jeudi 10 janvier 2013

La phrase qui tue

4e de couverture: Dans le Paris des Années folles, la rive gauche est le théâtre d'une série de meurtres étranges. Dans la lignée d'Agatha Christie, un final savoureux pour le dernier volet des aventures de Hector Lassiter, séduisant et cynique auteur de polars.

Paris, sa vie de bohème et ses cafés littéraires ! C'est là que, en cet hiver 1924, le jeune Hector et son compère Ernest Hemingway ont décidé de poser leurs machines à écrire.
Et l'inspiration ne tarde pas. Alors qu'un assassin répand les cadavres d'éditeurs sur les bords de Seine, Lassiter et Hemingway sont mis au défi de résoudre l'enquête avant la police.

Cerné par trois femmes amoureuses à l'imagination aussi noire que fertile, piégé par le fondateur d'un mystérieux groupe de nadaïstes versés en sciences occultes, Hector aura besoin de toute l'aide de Hemingway pour éviter de se retrouver sur la liste des prochaines victimes...


4e volet des aventures d'Hector Lassiter, héros écrivain sorti de l'imagination de Craig McDonald, cette "Phrase qui tue" est un très bon cru. 
En même temps, je ne peux pas juger des 3 premiers volets puisque c'est ma première rencontre avec Hector Lassiter. Je vous rassure: pas besoin d'avoir lu les premières aventures de cet écrivain détective pour apprécier ce 4e volet. 
Ce roman  policier m'a beaucoup plu. Craig McDonald nous entraine, tambour battant dès les premières phrases, dans le Paris des années 20, dans ce milieu bohème où se côtoient peintres, écrivains et artistes, parfois ratés, dans les bars ou restaurants de la Rive droite. Il est d'ailleurs captivant de rencontrer, au détour d'une rue ou dans un café Blaise Cendrars, Gertrude Stein,ou Ernest Hemingway, héros à part entière du roman puisqu'il est un bon ami d'Hector Lassiter. Cette authenticité rend le roman fascinant et met le lecteur tout de suite dans l'ambiance de ce Paris des années folles. De plus, les nombreux  mots ou expressions françaises que l'auteur à parsemés dans son roman (et signalé dans l'édition française en italique et par un astérisque) lui donne un cachet supplémentaire. 
Pour ce qui est de l'intrigue policière, elle est très bien menée et nous entraine dans le monde fermé de l'édition. Pour un amateur de littérature comme moi, ce fut passionnant de découvrir tout ce joli monde littéraire, comme le nombre impressionnant de revues littéraires qui pullulaient à Paris au début du siècle dernier. Craig McDonald a bien réussi à me mener en bateau puisque je n'ai pas vu venir le final, faisant ainsi tomber dans l'eau gelée de la Seine mon hypothèse (car j'ai également jouer les détectives en lisant ce roman). 
En ce qui concerne le héros Hector Lassiter, je l'ai trouvé charmant, frondeur, séducteur, aventurier mais surtout jeune écrivain et détective (il a 24 ans dans ce 4e volet). J'ai rarement rencontré de héros aussi jeune dans des policiers (en même temps, je n'en lis pas beaucoup, je ne peux pas juger): cet âge est un atout car j'ai adhéré au côté casse-cou du personnage. 

Dans tout roman noir qui se respecte, les femmes fatales ne sont pas loin: elles se comptent au nombre de 3 dans ce roman: 3 femmes aux caractères bien différents qui vont faire tourner un peu en bourrique notre jeune séducteur: Brinke, une femme fatale au regard noir, Molly, une jeune poétesse qui s'est amouraché de notre héros et Estelle Quartermain, auteur de polars à succès, tout comme notre héros, écrivain de nouvelles policières pour des revues américaines. Ces 3 femmes cachent un secret qu'Hector découvrira au fil de son enquête.

Le style simple, rythmé de l'auteur fait qu'on ne s'ennuie pas une seule minute. Dès les premières pages, les meurtres s'enchainent et on ne peut lâcher le livre avant la fin. Une fin honorable qui finit en beauté l'intrigue principale mais laissant une porte légèrement ouverte à certaines petites histoires secondaires comme la relation Hector-Brinke, l'amitié d'Hector et d'Ernest Hemingway...peut être auront nous d'autres indices dans les prochaines aventures d'Hector Lassiter. 

Toutefois, j'aurai un petit bémol à formuler: mon exemplaire a été parsemé de petites coquilles ou d'oublis de mots, qui rendaient certaines phrases incompréhensibles ou bancales. je sais, ce n'est qu'un petit détail mais important toutefois pour que la lecture soit agréable. 

Malgré ce petit bémol d'impression, j'ai passé un très bon moment avec Hector Lassiter et je compte bien lire ses trois premières aventures "La Tête de Pancho Villa", "Rhapsodie en Noir" et "On ne meurt qu'une fois", et attend impatiemment de le retrouver dans le 5e volet de ses aventures (qui d'après ce que l'auteur dit dans ses remerciements seront au nombre de huit). 

Je remercie Diane des Editions Belfond de m'avoir permis de découvrir ce héros attachant, frondeur et ce Paris des années 20 fascinant. 

Craig McDonald: La phrase qui tue, (One True Sentence), Belfond Noir, 396 pages, 2012


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