mercredi 14 juin 2017

La Discothèque du 20e siècle #221

En 1965, Wayne Fontana nous invite à un jeu très love.

Wayne Fontana: Game of love (1965)





Ce "jeu de l'amour" bien sympathique, carton planétaire en 1965, fut le succès le plus éclatant de ce groupe rock anglais de Manchester (d'où sortiront bien plus tard les Smiths ou Oasis), qui, une fois le départ du chanteur Wayne Fontana consommé, continua pour quelques temps encore sous le nom de...The Mindbenders. Logique non? (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1965", Polygram Direct)

Bonne écoute!


dimanche 11 juin 2017

Slow Qui Tue #325: Delicate

Le slow qui tue de la semaine est aussi délicat que la pluie.

Terence Trent d'Arby & Des'ree: Delicate


Bonne écoute!


vendredi 9 juin 2017

Hunkeler et l'affaire Livius

4e de couverture: Le corps d’un homme est découvert le jour de l’an dans un jardin des faubourgs de Bâle, dans un territoire sous juridiction française. Le mort a été abattu, mais a été suspendu à un croc de boucher aux solives de son cabanon de jardin, comme un quartier de viande.
Les indices mènent l’inspecteur Peter Hunkeler en Alsace, mais aussi dans la vallée de l’Emmental. Ce meurtre va devenir une affaire très sensible, plus destinée aux historiens qu’à la police.

Le commissaire Hunkeler est un personnage très célèbre en Suisse,qui vient de faire son apparition cette année, dans les librairies françaises. 
Ce roman mettant en scène Hunkeler est la 6e enquête du commissaire. Avant de vous donner mon avis, je voulais simplement signaler que, malgré qu'Hunkeler soit un personnage récurrent de Hansjörg Schneider, qui apparait dans plusieurs livres, il n'est pas dérangeant de les lire dans l'ordre. Vous pouvez facilement commencer par celui là, car la vie personnelle du héros est peu développée et l'auteur donne quelques petites infos sur la situation actuelle d'Hunkeler. 

Maintenant, venons en à ce que j'en ai pensé. 
Je pense qu'on le sait tous, la lecture suivant un coup de coeur livresque n'est jamais évidente. On a tellement adoré le livre précédent, qu'on y pense encore et qu'on a un peu de mal à en sortir. 
La chance, tout de même, c'est que je suis passé à un genre tout à fait différent (passant d'un roman historique sur le tango en Argentine à un roman policier se passant en Suisse: il n'y a donc pas de comparaison à avoir et ainsi ,le prochain livre à toutes les chances de plaire). 

Il m'a fallu tout de même un petit peu de temps pour entrer dans ce livre. Il faut dire que c'est un polar qui prend son temps: j'ai ressenti une certaine lenteur et un côté contemplatif, qui ne m'a pas déplu, mais que je ne m'attendais pas à voir dans un polar. Alors, si vous recherchez de l'action, n'allez pas vers celui là car elle n'est pas du tout présente. On est plus dans une enquête classique, où il y a eu un meurtre et Hunkeler doit chercher qui est le coupable, en interrogeant les habitants du village. 

Un homme a été retrouvé pendu dans une cabane de jardin limitrophe à la frontière franco-suisse. Les polices des deux pays vont devoir collaborer: cet aspect m'a plu et j'ai aimé voir les bisbilles entre les deux équipes lors des réunions de travail. malheureusement, celles ci sont peu nombreuses et on se retrouve souvent dans un schéma classique, à savoir, de suivre seulement Hunkeler dans l'avancement de l'enquête: dommage. 

Je me suis aperçu aussi, lors de ma lecture, que j'avais à faire à un Hunkeler vieillissant, plus proche de la retraite et qui a apparemment été écartée de la police et qui est appelé en tant que "consultant" pour cette mission. Ainsi ,il passe plus son temps dans les cafés et les restaurants (à interroger les habitants du village sur le meurtre qui a eu lieu), à manger (qu'est ce qu'il peuvent manger dans ce livre!) plutôt que dans son bureau. 

Le livre est devenu vraiment passionnant quand le passé de la victime resurgit, passé qui nous  emmène vers la seconde guerre mondiale. Cette partie là fut passionnante car, l'action se déroulant en Alsace, l'auteur nous raconte alors comment la guerre s'est passée dans cette région "particulière" (en effet l'Alsace a toujours été partagée entre la France et l'Allemagne et pendant la guerre, les alsaciens n'avaient pas le droit de parler français et devaient travailler en Allemagne ou pour elle, et tous les actes de rébellion étaient sévèrement sanctionnés). Ce fut très intéressant, historiquement parlant, d'en apprendre plus sur cette période qui me fascine toujours autant. 

En revanche, la solution finale est arrivé trop vite et un peu trop classique à mon goût.

Au final, un polar classique, qui ne manque pas d'intérêt, surtout quand il parle du passé de la victime. Un polar cependant très contemplatif (Hunkeler a un côté Barnaby, plus que McLane) où l'action n'est pas présente du tout. Ce n'était pas inintéressant mais pas transcendant non plus. J'ai bien aimé,mais il ne sera pas inoubliable. 

Merci aux Editions Du Verger pour cette découverte malgré cet avis en demi-teinte. 

Hansjörg Schneider: Hunkeler et l'affaire Livius, (Hunkeler und der Fall Livius), Le Verger Editeur, 280 pages, 2017


mercredi 7 juin 2017

La Discothèque du 20e siècle #220

En 1963, Billy Bridge nous apprenait à  danser un Madison.

Billy Bridge: le Grand M (1963)




Soutenu sur scène par les Mustangs, Billy Bridge n'a que 17 ans quand sort Surboum, son premier disque en mars 1962. On l'affuble bientôt de l'étiquette réductrice "Le prince du Madison", en référence à la danse dont il contribue à lancer la mode (plus passagère que celle du twist), et c'est un peu dommage. En effet en dehors du Grand M et de quelques autres titres "madisoniens", nous vous conseillons de découvrir des perles telles que Ne la fais pas souffrir ou Ne compte pas sur moi. A la fin des années 60, il connait un succès certain sous l'habile pseudonyme Black Swan grâce à la chanson Echoes and rainbows. Quelques jours avant la crise cardiaque qui lui fut fatal en 1994, il avait sorti un album intitulé Je m'invite en vous réunissant des titres anciens et d'autres plus récents, d'inspiration spirituelle. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1963", Polygram Direct)

Bonne écoute!


lundi 5 juin 2017

Les Dieux du tango

4e de couverture: Février 1913. Leda a dix-sept ans. Elle quitte son petit village italien pour rejoindre en Argentine son cousin Dante, qu’elle vient d’épouser. Dans ses maigres bagages, le précieux violon de son père.
Mais à son arrivée, Dante est mort. Buenos Aires n’est pas un lieu pour une jeune femme seule, de surcroît veuve et sans ressources : elle doit rentrer en Italie. Pourtant, quelque chose la retient… Leda brûle d’envie de découvrir ce nouveau monde et la musique qui fait bouillonner les quartiers chauds de la ville, le tango, l’envoûte. Passionnée par ce violon interdit aux femmes, Leda décide de prendre son destin en main. Un soir, vêtue du costume de son mari, elle part, invisible, à travers la ville.
Elle s’immerge dans le monde de la nuit, le monde du tango. Elle s’engage tout entière dans un voyage qui la mènera au bout de sa condition de femme, de son art, de la passion sous toutes ses formes, de son histoire meurtrie. Un voyage au bout d’elle-même.
Quand ma libraire me parle, lors d'une de mes nombreuses visites à la librairie, d'un de ses derniers coups de coeur et que celui ci devrait beaucoup me plaire, je n'hésité pas une seconde, je le lis dès qu'il est en ma possession. 
Et là, c'est une claque monumentale qui m'est arrivée en pleine figure! Mon dieu, quel livre, mais quel livre! 
Dès les premières pages, j'ai été happé par l'histoire de Leda, cette jeune fille de 17 ans,qui arrive en Argentine pour rejoindre son mari et cousin Dante. Sauf qu'en débarquant, elle apprend que son mari est mort. Elle n'a plus alors qu'un seul choix: retourner en Italie...sauf que la musique, et le tango en particulier va l'emporter dans un tourbillon sensuel et envoûtant qui va changer son destin. 
Au delà de l'histoire qui vous capte dès les premières minutes, c'est la plume de l'auteure que je retiendrai avant tout (et très retranscrite dans notre langue par Eva Monteilhet, sa traductrice: il se dégage une telle poésie quand elle parle du tango  et une telle sensualité dans les scènes de sexe, qui ne sonnent jamais vulgaire. Non, elle sonne comme un tango, cette musique sensuelle et charnelle entre toute, qui vous enveloppe. Les descriptions sur le tango sont tellement belles, que j'en suis resté estomaqué et que j'en aurais presque eu les larmes aux yeux. 
Les Dieux du tango n'est pas seulement un roman sur cette musique qui a su évoluer et s'adapter pour traverser les pays et le siècle, c'est également un superbe roman sur la condition féminine dans cette ville argentine: les femmes n'avaient pas le droit de jouer de la musique et surtout pas du tango...alors Leda est devenu un homme (Dante) pour pouvoir vivre sa passion pour la musique. C'est également un roman sur le renoncement de soi et la découverte de "l'amour défendu", Leda/Dante couchant avec des femmes, tout en cachant sa vraie personnalité. Ces scènes là sur le désir féminin sont les plus belles que j'ai pu lire et m'ont fasciné par leur sensualité pudique. C'était très troublant. 
La force de ce roman, c'est que, même s'il se concentre sur le parcours hors norme de Leda devenu Dante, l'auteur nous raconte le passé de chaque personnage qu'il/elle croisera: celui de Fausta, la jeune femme qui partagera sa cabine sur le bateau, Arturo, l'ami de Dante qui vient la chercher et lui annonce la mort de son cousin et mari, Ernesto, le vieil aveugle qui lui apprend à jouer du tango, Santiago, le bandoneoniste qui l'engage dans son orchestre  et même Cora, la cousine de Leda, fantôme qui traverse le roman, pour nous  raconter ses secrets. ...chacun va se dévoiler à nous en quelques pages. Même si ce procédé, m'a un peu frustré au départ, surtout concernant Fausta, car j'aurai bien voulu savoir si elle allait retrouver son mari, j'ai trouvé ce procédé intéressant car il permet de comprendre la vie de ces personnes: c'est ainsi que  l'attachement va naître entre eux et les lecteurs que nous sommes. 
Leda est un personnage des plus fascinant et complexe, qui découvre, à travers son travestissement, des sentiments et un amour lesbien qu'elle n'aurait pas connu si elle n'était pas devenu un homme. C'est très troublant,
Carolina de Robertis aiment tous ses personnages et cela se ressent dans le fait qu'elle n'en laisse aucun sur le bord de la route: elle leur donne même une conclusion à la fin de la 2e partie du roman. 
Même si dans la dernière partie, les années sont survolées, je n'ai pas ressenti une frustration, bien au contraire, cela est fluide et compréhensible. Puis, vient la fin, qui m'a laissé le coeur battant et les larmes aux yeux. 
Au final, un roman vibrant comme une corde de violon, sensuel comme la voix d'une chanteuse de tango, triste comme le son d'un bandonéon, et qui m'a touché en plein coeur. Un beau roman, sur le  tango (sans oublier les femmes) , cette musique sensuelle et cette danse charnelle, à laquelle Carolina de Robertis, rend un vibrant hommage. 
Merci à ma libraire pour m'avoir conseillé ce livre...encore une fois, elle a su touché juste pour parler à mon petit coeur de lecteur. La petite musique des Dieux du tango vibrera en moi pour longtemps. 


Carolina de Robertis: Les dieux du tango, (The Gods of Tango), Le Cherche Midi, 545 pages, 2017

dimanche 4 juin 2017

Slow Qui Tue #324: How come how long

Le slow qui tue de la semaine se demande combien de temps on va laisser une fille gâcher sa vie pour un mauvais garçon.

Babyface (feat Stevie Wonder): How come how long



Bonne écoute!


vendredi 2 juin 2017

La Ferme des Miller

4e de couverture: Histoire d'amour, drames, secrets inavouables : à travers le destin d'une famille de Pennsylvanie, Anna Quindlen donne à lire tout un pan de l'histoire américaine de la seconde moitié du XXe siècle.
Petite fille précoce et curieuse, Mimi mène une enfance protégée dans la ferme familiale. Il y a là Bud, son père cultivateur et répare-tout ; Miriam, sa mère infirmière ; ses deux frères, le taiseux Eddie et le caïd séducteur Tommy ; ainsi que Ruth, sa tante, qui, pour une raison étrange, ne s'éloigne jamais de la maison. Un monde rassurant, fait d'éclats de rire et de joie, que Mimi pense immuable. Mais nous sommes en 1966 et ces jours heureux sont comptés...

La guerre du Vietnam qui laisse Tommy à jamais meurtri, la maladie qui frappe Bud, les drames passés de la tante Ruth... et cet impensable projet du gouvernement de transformer leur vallée en barrage. Ce monde que Mimi aime tant disparaîtrait englouti sous les eaux ? Qui désormais pour sauver la ferme et ses habitants ?
Alors qu'elle envisageait de quitter le village pour suivre des études de médecine et retrouver son amour d'enfance, Mimi va devoir faire un terrible choix. 

Le dernier roman d'Anna Quidlen est des plus classiques dans l'histoire traitée, il est vrai (j'ai déjà lu ce genre d'histoire plus d'une fois) mais elle la traite de manière agréable, ce qui fait que l'on ne s'ennuie pas une seule minute. 

Ce qui ressort du livre, c'est un beau portrait de femme: celui de Mimi, la narratrice, qui, devenue une femme d'un certain âge, revient sur sa vie à Miller's Valley avant que cet endroit  disparaisse sous les eaux. (dès les premières pages, j'ai senti que la narratrice n'avait pas l'âge de la petite fille du roman (j'avais plutôt comme un livre de souvenirs entre les mains...cela m'a d'ailleurs été confirmé quand la narratrice nous raconte, en quelques phrases, au détour d'un paragraphe, ce que certains personnages sont devenus par la suite). 
Mimi, donc, est une petite fille intelligente, qui vit avec sa famille, dans une ferme. Nous sommes dans les années 60 et le gouvernement fait tout pour acheter les maisons de Miller's Valley, pour en faire un parc de loisirs avec un lac artificiel (Miller's Valley connait  de nombreuses inondations): certains habitants vont alors se rebeller pour rester vivre à Miller's Valley jusqu'au bout. 

Dès les premières pages, le lecteur sait que l'histoire parle d'un lieu révolu, qui n'existe plus et qui a été englouti par les eaux... et cette réminiscence fait ouvrir la boite à souvenirs et on ne peut s'empêcher nous lecteur, de ressentir de la nostalgie pour cette nature perdue. 

L'auteure déroule alors le fil de la vie des personnages, avec son lot de surprises, de drames et de joies: la guerre du Vietnam est évoqué à travers Tommy, le frère de Mimi, qui en reviendra changé, mais aussi l'émancipation des femmes avec la mère de Mimi, infirmière, et surtout Mimi, qui prendra son destin en main, et échapper au destin qui attendent beaucoup de femmes comme son amie LaRhonda: être mariée à un homme qu'elle n'aime pas avec une ribambelle d'enfants. 

Le seul petit bémol que je pourrais trouver à ce roman est le survol des personnages secondaires: l'auteure ne donne vraiment d'importance qu'à Mimi, son personnage principal, et les autres personnages ne sont là que pour l'accompagner...même si j'ai connu le destin des autres personnages comme Tommy, les parents de Mimi,Ruth, sa tante (personnage excentrique qui ne sort pas de chez elle, à croire qu'elle cache quelque chose), LaRhonda, Steven...leur développement est minimaliste et, seule, l'évolution de Mimi nous est montré. 
Ce qui ne m'a pas empêché de passer d'agréables moments et d'avoir des surprises, jusque dans l'épilogue qui revient justement sur l'avenir de chaque personnage, pour ainsi boucler la boucle de cet endroit qui va sombrer dans les eaux. 

Au final, un roman de facture classique mais qui nous fait passer de bons moments, avec un beau portrait de jeune fille forte et indépendante, dans les années 60-70, dans une petite ferme de Pennsylvanie. Un roman qui fait vibrer la corde nostalgique du lecteur, en nous parlant d'un endroit qui n'existe déjà plus...puisque l'eau à tout emporté. 

Merci aux Editions Belfond pour cette plongée dans l'Amérique des années 60-70.

Anna Quindlen: La ferme des Miller (Miller's Valley), Belfond, 316 pages, 2017