dimanche 12 novembre 2017

Slow Qui Tue #338: I want to know what love is

Le slow qui tue de la semaine voudrait savoir ce qu'est l'amour.

Foreigner: I want to know what love is



Bonne écoute!


samedi 11 novembre 2017

Au revoir là-haut

4e de couverture: Rescapés du premier conflit mondial, détruits par une guerre vaine et barbare, Albert et Edouard comprennent rapidement que le pays ne pourra rien faire pour eux. Car la France, qui glorifie ses morts, est impuissante à aider les survivants. 
Abandonnés, condamnés à l'exclusion, les deux amis refusent pourtant de céder à l'amertume et au découragement. Défiant la société, l'Etat et la morale patriotique, ils imaginent une arnaque d'envergue nationale, d'une audace inouïe et d'un cynisme absolu. 

En ce jour de commémoration de la première guerre mondiale, j'ai eu envie de lire un roman se passant à cette période dramatique. 
C'est ainsi que j"ai lu, Au revoir, là-haut, l'un des grands romans de Pierre Lemaitre. Mon choix s'est porté sur ce roman pour d'autres raisons: son adaptation ciné est sortie il y a quelques semaines, et la sortie prochaine d'un 2e tome (pour la rentrée de janvier 2018) m'a incité à le sortir de ma PAL.

Quel livre que ce roman. Dès les premières pages, j'ai été happé dans ce champ d'horreur: les premières pages nous embarquent tellement dans l'action qu'on ne peut plus le lâcher. Cela se ressent que l'auteur est un habitué du polar: son style est fluide, sans temps mort, au suspense insoutenable qui nous fait tourner les pages à une vitesse folle.
Il sait aussi camper des personnages forts, puissants dans leur caractères et leur physionomie. J'ai beaucoup aimé Albert, un jeune homme calme, un peu paumé mais toujours prêt à rendre service (ce qu'il fait pour Eugène est très beau et sans arrière pensée), Eugène est lui un être complexe que j'ai eu du mal à cerné au départ, ne comprenant pas son refus de retrouver visage humain et goût à la vie. Son passé, que l'auteur éclaire au fil de la lecture, explique son geste et c'est ainsi que j'ai pu également l'apprécier et comprendre ses intentions.
Henry d'Aulnay Pradelle est l'archétype même du  salaud, arrogant, arriviste, qui ne pense qu'à sa carrière et aux honneurs, et que j'ai détesté dès sa première apparition. Son mariage avec Madeleine Péricourt, est simplement un mariage qui l'arrange pour faire fortune. L'amour n'ayant pas lieu d'être là dedans.
Les Péricourt pères et fille sont des petite bourgeois qui essayent tant bien que mal de combler le vide laissé par leur fils et frère Edouard, mort à la guerre. J'ai été souvent touché par le destin de ces deux personnages (la peine de M. Péricourt qui n'a pas su aimer son fils parce qu'il était trop différent et qui regrette d'être passé à côté, maintenant qu'il est mort, m'a beaucoup ému.

Tous ces personnages servent une intrigue menée au cordeau et sans temps mort qui va crescendo pour finir en apothéose. On sent que Pierre Lemaitre est un auteur qui vient du  polar: il sait ménager son suspense, ses effets et on se sent happé et pris au piège de cette intrigue menée tambour battant.

J'ai tout simplement adoré l'histoire, les personnages: l'auteur nous parle en plus de l'immédiate après-guerre en se focalisant sur les monuments aux morts érigés en mémoire des soldats morts et disparus (et sur lesquels certaines personnes vont se recueillir aujourd'hui): un point de vue des plus originale pour nous parler de la premières guerre mondiale et de ses conséquences.
Ayant peur de trop en dévoiler (même si c'est un roman contemporain, les intrigues s'apparentent à du polar, ce serait donc sacrilège que de la déflorer et d'ainsi gâcher la lecture), je ne vais pas trop vous en dire. Juste dire que le roman se tient jusqu'à son final qui m'a laissé pantois, car tout se rejoint. L'auteur donne même un point final à tous ces personnages dans un épilogue qui conclut le livre de fort belle manière.
Et justement, en lisant cet épilogue qui nous raconte le destin des personnages importants du livre comme Albert, Pradelle, M. Péricourt, Madeleine et d'autres, on s'aperçoit que l'auteur n'avait pas prévu de suite. Je suis donc encore plus curieux de savoir comment l'auteur va rebondir avec le 2e volet, à paraître à la rentrée de Janvier.

Au final, un roman passionnant, addictif, et bien mené,et qui vous prend aux tripes avec, dès le début une scène choc. Un roman que je vous encourage à lire, si ce n'est pas déjà fait. Pour ma part, j'ai bien envie de voir l'adaptation qu'en a faite Albert Dupontel, au cinéma...et je suis déjà partant et curieux de lire le 2e volet, qui s'intitulera "Couleur de l'incendie" et qui sortira le 3 janvier 2018, aux Editions Albin Michel.

Pierre Lemaitre: Au revoir,là-haut, Le Livre de poche, 620 pages, 2013


mercredi 8 novembre 2017

La Discothèque du 20e siècle #242

En 1968, Brigitte Bardot connaissait un autre succès musical grâce à Serge Gainsbourg et à une moto.

Brigitte Bardot: Harley Davidson (1968)


Appelée à la rescousse pour sauver un "Show Bardot" en cours de tournage mais manquant cruellement de nouvelles chansons excitantes, Gainsbourg se rend en octobre 1967 chez Brigitte et lui joue au piano Harley Davidson. N'ayant aucune attirance particulière pour la moto, comme elle le raconte dans son autobiographie (Intiales B.B. Grasset, 1997), Bardot lui exprime ses doutes; il lui rétorque que ça ne l'empêche pas d'en parler à sa façon. Une fois B.B. convaincue, ils se retrouvent le 19 octobre 1967, au studio Hoche, pour l'enregistrement de la chanson sous la direction de Michel Colombier, aboutissant au standard que l'on sait! (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1968", Polygram Direct)

Bonne écoute!


dimanche 5 novembre 2017

Mort à Florence

4e de couverture: Novembre 1966. Giacomo, treize ans, disparaît à la sortie du collège. Faute d’indice, le commissaire Bordelli s’accroche à une mince piste qui le mènera parmi des nostalgiques du fascisme et de Mussolini. Plus que jamais
hanté par la guerre, il affiche une humeur aussi noire que le ciel qui surplombe alors Florence. Rien ne le soulage, ni ses amis, ni son jeune bras droit Piras, ni les plats succulents de Toto, ni même la jolie jeune femme brune dont il fait la connaissance.
Quelques jours plus tard, sous l’effet des pluies torrentielles, l’Arno déborde et déverse dans les rues des flots de boue qui paralysent la ville. C’est l’occasion de découvrir un portrait sombre et inédit de la cité toscane où se démène un Bordelli désabusé, mais bien décidé à découvrir la vérité. Cet opus a remporté en 2009 le prix Scerbanenco, la plus haute récompense du polar italien.


3e enquête du commissaire Bordelli, à paraître en France, ce Mort à Florence est un roman policier à l'ambiance italienne assurée, mais avec une pointe de sordide en ce qui concerne le meurtre. 

Honnêtement, je ne m'attendais pas à lire un roman policier comme celui ci, en ouvrant le livre. C'est vrai, c'est un polar, mais l'enquête m'a paru secondaire, dans le sens où il ne faut pas s'attendre à des révélations à toutes les pages. Les suspects du meurtre de ce petit garçon, Giacomo, sont vite connu et l'enquête n'avance pas des masses. 
On est alors dans un polar plus d'ambiance que dans l'action pure. 

Mort à Florence est un roman policier qui prend le temps d'installer son intrigue. Il se dégage d'ailleurs une certaine lenteur dans le roman, à l'instar du commissaire Bordelli dont on suit les pensées et les cheminements, tout au long de son enquête, qui piétine. 
Bizarrement, cette lenteur n'est pas gênante, au point même que je ne l'ai pas ressenti car les pages se tournaient vite...surtout au moment de l'inondation de la ville de Florence, qui a été le déclencheur pour moi, de ne pas lâcher ce roman avant d'avoir eu l'explication du meurtre. Explication qui se met en place doucement, mais où toutes les pièces s'imbriquent...sans pour autant que la solution soit facile à mettre en place. 

J'ai aimé l'ambiance de ce roman qui nous emporte dans la ville de Florence, en pleine inondation, qui eue réellement lieue en 1966, date de l'action du roman. Bordelli est un flic de la vieille école, en fin de carrière, qui a connu la guerre (encore très présente à son esprit et qui va aussi être liée à l'enquête qu'il mène). J'ai trouvé cette partie sur le fascisme et la guerre au temps de Mussolini très intéressante, car je connais très peu, voire pas du tout la 2nde guerre mondiale du point de vue italien. 

J'ai trouvé aussi très intéressant la manière dont la police est montrée et l'enquête menée: entre le commissaire divisionnaire, mettant la pression à Bordelli et ses collègues pour résoudre l'enquête de ce petit garçon, fils d'avocat, retrouvé mort dans les bois, la recherche d'indices sur le lieu du crime, les filatures des suspects et l'attente...toujours l'attente. J'ai trouvé cela très cohérent et réaliste. Je pense qu'une enquête de police se déroule plus comme cela dans la réalité. Ce fut très appréciable. 

Le crime est sordide, mais sa résolution l'est encore plus, car je l'ai trouvé injuste...mais elle ne manque pas de suspense, ce qui nous tient en haleine jusqu'à la fin. 
La vie du commissaire n'est pas des plus réjouissantes non plus, même si un rayon de soleil vient l'illuminer en la personne d'Eleonora, une jeune vendeuse que Brodelli rencontre lors de son enquête. 

La ville de Florence est très présente (c'est impressionnant le nombre de rues évoquées dans le livre) et elle est un des personnages du livre. J'aime bien quand l'auteur nous fait voyager dans la ville où se passe l'intrigue, en nous la faisant découvrir. 

Voilà un roman policier italien, qui prend le temps de mener son enquête et que je retiendrai plus pour l'ambiance qu'il installe que pour son intrigue policière, même si celle ci est en définitive bien menée et réserve son lot de surprises. Il se lit avec plaisir et on a envie de savoir comment va se conclure l'affaire de ce petit garçon Giacomo, retrouvé mort dans les bois. La littérature italienne m'a ravi, une fois encore. 

Merci aux Editions Philippe Rey  pour cette nouvelle découverte italienne.

Marco Vichi: Mort à Florence (Morte a Firenze), Philippe Rey/Noir, 399 pages, 2017



Slow Qui Tue #337:La Taille de ton amour

Le slow qui tue de la semaine voudrait savoir à quel point elle est aimée.

Jane Fostin: La Taille de ton amour



Bonne écoute!


mercredi 1 novembre 2017

Un été près du lac

4e de couverture: Plein de suspense et d'émotion, un drame familial à l'atmosphère digne de Daphné du Maurier, pour décrire le poids de la culpabilité, la jalousie entre soeurs et la folie de l'amour.
À la mort de sa grand-tante Lucy, Justine, trentenaire mère de deux fillettes, hérite d'un vieux chalet familial, niché sur les bords d'un lac du Minnesota. Pour la jeune femme, ce legs est un don du ciel, une chance unique de fuir San Diego et les accès de colère de son fiancé.
Mais, alors que Justine prend possession des lieux, elle est rapidement happée par l'ambiance étrange de cette bâtisse : ici, le temps s'est arrêté en 1935. Des objets, des photos, des vêtements, tout rappelle cette petite fille disparue à l'âge de six ans, Emily.
Et bientôt, Justine découvre le journal de sa grand-tante Lucy, ainsi que la terrible histoire d'une famille détruite par les drames...

Que s'est-il passé ce matin de l'été 1935 ? Que savait Lucy de la disparition de sa petite soeur ? Et si c'était à elle, Justine, de trouver la vérité pour libérer les siens d'un secret vieux de soixante ans ? 

Un été près du lac avait tout pour me plaire: un été dans une petite bourgade américaine, près d'un lac, les années 30, 40., des secrets de famille, des personnages de filles fortes et fragiles en même temps. Il était clairement fait pour moi! 

Malheureusement, malgré un début des plus palpitants qui augurait une belle lecture, je n'ai pas complètement adhéré à cette histoire. Bon, je pense que l'avoir lu une semaine où j'avais peu le temps de lire, pris entre le boulot et mes activités artistiques (j'ai passé le week-end dernier sur scène, dans une pièce de théâtre formidable,  où j'ai une petite participation), n'ont pas aidé à me plonger dans ce livre. 

Cependant, ces activités annexes ne sont pas les seules en cause. Je pense que la construction du roman n'a pas aidé à mon ressenti. En effet, le livre alterne deux points de vue de l'histoire (encore, je dirai car c'est devenu monnaie courante, ces dernières années), celui de Lucy, une vieille femme qui écrit dans un carnet ce qui s'est déroulé ce fameux été 1935, pour le donner à sa petite nièce Justine, afin qu'un secret qui l'étouffe depuis soixante ans, soit enfin libéré; et celui de Justine, dans le présent, qui décide de déménager avec ses deux filles et de quitter son petit ami Patrick,après un cambriolage, et surtout l'héritage qu'elle vient de recevoir de la part de sa grand tante Lucy qui vient de décéder, en lui laissant une petite fortune et la maison près du lac. 

C'est là où le bas blesse pour moi, car, autant j'ai apprécié les parties de Lucy, qui nous raconte donc son fameux été où elle était une jeune adolescente, avec ses deux soeurs Lilith et Emily, qui conduira à un drame, qui nous plonge dans l'ambiance de ces années là et où l'on fait la connaissance de plusieurs personnages comme les parents de Lucy, Les Miller (Mathhew et Abe en tête, qui vont être proches de Lucy et Lilith), les Llyod, une famille riche qui ont également une maison près du lac. Tout ça m'a plu, et j'en redemandais. Mais malheureusement pour moi, cela était coupé par les chapitres de Justine qui ne m'ont pas plus intéressé que ça. La faute à un début un peu étrange: la scène du cambriolage que j'ai trouvé brouillonne et incompréhensible, même si j'ai compris par la suite. Puis, surtout, cette partie du présent nous  en révèle trop sur le passé, et vient donc gâcher ce qu'est en train de raconter Lucy dans son carnet. Bien avant la 100e page, nous savons qu'un drame va se produire concernant l'une des trois soeurs. ce qui fait que l'intérêt de lire les parties de Lucy commençaient à s'émousser et je ne revenais plus au roman avec avidité. 

Pour ma part, je pense que l'alternance des histoires (celle de Lucy racontée à la 1ere personne et celle de Justine, à la 3e personne) fut une erreur. Alors, je sais bien que c'est pour garder un certain suspense (suspense que j'ai  deviné tout de même sachant dès le début qu'un drame interviendrait). Si l'histoire avait été écrit de manière chronologique en deux parties bien distinctes (en gardant pour un épilogue, les dernières révélations du drame): tout d'abord l'histoire de Lucy et ensuite celle de Justine, j'aurai plus adhéré à l'histoire car les révélations n'auraient pas été dévoilées dès le début, mais au fil de la lecture. 

En soit, cela aurait pu être un bon roman (et il l'est pour les chapitres concernant Lucy) si sa construction avait été tout autre. 

Au final, un roman pour lequel je n'ai eu qu'un petit intérêt, grâce aux parties de Lucy, mais qui a été gâché, par une semaine chargée, je l'avoue, et par la construction du roman inadéquat car il fait perdre de l'intérêt au fil de la lecture. C'est dommage car ce roman était fort prometteur. 

Merci aux Editions Belfond de m'avoir permis de prolonger l'été, même s'il n'a pas comblé toute mes attentes.

Heather Young: Un été près du lac, (The Lost Girls), Belfond, collection "Le Cercle", 380 pages, 2017


La Discothèque du 20e siècle #241

En 1967, Johnny Hallyday adapte en français ce succès de Jimi Hendrix.

Johnny Hallyday: Hey Joe (1967)


En septembre 1966, Johnny repère à Londres dans un petit club enfumé, un guitariste noir américain absolument étonnant. Il l'invite à faire la première partie de son spectacle à l'Olympia en octobre. Son nom: Jimi Hendrix. A son répertoire figure une version fulgurante d'un classique de la chanson folk, Hey Joe. En décembre, le morceau figure en face A de son tout premier 45 tours, publié en Angleterre, et c'est un hit. En mars, Johnny en propose sa propre lecture. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1967", Polygram Direct)

Bonne écoute!