lundi 29 novembre 2010

Il était une fois...: ça commence toujours comme ça


Résumé: Dans les ténèbres profondes de la Forêt Noire, deux
frères vont s entre-déchirer...
Quand une indicible tragédie s abat sur leur famille de
ménestrels ambulants, ils se retrouvent livrés à
eux-mêmes et promis à une mort certaine. C est là, au
plus profond de la Forêt Noire, que Peter et son grand
frère Max seront confrontés à des forces maléfiques qui
les changeront à jamais. Ainsi débute l épopée de deux
frères ennemis.


Mon avis: Avec ce livre (reçu en partenariat avec
Les Éditions Bragelonne et Livraddict), je suis retombé en enfance. Il m'a rappelé tous les contes qu'on me lisait enfant. (D'ailleurs l'auteur à très bien retranscrit le conte du Joueur de flûte de Hamelin qui m'a rappelé de bons souvenirs)
L'auteur a réussi le tour de force de redonner sa fonction première au conte: des histoires inventés pour les grands enfants. (Il faut savoir que les contes de Grimm ou de Perrault ne sont pas des contes pour enfants à la base, mais des histoires effrayantes pour adultes que le temps et l'époque a progressivement édulcorée pour les enfants)

Ce roman est un très bel hommage rendu aux Frères Grimm. J'ai beaucoup aimé ce roman en général, malgré quelques passages qui m'ont moins passionnés: ceux se passant dans le monde réel. Ceux se passant en Allemagne et donnant tout son sens et sa sève au conte étaient passionnant.

Dès le début, l'auteur nous donne tous les codes du monde qu'il a inventé dans un premier chapitre de présentation. Et j'ai aimé l'idée que le monde des fables soit mêlé avec le monde réel que les Communs, (c'est à dire nous), ne voient pas. Et quelle surprise de retrouver beaucoup de créatures de contes comme Blanche Neige, maire adjoint de Fableville et marié au Grand Méchant loup (j'en ai eu les yeux écarquillés en apprenant ça), La Bête, shérif de Fableville et toujours avec La Belle.
En ce qui concerne les héros Peter & Max, bien entendu, j'ai été du côté de Peter, le gentil de l'histoire. Mais même si j'ai détesté Max au fur et à mesure que j'avançais dans le roman, j'ai compris son amertume devant la décision de son père de donner Givre à son petit frère plutôt qu'à lui l'ainé. (Peut être mon côté Frère ainé qui s'est réveillé en moi).

C'est un roman sombre,noir, bien écrit et surtout les personnages et paysages sont bien décrit, j'avais l'impression d'y être et de visualiser les choses.
Les illustrations au crayons sont très jolies et donne un cachet particulier au livre, nous rappelant au passage que ce roman est un dérivé d'un comics intitulé "Fables".
En revanche, la petite BD à la fin ne m'a pas plus emballé que ça, c'est trop rapide. Mais il est vrai que je ne suis pas très bande dessiné. Mais je pense qu'elle est plus là pour les fans du comics. Un petit bonus en somme.

Un roman jeunesse (ne lisez pas ce roman à vos chères têtes blondes, ils risqueraient d'en faire des cauchemars), (je dirais qu'à partir de 12 ans à peu près, un ado peu le lire) à découvrir qui remet au goût du jour les contes qui ont bercé notre enfance et nos peurs d'enfants également. Il nous rappelle que les contes sont avant tout des histoires pour adultes. Souvenez vous du film "Les Frères Grimm" avec Matt Damon & Heath Ledger. Vous ne laisseriez pas vos petits enfants devant. Il fait un peu peur pour des gamins ce film.

En conclusion, un roman rythmé, où l'on ne s'ennuie pas. Un véritable page-turner que l'on ne lâche qu'à la dernière page.

Merci aux Editions Bragelonne et à Livraddict pour ce partenariat.

Bill Willingham: Peter & Max (A Fables Novel), Bragelonne, 356 pages, 2010

dimanche 28 novembre 2010

A deux pas de ma rue: Thomas Pradeau

Il existe des hasards dans la vie qu'on remercie.
Et c'est un hasard que je voudrais remercier et vous faire découvrir. J'étais partie faire mes courses, comme tous les samedis et je me suis arrêté dans l'espace culturel du magasin, au rayon disque. Et un disque m'attire parmi les centaines qui peuplent le rayon. Il était tout seul et au mauvais endroit dans le rayon (dans les F alors que le nom du chanteur commence par P (Je sais c'est un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup). Je l'ai pris, l'ai retourné. J'ai regardé les titres qui m'attiraient tous et cette pochette en noir et blanc, façon Doisneau m'a fait de l'œil. Je l'ai reposé pour tout vous dire et suis parti faire mes petits achats.

Je suis sorti du magasin et suis parti faire un tour en centre ville, sauf que cet album ne me quittait pas. Je suis entré dans un magasin de disque et j'en suis ressorti avec le "précieux objet".



Je ne connaissais pas ce jeune chanteur de 25 ans, parisien de naissance, vivant à Montmartre depuis son enfance (Montmartre, mon quartier préféré de Paris) et on retrouve un peu de ce quartier dans ses chansons qui sont toutes à écouter. Les mélodies sont superbes et nous fait voyager dans le temps. On se croirait revenu au temps d'après-guerre, dans un quartier de Montmartre. Mais attention, ne croyez pas que ses chansons soient dépassées, elles sont intemporelles. Et elles rentrent dans la tête rapidement pour ne plus en sortir. Les textes sont magnifiques, toute en pudeur et en drôlerie. Elles émeuvent, elles rendent joyeux.

Laissez vous emporter par cet artiste. Si vous l'écoutez une fois, vous l'écouterez souvent et longtemps.
Chez moi, le disque tourne en boucle depuis hier. Et je ne m'en lasse pas.

Thomas Pradeau a été produit par les internautes grâce à My Major Company (comme le fameux Grégoire qui a son petit succès). Espérons qu'il en soit de même pour Thomas Pradeau. Il le mérite. (Petite précision: je ne fais pas parti de ses producteurs puisque je l'ai découvert hier. Je n'ai rien à gagner dans l'histoire. J'ai juste envie de vous faire partager ma joie et ma découverte. Comme à chaque fois)

Et pour poursuivre ce billet, quoi de mieux que quelques petits clips pour découvrir cet artiste


Interview exclusive de Thomas Pradeau
envoyé par MyMajorCompany. - Clip, interview et concert.

Tout d'abord une petite interview de Thomas qui nous parle de sa petite "aventure". Une petite présentation en somme.



Audrey (l'un des premier single de l'album) (où on voit tout le charme de Montmartre que j'aime beaucoup).


Thomas Pradeau - Le pays de Molière
envoyé par MyMajorCompany. - Clip, interview et concert.

Le pays de Molière (qui nous rappelle le Paris d'avant guerre. Une petite bulle de bonheur!)




Bain de mousse: Autre ambiance avec ce morceau.

Et il y en a tant d'autres dans l'album. Et je peux vous le dire, toutes les chansons sont magnifiques et c'est difficile de choisir. C'est rare qu'un album me plaise du début à la fin (et l'une de mes préférée est une petite surprise qui se trouve à la fin de l'album "Mademoiselle"), c'est le cas avec celui ci.

Bonne découverte! Je suis sûr que vous aussi vous craquerez!

Nothings compares 2 U

Je pense que vous aurez tout de suite reconnu le titre du Slow qui tue de cette semaine, en regardant le titre de ce billet.

Sinead O'Connor: Nothins compares 2 U


Sinéad O'Connor - Nothing Compares 2 U (1990) Video
envoyé par kleineeiszeit. - Regardez d'autres vidéos de musique.

Comment ai je pu attendre aussi longtemps pour inclure ce slow dans ma rubrique. J'adore cette chanson magnifique qui me fait frissonner à chaque écoute.

Bonne écoute, justement!

vendredi 26 novembre 2010

Pygmalion



Résumé: Pygmalion est, selon Ovide un sculpteur qui tombe amoureux d une statue d'ébène qu'il a lui-même créée. Vénus, la déesse de l'amour, est indulgente avec sa passion et rend la belle statue vivante. Pour Bernard Shaw, c'est le professeur Higgins qui incarne Pygmalion. Higgins n a pas besoin d'amour. Il se passionne pour les différences de classes et choisit la vendeuse de fleurs Eliza comme modèle. Grâce à une meilleure prononciation, le professeur pense en faire une dame de la société. L'essai réussit mais Eliza s'émancipe et prend sa revanche sur Higgins.


Mon avis: J'ai vu la pièce, il y a trois ans avec Barbara Shulz (dans le rôle d'Élisa Doolittle), et Nicolas Vaude (dans celui de Higgins) et j'avais passé plus de 2h30 de pur bonheur. Qu'est ce que j'ai pu rire devant ce classique. De plus, c'était la première fois que je voyais une pièce de théâtre jouée par des comédiens confirmés. Et j'ai trouvé que Barbara Shulz était parfaite dans le rôle de cette petite marchande de fleur, un rôle lourd à porter puisqu'il a été incarné à l'écran par la divine Audrey Hepburn dans "My Fair Lady" (qui traine dans ma DVDthèque quelque part). Et que dire de Nicolas Vaude, à part que je l'ai trouvé époustouflant dans un rôle tout de même assez éprouvant physiquement. C'est qu'il en dépense de l'énergie cet Higgins! En fait, la seule petite chose qui m'a fait tiquer dans cette pièce, c'est le petit gilet vert porté par Higgins à certains moments. On a pas idée de porter du VERT! sur scène. Quand on sait que la couleur à bannir chez les comédiens est le vert, surtout sur scène. Ne me demandez pas d'où viens cette superstition, je n'en sais rien. Je sais seulement que ça m'a fait tiquer.

J'ai adoré cette pièce et j'ai été agréablement surpris de trouver un exemplaire de cette pièce de George Bernard Shaw (écrite en 1912)chez un bouquiniste pour la modique somme de 2€. Et j'ai voulu me replonger dans cette atmosphère ces derniers jours. Et qu'est ce que j'ai bien fait. J'ai aimé retrouver ces personnages. Et qu'est ce que j'ai ri devant certaines répliques. Je me demande d'ailleurs si mes voisins ne m'ont pas prit pour un fou à rire tout seul. Par moments, je revivais certaines scènes que j'avais vu en live, il y a 3 ans. C'est vous dire comme cette pièce m'a marquée.
Alors, certes, il y a certaines différences entre la pièce écrite et celle que j'ai vu. Je pense surtout à quelques petites répliques ou scènes que je n'ai pas retrouvée comme les séances de travail. Et je me demande si la pièce que j'ai vu en 2007 ne s'est pas inspiré du film "My Fair Lady" (puisque le film apparemment diffère un peu de la pièce originale). Je verrai ça quand j'aurai vu le film.

Et à la fin de la pièce, l'auteur nous raconte le devenir des personnages après la fin de la pièce. Alors, j'ai lu cette partie en diagonale et pas entièrement car je n'aime pas qu'on me bride l'imagination. D'ailleurs, j'ai imaginé un autre avenir pour les personnages après avoir lu la pièce que ce que j'avais imaginé il y a 3 ans. On est changeant quelquefois.

En conclusion, cette pièce fut un régal à lire pendant ces deux petits jours. Et il me tarde de voir le film.

Je vous mets le lien sur une vidéo de la pièce avec Barbara Schulz et Nicolas Vaude (entre autres): Pygmalion

George Bernard Shaw: Pygmalion, Le livre de poche, 189 pages, 1967

mercredi 24 novembre 2010

A crime for the tea-time




Bon, je sais ce que j'avais dit. Non, je ne ferai pas de challenge, c'est pas fait pour moi, j'aime pas les contraintes...et gna-gna-gna...(oui, j'ai parfois un comportement gamin et j'assume! Na!). Et puis, tout comme le challenge New-York, je ne pouvais pas passer à côté de ce challenge proposé par George.

Car c'est grâce à la reine du crime que j'apprécie de lire des polars (anglais de préférence) et que cet amour à commencé en lisant "Les dix petits nègres". Fantabuleux! Et j'aimais bien son petit "slogan": "a crime for a christmas" (il me semble que c'est ça) puisqu'elle sortait un livre par an au moment de Noël. Et tous ses lecteurs attendaient avec impatience d'avoir ce petit crime de papier sous le sapin.

Et puis, de toute façon, c'est un challenge qui ne fera pas grossir la PAL puisque j'ai tous les romans policier de Dame Agatha dans ma bibliothèque.(J'ai même son autobiographie alors heu voilà quoi.) J'en ai lu une bonne partie, mais il m'en reste à découvrir et je ne serai pas contre à les relire de toute façon. Et dans l'ordre cette fois. Et en plus il y a pas de limite de temps pour ce challenge. J'adooooooooooooooooooooooooooooooore! (aaaaaaaaahhhhh Philippe Katherine sors de ce corps!!!!)
Hem, il est temps que j'aille me coucher moi. Je débloque un peu I think.

Encore merci à George d'avoir eu la bonne idée de ce challenge.

Vous reprendrez bien un peu de thé avec les scônes!

Un an d'ouverture: c'est la fête!




Je suis tout chose depuis ce matin. Imaginez vous que cela fait un an jour pour jour que ce kabaret so kulturel a ouvert ses portes. (Et pour l'occasion, j'ai décidé que le blog ferait peau neuve. J'espère que vous aimerez la nouvelle présentation)
Honnêtement, en créant ce blog, je n'étais pas sûr qu'il soit encore là un an après. Car j'ai la fâcheuse habitude de commencer des choses mais de m'en lasser très vite. J'avais peur que ce soit le cas avec ce kabaret.
Mais non, il est encore ouvert et c'est un peu grâce à vous qui venez régulièrement me lire, me laissez quelques petits commentaires. Je suis très heureux de faire partie de cette petite blogosphère et des rencontres (encore virtuelles mais qui se matérialiseront peut être un jour qui sait) que j'ai faite au long de cette année.

C'est aussi grâce à vous que j'ai retrouvé le goût de lire régulièrement. Je n'ai jamais autant lu que cette année, c'est vous dire.
En regardant les messages les plus consultés, j'ai eu une grande surprise: les deux premiers billets ne sont pas littéraires mais cinématographique et séries télévisées. Ce qui me met également en joie car je me rend compte que vous aimez la diversité culturel de mon blog. Et j'essaierai à l'avenir de garder cette diversité.

Donc, un grand merci à vous qui venez me lire et qui appréciez ce que je vous propose.

Et pour vous remercier encore plus, j'ai décidé d'organiser un petit concours.
L'objectif est simple: il vous suffit de répondre aux 5 questions qui vont suivre (et qui concerne les thèmes de mon blog à savoir la littérature, le cinéma et les séries). Pour vous aidez, toutes les réponses sont sur mon blog. Il suffit de faire quelques petites recherches (faciles, je vous rassure).

Et qui dit concours, dit petits cadeaux à la clé. Et ces cadeaux sont au nombre de trois.Trois romans qui furent des coups de coeur de cette première année bloguesque:

Deux hommes, George et Lennie, marchent vers le ranch où ils vont travailler pour gagner un peu de pèze. L'un est petit, hable et travailleur, l'autre est grand, massif avec un mental enfantin. George prend soin de Lennie et tout se passe bien jusqu'à ce qu'une femme fasse tout basculer.








En 1944, dans un hopital soviétique, Rudik, six ans, danse pour son premier public: aucun soldat mutilés n'oubliera cet instant éblouissant. Dès lors ce fils de paysan sait. Il sait qu'il ne reculera devant rien: mentir à sa mère, braver la colère du père, endurer brimades et humiliations. Pour danser comme il le doit, il ira jusqu'à s'exiler à jamais.
Travailleur acharné, obsédé de beauté et de perfection, Rudik fascinera tous ceux qui croiseront sa route, leur offrant le sentiment d'avoir côtoyé un ange ou un démon, un vrai génie, un monstre de sexe et d'excès.





Eté 2004 : Orchid Street est en train de changer. Ariel May et son mari juste arrivés du Minnesota essaient de prendre la mesure de leur nouvelle ville. Depuis sa véranda, Philomenia Beauregard observe ses nouveaux voisins, les Gupta, originaires d'Inde, qui emménagent dans l'une des plus grandes maisons. De l'autre côté de la rue, un adolescent noir vient de sortir de maison de correction. Plus loin, Cerise Brown espère juste finir ses jours tranquillement. Mais un incident va venir perturber le calme apparent de ce quartier et tandis que l'ouragan destructeur s'annonce au loin, de nouvelles tensions apparaissent, des relations évoluent et le destin de ces familles bascule, pour le meilleur ou pour le pire.


Pour participez rien de plus simple: il faut que je vous connaisse ou que vous ayez lassé des commentaires sur ce blog. Vous enverrez vos réponses à cette adresse: will.kabaretkulturel@yahoo.fr

Le concours est ouvert jusqu'au lundi 29 novembre 2010 midi.
Après tirage au sort, je donnerai les résultats et les noms des gagnants le Mercredi 1er décembre 2010.

Si vous participez au concours, dites le moi en commentaire dans ce billet ainsi que le ou les romans que vous voudriez recevoir (vous pouvez en choisir plusieurs bien entendu, mais il n'y aura qu'un seul gagnant par livres. si votre choix se porte sur les trois livres par exemple, donnez les dans l'ordre de préférence. Ce qui vous fera trois chances d'être tiré au sort.).
J'espère que j'ai été clair dans mes explications. Sinon, faites le moi savoir.

Et maintenant, passons aux questions:


Littérature: Quel danseur célèbre Colum McCann a mis en scène dans son roman Danseur?

Musique: Quel slow à inauguré la rubrique du Slow qui tue?

Série: Quelle famille a eu l'honneur de mon 100e billet sur le blog?

Cinéma: Quel acteur français est Mon Idole et m'a fait sortir mes petits mouchoirs dernièrement au cinéma?

Autre: De quel club a renommé "internationale" je fais parti, dont la devise est "Couino Ergo Sum"?

Bonne chance à tous!

mardi 23 novembre 2010

Corrag où le visage sauvage de l'Ecosse


Résumé: Au coeur de l'Ecosse du XVIIe siècle, Corrag, jeune fille accusée de sorcellerie, attend le bûcher.
Dans le clair-obscur d'une prison putride le Révérend Charles Leslie, venu d'Irlande espionner l'ennemi, l'interroge sur les massacres dont elle a été témoin. Mais, depuis sa geôle, la voix de Corrag s'élève au-dessus des légendes de sorcières, par-delà ses haillons et sa tignasse sauvage. Peu à peu, la créature maudite s'efface; du coin de sa cellule émane une lumière, une sorte de grâce pure. Et lorsque le révérend retourne à sa table de travail, les lettres qu'il brûle d'écrire sont pour sa femme Jane, non pour son roi.
Chaque soir, ce récit continue, Charles suit Corrag à travers les Highlands enneigés, sous les cascades où elle lave sa peau poussiéreuse des heures de chevauchée solitaire. Chaque soir, à travers ses lettres, il se rapproche de Corrag, la comprend, la regarde enfin et voit que son péché est son innocence et le bûcher qui l'attend le supplice d'un agneau.


Mon avis: Je dois quand même avouer qu'en cette rentrée littéraire, j'ai fait de bons choix de lecture car après En attendant Babylone d'Amanda Boyden et Le secret de Jasper Jones de Craig Silvey, le livre de Susan Fletcher est superbe.
Une poésie se dégage de son style, à chaque page. En donnant la parole à Corrag, c'est un peu une ode à la nature qui nous est conté. Les descriptions de la nature écossaise sont très juste, émouvante. On s'y croirait presque. D'ailleurs, à chaque fois que j'ouvrais le livre, je n'étais plus dans mon salon ou dans ma chambre, mais dans les Highlands enneigés.
Pourtant, je n'aime pas les descriptions qui pour moi ralentissent l'action et m'ennuient profondément. Ce ne fut pas le cas pour ce livre. Corrag les raconte tellement bien et nous fait aimer cette nature qui l'entoure.
Je me suis attachée à Corrag et à son incroyable histoire. J'ai tout de suite pris faits et causes pour elle. Et à chaque page tournée, je voyais avec crainte le bûcher qui l'attendait, sous la neige qui tombe. Comme si la nature lui proposait un sursis et l'aidait du mieux qu'elle pouvait.

Deux voix s'entremêlent dans le roman: celle de Corrag, la principale mais aussi celle de Charles Leslie, révérend envoyé là pour recueillir son témoignage sur le massacre de Glencoe. Les lettres de Charles qu'il adresse à sa femme sont une pause dans le récit envoutant de Corrag. Comme pour laisser le temps au lecteur de reprendre pied dans la réalité. Et puis, ces lettres nous montre le changement de regard et de comportement du révérend. Peu à peu, Corrag n'est plus la sorcière qu'on lui a décrit mais une simple jeune femme libre qui n'aspire qu'à une belle vie au milieu de la nature.
Et puis, il y a Alasdair du clan McDonald dont elle va tomber amoureuse même si elle sait que c'est impossible. Pourtant sa mère l'avait prévenu, ne jamais aimer pour ne pas souffrir ou s'attirer d'ennui.

Susan Fletcher a ressuscitée pour nous l'écosse du XVIIe, avec ses conflits, ses drames mais aussi ses légendes. Corrag est une légende qui a traversé le temps et que Susan Fletcher nous offre d'une très belle manière. Une très belle plume. Et une héroïne que je n'oublierai pas de sitôt. J'ai tremblé pour elle et avec elle. J'ai souffert en entendant son récit du massacre de Glencoe comme si c'était moi le révérend Leslie, assie avec elle dans sa geôle à l'écouter.

Un petit coup de coeur et une très belle plume à découvrir.

Extrait: Mais je ne peux pas choisir. On a fait le choix à ma place. Comme on choisit un fruit.
pourquoi le feu?
J'ai posé la question au geôlier. Je l'ai posée à l'homme qui est venu voir mes plaies et étancher le sang. Je l'ai posée à celui qui se nomme Stair et à toujours haï les sorcières J'ai demandé pourquoi le feu? Pourquoi. Je vous en prie, pas par le feu... Et Stair m'a regardée un moment, à travers les barreaux. Je plaidais ma cause. Je bredouillais, suppliais. Lui, il se curait les dents, puis il a lentement tourné le dos et il est sorti en disant le feu, je pense que c'est le mieux. Il fait si froid...Ça va réchauffer la ville, tu ne crois pas?
J'ai secoué les barreaux. J'ai cogné avec le fer de mes poignets et tapé du pied contre mon seau. Je hurlais Pas par le feu! Pas comme ça! Et revenez! Revenez! Revenez! Revenez!
Je secouais les barreaux encore et encore.
J'entendais l'écho de ma voix tandis que le son de ses pas s'éteignait.
(P. 31,32)

Susan Fletcher: Un bûcher sous la neige (Corrag), Plon, 400 pages, 2010