dimanche 30 avril 2017

Esprits de Nature: De contes macabres en merveilleuse nature

4e de couverture: Au fil de ses nombreuses nouvelles (traduites pour la plupart par Charles Baudelaire), Edgar Allan Poe (1809-1849) a écrit à la fois des textes de belle nature et de nature terrifiante...
Cette opposition est une caractéristique de son oeuvre. Qu'elle soit de rêve ou de cauchemar, la nature chez Poe est chargée de brumes et de reflets qui renvoient un réel changeant, une nature imaginaire. Ses descriptions de nature sont très évocatrices et d'une grande beauté. Dans les nombreux genres qu'il a explorés et initiés (roman fantastique, science-fiction, roman policier), il parle du cosmos, d'expériences scientifiques, de descriptions géographiques, il emmène ses lecteurs dans un Pôle Sud imaginaire, il sait être drôle, changer d'angle sur le paysage en imaginant un voyage en ballon jusqu'à la lune (qui a inspiré Jules Verne)...
Poe s'est aussi passionné pour l'art des jardins et a écrit deux nouvelles sur les « jardins paysages » qui sont de véritables performances de description. Ce sont des tableaux précis, imaginés et décrits dans le moindre détail, d'un bout à l'autre du paysage, avec une rigueur presque mathématique.

Sous la direction d'Elizabeth Combres, Les Editions Plume de carotte ont lancée une nouvelle collection d'ouvrages, qui s'intitulent "Esprits de nature". Cette collection a pour but de donner à lire et à (re)découvrir les plus beaux textes de grands auteurs comme Edgar Allan Poe, Pierre Loti, Tourgeniev,et bien d'autres, par le biais d'extraits concernant la nature. 
Quand les éditions Plume de Carotte m'ont proposé de découvrir cette nouvelle collection, j'ai mis du temps a donner mon accord, car je me demandais si lire seulement des extraits de romans, nouvelles, journaux intimes et autres récits de voyage, n'allaient pas faire naître la frustration de n'avoir que des petits bouts pris de ci de là.
Puis je me suis dis, "tente, tu verras bien ce que ça donne". Et c'est comme ça que je me suis retrouvé avec les 3 premiers volumes de la collection: Poe, Loti et Tourgeniev.

J'ai débuté la découverte avec Edgar Allan Poe, (un auteur dont le ne connaissais pas la plume, comme Loti ou Tourgeniev, d'ailleurs) en me disant que le lire au printemps était idéal.
Il y a tout d'abord une préface d'Elizabeth Combres, qui présente l'auteur et son rapport avec la nature. Très instructif et qui donne une autre image de Poe. Puis départ dans l'aventure et l'univers de Poe. C'est alors qu'on s'embarque pour des voyages magnifiques, vers des contrées inconnues, comme au Pole Sud, ou bien dans des jardins  ou des paysages de la côte est des Etats Unis.
Je dois dire que la frustration tant redoutée n'est pas venue:en effet, ne lire que des extraits (bien choisi par ailleurs par Elizabeth Combres, bravo pour ce travail titanesque que de ne choisir que des extraits particuliers, qui s'emboîtent parfaitement en créant une sorte de fluidité qui ne nuit pas à la lecture) des nombreuses nouvelles de Poe comme "Silence", "La Chute de la maison Usher, "L'île de la Fée", "L'ange du Bizarre" et bien d'autres m'a complètement charmé et m'a même fait sentir une certaine sérénité devant tant de beauté de paysages.

Bien sûr, comme ces extraits ne concernent que la nature, ils ne sont que descriptifs mais ils sont débarrassés de la lenteur que les descriptions peuvent avoir dans un récit complet. On se laisse embarquer par la plume et dans un voyage fabuleux.
Le seul bémol que je pourrais trouver, concernant ce volume consacré à Poe, est l'écriture parfois trop poétique de Poe, avec des termes qui m'ont paru suranné ou mal employé, mais cela n'est pas à imputer à Poe en lui même mais plus à la traduction de Charles Baudelaire, qui a voulu donner un style trop poétique à Poe.

Au final, une découverte surprenante que cette collection, que je vous encourage à découvrir (si Poe ne vous attire pas, laissez vous tenter par Pierre Loti, Tourgeniev ou un prochain volume de la collection (les prochains auteurs publiés dans "Esprits de nature" seront Bernardin de Saint Pierre (l'auteur de "Paul et Virginie" entre autres), Octave Mirbeau et George Sand). Pour ma part, je continuerai ma découverte avec Pierre Loti (probablement cet été) et Tourgeniev, et probablement George Sand, dont j'aime la plume depuis ma tendre enfance.

"Esprits de nature": une collection d'ouvrages qui permet de découvrir les grands auteurs par une porte dérobée inédite (celle de la nature), à l'aide de petits ouvrages (une centaine de pages) qui sont une bouffée d'air frais entre deux lectures. Et que l'on peut emporter partout grâce à son  format pratique. Ainsi, on peut le feuilleter et lire un extrait lors d'une promenade en pleine nature.

Edgar allan Poe: De contes macabres en merveilleuse nature, Editions Plume de Carotte,"Collection "Esprits de nature", 122 pages, 2017


Slow Qui Tue #319: Bruxelles

Le slow qui tue de la semaine rassure de son amour, sa ville natale.

Dick Annegarn: Bruxelles




Bonne écoute!


jeudi 27 avril 2017

Personne n'a oublié

4e de couverture: Sam, huit ans, tombe du haut d'une grange et meurt le crâne fracassé. Pour sa mère Colette, impossible de croire à un accident. Elle soupçonne François, son mari, un homme violent et secret, de ne pas être étranger au drame. Dix ans auparavant, Colette, enceinte d'un autre homme, a été contrainte de l'épouser. Dès lors, son mari a imposé la terreur et la tyrannie au sein de leur foyer. Bravant la violence de cet homme, Colette s'engage dans une dangereuse quête de vérité. Quel rôle a t-il joué dans la mort de Sam ? Et quel est ce trouble passé que François semble vouloir cacher à tout prix ? Au cœur de ce petit village du Morvan, les esprits s'échauffent et les tensions remontant à la guerre atteignent leur paroxysme. Le village bruisse de rumeurs et de douloureux secrets ne tardent pas à resurgir...

Ce premier roman fut une belle surprise. Teinté d'un suspense psychologique, qui nous fait tourner les pages rapidement, il nous plonge dans un village rongé par les secrets, en plein boum des années 60. 

J'ai de suite été emporté dans l'histoire tragique de Colette, cette jeune femme qui vient de perdre son fils de 8 ans, qui a trouvé la mort en faisant une chute dans la grange. Sauf que Colette ne croit pas à la thèse de l'accident et soupçonne son mari d'être le responsable. Ainsi, elle va mener l'enquête. 
Le style de l'auteur est fluide et je me suis laissé guider. Alors, on n'évite pas certaines répétitions, surtout au début, mais elles ne m'ont pas gênées car elles sonnent comme une litanie car ces répétitions concernent la mort de Sam et servent à faire comprendre la culpabilité que ressent Colette. Les chapitres courts servent aussi au rythme rapide du roman où les événements s'enchaînent a brides abattues.. En plus, les chapitres alternent entre passé et présent (ce que j'aime beaucoup dans les romans), et sont parfois intercalé avec des extraits du journal de Colette:entendre sa voix m'a fait me sentir plus proche d'elle. 
 Bon, je vous l'accorde, parfois, j'ai trouvé certains artifices concernant les révélations qui n'arrivent pas de suite (comme quelqu'un qui vient interrompre Colette et Robert ou François, juste au moment où ceux ci allaient révéler quelque chose sur la mort du petit garçon)
Mais bon, je serai indulgent par rapport aux artifices évoqués plus haut (peut être parce que c'est un premier roman, mais aussi parce que l'histoire m'a tout de même intrigué pour que je passe un bon moment). En fait, ce qui m'a plu, c'est que l'histoire se passe dans un petit village, dans les années 50/60 (les passages dans le passé,se déroulent vers 1952) où tout le monde se connait et où les secrets sont légions. J'ai alors été plongé dans une ambiance certes délétère et malsaine, mais qui m'a bien emporté. 

Heureusement, il y a aussi deux beaux personnages dans le roman: celui de Colette, forte et déterminée, qui cherchent à comprendre à tout prix ce qui est arrivé à son enfant, et Madeleine, sa voisine et meilleure amie, qui sera là pour l'épauler dans son enquête. Sans oublier le Docteur Verdier, le protecteur de Colette depuis toujours. 

En fait, ce roman m'a rappelé certains romans  "régionaux" comme ceux de Christian Signol ou Gilbert Bordes, que je lisais étant ado. Replonger dans ces histoires de village m'a énormément plu et la plume de l'auteure, même si elle est encore balbutiante (elle ne pourra que s'améliorer) , a su m'embarquer dans cette histoire tragique.  

Au final, une belle surprise que ce roman là, avec un suspense qui m'a tenu en haleine jusqu'au bout, rempli de secrets comme beaucoup de villages en ont connu dans les années d'après-guerre. Une plume balbutiante mais prometteuse que je vous encourage à découvrir. 

Merci aux Editions Terra Nova pour cette belle découverte. 

Stéphanie Exbrayat: Personne n'a oublié, Editions Terra Nova, 269 pages, 2017


mercredi 26 avril 2017

La Discothèque du 20e siècle #214

En 1984, Cookie Dingler faisait de cette hymne à la femme des années 80, un succès.

Cookie Dingler: Femme libérée (1984)



Le MLF (Mouvement de Libération des Femmes) avait fait parlé de lui dès le début des années 70, en publiant leur fameux "menstruel" (sic) polémique, Le torchon brûle: 15 ans après, un pétulant groupe strasbourgeois signe cette mélodie et ce refrain impeccables qui ont marqué la conscience collective bien au delà de l'été 1984! (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1984", Polygram Direct)

Bonne écoute!


lundi 24 avril 2017

Leopard Hall

4e de couverture: Anna Emerson, secrétaire de vingt-cinq ans, s'apprête à quitter Melbourne pour retourner sur sa terre natale du Congo : Karl, son père qu'elle n'a pas revu depuis dix-huit ans, est malade. Sur le lit de mort du vieil homme, Anna fait un serment : veiller sur Leopard Hall, sa villa remplie d'oeuvres d'art pillées aux Africains. Mais tout est remis en question lorsqu'elle découvre que Karl n'est pas son père biologique.
Pourquoi sa mère ne lui a-t-elle rien dit ? En quête d'indices sur son passé, Anna se lance sur les pistes aux côtés d'Eliza, mystérieuse photographe américaine. Mais dans ce pays fraîchement indépendant, livré aux rebelles simbas, les tensions sont vives, parfois sanglantes, et les deux femmes voient leurs chemins se séparer brutalement...

D'un palace colonial abandonné sur les bords du lac Tanganyika à un hôpital de mission dans la jungle, Anna finira-t-elle par trouver les réponses qu'elle cherche ? Et si c'était à Leopard Hall, ce lieu auquel elle tente d'échapper, que le destin lui avait donné rendez-vous ?


Leopard Hall est une saga comme je les aime: une saga qui me fait voyager (ici, au Congo), me fait rêver, et si en plus elle m'apprend des choses, c'est un bonus non négligeable. 
Il y a quelque temps, j'avais lu une saga (Le pays du Soleil Rouge) qui aurait pu rassembler tout ça, sauf que j'en suis sorti insatisfait. 
Ici, ce n'est pas du tout le cas: j'ai adoré ce livre. Tout d'abord pour son côté exotique (les paysages du Congo nous sont dévoilés avec maestria (je dois dire que Katherine Scholes réussit ses descriptions, à tel point qu'on s'y voit); mais aussi son côté historique: ici l'indépendance du Congo qui mena à la guerre Civile, dans les années 60, et tout ça à travers deux personnages forts et attachants: Anna et Dan. 
Anna, cette jeune australienne, qui apprend que son père, qu'elle n'a pas revu depuis près de vingt ans, est mourant et qu'il lui demande de revenir au Congo pour la voir une dernière fois. D'abord réticente, elle finit par arriver à Albertville, et va en découvrir plus sur son passé, et sur ce père qu'elle a peu connu. 
Dan, ensuite, ce militaire d'une cinquantaine d'années, organisateur de Safari pour riches européens, qui décide d'abandonner tout ça, pour s'engager comme mercenaire, pour combattre les Simbas (les rebelles qui se battent contre le nouveau gouvernement Congolais). 
Nous allons alors suivre ces deux personnages dans des périples plus dangereux les uns que les autres, dans un pays ravagé par la guerre. D'ailleurs, plus on avance, et plus Dan prend de l'importance, parfois au détriment d'Anna (mais ce n'était pas pour me déplaire). 
Bien sûr, Anna et Dan, sont entouré de personnages enthousiasmant, comme Eliza, une femme riche, qui va accueillir Anna chez elle, et qui va se retrouver pris dans les conflits, mais aussi tous les mercenaires qui sont sous les ordres de Dan, (et dont les noms m'échappent), qui nous embarquent dans cette croisade sanglante. 

L'originalité de cette saga, c'est que Katherine Scholes évite la sempiternelle histoire d'amour qu'on peut parfois trouver dans ce genre d'histoire, et heureusement, car dans ce contexte, elle aurait été je pense, malvenue. Car Katherine Scholes ne nous épargne pas: c'est un texte dur, violent, par moments (les massacres des Simbas nous sont décrit dans des scènes parfois insoutenables), âpre, et qui vous prend aux tripes. On est fasciné, par les paysages, mais parfois aussi révolté et au bord de l'angoisse pour tous ces personnages qui vivent devant nos yeux, devant la violence des combats et de la vie au Congo.  
De plus, nous apprenons beaucoup de choses sur ce conflit Congolais, sur la lèpre, qui sévissait et qui sévit peut être encore aujourd'hui, sur les enjeux de chacun. 
J'ai trouvé aussi que le récit était bien amené et que les situations n'étaient pas factices, ou faciles: elles le sont peut être, mais je trouve que Katherine Scholes s'en est  bien sorti car cela ne s'est pas trop vu. En revanche, je me suis tout de même demandé ce qui reliait les deux histoires (car Anna et Dan ne font pas le même parcours dans ce pays en guerre) et, l'auteur nous donne l'explication, même si je l'avais un peu deviné avant de l'avoir. 

Au final, une saga magnifique qui vous transporte dans un pays superbe, malgré les atrocités qu'il a connu. Une histoire forte, prenante, et qui ne vous lâche pas, avec un style âpre, dur, et qui ne nous épargne rien (il faut avoir le coeur bien accroché, et si vous êtes sensible, lancez vous tout de même, en sautant les passages trop durs, car cette saga vaut vraiment le coup. Une saga qui me fait voyager, tout en apprenant des choses sur l'histoire du pays visité, avec des personnages forts, c'est tout ce que je demande, et avec Leopard Hall, tout cela était au rendez-vous. J'en sors donc ravi et vous le recommande chaudement. 

Merci aux Editions belfond pour ce voyage aux pays des Léopards, et pour la découverte de cette nouvelle collection qu'est "Le Cercle". 

Katherine Scholes: Leopard Hall, (Congo Down), Belfond (Collection "Le Cercle"), 636 pages, 2017


dimanche 23 avril 2017

Slow Qui Tue #318: Love me for a reason

Le slow qui tue de la semaine demande de lui donner une raison de l'aimer.

Boyzone: Love me for a reason


Bonne écoute!


mercredi 19 avril 2017

La Discothèque du 20e siècle #213

En 1981, le groupe Visage, groupe de style New Wave, investit les Charts avec son titre Fade to grey.

Visage: Fade To Grey (1981)




Steve Strange  est un pilier des boites de nuit: les soirées qu'il organise sont réputées dans le tout-Londres qui danse et qui pétille. Son seul titre de gloire: a fait de la figuration dans le clip Ashes to Ashes de David Bowie. Jusqu'au jour où, épaulé par ses amis rockers (parmi lesquels d'ex-membres du groupe Magazine et un certain Midge Ure, futur chanteur d'Ultravox), il se lance dans la bataille: dès le second 45 tours, c'est le triomphe: Fade to grey colle parfaitement à la mode néo-romantique qui baigne ce début des années 80. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1981", Polygram Direct)

Bonne écoute!