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lundi 30 juillet 2018

Les Crèvecoeur Tome 2 (Germain & Raphaël)

4e de couverture: L'Histoire et la guerre viennent une fois de plus bouleverser la passion que cultive Germain Crèvecœur pour les souliers féminins, en ravivant de douloureux souvenirs d'enfance. Otage du conflit franco-allemand dans lequel on exploite son talent et témoin d'un amour qui dérange, Germain se voit obligé de jouer les héros malgré lui pour protéger sa liberté et sa vie.

Il se raccroche alors à son génie créatif et tente de trouver le chemin qui mène au cœur des femmes, entraînant ainsi le lecteur dans le tourbillon de son destin exceptionnel. Trahisons, amour, secrets de famille, rien n'épargnera Germain dans sa quête du bonheur et surtout pas cette dernière confidence trouvée, bien malgré lui, au fond d'une petite boîte.

Entre passions et intrigues familiales, la saga des Crèvecœur est un hymne à la féminité autant qu'un voyage dans le cœur meurtri d'un homme à la sensibilité unique, qui espérait soigner son âme au fond d'une bottine pour dame.

Germain et Raphaël est le second et dernier volet de cette épopée familiale.

Risque de Spoilers sur le tome précédent. 

C'est avec soulagement (car j'ai enfin pu lire le dénouement des Crèvecoeur), mais également un petit pincement au coeur que j'ai refermé ce 2e et dernier tome. 
Après 3  ans d'attente, j'ai enfin lu le dénouement de cette saga qui m'a hanté pendant toutes ces années. 

Germain continue de dérouler son histoire à son fils Raphaël. Il nous raconte sa vie parisienne que la 2nde guerre mondiale va venir bousculer. 
C'est alors le temps des années sombres pour Germain et les Bonhomie, qui voient des trains arriver en gare de Drancy pour parquer les juifs. 
Dans ce 2e volet, Antonia continue de dérouler le fil de la vie de Germain, avec toujours autant de détails sur le monde des chaussures, tout en faisant entrer son anti-héros dans la grande Histoire. 

Ce fut encore une fois un plaisir de retrouver Germain, un personnage attachant qui nous surprend de par sa lâcheté (après tout il n'est qu'un homme) mais qui va devenir un héros malgré lui, en sauvant la vie d'Hanna, la petite fille de ses voisins. 
Dans ce tome là, les nouveaux personnages sont encore nombreux: de Erlmann, le soldat nazi (qui avait fait une apparition au début du premier tome, et c'est intéressant de voir les fils de l'histoire se tisser et nous faire nous poser mille questions), en passant par Ballantine, la jeune bonne d'une cliente de Germain, quand celui ci fait son retour à Bayeux, ou bien Garance, qui sera le grand amour de notre solitaire qui ne saura jamais vraiment aimer. Tous ont de multiples facettes qui les rendent très intrigants. 

C'est bien simple, je n'ai pas pu décrocher une seule minute, étant avide de savoir comment tout cela allait se boucler. 
La plume d'Antonia est des plus magiques. Il y a quelquefois des fulgurances de poésie dans certains passages qu'on se met à frissonner, tellement c'est beau. Le parti pris de la narration par Germain fait que celui ci devient un personnage exceptionnellement attachant, de par ses failles, ses faiblesses. Les passages du dernier chapitre dans la seconde partie "Raphaël" m'ont presque mis la larme à l'oeil tellement ce qu'il dit à son fils est beau. Et le procédé de la narration alternant le je et le tu, fait que, si Germain s'adresse à Raphaël, son fils dans les lettres, le lecteur se surprend à se mettre dans la peau de ce fils perdu et retrouvé...trop tard. 

Un point important que je n'avais pas relevé lors de ma précédente lecture: le rôle de la maison des Gervais-Crèvecoeur à Bayeux, au 15 rue Saint Malo, est primordial. Il est même central. Cette maison est le coeur du récit et c'est elle qui renferme cette noirceur et cette profondeur quasi macabre qui fait qu'on s'y sent mal à l'aise, tout comme Raphaël quand il l'a découvre. On se demande même pourquoi le destin s'acharne à ramener Germain dans cette maison qu'il a toujours détesté et qui va lui servir de tombeau. Antonia la décrit de telle manière que j'ai eu l'impression, bien souvent de m'y trouver. 
De par sa plume, Antonia lui a donné une âme, sombre certes, mais une âme qui fait qu'elle est vivante et renferme bien des secrets. 

Des secrets qui sont dévoilés au lecteur de fort belle manière, même si certains sont répétés plusieurs fois (je pense au secret de la naissance de Germain), mais c'est tout à fait normal: le point de vue étant celui de Germain, il découvrira le secret de sa naissance par son père, puis quelques pages plus loin par sa mère. Cela peut sembler redondant mais c'est un fait exprès; Cette répétition n'est là que pour nous montrer le chemin qu'a pris Germain pour découvrir les secrets de sa famille. 

Je dois dire que le final m'a beaucoup surpris: je ne m'attendais pas à avoir 3 épilogues se focalisant sur Edith en 1936, pour nous parler du destin de certains personnages qui ont croisé la route de la mère de Germain, sur Raphaël en 1975 et sur une certaine Eva (dont je vous tairai le patronyme pour un peu de suspense) la même année, bouclant ainsi la boucle de cette histoire de famille pas comme les autres. 

Au final, une saga flamboyante qui tient toutes ses promesses, écrite d'une plume poétique qui n'est pas sans rappeler celles du XIXe siècle. Il y a un souffle dans cette épopée familiale, rempli de secrets, de malheur et des personnages attachants aux destins tragiques pour lesquels on tremble et l'on espère des jours meilleurs. A n'en pas douter, "Les Crèvecoeur" resteront au panthéon des grandes sagas et ils ont tout à fait leur place aux côtés des Rougon Macquart, car, tout en nous parlant des secrets de famille, elle nous parle surtout  de la société du début du XXe siècle jusqu'aux années 70, tout en dressant un portrait magnifique du monde de la Chaussure. Jamais cet objet n'aura été autant sublimé qu'entre les pages des Crèvecoeur. 
"Les Crèvecoeur"? Une saga à lire absolument! 

Merci à Antonia de m'avoir permis de lire le fin mot de cette histoire. 

Antonia Medeiros: Les Crèvecoeur Tome 2 (Germain & Raphaël), Silk Thread Publishing, 285 pages (format ebooks), 2018


samedi 28 juillet 2018

Les Crèvecoeur Tome 1 (Edith & Romain)

4e de couverture: Germain Crèvecœur, l'un des plus grands créateurs de chaussures pour femmes du XXe siècle, vient d'être retrouvé pendu. Il lègue à un fils mystérieux tous ses biens, y compris une maison étrange aux murs couverts de souliers féminins et des lettres dans lesquelles le défunt dévoile le roman de sa vie ainsi que ses plus terribles secrets...

Pris entre l'amour fusionnel de sa mère Édith et la folie fétichiste de son père cordonnier, Germain grandit au début des années 1920 conscient de sa différence et de sa sensibilité à l'élégance féminine. Des tragédies familiales et des secrets qui hantent son histoire, il puisera toute la force de sa passion créatrice afin de répondre à cette unique question : peut-on guérir son âme au fond d'une bottine pour dames ? 


Entre "Les Crèvecoeur" et moi, c'est une longue histoire qui a débutée il y a 4 ans avec la découverte du premier volet "Edith" (qui se trouve être la première partie de ce premier tome. Oui, je sais, c'est compliqué). J'avais été charmé mais en même temps frustré par la brièveté de ce premier volet. Il n'était clairement pour moi qu'un long prologue d'une centaine de pages, qui annonçait une saga de plus grande ampleur. 
Petit à petit, j'ai lu les deux autres volets suivants ("Romain" (qui conclut ce premier tome) et "Germain" (qui débute le second): de plus en plus l'histoire prenait de l'ampleur et des personnages fantastiques et attachants prenaient vie sous mes yeux. J'étais conquis, mais frustré car j'attendais de savoir le fin mot de l'histoire, que je n'eu jamais car le 4e volet ("Raphaël") ne paru jamais, la maison d'édition la publiant en France ayant fermée. 
C'est ainsi que je suis resté orphelin de l'histoire de Germain, de Raphêl, d'Edith et de tous les autres. 

Puis, il y a quelques mois, Antonia Medeiros me contacta pour me dire que la saga des Crèvecoeur allait revenir dans un nouveau format. Vous n’imaginez pas le bonheur que ce fut de voir revenir cette saga que j'aime tant. 

Quel moment idéal pour retrouver la saga que de la savourer en été. Je trouve que la saison est propice à ce genre d'histoire. 
Alors, pour bien faire les choses, j'ai décidé de reprendre l'histoire du début...et je dois dire que le charme a opéré de suite, et ce dès les premières pages. (ce qui ne fut pas le cas à la première lecture, où il m'avait fallu quelques chapitres pour entrer dans l'histoire). Ce fut un véritable bonheur de retrouver Edith, la mère de Germain, mais également Germain,  qui meurt au début du roman, en laissant à son fils, des lettres qui vont raconter son histoire. 

Dans cette édition, les défauts du roman ont été gommé,surtout le plus important: la brièveté des tomes. Le fait d'avoir réunis les deux premiers volets en un seul tome, fait que l'histoire est riche de personnages, de situations plus romanesques les uns que les autres: la découverte par Raphaël de l'existence d'un père qu'il n'a jamais connu, l'histoire d'Edith qui va s'enliser dans un mariage arrangé qui va faire de sa vie un enfer, et qui va trouver le bonheur en donnant naissance à Germain. L'enfance de celui ci entre une mère aimante et un père totalement absent et abject, cachant bien des secrets. 
Il y a toute une galerie de personnages truculents, inquiétants, lumineux et généreux: des Bonhomie (qui portent bien leur nom) à Mimei, la petite chinoise qui m'a encore une fois fait une étrange impression, et la flamboyante Ninon, jeune sénégalaise (qui nous parle de cette exposition des colonies qui eu lieu dans les années 30). 
C'est beau, palpitant, instructif et tout est là pour que l'on passe un merveilleux moment. La plume d'Antonia est belle et poétique. Il y a des passages de toute beauté qui nous décrit le monde des chaussures mais surtout dresse un portrait des femmes et l'amour de Germain pour cette féminité, qui fait palpiter notre coeur. Surtout, Antonia nous décrit un monde sombre et glacial dans la maison familiale de Germain à Bayeux, qui garde de lourds secrets et dans laquelle on ne se sent pas bien, pour ensuite nous emporter dans le Paris lumineux des années 30 où Germain prendra son envol. 

Au final, une saga familiale qui m'a encore une fois emportée dans son univers et, cete fois ci, sans frustration. Tout s'enchaîne parfaitement et l'on découvre un monde fascinant (celui des chaussures et plus particulièrement les chaussures de femmes), à travers un personnage tendre et énigmatique, en la personne de Germain, que tout comme Raphaël, le lecteur découvre avec envie et angoisse. 
Cette relecture fut un véritable bonheur et je n'ai qu'une hâte: commencer le 2e tome pour (enfin!) savoir quel destin attend Germain et quels secrets il va nous dévoiler sur son passé. 

Pour avoir mon ressenti de ma découverte de cette saga, voici le lien des deux premiers volets: Edith et Romain

Le livre peut être commandé sur amazon, fnac, Chapitre.com. Plus d'infos sur le site de l'auteure:Antonia Medeiros 

Merci à Antonia  pour sa confiance et pour la découverte de cette magnifique édition. 

Antonia Medeiros: Les Crèvecoeur Tome 1 (Edith & Romain), Silk Thread Publishing, 295 pages (format ebook), 2018


mercredi 11 novembre 2015

Le Révolté

4e de couverture: Émile, le fils du vigneron, et Mlle de Montsegnac, la fille des châtelains, se rencontrent à un bal et tombent amoureux l’un de l’autre. Mais, au début du XXe siècle, on a beau être en république, les castes règnent dans les provinces. Cet amour contrarié et une brimade grossière poussent Émile à la révolte. Ainsi, par provocation, il éconduit Mathilde, une nouvelle prétendante, qui le poursuivra de sa rancune toute sa vie. Puis il épouse Berthe, une femme qu’il méprise. Pour fuir cet enfer quotidien qu’est devenue sa vie, il se jette sans hésiter dans la boue et le cloaque des tranchées de 1914-1918. Il en revient blessé et militant communiste. De son côté, Mathilde a épousé un bon bourgeois et devient l’égérie de la droite fascisante locale. Au fil du temps, la haine qu’elle voue à Émile les entraîne tous deux dans une lutte sournoise et brutale, dans laquelle tous les coups sont permis, et qui trouvera son dénouement tragique à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Ce dernier assaut aura-t-il définitivement raison de Mathilde ou bien fera-t-il enfin plier Émile le révolté, qui a passé sa vie à combattre ? À moins que, d’une guerre, nul ne ressorte jamais vainqueur.



Ce roman de Shakin Nir est un bon moyen pour commémorer le 11 novembre. 
En effet, il fait la part belle à ces hommes qui ont combattu pour la France et ce sont surtout révolté contre les envahisseurs de toutes sortes. 

J'ai été de suite happé par ce court roman. Dès les premières pages, le lecteur est intrigué. Comment Emile s'est retrouvé emprisonné? C'est alors, grâce à des flashbacks que l'histoire de ce révolté est révélée. Car, c'est bien Emile, le révolté du titre. Ce jeune homme, amoureux d'une chatelaine, lui le fils du vigneron. Devant le refus des parents de se marier avec Mlle de Montsegnac, il va se révolter et faire les mauvais choix: éconduire Mathilde, qui lui mènera la vie dure en voulant se venger, et épouser, Berthe, une femme sans personnalité, qu'il n'aime pas. 

Avec un style percutant, direct,parsemé de quelques moments de poésie, Shakin Nir survole 30 ans de la vie d'Emile, de la première guerre mondiale, dans laquelle Emile va se plonger corps et âme afin d'échapper à sa vie morne d'homme marié, en passant par l'après guerre, où son engagement communiste lui jouera de vilain tour, jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale. 
Alors, c'est vrai, ces trois périodes sont anecdotiques dans le livre (la première guerre mondiale est vite survolée, en quelques pages), mais, bizarrement cela ne m'a pas trop dérangé, dans le sens où ces petites histoires donnent le rythme du roman. En effet, l'auteur va à l'essentiel et ne s'embarrasse pas de rebondissements qui pourraient alourdir le roman. 

Shakin Nir montre seulement l'engagement d'Emile, sa révolte, dans des petits pans de son histoire (son passage militaire où il se mettra un lieutenant à dos parce que celui ci n'a pas respecté sa parole; son engagement mis en péril par la bêtise de son fils, qui s'est endetté à cause d'une femme, son engagement dans la Résistance durant la Seconde Guerre Mondiale).  L'auteur nous raconte également l'Algérie française, par le personnage de Manon, la fille d'Emile, marié à un fonctionnaire qui est envoyé dans cette colonie française. J'ai trouvé tout cela passionnant: cette première moitié du 20e siècle est bien décrite par Shakin Nir dans un récit vif, qui ne m'a pas lassé et que j'ai lu avec plaisir. 

Au final, une belle découverte, que ce petit roman, qui dresse le portrait d'un homme, pour qui la révolte est son cheval de bataille, et qui va vivre au rythme de ses engagements et de sa passion...tout ça pour une histoire d'amour contrariée. C'est beau, touchant. Un roman qui divertit durant quelques heures, avec un héros attachant, qui se bat pour ses convictions. Un roman et une plume que je vous encourage à découvrir. 

Merci aux Editions La Bourdonnaye pour cette jolie découverte. 


Shakin Nir: Le Révolté, Editions La Bourdonnaye, 152 pages, 2014





lundi 24 août 2015

Meurtres low-cost (Saison 1 & 2)

4e de couverture: Anna, la quarantaine, épouse modèle et bonne mère de famille, limite desperate housewife depuis qu’elle est au chômage, réussit un beau jour sa reconversion professionnelle sans l’aide de Pôle emploi. De toute façon, son nouveau métier ne rentre pas dans les catégories type des formulaires administratifs : tueuse à gages… low cost. Un concept pourtant extrêmement porteur et très original de service à la personne, comme elle l’explique au journaliste venu l’interviewer sous couvert d’anonymat.
Aujourd’hui à la tête d’une petite entreprise qui connaît pas la crise, Anna éprouve quelques difficultés à concilier vie de famille et vie professionnelle, car il lui faut cacher à son fils et à son mari – un pompier au grand coeur qui sauve les gens, tandis qu’elle les tue – en quoi consiste sa nouvelle activité. Pour couronner le tout, sa mère qu’elle était heureuse de ne pas avoir revue depuis des lustres, débarque à l’improviste pour s’installer chez eux.
La devise d’Anna ? « Soldes, tout doit disparaître ». Surtout les corps et les indices.

Si vous recherchez une lecture fun, avec un humour à la limite du noir, cette série est faite pour vous. 

L'idée de départ est en soi, originale: imaginez, une femme, la quarantaine, au chômage, qui décide de monter son entreprise de tueuse à gages (sous couvert d'une entreprise de coaching) en proposant de tuer pour une somme modique, les personnes qui vous font chiez ou qui vous font du mal. Cette idée qui tue, lui est venue après un rendez-vous avec une conseillère du Pôle Emploi qu'elle aurait bien eu envie de trucider. 

Et voilà notre chère Anna, qui doit jongler entre son métier particulier et sa vie de famille, entre un mari pompier, qui essaye de sauver les personnes qu'elle doit supprimer et un fils, étudiant en psycho qui va lui être d'un grand secours...

J'ai tout bonnement adoré cette première saison: bien évidemment, c'est la saison de présentation des personnages et de la mise en place, mais elle n'est pas dénuée de rythme, de quiproquos et d'humour. Il n'y a aucune lenteur et l'on a pas le temps de s'ennuyer. 
L'une des astuces de l'auteur, c'est d'avoir pris le pied de l'interview pour qu'Anna nous raconte son histoire (au début de premier épisode, Anna a rendez-vous avec un journaliste pour lui raconter son parcours). Ainsi, le lecteur devient ce journaliste et plonge dans cette histoire à pied joint. 

Malgré son métier hors norme, je me suis pris d'affection pour Anna: elle est drôle, sympathique et a tout de même une morale. Anna, c'est un peu Dexter, l'humour en plus. Car oui, je me suis surpris à rire à gorge déployée devant certaines situations (comme celle ou Anna décide de supprimer son "colis" en brûlant le corps dans une voiture...sauf que Erwan, son pompier de mari débarque pour éteindre l'incendie. Ni une, ni deux, Anna téléphone à ce dernier et invente une excuse pour l'empêcher de faire son travail). 

D'épisode en épisode, le rythme ne faiblit pas. De nouveaux personnages font leur apparition, comme Martine, la femme de ménage ou Béatrice, la mère d'Anna. 
Isabelle Bouvier a très bien compris les codes de la série et les utilise de fort belle manière pour nous tenir en haleine, jusqu'au twist final du dernier épisode qui ne donne qu'une envie: lire la saison deux. 


Ce que j'ai fait de suite après avoir fini la saison 1, tellement je voulais savoir (et comprendre) ce qui allait arriver à notre chère Anna et son entreprise de Meurtres Low-Cost. 
Alors, je vais être gentil en ne vous en disant pas trop sur cette saison deux (surtout si vous n'avez pas lu la saison 1). 

Tout ce que je peux dire sur cette saison deux, c'est que la série garde son rythme enlevé, qui va à 100 à l'heure et ne laisse aucun répit. Elle entre plus en détail dans la vie d'Anna et ses proches, toujours ponctuée de meurtres toujours aussi jouissif et imaginatifs. 
Mais surtout, cette saison deux est beaucoup plus sombre que la première (rassurez vous, il y a toujours autant d'humour) et elle dévoile le passé d'Anna qui a vécu un traumatisme étant enfant. Ces événements du passé nous font comprendre pourquoi Anna s'est lancée dans cette nouvelle carrière atypique. 

Cette 2e saison se lit d'une traite, tellement on a envie de savoir comment tout cela va se terminer...sauf que le cliffhanger du 6e et dernier épisode de cette saison 2 annonce une 3e saison qui va changer la donne...et qui m'a laissé dans une frustration totale puisque cette saison 3 n'est pas encore sortie. 

Au final, une série Pulp, fun, drôle,que je conseille à tous (honnêtement, même si vous avez un coeur sensible, vous pouvez y aller sans crainte: l'auteur ne rentre pas dans le trash et les scènes gores). C'est enlevé, avec des personnages haut en couleur qui vous feront marrer. Isabelle Bouvier manie les codes de la série avec maestria et on n'a qu'une envie: savoir la suite des aventures d'Anna. Alors vivement la saison 3!

(De plus, elle est disponible en ebook pour la modique somme de 4.99€ pour chaque saison sur le site de l'éditeur. A ce prix là, ce serait dommage de s'en priver!)


Merci aux Editions la Bourdonnaye pour la découverte de cette série Pulp de toute beauté.

Isabelle Bouvier: Meurtres Low-Cost Saison 1, La Bourdonnaye, 142 pages, 2014
Isabelle Bouvier: Meurtres Low-Cost Saison 2, La Bourdonnaye, 157 pages, 2015




mardi 24 mars 2015

L'homme idéal (en mieux)

4e de couverture: Un joyeux bordel. Voilà à quoi ressemble la vie d’Emilie, 35 ans, mère célibataire, qui se retrouve à devoir squatter chez sa meilleure amie en attendant des jours plus favorables. Oui, mais voilà : si elle n’avait pas emménagé chez Clara, jamais elle ne serait retombée sur Samuel Winterfeld, un homme qu’elle a perdu de vue depuis longtemps, et qui allie deux qualités fondamentales : être le sosie de Bradley Cooper, et avoir très envie de la revoir ! Sauf que, évidemment, c’est à peu près au même moment que son ex, le père de sa fille, décide de retenter sa chance avec elle. De quoi la mettre définitivement sens dessus dessous ! 

En ces temps de morosité où le printemps se fait un peu attendre, une petite romance, ça fait du bien. 
C'est ainsi que j'ai (enfin!!!) pris le temps de lire le premier roman d'Angéla Morelli. Je peux vous dire tout de go que ce roman est une petite merveille. Un petit doudou qui vous réchauffe le coeur et rend votre coeur tout chamallow. 
J'ai adoré cette histoire, que dis je, adoré. J'ai surkiffé, mon petit coeur qui battait la chamade, j'ai soupiré, j'ai ri. Bref, je  suis passé par des tas d'émotions. 
Voilà surtout une romance qui fait rêver (Ah Samuel!!) (Oui, un mec dont le portrait ressemble à ça 



je ne vois pas qui peut y rester insensible) mais, derrière le rêve, se cache la vraie vie (et c'est ce qui fait la force de cette romance). En effet, la lectrice (mais aussi le lecteur, car, je le répète, les hommes aussi lisent de la romance (enfin certains)) peut s'identifier aux personnages: Emilie est une trentenaire séparée de son compagnon, qui vit avec sa fille en collocation chez sa meilleure amie, Clara. Elle est prof de français, à Paris et fait la connaissance de Samuel à la librairie de Clara, qu'elle remplace ce jour là. Elle a un groupe d'amies (Louise (dont j'ai adoré la répartie), Maria). Voilà clairement le portrait d'une femme (Emilie)  qui ressemble à bon nombre d'entre vous, mesdames. 

Le cadre de la romance (Paris) est un plus: cela change de beaucoup de romances qui se déroule dans un pays lointain, ou une petite île paradisiaque, mais surtout, il donne à la romance une réalité bienvenue. Chaque lecteur peut s'identifier aux personnages et se dire: Emilie, c'est un peu moi, et croire que rencontrer un homme comme Samuel, peut devenir réalité. Vous comprenez ce que je veux dire? (Malgré le fantasme que fait naître en nous le portrait idéal de Samuel, il nous est permis de croire que ce Samuel n'est peut être pas si loin de nous.Peut être que vous le croiserez au coin de la rue, où lors de votre prochaine visite à la librairie.)

Ce que j'ai également aimé dans ce roman, ce sont toutes les références que l'auteure à instillé par petites touches: elles me parlaient toutes (en même temps quand vous connaissez l'auteure avec qui vous parlez régulièrement depuis quelques années et avec qui vous avez beaucoup de goûts communs, c'est un peu plus facile qu'elles vous parlent): de "Supernatural" au "Doctor", en assant par certaines  références littéraires (comme Nord et Sud -(de Gaskell,  je précise). J'avais ainsi l'impression de me retrouver en Emilie (oui, je sais, cela fait bizarre pour un homme de se comparer à une femme, mais j'assume!  Et, je vous le dis,  je n'ai pas peur de chanter, même en public, une chanson du grand Michel Sardou (le seul, l'unique (un autre goût commun que l'on partage ma chère Angéla) Être une femme by Michel Sardou on Grooveshark  Mais je m'égare). Je disais donc que j'avais l'impression de me retrouver en Emilie. Je me  sentais proche d'elle, de ses états d'âmes, de ses questionnements. De sa vie, tout simplement. 

Il y a beaucoup d'humour à l'intérieur de ce roman (on rit énormément, souvent à gorge déployée) mais l'auteure n'oublie pas  d'y glisser aussi des moments touchants, qui ont fait chavirer mon petit coeur tout mou, comme le passé de Samuel. J'aime cela dans une romance: passer du rire aux larmes (même si celles ci sont intérieures). 
Le petit rebondissement de la fin m'a même surpris , égratignant un peu le portrait du beau Samuel,  mais pas sa résolution: soyons clair, il m'a surpris juste 10 secondes, car j'ai de suite deviné la résolution du rebondissement. Je regarde trop de comédies romantiques. A force, je connais tous les codes. Mais bon, cela fonctionne tout de même puisque c'est un rebondissement auquel je ne m'attendais pas. 

En clair, j'ai passé un moment fabuleux avec cette romance qui fait chaud au coeur, écrit d'une plume vive, drôle et rythmée, ancrée dans la vraie vie, et ce, même si Samuel à un physique un peu fantasmé (mais on a bien le droit de rêver). Une romance dans laquelle tout le monde peut se retrouver. En clair, voilà une romance qui fait du bien et qui devrait être remboursé par la Sécu, tellement elle met du baume au coeur et embellit votre journée. 


Angéla Morelli: L'homme idéal (en mieux), Harlequin (collection HQN), 230 pages, 2013






samedi 14 février 2015

Avis de tempête

4e de couverture: Lorsqu’elle débarque au Québec pour les vacances de février, Candice fait immédiatement deux constats très inquiétants. Premièrement, il fait froid. Très, très froid. Ce qu’elle était loin de s’imaginer quand elle a préparé ses valises (comment ça sa petite doudoune ne va pas suffire ?). Deuxièmement, sa cousine n’est pas là, et impossible de la joindre. Alors, quand l’aéroport annonce sa fermeture imminente et qu’un charmant inconnu à l’accent aussi improbable que sa coupe de cheveux lui propose de lui servir de taxi, Candice accepte... 

Pour la Saint-Valentin, les Editions Harlequin ont demandé à plusieurs de leurs auteurs d'écrire une histoire d'amour  autour de ce thème. 
En apprenant qu'Angéla faisait partie de ces auteurs , ni une ni deux, je me suis précipité sur sa nouvelle...surtout en sachant que son histoire avait le Québec pour cadre. Là, c'était l'extase. 

Vous voulez une jolie romance qui sent bon le sirop d'érable et la neige fraîche? Vous aussi, vous rêver d'un chum avec l'accent chantant du Nord canadien? Alors, Avis de tempête est fait pour vous. 

J'adore le style d'Angéla, ses dialogues drôles et avec l'accent, rempli d'expression bien de là bas (qui m'a d'ailleurs rappelé mon séjour canadien), ses situations à hurler de rire (rien que le début vaut le détour). Bien évidemment, l'accent sur l'incompréhension des deux cultures est un poil forcé...mais c'est fait pour.Et puis, c'est ça qui rend la situation drôle.  Candice est la française qui débarque au Canada et qui ne comprend pas trop ce que lui raconte ce cher et beau Martin. (Ah Martin!  un chum comme ça, ça fait envie.) Puis, le style d'Angéla est enlevé, dynamique, et hilarant comme tout. J'ai souvent éclaté de rire, tout seul, comme un idiot, mais bon, j'était chez moi donc ça va. 

Je n'aurai qu'un tout petit bémol qui n'en est même pas un, puisque, au départ, je suis prévenu: c'est une nouvelle (donc c'est forcément court et donc je vais être frustré). En effet, le début des vacances de Candice sont déjà corsées par une situation rocambolesque mais tout à fait plausible...sauf que j'aurai voulu savoir la  suite de son séjour. 
 La force de cette nouvelle, c'est que la lectrice (mais aussi certains lecteurs, ne soyons pas sectaire) se reconnait en Candice et pourrait très bien tomber sur un chum comme Martin. Certes, il est beau, c'est un dragueur, mais ce n'est pas non plus un dieu grec. C'est un mec qui parait normal et parfois, cela fait du bien de rencontrer des mecs comme ça dans la romance...car, même si cela fait rêver (et que c'est fait pour), on peut croire ce rêve accessible. Oui, une lectrice pourrait très bien tomber sur un Martin dans la vraie vie...et c'est ça que j'aime aussi dans les histoires d'Angéla. 
Le couple en devenir de Candice et Martin est trop choupinou et je n'ai eu qu'un seul regret: ne pas connaître la suite des vacances de Candice...car franchement, si elles commençaient comme ça le premier jour, qu'est ce que cela aurait dû  être pendant 15 jours. 

Au final, une petite romance qui fait chaud au coeur et que je vous recommande grandement. Vous voyagerez gratis au "pays des caribous", vous vous fendrez la poire avec un sourire jusqu'aux oreilles et vous n'aurez qu'une envie: traverser l'Atlantique en espérant tomber sur un chum comme  Martin à votre arrivée.  

(Une chanson m'a trottée dans la tête tout au long de ma lecture. Comme  je suis un gars bien, je vous en fait profiter aussi) 





 Angéla Morelli: Avis de tempête, Harlequin, collection HQN, 38 pages, 2015



lundi 15 décembre 2014

Les Crèvecoeur (Romain)

4e de couverture: Le monde étrange dans lequel grandit Germain Crèvecœur est peuplé de silences, de secrets de famille, de chaussures usées qu’on adule, d’une Chinoise édentée cachée dans un placard et d’une tapisserie légendaire. Prisonnier de Romain et d’Édith – un père à la folie fétichiste et une mère à l’amour excessif –, Germain cultive sa différence et recherche dans l’amertume de sa jeunesse le bonheur et la force d’aimer. Son incroyable parcours fascine, de son enfance à son adolescence, de son apprentissage à la découverte de la sensualité, de l’horreur de la mutilation à la magie de la création. En cela, Romain a marqué son fils de son empreinte indélébile.
Entre passions et intrigues familiales, la saga des Crèvecœur est un hymne à la beauté féminine autant qu’un voyage dans le cœur meurtri d’un homme à la sensibilité unique, qui pensait soigner son âme au fond d’une bottine pour dame.


Risque de Spoilers sur le tome précédent. 

7 mois après avoir lu le premier tome, "Edith", les Crèvecoeur sont de retour avec ce 2e tome tout aussi bon, voir, meilleur que le premier. 

Après avoir fini le premier tome, j'avais été frustré de ne pas en savoir plus sur Germain, qui nous était présenté dans les premières pages d'"Edith". Cette frustration est réparée avec ce second tome, qui, nous déroule le fil de la vie de Germain, car oui, cette fois ci, malgré le sous-titre "Romain", c'est Germain qui nous est dévoilé. 
Germain, né dans la cathédrale de Bayeux, vit ses premières années dans la cordonnerie familiale entre sa mère Edith, qui l'adore, et un père,Romain, qu'il déteste (et le sentiment est réciproque). Dès son plus jeune âge, Germain est un enfant solitaire, qui va constamment chercher l'approbation et l'amour qu'il ne reçoit pas (sauf de sa mère). Arrivé à l'adolescence, il va découvrir le secret de son père qui va alors chamboulé sa vie et lui donnér un sens. 

Dès le début de la saga, j'ai été attiré par Germain et je voulais en savoir plus. Je n'ai pas été déçu une seule seconde: Germain m'a charmé, et son parcours est fascinant. 
Le ton du roman est différent du premier tome: Antonia Medeiros prend la forme du récit et le "je" pour mieux incarner Germain, qui s'adresse à son fils dans ces carnets que Raphaël, le fils de Germain, avait trouvé à la fin du tome 1 si je me souviens bien). Le personnage se dévoile ainsi, et nous montre les failles de ses proches et de lui même. 

J'ai alors avancé, fasciné par ce destin hors du commun: les événements s’enchaînent à tout allure pour mon plus grand bonheur. C'est bien simple, on ne peut pas décrocher une seule minute et on a envie d'en savoir toujours plus. 
L'écriture d'Antonia Medeiros est fluide et très poétique (il y a des passages de toute beauté (notamment une déclaration faite au lecteur, par Germain, à propos de sa mère, au moment du départ de Germain.)

Le roman débute dans l'ombre pour se finir dans la lumière (c'est d'ailleurs la 2e partie qui m'a le plus plu car ce cher Germain commence a entrevoir la lumière, même s'il n'a pas encore trouvé ce qu'il cherchait. D'ailleurs, sait il lui-même ce qu'il cherche?
Après nous avoir dévoilé Bayeux dans le premier tome, ce sont les chaussures (le métier, la fabrication, etc...) qui donnent aux femmes une beauté sans pareille, que l'auteur met en avant et ceci est passionnant à découvrir. 

Mais il y a aussi des personnages truculents, inquiétants, bienveillants, mais qui ne laissent pas indifférents dans ce roman (la chinoise MiMei, qui m'a angoissé, Romain, que j'ai continué à détesté, les Bonhomie, qui sont un peu la lumière de ce livre, Ninon, la sénégalaise, qui nous montre une réalité de cette époque (les années 30), et encore d'autres. 

Mais ce qui devait arriver, arriva: la fin qui me laisse encore avec des questions plein la tête. Germain n'est qu'au début de sa vie (23 ans)  et l'événement qui s'annonce en fin de livre, me donne l'envie d'en savoir plus. 

Au final, ce 2e tome ne fait que confirmer que cette saga "Les Crèvecoeur" est une belle saga, passionnante à souhait, empli de poésie, de malheur, et de tendresse, de secrets et de bonheur (tout le sel d'une bonne saga). Je n'ai maintenant qu'un seul souhait: savoir la suite. Vivement le Tome 3!

Disponible en version ebooks ou papier sur le site des Editions La Bourdonnaye .

Merci infiniment  à l'auteur Antonia Medeiros et aux Editions La Bourdonnaye de m'avoir permis de continuer mon voyage dans la vie passionnante de Germain.

Antonia Medeiros: Les Crèvecoeur (Romain), Editions La Bourdonnaye (Collection "Fictions"), 164 pages, 2014


samedi 10 mai 2014

Les Crèvecoeur (Edith)

4e de couverture: Germain Crèvecœur, l’un des plus grands créateurs de chaussures pour femmes du xxe siècle, vient d’être retrouvé pendu. L’artiste adulé, mais pourtant tristement solitaire, lègue tous ses biens à son fils caché, Raphaël. Ces richesses comprennent une maison étrange aux murs couverts de souliers féminins et des lettres dans lesquelles le défunt dévoile le roman de sa vie ainsi que ses plus terribles secrets…
Tout commence en 1915, avec Édith, femme magnifique et forte, mariée malgré elle à Romain et secrètement amoureuse d’Hektor. Le premier est un cordonnier fétichiste et dangereux, le second un soldat allemand de la Grande Guerre, ennemi de la patrie. Mais l’amour, apatride, se joue des frontières comme des convenances.
Entre passions et intrigues familiales, la saga des Crèvecœur est un hymne à la beauté féminine autant qu’un voyage dans le cœur meurtri d’un homme à la sensibilité unique, qui pensait soigner son âme au fond d’une bottine pour dame.

Les Crèvecoeur d'Antonia Medeiros est une saga familiale de bonne facture, qui m'a fait passer un très agréable moment. 
Elle nous propose de suivre le destin des Crèvecoeur, en commençant par Germain, qui vient de mourir. Raphael, son prétendu fils, est convié à l'enterrement de ce père qu'il ne connait pas. 
Oui, mais voilà qu'après l'enterrement, l'histoire bascule, et l'auteur revient des années en arrière, au début du siècle, pendant la grande guerre, en 1915, au moment de la noce d'Edith Gervais, fille de cordonniers, qui va prendre pour époux, Romain Crèvecoeur. 
C'est ainsi que le sous titre du roman "Edith" prend tout son sens. 
Le lecteur va alors découvrir la vie et les secrets d'Edith et de Romain, tout en continuant à suivre, en alternance, Raphael dans sa découverte de la maison de Germain, ainsi que certains de ses secrets. 

La plume d'Antonia Medeiros est simple et fluide, et je me suis laissé facilement emporté dans le roman, à partir de l'apparition d'Edith, ne pouvant plus le lâcher avant la fin. J'ai découvert la ville de Bayeux, tant sa géographie, que son histoire, mais j'ai aussi pris du plaisir à suivre les aventures de la pauvre Edith et de son exécrable mari, Romain. 
L'intrigue est bien menée, même si elle n'est pas neuve, mais en même temps, beaucoup de chose ont été écrite depuis des siècles, il suffit que l'auteur prenne du plaisir avec ses personnages, et le lecteur se laissera porter. 

Cependant, j'ai ressenti de la frustration,en lisant ce livre car, même si j'ai apprécié de suivre Edith, j'aurai voulu en savoir plus sur Germain, qui reste un mystère à la fin de ce premier tome (clairement ce livre n'est que le début d'une (longue?) saga). En même temps ,le sous titre du livre nous met sur la voie et nous montre sur qui l'histoire se concentre, mais j'aurai tout de même voulu en avoir un peu plus sur Germain et Raphael. 

Car oui, voilà le second problème de ce roman: sa brièveté: 140 pages, c'est un peu court. J'aurai voulu qu'il y en ai beaucoup plus. J'ai ressenti une frustration en tournant la dernière page. Raphael est loin de savoir qui est ce père qu'il ne connaissait pas (Germain reste également un mystère pour le lecteur qui se demande pourquoi le père et le fils n'avaient aucun lien entre eux
En fait, j'ai eu  l'impression, en lisant ce livre, d'avoir lu le prologue (certes un peu long pour un prologue) d'un roman qui n'en est qu'à ses premiers balbutiements. 

Ce point négatif (la brièveté du roman) est positif dans un sens. Cela veut simplement dire qu'il m'a beaucoup plu et que j'ai envie d'en connaitre la suite. L'auteur a ainsi réussi son pari. 

Au final, le premier tome d'une saga familliale, pleine de secrets qui ne se dévoilent qu'au compte goutte, avec des personnages attachants, malgré leur histoire brève, qui m'a fait passer un agréable moment, malgré la frustration de ne pas en savoir plus sur Germain. Peut être qu'il sera un peu plus présent dans le 2e tome. Un 2e tome que je lirai probablement, quand celui ci sera disponible, pour découvrir les autres secrets de la famille Crèvecoeur. 
Si vous aimez, les belles sagas familiales, rempli de secrets, ce livre est fait pour vous.

Disponible en version ebooks ou papier sur le site des Editions La Bourdonnaye .

Merci aux Editions La Bourdonnaye pour cette jolie découverte.

Antonia Medeiros: Les Crèvecoeur (Edith), Editions La Bourdonnaye (Collection "Fictions"), 140 pages, 2014


jeudi 20 février 2014

les Somnambules

4e de couverture: Quentin a dix-sept ans. C’est un ado comme les autres, qui aime écouter de la musique, aller au cinéma, ou envoyer plein de textos… mais qui préfère les garçons aux filles. Même si ce n’est pas toujours facile, il assume et fait face au quotidien.
Depuis le début de l’année scolaire, un nouvel élève, Enzo, le trouble beaucoup. Pourtant, celui-ci semble le détester. Et quand ils se retrouvent partenaires pour un atelier très spécial, la situation devient encore plus tendue. Pourquoi Enzo est-il si distant avec lui, et à la fois si changeant ? Quels secrets cache-t-il derrière son attitude arrogante, son regard triste ? Quentin voudrait le comprendre, l’aider, mais Enzo lui accordera-t-il sa confiance ?

La découverte de ce roman s'est faite par hasard, en flânant sur le blog de Galleane (où elle parle parfois des prochaines sorties littéraires chez des petits éditeurs), il y a 7 ou 8 mois (elle parlait des sorties des prochains livres de la maison d'édition Valentina. Mon regard s'est alors posé sur cette magnifique couverture et le résumé m'a énormément attiré. 
Si j'ai attendu presque 6 mois pour l'acquérir, c'est que j'ai profité de ma nouvelle liseuse pour avoir l'e-book (malgré une couverture magnifique). 

J'étais vraiment curieux de savoir comment une jeune auteur de 23 ans allait traiter une romance gay. Après lecture, je peux vous dire que c'est un véritable petit bijou que nous offre Ophélie. Elle démontre surtout qu'une belle histoire d'amour n'a pas besoin d'entrer dans des cases. Peu importe qu'on soit gay ou hétéro, une histoire d'amour reste une histoire d'amour.

Celle de Quentin et d'Enzo est l'une des romances les plus belles que j'ai pu lire: la rencontre, les doutes, les peines, la découverte de l'autre, les joies: toutes ces palettes, Ophélie Pemmarty les retranscrit merveilleusement, dans une plume tendre, poétique mais surtout cela sonne vrai. 
L'auteur a réussi a sortir des clichés gays que l'on trouve souvent dans des séries, des romans ou des films. Ses deux personnages principaux ont une telle personnalité, hyper attachante, qu'on ne peut que les aimer de suite. 
Les mots et les phrases d'Ophélie restent longtemps en mémoire et sont d'une telle beauté qu'ils font vibrer notre corde sensible. 
Quentin, le narrateur, est un jeune homme qui assume son homosexualité et qui tombe amoureux du garçon ténébreux de la classe, Enzo. Une expérience de vie (les ados doivent composer des groupes de deux pour pouvoir s'occuper d'un poupon pendant deux semaines. Comme la classe comptent un nombre impair de garçons, il y a forcément un "couple gay" qui doit se former: il faut, bien entendu que cela tombe sur Quentin, qui se retrouve en "couple" avec Enzo, le garçon mystérieux qui le fascine) va rapprocher les deux garçons et être le déclencheur de leur romance. 

Voilà une romance gay que je recommande à tous (et aussi aux adolescents): l'une des plus belles histoires d'un premier amour que j'ai pu lire. C'est tendre, fort, merveilleux, mais surtout vraie. 
Je sais, j'ai un peu de mal à trouver mes mots mais c'est souvent cela quand j'ai été ému à ce point . Cela parle d'amour mais aussi de découverte de soi, de sa sexualité, de ces nouveaux sentiments qui nous font naître des papillons dans le ventre, qui nous font rougir mais surtout nous sentir bien  avec l'être aimé.
Laissez vous charmer par Quentin et Enzo. A travers leur premiers émois, je suis sûr que vous vous retrouverez et vous penserez à votre premier amour. Vous remarquerez alors qu'il n'y a pas de différence entre gay et hétéro. L'amour est simplement l'amour. Le plus important est d'être heureux, avec la personne qui fait vibrer notre coeur, peu importe son sexe. 
Pour ma part, je n'ai qu'une hâte: retrouver Quentin et Enzo dans le Tome 2 des "Somnambules" (qui sort en avril 2014 aux Editions Valentina)

Ce livre est disponible en format papier (sur le site des Editions Valentina ) ainsi qu'en format E-books (sur le site de la maison d'édition, mais également sur Amazon ou la Fnac). 

Ophélie Pemmarty: Les Somnambules, Editions Valentina (Collection "Vangelis"), 343 pages, 2013 (format Ebook)





samedi 11 janvier 2014

Sous le gui

4e de couverture: Quand Julie se retrouve coincée dans le hall de son immeuble, incapable de débloquer la serrure de sa boîte aux lettres où sont enfermés les cadeaux de Noël de ses enfants, c’est Nicolas, son nouveau voisin, qui vient à son secours. Une aide providentielle, qui la trouble infiniment. D’abord parce que, d’habitude, c’est son rôle d’aider les autres ! Mais surtout parce que Nicolas est terriblement séduisant, et qu’il éveille en elle des émotions qu’elle croyait disparues à jamais, depuis qu’elle a perdu son mari, trois ans plus tôt. Et comme, dans les jours qui suivent, elle ne cesse de penser à son mystérieux voisin, elle finit par décider de suivre son instinct et lui propose de passer le réveillon de Noël chez elle…


Voilà une romance comme je les aime. Une romance qui fait rêver, mais qui est tout de même bien ancrée dans la réalité.
Julie et Nicolas pourraient très bien être mes voisins de palier (d'ailleurs, j'adorerai que Nicolas soit mon voisin de palier!), deux trentenaires comme tout le monde, ayant connu des épreuves, comme beaucoup de personnes.

Mais alors, me direz vous, où est le rêve ? Je vous dirai, déjà dans le contexte : la veille de Noël (ben quoi, la magie de noël, ça vous fait pas rêver?) mais aussi ce que j'appellerai « l'effet uniforme ». Un mec en uniforme, ça fait craquer les filles (mais pas que) et le fait que cet uniforme soit celui d'un pilote de ligne, ben désolé, mais je trouve ça super sexy...et en plus très pratique (et là, je ne parle pas que  d'envoi au 7e ciel, bande de coquinous et coquinettes) : il peut vous emmener partout autour du monde. C'est pas génial !

Bon trêve de plaisanterie. Soyons un peu sérieux.
Angéla Morelli nous concocte une petite romance très sympathique, avec des personnages plus vrai que nature. J'ai été touché par le personnage de Julie : elle est courageuse, généreuse avec tout le monde, rendant service aux habitants de son immeuble. Mais, c'est son courage qui m'a ému : l'épreuve qu'elle a vécu ne lui a pas fait perdre sa bonne humeur et son tempérament joyeux.

L'écriture d'Angéla est très agréable à lire, mais surtout bourrée d'humour (que je retrouve en lisant son blog  Cheers . Je vous encourage d'ailleurs à aller y faire un tour, en passant. Cela vaut le coup). La scène dans le hall de l'immeuble m'a fait beaucoup rire : la première vision que le lecteur a de Julie est vraiment incongrue, mais hyper charmante. Dès qu'on fait sa connaissance, on a envie de l'aimer. Je peux tout a fait comprendre que Nicolas ait été intrigué par elle.

Au final, une romance rafraîchissante, qui m'a fait passer un moment très agréable. Toutefois, j'aurai un seul reproche à lui faire : ce fut bien trop court !! J'aurai voulu que cela dure plus (et surtout en savoir un peu plus sur Nicolas (que je considère comme  "un homme idéal" mais qui a un côté immatériel car au final, on sait peu de chose sur lui). 
Une petite romance que je recommande à toutes celles et tous ceux (ben quoi, les hommes aussi lisent des romances et ont besoin d'amour) qui veulent faire battre leur petit cœur.

(cette romance a été publiée en format papier, dans un recueil paru en septembre 2013 intitulé "Nouveaux talents" aux Editions Harlequin)

Angéla Morelli : Sous le gui, Harlequin, collection HQN, 60 pages, 2013 (format ebook)