4e de couverture: Dans le Paris des Années folles, la
rive gauche est le théâtre d'une série de meurtres étranges. Dans la
lignée d'Agatha Christie, un final savoureux pour le dernier volet des
aventures de Hector Lassiter, séduisant et cynique auteur de polars.
Paris, sa vie de bohème et ses cafés littéraires ! C'est là que, en cet
hiver 1924, le jeune Hector et son compère Ernest Hemingway ont décidé
de poser leurs machines à écrire.
Et l'inspiration ne tarde pas. Alors qu'un assassin répand les cadavres
d'éditeurs sur les bords de Seine, Lassiter et Hemingway sont mis au
défi de résoudre l'enquête avant la police.
Cerné par trois femmes amoureuses à l'imagination aussi noire que
fertile, piégé par le fondateur d'un mystérieux groupe de nadaïstes
versés en sciences occultes, Hector aura besoin de toute l'aide de
Hemingway pour éviter de se retrouver sur la liste des prochaines
victimes...
4e volet des aventures d'Hector Lassiter, héros écrivain sorti de l'imagination de Craig McDonald, cette "Phrase qui tue" est un très bon cru.
En même temps, je ne peux pas juger des 3 premiers volets puisque c'est ma première rencontre avec Hector Lassiter. Je vous rassure: pas besoin d'avoir lu les premières aventures de cet écrivain détective pour apprécier ce 4e volet.
Ce roman policier m'a beaucoup plu. Craig McDonald nous entraine, tambour battant dès les premières phrases, dans le Paris des années 20, dans ce milieu bohème où se côtoient peintres, écrivains et artistes, parfois ratés, dans les bars ou restaurants de la Rive droite. Il est d'ailleurs captivant de rencontrer, au détour d'une rue ou dans un café Blaise Cendrars, Gertrude Stein,ou Ernest Hemingway, héros à part entière du roman puisqu'il est un bon ami d'Hector Lassiter. Cette authenticité rend le roman fascinant et met le lecteur tout de suite dans l'ambiance de ce Paris des années folles. De plus, les nombreux mots ou expressions françaises que l'auteur à parsemés dans son roman (et signalé dans l'édition française en italique et par un astérisque) lui donne un cachet supplémentaire.
Pour ce qui est de l'intrigue policière, elle est très bien menée et nous entraine dans le monde fermé de l'édition. Pour un amateur de littérature comme moi, ce fut passionnant de découvrir tout ce joli monde littéraire, comme le nombre impressionnant de revues littéraires qui pullulaient à Paris au début du siècle dernier. Craig McDonald a bien réussi à me mener en bateau puisque je n'ai pas vu venir le final, faisant ainsi tomber dans l'eau gelée de la Seine mon hypothèse (car j'ai également jouer les détectives en lisant ce roman).
En ce qui concerne le héros Hector Lassiter, je l'ai trouvé charmant, frondeur, séducteur, aventurier mais surtout jeune écrivain et détective (il a 24 ans dans ce 4e volet). J'ai rarement rencontré de héros aussi jeune dans des policiers (en même temps, je n'en lis pas beaucoup, je ne peux pas juger): cet âge est un atout car j'ai adhéré au côté casse-cou du personnage.
Dans tout roman noir qui se respecte, les femmes fatales ne sont pas loin: elles se comptent au nombre de 3 dans ce roman: 3 femmes aux caractères bien différents qui vont faire tourner un peu en bourrique notre jeune séducteur: Brinke, une femme fatale au regard noir, Molly, une jeune poétesse qui s'est amouraché de notre héros et Estelle Quartermain, auteur de polars à succès, tout comme notre héros, écrivain de nouvelles policières pour des revues américaines. Ces 3 femmes cachent un secret qu'Hector découvrira au fil de son enquête.
Le style simple, rythmé de l'auteur fait qu'on ne s'ennuie pas une seule minute. Dès les premières pages, les meurtres s'enchainent et on ne peut lâcher le livre avant la fin. Une fin honorable qui finit en beauté l'intrigue principale mais laissant une porte légèrement ouverte à certaines petites histoires secondaires comme la relation Hector-Brinke, l'amitié d'Hector et d'Ernest Hemingway...peut être auront nous d'autres indices dans les prochaines aventures d'Hector Lassiter.
Toutefois, j'aurai un petit bémol à formuler: mon exemplaire a été parsemé de petites coquilles ou d'oublis de mots, qui rendaient certaines phrases incompréhensibles ou bancales. je sais, ce n'est qu'un petit détail mais important toutefois pour que la lecture soit agréable.
Malgré ce petit bémol d'impression, j'ai passé un très bon moment avec Hector Lassiter et je compte bien lire ses trois premières aventures "La Tête de Pancho Villa", "Rhapsodie en Noir" et "On ne meurt qu'une fois", et attend impatiemment de le retrouver dans le 5e volet de ses aventures (qui d'après ce que l'auteur dit dans ses remerciements seront au nombre de huit).
Je remercie Diane des Editions Belfond de m'avoir permis de découvrir ce héros attachant, frondeur et ce Paris des années 20 fascinant.
Craig McDonald: La phrase qui tue, (One True Sentence), Belfond Noir, 396 pages, 2012
Bienvenue dans ce Kabaret où je vous parlerai de mes lectures, mais également de séries, de cinéma, de musique...
jeudi 10 janvier 2013
mardi 8 janvier 2013
Mariés à tout prix
4e de couverture: Ally Fletcher est bien décidée à faire capoter le mariage d’un certain
Burke Winslowe. Pourquoi donc ? Eh bien, parce qu’il s’agit toujours,
techniquement, de son époux à elle. Burke a besoin de prouver qu’il a
une femme ? Soit. Ally n’a qu’à jouer son propre rôle ! Bien vite, Burke
et Ally redécouvrent l’attirance qui n’a jamais disparu de leur
relation. Mais la passion suffit-elle ?
Tout avait bien commencé sous le beau ciel bleu (ou rose) de Milady "Central Park". Les premiers titres de la collection m'avaient emballé (même "Jane (coeur à prendre) Jones", roman signé Joan Reeves, malgré ses quelques défauts) .
Mais voilà, il fallait bien qu'un petit nuage gris pointe le bout de son nez, un jour où l'autre et c'est avec ce titre.
Quelle déception! Rien ne m'a emballé: ni les personnages, que ce soit Ally, caricature énervante de la nana enfant qui prend la mouche et qui s'énerve pour un rien et qu'on a envie de gifler, Burke, le mec qui a réussit et qui prend sa nana pour un objet: son objet: énervant. En clair, les personnages sont tous des stéréotypes sans personnalités, ni profondeurs, ce qui fait qu'on n'y croit pas une seule seconde. Aucune psychologie! (certes, je ne demande pas grand chose à une romance mais que les personnages soient un peu plus complexes avec un passé)
Puis, c'est rempli de clichés, c'est lu, lu et relu: l'ancienne grosse qui fait maintenant la taille mannequin mais qui a toujours un complexe d'infériorité; le mec qui a réussi tout seul à force de travail et qui se prend pour le roi du monde, qui considère que Sa femme lui appartient: en clair, un mec imbuvable. Je crois que le summum a été atteint quand ce mec, jaloux, sinon, le tableau ne serait pas complet, demande a sa belle, juste après une nuit de sexe endiablée, s'il a été plus performant que son "petit ami". Non mais sérieux! A la place de la nana, je crois que je l'aurais giflé. (une scène d'amour qui n'a eu aucun effet sur moi, contrairement à celles de Jill Shalvis dans la série "Lucky Harbor" qui font leur petit effet torride)
Cette fois encore, un petit mystère plane dans le roman: quelle est la femme qui complote avec Frédérick, grand-père de Burke, pour remettre les deux tourtereaux Ally et Burke, ensemble? Eh bien cette fois ci, le mystère n'a pas fonctionné car j'ai deviné dès le début. Aucune surprise.
En un mot, donc, un petit roman (qui coûte un bras quand on voit le nombre de pages, les marges hyper larges et la typo utilisé pour des personnes ayant des problème de vue!!! C'est un peu exagéré!) a vite oublier.
Il me reste un roman de Joan Reeves dans ma PAL "Central Park". Espérons qu'"Un seul regard" sera un meilleur cru. Allez, j'y crois encoooooooore.....
Joan Reeves: Mariés à tout prix, (Still the One), Milady Romance, collection "Central Park", 280 pages, 2012
Tout avait bien commencé sous le beau ciel bleu (ou rose) de Milady "Central Park". Les premiers titres de la collection m'avaient emballé (même "Jane (coeur à prendre) Jones", roman signé Joan Reeves, malgré ses quelques défauts) .
Mais voilà, il fallait bien qu'un petit nuage gris pointe le bout de son nez, un jour où l'autre et c'est avec ce titre.
Quelle déception! Rien ne m'a emballé: ni les personnages, que ce soit Ally, caricature énervante de la nana enfant qui prend la mouche et qui s'énerve pour un rien et qu'on a envie de gifler, Burke, le mec qui a réussit et qui prend sa nana pour un objet: son objet: énervant. En clair, les personnages sont tous des stéréotypes sans personnalités, ni profondeurs, ce qui fait qu'on n'y croit pas une seule seconde. Aucune psychologie! (certes, je ne demande pas grand chose à une romance mais que les personnages soient un peu plus complexes avec un passé)
Puis, c'est rempli de clichés, c'est lu, lu et relu: l'ancienne grosse qui fait maintenant la taille mannequin mais qui a toujours un complexe d'infériorité; le mec qui a réussi tout seul à force de travail et qui se prend pour le roi du monde, qui considère que Sa femme lui appartient: en clair, un mec imbuvable. Je crois que le summum a été atteint quand ce mec, jaloux, sinon, le tableau ne serait pas complet, demande a sa belle, juste après une nuit de sexe endiablée, s'il a été plus performant que son "petit ami". Non mais sérieux! A la place de la nana, je crois que je l'aurais giflé. (une scène d'amour qui n'a eu aucun effet sur moi, contrairement à celles de Jill Shalvis dans la série "Lucky Harbor" qui font leur petit effet torride)
Cette fois encore, un petit mystère plane dans le roman: quelle est la femme qui complote avec Frédérick, grand-père de Burke, pour remettre les deux tourtereaux Ally et Burke, ensemble? Eh bien cette fois ci, le mystère n'a pas fonctionné car j'ai deviné dès le début. Aucune surprise.
En un mot, donc, un petit roman (qui coûte un bras quand on voit le nombre de pages, les marges hyper larges et la typo utilisé pour des personnes ayant des problème de vue!!! C'est un peu exagéré!) a vite oublier.
Il me reste un roman de Joan Reeves dans ma PAL "Central Park". Espérons qu'"Un seul regard" sera un meilleur cru. Allez, j'y crois encoooooooore.....
Joan Reeves: Mariés à tout prix, (Still the One), Milady Romance, collection "Central Park", 280 pages, 2012
dimanche 6 janvier 2013
La parenthèse des voyages en train
4e de couverture: Le train de 06h41, départ Troyes, arrivée Paris. Bondé, comme tous les
lundis matins. Cécile Duffaut, 47 ans, revient d’un week-end épuisant
chez ses parents. Elle a hâte de retrouver son mari, sa fille et sa
situation de chef-d’entreprise. La place à côté d’elle est libre. S’y
installe, après une légère hésitation, Philippe Leduc. Cécile et lui ont
été amants vingt-sept ans auparavant, pendant quelques mois. Cela s’est
très mal passé. A leur insu, cette histoire avortée et désagréable a
profondément modifié leurs chemins respectifs. Tandis que le train roule
vers Paris et que le silence s’installe, les images remontent. Ils ont
une heure et demie pour décider de ce qui les attend.
C'est devenu récurrent depuis son précédent roman: dès que j'ai en ma possession le dernier roman de M. Blondel, je le lis dans la foulée, en quelques petites heures.
Avec ce roman, l'auteur tourne une nouvelle page de son oeuvre: après deux romans autobiographiques, G229 et l'intimiste Et rester vivant, il retrouve la fiction en nous parlant de ces deux personnes Cécile Duffaut et Philippe Leduc qui se croisent lors d'un voyage en train, eux qui se sont connus il y a 27 ans.
Je dois vous dire que j'ai été légèrement "déçu" au début de ma lecture. "Et rester vivant" m'avait tellement marqué par sa profondeur et sa force que les destins de Cécile et Philippe m'étaient impersonnel. Il a alors fallu faire abstraction de mes souvenirs de son précédent roman pour enfin découvrir deux destins écorchés, mais fabuleux car touchant.
Jean-Philippe Blondel a pris un sujet et un thème que tout le monde-du moins tout ceux qui prennent le train- ont rêvé d'imaginer un jour. Qui n'a jamais eu envie de connaitre la vie de gens croisés lors d'un voyage en train? Pendant une heure ou deux, nous vivons dans une bulle où chacun essaye de savoir quelle vie mène la personne assis à côté de lui, on perçoit des bribes de conversations, des tranches de vies qu'on essaye d'imaginer en dehors de ce train.
Encore une fois, le "je" employé dans le roman m'a ravi. Ce "je" fait la force des romans de Jean-Philippe Blondel. C'est ce qui rend les personnages plus proches de nous. On s'y attache, on fait corps avec eux. Ces deux monologues intérieurs qui s'entrecroisent nous fait nous impliquer émotionnellement avec Cécile et Philippe. Quand ces deux là se croisent dans le train, c'est tous leurs souvenirs communs et séparés qui refont surface lors de ce voyage d1h30.
J'ai compris la dureté de Cécile envers Philippe et son combat pour reprendre sa vie en main après ce qui s'était passé à Londres. J'ai été moins touché par la "déchéance" de Philippe, me disant, "t'as récolté ce que tu as semé, mon gars". Puis il y a Mathieu, personnage fugace, qui arrive au gré des souvenirs de chacun. Voilà le personnage qui m'a le plus marqué: certes, il ne fait que passer mais il laisse une marque indélébile. J'ai même cru que par son intermédiaire involontaire, Cécile allait enfin pardonner à Philippe ce qui s'est passé il y a 27 ans. Malheureusement, je ne pourrais que l'imaginer.
Car,là où le bas blesse avec ce roman, c'est qu'il m'a laissé sur ma faim. J'ai l'habitude des romans courts avec mon auteur chouchou et j'en ai pris mon parti. Sauf que la frustration que l'histoire s'arrête sur le quai de cette gare et de ne pas savoir ce qu'il va advenir de Cécile et Philippe est encore plus forte que d'habitude. J'en aurai voulu un petit peu plus.
Oui, mais voilà, un voyage en train débute sur le quai d'une gare et finit sur le quai d'une autre. Le temps d'un voyage ferroviaire, nous avons suivi les passés et les pensées de Cécile et Philippe, deux personnes que nous avons croisées dans le train Troyes-Paris de 6h41, et comme tout voyage en train, nous devons reprendre chacun notre vie et laisser les autres voyageurs suivre leur propre route. Peut être un jour les recroiserons nous lors d'un prochain voyage et nous reprendrons le cours de leur récit pour savoir ce qu'ils sont devenus.
Jean-Philippe Blondel: 6h41, Buchet Chastel, 232 pages, 2013
C'est devenu récurrent depuis son précédent roman: dès que j'ai en ma possession le dernier roman de M. Blondel, je le lis dans la foulée, en quelques petites heures.
Avec ce roman, l'auteur tourne une nouvelle page de son oeuvre: après deux romans autobiographiques, G229 et l'intimiste Et rester vivant, il retrouve la fiction en nous parlant de ces deux personnes Cécile Duffaut et Philippe Leduc qui se croisent lors d'un voyage en train, eux qui se sont connus il y a 27 ans.
Je dois vous dire que j'ai été légèrement "déçu" au début de ma lecture. "Et rester vivant" m'avait tellement marqué par sa profondeur et sa force que les destins de Cécile et Philippe m'étaient impersonnel. Il a alors fallu faire abstraction de mes souvenirs de son précédent roman pour enfin découvrir deux destins écorchés, mais fabuleux car touchant.
Jean-Philippe Blondel a pris un sujet et un thème que tout le monde-du moins tout ceux qui prennent le train- ont rêvé d'imaginer un jour. Qui n'a jamais eu envie de connaitre la vie de gens croisés lors d'un voyage en train? Pendant une heure ou deux, nous vivons dans une bulle où chacun essaye de savoir quelle vie mène la personne assis à côté de lui, on perçoit des bribes de conversations, des tranches de vies qu'on essaye d'imaginer en dehors de ce train.
Encore une fois, le "je" employé dans le roman m'a ravi. Ce "je" fait la force des romans de Jean-Philippe Blondel. C'est ce qui rend les personnages plus proches de nous. On s'y attache, on fait corps avec eux. Ces deux monologues intérieurs qui s'entrecroisent nous fait nous impliquer émotionnellement avec Cécile et Philippe. Quand ces deux là se croisent dans le train, c'est tous leurs souvenirs communs et séparés qui refont surface lors de ce voyage d1h30.
J'ai compris la dureté de Cécile envers Philippe et son combat pour reprendre sa vie en main après ce qui s'était passé à Londres. J'ai été moins touché par la "déchéance" de Philippe, me disant, "t'as récolté ce que tu as semé, mon gars". Puis il y a Mathieu, personnage fugace, qui arrive au gré des souvenirs de chacun. Voilà le personnage qui m'a le plus marqué: certes, il ne fait que passer mais il laisse une marque indélébile. J'ai même cru que par son intermédiaire involontaire, Cécile allait enfin pardonner à Philippe ce qui s'est passé il y a 27 ans. Malheureusement, je ne pourrais que l'imaginer.
Car,là où le bas blesse avec ce roman, c'est qu'il m'a laissé sur ma faim. J'ai l'habitude des romans courts avec mon auteur chouchou et j'en ai pris mon parti. Sauf que la frustration que l'histoire s'arrête sur le quai de cette gare et de ne pas savoir ce qu'il va advenir de Cécile et Philippe est encore plus forte que d'habitude. J'en aurai voulu un petit peu plus.
Oui, mais voilà, un voyage en train débute sur le quai d'une gare et finit sur le quai d'une autre. Le temps d'un voyage ferroviaire, nous avons suivi les passés et les pensées de Cécile et Philippe, deux personnes que nous avons croisées dans le train Troyes-Paris de 6h41, et comme tout voyage en train, nous devons reprendre chacun notre vie et laisser les autres voyageurs suivre leur propre route. Peut être un jour les recroiserons nous lors d'un prochain voyage et nous reprendrons le cours de leur récit pour savoir ce qu'ils sont devenus.
Jean-Philippe Blondel: 6h41, Buchet Chastel, 232 pages, 2013
Un été de porcelaine
Le slow qui tue de la semaine devient un peu nostalgique:
Mort Shuman: Un été de procelaine
Bonne écoute!
Mort Shuman: Un été de procelaine
Bonne écoute!
samedi 5 janvier 2013
Scintillation
4e de couverture: Des adolescents disparaissent mais ici ça n’a aucune importance. Ici,
c’est l’Intraville, lieu de pluie et de brouillard où les vapeurs
toxiques des usines embrument les esprits et dégradent les corps. Malgré
ce marasme, Leonard, 14 ans, a soif de vivre. Brillant et passionné, il
dévore les livres, aime les filles et affectionne les virées entre
amis. Dans les limbes, l’espoir scintille…
Voilà un roman qui m'a complètement perdu mais époustouflé par sa fin magistrale qui éclaire le lecteur sur l'histoire nébuleuse, mise en place par l'auteur.
En fait, j'ai commencé à trouver le roman intéressant et moins complexe au bout de 70 pages quand Léonard, le jeune héros sympathique et solitaire duquel je me suis senti très proche, prend la parole. Tout ce qui se passe avant avec Morisson, Smith et consorts était nébuleux au possible.
Dès que Léonard apparait le roman devient compréhensible et l'histoire démarre réellement, je dirais.
Pourtant, j'ai été surpris: de par son intrigue d'enfants disparus, j'imaginais une enquête policière classique (et je trouvais donc étonnant de ne pas avoir classé ce roman dans les polars). Quelle erreur j'aurai commise car l'intrigue des enfants disparus n'est qu'un pretexte. Le principal est ailleurs.
Burnside construit une atmosphère pesante, noire qui m'a asphyxié, comme l'ancienne usine de l'Intraville: à tel point que j'étais toujours mal à l'aise de reprendre le roman. Pourtant, j'y revenais pour savoir ce qui allait arriver à Léonard.
Le style de Burnside est hypnotique: il nous tient dans ses griffes pour ne pas nous lâcher, même si ses phrases et le contexte nous parait compliqués nous laissant perdus, on oublie tout autour de soi pour se retrouver sur cette presqu'île où il ne fait pas bon vivre. C'est âpre, violent, désolant, tortueux, dégueulasse et pourtant, nous ne pouvons faire autrement que d'y retourner, comme si nous étions aussi maso que les habitants de cette presque'île.
Personne n'est à sauver dans cet endroit, que ce soit adolescents ou adultes: come si l'Intraville faisait ressortir le côté sombre de chacun des personnages.
Oui, mais voilà, dans les derniers chapitres, l'auteur m'a encore une fois fait perdre le fil et j'ai un peu lâché prise...jusqu'au "bouquet" final qui m'a laissé pantois. Quelle fin mais quelle fin mes amis. En lisant le dernier chapitre "Paradis", la porte de mon esprit s'est ouverte, le roman à pris un sens particulier et j'ai compris où l'auteur voulait nous amener. Le twist final est un coup de Maître. Rien que pour ça, ce roman vaut d'être découvert et nous montre les talents de conteur de John Burnside.
Un roman particulier dans la littérature d'aujourd'hui, entre le rêve et la réalité, qui nous décrit un monde violent âpre, coupé du reste du monde mais qui pourtant est rempli d'espoir...car au bout du tunnel, il y a toujours une lumière pour nous guider vers le bon chemin.
John Burnside: Scintillation (Glister), Points, 308 pages, 2011
Voilà un roman qui m'a complètement perdu mais époustouflé par sa fin magistrale qui éclaire le lecteur sur l'histoire nébuleuse, mise en place par l'auteur.
En fait, j'ai commencé à trouver le roman intéressant et moins complexe au bout de 70 pages quand Léonard, le jeune héros sympathique et solitaire duquel je me suis senti très proche, prend la parole. Tout ce qui se passe avant avec Morisson, Smith et consorts était nébuleux au possible.
Dès que Léonard apparait le roman devient compréhensible et l'histoire démarre réellement, je dirais.
Pourtant, j'ai été surpris: de par son intrigue d'enfants disparus, j'imaginais une enquête policière classique (et je trouvais donc étonnant de ne pas avoir classé ce roman dans les polars). Quelle erreur j'aurai commise car l'intrigue des enfants disparus n'est qu'un pretexte. Le principal est ailleurs.
Burnside construit une atmosphère pesante, noire qui m'a asphyxié, comme l'ancienne usine de l'Intraville: à tel point que j'étais toujours mal à l'aise de reprendre le roman. Pourtant, j'y revenais pour savoir ce qui allait arriver à Léonard.
Le style de Burnside est hypnotique: il nous tient dans ses griffes pour ne pas nous lâcher, même si ses phrases et le contexte nous parait compliqués nous laissant perdus, on oublie tout autour de soi pour se retrouver sur cette presqu'île où il ne fait pas bon vivre. C'est âpre, violent, désolant, tortueux, dégueulasse et pourtant, nous ne pouvons faire autrement que d'y retourner, comme si nous étions aussi maso que les habitants de cette presque'île.
Personne n'est à sauver dans cet endroit, que ce soit adolescents ou adultes: come si l'Intraville faisait ressortir le côté sombre de chacun des personnages.
Oui, mais voilà, dans les derniers chapitres, l'auteur m'a encore une fois fait perdre le fil et j'ai un peu lâché prise...jusqu'au "bouquet" final qui m'a laissé pantois. Quelle fin mais quelle fin mes amis. En lisant le dernier chapitre "Paradis", la porte de mon esprit s'est ouverte, le roman à pris un sens particulier et j'ai compris où l'auteur voulait nous amener. Le twist final est un coup de Maître. Rien que pour ça, ce roman vaut d'être découvert et nous montre les talents de conteur de John Burnside.
Un roman particulier dans la littérature d'aujourd'hui, entre le rêve et la réalité, qui nous décrit un monde violent âpre, coupé du reste du monde mais qui pourtant est rempli d'espoir...car au bout du tunnel, il y a toujours une lumière pour nous guider vers le bon chemin.
John Burnside: Scintillation (Glister), Points, 308 pages, 2011
Libellés :
Littérature ecossaise,
Prix du Meilleur Roman Points
mardi 1 janvier 2013
Accabadora
4e de couverture: Dans l’obscurité d’un village sarde, une silhouette drapée d’un châle
longe les murs, pénètre dans une maison un instant, puis disparaît tel
un mirage. À l’aube, un vieillard agonisant aura enfin trouvé la paix.
L’ accabadora, la dernière mère, a œuvré. Maria, fille adoptive
de Tzia, heurtée par cette coutume, l’interroge. Il est des mystères
auxquels seule une mère peut vous initier…
Dès le titre, Accabadora, Michela Murgia emmène le lecteur pour un voyage fantastique et poétique où se mêlent les légendes et les superstitions.
Dans ce village de Sardaigne, Maria, Fill'a de anima, que sa mère abandonna pour la confier à une femme veuve qui ne pouvait avoir d'enfant, va comprendre en grandissant le secret que lui cache sa mère adoptive Tzia Bonnaria, quand elle la voyait quitter la maison la nuit, alors qu'elle était enfant.
J'ai trouvé ce petit roman magique. Malgré sa brièveté, Michela Murgia construit son histoire sans omettre aucun détail. Sa plume envoutante ravive à notre mémoire les légendes d'une Sardaigne ancienne qui n'existe pratiquement plus. Les ellipses temporelles que se permet l'auteur pour arriver au coeur du roman: ce drame qui se noue et dont Maria va être l'un des témoins, remettant en cause la suite de sa vie et son amitié avec le jeune Andria, ne sont pas gênantes, bien au contraire: elles permettent de se focaliser sur l'évolution des personnages et donne un rythme soutenu au roman qu'on ne peut pas lâcher avant la dernière ligne.
Voilà un roman touchant, qui par le prisme de légende et de tradition, parle de filiation, de superstition, de la vie, de la mort mais aussi des non-dits, d'amour, d'apprentissage.
J'ai été happé par cette histoire, touché par Maria et Tzia Bonnaria, ainsi que par leur relation: les liens du sang ne sont pas tout. Les liens du coeur sont parfois plus puissants.
Michela Murgia ravive pour nous la flamme des légendes anciennes avec force et vivacité. Un roman d'apprentissage qui change notre regard sur la mort et la vie et chamboule nos croyances.
Un roman qui rappelle ces histoires que l'on se racontait au coin du feu, lors des veillées. Alors, asseyez vous, tournez la première page d'Accabadora et partez pour un voyage inoubliable.
Michela Murgia: Accabadora (Accabadora), Points, 182 pages, 2011
Dès le titre, Accabadora, Michela Murgia emmène le lecteur pour un voyage fantastique et poétique où se mêlent les légendes et les superstitions.
Dans ce village de Sardaigne, Maria, Fill'a de anima, que sa mère abandonna pour la confier à une femme veuve qui ne pouvait avoir d'enfant, va comprendre en grandissant le secret que lui cache sa mère adoptive Tzia Bonnaria, quand elle la voyait quitter la maison la nuit, alors qu'elle était enfant.
J'ai trouvé ce petit roman magique. Malgré sa brièveté, Michela Murgia construit son histoire sans omettre aucun détail. Sa plume envoutante ravive à notre mémoire les légendes d'une Sardaigne ancienne qui n'existe pratiquement plus. Les ellipses temporelles que se permet l'auteur pour arriver au coeur du roman: ce drame qui se noue et dont Maria va être l'un des témoins, remettant en cause la suite de sa vie et son amitié avec le jeune Andria, ne sont pas gênantes, bien au contraire: elles permettent de se focaliser sur l'évolution des personnages et donne un rythme soutenu au roman qu'on ne peut pas lâcher avant la dernière ligne.
Voilà un roman touchant, qui par le prisme de légende et de tradition, parle de filiation, de superstition, de la vie, de la mort mais aussi des non-dits, d'amour, d'apprentissage.
J'ai été happé par cette histoire, touché par Maria et Tzia Bonnaria, ainsi que par leur relation: les liens du sang ne sont pas tout. Les liens du coeur sont parfois plus puissants.
Michela Murgia ravive pour nous la flamme des légendes anciennes avec force et vivacité. Un roman d'apprentissage qui change notre regard sur la mort et la vie et chamboule nos croyances.
Un roman qui rappelle ces histoires que l'on se racontait au coin du feu, lors des veillées. Alors, asseyez vous, tournez la première page d'Accabadora et partez pour un voyage inoubliable.
Michela Murgia: Accabadora (Accabadora), Points, 182 pages, 2011
Libellés :
Littérature italienne,
Prix du Meilleur Roman Points
Mes lectures du mois de décembre 2012
Un mois de décembre dans ma moyenne habituelle avec 8 livres lus (merci les petits livres!)
Un 3e tome en dessous des deux premiers. Rien n'avance et cela m'énerve un peu.
Un roman qui m'a immergé dans une Chine que je ne connaissais pas. Une belle love story.
Une série doudou que j'aime toujours autant. J'irai bien refaire un tour du côté de Lucky Harbor!
Un roman fort et tout aussi maitrisé que "Mississippi". Un roman dystopie qui fait froid dans le dos de par son réalisme saisissant.
Un court roman puissant et bouleversant qui ne laisse pas indifférent.
Un roman qui m'a intéressé de par son contexte historique (l'histoire du peuple juif à travers les siècles). Malheureusement, je n'ai ressenti aucune empathie pour les personnages et même l'enquête de Noam et Charme n'a pas réussi à m'intéresser et à m'émouvoir.
un petit recueil de trois nouvelles charmantes, drôles et parfois pince sans rire sur le couple. L'humour de Wodehouse est plaisant et me donne envie d'en lire plus. Cependant, l'univers du golf m'est très inconnu, ce qui fait que j'ai été souvent perdu avec les termes propres à cette discipline. Mis à part ce bémol, j'ai passé un agréable moment.
J'ai retenté le coup avec Franzen (avant de me lancer dans quelques semaines dans son"Freedom") en sortant ce petit recueil. Cela a été une lecture un peu hasardeuse, l'écriture étant parfois un peu complexe et m'a totalement perdu (surtout pour la 3e nouvelle sur le sexe qui m'a fait complètement décroché) mais c'est bien normal puisque ces nouvelles sont tiré d'un essai. N'étant pas très fan des essais, ceci explique cela. Cependant, la première nouvelle qui donne le titre à ce petit recueil fut très intéressante car elle parle d'un sujet qui me touche puisque des personnes de mon entourage ont été touché par la maladie d'Alzeimer.
La 2e nouvelle "Meet me in St Louis", sur un retour au pays de l'auteur après la sortie de son roman "Les Corrections" fut ma préférée. Une jolie introspection sur soi et sur son rapport aux souvenirs. Donc tout n'est pas perdu pour "Freedom". Si je le lis dans de bonnes conditions, je pense que je pourrais l'apprécier. Donc à lire pendant mes prochaines vacances.
8 livres lus pour un total de 2416 pages.
Au mois prochain pour le bilan de janvier 2013.
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