vendredi 12 juin 2015

L'Ancre des rêves

4e de couverture: À quoi rêvent les enfants Guérindel ? Dans quelles eaux profondes errent-ils pour en revenir en nage, chaque nuit, terrifiés dans leur lit ? Benoît, Lunaire, Guinoux et Samson le nourrisson, bravent ainsi en cauchemar l'interdit maternel : la mer, cette grande inconnue. Il leur est défendu de l'approcher. Mais dans ce pays breton ou le large et l'horizon se confondent, la fratrie se trouve happée par les flots, dès que la lumière s'éteint. Trois-mâts, pirates et noyades. Car dans leurs veines coule un sang salé...


La vie nous réserve parfois de belles coïncidences. Au moment où je sortais le roman de Gaëlle Nohant de ma PAL, pour un petit voyage breton, mais également au pays des rêves, j'apprenais que l'auteure venait à la rencontre des lecteurs dans une librairie de ma ville, pour  un échange à propos de son 2e roman, la part des flammes. Ma lecture a pris une sensation bien particulière. 

Mais, avant d'aller plus loin dans mon avis, je voulais remercier Karine pour m'avoir permis de faire ce voyage. En effet, c'est son enthousiasme sur les romans de Gaëlle Nohant, qui m'a donné envie de les découvrir. Et qu'est ce qu'elle a bien fait. 
J'ai beaucoup aimé ce livre: son atmosphère angoissante, et magique, qui m'a rappelé les contes et légendes de nos régions (et plus particulièrement de la Bretagne pour cette histoire), son suspense mené au cordeau et qui délivre son lot de surprises au fil des pages pour mieux nous tenir en haleine. C'est bien simple, plus on avance, plus on a envie de savoir ce qu'il va advenir des personnages. C'est qu'ils sont attachants ces petits Guerindel: le lecteur a envie de les protéger et aussi de comprendre d'où  viennent leurs rêves...ou plutôt leurs cauchemars qui hantent chacune de leurs nuits. 
Mais ce sont ces cauchemars qui vont les aider à grandir et savoir qui ils sont. C'est Lunaire qui va être le plus actif pour affronter ses rêves: il  va partir à la recherche des fantômes de son cauchemar, et le lecteur va découvrir et éclaircir les ombres du passé, en même temps que ce jeune héros. Par son intermédiaire, on va plonger dans le monde des Terre-Neuvas, ces marins-pêcheurs qui partaient durant de longs mois au large de Terre Neuve pour la Grande Pêche (ces passages m'ont d'ailleurs fait penser au très beau feuilleton d'Hervé Baslé, Entre Terre et Mer, qui parle aussi de très belle manière de ces hommes là, ainsi que de leurs femmes restées au village). 
Gaëlle Nohant ne laisse rien au hasard et chaque petit caillou qu'elle sème sur le chemin de son histoire trouvera sa signification un moment où à un autre et tout s'éclaircit au fil de la lecture. 

Au delà de son histoire, c'est également l'écriture de Gaëlle qui retient mon attention: il y avait longtemps que je n'avais pas lu un roman d'une telle poésie: Gaëlle a un talent de conteuse, ces conteuses (et conteurs) qui chaque soir défilent leur histoire pour envoûter leur auditoire (ou son lectorat) et le captivent avec des histoires de marins, de fantômes, lors de veillées. Le lecteur est alors captivé, mais également charmé par cette plume délicieuse, qui instaure un climat et fait partir le lecteur pour de lointains rivages. C'est bien simple, j'ai souvent voyagé en mer dans ce livre, mon lit se transformant  en un Trois Mats gigantesque qui me faisait tanguer, et me sentir tout petit.
Puis, surtout, Gaëlle aime ses personnages: à tel point qu'elle leur donne une âme à plusieurs facettes: ils ne sont pas manichéens, et cela fait du bien car chaque lecteur peut trouver un peu d'humanité dans chacun de ces personnages, même les plus méchants trouveront à un moment grâce à vos yeux. 

Voilà un roman magnifique, qui nous rappelle les romans d'aventures qu'on lisait enfant ou adolescent. Je vous jure qu'avec ce livre, vous partirez pour un grand et vertigineux voyage époustouflant qui vous  émerveillera. Il vous fera rêver...et surtout prendre conscience que chacun d'entre nous rêve et que ces rêves sont la réminiscence d'un passé que notre subconscient aurait enfoui au fond de notre mer intérieure. 
Pour tous les amoureux de la mer, mais aussi aux amoureux de l'aventure qui se rappellent les histoires effrayantes (ou non)  que l'on se racontait étant enfant, plongez vous dans cette Ancre des rêves. Vous ne serez pas déçu, je vous le garantis. Un roman à lire et une auteure (charmante et adorable) à découvrir. Gaëlle est plus qu'un écrivain, elle est une conteuse d'histoires qui vous fera (re)découvrir votre âme d'enfant. Et ça, ça n'a pas de prix. 

N'hésitez pas à aller rendre une  petite visite à Gaêlle Nohant,  en poussant la porte de son café littéraire  

Gaëlle Nohant: L'Ancre des rêves, Pocket, 342 pages, 2007




mercredi 10 juin 2015

La Discothèque du 20e siècle #110

En 1969, René Joly mettait Chimène, l'héroïne du Cid en lumière et en musique.

René Joly: Chimène (1969)



Comme le raconte Christian Eudeline dans "L'Encyclopédie du Rock français" (éditions Hors Collection, octobre 2000), la Calaisien René Joly avait débuté comme batteur d'un groupe twist; Devenu chanteur, il écrit des paroles sur des musques de Gérard Manset. Cheveux frisés et voix chevrotante, on le compare à Julien  Clerc ou Gérard Lenorman à la sortie de son premier disque Chimène qui demeure son morceau le plus connu et un authentique coup de maître. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1969", Polygram Direct)

Bonne écoute!

dimanche 7 juin 2015

Viol: une histoire d'amour

4e de couverture: 4 juillet : feu d’artifice à Niagara Falls. En rentrant chez elles après la fête, Tina et sa fille ont la mauvaise idée de passer par le parc. Elles croisent des jeunes défoncés qui violent Tina et la laissent pour morte dans un hangar à bateaux. Très vite, la ville la condamne : ne serait-elle pas trop jolie pour être honnête ?

L'envie de retrouver la plume de Mrs Oates a été tellement forte, que je n'ai pas pu résister. Et c'est ce petit livre qui m'a appelé (oui carrément, il m'a murmuré à l'oreille: "découvre moi, plonge en moi et imprègne toi de ma substance narrative"). 
C'est donc ce petit roman (j'aime bien alterner petit roman et gros pavé quand je lis un livre de Joyce Carol Oates) qui s'est livré à moi, et malgré son sujet gravissime, j'ai aimé retrouver la plume de Mrs Oates. Plus je lis des livres de Joyce Carol Oates, plus j'arrive à y entrer sans trop de soucis: c'est comme retrouver une amie chère qu'on a pas vu depuis un moment. 

Comme toujours chez J.C. Oates, ses débuts de romans sont percutants et vous lancent une claque monumentale en imprégnant dans votre esprit une image forte qui ne vous lâchera plus tout au long du roman. La première scène du livre revient sur le viol qu'à subi Tina, le soir du 4 juillet 1996, dans un hangar à bateaux. Voilà le postulat de départ qui va être décliné à l'infini dans ce roman. C'est bien simple, toute la première partie ne concerne quasiment que cette terrible nuit où Tina fut victime d'un viol collectif. L'auteur va alors alterner les points de vue, en nous présentant les différents protagonistes de cette macabre histoire: de la fille de Tina, Bethie, de Dromoor, le flic qui va découvrir la victime, et qui va se prendre de compassion pour la mère et la fille... J'ai été souvent révolté, ulcéré et groggy devant ces scènes violentes (car le lecteur est aux premières loges de ce viol et l'auteur le décrit de manière cru et sans fioriture, comme elle sait si bien le faire...mais qui peut choquer les lecteurs un peu trop sensible). 
Ce qui est surtout révoltant, c'est la réaction des habitants de Niagara Falls: beaucoup d'entre eux pensent qu'elle l'a bien cherché (c'est même le titre du premier chapitre): comme si, s'habiller de manière sexy devait pousser au viol. Le comportement de l'avocat de la défense est abject au plus haut point puisqu'il va propager la rumeur que Tina était consentante. Le comportement du juge n'est pas mieux faisant de cette audience une mascarade. 
La 2e partie du livre va alors changer la donne...mais je ne vous dis pas comment. 

Voici un roman qui vous prend aux tripes. Avec un style percutant, fait de courtes phrases qui donne  un rythme rapide et sec , à tel point que le  lecteur croit se prendre  une volée de claques en pleine figure. C'est hypnotique et surtout tellement réaliste. Joyce Carol Oates réussit à merveille à décrire ces instants innommables de cruauté. Elle montre encore une fois la noirceur du monde et c'est cela qui me fascine chez elle: la justesse de son propos et surtout l'absence de fioriture, qui fait qu'elle va droit au but et qu'elle démontre encore une fois le côté sombre du monde. Cependant, une petite lueur finale peut redonner de l'espoir et ce n'est pas en vain que le lecteur a vécu ce traumatisme. (D'ailleurs, le titre, incompréhensible pour moi au début car tellement antinomique, prend un sens particulier dans la 2e partie du roman). 

Au final, un court roman qui ne vous laissera pas indifférent (loin s'en faut), sur la bassesse du monde et les préjugés des hommes et des femmes. Un roman qui, je l'avoue, n'est pas à mettre entre toutes les mains: personnes sensibles s'abstenir car les scènes dans le hangar sont tellement atroces que le lecteur ressent un malaise permanent. Heureusement que ce roman ne fait pas plus d'une centaine de pages. Un concentré de violence qui vous percutera comme un coup de poing reçu au ventre, à vous couper le souffle. 
Du grand art encore une fois: normal, c'est du Joyce Carol Oates: la plus grande auteure américaine de notre temps. 

P.S. Un grand bravo et merci à Claude Seban, la traductrice française,  depuis quelques années de Joyce Carol Oates, qui réussit à chaque fois à retranscrire merveilleusement le style et les mots de cette grande auteure. Merci madame Seban pour le travail exceptionnel que vous effectuez à chaque livre.

Joyce Carol Oates: Viol, une histoire d'amour, (Rape, A love story), Points, 183 pages, 2006


 5e roman lu dans le cadre du challenge "Oates" organisé par George 

Slow Qui Tue #238: J'ai faim de toi

Le slow qui tue de la semaine a faim d'amour pour la personne qui partage sa vie.

Sandy: J'ai faim de toi


Bonne écoute!


vendredi 5 juin 2015

Rose et ses soeurs

4e de couverture: Des bas-fonds de Southampton à un village isolé du Suffolk, de 1913 au début des années 70, un roman évocateur, l'émouvante histoire de trois soeurs hantées par les liens du sang et du secret.

Pour Vivian et Nellie Marsh, le décès de Rose, leur soeur aînée, sonne à la fois comme un malheur et une libération. Certes, les deux jeunes femmes voient disparaître leur pilier, celle qui les a élevées à la mort de leurs parents, mais n'est-ce pas aussi l'occasion de s'affranchir d'une tutelle parfois étouffante ?
L'arrivée d'un homme vient remettre en question ce qui les unissait et compromettre la promesse faite à Rose de rester toujours soudées et de se garder des tourments du coeur.

Vingt ans plus tard, un événement va provoquer les retrouvailles de Vivian et Nellie. Et les deux soeurs n'ont d'autre choix que de retourner là où tout a commencé, dans ce petit cottage de campagne.
L'occasion de replonger dans l'histoire familiale, de comprendre enfin de quoi Rose cherchait tant à les protéger et découvrir son secret, un secret si lourd qu'il continue de peser sur les femmes de la famille Marsh...


Deux ans après le bouleversant 22 Brittannia Road qui m'avait laissé pantois devant un vrai talent de conteuse et d'écrivain, Amanda Hodgkinson revient avec son 2e roman Rose et ses soeurs.
En apprenant la parution de ce roman aux éditions Belfond, j'avais hâte de le découvrir pour savoir si la magie allait encore opérer et si Amanda Hodgkinson allait faire partie des auteurs qui compte dans le monde littéraire. 

Rose et ses soeurs a la particularité de ne pas ressembler au précédent roman, que ce soit dans son histoire ou dans sa structure narrative. Nous sommes cette fois ci dans un roman typiquement anglais, qui nous brosse le portrait de trois femmes aux destins simples, mais qui a son lot de secrets, comme il y en a dans beaucoup de familles. 
Tout commence en 1913, dans un petite maison d'un village anglais où vivent trois soeurs, orphelines, et qui ont toujours vécues ensemble, à l'abri du monde extérieur. Leur vie se déroule paisiblement et rien ne saurait troubler cette quiétude. Sauf que Rose, l'aînée des soeurs décède. Ce décès va alors libérer les deux autres soeurs de ce cocon, dans lequel Rose les maintenaient protégées, mais également prisonnières. 
C'est surtout la rencontre d'un jeune peintre, qui va faire éclater l'entente entre Vivian et Nellie. C'est aussi à partir de cet événement que leur vie (et leurs "aventures")  vont débuter. 

J'ai été emporté dans ce roman par un souffle romantique et romanesque, en tournant les pages frénétiquement afin de suivre les destins de ces femmes, simples, extrêmement touchantes et à qui le lecteur s'attache. D'une plume distinguée, poétique, charmante, et très fluide, Amanda Hodgkinson a le don de dresser des portraits justes, magnifiques et tellement vivant de trois femmes (Vivian, Nellie, et Birdie, la fille de Nellie) complètement différentes, mais qui sont liées par la même histoire. Le lecteur traverse la première moitié du XXe siècle (même un peu plus puisque le roman se termine à l'apogée des années 60) en compagnie de la famille Marsh, et à l'impression d'en faire partie, puisqu'il en partage les moindres secrets. Secrets que l'auteure dévoile au lecteur avec parcimonie et dans une certaine confidence, comme si on les lui murmuraient à l'oreille. 
Il y a également des moments très poétiques qui m'ont totalement envoûtée et transportée dans cette campagne anglaise que j'ai découvert avec les soeurs Brontë. (la comparaison n'est pas fortuite puisque par un fait étrange, les soeurs Marsh se sont substituées aux soeurs Brontë,dans mon imaginaire,  allez savoir pourquoi: mon cerveau fait parfois des rapprochements bizarres. Je ne sais pas, l'ambiance anglaise à dû déteindre sur moi). 

La force de ce roman sont ses personnages, très bien travaillées pour lequel le lecteur a de l'empathie: on a envie de savoir comment Nellie et Vivian vont pouvoir se retrouver après que Nellie, ayant découvert la trahison de sa soeur avec ce jeune peintre, ait pris la fuite et quitté le  cottage pour Londres. Comment Birdie, la fille de Nellie va gérer ses histoires de coeur et surtout, le secret qui la ronge?... 
Alors, même si c'est clairement un roman où les femmes sont très présente, les hommes vont souvent être l'élément déclencheur des événements heureux ou tragiques de ces dernières, que ce soit Joe, Peter, ou même Georges.Ceux ci gravitent autour de ces héroïnes qui ne sont pas sans rappeler Jane Eyre ou Catherine. 

J'avoue, une chose me faisait peur avant de me lancer dans cette lecture: le fait que l'histoire se déroule sur plus de 50 ans sur près de 350 pages. La  brièveté du roman (pour couvrir une période aussi longue) me faisait craindre que l'auteur passe trop abruptement d'une décennie à l'autre et que tout cela soit survolée. Heureusement, il n'en est rien: certes, les années passent furtivement et certaines périodes ne sont qu'effleurée, mais l'écriture et le travail éffectué sur les personnages rend cela très fluide et les années glissent avec délicatesse, rendant le tout très agréable à lire. 

Au final, un 2e roman tout aussi beau et touchant que le premier et que j'ai pris énormément de plaisir à lire. Je trouve la plume d'Amanda très jolie et touchante, au point d'avoir une petite larme aux coins des yeux en refermant le livre car je n'ai pas envie de quitter ces personnages que j'ai aimé accompagner dans leur vie, durant quelques jours. Si vous aimez les romans anglais,  à l'ambiance très XIXe (même si son histoire,ici, se  déroule au XXe siècle), avec des histoires de soeurs, de secrets de familles, d'amour, d'amitié, de tendresse, de drames et de bonheur, n'attendez pas une seule seconde pour vous jeter sur ce roman qui vous comblera. Si, en plus vous avez aimez 22 Brittannia Road et la plume d'Amanda Hogkinson, vous serez en terrain conquis.
Pour ma part, Amanda Hodgkinson fait parti de ces auteurs qui me touchent et que je suis content d'avoir, d'une, découvert et aimé, par un premier roman maîtrisé en tout point , et de deux, de suivre le chemin littéraire qui est le leur, avec un 2e roman différent mais toujours aussi poétique et bouleversant...et je serai au rendez-vous du prochain roman, c'est certain! 

Merci à Brigitte et aux  Editions Belfond de m'avoir fait découvrir la plume d'Amanda, il y a deux ans et de me permettre de continuer le voyage dans son merveilleux univers. 






Amanda Hodgkinson: Rose et ses soeurs, (Spilt Milk), Belfond, 349 pages, 2015



mercredi 3 juin 2015

La Discothèque du 20e siècle #109

En 1967, les demoiselles de Rochefort illuminaient le cinéma et enchantaient la France entière.

Anne Germain & Claude Parent: Chanson des jumelles (1967)


Pour la bande originale [de son film], Jacques Demy a renouvelé sa confiance à Michel Legrand qui signe à cette occasion quelques-unes des plus belles mélodies du cinéma français et invente un nouveau style: le "parlé-chanté" qui, par son ancrage dans le quotidien tourne le dos au lyrisme désuet de l'opérette. En 1967, toujours, suite au succès de cette bande originale, Michel Legrand, solicité par les plus grands studios et les plus grands réalisateurs américains, s'installe à Hollywood. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1967", Polygram Direct)

Bonne écoute!

lundi 1 juin 2015

L'assassinat de Marilyn Monroe

4e de couverture: Comment Marilyn Monroe est-elle morte ?
Alors qu’aucune trace de médicaments n’a été trouvée dans son estomac pendant l’autopsie, l’enquête a toujours affirmé qu’elle avait ingéré soixante-quatre somnifères, tentant ainsi de démontrer son suicide.
Mais Jay Margolis et Richard Buskin réfutent cette hypothèse, ancrée dans l’inconscient collectif. Marilyn ne s’est pas suicidée ; elle a été assassinée.
Par qui ? Pourquoi ? Les auteurs ont disséqué les événements qui ont conduit Marilyn à la mort, ils ont tout lu sur l’affaire, y compris le rapport d’autopsie, reproduit dans le livre.
Leur conclusion est sans appel. La mort de l’icône est un meurtre, une conspiration, une affaire d’État orchestrée par…
Marilyn allait parler, dévoiler sa liaison avec les frères Kennedy. Il fallait la faire taire. Son médecin s’en est chargé… Le livre donne le nom des coupables.


La mort de Marilyn Monroe le 5 août 1962, restera un mystère...à tout jamais. (et ce, malgré ce qu'avance le  livre de Jay Margolis et Richard Buskin). 
Si vous suivez ce blog depuis assez longtemps, vous savez mon admiration pour Marilyn Monroe. Dès que j'ai l'opportunité de lire un livre sur elle, je n'hésite pas. 
Dans celui-ci, les deux auteurs racontent, ce qui s'est "réellement" passé ce jour funeste du 5 août 1962, et ils décortiquent, heure, par heure, minute par minute, les derniers instants de la star, en révélant surtout que, malgré ce qui a été dit à l'époque (et qui est entré dans l'inconscient collectif), Marilyn Monroe ne se serait pas suicidée. Elle aurait été assassinée. Dans ce livre, les auteurs le démontrent, preuve à l'appui. 
Sur le fond, la théorie (car, malgré toutes les preuves qu'avancent les auteurs, les protagonistes principaux ne sont plus de ce monde pour prouver le contraire, et, même si j'ai tendance à croire cette théorie, je ne la prendrai pas pour argent comptant) des auteurs est intéressante, passionnante à décortiquée, et elle tiendrai même la route (même si celle ci n'est pas neuve puisque Michael Korda dans son roman Les immortels (que je recommande pour tous ceux qui s'intéressent à Marilyn et à sa relation tumultueuse avec les Kennedy), laissait entrevoir cette théorie): je ne vous la dévoilerai pas puisqu'il faudrait pour cela spoiler le nom du commanditaire et "la main" du "meurtre" de Marilyn. Ce livre se lirai comme un polar et n'est pas avare de révélations. 

Malheureusement, il y a un hic avec ce livre: le problème ne vient pas du fond, mais de la forme. Les auteurs s'intéressent au soir du décès de la star, soit, mais ils ne le font pas chronologiquement mais en alternant les points de vue et les protagonistes. Chaque chapitre s'intéresse à un témoin de l'histoire (et ils sont nombreux les témoins, mine de rien, entre les voisins, les flics, les ambulanciers, les médecins...),  ce qui fait qu'on revient sans cesse sur les mêmes événements et qu'ainsi on n'évite pas les répétitions avec quasiment les mêmes mots. Les révélations sont nombreuses: si, en plus, certaines sont répétées, dans le livre, on ne s'en sort pas. Pour tout vous dire, j'ai été souvent perdu dans ma lecture et j'ai perdu le fil des événements plus d'une fois. 
C'est dommage, car, plus de fluidité dans le récit, à la manière d'un polar (et non comme une enquête journalistique, ce qu'elle est en définitive) aurait rendu la lecture plus agréable. 
Heureusement que les auteurs ont remis la chronologie de cette journée tragique à la fin du livre, heure par heure, ce qui m'a permis de m'y retrouver et de remettre ce puzzle complexe en ordre. C'est bien que les auteurs aient pensé à ça, Il aurait peut être fallu faire de cette manière dans le roman. Le choix de raconter l'histoire en se servant des protagonistes plutôt que par la chronologie, fut à mon sens une erreur. 

Comme je le disais plus haut, il y a des annexes à la fin du livre, qui comprend, mis à part la chronologie qui remet tous les éléments de l'enquête à leur place, des rapports de police, et des rapports d'autopsie. Alors je vous le dis tout de suite, que je n'ai pas pu lire les rapports d'autopsie détaillés. Ma petite âme sensible n'aurait pas tenu le choc, surtout sachant qu'elle concernait l'une de mes  stars admirées. 

Au final, une enquête passionnante, qui nous livre une théorie détaillée et plausible, mais qui malheureusement noie le lecteur dans sa forme, en répétant des éléments plusieurs fois, ce qui faisait redondant parfois, et qui m'a fait perdre le fil de l'enquête. Ce qui est fort dommage car le propos est des plus intéressant, même s'il fait froid dans le dos par moment. 

Merci aux Editions de l'Archipel pour la découverte de cette enquête. 



Jay Margolis/Richard Buskin: Marilyn Monroe: affaire classée; (The murder of Marilyn Monroe: Case Closed); L'Archipel, 300 pages, 2015