vendredi 16 avril 2021

Accès direct à la plage

Résumé: Rien ne relierait ses personnages s'ils n'avaient le goût des locations à la mer. Ils se sont croisés dans l'épice particulière des soirs d'été. Les couples, les familles, les célibataires qui nous ont précédés. Ceux d'avant. 

Le lecteur, avec Jean-Philippe Blondel, éprouve lui aussi le sentiment d'être à la suite de quelqu'un. Il reste une empreinte qui s'attarde...


Depuis ma découverte de la plume de Jean-Philippe Blondel, avec Un minuscule inventaire, je voue un véritable culte à cet auteur. Il fait parti de mes auteurs chouchous, ceux dont je veux tout lire et dont j'achète les livres, les yeux fermés, sans même lire le résumé. Car je sais ce que je vais y trouver et que la déception ne sera pas au rendez-vous. 

Entrer dans un Jean-¨Philippe Blondel, c'est revenir en terre connue, retrouver des senteurs d'enfance qu'on avait oublié et, surtout retrouver ce cocon familier dans lequel on se sent bien et protégé. 

Pour ce vendredi matin, j'avais envie de retrouver une plume amie et de découvrir comment tout cela avait commencée. Donc, retour en arrière avec le premier roman du Monsieur, Accès direct à la plage. Et là, comment vous dire, la claque monumentale que je me suis pris. Pour un premier roman, c'est un coup de maître et du génie pur dans la construction du roman. C'est surtout cela qui m'a frappé dans ce dernier...mais j'y reviendrai un peu plus tard. Pour le moment, revenons à ce qui fait le charme des romans de Jean-Philippe: les voix. Entendre les voix de ses personnages (et là, ils sont nombreux (pas moins de 18!) nous raconter leur histoire à l'oreille pour nous faire entrer dans leur intimité. Et c'est là que Jean-Philippe excelle dans son écriture: arriver à nous faire entendre la voix d'un petit garçon, d'un homme beauf sur les bords, d'une femme "mangeuse d'homme", d'un vieillard, d'une jeune fille de quinze qui découvre l'amour.... et tout ce petit monde qui ne se connait pas, mais qui pourtant se tourne autour, des années 70 jusqu'au début des années 2000, pour raconter une histoire, la nôtre. 

L'intime. Raconter l'intime. Nous raconter, nous petits français par le prisme de l'intime. Voilà la force de Jean-Philippe Blondel. Voilà ce qui nous rapproche de ses personnages, le partage de vies qui nous parlent. Il y a comme des souvenirs communs qui nous frappent quand on lit les petits moments de vie de Philippe, Danièle, Line, Sabrina, Vincent, Henri... C'est vous, c'est nous, c'est moi...tout simplement. 

Cependant, quelque chose m'a frappé dans ce roman: sa construction. Par petits chapitres, comme de courtes nouvelles, Jean-Philippe donne la parole à plusieurs personnages qui se répondent, sur 30 ans, et toujours l'été, sur des bords de plages différents, mais qui forment un tout. Des noms reviennent, des histoires se complètent et un puzzle se reforme et se met en place. Alors, pour le lecteur, c'est un jeu de l'esprit car il essaie de  recoller tous les morceaux pour avoir tous les tenants et aboutissants de l'histoire tragique qui se dessine devant ces yeux. Car, oui, il y a un suspense, qui emprunte au roman policier, qui se met en place et qui s'éclaire à la fin. C'est magnifiquement construit et cette tragédie française prend tout son sens jusqu'au point final d'un article de journal. Tout simplement grandiose. 

Pour un premier roman, c'est un coup de maître! Un roman qui fera parti de mes préférés de l'auteur, et que je relirai un jour. 


P.S. Il y a quelques années, j'étais frustré quand je lisais un roman de Jean-Philippe Blondel. Frustré par sa brièveté. J'en voulais plus, toujours plus. Je voulais un jour, lire un pavé de plus de 500 pages de ce grand monsieur. Sauf que voilà, j'ai compris, il y a peu, que la force des romans de Jean-Philippe, c'est leur brièveté. En peu de mots, en phrases courtes, il réussi à nous émouvoir et à nous frapper au coeur. Pas besoin de grand discours pour réussir à nous toucher. Et puis, ainsi, on peut toujours relire un livre de Jean-Philippe et retrouver les émotions qu'il nous a procurer à leur première lecture. C'est ça qui est beau. 




 Jean-Philippe Blondel: Accès direct à la plage, Pocket, 118 pages, 2003




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