap Killer" n'est pas seulement un roman à enquête, il est aussi un roman psychologique ou les personnages ont une part importante, et surtout l'équipe de Clara: chaque personnage à son propre passé et ses propres fêlures, ce qui nous les rend très sympathiques: voir Louise évoluer et faire ses premières armes dans une enquête, sous le regard bienveillant de Clara,Gauthier, le petit nouveau de l'équipe qui a rater son entrée au RAID (je vous laisse découvrir pourquoi) et son rapproche avec Louise,  ou bien Clara, elle même, dont le passé va être encore mis en avant, en la personne de Lilo, sa nièce, qui arrive chez elle, sans prévenir. La relation entre la nièce et la tante, est des plus touchantes, et de nous montrer les blessures de Clara (et surtout celle de la disparition de son frère Vincent, des années auparavant), et sa relation difficile avec sa soeur m'a vraiment bouleversé. 

De plus, cette fois ci, Sylvie Allouche a su bien me mener en bateau, car je n'ai pas deviné avant le final, qui pouvait être le fameux meurtrier de ce jeune homme retrouvé pendu à un arbre. Du grand art! 

Au final, un 2e volet encore une fois bien mené, addictif, sur un sujet fort: le cyber-harcèlement, qui je l'espère, ouvrira les consciences de certains jeunes lecteurs, et de leurs parents. Un retour en force de la commissaire Di Lazio et de toute son équipe, fort sympathique, qu'on prend plaisir à suivre dans leurs investigations. Non, franchement rien à dire de plus que: vivement le prochain volet, car je suis persuadé qu'on en a pas fini avec la commissaire Di Lazio. Un polar adolescent qui ne prend pas ses lecteurs pour des gamins, ça fait du bien! 

Merci aux Editions Syros  de m'avoir permis de continuer l'aventure. 

Sylvie Allouche: Snap Killer, Syros, 322 pages, 2019


Slow Qui Tue #414: Stand by your man

Le slow qui tue de la semaine reste le soutien de son homme.

Tammy Wynette: Stand by your man



Bonne écoute!


vendredi 14 juin 2019

Pas d'amour sans amour

4e de couverture: Eva, célibataire de quarante ans, n’a pas fait l’amour depuis trois ans. Elle est belle, dynamique, sportive, branchée, mais les hommes se montrent quelquefois si décevants…
Réactiver ne va pas être facile, car, pour elle, « pas d’amour sans amour ».
Une comédie de mœurs drôle et décontractée, clin d’œil aux années quatre-vingt-dix.

Ecrivain mais également comédienne et réalisatrice, Evelyne Dress a voulu donner à son film "Pas d'amour sans amour", un compagnon de papier. Afin de parler de la femme et son émancipation plus en détails, que ne pourrait le faire un film. 
Entre Evelyne Dress et moi, c'est un peu une histoire amicale entre lecteur/auteure qui s'installe depuis près de 4 ans. C'est en effet, ma 3e incursion dans son univers et je dois dire que plus j'y entre et plus j'aime y retourner. 
Pas d'amour sans amour est une petite bulle de bonheur qui tourne autour du lecteur pour le chatouiller, le caresser et le charmer. C'est simple, je suis tombé sous le charme d'Eva, cette quarantenaire célibataire qui va essayer de reprendre sa vie amoureuse et sexuelle en main. En fait, je me suis beaucoup retrouvé en Eva: comme elle, je ne conçois pas un acte d'amour sans amour, et il n'est pas si facile de trouver chaussure à son pied. En fait, Eva, est une femme qui pourrait être dans mon cercle d'amies (et d'ailleurs, j'ai adoré sa bande de copines). 
Voilà un roman drôle, touchant, cash, et qui ne s'embarrasse pas de détour pour dire les choses. C'est tout simplement le roman d'une femme libérée! Eva est vraiment représentative des années 90: ces femmes célibataires, qui ont une carrière, et qui décide de prendre leur vie en main, et qui, pourtant ont du mal à trouver l'amour. C'est un roman drôle sur l'émancipation des femmes (un sujet cher à Evelyne Dress, puisqu'il était déjà présent dans "La Maison de Petichet), qui n'oublie pourtant pas l'émotion: malgré son tempérament frondeur et positif, à toujours savoir ce qu'elle veut, Eva est une femme qui à des rêves de vie à deux...mais qui n'arrive pas à tomber sur l'homme de ses rêves et passe d'histoires d'amour déçu en relation avortée. 
Mais attention, l'humour n'est jamais bien loin, mais c'est un humour parfois grinçant: pour preuve, la scène où Eva surprend son potentiel futur amant lors d'une conversation téléphonique qui va la laisser complètement pantoise (car curieuse comme elle est, elle ne peut s'empêcher d'écouter). 
C'est également un roman où la famille (et surtout les femmes de cette famille) a une place importante: Eva vit dans le même immeuble que sa mère et sa soeur, chacune à une étage. Et malgré son émancipation, elle se retrouve coincée au milieu (elle habite à l'étage central de cet ancien atelier) des deux femmes de sa famille, dont Evelyne Dress peint un portrait cocasse. Entre Nath, mariée à un homme charmant, avec deux petits bambins, n'arrive pas à rester fidèle, et leur mère, intrusive, qui s'immisce beaucoup trop dans la vie d'Eva, cette dernière n'est pas à la noce. 
Au final,vous l'aurez compris, j'ai beaucoup aimé retrouver l'univers et la plume d'Evelyne Dress, dans ce roman drôle et touchant qui parle d'une femme libérée, qui cherche tout simplement l'amour. Car, c'est bien connu, que deviendrait on sans un amour à partager.

Merci aux Editions Glyphe pour ce joli roman d'amoureuse.
Et merci à Evelyne Dress pour sa confiance et sa bienveillance.

Evelyne Dress: Pas d'amour sans amour, Edition Glyphe, 222 pages, 2018



mercredi 12 juin 2019

La Discothèque du 20e siècle #325

En 1970, un beau chanteur venu d'Israël fait fondre le coeur des filles avec cette déclaration;

Mike Brant: Laisse moi t'aimer (1970)


Mike Brant ne parlait pas un mot de français lorsqu'il est arrivé à Paris sous l'égide de Sylvie Vartan. On lui a tout de même présenté Jean Renard, qui lui a composé tout de suite Laisse moi t'aimer. S'il a fallu plusieurs mois au jeune chanteur pour apprendre les paroles, ses efforts ont été récompensés. Après avoir été interprétér au MIDEM 1970, Laisse moi t'aimer est en effet devenu un énorme tube, les auditeurs de RTL appelant par milliers pour en savoir davantage sur l'artiste. (Source: Fascicule "L'encyclopédie de la chanson française n°10", Universal Collections)

Bonne écoute!


mardi 11 juin 2019

La Guerre est une ruse

4e de couverture: Algérie, 1992. Après l'annulation des élections remportées par le Front islamique du salut, une poignée de généraux, les " janviéristes ", ont pris le pouvoir. L'état d'urgence est déclaré,les islamistes pourchassés ont pris les armes. Le pays sombre dans une violence sans précédent...
Tedj Benlazar, agent de la DGSE, suit de près les agissements
du tout-puissant Département du renseignement militaire, le sinistre DRS qui tire toutes sortes de ficelles dans l'ombre. Alors qu'il assiste à l'interrogatoire musclé d'un terroriste, Tedj apprend l'existence de camps de concentration où les islamistes seraient parqués dans des conditions inhumaines. En fouinant plus avant, il met au jour des liens contre-nature entre le DRS et les combattants du GIA. Quel jeu jouent donc les services secrets avec les terroristes ? Les massacres quotidiens sont-ils l'oeuvre des uns ou des autres ? Ou d'une instrumentalisation diabolique des seconds par les premiers ?
Benlazar acquiert la certitude que les généraux sont prêts à tout pour se maintenir au pouvoir. Et la dernière phase de leur plan va commencer : exporter le chaos par-delà la Méditerranée, pour forcer la France à soutenir leur croisade anti-terroriste. Tedj parviendra-t-il à réunir assez de preuves pour convaincre sa hiérarchie avant que l'horreur ne s'invite à Paris ?

Avec ce premier tome, Frédéric Paulin plonge le lecteur au coeur de la décennie noire qui ravagea l'Algérie et préfigura une nouvelle ère de terreur inaugurée par les attentats du 11 septembre.



Premier tome d'une trilogie consacrée à l'Algérie et à la montée du terrorisme dans cette partie du monde, des années 90 aux attentats du 13 novembre 2015 au Bataclan (en passant par les attentats du 11 septembre 2001) , La Guerre est une ruse est un roman très puissant et passionnant. 

C'est grâce à ma libraire que je suis allé vers ce roman là. Elle avait adoré et pensait que cela pourrait me plaire. Alors, il est vrai que le sujet est intéressant, même si j'évite de lire ce genre de livre sur le terrorisme. Je préfère m'évader dans mes lectures et oublier le monde cruel qui nous entoure. Sauf que là, c'est différent: Frédéric Paulin nous explique dans les moindres détails, comment le monde en est arrivé là, en remontant à la source. 
Alors, je dois dire que ce n'est pas si facile d'entrer dans ce livre: les personnages sont nombreux, les enjeux complexes, et il m'a bien fallu une centaine de pages pour me repérer...mais, elles ont été vite lues ces 100 pages. J'ai vraiment été happé par ce polar haletant, qui nous embarque dans une histoire incroyable en nous donnant toute les clés de compréhension. En effet, l'auteur, qui débute son roman en 1992, après que les "Janvieristes", une poignée de généraux ont pris le pouvoir en Algérie, nous raconte ce pays, encore marqué par la guerre d'indépendance, qui plane encore, et son histoire politique de manière très complète. 

On se retrouve alors dans un véritable roman d'espionnage, où un contre la montre est engagé. A travers les personnages de Tedj Benlazar et Rémy Bellevue, on va suivre leurs investigations pour prouver que la DSR, les services secrets algériens ont mis en place des camps de concentration pour y enfermer des islamistes. Petit à petit, il vont essayer de démêler cette toile, pour prouver que la DSR est en lien avec le GIA (un groupe terroriste, mais je schématise un peu).
L'auteur va ainsi mener son histoire jusqu'en 1995, en nous baladant de l'Algérie jusqu'en France. 

J'ai été estomaqué par la plume addictive de l'auteur, qui maîtrise son sujet sur le bout des doigts. C'est fou le nombre de détail qui sont disséminé dans ce roman. En tout cas, c'est un roman qui nous fait comprendre comment le Djihad et tous ces groupuscules terroristes ont commencé...et c'est passionnant. 
En même temps, il ne faut pas oublier que c'est un roman noir, et que l'auteur sait très bien mené son suspense, au point qu'on se surprend à ne plus pouvoir lâcher le livre avant la fin. 
C'est passionnant, terrifiant également de se rappeler de ces événements tragiques, car, même si Tedj, Rémy, Fadoul, Gh'zalla sont des personnages de papiers, d'autres ont réellement existé comme Djamel Zitouni, Jean-Charles Marchiani, et quelques autres, rendant ce roman hyper réaliste. Il nous renvoi à notre propre passé...sauf qu'on y entre par une porte dérobée, pour être dans "le secret des Dieux" celui des services secrets. 
Et le final, est une apothéose et une prémonition sur ce qu'il adviendra dans la suite...et qui nous fait dire: mais pourquoi n'ai je pas acheter le 2e tome en même temps? 

Au final, un roman noir qui oscille vers le roman d'espionnage, pour nous parler des prémices du terrorisme tel qu'on le connait aujourd'hui, en remontant à la source. C'est passionnant, comme un polar, intéressant comme un livre d'histoire, et glaçant, par son réalisme noir et sombre. Tout simplement une superbe réussite. Si vous voulez savoir pourquoi le monde en est arrivé à un tel chaos, lisez ce roman. Vous ne verrez plus le monde de la même manière. 
Vivement vendredi pour la rencontre avec l'auteur, dans la librairie de ma ville...et hâte d'avoir le tome 2 en main! 

Frédéric Paulin: La guerre est une ruse: Agullo, 377 pages, 2018



dimanche 9 juin 2019

Slow Qui Tue #413: The World is stone

Le  slow qui tue de la semaine cherche le soleil au milieu de la nuit.

Cyndi Lauper: The World is stone


Bonne écoute!


mercredi 5 juin 2019

La Discothèque du 20e siècle #324

En 1969, un chanteur québécois se fait connaître en France avec ce titre "étrange".

Robert Charlebois: Lindberg (1969)


Extraite de son 4e album, cette chanson enregistrée avec Louise Forestier a permis à Robert Charlebois de s'attirer la sympathie du public français. L'artiste québécois jouait ici à fond la carte du cosmopolitisme. Tout en témoignant d'une attirance particulière pour l'Amérique, tel un virtuose, il jonglait avec les mots des langues française et anglaise-en l’occurrence ceux de Claude Peloquin-. "Des hélices: astro jets-whisper-jets-clipper jets/Turbos à propos: Chu pas rendu chez Sophie/Qui a pris l'avion St Esprit de Duplessis/San m'avertir", cela sonne agréablement aux oreilles, d'autant que la musique est elle aussi particulièrement originale. Charlebois a un jour confié qu'il se situait quelque part entre Elvis Presley et Maurice Chevalier. Lindberg, n°14 dans les classements français en mars et avril 1969, en a apporté la preuve. (Source: Fascicule "L'encyclopédie de la chanson française n°39", Polygram Collections)

Bonne écoute!


mardi 4 juin 2019

Bleue

4e de couverture: Norvège, 2017. Depuis son plus jeune âge, Signe a fait passer l’écologie avant tout. Ainsi a-t-elle préféré renoncer à Magnus, dont elle ne partageait pas les idées. Aujourd’hui, elle vit sur un bateau amarré dans un fjord, au plus près de l’eau.  Et c’est pour sauver l’eau qu’elle décide à soixante-sept ans d’entreprendre un dernier périple en mer, lorsqu’elle apprend qu’une opération commerciale, autorisée jadis par Magnus, menace son glacier natal. L’heure est venue pour Signe d’affronter son grand amour perdu. Pour cela, elle doit prendre la direction du sud de la France…
France, 2041. La guerre de l’eau bat son plein. Avec Lou, sa fille aînée, David a fui les Pyrénées ravagées par la sécheresse pour retrouver sa femme et leur bébé, dont il a été séparé. Mais les réfugiés climatiques sont bloqués à la frontière, et les ressources commencent à manquer. Un jour, à des kilomètres de la côte, David et Lou trouvent un voilier au beau milieu d’un champ desséché.

2e volet d'un Quadriptyque sur l'écologie, la romancière Maja Lunde, nous offre avec Bleue, un livre intriguant sur un élément vital: l'eau. 

Alors, je vous rassure de suite: si "Bleue" est bien un 2e volet, il n'est pas nécessaire d'avoir lu "Une histoire des abeilles" pour lire celui ci. Les romans sont indépendants. Ce qui relie les 2 romans, c'est le thème de l'écologie. Chaque roman aborde un problème de l'écologie: la disparition des abeilles, pour le premier, "L'eau", pour le second. 

C'est le résumé fort intriguant, qui m'a donné envie de découvrir ce livre. On est ente un roman contemporain, mais dans un monde post apocalyptique également. 
En effet, deux temporalités s'offre à nous par l'intermédiaire de deux voix: celle de Signe, 67 ans, qui décide de quitter la Norvège avec un chargement spécial, sur un bateau. Nous sommes en 2017. Puis la voix de David, un père de famille et sa fille, qui quitte Argelès pour retrouver sa femme et son plus jeune fils. Ils arrivent alors dans un camp dans le sud de la France. La Terre suffoque sous une chaleur infernale et la pluie ne tombe plus. Nous sommes en 2041. 
D'un chapitre à l'autre, on navigue entre les deux histoires, en se demandant tout du long, si celles ci ont un rapport entre elles. 
Pour être honnête, si j'ai tenu à continuer la lecture de ce livre, c'est pour connaître le destin de David et de sa fille Lou. C'est clairement la France de 2041 qui aura eu ma préférence tout du long. J'ai aimé suivre le parcours rocambolesque de ce père et de sa fille, pris dans le tumulte de cette vie sans eau. Non pas que l'histoire de Signe, n'est pas intéressante, mais elle m'a moins passionnée. C'est tout. Elle déroule son histoire avec Magnus, son compagnon, qui ne défend pas les mêmes  passions qu'elle. Signe est une pasionaria qui se bat pour le Glacier de son village, qu'un barrage risque de faire fondre.

Maja Lunde conte des choses très réalistes qui font froid dans le dos. Si l'on n'y prend pas garde et qu'on gaspille notre eau pour notre plaisir personnel, on risque de ne plus en avoir et la terre deviendrait un désert qu'un grand brasier viendrait consumer. 
De plus, le style fluide, très dialogué de Maja Lunde, rend cette expérience fort personnelle et intemporelle. 

En fait, le bémol de ce roman, en l'ayant refermé après avoir lu le dernier mot, c'est que l'histoire n'est pas aussi grandiose que ce sujet pouvait le faire croire. On pourrait même être un peu déçu, que l'histoire soit simplement, résumé dans une relation qui s’effrite entre Signe et Magnus, et la relation entre un père et sa fille, parti à la recherche du reste de la petite famille. On pourrait penser: un sujet aussi vaste et important que l'eau ne méritait qu'une petite histoire très personnelle, sans importance pour l'humanité entière? 
Oui, mais pas vraiment. 
En y réfléchissant, je me dis, que, certes, l'histoire n'est pas aussi grandiose qu'un film catastrophe, mais elle est avant tout très intime. Et c'est justement ce qui fait sa force: en se focalisant, sur le parcours de Signe, dans sa vie de militante, mais également son histoire d'amour avec Magnus, et de l'autre côté, l'histoire fort belle et touchante de David et sa fille, Lou, qui se retrouvent sur les routes de France pour tenter de survivre, Maja Lunde nous raconte notre vie tout simplement. On peut alors s'identifier à Signe, ou à David, et se demander comment, dans ce contexte extraordinaire, qui pourrait devenir notre avenir si on n'y prend pas garde, nous réagirions face à cette catastrophe. 
Surtout, les deux histoires, qui sont les facettes d'une même pièce, racontent les causes, et les conséquences d'une catastrophe future. Et les facettes de cette pièce se recollent vers la fin du livre pour montrer toute sa complexité. 

Au final, un roman fort touchant, qui tire la sonnette d'alarme, et nous interroge sur le sens de notre hypothétique futur. Un roman qui parle de l'intime pour que le lecteur puisse s'identifier aux personnages et se poser ces questions: que ferais je moi, si j'étais dans cette situation? C'est un roman qui interroge, interpelle, qui nous alarme, mais qui, de par ses deux personnages principaux, Signe et David, laisse entrouvrir une lueur d'espoir. Un moyen de se dire, qu'il n'est pas encore trop tard, mais qu'il serait bon d'agir...Maintenant! 

Merci aux Editions Presses de la Cité pour la découverte de ce livre. 

Maja Lunde: Bleue, (Bla), Presses de la Cité, 354 pages, 2019


dimanche 2 juin 2019

Slow Qui Tue #412: Can I touch you there?

Le slow qui tue de la semaine se demande s'il peut toucher le coeur de l'être aimé.

Michael Bolton: Can I touch you there?



Bonne écoute!


samedi 1 juin 2019

Le Moi(s) Belfond #8: Minuit à Pékin

4e de couverture: Entre polar compulsif et document édifiant, un true crime exceptionnel. Dans le Pékin des années 1930, en plein chaos diplomatique et dépravation morale, une enquête minutieuse qui résout un mystère vieux de près de quatre-vingts ans.
 
Par une froide nuit de janvier 1937, au pied de la tour de garde du vieux quartier de la Légation, le corps atrocement mutilé d’une jeune femme est retrouvé. Elle s’appelait Pamela Werner, elle avait vingt ans, elle était la fille adoptive de l’ancien consul de Grande-Bretagne.
 
Crime d’un rôdeur ou affaire d’État ? Dépêché par le Foreign Office, l’inspecteur Dennis lance l’enquête pour s’apercevoir rapidement que personne n’est pressé de voir la vérité triompher. Car Pékin est alors une véritable poudrière. Tandis que diplomates et seigneurs de la guerre complotent dans les fumeries d’opium, les expatriés se plongent dans une frénésie d’alcool, de drogue et de luxure pour oublier les rumeurs de l’invasion japonaise imminente et la fin annoncée de leurs privilèges. Et l’horrible assassinat de Pamela Werner pourrait bien faire l’effet d’une bombe diplomatique…

C'est après avoir lu une biographie d'Edgar Snow, auteur du célèbre "L'étoile rouge de Chine" que Paul French croisa le nom de Pamela Werner. Jeune fille anglaise qui fut retrouvée morte, atrocement mutilée le jour de l'an Russe (le 7 janvier) 1937, à la Tour du Renard, dans le quartier des Légations, en Chine. 

C'est ainsi que lui vint l'idée d'écrire ce livre en 2011, afin de réhabiliter la mémoire de Pamela Werner, et surtout lui rendre une certaine justice, 75 ans après les faits. 
J'ai été attiré par ce livre, à sa sortie, par mon goût de l'histoire, mais aussi pour celui des faits divers, et surtout ceux, non élucidés. 
Ici, le dépaysement est total en plus. J'ai beaucoup aimé ce livre, et découvrir la Chine des années 30, alors en plein changement, avec l'invasion japonaise. imminente. 

Ce document se lit comme un véritable polar, et Paul French a pris le parti de raconter ce fait divers à la manière d'un roman policier. D'un style fluide, rapide et addictif, tout en nous informant sur la situation de la Chine, à cette époque, il revient sur le passé de chaque protagoniste: de Pamela, jeune fille de bonne famille (son père travaille pour la diplomatie anglaise), à son Père, E. T.C. Werner, en passant par les policiers, chargés de l'enquête, le chinois, Han et le britannique, Dennis et toutes les personnes ayant de près ou de loin un lien avec l'affaire. 
Par contre, Paul French ne nous épargne rien, et la scène de la découverte du corps et de son autopsie, est des plus horribles. 
Puis, il fait défiler le déroulement de l'enquête, qui s'enlise, en cela, peu aidé par la délégation Britannique...ce qui fait que l'affaire sera classée sans qu'aucun coupable, ne soit identifié, arrêté et condamné. 

Puis vient la deuxième partie de l'histoire, celle qu'il m'a le plus passionné et que j'ai lu d'une traite, voulant savoir comment cela allait tourner. Alors que l'enquête est arrêtée et l'affaire classée, c'est au tour du père de la victime, E.T.C. Werner de mener sa propre enquête afin de trouver le ou les assassins de sa fille. Il va tout reprendre depuis le début et Paul French va nous reconstituer tout ce parcours et faire part de sa théorie sur ce meurtre vieux de 82 ans. Une théorie  plausible qui pourrait très fortement se rapprocher de la vérité. 

C'est un livre passionnant sur les rouages tordus de la politique (les diplomates britanniques ont souvent mis des bâtons dans les roues à Werner lors de son enquête personnelle),sur la Chine de cette époque, en plein chambardement, sur l'amour d'un père et sa volonté de faire la lumière sur le meurtre de sa fille. Un livre digne des meilleurs polars, mais qui fait froid dans le dos, quand on pense, et qu'on n'oublie pas que tout ce qu'on lit s'est véritablement produit...et les photos inclus dans le livre, sont là pour nous le rappeler. Passionnant et saisissant d'effroi. 



Paul French: Minuit à Pékin, comment le meurtre d'une jeune anglaise a hanté les derniers jours de l'ancienne Chine, (Midnight in Peking, How the murder of a young Englishwoman haunted the last days of old China), Belfond, 302 pages, 2014


mercredi 29 mai 2019

La Discothèque du 20e siècle #323

En 1968, le groupe The Troggs sort ce titre qu'un autre groupe reprendra avec succès 26 ans plus tard pour la BO d'un film.

The Troggs: Love is all around (1968)


Menés d'une main de maître par le chanteur Reg Presley, les Troggs ont donné en 1966 avec Wild Thing leur hymne au Swingin'London. L'année suivante toujours aussi populaire, le quartette anglais sort la ballade Love is all around qui va atteindre les 5e et 7e places des hit-parades en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. "Redécouverte" dans les années 90, la chanson sera enregistrée par Wet Wet Wet avant de trouver place sur la bande originale de Quatre mariages et un enterrement (1994) film de Mike Newell avec Hugh Grant et Andie McDowell. C'est ainsi que Love is all around retrouvera le chemin des hit-parades et passera 15 semaines en tête des charts british. (Source: Fascicule "Mes Soirées 60's n°2", Universal Collections)

Bonne écoute!


lundi 27 mai 2019

Le Moi(s) Belfond #7: Rose de cendres

4e de couverture: D’origine modeste et issu d’une famille républicaine, Albert Corner a combattu lors de la première guerre d’indépendance de Cuba. À son retour au pays, il n’a plus qu’une idée en tête : s’enrichir, quitte à verser dans la criminalité. Des années plus tard, il jouit d’un statut d’homme d’affaires reconnu.
Mais, en 1909, la révolte est aux portes de la ville : le syndicalisme ouvrier affronte violemment le gouvernement espagnol au sujet de la mobilisation pour la guerre au Maroc. Et dans cette Catalogne au bord de l’explosion, les enfants Corner pourraient bien trahir les idéaux fraîchement bourgeois de leur père. Entre les aspirations révolutionnaires des uns et les désirs d’émancipation des autres, l’équilibre de la famille et des affaires est en danger…

Pour un esprit curieux comme le mien, j'aime parfois aller vers une littérature inconnue,qui m'apprendra des choses. Mon choix s'est porté sur le roman de Pilar Rahola, Rose de cendres, car il retraçait un événement historique important de l'histoire catalane. 

Alors, je dois avouer que cette lecture fut difficile d'accès pour moi: le style "historien" de l'auteure n'est pas facile à appréhender, et le fait qu'au début, les nombreux aller retour dans le passé, d'un paragraphe à l'autre n'aident pas. Et quand la politique de pays inconnus (lEspagne et la Catalogne) s'invite, il est important de prendre son temps. Voilà pourquoi j'ai mis une semaine pour lire ce petit livre. Je voulais comprendre au mieux, les enjeux de cette Semaine Sanglante, que vécu Barcelone au début du XXe siècle. 

Pilar Rahola, a décidé de raconter ce pan de l'histoire catalane, par le prisme d'une famille, dont Albert, le patriarche est le premier a entrer en scène. C'est un homme riche au début du roman, mais l'on comprend vite qu'il est né pauvre et qu'il a fait sa fortune, à force de ténacité, mais également de violence puisqu'il se rendra coupable d'un crime pour amasser sa fortune. C'est un être vil, imbu de lui même, arrogant, et je ne l'ai pas apprécié du tout. 
Heureusement que certains de ses enfants ont trouvés grâce à mes yeux, et deux, en particulier: Enric, le deuxième fils de la famille, qui va sentir battre un coeur de révolutionnaire qui prendra fait et cause pour la cause ouvrière, rejetant son père et sa fortune. Le fait qu'il soit aussi homosexuel, dans ce début de nouveau millénaire, n'aide pas ses relations avec Albert, et le reste de la famille. Sauf Merceneta, sa soeur (2e personnage, dont j'ai beaucoup aimé la personnalité)qui ne le juge pas et l'aime comme il est. Elle aussi rêve d'une catalogne nouvelle, mais elle la voit plus par les arts, et par les femmes, que par la révolte et le sang. Sans oublier Avi-li, le fils aîné, qui lui aussi, prendra part dans la révolution qui se prépare,pour une Catalogne indépendante, mais en restant très proche de son père. 

Ainsi, c'est sous quatre regards différents que Pilar Rahola, nous raconte les prémices de la Semaine Sanglante, son déroulement et ses conséquences. C'est passionnant, surtout, qu'elle prend le temps de s'attarder sur chaque personnage important de l'histoire (Albert, Enric, Avi-li et Merceneta) en nous en dressant un portrait complet, qui donne du corps au personnage. Mais pas forcément d'émotions vives. En fait, je n'ai pas pu trop ressentir quelque chose pour les personnages, sauf par moments. Et cela est dû à un style très travaillé, qui décortique les événements historiques, comme un historien le ferait. 
C'est ce qui me désole un peu. J'aurai voulu aimer,rire et pleurer au contact de cette famille. 

Au final, un roman historique fort intéressant qui revient sur un événement tragique important de l'histoire catalane, que j'ai pris le temps d'apprécier pour comprendre au mieux tout les éléments mis en place...mais qui m'a un peu laissé sur le bord de la route côté sentiments. Mais, si l'Histoire, avec un grand H, vous intéresse, que vous aussi, vous voulez découvrir l'histoire d'un autre pays, n'hésitez pas, ce roman fait le job. Par contre, si vous vous attendez à une saga familiale, sur fond d'histoire catalane, vous risqueriez d'être déçu. A vous de faire votre propre choix. 

Merci aux Editions Belfond pour la découverte de ce livre. 



Pilar Rahola: Rose de cendres, (Rosa de cendra), Belfond, 281 pages, 2018)



dimanche 26 mai 2019

Slow Qui Tue #411: Manic Monday

Le slow qui tue de la semaine n'aime pas les début de semaine frénétique.

The Bangles: Manic Monday


Bonne écoute!


mercredi 22 mai 2019

La Discothèque du 20e siècle #322

En 1955, Jacqueline François nous emmène au Portugal avec cette chanson.

Jacqueline François: les Lavandières du Portugal (1955)


Jacqueline François, qui, en 1954, avait vendu plus d'un million de disques, demeurait l'année suivante l'une des chanteuses préférées des Français. Ecrit par Roger Lucchesi et composé par André Popp, son grand tube de l'année a été Les lavandières du Portugal, qui ont valu à la chanteuse de remporter le prix de l'Académie du Disque. (Source: Fascicule "L'encyclopédie de la chanson française n°39",, Polygram Collections)

Bonne écoute!


lundi 20 mai 2019

Le Moi(s) Belfond #6: La vie dont nous rêvions

4e de couverture: Sam et Merry ont quitté New York pour s’installer dans un cottage en Suède et élever leur bébé au grand air. Loin de la grande ville, de ses tentations, de sa souillure, les voilà libres de se réinventer. 
Sam, en homme viril et fidèle qui assure le confort et la protection des siens.
Merry, en tendre épouse qui s’adonne à ses nouveaux devoirs de mère au foyer.
Le tableau idéal : au cœur de la nature, l’homme, la femme, l’enfant.

Mais aussi Francesca, la meilleure amie de toujours, venue leur rendre visite.
Francesca, la citadine, la sublime, la femme libre.
Francesca, qui ne se sent chez elle nulle part, qui n’a jamais été choisie par un homme, et qui a de très vieux comptes à régler…

Michelle Sachs nous offre un premier roman fort malsain, qui plonge dans les pensées les plus sombres de ses personnages. 

Oh là là, il y avait bien longtemps qu'un roman ne m'avais pas mis autant mal à l'aise, et ce dès les premières pages...et que ce malaise allait être présent tout au long du roman. Pourtant, je n'ai pu m'empêcher de le continuer, et de tourner les pages afin de savoir comment cette histoire malsaine allait finir. 

Mon Dieu, mais comment une auteure peut nous faire aller aussi loin dans la noirceur de l'âme humaine (alors j'en ai lu des romans avec des personnages horribles, hein: les romans de Mrs Oates, c'est pas les Bisounours): aucun personnage n'a trouvé grâce à mes yeux. Que ce soit Merry, Sam ou Frank (pour Francesca), ils sont tous abjects et leurs actes, que l'auteure prend plaisir à nous montrer parfois dans ses moindres détails, nous laisse une grimace de dégoût sur le visage ou complètement sans voix. 
En fait, le seul personnage que je sauverai dans ce roman, c'est le petit Conor, le fils de Merry et Sam, qui est l'innocence même et qui se retrouve au milieu de ce nid rempli de serpent à sang très froid. Le pauvre petit bonhomme. 

Pourtant le premier chapitre, raconté par Merry nous dresse le portrait d'une famille idéale: un mari, un petit garçon, une petite maison en bois au bord d'un lac en Suède. La petite famille idéale...sauf que, très vite, le lecteur se rend compte que ceci n'est qu'une façade, que tout est factice. Et l'auteure va nous le démontrer en décortiquant la vie de ses personnages au fil de l'histoire, nous lâchant des révélations sur le passé de Merry, Sam et Franck. Alors le fait que Merry, Sam et Franck prennent la parole à tour de rôle pour nous parler de leur vie présente et passé auraient pu nous faire ressentir de l'empathie pour eux. Alors, il est vrai qu'on ressent des choses à leur contact, mais rien de positif. Même leur passé ne réussissait pas à les racheter....sauf à nous faire comprendre comment ils en étaient arrivé là. 

En fait, ce roman est rempli d'hypocrites, qui sous des visages de façades, vivent une vie de mensonges. Et ces mensonges vont éclater progressivement, jusqu'à l’inéluctable. Et c'est ainsi qu'à la moitié du roman, un suspense se met en place après un drame que je ne dévoilerai pas. Et c'est ainsi que le lecteur est happé, pris dans les filets et ne peut faire autrement que de tourner les pages, allant toujours de surprise en surprise, jusqu'à un final étonnant pour ma part. 

Au final, un roman psychologique qui laisse planer un malaise constant au dessus de la tête du lecteur, qui pourtant, ne peut pas faire autrement que de continuer, tellement fasciné par ce qu'il lit. Les trois personnages principaux (Merry, Sam et Franck) sont fort bien dessinés, avec un passé foisonnant que Michelle Sachs dévoile au fil de l'histoire dans des flashbacks qui éclairent encore plus la personnalité trouble de ces trois personnes. C'est un roman dérangeant, fascinant,sur un sujet qui pourra déplaire à certains (et qui concerne la maternité..mais je n'en dirais pas plus)  qui vous tiendra en haleine jusqu'au bout. Un premier roman réussi, dans la lignée de ceux de Lionel Shriver. Saisissant! 

Merci aux Editions Belfond pour cette découverte très dérangeante, mais tellement hypnotique. 

Michelle Sacks: La vie dont nous rêvions, (You were made for this), Belfond, 329 pages, 2019





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dimanche 19 mai 2019

Slow Qui Tue #410: Father

Le slow qui tue de la semaine adresse une prière au Père du monde entier.

The Christians: Father



Bonne écoute!


samedi 18 mai 2019

Le Moi(s) Belfond #5: Les Délices de Turquie (Belfond Vintage Saison 1, Volume 1)

4e de couverture: Original, cru, provocateur, tendre, un roman à l’énergie contagieuse, à la liberté de ton étonnante, porté par une écriture fougueuse et sensuelle. Quelque part entre Les Valseuses et Le Dernier Tango à Paris, l’histoire d’une passion folle dans l’Amsterdam des années 1960. La redécouverte d’un roman culte et de son auteur, artiste total à la réputation scandaleuse, en révolte perpétuelle contre l’hypocrisie d’une société engoncée dans un protestantisme pudibond. Jan Wolkers est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands écrivains néerlandais d’après-guerre, aux côtés d’Harry Mulisch, Gerard Reve et Willem Frederik Hermans. 

Les Délices de Turquie ont été adaptés au cinéma en 1973 par Paul Verhoeven, avec Rutger Hauer et Monique Van de Ven dans les rôles principaux, et ont été désignés comme le meilleur film néerlandais du XXe siècle.

Premier titre qui lança la collection Belfond [Vintage], il y a 7 ans, Les délices de Turquie est un roman qui me faisait "peur". 
Je l'ai acheté parce que je suis un collectionneur et que, donc, j'aime bien avoir tous les titres d'une même collection...surtout d'une collection dont tous les titres lus jusqu'à présent,m'ont plu, à des degrés divers. 

Pourtant, ce titre, acheté il y a donc 7 ans, a dormi dans ma PAL tout ce temps, car le sujet et l'érotisme dont parlait la 4e de couverture m'attirait moyen. J'avais lu les premières pages il y a quelques années et j'ai de suite pensé que ce livre allait être difficile à lire pour moi, les livres érotiques n'étant pas trop ma tasse de thé. 

Puis, en lançant le Mois Belfond, je me suis dis qu'il serait peut être temps de lire ce premier numéro de [Vintage]. Je me suis dis: vu la ligne éditoriale de la collection et les titres proposés depuis 7 ans, il devait bien ressortir de ce livre quelque chose qui me plairait. 
Ainsi, je me suis lancé ce matin dans la lecture de ce roman et les débuts furent très difficile: la crudité des termes employés dans les premiers chapitres, un côté scato qui apparaît par moment, m'ont été un peu pénible à lire. J'avoue, j'ai commencé à lire ce livre avec un détachement et une volonté d'en finir vite afin de me dire: aussitôt, lu, aussitôt oublié, je pourrais passer à autre chose. 
Ainsi, les pages s'enchaînent et mon esprit est ailleurs, voulant au plus vite être débarrassé de cette lecture pénible...sauf que je me suis surpris a continuer ma lecture par intérêt. Le narrateur de l'histoire avait réussit à me happer et j'ai enfin compris, que derrière ce côté cru et provocant, se cachait un roman touchant sur une passion amoureuse débordante. 

Mais au fait, "Les délices de Turquie", ça raconte quoi: l'histoire du narrateur, qui n'est jamais nommé, qui vient de se faire quitter par sa femme, après deux ans de mariage et qui a du mal à s'en remettre. Il va ainsi nous raconter sa rencontre avec Olga, sur le bord d'une route, sa passion et ses parties de jambes en l'air avec elle, son dégoût pour sa belle-mère, qui fera tout pour que cela capote, car elle ne veut pas que sa fille vive avec un artiste. 

Si l'on passe outre ce côté provocant et sexuel, nous avons affaire à un roman terriblement émouvant sur une histoire d'amour fusionnelle et sans complexe, avec deux personnages tourmentés qui arriveront à briser votre carapace. Je vous assure que la fin du roman m'a donné des frissons tellement c'était beau. On ressent tout au long du roman la détresse du héros devant son amour perdu, mais aussi celle d'Olga, qui errera d'homme en homme après la rupture avec le narrateur, pour trouver le bonheur, si fugace soit il. 
En définitive, c'est un roman bien plus profond qu'il n'y parait, et, qui, sous couvert de raconter une histoire d'amour, nous parle d'une époque libérée sexuellement, celle de la fin des années 60. 

Au final,  un roman bien plus profond et subtil que cache ce côté sulfureux et provocant. Un roman que j'ai ouvert à reculons, en lisant les premiers chapitres avec détachement, mais qui a su me toucher de par ses deux personnages principaux, le narrateur et Olga. Deux êtres libérés qui se sont brûlés les ailes au feu du désir. Un roman sur le deuil d'un amour qu'on ne rencontre peut être qu'une fois dans sa vie. 



Jan Wolkers: Les Délices de Turquie, (Turks Fruit), Belfond, (Collection Belfond [Vintage]), 246 pages, 1969 (pour l'édition originale), 1976 (pour la traduction française), 2013 (pour la présente édition)


vendredi 17 mai 2019

Le Moi(s) Belfond #4: Le Messager (Belfond Vintage Saison 7, Volume 36)

4e de couverture: « Le passé est un pays étranger… » Ainsi s’ouvre ce classique aussi troublant que profond sur ces instants de l’enfance qui façonnent toute une vie. Publié en Angleterre en 1953 et en France deux ans plus tard, un roman tout en finesse porté par une langue précieuse, où Léon Colston, vieux monsieur, explore ses souvenirs et se replonge dans l’été 1900. Un été tragique et brûlant.
Adapté au cinéma par Joseph Losey et mis en musique par Michel Legrand, Palme d’or du festival de Cannes en 1971, un chef-d’œuvre à redécouvrir au plus vite !

Les petites phrases des écrivains qui apparaissent sur les couvertures des livres ou en 4e de couv, sont devenues monnaie courante. (combien de fois Stephen King fut mentionné sur une couverture en disant que ce roman est génial!). 

Le Messager a une citation d'un auteur, qui ouvre la 4e de couverture. Une citation que j'aurai du m'abstenir de lire, car elle a eu l'effet inverse escomptée. C'est à dire qu'au lieu de me donner envie de lire le livre, elle m'a donner envie d' y aller à reculons. Pourquoi, me direz-vous? Tout simplement, parce que l'auteur de cette citation, qui a lu ce livre quand il avait l'âge du héros du "Messager", et qui s'est identifié à lui, mentionne également qu'il a écrit un livre en hommage au roman de L.P. Hartley. Et là, patatras! En voyant le titre du "roman-hommage", je m'aperçois que j'ai lu le livre en question (et même vu l'adaptation ciné qui en fut tirée, plusieurs fois)! Ainsi, j'avais peur de m'être gâché la surprise de la découverte. 

Mais bon, je me suis lancé, et mes craintes ont été confirmées: les deux romans ont un postulat similaire, avec des différences tout de même dans le traitement. C'est pourquoi, il m'a fallu du temps pour entrer dans ce livre: plus d'une centaine de pages furent nécessaire pour accrocher (bon, le fait que j'ai eu peu de temps de lire cette semaine, a participé à cette lenteur)...puis le déclic, s'est fait. 

Après ce déclic, (et le fait que j'avais une matinée de libre) j'ai enchaîné les pages jusqu'à la fin, ne pouvant pas détacher les yeux de cette histoire tragique.  Certes, la fin ne m'a pas surprise, mais les personnages ont su faire le reste c'est à dire, m'intriguer pour savoir ce qui allait se passer. 

C'est un roman dans la pure tradition anglaise avec secrets, mariage arrangé, famille bourgeoise, mais également un roman initiatique d'un jeune garçon de 13 ans, qui découvre un nouvel univers: celui des grandes personnes. 
Effectivement, le personnage du petit Léon Colston, qui peut agacer par moments,se retrouve être mêlé dans un ménage à trois, à son corps défendant, et découvre ainsi, de manière bouleversante, et qui changera sa vie à jamais, le monde intransigeant des adultes, et surtout des convenances. 

Le Messager est également un roman très intéressant sur le thème de l'imaginaire: Léon est un jeune garçon très naïf et rêveur, qui s'invente des histoires, et qui sent l'importance de son rôle de messager, entre Marian, la soeur de son ami Marc, qui l'a invité à passer l'été dans la résidence de ses parents à Brandham Hall, et Ted,un fermier du village. Sauf que l'imagination débordante du garçon va être le catalyseur du drame qui se profile. 
Les nombreux passages d'introspection du jeune garçon sont parfois d'une telle arrogance, qu'on ne peut pas apprécier ce personnage. Heureusement que le Leon de soixante ans est là pour contrebalancer ce comportement détestable. 

En définitive, c'est un très bon roman et je comprend qu'il soit devenu un classique de la littérature anglaise: il est captivant de bout en bout, il est une formidable radiographie de cette Angleterre qui entre dans ce siècle des changements brutaux, qu'est le XXe, et qui ébranlera la famille Maudsley, sur plusieurs points. Mais  je pense que je l'aurai plus apprécié si je n'avais pas lu, il y a quelques années,  un roman, qui lui ressemble étrangement. Le fameux roman de cet auteur qui vie sa vie de petit garçon changer. 
 D'ailleurs, je l'ai aimé, sinon, je ne serai pas accroché coûte que coûte à la  lcture de ce roman. Puis, j'ai grandement envie de voir l'adaptation du film qui en fut tiré... et dont Michel Legrand composa la musique. 


The Go-Between 
(Fait remarquable: cette musique a servi de générique à "Faites entrer l'accusé")

Merci aux Editions Belfond pour leur confiance.



L.P. Hartley: Le Messager, (The Go Between), Belfond, (Collection Belfond [Vintage]), 390 pages, 1953 (pour l'édition originale), 1955 (pour la traduction française), 2019 (pour la présente édition)


mercredi 15 mai 2019

La Discothèque du 20e siècle #321

En 1950, Henri Salvador écrit et interprète une berceuse qui est  entré dans l'inconscient collectif.

Henri Salvador: Loup, la biche et le chevalier (le) (une chanson douce) (1950)


Cette berceuse, qui a agi sur plusieurs générations de bambins, est connue de tous sous le nom de Chanson douce. Mais son titre d'origine est  Le loup, la biche et le chevalier. Une fable de la Fontaine? Non, une composition d'Henri Salvador qui, fraîchement sorti de la revue de Mistinguett Paris s'amuse, obtenait là l'un de ses premiers grands succès. Sortie en 1951, Le loup, la biche et le chevalier a en effet été l'une des chansons plébiscitées par le public français, avec L'âme des poètes de Trenet et Un gamin de Paris de Mick Micheyl. (Source: Fascicule "L'encyclopédie de la chanson française n°10" Universal Collections)

Bonne écoute!