Synopsis: Une jeune Irlandaise est aux prises avec un juge de paix menaçant et de sombres pirates tenant repaire dans la taverne de son oncle. (Source: Allociné)
Alfred Hitchock était un grand admirateur de Daphné du
Maurier. La preuve, : il a adapté trois des ses œuvres :
Les Oiseaux (la plus célèbre), Rebecca et cette Taverne de la Jamaïque qui fut la première incursion d'Hitchcock dans l'oeuvre de Daphné Du Maurier.
J'ai trouvé cette adaptation des plus fidèle :
malgré le noir et blanc, on ressent toute la violence et le mystère
des landes anglaises, la froideur et les frissons que nous procure
cette auberge maudite.
Cependant, il manque à cette adaptation le charme du
mystère du roman (dans le roman, Mary, la narratrice découvre en
même temps que le lecteur ce qui se trame dans cette auberge. Ici,
Alfred Hitchock et ses scénaristes ont préférés mettre le
spectateur dans la confidence en révélant dès les premières
minutes, les mystères de l'auberge (la première scène est un
« naufrage organisé » par des contrebandiers). Ainsi, le
spectateur n'a plus la surprise de découvrir comme Mary, ce que cache
son oncle Joss.
Mis à part cette petite particularité, j'ai trouvé ce
film palpitant. Les acteurs ont vraiment les têtes de l'emploi.
J'aurai toutefois un petit bémol : j'ai trouvé l'acteur
Charles Laughton "mauvais" dans le rôle du juge : "mauvais" dans le
sens qu'il n'a aucune expression qui transparaît sur le visage. Il a
un visage fixe comme s'il s'était fait botoxer,(avant l'heure, à
moins que la chirurgie esthétique existait déjà à l'époque). Et
surtout, cela lui donne un aspect des plus rigides, qui m'a
indisposé.
Autre bémol : mon DVD a eu un petit soucis qui m'a
empêché de voir la fin du film. Heureusement que j'avais lu le
roman avant et que donc l'issue du film m'était connu. Mais il est
bien dommage que je n'ai pas pu profiter pleinement du film.
Au final, une bonne adaptation d'un roman de Daphné du
Maurier, même si ce n'est pas sa meilleure (j'ai trouvé Rebecca et Les Oiseaux vraiment supérieur), par le maître
du suspense au cinéma.
En 2000, la troupe de Roméo et Juliette nous donnait la recette de l'amour.
Cécilia Cara & Damien Sargue: Aimer (2000)
Adaptation de l'œuvre de Shakespeare, Roméo & Juliette renoue avec la grande époque de la comédie musicale à la française. Au mois d'avril 2000 sont sorti l'album et le single Aimer, qui ont l'un et l'autre connu un des plus fulgurants succès de l'année. Damien Sargue et Cécilia Cara sont éblouissants dans leur interprétation romantique, et savent mettre en valeur la musique et les paroles de Gérard Presgurvic. (Source: Fascicule "Au Cœur des Slows n°2", Universal Collections)
Voici le petit rendez-vous cinéma où je parle des films vu en DVD (principalement), à la télé (très rarement) où au ciné (encore plus rarement) cette semaine. 58/ Vu le 7 juillet 2014
Film de Tony Gilroy: avec Julia Roberts, Clive Owen, Tom Wilkinson, Paul Giamatti... (2009)
Honnêtement, au début, je me suis demandé dans quoi
j'embarquais. Je comprenais rien de rien à ce film...mais j'ai quand
même persévéré et j'ai bien fait.
Voilà un film d'espionnage, mâtiné de romance, bien
sympathique et avec lequel j'ai passé un très bon moment. Ce n'est
pas le film du siècle, mais en même temps, un petit film
divertissant, comme celui ci, de temps en temps, ça ne fait pas de
mal.
Bon, j'avoue, il aurait pu être un chouia moins
complexe, car, à un moment j'avais du mal à suivre...mais au final,
je trouve ça bien que le spectateur ne soit pas passif devant son
écran et fasse fonctionner ses petites cellules grises pour
comprendre. C'est plus drôle ainsi.
Clive Owens et Julia Roberts forment un couple des plus
charmants et très crédibles en espions (oui oui, j'ai dit très
crédible).
Voilà un film qui se laisse regarder avec grand plaisir
et qui ménage le suspense et les surprises jusqu'à la dernière
seconde. J'ai été soufflé par le dernier retournement de
situation. Un film divertissant que je vous conseille si vous voulez
passer une agréable soirée.
59/ Vu le 8 juillet 2014
Film de Clint Eastwood: avec Kevin Costner, Clint Eastwood, Laura Dern, Leo Burmester... (1993)
Un Eastwood de très bonne facture et qui n'a pas
tellement vieilli.
Je l'avais vu à sa sortie, en 1993, au cinéma, sauf
qu'on m'avait gâché la fin en me la racontant (on en discutait au
lycée et, avant que j'ai pu dire que j'allais le voir deux jours
plus tard, on me raconta ce qui arrivait au personnage principal, à
la fin. J'en ai un peu voulu à la jeune fille qui m'avait fait ce
coup là).
Kevin Costner est vraiment dans un rôle à sa mesure
(c'était l'époque où il explosait après son succès de « Danse
avec les loups »), un méchant qu'on aime aimer et détester.
En fait, on se retrouve un peu dans Phillip, le petit gamin pris en
otage : on ne sait pas sur quel pied danser : on se prend
d'affection pour ce taulard en fuite, mais on est déstabilisé quand
on le sens prêt à faire une connerie.
J'ai trouvé la relation entre Butch et Philip très
jolie et très émouvante (j'ai encore eu de la peine à retenir mes
larmes).
Un road movie très intense, très beau et parfois
tendre et cruel. Un film comme on en fait plus beaucoup aujourd'hui
et c'est fort dommage.
60/ Vu le 9 juillet 2014 (Coup de Coeur )
Film de Rémi Bezançon: avec Jacques Gamblin, Zabou Breitman, Déborah François, Marc -André Girondin, Pio Marmai... (2008)
Que dire... Je reste sans voix (et sans mot pour le
coup) devant cette petite pépite. Ce film est un pur joyau qu'il
faut conserver le plus longtemps possible.
Il y avait longtemps qu'un film ne m'avait pas autant
fait vibrer et chamboulé le cœur, et fait vivre autant d'émotion :
je suis passé du rire aux larmes d'un instant sur l'autre.
Tous les acteurs sont justes, au diapason (jusqu'au plus
petit rôle). C'est drôle, triste, subtil, émouvant...C'est la vie
simplement...Notre vie.
Pendant 1h50, j'ai eu l'impression d'être un membre de
la famille Duval. Un petit frère qui regarde le film de la vie de
ses proches.
J'ai aimé la construction du film : choisir 5
instantanés de la vie, correspondant à 5 jours importants de chaque
membre de cette famille. J'ai aimé la poésie des dialogues, mais
aussi des images (la scène de « la lecture du journal intime
de Fleur par sa mère »), la scène ou Fleur perd sa petite
fleur (je sais c'est nul mais il fallait que je la fasse).
J'ai tout aimé dans ce film et je n'arrive pas à
mettre des mots sur mon ressenti. En fait, je suis encore dans le
film, un peu dévasté il est vrai. J'ai le cœur gros et je n'avais
pas envie de les quitter. Je pense que ce film me marquera pour
longtemps et fera partie des films importants de ma vie.
Un autre point important qui m'a fait kiffer : la
Bande son du film. Les chansons sont toutes géniales. Une BO qui
risque de rejoindre mon petit chez-moi (c'est souvent ça quand un
film m'a touché).
En fait, c'est difficile de parler de ce film. C'est un
film qui se vit, car ce film, c'est LA vie.
Un vrai coup de cœur pour ce film qui voit débuter le
premier jour du reste de ma vie.
61) Vu le 10 juillet 2014 (TV)
Film de Jean-Pierre Meville: avec Lino Ventura, Simone Signoret, Paul Meurisse, Jean-Pierre Cassel... (1969)
Il est plaisant quelquefois de regarder un "vieux
film".
Quand j'ai vu que France3 rediffusait « L'armée
des ombres », je n'ai pas hésité un instant à me plonger
dans ce monument du patrimoine du cinéma français.
Qu'est ce que ça fait du bien de prendre le temps de
poser une histoire, de se laisser bercer par la lenteur du film.
Ce qui était important, à l'époque dans un film, c'était les
silences. Celui ci n'en manque pas et cela permet au spectateur de se
focaliser sur les visages, les expressions et les sons extérieurs
qui ne sont pas parasités par la musique (à notre époque, les
réalisateurs se croient obligé de mettre une musique drôle ou
dramatique pour mettre l'accent sur une action quelconque. Belle
erreur!).
Ce qui a retenu mon attention, ce sont la performance
des acteurs, de Lino Ventura à Paul Meurisse, en passant par
Jean-Pierre Cassel ou Simone Signoret. Quelle époque, mon dieu, mais
quelle époque : l'époque des grands acteurs/actrices, qui
n'avaient pas besoin d'être des gravures de modes, mais d'avoir une
« gueule ». Tout passait dans le regard et le jeu sobre
des acteurs, et surtout celui de Lino Ventura, qui n'a pas besoin
d'en faire des tonnes pour impressionner.
Surtout, ce grand film de Melville (l'un de nos plus
grands réalisateurs français) est un superbe hommage aux
résistants, et il le filme de manière sobre, digne et touchante.
Alors bien sûr ne vous attendez pas à un film d'action où ça
pétarade dans tous les sens., vous seriez déçu.
Petite anecdote : en voyant Serge Reggiani
apparaître dans le rôle d'un barbier, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à sa chanson Le Barbier de Belleville, qu'il chantera 8 ans plus tard.
Un film magistral qui fait partie de notre patrimoine
cinématographique et dont on doit être fier. Un chef-d'oeuvre
comme il n'en existe plus de nos jours.
Voilà pour ce dix-huitième rendez-vous du Kestavu au ciné cette semaine?
Pour ce 2e rendez-vous de la saison 2 de Clip Clap, j'ai choisi le clip très stylé de Madonna, Vogue, pour son élégance. Je trouve ce noir et-blanc très raffiné. Puis, c'est aussi l'une des chansons phares de Madonna (la superbe période des années 80) qui accumule les noms de stars comme Dean, Monroe, Fred Astaire.
Mais, il y a une autre raison qui m'a fait choisir ce clip: son réalisateur. Quand il signe la réalisation de ce clip, il n'est pas encore le grand réalisateur que l'on connait et qui va nous offrir des films importants comme Seven, Fight Club, Zodiac,Benjamin Button..
Oui, le génial David Fincher a signé ce clip de toute beauté, et qui met de très belle façon, la grande Madonna en lumière. (et ce ne sera pas son seul passage dans le clip vidéo. Il en signera bien d'autres).
En 1999, Moos chantait une love story à sa belle disparue.
Moos: Au nom de la rose (1999)
En 1998, le Toulousain Moos sort le single Qui me donnera des ailes et l'album Le Crabe est érotique dont le titre comme la musique surprennent agréablement. L'année suivante, un cap est franchi avec la parution d'Au nom de la rose, dont le sample est tiré de la bande originale de Bilitis de Francis Lai. Une mélodie bien connue et des textes suggestifs conduisent ce titre à un succès inattendu: il reste, en effet, 9 semaines en tête des ventes de singles! (Source: Fascicule "Au Cœur des Slows n°2", Universal Collections)
Les vacances étant là, je visionne quasiment un film par jour. Il est donc préférable de revenir à une publication hebdomadaire du rendez-vous du "Kestavu".
Voici le petit rendez-vous cinéma où je parle des films vu en DVD (principalement), à la télé (très rarement) où au ciné (encore plus rarement) cette semaine. 53/ Vu le 2 juillet 2014
Film de James Mangold: avec Russel Crowe, Chrstian Bale, Peter Fonda, Gretchen Mol... (2008)
Remake d'un western de 1957, « 3h10 pour Yuma »
n'est pas un film transcendant, il faut bien l'avouer. Ce n'est pas
une daube non plus. C'est ce que j’appellerai un entre-deux. Ni très
bon, ni très mauvais. C'est un western qui se laisse regarder, où
les acteurs se débrouillent pas trop mal, Russell Crowe, en tête.
Mais, bon, ce n'est pas un grand film. Je me demande même si ce
remake était bien nécessaire (en même temps, je ne peux pas
comparer, n'ayant pas vu l'original d'il y a 50 ans). A croire que
les huiles d'Hollywood n'ont plus d'idée et vont piocher dans les
vieux films pour les refaire à la sauce « moderne ». Ou
serait ce dû au fait que l'Américain moyen ne veut pas faire
l'effort de regarder un vieux film (tout comme il ne veut pas voir de
films étrangers car sous -titrés, donc ils préfèrent faire des
remakes de films étrangers sans saveur). Tiens, le voilà le mot qui
résumé tout. Ce film est un bon divertissement, mais qui
malheureusement manque de saveur pour être « dégusté »
comme il se doit.
Un bon divertissement, sans plus.
54/ Vu le 3 juillet 2014
Film de Michel Hazanavicius: avec Jean Dujardin, Bérénice Béjo, John Goodman, James Cromwell... (2011)
Avec dix métros de retard, j'ai enfin vu le film qui
avait fait tant parler de lui lors de sa sortie en 2011. Il faut dire
que c'était culotté de proposer un film entièrement muet, et de
plus, en noir et blanc. A l'époque de la 3D, de la HD et surtout du
son, c'était impensable que ça marche. Et pourtant...
Pourtant...j'ai aimé ce film. C'est un petit bijou de
nostalgie pour un cinéma disparu, une époque révolue et un bel
hommage au cinéma hollywoodien. Pourtant, ce film est bien
français ! Que ce soit un réalisateur français qui décide de
faire un hommage au cinéma hollywoodien, c'est un peu fort de café,
je trouve.
Au début, je dois vous avouer que j'ai été
déstabilisé, n'ayant pas l'habitude des films muets (j'en avais
déjà vu certains comme des Chaplin ou un Hitchcock, qui m'avaient
beaucoup plu), mais je me suis laissé emporter et prendre par
l'histoire. J'ai été ému quelquefois, en voyant la déchéance de
George Valentin, devant certaines scènes également comme celle ou
Peppy Miller (admirablement interprétée par Bérénice Béjo) met
sa main dans la veste de George Valentin, et se laisse enlacer par
elle.
Mais la scène qui m'a le plus enthousiasmé est celle
du rêve de George Valentin, quand celui ci entend tous les sons
(comme le spectateur) et qu'aucun son ne sort de sa bouche. Puis la fin
du film quand on passe du muet au parlant. (ce qui est un peu
l'histoire du film en même temps).
Jean Dujardin a bien mérité son oscar : il
interprète ce personnage avec une telle justesse, qui nous montre
une telle palette de jeu qu'il en est époustouflant. Chaque acteur
trouve , un jour ou l'autre dans sa carrière, le rôle de sa vie.
Pour Jean Dujardin, ce sera George Valentin. Car c'est celui qui a
changé sa vie. (Même s'il en aura d'autres (je le lui souhaite, ils n'auront pas le
même impact que celui-ci).
Voilà un film qui était un pari fou et qui est devenu
réalité. Il restera un petit bijou du cinéma...franco-américain.
55/ Vu le 4 juillet 2014
Film d'Alfred Hitchcock: avec Ingrid Bergman, Joseph CottenMichael Willding, Margaret Leighton...(1949)
Un bon Hitchcock, qui n'aura pas su complètement me satisfaire.
Film de Robert de Niro: avec Matt Damon, Angelina Jolie, Robert de Niro, John Turturo... (2007)
2e film de Robert de Niro, en tant que réalisateur,
« Raisons d'état » est un bon film sur l'univers de
l'espionnage (et de la CIA en particulier). Très méticuleux dans la
recherche de la vérité historique (un comble quand on sait que dans
ce monde là, le mensonge est roi), c'est un film qui a un certain
côté captivant...ce qui n'empêche pas le film de souffrir quelques
longueurs (en même temps un film de 2h40 ne peut pas échapper à
cela, même s'il couvre une vingtaine d'années).
Il y a quelques années, j'avais essayé de le regarder,
mais j'avais arrêté au bout d'une trentaine de minutes. Je trouvais
qu'il ne se passait rien et que je m'ennuyais sévère.
En fait, je pense que je m'attendais à un film palpitant, rempli
d'action, qui allait m'ouvrir les portes de ce monde secret de l’espionnage. Parmi mes attentes, une seule s'est avérée vraie :
le monde secret qui m'a ouvert sa porte.
Sachant cela, cette fois ci, je suis entré plus
facilement dans le film, même si celui-ci n'est pas si évident.
Malgré les couleurs chaudes utilisées à l'écran : les
couleurs rouges, oranges sont très présentes, j’ai trouvé ce film extrêmement froid et impersonnel. En fait, il ne fait rien pour nous
faciliter l'entrée. En tant que spectateur, je suis souvent resté à
la porte, sans me sentir concerné ou impliqué pour les personnages.
Ce film nous démontre tout de même que la CIA est un
univers à part, et surtout qu'on fait de ces agents des robots. En tout cas, Edward Wilson est un être froid, inexpressif (Matt Damon
correspond d'ailleurs parfaitement au personnage) et qui ne montre
aucunement ses sentiments. Pourtant, en le regardant se démener pour
son fils et son bonheur, j'avais un peu d'espoir de changement. J'ai
vite déchanté (d'ailleurs la « scène de l'avion », est
celle qui m'a le plus choqué. Je n'en revenais pas.) C'est là où
je me suis détaché complètement du film, ce dernier n'ayant aucune
morale. C'est désolant !
Au final, un film intéressant sur le monde fermé de la
CIA qu'il nous fait découvrir, mais que j'ai trouvé trop froid pour
pouvoir y adhérer complètement.
57/ Vu le 6 juillet 2014
Film de Justin Chadwick: avec Natalie Portman, Scarlett Johansson, Eric Bana, Jimm Sturgess... (2008)
Adaptation cinématographique du roman de Philippa
Gregory « The other Boleyn girl », est un film historique
de belle facture, quoique classique. Il revient sur le destin d'Ann
Boleyn, 2e femme du roi Henry VIII (celle qui fit que les anglais
devinrent anglican en se détachant du pape, afin qu'Henry VIII puisse divorcer de Catherine d'Aragon, sa première femme pour épouser
Ann). Ce film nous présente surtout l'autre fille Boleyn, Mary,
celle qui, d'après l'auteur du roman, fut la maîtresse du roi, et
celle qui lui donna un fils, qu'il ne reconnu pas, à cause de sa
sœur.
J'ai vu ce film, une première fois au cinéma et
j'avais beaucoup aimé. J'aime les grandes fresques historiques comme
celles ci. J'avais trouvé que le trio d'acteurs se débrouillait à
merveille (Scarlett Johanssen, qui fut ma préférée, Natalie
Portman et Eric Bana).
Pour ce 2e visionnage, mon avis à légèrement changé :
même si j'aime toujours ce film, je trouve qu'il tourne beaucoup
trop autour des coucheries du roi et ne se focalise pas assez sur les
autres intrigues de cour (mais bon, la série « Les Tudors »
(qui démarra un ou deux ans après le film), n'était pas encore
passé par là).
J'ai redécouvert Natalie Portman dans ce film et celle
ci à ma préférence, par rapport à Scarlett Johanssen que j'ai
trouvé plus effacée (en même temps, c'est un peu son rôle,
j'avoue). Natalie Portman apporte une palette d'expression et
d'émotion à son personnage, passant de la femme enfant gâtée, à
la femme séductrice, forte puis fragile et démunie devant la mort.
(Sa fin fut d'ailleurs un bouleversement bizarrement comme si je m'étais attaché à elle, malgré ses calculs). Pour ce qui est d'Eric
Bana, je le trouve charismatique dans le rôle d'Henry VIII, lui
donnant une stature imposante, mais malheureusement, peu flamboyante
(là aussi Jonathan Rhys Meyer est passé par là).
Puis, cette fois ci, j'ai fait plus attention aux petits
rôles que la première fois (de Kristin Scott Thomas qui n'a plus
rien à prouver, en passant par David Morissey, dans un rôle d'homme
calculateur à sa mesure, sans oublier Jim Sturgess, (qui est l'un de
mes acteurs chouchous depuis que je l'ai vu dans « Las Vegas
21 ») qui nous offre un bon George Boleyn... et surtout Benedict
Cumberbatch (peu connu à l'époque, « Sherlock »,
n'étant pas encore là pour le faire "exploser") dans un petit rôle
(celui du mari de Mary). Il est parfois de bon ton de remarquer ces
petits rôles car un jour, ce sont eux qui sont en haut de l'affiche.
Au final, un bon film historique, qui m'a encore fait
passer un très bon moment. J'ai aimé retrouver ce film que j'avais
beaucoup apprécié en salle à sa sortie. Il ne me reste plus
maintenant qu'à découvrir le roman ainsi que ses prequels et ses
suites.
Voilà pour ce dix-septième rendez-vous du Kestavu au ciné cette semaine?
4e de couverture:Frieda Wroth rêve de devenir écrivain. Jeune diplômée, elle devient la dactylographe personnelle de Henry James. Romans, correspondance privée : Frieda retranscrit chaque mot dicté entre de longs silences… Si peu pour son ambition ! Quand le beau Morton Fullerton, ami de Mr James, s’immisce dans leur quotidien studieux, Frieda, sage mais audacieuse, quitte sa vie rangée et découvre l’art de la duperie.
J'ai connu l'écriture de Michiel Heyns avec son premier roman Jours d'enfance, que j'avais beaucoup apprécié.
Ce fut un vrai plaisir de retrouver son écriture, même si j'ai trouvé celle ci différente de son premier roman. Il se dégage un côté anglais dans l'écriture de Michiel Heyns, une sorte de raffinement qui se marie bien avec la campagne anglaise. Car oui, ce roman ne se déroule pas en Afrique du Sud mais en Angleterre chez un certain Mr James.
Le Mr James en question n'est autre que le fameux écrivain Henry James. Je trouve toujours intéressant quand un roman nous propose comme personnages des personnes ayant existé et plus particulièrement des écrivains. L'auteur nous embarque dans l'univers de celui ci et nous montre son travail et son environnement. Ce roman ne déroge pas à la règle et ce fut intéressant de découvrir qui était Henry James et comment il "travaillait" ses romans.
Mais, comme l'indique le titre, le héros de ce roman n'est pas Mr James, mais sa dactylographe, Frieda: une jeune femme indépendante qui cherche du piment dans sa vie et qui va prendre cette chance de travailler pour Mr James comme une ascension sociale, Sauf qu'elle va vite déchanter et trouver sa vie bien ennuyeuse en ne tapant que sous la dictée de Mr James, les romans qui émerge de son cerveau. Pourtant, un jour, un certain Mr Fullerton débarque à Rye, chez le célèbre écrivain et va chambouler la vie de la jeune dactylographe.
Pour être honnête, je ressors mitigé de ce roman. J'ai trouvé les passages sur Mr James très intéressant, j'ai aimé retrouvé l'ambiance anglaise qui me plait tant dans les romans anglais, j'ai trouvé l'écriture de Michiel Heyns par moment très sophistiqué, retrouvant une écriture très début XXe siècle, comme pour se fondre dans celle de James (il faut d'ailleurs saluer la traduction de Françoise Adlestain qui a réussit à retranscrire cette ambiance et cette écriture). J'ai été captivé par les rapports entre Mr Fullerton et Frieda, trouvant le fil rouge (la recherche des lettres de Fullerton et leur subtilisation par Frieda pour éviter un scandale à la Wilde si ces lettres étaient divulguées au public après la mort de l'écrivain) captivant.
Cependant, j'ai été décontenancé et n'ai pas du tout adhéré au côté spirite du roman (les conversations télépathiques entre Mr Fullerton et Frieda, via la Remington de cette dernière, me semblaient trop farfelues et ne me semblaient pas crédible pour deux sous (pourtant, Michiel Heyns ne s'est pas trompé en les incluant dans le roman puisque c'était la mode du spîritisme à l'époque). Alors que dire de la "conversation spirituelle" entre Frieda et la soeur de Mr James, par delà la mort. Non vraiment, cela m'a semblé tiré par les cheveux et cassait le côté réaliste et historique du roman.
L'autre point qui m'a décontenance fut le portrait que dresse l'auteur d'Edith Wharton: il est vraiment négatif et sans appel: cette femme, héritière, oisive, envahissante et qui s'accapare l'attention de Mr Fullerton et l'hospitalité de Mr James, ne m'a pas vraiment donné une belle image de l'écrivain et ne m'a pas donné envie de me plonger dans ses romans (dont certains traînent dans ma PAL). Heureusement que dans sa note de fin, Michiel Heyns indique que le portrait qu'il fait d'Edith Wharton ne reflète pas la réalité. En même temps, je m'en doutais un peu car, j'avais bien remarqué que ce portrait peu glorieux de l'écrivain était fait par Frieda, elle même, qui voit en cette femme une "rivale". J'ai donc été influencé par Frieda.
Malgré ces petits points dérangeants de ma lecture, j'ai passé un moment agréable avec ce livre: il se dégage une lenteur et un passage des saisons très plaisant et qui nous laisse dans une langueur bienvenue.
Au final, un roman qui sonne très anglais, intéressant du point de vue de Mr James et de son univers très bien retranscrit, qui flotte un peu au milieu, de par son côté ésotérique et spirituque qui m'a laissé sur le bord de la route, pour mieux rebondir par la suite, jusqu'à un final un peu déconcertant mais finalement cohérent avec l'intrigue du roman.
Merci à Marie-Delphine et aux Editions Points pour ce joli voyage sur la côte anglaise.
Michel Heyns: La dactylographe de Mr James, (the Typewriter's Tale), Points, 330 pages, 2012