vendredi 28 juillet 2017

Registre des morts

4e de couverture: À la morgue, tous les décès sont consignés au Registre des morts. Ce livre va bientôt revêtir une signification différente pour Kay Scarpetta. Lorsqu’elle s’installe à Charleston, en Caroline-du-Sud, pour y ouvrir, avec sa nièce Lucy et Pete Marino, un cabinet de médecine légale, elle pense commencer une nouvelle vie. Mais très vite, elle entre en conflit avec des politiciens locaux, et on cherche visiblement à saboter son projet. C’est alors que va se produire une série de morts violentes : un meurtre rituel, un enfant victime de sévices, une joueuse de tennis retrouvée mutilée à Rome, sans autre lien entre ces affaires qu’une certaine patiente d’un prestigieux hôpital psychiatrique de Nouvelle-Angleterre. D’autres noms vont s’ajouter au Registre des morts, peut-être même celui de Kay…

En commençant une enquête de Scarpetta, j'ai toujours cette impression qu'il va me falloir quelque temps pour raccrocher les wagons, avec les tomes précédents. 
Ce qui a surtout été flagrant dans ce tome ci, c'est que j'ai constaté que je ne gardais aucun souvenir de Sans Raison, la précédente enquête de Scarpetta, que j'ai lu l'année dernière...ce qui n'est pas bon signe. En fait, vite lu, vite oublié. 
Mais là, j'avais l'impression d'avoir manqué quelques épisodes car je n'arrivais pas à comprendre l'animosité du Dr Self (personnage rencontré dans le tome précédent des enquêtes) envers Scarpetta, après un procès dont elle était l'accusée et Scarpetta la témoin. Kesaco? me suis je dit. En fait, cela s'explique par le fait que ce procès n'a pas été mentionné dans le tome précédent puisqu'il s'est passé deux ans entre "Sans Raison" et ce "Registre des morts". Donc, ce procès s'est déroulée durant l'année écoulée entre les deux tomes. 

Je crois pouvoir dire que ce tome là est celui que j'ai détesté le plus, qui m'a fait pousser des soupirs d'exaspération devant tous les termes techniques, scientifiques dont l'auteure abreuve ces livres. Cela en devient indigeste et rend la lecture très difficile. 
Surtout, je pense que ce livre ne peut être lu que par les fans de la série, car il est très centrée sur la vie personnelle et les états d'âme de Scarpetta, Benton, Lucy et Marino, et qu'il est fait mention de plusieurs éléments des tomes précédents, comme la prétendue mort de Benton. 
En fait, j'ai eu l'impression de ne pas reconnaître les personnages que j'ai aimé jadis: Scarpetta est toujours aussi insensible, Benton, toujours aussi distant, Lucy est arrogante et Marino pète complètement un câble. Les autres personnages sont tous antipathiques, que ce soit Shandy, la nouvelle copine de Marino ou le Dr Self, cette psychaitre, imbu d'elle même et complètement psychotique. Comme quoi, les malades ne sont pas ceux que l'on croit. En fait le seul personnage que j'ai aimé retrouver, c'est Rose, la secrétaire de Scarpetta, mais son destin n'est pas des plus joyeux, dans ce tome là. 

De plus, l'enquête est complexe au possible et confuse, à tel point que je m'y suis souvent perdu...et le tueur n'est pas si extraordinaire pour retenir l'attention: un ancien militaire qui est revenu d'Irak complètement fou. Ouais...le sujet pouvait être intéressant (le traumatisme de la guerre et le retour à la vie civile) mais l'auteure préfère se perdre dans la vie personnelle de Scarpetta au lieu de construire une vrai psychologie à son tueur. 
Il y a surtout une scène qui m'a vraiment choqué et qui concerne Scarpetta et Marino. En la lisant, j'ai été écoeuré et je me suis dis que l'auteure avait atteint le point de non retour. Comment veut elle que la série continue après cette scène là. Pour moi, c'est à ce moment là que le personnage de Marino est "mort" et son retour sera des plus difficiles. 

La fin ne sauve même pas le reste et les révélations faites à propos du tueur et de ses liens avec le Dr Self m'ont laissé de marbre. Puis, comme d'habitude, la fin est bâclée et vite expédiée, et sur le même schéma que les autres tomes (efin les derniers avant celui ci). 
Je n'arrive pas comprendre comment la série à pu en arriver là. C'était une série brillante et excellente et les 8 premiers tomes m'ont laissé pantois, avec un rythme soutenu, des tueurs emblématiques (comme Temple Gault par exemple ou Carrie Grethen, la "nemesis" de Scarpetta), qui au fil du temps, est devenue longue, ennuyeuse, avec des personnages devenus tous antipathiques et des fins de plus en plus bâclées. A se demander si c'est la même auteure qui les écrit. A se demander aussi si l'éditeur lit ses nouveaux manuscrits avant publication car je pense que beaucoup de passages inutiles auraient dû être coupés afin de rendre la lecture plus fluide et addictive. Là, c'est souvent l'ennui, qui a primé. 

Au final, un tome qui m'a fait soupirer d'ennui et d'exaspération, avec une intrigue confuse et complexe qui perd le lecteur, avec des personnages tous antipathiques et énervants (la palme revenant ici à Marino). A se demander s'il ne serait pas temps d'arrêter les frais. On verra si l'année prochaine, je sors le tome 16 de la PAL. A suivre. 

Patricia Cornwell: Registre des morts, (Book of the dead), Le Livre de Poche, 536 pages, 2008


mercredi 26 juillet 2017

La Discothèque du 20e siècle #227

En 1976, Johnny Hallyday chantait un titre qui allait devenir un standard de son répertoire.

Johnny Hallyday: Gabrielle (1976)




Pour annoncer son grand retour à Paris après 5 années d'absence (le fabuleux spectacle "Johnny Hallyday Story" au Palais des Sports), Johnny sort ce 45 tours devenu depuis un classique qu'il n'a jamais cessé de chanter sur scène depuis! Le reste de l'année 1976 est riche de pépites pour Johnny avec également l'album Derrière l'amour et des tubes tels que Joue pas de rock'n'roll pour moi, La Terre promise et Requiem pour un fou. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1976", Polygram Direct)

Bonne écoute!


lundi 24 juillet 2017

Coup de Coeur des Libraires #9: Dans la forêt

4e de couverture: Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’électricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

Considéré comme un véritable choc littéraire aux États-Unis, ce roman sensuel et puissant met en scène deux jeunes femmes qui entraînent le lecteur vers une vie nouvelle.

Lors de mes escapades estivales dans d'autres départements de France que le mien, j'aime aller à la découverte des librairies de la ville que je visite. 
Cette année, mon lieu de villégiature fut la belle ville de Rochefort, en Charentes Maritimes.Et voilà que je découvre une petite librairie de toute beauté, très charmante et chaleureuse, qui a ouvert ses portes il y a 6 mois et qui a pour joli nom:L'arbre à mots.   . Ayant été très bien accueilli par l'une des deux libraires (Catherine, il me semble, mais, c'était peut être Valérie (j'ai oublié de lui demander son prénom, tellement pris par notre discussion), j'ai décidé de lui demander si elle était d'accord pour participer à ma chronique "Coup de Coeur des Libraires". Elle accepta avec un grand sourire et a commencé à fouiller sa mémoire et  la librairie à la recherche d'un livre qui l'avait marqué.

Après une petite hésitation, elle me proposa le roman de Jean Hegland, "Dans la forêt en me parlant de l'histoire de ces deux soeurs qui se retrouvent seules dans une maison isolée, dans un monde a tendance post apocalyptique (l'électricité et l'essence sont épuisés) et en me disant que c'était un fabuleux roman avec une très belle relation fraternelle.

Alors, je dois dire que le hasard à bien fait les choses (bien sûr,  j'accepte tous les romans que me proposent les libraires sans discuter, quitte à ce que ce soit dans un genre qui me dépasse où un auteur qui risque de ne pas me convenir. Mais c'est le but de cette rubrique: sortir des sentiers battus), car j'avais déjà repéré ce roman qui me tentait.

Après lecture, qu'en ai je pensé? J'ai été complètement blufffé. Quel roman! Fa-bu-leux! rien de moins. Je pense que c'est l'un des romans qui risquent de compter en cette année 2017.

L'histoire est juste admirable: Jean Hegland a décidé de parler de la relation entre deux soeurs, en les mettant à l'épreuve dans un monde qui tombe en ruine. Nell et Eva (18 ans et 16 ans) avaient des rêves et des envies: Nell espérait entrer à Harvard avant que le monde vienne à changer, et Eva rêvait de devenir danseuse étoile. Oui, mais voilà que l'essence vient à manquer, l'électricité n'est plus acheminée et les villes commencent à être désertées.Il faut ainsi vivre dans un monde totalement bousculé, sauf que les deux ssoeurs continuent leurs activités: la lecture pour Nell et la danse pour Eva.
En ce qui concerne nos héroïnes, elles perdent leurs parents et se retrouvent donc seules à survivre dans la maison familiale, qui se retrouvent à l'orée d'une forêt, les premiers habitants étant à 6 kilomètres d'ici.

Il y a bien longtemps qu'une écriture ne m'avait pas autant captivée et bousculée dès les premières phrases. Les mots de Nell, la narratrice (et de l'auteure par définition) sont d'une telle beauté qu'on se sent happé par l'ambiance très particulière du lieu.
Jean Hegland nous décrit un monde particulièrement angoissant car tellement proche du nôtre finalement, comme si c'était notre futur que l'auteur racontait. C'est un roman sur la survie,mais surtout sur la relation entre les deux soeurs, qui vont s'aimer, se déchirer, se disputer mais également s'entraider. On entre clairement dans leur intimité et dans un huis clos parfois oppressant mais dans lequel on va se trouver bien ,grâce à Nell et Eva, malgré les menaces qui les entourent.
Malgré le monde angoissant qui nous est décrit, la poésie se trouve à chaque page: la nature se dévoile et surtout, cette forêt avoisinante qui va devenir le 3e personnage important du livre. Elle va progressivement prendre une place primordiale au fil de l'histoire et se dévoiler

J'ai été époustouflé par ce roman: j'ai aimé Nell et la relation parfois conflictuelle mais toujours fraternelle et protectrice qu'elle entretient avec sa soeur Eva. Je me suis retrouvé en elle et je pense que toute personne qui a un frère ou une soeur se reconnaîtra dans cette relation fraternelle.
Alors, il est vrai que c'est un roman que je n'ai pas pu lire d'une traite, car l'écriture, belle et poétique, demande quand même une disponibilité de chaque instant pour pouvoir s'immerger complètement. Il faut donc prendre le temps de le lire pour se laisser embarquer. Mais ensuite, vous aurez du mal à quitter ces deux adolescentes, et elles resteront présentes à vos côtés, même après avoir refermé le livre.
Le petit plus, c'est que la fin m'a complètement retournée: franchement, je ne m'attendais pas à ça et j'ai été soufflé par le destin que se choisissent Nell et Eva. Bouleversant.

Au final, un roman atypique qui me marquera pendant un petit moment. Un roman haletant, qui ménage un certain suspense et un soupçon d'angoisse (une forêt est à la fois accueillante, et malveillante, selon son humeur), avec de purs moments de poésie qui vous transporte. Et une fin bouleversante à laquelle on ne s'attend pas. Un beau roman, sur la fraternité,  sur le retour à la nature et  où l'espoir est probablement au bout du chemin...dans la forêt.

Merci aux gentilles demoiselles de Rochefort qui tiennent la librairie L'arbre à mots (Rochefort (17) de m'avoir si bien accueilli et de m'avoir conseillé cette lecture bouleversante.



Jean Hegland: Dans la forêt, (Into the Forest), Gallmeister, 302 pages, 2017




dimanche 23 juillet 2017

So Jazz #13 (Saison 2): Jacky Terrasson


Jacky Terrasson

Né le 27 novembre 1965 à Berlin, Jacques Laurent Terrasson, plus connu sous le nom de Jacky Terrasson est pianiste de jazz. 
Il habite à Paris jusqu'à l'âge de 20 ans et fait ses études au lycée Lamartine. Il commence le piano à l'âge de cinq ans  et s'initie au jazz avec Jeff Gardner etg Francis Paudras. 
En 1984, sur les conseils de Francis Paudras, il obtient une bourse pour étudier le jazz au Berklee College of Music de Boston durant deux semaines. Il y rencontre les pianistes Ray Santisi et Danilo Perez, le pianiste Javon Jackson et le saxophoniste Mark Wihtfield. 
Il se produit régulièrement au "Wally's", un club de jazz à Boston avant d'obtenir  un engagement de 10 mois au "Blondies", un club de Chicago. 
Il revient en France, en 1988 effectuer son service militaire. Durant ce retour, il accompagnera des chanteuses comme Dee Dee Brisgewater et Abbey Lincoln. Puis retour à New York en 1990. 

En 1993, il remporte le concours international de piano jazzz Thelonious Monk. 
En 1995, plusieurs maisons de disques commence à s'intéresser à lui. C'est avec le label Blue Note qu'il signe. 

En fin d'année dernière, il signe un album en duo avec son ami Stéphane Belmondo, Mother

J'ai découvert Jacky Terrasson en 2002 avec son album "Smile". Un album de reprises de standard américain comme la fameuse chanson de Charlie Chaplin mais aussi  Stevie Wonder, sans oublier des standards de la chanson française comme "Sous le ciel de Paris" ou "Jardin d'hiver". J'aime les pianistes et Jacky Terrasson avec son piano alterne souvent intimité dans ces ballades et intensités dans les moments les plus rapides. J'aime sa virtuosité et son univers. 
Pour illustrer son portrait, j'ai choisi le titre qui donna son nom à l'album qui m'a fait le découvrir. C'est un titre plein d'espoir qui a le don de m'émouvoir à chaque fois.  C'est également un beau message qui se cache derrière ce sourire. 


Smile

Bonne écoute! 






vendredi 21 juillet 2017

Les orphelins du bout du monde

4e de couverture: Au début du XXe siècle, une somptueuse histoire d'amour à l'atmosphère ensorcelante, avec pour toile de fond les vastes plaines de l'Ouest australien, terres ancestrales du peuple aborigène.
Leonora est une miraculée. Abandonnée par son père dans la fournaise du désert, puis recueillie dans un orphelinat, la petite s'est murée dans le silence. Son seul ami : James, un Irlandais rebelle, qui la protège comme une soeur. Mais le lien si fort qui unit les deux orphelins est brutalement rompu lorsque Leonora est adoptée par les Fairfield, de riches industriels qui l'emmènent aux États-Unis.

Des années plus tard, c'est une belle héritière qui revient sur les terres australes, au bras de son mari, le ténébreux et irascible Alex Harrington, venu diriger la mine des Fairfield. C'est là que Leonora va retrouver James. Malgré le temps, leur complicité est intacte ; or Alex ignore tout du passé de la jeune femme...
Comment lutter contre cette force irrésistible qui la pousse vers James ? Comment échapper à la soif de contrôle maladive de son époux ? Pris au piège de la jalousie, des mensonges et des drames de l'Histoire, les orphelins du bout du monde seront-ils un jour réunis ? 

Si vous voulez une saga qui vous fasse voyager, trembler, rêver, aimer et pleurer, "Les Orphelins du bout du monde est fait pour vous. 
Ce premier roman rempli toutes les conditions d'une saga et est donc idéal pour l'été. 
Ici, vous partirez en Australie, au début du 20e siècle, à la rencontre d'une petite fille Leonora, que son père abandonne en plein Bush Autralien. Je peux vous dire que comme entrée en matière, le lecteur est servi en sensation forte. Elle va être secouru par un travailleur de la mine, qui passait par là, Ghan, un homme handicapé, qui essaie de survivre dans cette contrée de l'Australie. 
Nous ferons ensuite connaissance avec le 2e personnage important du roman: James, un jeune garçon d'origine irlandaise, qui va se lier d'amitié avec cette petite fille qui ne parle pas, et qui se nomme Leonora. 
Nous les suivrons alors jusqu'à l'âge adulte où ils vont vivre de multiples aventures. 

J'ai adoré ce roman, qui se lit d'une traite et qu'on a du mal à lâcher, tellement chaque page nous amène un rebondissement. Les joies, mais surtout les malheurs s'enchaînent (l'auteure va malmener ses personnages jusqu'à la fin du livre, tellement que j'en ai tremblé et que je me suis demandé si ce livre allait connaître une fin heureuse) avec son lot de secrets, de coups bas et d'espoir tout de même. 

J'ai aimé tous les personnages du roman (même Alex, le mari taciturne et violent de Leo que j'ai aimé détester): ils sont tous attachants et on a souvent de la peine pour eux, mais celui qui a su trouver une place particulière dans mon coeur, c'est Ghan: cet homme, estropié par la vie, va survivre à beaucoup de chose et va avoir une incidence sur presque tous les personnages du roman, comme un ange gardien. J'ai trouvé cela très intéressant que l'auteure ne lâche pas ce personnage en cours de route et le fasse revenir par intermittence, dans certains chapitres, jusqu'à la fin. 
Puis, le voyage est au rendez-vous: L'Australie se dévoile à nous avec ses grands déserts (le Bush), ses mines, les aborigènes et même ses kangourous. Ce sont des paysages magnifiques que l'auteure arrive à décrire magnifiquement. 

Le style de l'auteur est simple et fluide, mais surtout, je voudrais aussi souligner qu'elle a su rendre palpitante son histoire, en ne s'attardant pas sur certains détails: en effet, on suit Leonora et James sur près de trente ans de leur vie, de l'enfance jusqu'à leur vie adulte et l'auteure va décider de passer les premières années de leur vie rapidement. 
Mais, apparemment, cette décision n'est pas du seul fait de l'auteure, mais d'un travail éditorial qui va porter ses fruits. Cela est "avoué" par l'auteure elle même dans ses remerciements: le manuscrit des "Orphelins du bout du monde" faisait 900 pages, à l'origine et le livre final est revenu à 464 pages (dans la version originale). Ce qui fait que plus de 400 pages ont été supprimées (l'auteur avait probablement plus développé l'enfance de Leo et James à l'orphelinat (on sent que l'auteur passe vite les années lors de cette période) pour plus se focaliser sur la vie adulte de ses personnages. C'est une décision et un parti pris intéressant, mais il démontre surtout que l'auteure à su remettre son travail en question et a consenti à supprimer une grosse partie de son texte (ce qui ne doit pas être facile) pour le bien de son histoire et du roman. Et, en effet, cela rend le livre plus fluide et la lecture plus passionnante. On ne s'ennuie pas une seconde avec des détails qui n'avaient peut être pas trop d'importance. L'auteure a donc suivi les conseils de l'équipe éditoriale, pour le bien de son premier roman. Car oui, "Les Orphelins du bout du monde" est son premier roman. 

Au final, un premier roman passionnant, qui m'a emporté très loin, avec des personnages attachants et des histoires émouvantes et palpitantes (il se passe quasiment des événements à chaque page). Un premier roman idéal pour l'été et que je vous recommande d'emmener dans vos bagages, pour le lire sur le bord de la plage. Evasion garantie! 

Merci aux Editions Belfond pour ce merveilleux voyage australien.

Harmony Verna: Les orphelins du bout du monde, (Daughter of Australia), Belfond (Collection "Le Cercle"), 566 pages, 2017


mercredi 19 juillet 2017

La Discothèque du 20e siècle #226

En 1973, Gilbert O'Sullivan revient avec un titre dansant.

Gilbert O'Sullivan: Get down (1973)






Cette gigantesque star anglaise de la variété rock des années 70, lancée par Gordon Mills (responsable des succès internationaux de Tom Jones et Englebert Humperdinck) est quasiment oubliée aujourd'hui et c'est bien dommage: derrière la jolie petite gueule se cachait un vrai talent d'auteur compositeur capable du meilleur (le splendide Alone again (Natturally), comme du plus simpliste (le rigolo Ooh-Wakka-Doo-Wakka-Day qui est aussi bêta que son titre l'implique!) En 1972, Clair est son premier n°1 en Grande Bretagne, suivi au printemps par cet excellent Get down, également n°1 au Royame-Uni n°7 aux Etats Unis, et en France, n°5 du hit-parade de RTL. Depuis 1980, autrement dit depuis l'âge de 34 ans, et à de rares apparitions près, Gilbert coule une retraite heureuse. On aurait du mal à ne pas l'envier. (Source: Fascicule "La Disocthèque du 20e siècle:1973", Polygram Direct).

Bonne écoute!


mardi 18 juillet 2017

Le Trône de Fer Tome 5

4e de couverture: Le royaume des Sept Couronnes est sur le point de connaître son plus terrible hiver : par-delà le Mur qui garde sa frontière nord, une armée de ténèbres se lève, menaçant de tout détruire sur son passage. Mais il en faut plus pour refroidir les ardeurs des rois, des reines, des chevaliers et des renégats qui se disputent le trône de fer. Tous les coups sont permis, et seuls les plus forts, ou les plus retors, s'en sortiront indemnes...

Risque de Spoilers sur les tomes précédents. 

5e été que je passe avec la saga de George RR Martin et ce voyage là, je le redoutais fortement. 
En effet, je savais le parti pris qu'avait choisi l'auteur (couper l'intrigue sur deux tomes (les 4 & 5) de manière géographique) pour raconter son histoire devenu trop complexe. 
J'avais aimé le tome 4 parce qu'on y suivait des personnages et des intrigues que j'aimais. Les intrigues de Port Réal ont toujours été mes préférées. Mais, qui dit Port Réal et ses environs dans le tome 4, disait Le Mur et les contrées en dehors de Westeros (avec Daenerys) pour le Tome 5...ce qui ne me plaisait pas du tout, car ce ne sont pas des lieus dont les intrigues m'attirent. 
Donc, petite appréhension avant de commencer ma lecture et j'ai bien eu raison d'avoir peur, car ma lecture fut des plus laborieuse. 
En fait, l'ennui a prédominé tout au long de ma lecture. Que ce fut long, mais long...une véritable torture, vers la fin. C'est étrange à dire, mais malgré sa grosseur (plus de 1100 pages) il ne se passe pas grand chose, niveau action, dans ce tome au final. 
Le seul personnage que je sauverai de ce tome, et celui qui amène, en définitive le plus d'aventures, c'est Tyrion. Tyrion fait parti de mes personnages préférés dans "Le Trône de Fer" et je trouve que George Martin ne le ménage pas du tout: il lui arrive les pires crasses...mais c'est à lui qu'il arrive les plus "belles" aventures et où il se passe le plus de chose, entre la traversée pour arriver à Meereen afin de rejoindre Daenerys, où il manque de se noyer, sa capture par un personnage bien connu des lecteurs et qui fait dire que les Spet Royaumes sont petits tout de même, et bien d'autres choses, c'est lui qui m'a le plus captivé...parce que les autres, rien, quoi. Que ce soit Jon (d'ailleurs, la coupure en zone géographique des deux tomes m'a un peu déstabilisé au début car Sam était encore au Mur au début de ce 5e tome, alors qu'on a suivit ses aventures dans le tome précédent) ou Daenerys, il ne se passe pas grand chose, une bonne partie du bouquin: en clair, Jon commande le Mur et laisse les sauvageons traverser. Point. Daenerys est devenue reine de Meereen et se fait draguer par plusieurs prétendants, une grosse partie du bouquin. Point.(Bon, cela s'anime un peu vers les trois quarts du tome avec son mariage et les Dragons, mais bon cela ne fait pas tout)  Et le pire, je crois que c'est Bran. Bran...mais Bran ne sert à rien (oui, mais c'est un personnage important pour la suite, me dit on. Cela fait 5 tomes que je me dit cela aussi et à deux tomes de la fin, ce personnage ne m'a inspiré que de l'ennui. En fait, il a enfin rencontré la corneille à trois yeux. Point. Cela s'arrête là. C'est une blague! Où est l'intérêt?) 

Ah si, un autre personnage m'a convaincu dans ce tome, c'est Schlingue, alias Théon Greyjoy. Pourtant, ce qui lui arrive n'est pas réjouissant et j'ai été souvent dégoûte et peiné devant sa situation, mais il lui arrive aussi plein de choses. 
Sans parler de Cerseï, qui refait une nouvelle apparition dans ce tome et qui m'a une fois de plus ravi. Avec les chapitres sur Tyrion, ceux de la "reine déchue"  m'ont ravi et plu. (Que voulez-vous, j'aime détester ce personnage). 

Le gros problème de ce livre (et de la saga en définitive) c'est que l'auteur nous noie avec un nombre impressionnant de personnages secondaires, dont il raconte les histoires, comme Quentyn Martell ou Asha Greyjoy et qui, pour moi, ralentissent l'intrigue. George Martin délaye son histoire au possible et rend celle-ci un peu indigeste, car ces personnages secondaires seront vite oublié. Enfin, en ce qui me concerne. Et puis, il nous noie aussi dans bon nombre de noms de personnages et de lieux dont on ne retiendra pas tout; Ce qui fait qu'on perd peu à peu de l'intérêt pour la saga. 
Là ou un Tome 3 foisonnant, où tous les personnages étaient présent, avait été passionnant, on se retrouve avec deux gros tomes passablement ennuyeux, à cause d'arrêt sur des personnages secondaires qui n'en ont pas forcément l'intérêt. Et qui fait perdre du cachet à la saga, je trouve. 
Bon, je ne peux pas encore faire de parallèle avec la série télé, mais il me semble tout de même que le constat est flagrant. Là où le Tome 3 avait nécessité deux saisons pour bien tout raconter, les Tome 4 & 5 sont raconté en une seule saison (la 5e) de 10 épisodes. Ce qui veut quand même tout dire, même si bien sûr, il y a plus de détails dans les bouquins...peut être trop, d'ailleurs.
C'est dommage, car le début de ce 5e tome  est tout de même bien, sauf qu'on se coltine un milieu très ennuyeux et qui ralenti l'intrigue pour au final nous proposer un épilogue (qui n'en est pas un puisqu'il reste encore deux tomes à la saga) qui relance l'intérêt et qui m'a laissé frustré. 

Au final, une saga qui perd de son intérêt et qui s'essouffle un peu, avec ce tome 5 où l'ennui a été de mise pour moi. J'ai même voulu sauter certains passages quelquefois. C'est dommage, car c'est une saga dont j'ai adoré les premiers tomes. 
Voilà, maintenant, je suis à jour dans la saga, et je ne pense pas que je passerai le prochain été dans les contrées des Sept Royaumes, puisque le Tome 6 se fait attendre depuis quelques années maintenant.Mais ce n'est peut être pas plus mal. Une pause est nécessaire, il me semble.  Il faudra donc que je me trouve une autre saga fantasy pour l'été prochain. 
En attendant, je retournerai faire un tour à Westeros et ses environs en regardant la série télé.

George R.R. Martin: Le Trône de Fer Tome 5 (A Dance With Dragons), France Loisirs, 1196 pages (avec le glossaire des personnages en fin de tome), 2012-2013