Résumé: 10 mai 1940. Le jour où Churchill est nommé Premier ministre, Adolf Hitler envahit les Pays-Bas et la Belgique. Au cours de l’année qui suit, l’Allemagne nazie mène contre l’Angleterre une campagne de bombardement d’une intensité inédite. Acculé, le « Vieux Lion » doit préserver à tout prix le moral de son peuple… et convaincre le président Roosevelt d’entraîner les États-Unis dans la guerre.Si durant cette période la vie publique de Churchill est chaotique, sa vie privée ne l’est pas moins.
Bienvenue dans ce Kabaret où je vous parlerai de mes lectures, mais également de séries, de cinéma, de musique...
jeudi 26 août 2021
Rentrée Littéraire 2021 #4: La Splendeur et l'infamie
dimanche 22 août 2021
Rentrée littéraire 2021 #3: Tableau final de l'amour
Quand votre libraire, qui connait parfaitement vos goûts, vous mets dans les mains un livre, en vous disant seulement: "celui ci, c'est un peu particulier mais je suis sûr qu'il vous plaira", je suis persuadé que comme moi, vous repartez avec, sans lire le résumé...car vous faites confiance à votre libraire.
C'est ce qui m'est arrivé, pas plus tard que vendredi quand j'ai parlé avec ma libraire des livres de la rentrée littéraire et de ceux qui lui avaient plu et qu'elle pouvait me conseiller. Elle m'a tendu le dernier roman de Larry Tremblay en me disant seulement la phrase citée plus haut, sans me parler de l'histoire, ni rien du tout. Comme le livre est tout petit, j'ai préféré repartir avec le livre sous le bras sans rien me dévoiler de l'histoire. Je sais, c'est risqué, mais comme il est conseillé par ma libraire et que je lui fais confiance les yeux fermés, j'aime bien faire ça de temps en temps: . Partir vierge de toute information. Plonger dans le livre sans savoir vers quoi il va m'emmener.
Alors, je vous avoue qu'il m'a fallut une dizaine de pages pour savoir où l'on est. Je vais toutefois essayé de vous dire à peu près le propos du livre sans trop en dire.
Ce livre va revenir sur la vie du peintre Francis Bacon, son rapport à l'art et sa relation avec l'amant qui lui a servi de modèle. Francis Bacon s'adresse donc à ce petit voleur qui est venu voler dans son atelier une nuit où le peintre y dormait. Il lui raconte des pans de sa vie et les livre sans fard.
C'est un roman fabuleux que ce Tableau final de l'amour. Un roman sur l'art, la violence qu'elle peut engendrer, la violence qui nourrit l'artiste qu'était Francis Bacon pour pouvoir créer. Un roman qui parle des relations complexes entre père et fils mais aussi entre deux amants. Un roman qui retrace sans fard et avec crudité et cruauté parfois, la vie tumultueuse de cet artiste adulé de son vivant, mais également incompris.
La plume poétique de Larry Tremblay, interpelle le lecteur avec cette voix peu singulière, avec crudité parfois, où un érotisme flamboyant nous est jeté au visage, sans toutefois être salace. En tout cas, j'ai trouvé cela très beau et charnel. Surtout, la voix de Francis Bacon nous transperce le coeur jusqu'à cette fin tragique qui ne pourra pas vous laisser indifférent.
Ce Tableau final de l'amour est un petit joyau qui revient sur la vie d'un artiste adulé de son vivant, mais également incompris et que certains prenaient pour un dégénéré. Un roman qui parle de l'art, de la création, de la violence dont Francis Bacon avait besoin pour faire ressortir sur la toile tout ce qu'il avait à l'intérieur de lui. Un roman qui parle également d'une belle histoire d'amour compliquée entre deux hommes qui ne savaient s'aimer que dans une certaine violence. C'est beau, c'est incandescent, c'est tragique, comme le titre superbe de ce livre qui résume tout. J'en suis encore tout retourné.
Larry Tremblay: Tableau final de l'amour, La Peuplade, 200 pages, 2021
samedi 21 août 2021
Le bruit du rêve contre la vitre
Résumé: « Sandra doit arriver d’une minute à l’autre. Il faut qu’elle se dépêche car derrière la vitre, il y a le soleil bleu, la mer jaune et les étoiles violettes qui s’impatientent, il y a cette vie bourdonnante qui attend qu’on la libère, il y a ces rêves qui frappent au carreau et craignent de mourir emprisonnés. Alors épuisé mais heureux, je désigne la fenêtre. L’infirmière comprend et me sourit. Lorsqu’elle tourne la poignée, le vent impatient s’engouffre dans cette chambre close et renverse les fleurs. Le vase explose sur le sol. Et dans les morceaux épars répandus aux quatre coins de la chambre, la lumière du soir se réfléchit et nous fait plisser les yeux. »
Douze nouvelles sur le confinement, le Covid-19 et cette époque trop sûre d’elle-même qu’un virus a balayée.
jeudi 19 août 2021
Rentrée Littéraire 2021 #2: La Grande Vallée
Résumé: Quelque part dans les Alpes, la Grande Vallée bat au rythme des saisons. Dans les mois chauds de transhumance, accompagnant leurs bêtes sur les flancs de la montagne, les bergers savourent leurs joies pastorales au milieu de la nature intacte. Le tour d’horizon est somptueux, entre les neiges éternelles qui éblouissent le regard et le vert qui, plus bas, inonde les vallons.Mais l’arrivée du Grand Batave trouble les cœurs : avec cet homme venu du Nord, c’est le village des Cent-Maisons qui s’industrialise, c’est la nature qu’on transforme. Tous ces bouleversements annoncent-ils vraiment, comme le croit Arno, le petit berger qu’on appelle le Merle, la mort des étoiles et la fin des chansons ?
Rentrée Littéraire 2021 #1: Traverser la foule
Tout ce qui entoure la mort est pénible, long, compliqué. Il faut attendre, répondre à des questions. Mais le deuil donne aussi le droit de s'affranchir des conventions. Dorothée veut qu'il éclate à la face du monde, elle veut rester qui elle est, une femme qui jouit. Pas seulement une veuve et une mère, mais une femme libre avec son imaginaire et son grain de folie. Alors, passés le choc, la colère et la douleur, elle prend ses émotions et ses enfants sous le bras, qui l'épuisent et la comblent. Les fantômes, elle les brûle.
Attention, voilà un texte atypique qui risque d'en surprendre plus d'un! Dans ce récit touchant, d'une puissance évocatrice forte, sur un sujet qui pourrait tourner au larmoyant (le suicide d'un proche, et ici, de l'homme qui partageait la vie de Dorothée), Dorothée Caratini laisse sortir la peine qu'elle a au fond du coeur, comme une sorte de catharsis, un besoin urgent de se confier, avec force, courage et humour (car, oui, on sourit en lisant ce livre) sur ce qu'elle a vécut après le suicide de son compagnon.
Il m'a fallu un petit peu de temps avant de savoir ce que j'avais ressenti durant la lecture de ce livre. J'ai été souvent déboussolé pendant ma lecture, par les différents styles d'écriture. En effet, Dorothée alterne, les narrations, entre la première personne qui la voit actrice de sa vie, comme le Prologue qui revient sur le moment où elle découvre le corps de Stéphane dans son salon. Un prologue fort, qui ne vous laissera pas indifférent, mais qui vous surprendra par un ton parfois caustique, et entre la 3e personne, qui la voit spectatrice d'un passé qu'elle a vécue et qu'elle se remémore, comme leur première rencontre. Le "tu" vient également s'immiscer dans la narration, comme un dialogue entre la narratrice/autrice et le disparu.
Toutes ces narrations s'entremêlent pour donner un texte fort, troublant parfois, devant le choix de certains mots ou d'une narration percutante, donnant au texte une couleur musicale très rock'n'roll et punk. C'est un peu déconcertant, mais pas déplaisant. En fait, j'ai trouvé ce texte très vivifiant. En parlant du suicide et de la mort, Dorothée parle de la vie, et de celle qu'elle s'est construite avec ses deux filles. Et cette vie là est belle et flamboyante, malgré les obstacles que la vie nous met dans les pattes.
En fait, j'ai été déconcerté lors de ma lecture, car je ne m'attendais pas à lire un texte aussi aboutit et atypique. On est touché, éberlué devant certains situations, ému par moments mais cela est toujours contrebalancé par un style percutant qui vous met une claque, en vous disant: eh, c'est pas le moment de flancher, l'histoire (et la vie) continue. Reste attentif". En fait, j'ai aimé être surpris par ce livre.
Comme je vous le disais au début, "Traverser la foule" est un texte atypique, qui vous surprendra page après page. Un texte qui porte une voix nouvelle et percutante, très rock'n'roll dans la littérature française, et qui va plus loin qu'une auto-fiction. Il ne faut pas passer à côté. De son histoire personnelle, Dorothée Caratini en a sorti un livre et une voix non conventionnelle, qui risque de marquer la littérature française.
Merci aux Editions Bouquins, pour la découverte de ce déconcertant "objet littéraire".
Dorothée Caratini: Traverser la foule, Editions Bouquins, 200 pages, 2021
vendredi 13 août 2021
Malgré nous...
Vingt ans plus tard, l’expression va prendre tout son sens.
Et vous, jusqu’où iriez-vous par amitié ?
Le 2e roman de Claire Norton est une histoire addictive, sur l'amitié et sur l'acceptation du deuil.
En choisissant ce roman, je pensais lire un roman estival (aidé en cela par sa couverture de plage qui nous annonçait de beaux moments de vacances).
Alors, je vous le dis tout de suite, il n'en est rien! Mais c'est pas très grave, car ainsi, je ne savais pas dans quoi j'allais m'embarquer, et le résumé, fort concis, ne m'en apprenais pas plus et j'adore ça.
Claire Norton sait trousser une histoire avec son lot de rebondissements et de coups de théâtre. Déjà, sa scène d'entrée (ces enfants, partis en colonie de vacances, qui se retrouvent coincés dans le bâtiment de la colo, en flammes, ça en jette et le lecteur est de suite happé et ferré...et je n'ai pas pu lâcher le livre (ou alors à regrets).
En revanche, je ne pensais pas que le livre allait partir, pour la suite en direction d'un deuil et comment le protagoniste principal Théo, allait devoir vivre avec ça. En effet, l'histoire continue 20 ans après le fameux incendie. Théo et ses deux camarades Maxime et Julien (3 prénoms qui font très feuilletons: j'avoue que je n'ai pas pu m'empêcher de penser aux feuilletons quotidiens qui habitent nos trois premières chaînes de télé), ont continuer à se fréquenter. Mais voilà que Théo est en plein burn-out depuis quelques mois. Sa femme, Marine essaie de l'aider autant qu'elle peut, aider en cela par Maxime et Julien, les deux amis d'enfance. Tout se passe tant bien que mal jusqu'à ce qu'un drame surgisse et fasse tout basculer.
Claire Norton va alors nous balader à travers les années, entre 2009 et 2014, pour nous embarquer dans une histoire addictive, avec son lot de cliffhanger de fins de chapitre et de retournement de situations. On ne s'ennuie pas une minute. Cependant, j'ai réussi a deviner vers quoi allait se diriger l'histoire, même si je ne voulais pas que cela se passe comme ça.
Car oui, même si j'ai beaucoup apprécié ma lecture, un évènement du roman (que je ne peux pas vous dévoiler sinon, ça vous gâcherait le suspense) m'a choqué. Oui, le mot n'est pas trop fort. Une phrase du résumé pose la question: "Et vous, jusqu'où iriez vous par amitié?" Je peux tout simplement répondre que je n'irai pas jusqu'à l'extrémité de Maxime. J'ai trouvé sa démarche complètement abject, même s'il le fait par amitié pour Théo. Non, là ,ce n'est vraiment pas passé. J'ai trouvé ce comportement vraiment immoral...mais l'auteure a voulu démontrer que certains peuvent aller très loin que ce soit par amitié ou par amour.
Au final, un bon roman sur l'amitié et sur l'acceptation du deuil et comment se reconstruire après ça. Malgré la moralité de certains personnages qui ne sont pas passé avec moi, j'ai passé un très bon moment avec ce roman addictif, qu'on ne lâche pas une seule minute. Première incursion réussie dans l'univers de Claire Norton, et je pense que ce ne sera pas la dernière.
Claire Norton: Malgré nous..., Pocket, 382 pages, 2020
dimanche 8 août 2021
Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage
Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage est une oeuvre majeure de la littérature américaine du XXe siècle, un précieux témoignage qui explore les thèmes de l’identité, du racisme, de la résilience et de l’apprentissage du langage et de la littérature.
(Source: Babelio)
Maya Angelou, écrivain, comédienne, chanteuse, danseuse...est une figure emblématique du combat pour la liberté du peuple noir.
J'ai sorti ce livre de ma PAL sans relire le résumé (du moins avant de finir ma lecture) et j'ai bien fait, car le résumé me vantait une "histoire" de femme écrivain militante dans l'Amérique des années 60 (alors ce qu'est Maya Angelou, incontestablement) alors que ce livre raconte l'enfance et l'adolescence de Marguerite Johnson (qui deviendra Maya Angelou) dans le Sud profond des Etats Unis puis en Californie. Sa carrière d'écrivain est probablement relaté dans les autres volumes de son autobiographie mais pas dans celui-ci.
J'ai aimé découvrir la vie de cette petite Marguerite. L'auteure décrit admirablement, avec puissance et sans complaisance la vie dans le Sud profond avec tout le racisme qui l'entoure. On a parfois envie de hurler devant l'injustice que vit les Johnson dans cette petite ville de Stamps...surtout quand on pense que Annie Henderson, la grand-mère de Marguerite, tient un magasin qui marche bien et qu'elle gagne correctement sa vie, et qu'elle se fait tout de même humilier par des petiblancs, bien plus pauvres qu'elle...mais que par la force des choses, elle laisse faire. Je peux comprendre la révolte de Maya face à cette injustice et cette incompréhension.
Maya n'a pas eu la vie facile, et son enfance est marqué par des moments très douloureux (déjà l'abandon par ses parents, qui l'envoient, elle et son frère, vivre chez leur grand-mère. La première scène du livre est hyper violente (son frère et elle, alors âgé de 3 et 4 ans sont laissé par leur père dans un train, à la charge d'un contrôleur qui laissera les enfants seuls, bien avant leur destination finale ) et donne le ton d'un livre sans concession qui ne nous épargnera rien).
Alors, ma lecture s'est faite en deux temps qui n'ont pas la même saveur: j'ai adoré toute la partie dans le Sud, même si sa vie n'est pas rose, on sent que sa grand-mère et son Oncle Willie, le frère handicapé de son père qui vit encore chez sa mère, prennent soin d'eux et font face à l'adversité avec dignité. Bien sûr, j'ai ressenti toute l'amertume de Maya, mais aussi sa combativité...et surtout nous sommes dans les années 30 et le racisme est omniprésent. Cette lucidité et cette combativité m'ont beaucoup plu. En revanche, les parties où Maya et son frère retournent d'abord à Saint Louis, chez leur mère (où elle vivra un terrible évènement alors qu'elle est âgé de 8 ans) puis en Californie pour les protéger, m'ont moins emballé. Alors, ils sont tout autant intéressant, et les rapports entre son père et elle, distendues au possible, et entre sa mère, un peu plus présente, mais pas autant qu'elle le voudrait, montre bien l'abandon qu'elle a vécu et qui l'a fait grandir trop vite. On ressent cette douleur vive chez elle et Bailey, son frère, qui aura du mal à se remettre de l'abandon de sa "maman chérie". On ressent également ce besoin d'indépendance qui viendra très tôt chez eux. En même temps, ils sont souvent livré à eux même très jeunes. N'oublions pas qu'ils n'ont qu'une dizaine d'années. A la fin du livre, ils sont âgés de 17 et 18 ans, mais on a l'impression qu'ils ont déjà vécus mille vies.
Non, franchement, c'est un livre remarquable qui fait bien comprendre au lecteur que tout se joue dans l'enfance: si la petite Marguerite n'avait pas vécu dans le Sud profond dans les années 30, si elle n'avait pas été noire, elle ne serait probablement pas devenue la femme militante qu'elle fut et qui se battit aux côtés de Martin Luther King et Malcolm X pour les droits des noirs américains. Un premier volume que je vous encourage à lire si l'histoire de l'Amérique et le combat des afro-américains pour leurs droits vous intéressent. Un beau portrait de femme, que je serai curieux de continuer à découvrir avec un autre livre de Maya Angelou.
Maya Angelou: Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage, (I know why the caged birds sing), Le Livre de Poche, 346 pages, 2008














