Cette année, j'ai instauré une Book Jar (qui consiste à mettre 12 titres de sa PAL (enfin des papiers, bien sûr, pas les bouquins) et de tirer un titre chaque mois afin de le lire) avec des livres qui traînaient dans ma PAL depuis des années.
Eh bien, je trouve que ce fut une idée merveilleuse, car cela m'a permis d'enlever des livres auquel je ne pensais plus, et certains furent même de belles découvertes.
En cette fin d'année, il est temps de faire le bilan de cette Book Jar 2015. Rappelons tout d'abord les douze titres dans leur ordre de tirage:
Janvier 2015: La Ligne Rouge: James Joyce
Février 2015: Le messager des sables: Antoine Audouard & Léonard Anthony
Mars 2015: N'éveillez pas le chat qui dort: Julian Gloag (Abandon)
Avril 2015: Dédale: Larry Collins (Abandon)
Mai 2015: Le Hussard sur le toit: Jean Giono
Juin 2015: Danse Avec Les Loups: Michael Blake
Juillet 2015: Le Ciel et l'enfer (Nord et Sud Tome 3): John Jakes
Août 2015: Service des urgences: Marcia Rose
Septembre 2015: Pastorale américaine: Philip Roth
Octobre 2015: Fortune de France: Robert Merle
Novembre 2015: Les Heures: Michael Cunningham
Décembre 2015: Le Couloir de la mort: John Grisham
Comme vous pouvez le voir, ce fut une année très acceptable. Il y a eu, seulement deux abandons (ce qui est le risque quand on tire un livre au hasard, mais c'est aussi un bon moyen de faire le ménage dans sa PAL en se rendant compte que ces livres là ne me faisaient plus envie, car mes choix de lectures ont quelques peu changés) et des livres comme "Danse avec les loups", "Fortune de France" et "Les Heures" ont été de belles surprises de lectures.
De plus, le hasard a souvent bien fait les choses car certains livres tirées correspondaient à la saison où je voulais les lire (comme "Service des Urgences", "Fortune de France" ou "Les Heures"). J'espère que ce sera la même chose l'année prochaine.
Il est temps maintenant de passer à la liste des livres que j'ai choisi de lire en 2016. Comme pour l'année dernière, j'ai choisi des romans qui dorment depuis des années et qu'il est temps de réveiller (et même pour certains, de ranimer tellement ils sont proches du coma): des Belles Au Bois Dormant en somme. (eh eh , jeu de mot hyper pourri, je l'admet).
Book Jar 2016
Northanger Abbey: Jane Austen
Un jour des choses terribles: Laurent Botti
Mille femmes blanches: Jim Fergus
La dame du Nil: Pauline Gedge
Racines: Alex Haley
L'oeuvre de Dieu, la part du diable: John Irving
La poursuite du bonheur: Douglas Kennedy
Le chagrin et la grâce: Wally Lamb
Nouvelles africaines: Doris Lessing
Au plaisir de Dieu: Jean d'Ormesson
Le Dieu des petits riens: Arhundati Roy
Une journée d'Ivan Denissovitch: Alexandre Soljenitsine
Comme vous pouvez le voir, un programme varié ou des classiques côtoient des polars et des sagas. Tout ce que j'aime. Je vous avouerai, toutefois qu'un titre me fait très peur: "L'oeuvre de dieu, la part du diable" de John Irving. J'ai déjà fait trois tentatives de lecture qui se sont soldés par des échecs. Je l'ai à chaque fois abandonné. Je vais donc (tenter de) le lire une 4e fois...mais cette fois ci, ça passe où ça casse; ainsi, il quittera ma PAL une bonne fois pour toute.
Avant de clore ce billet, je voulais aussi parler d'un autre "challenge" que j'effectue dans l'année: lire une série de livres.
Depuis deux ans, je m'y tiens avec succès:
en 2014, c'est la série Succubus de Richelle Mead qui eu l'honneur de débuter ce "challenge".
en 2015, Les Portes de Québec de Jean-Pierre Charland a enthousiasmé les saisons de l'année 2015.
Pour 2016, j'ai pris la décision de "corser" l'affaire, en lisant, non pas une, mais deux séries!
Deux séries vont donc rythmer mon année livresque 2016:
Harry Potter:de J.K. Rowling
Les enfants de la Terre: de Jean Auel
En fait, ce choix s'explique simplement: "Harry Potter" est une série dont il me reste le dernier tome à lire. Donc, comme la série sera quasiment une relecture, je ne me voyais pas la relire toute une année au détriment d'une autre série (car il me reste encore quelques sagas dans ma PAL qui attendent d'être lues).
Pour finir, je vous montre les deux livres qui vont rythmer mon mois de janvier (et bien d'autres j'espère) :
Pour la Book Jar:
Pour la (1ere) Série de l'année:
Tout un programme!
J'espère que l'année 2016 sera une belle année livresque pour tout le monde.
Bienvenue dans ce Kabaret où je vous parlerai de mes lectures, mais également de séries, de cinéma, de musique...
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jeudi 31 décembre 2015
dimanche 13 décembre 2015
Le couloir de la mort
4e de couverture: État du Mississippi, 1967. Les deux jeunes fils d'un avocat juif défenseur des droits civiques meurent, pulvérisés par une bombe portant la signature assassine du Ku Klux Klan... Eté 1990, Sam Cayhall, l'un des terroristes présumés, attend fébrilement le jour de son exécution. Cloîtré dans sa cellule étouffante du quartier de haute sécurité, l'homme a perdu le soutien de tous les siens. Tous sauf de son petit-fils Adam : un avocat d'assises fraîchement diplômé qui, malgré l'incompréhension et le dégoût profond que lui évoquent ce grand-père qu'il connaît à peine, va tenter l'impossible afin de lui épargner le supplice de la chambre à gaz.
Les lecteurs du blog qui me suivent depuis quasi l'ouverture du Kabaret savent que John Grisham fait parti de mes auteurs favoris, et ce, depuis des années.
Cependant, cela faisait trois ans que je ne m'étais pas plongé dans une de ses intrigues judiciaires dont lui seul à le secret. (Ma dernière lecture remonte à juin 2011 avec Le Testament).
Mon choix s'est alors porté sur Le Couloir de la mort parce qu'il est le roman (de cet auteur) le plus ancien dans la PAL: en effet, il y traîne depuis 17 ans (!!). En fait, j'avais tenté de le lire au moment de l'achat du livre en 1999...mais j'ai abandonné ma lecture au bout d'une trentaine de pages car j'avais eu le malheur de vouloir le lire tout de suite après avoir vu le film qui en a été tiré (le titre français de l'adaptation est "L'héritage de la haine" avec Chris O'Donnell, Gene Hackman et Faye Dunaway). Connaissant déjà l'histoire, je ne voyais plus l'intérêt de lire le livre...je l'ai alors laissé dormir pendant plusieurs années (il a dû se sentir comme la Belle au bois dormant le pauvre).
Le Couloir de la mort est un roman fascinant, qui nous montre de nouveaux rouages de la justice américaine (c'est ce que j'aime chez Grisham: chaque roman nous ouvre les portes du monde judiciaire américain dans des domaines différents (les avocats d'affaires dans "La Firme" (et les magouilles qui vont avec), les droits de succession dans "Le Testament", le droit d'assise dans "Non Coupable" et, ici, la défense d'un condamné à mort pour lui éviter l'exécution.
Alors, ce n'est pas un plaidoyer contre la peine de mort que nous donne à lire Grisham (même si les partisans contre la peine de mort nous sont également montré): non, il montre les rouages de toute cette mécanique complexe qu'est la défense d'un condamné à mort pour lui éviter (ici) la Chambre à gaz et il le fait, encore une fois de manière magistrale, de façon quasi "professorale" en nous donnant toutes les clefs de compréhension, mais en n'oubliant pas le suspense que John Grisham sait gérer de main de maître.
En ouvrant ce livre, il ne faut pas s'attendre à avoir des rebondissements de folie et de l'action (je crois d'ailleurs que le film a ajouté des éléments d'action qui ne sont pas dans le livre (pas ou peu développé) pour rendre l'intrigue plus nerveuse): on suit juste le parcours d'Adam, ce jeune avocat, dans son combat pour empêcher que son client passe dans la Chambre à gaz.
L'autre point fort du roman c'est d'avoir créé un lien entre l'avocat et son client: en effet, dès l'apparition d'Adam, l'avocat qui reprend le dossier de Sam Cayhall (les premières pages du livre revenant sur l'attentat provoqué par Sam et son complice, qui provoqua la mort de deux enfants, et les deux procès qui en découlent), le lecteur (et les protagonistes du roman) savent qu'Adam est le petit fils de Sam Cayhall (d'où l'explication du titre français de l'adaptation ciné "L'héritage de la haine"). L'auteur va alors, à l'aide de flashbacks, nous décrire le passé peu glorieux de la famille Cayhall (leur lien avec le Ku Klux Klan depuis plusieurs génération (du grand père jusqu'au petit fils Sam (lien qui sera brisé par Eddie, le fils de Sam qui s'éloignera de cette famille, en déménageant pour la Californie avec sa femme et ses deux enfants, Adam et Carmen (il changera même de nom pour prendre le patronyme de Hall). On entre alors dans l'horreur de cette histoire Sudiste où la haine raciale est ancrée viscéralement dans les mémoires et les consciences (que Grisham nous avait déjà montré dans son premier roman "Non Coupable", mais là il descend encore plus profond dans l'abject).
En créant ce lien entre les deux personnages, John Grisham nous interroge sur les liens du sang et aussi sur l'héritage et l'éducation qu'on donne à ses enfants. En effet, si Sam avait été élevé de la même manière qu'Adam, en étant éloigné de cette secte qu'est le KKK, peut être n'aurait il jamais eu ces morts sur la conscience (on apprendra d'ailleurs que les deux enfants juifs innocents mort dans l'attentat n'étaient pas les premières victimes de Sam) et peut être qu'il n'aurait pas fini dans le Couloir de la mort. Mais pour lui, c'était "normal" de tuer des "nègres" ou des juifs (il n'a d'ailleurs jamais été inquiété pour cela pendant des années. Il faudra attendre la fin de la ségrégation pour que son jugement soit remis en cause et qu'il soit condamné): cette haine viscérale à gangrené le Sud profond des Etats Unis.
Le plus surprenant, c'est que ce lien entre Adam et Sam fait que, comme Adam, on apprend à connaître Sam et a ressentir une sorte de compassion pour lui (alors qu'il est un véritable monstre): il aura même des remords en voyant approcher l'exécution de la sentence. On se demande et on espère tout au long du roman qu'il ne sera pas exécuté: malgré les horreur set les crimes qu'il a commis, mérite t'il pour autant de finir gazé? (surtout que Sam, au moment du roman est un vieux monsieur de 70 ans (il est le plus vieux condamné à mort du comté de Ford). Cette question (et beaucoup d'autres), le lecteur se la pose tout au long du livre.
Vous voyez, il y a beaucoup de choses à dire sur ce roman passionnant. Un roman n'a pas besoin d'action et de rebondissements continuels (et qui pourrait paraître artificiel) pour captiver jusqu'à la fin. Un roman au suspense implacable qui vous fera espérer jusqu'aux dernières pages. Un roman que je recommande fortement pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire (pas très glorieuse, je l'avoue) du Sud des Etats Unis, de la ségrégation, mais aussi aux rouages de la justice américaine (et plus particulièrement ici, à tout ce qui touche au Couloir de la mort (ne vous attendez pas à avoir des scènes de tribunal et de procès,vous seriez déçu.)
Encore une fois, du grand Grisham!
John Grisham; Le Couloir de la mort (The Chamber), (traduit par Michel Courtois-Fourcy), Pocket, 556 pages, 1995
Mon choix s'est alors porté sur Le Couloir de la mort parce qu'il est le roman (de cet auteur) le plus ancien dans la PAL: en effet, il y traîne depuis 17 ans (!!). En fait, j'avais tenté de le lire au moment de l'achat du livre en 1999...mais j'ai abandonné ma lecture au bout d'une trentaine de pages car j'avais eu le malheur de vouloir le lire tout de suite après avoir vu le film qui en a été tiré (le titre français de l'adaptation est "L'héritage de la haine" avec Chris O'Donnell, Gene Hackman et Faye Dunaway). Connaissant déjà l'histoire, je ne voyais plus l'intérêt de lire le livre...je l'ai alors laissé dormir pendant plusieurs années (il a dû se sentir comme la Belle au bois dormant le pauvre).
Le Couloir de la mort est un roman fascinant, qui nous montre de nouveaux rouages de la justice américaine (c'est ce que j'aime chez Grisham: chaque roman nous ouvre les portes du monde judiciaire américain dans des domaines différents (les avocats d'affaires dans "La Firme" (et les magouilles qui vont avec), les droits de succession dans "Le Testament", le droit d'assise dans "Non Coupable" et, ici, la défense d'un condamné à mort pour lui éviter l'exécution.
Alors, ce n'est pas un plaidoyer contre la peine de mort que nous donne à lire Grisham (même si les partisans contre la peine de mort nous sont également montré): non, il montre les rouages de toute cette mécanique complexe qu'est la défense d'un condamné à mort pour lui éviter (ici) la Chambre à gaz et il le fait, encore une fois de manière magistrale, de façon quasi "professorale" en nous donnant toutes les clefs de compréhension, mais en n'oubliant pas le suspense que John Grisham sait gérer de main de maître.
En ouvrant ce livre, il ne faut pas s'attendre à avoir des rebondissements de folie et de l'action (je crois d'ailleurs que le film a ajouté des éléments d'action qui ne sont pas dans le livre (pas ou peu développé) pour rendre l'intrigue plus nerveuse): on suit juste le parcours d'Adam, ce jeune avocat, dans son combat pour empêcher que son client passe dans la Chambre à gaz.
L'autre point fort du roman c'est d'avoir créé un lien entre l'avocat et son client: en effet, dès l'apparition d'Adam, l'avocat qui reprend le dossier de Sam Cayhall (les premières pages du livre revenant sur l'attentat provoqué par Sam et son complice, qui provoqua la mort de deux enfants, et les deux procès qui en découlent), le lecteur (et les protagonistes du roman) savent qu'Adam est le petit fils de Sam Cayhall (d'où l'explication du titre français de l'adaptation ciné "L'héritage de la haine"). L'auteur va alors, à l'aide de flashbacks, nous décrire le passé peu glorieux de la famille Cayhall (leur lien avec le Ku Klux Klan depuis plusieurs génération (du grand père jusqu'au petit fils Sam (lien qui sera brisé par Eddie, le fils de Sam qui s'éloignera de cette famille, en déménageant pour la Californie avec sa femme et ses deux enfants, Adam et Carmen (il changera même de nom pour prendre le patronyme de Hall). On entre alors dans l'horreur de cette histoire Sudiste où la haine raciale est ancrée viscéralement dans les mémoires et les consciences (que Grisham nous avait déjà montré dans son premier roman "Non Coupable", mais là il descend encore plus profond dans l'abject).
En créant ce lien entre les deux personnages, John Grisham nous interroge sur les liens du sang et aussi sur l'héritage et l'éducation qu'on donne à ses enfants. En effet, si Sam avait été élevé de la même manière qu'Adam, en étant éloigné de cette secte qu'est le KKK, peut être n'aurait il jamais eu ces morts sur la conscience (on apprendra d'ailleurs que les deux enfants juifs innocents mort dans l'attentat n'étaient pas les premières victimes de Sam) et peut être qu'il n'aurait pas fini dans le Couloir de la mort. Mais pour lui, c'était "normal" de tuer des "nègres" ou des juifs (il n'a d'ailleurs jamais été inquiété pour cela pendant des années. Il faudra attendre la fin de la ségrégation pour que son jugement soit remis en cause et qu'il soit condamné): cette haine viscérale à gangrené le Sud profond des Etats Unis.
Le plus surprenant, c'est que ce lien entre Adam et Sam fait que, comme Adam, on apprend à connaître Sam et a ressentir une sorte de compassion pour lui (alors qu'il est un véritable monstre): il aura même des remords en voyant approcher l'exécution de la sentence. On se demande et on espère tout au long du roman qu'il ne sera pas exécuté: malgré les horreur set les crimes qu'il a commis, mérite t'il pour autant de finir gazé? (surtout que Sam, au moment du roman est un vieux monsieur de 70 ans (il est le plus vieux condamné à mort du comté de Ford). Cette question (et beaucoup d'autres), le lecteur se la pose tout au long du livre.
Vous voyez, il y a beaucoup de choses à dire sur ce roman passionnant. Un roman n'a pas besoin d'action et de rebondissements continuels (et qui pourrait paraître artificiel) pour captiver jusqu'à la fin. Un roman au suspense implacable qui vous fera espérer jusqu'aux dernières pages. Un roman que je recommande fortement pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire (pas très glorieuse, je l'avoue) du Sud des Etats Unis, de la ségrégation, mais aussi aux rouages de la justice américaine (et plus particulièrement ici, à tout ce qui touche au Couloir de la mort (ne vous attendez pas à avoir des scènes de tribunal et de procès,vous seriez déçu.)
Encore une fois, du grand Grisham!
John Grisham; Le Couloir de la mort (The Chamber), (traduit par Michel Courtois-Fourcy), Pocket, 556 pages, 1995
mercredi 2 décembre 2015
Les Heures
4e de couverture: C'est à New York, en cette fin de XXè siècle.
C'est à Londres, en 1923.
C'est à Los Angeles, en 1949.
Clarissa est éditrice,
Virginia, écrivain,
Laura, mère au foyer.
C'est à Los Angeles, en 1949.
Clarissa est éditrice,
Virginia, écrivain,
Laura, mère au foyer.
Trois femmes, trois histoires reliées par un subtil jeu de correspondances, dont l'émouvante cohésion ne sera révélée que dans les dernières pages...
Tour de force littéraire, bouleversant de sensibilité, Les Heures ont été couronnées en 1999 par le Pen Faulkner et le Prix Pulitzer.
Au-delà d'une formidable réussite romanesque, cette oeuvre célèbre la féconde entente d'un trio qui exacerbe ici les pouvoirs de l'imaginaire : l'écrivain, son personnage et son lecteur.
Les Heures est probablement LE roman de Michael Cunningham (enfin, celui à qui il est le plus associé). Roman qui fut adapté au cinéma par Stephen Daldry avec Nicole Kidman, Julianne Moore et Meryl Streep, en 2003.
Ce livre traînait dans ma bibliothèque depuis une dizaine d'années. J'avais bien tenté de le lire, il y a de cela douze ans, mais j'avais arrêté ma lecture au bout du prologue,sans jamais le reprendre.
Il aura donc fallu la Book Jar pour sortir ce roman de ma PAL et pour le lire. Je peux vous dire que ce fut un enchantement. J'ai littéralement dévoré ce livre, le reprenant dès que j'avais un moment pour savoir comment tout cela allait se terminer.
Les Heures est un petit bijou d'inventivité avec une plume poétique, lente mais toujours savoureuse qui nous emporte dans un "monde magique". En dehors de l'histoire qui est, somme toute basique (la journée de trois femmes), Michael Cunningham réussit amplement à construire un roman très structuré, sur le temps qui passe, la mort et même l'amour. On pressent dès le début, que ces trois destins sont liés et on a qu'une seule idée en tête: savoir comment.
C'est aussi une jolie réflexion sur le rapport entre l'écrivain et ses personnages, mais également l'écrivain et son lecteur et comment un personnage est perçu à travers ses yeux. Le point commun entre ces trois personnages (Virginia, Laura et Clarissa) n'est autre que Mrs Dalloway: Virginia Woolf, en étant l'auteur de ce roman, Laura, sa lectrice puisque tout au long de cette journée, elle cherchera le moindre moment pou continuer la lecture de ce roman, et Clarissa étant l'incarnation d'une Mrs Dalloway moderne (puisque c'est comme ça que Richard, son ami écrivain, la surnomme. On comprendra d'ailleurs pourquoi à la toute fin).
Alors, je me suis demandé, s'il fallait avoir lu le roman de Virginia Woolf, avant d'entamer la lecture des Heures. Je pense, au final, que ce n'est pas indispensable: on comprend juste que Michael Cunningham prend le même schéma narratif du roman de Virginia Woolf. (En revanche, cela m'a donné envie de lire Mrs Dalloway, qui doit traîner dans ma PAL quelque part)
Pourquoi ai je autant attendu pour lire ce fabuleux roman? Peut être était ce juste le bon moment. J'avais peut être la bonne maturité pour lire ce livre dans lequel il ne se passe pas grand chose. En fait, c'est plus un livre qu'on lit pour son style et sa structure narrative, que pour l"histoire. J'ai été estomaqué par le destin de ces trois femmes, esseulées, proche de la dépression (ou en pleine dépression pour certains). J'ai été plus attiré par l'histoire de Virginia Woolf, il est vrai, mais Laura et Clarissa dévoilent leurs secrets, tout au long du livre. Mais, j'ai été époustouflé par les révélations finales (à tel point que j'en ai lâché mon livre). C'est tout simplement grandiose.
Au final, un roman magnifique sur le temps qui passe, la mort, la création littéraire, le rapport entre l'écrivain, son personnage et ses lecteurs. Un roman qui mérite ses prix. Une plume qui m'a charmé, à mon grand étonnement (j'avais peur de lire ce livre, en fait, et j'en ressors ému) et que je serai ravi de retrouver. Il ne me reste plus qu'à visionner le film avec Meryl Streep (qui, fait étrange, est cité dans le roman, quand Clarissa croise une star dans les rues de New York (Clarissa étant le rôle de Meryl Streep dans le film), Nicole Kidman et Julianne Moore, afin de retrouver ces personnages que j'ai aimé, encore quelques heures.
Michael Cunningham: Les Heures (The Hours) (traduit par Anne Damour), Belfond, 240 pages, 1999
vendredi 6 novembre 2015
Fortune de France
4e de couverture: De la mort de François Ier en 1547 à l’édit de Nantes en 1599, la France s’enlise dans l’épreuve des guerres de Religion. C’est dans ce pays dévasté, en proie à la misère, au brigandage, à la peste, à la haine, que grandit le jeune Pierre de Siorac, rejeton d’une noble famille périgourdine et huguenote, héros et narrateur du roman.
C’est toute une époque qui revit à travers l’histoire des Siorac, avec ses paysans, ses princes, ses hommes d’épée ou d’Église, ses truculences et ses cruautés ; sa langue, aussi, savoureuse, colorée, merveilleusement restituée au lecteur d’aujourd’hui.
Époque où peu à peu va naître une exigence de tolérance et de paix, en écho au cri d’indignation et d’espoir de Michel de l’Hospital : « Ne verra-t-on la Fortune de France relevée ? »
C’est toute une époque qui revit à travers l’histoire des Siorac, avec ses paysans, ses princes, ses hommes d’épée ou d’Église, ses truculences et ses cruautés ; sa langue, aussi, savoureuse, colorée, merveilleusement restituée au lecteur d’aujourd’hui.
Époque où peu à peu va naître une exigence de tolérance et de paix, en écho au cri d’indignation et d’espoir de Michel de l’Hospital : « Ne verra-t-on la Fortune de France relevée ? »
Fortune de France de Robert Merle est l'un des romans historiques les plus célèbres de la littérature française.
Robert Merle imaginait il, à ce moment là que ce premier livre deviendrait une saga romanesque, dont il poursuivra l'écriture tout au long de sa vie (le dernier tome paraissant un an avant la mort de l'auteur)? Probablement pas, mais ce fut pourtant le cas.
Ce premier tome de Fortune de France traînait dans ma PAL depuis des années. En fait, il n'était pas à moi, mais à mes parents, qui me l'ont donné, car j'aimais l'édition de ce volume. En effet, je possédais un exemplaire de "Fortune de France", en belle édition brochée, avec des photos à l'intérieur.
Cependant, il m'est arrivé une petite histoire avec ce livre: en le déposant dans ma Book Jar de cette année, je ne pensais pas que j'allais être forcé de le retrouver en format poche. Car, quelle n'a pas été ma déconvenue, en le feuilletant de découvrir que je ne possédais, en fait, que la moitié du premier tome. (Et, après vérification dans une librairie, c'était bien le cas: l'édition que je possédais n'était que le premier volume du 1er tome). Ne voulant pas lire un livre à moitié, j'ai ainsi acheté le premier tome, en format poche (heureusement d'occasion). C'est ainsi que j'ai alterné les deux éditions que je possédais, (car bien évidemment, j'ai gardé ma première édition qui fait très joli dans ma bibliothèque (jugez plutôt)
![]() |
| Ma belle édition de "Fortune de France" |
Maintenant, passons à ce que j'ai pensé de ce premier tome.
J'aime lire de temps en temps des romans historiques (l'histoire était une de mes matières préférées à l'école) car ils nous racontent le passé de manière vivante et passionnante.
Ce Fortune de France ne déroge pas à la règle: j'ai été passionné par l'histoire de cette famille périgourdine (Les de Siorac). Plus d'ailleurs que par les intrigues de cour, de Catherine de Médicis à Henri II, en passant par Charles IX et le futur Henri IV, que l'auteur nous rapporte dans certains paragraphes. Non, l'histoire des De Siorac est beaucoup plus passionnante car elle nous raconte la vie intime des petites gens et des gens de petite noblesse.
L'auteur va nous raconter l'histoire de la famille de Siorac, à Sarlat, en commençant par Jean, le père de Pierre, le narrateur de "Fortune de France", qui va se focaliser sur l'arrivée des deux Jean (De Siorac et Sauveterre) à Sarlat pour y acheter un château et s'y établir, après avoir été capitaine dans l'armée française, pour ensuite nous raconter l'enfance de Pierre, l'un des fils de Jean de Siorac.
On est emporté par le tourbillon de cette histoire personnelle, mais j'ai pris mon temps pour le lire...tout bonnement car le livre n'est pas si facile d'accès. En effet, l'auteur a choisit d'écrire son livre dans la langue usité au XVIe siècle, que ce soit dans sa narration ou ses dialogues. Un pari risqué puisque le lecteur peut se sentir perdu et ne pas adhérer. Pour tout vous dire, j'ai eu quelques peines au début, et ce malgré le lexique qui se trouve en fin de volume à me familiariser avec la langue et les expressions utilisées. Puis, progressivement, on entre dans cette langue "inconnue" qui rend le récit tellement vivant. C'était un pur bonheur que de retrouver cette langue là chaque soir. Certes, on prend plus le temps de lire, les pages se tournent moins vite mais ce n'est qu'un petit détail.
L'autre plus de ce roman est le choix de la religion des héros de Fortune de France: ils sont huguenots (c'est à dire protestants): en plein siècle où ces deux religions (catholique et protestante) vont se déchirer jusqu'au point d'orgue de la Saint Barthélémy (qui sera probablement conté dans les tomes suivants), il est intéressant de découvrir plus avant cette religion là. D'ailleurs, j'en ai appris plus de ce point de vue là. Apprendre en se divertissant, je trouve toujours cela très bon.
Au final, un roman, que j'avais laissé traîner dans ma PAL, par peur de ne pas aimer, et qui fut une belle surprise. Une saga historique passionnante, pour son côté fictionnel (les de Siorac sont très attachants et leur histoire m'a fait tourner les pages très rapidement), la partie historique, bien que très intéressante, est quand même difficile à aborder de par ses personnages nombreux et ses intrigues complexes que je n'ai pas toutes assimilées.Malgré cela, j'ai envie de lire la suite. (Et là, je suis un peu embêté car je suis embarqué pour une saga au long cours qui compte 13 tomes!).
Fortune de France, une saga historique qui est entrée dans l'Histoire (de la littérature française).
Robert Merle: Fortune de France, Le Livre de Poche, 444 pages, 1992
jeudi 8 octobre 2015
Pastorale américaine
4e de couverture: Après trente-six ans, Zuckerman l'écrivain retrouve Seymour Levov dit «le Suédois», l'athlète fétiche de son lycée de Newark. Toujours aussi splendide, Levov l'invincible, le généreux, l'idole des années de guerre, le petit-fils d'immigrés juifs devenu un Américain plus vrai que nature.
Le Suédois a réussi sa vie, faisant prospérer la ganterie paternelle, épousant la très irlandaise Miss New Jersey 1949, régnant loin de la ville sur une vieille demeure de pierre encadrée d'érables centenaires : la pastorale américaine.
Mais la photo est incomplète, car, hors champ, il y a Merry, la fille rebelle. Et avec elle surgit dans cet enclos idyllique le spectre d'une autre Amérique, en pleine convulsion, celle des années soixante, de sainte Angela Davis, des rues de Newark à feu et à sang...
Le Suédois a réussi sa vie, faisant prospérer la ganterie paternelle, épousant la très irlandaise Miss New Jersey 1949, régnant loin de la ville sur une vieille demeure de pierre encadrée d'érables centenaires : la pastorale américaine.
Mais la photo est incomplète, car, hors champ, il y a Merry, la fille rebelle. Et avec elle surgit dans cet enclos idyllique le spectre d'une autre Amérique, en pleine convulsion, celle des années soixante, de sainte Angela Davis, des rues de Newark à feu et à sang...
Philip Roth fait partie de ces grands auteurs américains (et new -yorkais) comme McInnerney ou McCann (même si lui est d'origine irlandaise) que j'avais envie de lire.
Sauf que j'ai mis le temps pour sortir de ma PAL cette Pastorale américaine (merci la Book Jar car, sans elle, je pense que le livre aurait traîner encore quelques années dans ma bibliothèque sans être lu).
Je ressors de ma lecture quelque peu mitigé.
Déjà, le début du roman m'a un peu déstabilisé, pour ne pas dire ennuyé. Le narrateur Zuckermann, nous parle de Seymour Levov, surnommé "Le Suédois", à travers ses souvenirs à lui et ses retrouvailles avec le dit Seymour lors d'un dîner en 1995. Ouais, bof. Pas trop génial et tout simplement parce que l'auteur nous englue dans de nombreux détails que j'ai eu du mal à assimiler.
En fait, le roman prend de l'intérêt à partir de la 2e partie (La chute), qui nous raconte le parcours de Merry, la fille de Seymour, jeune fille mal dans sa peau à cause d'un bégaiement qui la paralyse. On est alors plongé en plein dans les années 60, les émeutes raciales qui font rage, les manifestations et les attentats contre la guerre du Vietnam, Angela Davis et j'en passe (car je n'ai pas tout retenu). Cette partie là a été ma préférée du roman: l'auteur lance enfin son histoire (après avoir présenté les différents protagonistes dans une première partie trop longue à mon goût (163 pages tout de même)) et nous présente une Amérique en plein chaos et surtout deux visions opposées de cette Amérique: celle de Seymour, jeune juif, très apprécié au lycée pour ses qualités sportives et qui reprendra l'usine de tannerie familiale (c'est le rêve américain par excellence: la famille juive (mais qui aurait pu être d'une autre religion) partie de rien et qui s'est forgée une place au soleil, à force de ténacité et de travail et qui a réussit) et celle de Merry, pleine de rébellion, en butte avec cette société et sa famille qui la dégoûte, et qui va aller jusqu'à commettre un attentat pour asseoir ses positions: après cet attentat contre la Poste de sa ville, elle va entrer dans la clandestinité, qui précipitera sa chute, ainsi que celle de sa famille.
Par certains côtés, c'est un roman qui nous happe quand il parle de cette Amérique des Sixties, qui a connu des conflits intérieurs (les émeutes raciales) et extérieures (la guerre du Vietnam), de cette révolte qui bouillonne en Merry et que le lecteur peut essayer de comprendre, mais c'est également un roman qui nous ennuie par ses digressions. Car, voilà où le bât blesse ici: l'auteur n'arrête pas de changer d'histoire, dans un même chapitre (par exemple, il va passer de Seymour, qui recherche sa fille Merry et, paf, il nous parle de Dawn, la mère et de son parcours de Reine de beauté (Dawn a été élu Miss New Jersey 1949), comme ça, sans transition). Par ce procédé, j'ai été inondé de beaucoup trop d'informations qui m'ont perdu et bien souvent, ce procédé m'a lassé... Mais surtout, je n'ai pas compris pourquoi Philip Roth a eu besoin de ressortir Zuckerman (qui est l'un de ses héros réguliers) pour nous présenter Seymour Levov, alias "Le Suedois", véritable héros de ce roman. Surtout que Zuckerman n'apparaît plus après cette longue première partie. (C'est comme si Philip Roth avait besoin de Zuckerman pour trouver l'idée d'un roman (un peu comme Francis Veber et son "François Pignon", personnage apparaissant dans beaucoup de films du réalisateur (je sais que la comparaison est hasardeuse, mais cela m'a donné la même impression). C'est bien dommage, car cela peut être un frein pour la lecture de ce roman. Si on accroche pas à cette première partie, on peut être tenté d'abandonné. Heureusement que je me suis accroché, car le roman devient intéressant à partir de sa 2e partie.
Au final, un roman qui m'a laissé un sentiment mitigé. J'ai aimé redécouvrir cette Amérique des Sixties qui me fascine toujours autant, avec une vision de l'Amérique un peu égratignée et remise en question, mais ma lecture a été gênée par les digressions trop nombreuses de l'auteur, qui passe d'une histoire à l'autre, sans transition, dans un même chapitre, voire, paragraphe. Toutefois, pour ma culture littéraire personnelle, je suis ravi d'avoir découvert la "plume" de Philip Roth, même si le résultat n'est pas celui que j'escomptais.
Philip Roth: Pastorale américaine (American Pastoral), (traduit par Josée Kamoun), Folio, 580 pages, 1999
jeudi 3 septembre 2015
Service des urgences
4e de couverture: Infirmière diplômée, Mary Lamb, trente-quatre ans, ne sait plus où donner de la tête. Responsable d'un service médico-social chargé d'accueillir et de soigner une clientèle féminine défavorisée - prostituées, droguées, adolescentes à problèmes -, elle doit lutter au quotidien contre le machisme des médecins et se battre pied à pied pour obtenir les moyens nécessaires à la survie du dispensaire. Mais s'il n'y avait que cela ! Dans la chaleur étouffante de l'été new-yorkais, voilà que des militants fanatiquement opposés à la contraception et à l'IVG prennent son établissement pour cible, et que d'inquiétantes lettres anonymes commencent à circuler à l'intérieur des services, précédant de peu les premiers sabotages. Avec Service des Urgences, Marcia Rose a voulu rendre hommage à une profession, celle des infirmières, dont le métier est, selon l'une d'elles, " constamment baigné de larmes ". Si ce livre est une œuvre de fiction, peuplée de personnages tout droit sortis de l'imagination de l'auteur, la description qu'elle brosse de la vie hospitalière est criante de vérité.
Lorsque j'ai choisi ce livre pour la Book Jar, j'espérais le tirer au sort au moment de l'été, car il se passe lors d'un été caniculaire. Le hasard a bien fait les choses.
J'ai dû acheter ce livre, il y a une dizaine d'années, au moment de ma passion pour la série médicale "Urgences". Puis, je l'ai laissé de côté. Quelle erreur.
Voilà un roman foisonnant qui vous embarque dans le milieu médical, et surtout près des Infirmières (d'ailleurs le titre original "Nurses" nous met tout de suite sur la piste, ce que ne fait pas le titre français).
Nous avons à faire à un roman bien fourni en histoires (il n'y en a pas moins de 6 (peut être plus): entre la manif anti-avortement, les lettres anonymes que reçoivent les membres du personnel dont Marty, l'héroïne du roman, le mari déséquilibré de Marty, Owen, qui revient dans sa vie; le retour de Paul Giordano, le grand amour de Marty, disparu sans laisser d'adresse, l'histoire de Shayna, enfermé par son père, le rabbin Brown, à cause de sa maladie, l'histoire de Marie Racine, une jeune fille enceinte d'un homme marié...et j'en oublie forcément).
C'est d'ailleurs ce qui m'a plus, ce foisonnement d'histoires, car je ne me suis pas ennuyé une minute, malgré la grosseur du livre. Marcia Rose nous montre très bien l'envers du décor d'un hôpital: en cela, j'ai retrouvé beaucoup d'"Urgences" dans ce livre (les opérations en moins, puisque Marcia Rose préfère se focaliser sur la psychologie des personnages). Bien sûr, la grosse part du gâteau est dévolue à Marty, que j'ai beaucoup apprécié, mais les autres personnages comme Paul, Owen, Shayna, Crystal, le Dr Zee, Dennis , Clive...ont tous une partie à jouer dans ce roman.
On navigue entre moment intense et répit, il y a des climax comme la mort d'un personnage qui va faire basculer la vie de nombreuses personnes, le retour d'autres ou des révélations, comme le fameux auteur des lettres anonymes.
En tout cas on ne s'ennuie pas et on a hâte de savoir comment tout cela va se terminer. Surtout, il y a de l'action jusque dans les dernières pages...mais l'auteur n'oublie pas de conclure toutes ses intrigues (seule, la fin d'une intrigue ne m'a pas totalement convaincue, ce qui n'est pas beaucoup sur 6 ou 7).
Au final, un roman que je ne regrette pas d'avoir lu. Il m'a rappelé les belles heures d'une de mes séries préférées (même si ici, nous sommes plus dans un centre médical social qu'aux Urgences) et m'a montré plus en amont, le métier d'infirmière (car ceux sont elles à qui l'auteur rend un vibrant hommage). Si vous aimez les sagas médicales,(sans hémoglobine ou d'opération insoutenable) avec des rebondissements à la pelle, mais qui n'oublie pas de développer la psychologie de ses personnages, vous pouvez vous laisser tenter par ce "Nurses", qui, pour ma part, ne m'a pas déçu.
Marcia Rose: Services des urgences (Nurses), France Loisirs, 591 pages, 1997
lundi 10 août 2015
Le Ciel et l'Enfer (Nord et Sud Tome 3)
Résumé: En 1865 l'Amérique n'a pas tout à fait cent ans et se remet péniblement de la guerre de Sécession. Les êtres, ébranlés par la tourmente, cherchent un sens à leur vie.
En Caroline du Sud, Madeline Main doit diriger seule la plantation ravagée de Mont Royal... A Washington, George Hazard participe aux querelles politiques autour des nouveaux droits des Noirs... Charles Main, comme des milliers d'Américains, s'engage sur le chemin prometteur de l'Ouest où se joue déjà à une nouvelle tragédie : le massacre des Indiens… (Source: Babelio)
En Caroline du Sud, Madeline Main doit diriger seule la plantation ravagée de Mont Royal... A Washington, George Hazard participe aux querelles politiques autour des nouveaux droits des Noirs... Charles Main, comme des milliers d'Américains, s'engage sur le chemin prometteur de l'Ouest où se joue déjà à une nouvelle tragédie : le massacre des Indiens… (Source: Babelio)
Spoilers sur les tomes précédents.
En 2010, je me suis plongé dans les premiers tomes de la Trilogie "Nord et Sud". Je connaissais cette saga bien avant de la lire puisque j'étais un grand admirateur du feuilleton qui en avait été tiré.
J'avais replongé avec plaisir dans cette histoire, et le Tome 1 (Nord et Sud) me remettait en mémoire tout les événements qui m'avaient plus lors du visionnage. Tellement enthousiaste, j'avais rapidement enchaîné avec la lecture du Tome 2 (Guerre et Passion). Malheureusement, celui ci fut fastidieux à lire et j'ai peiné pour le lire lors de cet été 2010. Il y a eu deux raisons à ma difficile lecture: le fait qu'il traite essentiellement de la guerre de Sécession: malgré mon intérêt pour cet événement important de l'histoire américaine, je ne suis pas très friand de batailles. Malheureusement pour moi, ce tome 2 en regorge énormément. La seconde raison est que je l'ai lu pratiquement directement à la fin du Tome 1. Une pause plus longue entre la lecture de deux tomes aurait été bénéfique pour l'apprécier. Une 3e raison pourrait être invoquée: la grosseur du livre: en effet le tome 2 est le plus épais des trois tomes. (Je me souviens même avoir sauté certains passages pour pouvoir le terminer plus vite)
C'est pourquoi, j'avais décidé de faire une pause avant de me lancer dans le dernier tome de la saga.
C'est donc, 5 ans plus tard que le tome 3 sort de ma PAL.
Je dois dire que la pause (certes très longue, je vous l'accorde) a été bénéfique puisque j'ai retrouvé les Main et les Hazard avec bonheur.
Ce Tome 3 se déroule après la guerre de Sécession. Le Pays est à reconstruire et un long chemin reste à faire pour retrouver un semblant d'unité.
Avec son talent de conteur et "d'historien", John Jakes nous raconte les conséquences de cette guerre: en lisant ce livre, je me suis demandé pourquoi cette guerre avait vu le jour. En effet, je pensais innocemment que le Nord avait fait la guerre pour mettre fin à l'Esclavage (alors cela est vrai) et qu'ils n'avaient rien contre les noirs. Mais ce n'est pas parce que les Nordistes n'ont pas d'esclaves noirs qu'ils aiment les noirs. Au contraire, certains sont tout aussi racistes que les Sudistes.
Les tomes précédents avaient fait la part belle à Orry Main et George Hazard, les deux amis de West Point; Ici, ces derniers ne sont que des ombres (c'est encore plus vraie pour Orry puisqu'il est mort dans le tome 2): George ne fait que des courtes apparitions.
C'est Charles Main, le cousin d'Orry, qui va avoir la part la plus importante du roman (à tel point que je me suis demandé pourquoi John Jakes avait réintroduit des personnages comme Virgilia ou Ashton qui ne font que de brèves apparitions): Après le Nord et le Sud, c'est à l'Ouest et à un autre conflit (celui entre l'armée et les indiens) auquel l'auteur va s'intéresser. Contrairement au conflit "Nord/Sud" du tome précédent, les batailles de l'Ouest ont piqué mon intérêt. Les passages avec Charles sont les passages que j'ai préféré (surtout sa découverte de l'Ouest avec un marchand qui lui donne les codes pour comprendre les indiens): j'ai trouvé ceci des plus dépaysants et surtout, malgré la violence de certains, très instructifs sur ces pans de l'histoire américaine. (J'ai ainsi eu une autre image de cette période, avec ce livre: une vision très différente de celle que Michael Blake nous décrivait dans "Danse avec les Loups").
Bien évidemment, les passages dans le Sud, avec Madeline sont tout aussi passionnants: entre la haine qui plane sur toute la population, la naissance du Ku Klux Klan (dont l'auteur donne une image peu glorieuse, il va s'en dire, mais surtout grotesque, de part leur costume), sans pourtant atténuer la violence de leurs actes fait qu'un malaise s'installe) m'ont tout autant captivé.
La force de John Jakes, c'est qu'il n'oublie aucun de ses personnages sur le bord de la route: il sait que ceux ci ont fait le succès des tomes précédents, et surtout, les méchants comme Bent ou Ashton qu'il serait inconcevable de ne pas les revoir. Il est vrai que ceux ci n'apparaissent pas beaucoup, mais leurs apparitions percutent le lecteur et fait renaitre chez lui des sentiments contradictoire d'amour/haine. Par exemple, Ashton, qui apparaît brièvement au début du roman pour la resituer dans l'histoire et qui reviendra en force, dans la dernière partie du roman. Donc, l'auteur n'oublie personne, ce qui démontre une structure parfaite d'un roman bien maîtrisé. Car il n'est jamais aisé de mener à bien une saga aussi dense, que ce soit en intrigues ou en personnages. John Jakes y arrive très bien.
Au final, j'ai retrouvé avec plaisir les personnages que j'aimais tant dans "Nord et Sud". J'ai passé des moments très fort et intense avec eux (surtout Charles, qui nous fait découvrir l'Ouest américain et le début de sa conquête, par le prisme du massacre des indiens (la "bataille" de Washita nous est décrit avec une densité qui prend aux tripes).
"Nord et Sud" restera l'une des sagas les plus importantes de la littérature (mais également de la télévision), de par son aspect historique très fouillée, mais aussi par des personnages forts qui ne laissent pas indifférent. Une saga littéraire de toute beauté. C'est indéniable.
John Jakes: Le Ciel et l'Enfer (Nord et Sud Tome 3) (Heaven and Hell), France Loisirs, 550 pages, 1988.
vendredi 3 juillet 2015
Danse Avec les Loups
4e de couverture: Fort Sedgewick. Un avant-poste au fin fond de l'Ouest sauvage. Trois ou quatre baraques délabrées, une poignée d'hommes épuisés. C'est là qu'est affecté le lieutenant Dunbar. Il rêvait de grands espaces, de batailles glorieuses. A son arrivée, une surprise l'attend : le fort est abandonné, il se retrouve seul. Seul... jusqu'au jour où il découvre une femme blessée qu'il ramène chez les Comanches. Au fil des jours, il gagne leur amitié, apprend leur langue... et tombe amoureux de cette étrange squaw aux yeux couleur de feu, cette Blanche que les Indiens ont enlevée quand elle était enfant. Comme elle, il deviendra un Comanche. Désormais, le lieutenant Dunbar n'existe plus. Il est celui qui " danse avec les loups ". Mais la guerre n'est pas finie. Pour l'armée des Etats-Unis d'Amérique, John Dunbar est un déserteur...
Danse Avec Les Loups est l'un des films qui m'a le plus marqué étant ado. Ce fut une vraie claque. Quand j'appris que le film était tiré d'un roman (roman passé plutôt inaperçu, au contraire du film qui fut un succès), il a fallu que j'ai un exemplaire de ce dernier pour pouvoir retrouver cette histoire qui m'avait fait chavirer le coeur.
J'ai voulu me plonger dans le livre quelques semaines après avoir vu le film, et là, je n'arrivais pas à retrouver la magie du film. L'histoire m'était connue (et comme le film est des plus fidèles au livre, aucun détail nouveau n'accrochait mon intérêt. C'est ainsi que j'ai abandonné ma lecture au bout d'une centaine de pages...pour remettre le livre dans ma bibliothèque où il allait dormir plus de 20 ans (!!) (le pauvre).
Grâce à l'opération "Book Jar" que j'ai décidé de mener cette année, j'ai ressorti mon exemplaire de ma bibliothèque (où il prenait la poussière), et là, la magie à de nouveau opérée.
J'ai pris un plaisir fou a revivre cette histoire (les images du film (que j'ai vu au moins cinq fois) me revenaient en mémoire). Le style fluide de Michael Blake nous transporte dans un monde sauvage qui nous émerveille. John Dunbar est un des personnages les plus magnifiques de la littérature:il donne une belle image de l'humain et nous rappelle que la curiosité et l'envie de découvrir et d'apprendre sont les moteurs pour communiquer et vivre avec les autres. Surtout Michael Blake nous donne une très belle image des indiens et il m'a surtout fait de nouveau, prendre conscience que l'homme blanc était l'envahisseur (et le plus sauvage parfois) de ces grands espaces.
J'ai été très étonné de voir les pages s'envoler et lire ce livre très rapidement. Je pense que le plaisir de retrouver une histoire et des personnages déjà connu, a été pour beaucoup dans l'avancement de ma lecture. En fait, le plus étonnant, je pense, c'est la brièveté du roman: j'avais oublié que celui ci ne faisait qu'un petit peu plus de 300 pages. La durée du film (j'ai une version DVD "4 heures" du film dans ma DVDthèque) m'a induit en erreur. Je pensais lire un pavé, en fait.
Michael Blake a su trouver le ton juste pour décrire les grands espaces et surtout les saisons qui passent. C'est, en fait, un roman très contemplatif, ou le héros (et le lecteur par la même occasion) vit et regarde s'écouler le temps au gré des saisons pour prendre le temps de découvrir les indiens et leur mode de vie. On s'attache à John, bien sûr, mais également aux indiens, de Celle Qui Se Dresse Avec Un Poing Fermé, à Oiseau Frappeur, en passant par Dix Ours ou Vent Dans Les Cheveux. Je me suis également surpris à avoir de la tendresse pour Cisco, le cheval de John, et Deux Bottes, le vieux loup, qui devient le compagnon de John au Fort (le destin de ces deux animaux m'a beaucoup ému).
Au final, j'ai retrouvé avec plaisir cette histoire qui m'avait bouleversée et émerveillée, lors de la sortie du film en 1991. Un film de grande beauté qui est entré dans le panthéon du cinéma américain. Mais c'est également l'un des plus beaux romans qui a été écrit sur les indiens (mais surtout qui leur donne un visage humain, loin du sauvage qu'on décrit souvent). Un roman qui montre les différences entre la culture blanche et celle des indiens, mais que cette différence ne fait pas d'eux des sauvages ou des étrangers. Un superbe roman qui entre dans l'histoire du Nature Writing et qu'il est bon de (re)découvrir.
Michael Blake (qui nous a quitté en mai 2015) avait donné une suite aux aventures de John/Danse Avec Les Loups et sa famille, dix ans après le succès de son premier roman, et qui s'intitulait, La Route Sacrée. Si je réussi à tomber sur un exemplaire de ce dernier, je serai curieux de le lire pour retrouver tous ces personnages qui m'ont fait rêver, une fois encore.
Michael Blake: Danse Avec Les Loups (Dances With Wolves), J'ai Lu, 317 pages, 1991
Danse Avec Les Loups est l'un des films qui m'a le plus marqué étant ado. Ce fut une vraie claque. Quand j'appris que le film était tiré d'un roman (roman passé plutôt inaperçu, au contraire du film qui fut un succès), il a fallu que j'ai un exemplaire de ce dernier pour pouvoir retrouver cette histoire qui m'avait fait chavirer le coeur.
J'ai voulu me plonger dans le livre quelques semaines après avoir vu le film, et là, je n'arrivais pas à retrouver la magie du film. L'histoire m'était connue (et comme le film est des plus fidèles au livre, aucun détail nouveau n'accrochait mon intérêt. C'est ainsi que j'ai abandonné ma lecture au bout d'une centaine de pages...pour remettre le livre dans ma bibliothèque où il allait dormir plus de 20 ans (!!) (le pauvre).
Grâce à l'opération "Book Jar" que j'ai décidé de mener cette année, j'ai ressorti mon exemplaire de ma bibliothèque (où il prenait la poussière), et là, la magie à de nouveau opérée.
J'ai pris un plaisir fou a revivre cette histoire (les images du film (que j'ai vu au moins cinq fois) me revenaient en mémoire). Le style fluide de Michael Blake nous transporte dans un monde sauvage qui nous émerveille. John Dunbar est un des personnages les plus magnifiques de la littérature:il donne une belle image de l'humain et nous rappelle que la curiosité et l'envie de découvrir et d'apprendre sont les moteurs pour communiquer et vivre avec les autres. Surtout Michael Blake nous donne une très belle image des indiens et il m'a surtout fait de nouveau, prendre conscience que l'homme blanc était l'envahisseur (et le plus sauvage parfois) de ces grands espaces.
J'ai été très étonné de voir les pages s'envoler et lire ce livre très rapidement. Je pense que le plaisir de retrouver une histoire et des personnages déjà connu, a été pour beaucoup dans l'avancement de ma lecture. En fait, le plus étonnant, je pense, c'est la brièveté du roman: j'avais oublié que celui ci ne faisait qu'un petit peu plus de 300 pages. La durée du film (j'ai une version DVD "4 heures" du film dans ma DVDthèque) m'a induit en erreur. Je pensais lire un pavé, en fait.
Michael Blake a su trouver le ton juste pour décrire les grands espaces et surtout les saisons qui passent. C'est, en fait, un roman très contemplatif, ou le héros (et le lecteur par la même occasion) vit et regarde s'écouler le temps au gré des saisons pour prendre le temps de découvrir les indiens et leur mode de vie. On s'attache à John, bien sûr, mais également aux indiens, de Celle Qui Se Dresse Avec Un Poing Fermé, à Oiseau Frappeur, en passant par Dix Ours ou Vent Dans Les Cheveux. Je me suis également surpris à avoir de la tendresse pour Cisco, le cheval de John, et Deux Bottes, le vieux loup, qui devient le compagnon de John au Fort (le destin de ces deux animaux m'a beaucoup ému).
Au final, j'ai retrouvé avec plaisir cette histoire qui m'avait bouleversée et émerveillée, lors de la sortie du film en 1991. Un film de grande beauté qui est entré dans le panthéon du cinéma américain. Mais c'est également l'un des plus beaux romans qui a été écrit sur les indiens (mais surtout qui leur donne un visage humain, loin du sauvage qu'on décrit souvent). Un roman qui montre les différences entre la culture blanche et celle des indiens, mais que cette différence ne fait pas d'eux des sauvages ou des étrangers. Un superbe roman qui entre dans l'histoire du Nature Writing et qu'il est bon de (re)découvrir.
Michael Blake (qui nous a quitté en mai 2015) avait donné une suite aux aventures de John/Danse Avec Les Loups et sa famille, dix ans après le succès de son premier roman, et qui s'intitulait, La Route Sacrée. Si je réussi à tomber sur un exemplaire de ce dernier, je serai curieux de le lire pour retrouver tous ces personnages qui m'ont fait rêver, une fois encore.
Michael Blake: Danse Avec Les Loups (Dances With Wolves), J'ai Lu, 317 pages, 1991
jeudi 28 mai 2015
Le Hussard sur le toit
4e de couverture: Le hussard sur le toit : avec son allure de comptine, ce titre intrigue. Pourquoi sur le toit ? Qu'a-t-il fallu pour l'amener là ? Rien moins qu'une épidémie de choléra, qui ravage la Provence vers 1830, et les menées révolutionnaires des carbonari piémontais.
Le Hussard est d'abord un roman d'aventures : Angelo Pardi, jeune colonel de hussards exilé en France, est chargé d'une mission mystérieuse. Il veut retrouver Giuseppe, carbonaro comme lui, qui vit à Manosque. Mais le choléra sévit : les routes sont barrées, les villes barricadées, on met les voyageurs en quarantaine, on soupçonne Angelo d'avoir empoisonné les fontaines ! Seul refuge découvert par hasard, les toits de Manosque ! Entre ciel et terre, il observe les agitations funèbres des humains, contemple la splendeur des paysages et devient ami avec un chat. Une nuit, au cours d'une expédition, il rencontre une étonnante et merveilleuse jeune femme. Tous deux feront route ensemble, connaîtront l'amour et le renoncement.
Le Hussard est d'abord un roman d'aventures : Angelo Pardi, jeune colonel de hussards exilé en France, est chargé d'une mission mystérieuse. Il veut retrouver Giuseppe, carbonaro comme lui, qui vit à Manosque. Mais le choléra sévit : les routes sont barrées, les villes barricadées, on met les voyageurs en quarantaine, on soupçonne Angelo d'avoir empoisonné les fontaines ! Seul refuge découvert par hasard, les toits de Manosque ! Entre ciel et terre, il observe les agitations funèbres des humains, contemple la splendeur des paysages et devient ami avec un chat. Une nuit, au cours d'une expédition, il rencontre une étonnante et merveilleuse jeune femme. Tous deux feront route ensemble, connaîtront l'amour et le renoncement.
Pour mes 18 ans, j'ai reçu deux livres: Le Rouge et le Noir de Stendhal (que j'avais lu un an avant de le recevoir) et Le Hussard sur le toit de Giono qui ressortait dans cette édition Folio, pour la sortie du film de Jean-Paul Rappeneau avec Olivier Martinez et Juliette Binoche. C'était en décembre 1995.
Quelques mois plus tard, je me lançais dans la lecture de ce roman (c'était lors d'une pause entre deux cours que je passais, comme souvent au CDI de mon lycée)...pour l'abandonner 50 pages plus tard, n'arrivant pas à entrer dans cette langue qui ne me parlait pas encore. J'ai alors remis ce livre dans ma PAL ou il a dormi pendant...20 ans!
Il m'a fallu le mettre dans ma Book Jar de cette année pour que je me lance dans cette lecture (comme quoi ce petit challenge à du bon). 20 ans après l'avoir reçu (et entre temps vu le film) qu'est ce que j'en ai pensé.
Je ressors un peu mitigé de ce roman: l'ambiance du roman est angoissante à souhait, mais en même temps les paysages magnifiques contrebalancent tout ça. La plume de Giono est superbe et d'une poésie telle qu'on est charmé... Il réussit à équilibrer les moments de contemplations, et les moments d'action. J'ai aussi beaucoup aimé découvrir la Provence que je connais peu, (mes souvenirs remontent aux livres d'enfance de Marcel Pagnol ("La gloire de mon père". "Le château de ma mère") et j'ai trouvé que, la plume de Giono était plus tragique que celle de Pagnol. Elle chantait différemment (En même temps, le choléra qui rode dans chaque page n'aide pas à se sentir à l'aise).
Oui, mais voilà, si j'ai aimé la plume de Giono, l'histoire d'Angelo et son parcours dans cette Provence du XIXe siècle, j'ai été souvent ennuyé par les digressions de l'auteur, qui s'éloignait du récit pour nous offrir des "réflexions philosophiques" ou des descriptions, certes, belles, mais un peu longuettes, qui me faisait décrocher. Mon esprit allait vagabonder ailleurs...et c'est un peu dommage.
J'ai aimé la relation entre Angelo et Pauline: elle est faite de respect mutuel et d'attirance chaste...Angelo est un gentleman, et j'ai apprécié son comportement.
En revanche, j'ai trouvé la fin un peu rapide (surtout en ce qui concerne le sort de Pauline vite expédié...comme si l'auteur avait peur de manquer de temps ou que son quota de mots soit dépassé avant de mettre le mot fin) Dommage. J'aurai voulu en savoir un peu plus: l'auteur aurait du s'attarder plus sur le sort de ses personnages, plutôt que de nous offrir des pages de réflexions que je ne trouvais pas nécessaire. (ce qui pêche en fait avec ce genre de livre "classiques" c'est que j'ai peu l'habitude d'en lire et j'ai toujours un peu de mal avec la langue usité et l'écriture)
Au final, même si j'ai aimé ce livre en général malgré quelques petits points négatifs (la lenteur de certaines pages et une fin trop rapide), je ressors mitigé de cette lecture. Mais je suis tout de même content de l'avoir (enfin!) lu.
Jean Giono: Le Hussard sur le toit, Folio, 562 pages (avec le Dossier sur l'oeuvre), 1995
mardi 17 février 2015
Le messager des sables
4e de couverture: Pénétrer pour la première fois dans des temples interdits depuis des millénaires...Être le premier à trouver la clé de leur mystère...C'est le rêve impossible de tout voyageur qui découvre l'Égypte d'aujourd'hui. C'est le rêve accompli de Vincent Jefferson Herbach...Entre la découverte initiatique et la quête amoureuse, une énigme qui traverse les sables du temps.
Une belle surprise que ce roman, exhumé de ma PAL, il y a quelques jours.
Ce Messager des sables, écrit à quatre mains est bien écrit, sur un rythme parfois haletant, mais qui sait aussi prendre son temps.
Il nous embarque pour un voyage pour l'Egypte, au temps de Napoléon, guidé par un jeune homme, Vincent, qui, en faisant la connaissance de Vivant Denon, savant et dessinateur, va entreprendre un voyage fantastique à travers l'Egypte et aussi le temps. Il va être ce messager des sables, dont parle le titre.
J'ai trouvé ce roman historique très bien fichu, pour certains points, comme le côté historique, très bien rendu par les deux auteurs. L'expédition de Napoléon, qui aboutira à la découverte de la Pierre de Rosette qui permettra quelques années plus tard, de comprendre et lire les hiéroglyphes, est bien amené et retranscrit dans une langue poétique, pas surchargée par des phrases inutiles.
J'ai trouvé que les auteurs avaient réussi à imprégner son héros et le lecteur, dans le désert et tous ses dangers.
Malheureusement, le roman souffre d'un début et d'une fin bancales: en effet, le début du roman (où l'on découvre Vincent, jeune homme du XXIe siècle, revenir d'Egypte et apprendre la mort de son meilleur ami Frédéric Langeac, dans un accident de voiture, qui assiste à l'enterrement et qui, après celui ci, se voit projeter, on ne sait comment, dans la France du XVIIIe siècle, percuter la "voiture" de Denon, et partir avec lui dans une aventure folle) est nébuleux . J'ai envie de dire: WHAT? Certes, dans un premier chapitre, le narrateur, Vincent, nous explique qu'il a vécu une année de sa vie comme dans un rêve, et que cette année s'était déroulée il y a 200 ans. Bon, ça, je veux bien l'admettre, mais alors, comment se fait il que son ami Langeac, qu'on avait quitté mort au XXIe siècle, se retrouve bien vivant au XVIIIe?
Je veux bien qu'on parle de voyage temporel dans un roman (surtout que c'est un sujet qui me passionne), mais il faut être alors pointilleux sur la chronologie des événements. Et justement, ce côté fantastique dans ce roman ne fonctionne pas et le lecteur que je suis, n'y a pas adhéré.
Mis à part ce point, qui est d'une importance capitale, car elle gâche également la fin du roman, selon moi, le côté roman historique fonctionne quant à lui, à merveille et on sent que les auteurs se sont documenté et ont bien retranscrit l'expédition de Napoléon en Egypte de fort belle manière. Même l'histoire d'amour de Vincent et Pharia a eu grâce à mes yeux (pourtant elle aurait pu gâcher l'aventure épique de Vincent et ralentir l'action mais ce n'est pas le cas).
Au final, un roman historique qui captive et emporte le lecteur dans une belle et folle expédition, mais qui est un peu gâché par un côté fantastique mal géré, et qui bâcle la fin du roman. Ce qui est fort dommageable. Malgré ma déception, de ce point de vue là, ce Messager des sables est une agréable surprise cependant.
Antoine Audouard & Léonard Anthony: Le messager des sables, France Loisirs, 454 pages, 2003
Une belle surprise que ce roman, exhumé de ma PAL, il y a quelques jours.
Ce Messager des sables, écrit à quatre mains est bien écrit, sur un rythme parfois haletant, mais qui sait aussi prendre son temps.
Il nous embarque pour un voyage pour l'Egypte, au temps de Napoléon, guidé par un jeune homme, Vincent, qui, en faisant la connaissance de Vivant Denon, savant et dessinateur, va entreprendre un voyage fantastique à travers l'Egypte et aussi le temps. Il va être ce messager des sables, dont parle le titre.
J'ai trouvé ce roman historique très bien fichu, pour certains points, comme le côté historique, très bien rendu par les deux auteurs. L'expédition de Napoléon, qui aboutira à la découverte de la Pierre de Rosette qui permettra quelques années plus tard, de comprendre et lire les hiéroglyphes, est bien amené et retranscrit dans une langue poétique, pas surchargée par des phrases inutiles.
J'ai trouvé que les auteurs avaient réussi à imprégner son héros et le lecteur, dans le désert et tous ses dangers.
Malheureusement, le roman souffre d'un début et d'une fin bancales: en effet, le début du roman (où l'on découvre Vincent, jeune homme du XXIe siècle, revenir d'Egypte et apprendre la mort de son meilleur ami Frédéric Langeac, dans un accident de voiture, qui assiste à l'enterrement et qui, après celui ci, se voit projeter, on ne sait comment, dans la France du XVIIIe siècle, percuter la "voiture" de Denon, et partir avec lui dans une aventure folle) est nébuleux . J'ai envie de dire: WHAT? Certes, dans un premier chapitre, le narrateur, Vincent, nous explique qu'il a vécu une année de sa vie comme dans un rêve, et que cette année s'était déroulée il y a 200 ans. Bon, ça, je veux bien l'admettre, mais alors, comment se fait il que son ami Langeac, qu'on avait quitté mort au XXIe siècle, se retrouve bien vivant au XVIIIe?
Je veux bien qu'on parle de voyage temporel dans un roman (surtout que c'est un sujet qui me passionne), mais il faut être alors pointilleux sur la chronologie des événements. Et justement, ce côté fantastique dans ce roman ne fonctionne pas et le lecteur que je suis, n'y a pas adhéré.
Mis à part ce point, qui est d'une importance capitale, car elle gâche également la fin du roman, selon moi, le côté roman historique fonctionne quant à lui, à merveille et on sent que les auteurs se sont documenté et ont bien retranscrit l'expédition de Napoléon en Egypte de fort belle manière. Même l'histoire d'amour de Vincent et Pharia a eu grâce à mes yeux (pourtant elle aurait pu gâcher l'aventure épique de Vincent et ralentir l'action mais ce n'est pas le cas).
Au final, un roman historique qui captive et emporte le lecteur dans une belle et folle expédition, mais qui est un peu gâché par un côté fantastique mal géré, et qui bâcle la fin du roman. Ce qui est fort dommageable. Malgré ma déception, de ce point de vue là, ce Messager des sables est une agréable surprise cependant.
Antoine Audouard & Léonard Anthony: Le messager des sables, France Loisirs, 454 pages, 2003
mardi 10 février 2015
Book Jar: Livre de Février 2015
Pour le mois de Février, le hasard s'est porté sur
Un roman, qui d'après sa couverture, se déroule en Egypte, et d'après le résumé que j'ai survolé, voulant ne pas trop en savoir avant de commencer ma lecture, cela se passerait au temps de Bonaparte et de Champollion. Donc un roman historique qui fait voyager. Je dis, pourquoi pas.
Je ne sais plus pourquoi j'avais choisi ce livre à l'époque (si je me souviens bien, j'étais dans une période où je lisais des romans sur l'Egypte, et particulièrement ceux de Christian Jacq. Ce qui devait m'inciter à choisir des romans comme celui ci). Mais aussi le prix. Je l'ai eu à 1,50€ à Easy Cash. (Oui, c'était la période où je découvrais Easy Cash et où j'achetais tout ce qui me tombait sous la main en matière de roman, car ce n'était pas cher).
Un roman, qui d'après sa couverture, se déroule en Egypte, et d'après le résumé que j'ai survolé, voulant ne pas trop en savoir avant de commencer ma lecture, cela se passerait au temps de Bonaparte et de Champollion. Donc un roman historique qui fait voyager. Je dis, pourquoi pas.
Je ne sais plus pourquoi j'avais choisi ce livre à l'époque (si je me souviens bien, j'étais dans une période où je lisais des romans sur l'Egypte, et particulièrement ceux de Christian Jacq. Ce qui devait m'inciter à choisir des romans comme celui ci). Mais aussi le prix. Je l'ai eu à 1,50€ à Easy Cash. (Oui, c'était la période où je découvrais Easy Cash et où j'achetais tout ce qui me tombait sous la main en matière de roman, car ce n'était pas cher).
lundi 9 février 2015
La ligne rouge
4e de couverture: 1942.
Une compagnie d'infanterie débarque sur l'île de Guadalcanal, lieu stratégique de l'offensive japonaise visant à contrôler l'ensemble du Pacifique. Des soldats et des officiers qui ne sont pas des "héros", mais juste des hommes aux prises avec la nécessité de survivre et de se battre.
Une compagnie d'infanterie débarque sur l'île de Guadalcanal, lieu stratégique de l'offensive japonaise visant à contrôler l'ensemble du Pacifique. Des soldats et des officiers qui ne sont pas des "héros", mais juste des hommes aux prises avec la nécessité de survivre et de se battre.
Quinze ans après avoir acheté ce livre (à la sortie du film en fait) sur la base qu'il se passait durant la 2nde guerre mondiale, période qui m'intéresse beaucoup, je peux dire que je l'ai enfin lu. (Après tout de même avoir fait une tentative de lecture il y a quinze ans justement, mais je pense que je n'étais pas prêt pour le lire).
Après 15 jours de lecture, je ressors groggy, épuisé de ce livre fleuve, avec une impression mitigé. Je reconnais que ce roman est un texte magistral et admirable, d'une qualité littéraire indéniable...mais qu'il n'était pas fait pour moi. En tout cas, ce livre aura eu le mérite de me montrer que si j'aime certain films de guerre, je n'aime pas trop lire des livres sur des conflits (dit celui qui a encore un livre sur la guerre du Vietnam dans sa PAL "A propos de courage"...mais on verra le moment venu). Car La ligne rouge, c'est un conflit permanent, avec des moments de pause certes , mais on est tout le temps plongé dans les batailles entre américains et japonais.
Je l'avoue, si j'ai mis si longtemps à le sortir de ma PAL, c'est que la densité du roman, ses chapitres longs de plus de 100 pages, sans saut de ligne aucune, me faisait énormément peur. Il y a des descriptions interminables sur les conflits, l'auteur nous décrit dans un langage cru, sans concession, le bourbier dans lequel sont ces hommes. Car, oui, lors des conflits, l'auteur ne nous parle que d'une masse d'hommes, sans identité. Ces passages là m'ont laissé sur le bord de la route. Heureusement, il sont entrecoupé de passages qui se focalisent sur certains soldats.
J'ai préféré ces moment là. (car oui, je ne me suis pas complètement ennuyé, sinon, j'aurai abandonné ma lecture depuis longtemps) Les instants où l'auteur livre les pensées de certains de ces hommes comme Witt, Fife, le capitaine Stein, Bell, le sergent Welsh, Dale, m'ont interpellé. On entre dans leur tête, mais surtout, on voit leur comportement changer, au fil de l'avancement du conflit. Il y a comme un débat intérieur qui se livre entre ces hommes avec eux même, car le conflit n'est pas seulement sur le terrain; il l'est aussi dans leur tête.
Après avoir terminé ce livre, qui est l'un des plus beaux témoignage sur le conflit de Guadalcanal (que James Jones, l'auteur, a vécu), je me suis demandé pourquoi les hommes ont ce besoin de faire la guerre? Pourquoi tout ça? A quoi ça rime? Ces hommes que l'on a envoyé au casse-pipe, qui sont devenu de la chair à canon. Pourquoi l'homme à t'il ce besoin de destruction? J'aimerai bien le savoir.
Au final, un roman fleuve, que je suis content d'avoir fini, pour pouvoir passer à autre chose (et au moins, maintenant, je n'aurai plus à y revenir), qui m'a épuisé, et où j'ai trouvé que la traduction, qui a beaucoup de qualité (la première étant que la traductrice à su retranscrire le langage cru des hommes de combat et donné au texte toute la virilité qu'il demandait) était parfois daté, surtout dans les dialogues qui paraissent suranné pour notre époque. En même temps, la traduction date de 1965. C'est donc normal que ce texte m'ait fait cet effet là puisque certaines expressions de l'époque ne sont plus utilisé aujourd'hui. (Malheureusement, je n'ai aucun exemple à vous donner et j'ai la flemme d'en chercher un dans ce joli pavé. J'en suis désolé.)
Voilà un roman, qui ne m'a pas complètement convaincu, mais cela n'est pas dû au texte en lui même qui est d'une qualité littéraire indéniable et un fort témoignage sur le conflit américano-japonais. C'est simplement moi qui n'arrive pas à aimer ce genre de livre. Après tout, je ne peux pas tout aimer...mais je suis persuadé que certains d'entre vous, lecteurs (et lectrices pourquoi pas) qui me lisent peuvent y trouver leur compte. A vous de voir.
James Jones: La lgine rouge, (The thin red line), Pocket, 603 pages, 1965 (pour la traduction), 1999 (pour mon édition).
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