vendredi 26 juillet 2019

Les fureurs invisibles du coeur

4e de couverture: Cyril Avery n’est pas un vrai Avery et il ne le sera jamais – ou du moins, c’est ce que lui répètent ses parents adoptifs. Mais s’il n’est pas un vrai Avery, qui est-il ?
Né d’une fille-mère bannie de la communauté rurale irlandaise où elle a grandi, devenu fils adoptif d’un couple dublinois aisé et excentrique par l’entremise d’une nonne rédemptoriste bossue, Cyril dérive dans la vie, avec pour seul et précaire ancrage son indéfectible amitié pour le jeune Julian Woodbead, un garçon infiniment plus fascinant et dangereux.
Balloté par le destin et les coïncidences, Cyril passera toute sa vie à chercher qui il est et d’où il vient – et pendant près de trois quarts de siècle, il va se débattre dans la quête de son identité, de sa famille, de son pays et bien plus encore.
Dans cette œuvre sublime, John Boyne fait revivre l’histoire de l’Irlande des années 1940 à nos jours à travers les yeux de son héros. Les Fureurs invisibles du cœur est un roman qui nous fait rire et pleurer, et nous rappelle le pouvoir de rédemption de l’âme humaine.


Il y un moment que je n'ai pas donné mon avis sur mes lectures dans ce petit Kabaret. Ce n'est pas que je n'ai pas lu (loin de là), mais je n'avais simplement pas envie d'en parler. Mais il est temps maintenant de s'y remettre. 

C'est avec le titre de John Boyne, "Les fureurs invisibles du coeur" que je fais ce retour. 
J'ai découvert John Boyne avec un précédent roman "le secret de Tristan Sadler" que j'avais beaucoup aimé. 
Dans les romans de John Boyne, l'homosexualité à une grand part, et ce roman n'y fait pas exception, avec le personnage principal Cyril Avery. Ce jeune orphelin adopté par une famille particulière constitué de Charles et Maude, va découvrir qu'il est attiré par les garçons. Il ne fait pas bon être homosexuel dans l'Irlande puritaine de l'après-guerre (la 2nde). C'est ainsi que le jeune Cyril, que l'on va suivre tout au long de sa vie, va devoir cacher qui il est vraiment aux yeux des autres. 

John Boyne nous propose un roman de toute beauté, avec une histoire de honte, de rédemption également, mais aussi une petite critique de l'Irlande, face à leur intolérance vis à vis des homosexuels. J'ai trouvé le personnage de Cyril touchant par moment, mais parfois agaçant devant ses atermoiements, et certains de ces choix. En revanche, j'ai trouvé Julian imbuvable, et je n'arrivais pas à savoir ce que Cyril pouvait lui trouver. Je lui ai préféré Bastiaan, qui deviendra le grand amour de Cyril mais stop, j'en dis déjà trop. 

Ah, c'est qu'il n'est pas facile de ne pas trop en dire sur ce roman dont la forme particulière (découpé en parties, qui déroulent la vie de Cyril de 7 années, à  chaque fois, de sa naissance, en 1945, jusqu'à aujourd'hui). Il lui arrive tout plein de choses, et John Boyne réussi grandement à toute les mener, et même à nous surprendre. C'est grandiose, vibrant, bouleversant par moment, indigne aussi, mais toujours avec une grande profondeur. 
A travers Cyril, c'est toute l'histoire d'un pays qui se dévoile et que l'auteur nous montre. C'est aussi un livre sur la difficulté de s'accepter tel que l'on est, surtout dans un pays où l'homosexualité a été condamnée longtemps et où les préjugés persistent. (D'ailleurs, c'est ironique de se rendre compte du destin de Julian, hétéro volage patenté, qui va vivre son pire cauchemar, si je puis dire). 

Au final, un très beau roman sur l'homosexualité et l'acceptation de celle ci, qui peut prendre plusieurs années, par la personne concernée. Un roman sur l'Irlande et ses dérives et préjugés, mais aussi sur les filles mères, et les personnes qui sortent de l'ordinaire. Un roman touchant qui me laissera un beau souvenir avec une fin des plus émouvantes. Une belle surprise. 

John Boyne; Les fureurs invisibles du coeur, (The Heart's Invisible Furies), J.C. Lattès, 587 pages, 2018



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