dimanche 10 septembre 2017

Slow Qui Tue #329: Je n'aurai pas le temps

Le slow qui tue de la semaine court après le temps, toujours trop court.

Michel Fugain: Je n'aurai pas le temps



Bonne écoute!


jeudi 7 septembre 2017

Rentrée Littérraire #6: Jusqu'à la bête

4e de couverture: Erwan est ouvrier dans un abattoir près d'Angers. Il travaille aux frigos de ressuage, dans un froid mordant, au rythme des carcasses qui s'entrechoquent sur les rails. Une vie à la chaîne parmi tant d'autres, vouées à alimenter la grande distribution en barquettes et brochettes. Répétition des tâches, des gestes et des discussions, cadence qui ne cesse d'accélérer... Pour échapper à son quotidien, Erwan songe à sa jeunesse, passée dans un lotissement en périphérie de la ville, à son histoire d'amour avec Laëtitia, saisonnière à l'abattoir, mais aussi à ses angoisses, ravivées par ses souvenirs. Et qui le conduiront à commettre l'irréparable.
Jusqu'à la bête est le récit d'un basculement, mais également un roman engagé faisant résonner des voix qu'on entend peu en littérature.

Le 2e roman de Timothée Demeillers, Jusqu'à la bête, est une véritable claque qu'on se prend en pleine figure. 

C'est toujours enthousiasmant de découvrir un nouvel auteur, qui va nous embarquer dans son univers. On se demande si la découverte sera une belle surprise. 
L'univers qu'explore Timothée dans son roman, est des plus glauque et on s'y sent un peu mal à l'aise, tellement il est ancré dans notre réalité et tellement on se reconnait dans le personnage d'Erwann. 
On suit donc  Erwann, un trentenaire, ouvrier dans un abattoir, qui, au début de roman se trouve en prison, sans que le lecteur ne sache pourquoi (cela sera dévoilé à la fn du livre)i. Dans sa cellule, il déroule le fil de ses pensées, et celui de sa vie: son boulot à l'abattoir, si mécanique, si répétitif, tellement peu emballant, et qu'il n'arrive pas à se sortir de la tête, entre le sang des bêtes, les bruits (ces fameux clacs qui font défiler les carcasses des bêtes), les mauvaises blagues des collègues, puis son histoire d'amour avec Laetitia,cette jeune étudiante, intérimaire à l'abattoir durant un été, en 2006, puis son adolescence pas toute rose, dans la banlieue de Rennes, avec son jeune frère Jonathan, qui a réussi  sa vie mieux que lui,apparemment, avec un travail , une femme (Audrey) et deux petites filles, qui sont un peu la bouée de sauvetage d'Erwann, quand il part en vacances avec eux, pour oublier le boulot et l'usine. 

Ce roman, c'est simplement l'histoire d'un naufrage, une vie qui bascule dans l'horreur la plus totale...mais aussi la plus banale...celle qui fera un article dans la rubrique "faits divers" du journal local et qui pourrait arriver à tous...et même à nous. 
En lisant Jusqu'à la bête, j'ai souvent été troublé de constater à quel point la vie d'Erwann, pouvait ressembler à la nôtre. Les histoires et les pensées qu'il raconte sur la vie à l'abattoir, a fait écho à mon propre travail. Et je me suis souvent demandé, lors de ma lecture,  ce qui avait fait que je n'avais pas (encore) péter les plombs, comme c'est le cas d'Erwann. 

Comment Timothée Demeillers a pu transformer une histoire si réelle et surtout si banale en un roman percutant et fort qui fait réfléchir? Tout simplement grâce à un style vif et nerveux, qui claque au visage du lecteur et qui rend le texte vivant. Il assène cette vérité crue, et cette banalité du quotidien pour en faire ressortir toute la tristesse abyssale qu'elle renferme. C'est pas joyeux, certes, mais c'est tellement vrai, que cela fait un peu peur par certains côtés. 
En tout cas, j'en ressors complètement hypnotisé, et un peu groggy. 

Au final, un roman noir percutant, d'un réalisme glaçant de banalité, sur un homme désabusé et hanté par son boulot, qui va le faire sombrer jusqu'au point de non retour. Un roman au style vif et saccadé, fait de phrases courtes, comme des coups de poing que le lecteur se prend en plein visage. La découverte d'un auteur à suivre, c'est certain, et que je serai curieux de retrouver (probablement avec son premier roman). Une belle découverte de cette rentrée littéraire. 

Merci aux Editions Apshalte pour la découverte de l'univers de Timothée Demeillers. 

Timothée Demeillers: Jusqu'à la bête, Editions Asphalte, 149 pages, 2017


mercredi 6 septembre 2017

La Discothèque du 20e siècle #233

En 1991, Crystal Waters se lance dans la chanson en lançant un la-da-dee-la-da-da entêtant.

Crystal Waters: Gypsy Woman (1991)



On pourrait imaginer qu'il s'agit d'un pseudonyme: son nom ne signifie-t-il pas littéralement "les eaux de cristal"? Eh bien pas du tout: nièce de la chanteuse de jazz Ethel Waters (une star des années 20 et 30 qui fut une idole de Billie Hollyday), Crystal est ingénieur diplômée en informatique lorsqu'elle se lance dans la chanson soul le temps d'une chanson dont les "la-da-dee-la-da-da" font le tour de la planète. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1991", Polygram Direct)

Bonne écoute!


mardi 5 septembre 2017

Rentrée Littéraire #5: Les Terres dévastées

4e de couverture: Au fond de la jungle mexicaine, des projecteurs s’allument en pleine nuit: un groupe de migrants, trahis par leurs passeurs, est pris d’assaut par des trafiquants. Certains sont exécutés; les autres sont stockés dans des camions pour être livrés alentour.
Sous la direction des deux chefs de bande, Estela et Epitafio, les convois prennent la route des montagnes. Ces amants contrariés jouissent des souffrances qu’ils infligent. Obsédés l’un par l’autre, ils tentent vainement de communiquer pour se dire leurs espoirs d’une nouvelle vie.
Tenu en haleine, le lecteur navigue entre les différents protagonistes: Estela et sa cargaison dans une direction, Epitafio dans une autre, son homme de main occupé à ourdir quelque vengeance, les jeunes passeurs qui répètent inlassablement leur triste tour… tandis que le chœur des migrants devient peu à peu «sans voix, sans âme et sans nom».
Dans ce récit construit avec une impeccable maîtrise, où les hommes et les femmes sont réduits à l’état de marchandises, Emiliano Monge met à nu l’horreur et la solitude, mais aussi l’amour, la loyauté et l’espérance qui animent les êtres.
Tragédie moderne à la prose rythmée, Les terres dévastées happent le lecteur dans un tourbillon aussi bouleversant que dérangeant.

Sans espoir et un amer goût de violence dans la bouche. Voilà comment pourrait être perçu le dernier roman d'Emiliano Monge. 
J'ai voulu découvrir ce livre pour sortir de ma zone de confort (la littérature américaine) pour trouver quelques chose de différent. Je crois que j'ai été servi avec ce roman mexicain. Il est bon parfois d'aller prendre des chemins de traverse qui nous font aller très loin. ici, c'est dans la violence la plus brute que l'auteur nous embarque et je dois dire que je n'étais pas préparé à ça. 
Emiliano Monge est en plein dans l'actualité avec ces migrants qui traversent la frontière mexicaine pour un monde meilleur...sauf que la jungle (ces fameuses terres dévastées) dans laquelle ils se trouvent va être un véritable enfer. Raconter l'histoire des migrants par le prisme de leur ravisseurs (car ces migrants sans noms, et sans visages vont se faire piéger par leurs passeurs, qui vont les donner à des trafiquants pour qu'ils les vendent) est une formidable idée, qui peut être à double tranchant pour le lecteur, qui se sent déstabilisé. 
En donnant un visage aux ravisseurs (Epitafio et Estela, ce couple, qui tout au long du livre va tenter de communiquer sans trop y parvenir), l'auteur m'a fait ressentir un sentiment étrange: une sorte de malaise: comment pouvais je avoir de la compassion pour ces ravisseurs et non pas pour ces pauvres gens? Tout simplement grâce à l'auteur qui leur à donner une âme, alors que la "masse de migrants" n'ont plus aucune identité et ne sont que marchandise. (C'est horrible de dire ça, mais c'est ce que j'ai ressenti envers ces gens, à qui l'auteur laisse pourtant,  parfois la parole). Seul l'un d'entre eux, Mausoléo (c'est Epitafio, qui la renommé comme cela) ce "géant" auquel Epitafio donne une chance à droit à la parole et à un nom: cette chanson, il  va la saisir et essayer de jouer double jeu avec les deux ravisseurs, Epitafio et Sepelio, afin de pouvoir s'en sortir. Il y a également une histoire de vengeance dans ce roman, sauf que sur ce coup, je n'ai pas totalement adhéré car je n'ai pas compris le ressentiment de Sepelio pour Epitafio. Peut être suis je passé à côté. Dommage, car cela créait une tension indispensable pour les enjeux de l'histoire. 
C'est un texte difficile à lire, de par la violence qui se dégage de la situation (on est dans une véritable jungle qui pue la mort à chaque pas), mais aussi de l'écriture crue de l'auteur. Pourtant, parfois, il y a des moments de lyrisme,qui m'ont charmé. Mais ils sont toujours contrebalancé par la violence verbale et physique qui émane de tout le livre. On oscille à chaque fois, entre enfer et paradis, espoir et désillusion et ce yoyo sentimental n'est pas de tout repos pour le lecteur. 
Il y a une sorte de fascination pour les personnages, pour la plupart malveillants, du livre,qui s'est formé dans mon esprit et qui m'a fait continuer ma lecture: j'ai eu envie de savoir comment tout cela allait se terminer. Ayant maintenant la réponse à cette question, je garde un goût amer dans la bouche: c'est un roman affreusement  pessimiste: la jungle m'a peu à peu englouti et je pense ne pas sortir indemne de cette lecture.
Au final, un roman percutant qui vous happe dès le départ, malgré une confusion, qui vous laisse sur le carreau, les 50 premières pages (comme si vous étiez vous même l'un des migrants du livre) et qui vous englouti dans un monde de violence, de haine et de désillusion, qui vous laisse l'esprit poisseux. Un roman dans lequel on ressort quelque peu sonné. Cette première découverte de la littérature mexicaine fut une véritable claque, qui m'a laissé KO. Un roman et une plume dévastatrice (celle d'Emiliano Monge) à découvrir ma fois, , en prenant garde toutefois, car vous risquez de prendre des coups et de ne pas en sortir indemne. 

Merci aux Editions Philippe Rey pour cette percutante découverte.

Emiliano Monge: Les Terres dévastées, (Las Tierras arrasadas), Philippe Rey, 347 pages, 2017


dimanche 3 septembre 2017

Slow Qui Tue #328: Everyday now

Le slow qui tue de la semaine se demande chaque jour maintenant, pourquoi elle l'a laissé partir.

Texas: Everyday now




Bonne écoute!


mercredi 30 août 2017

Rentrée Littéraire #4: Sissi, impératrice malgré elle

4e de couverture: 1853. Au Palais des Habsbourg, à Vienne, l'empereur François-Joseph Ier peut s'enorgueillir de la puissance de son empire, dont le pouvoir s'étend de l'Autriche à la Russie, en passant par l'Allemagne et la Hongrie. A la tête de la famille la plus puissante d'Europe, François-Joseph est riche, jeune, et prêt à se marier. Elisabeth, qu'on surnomme Sissi, duchesse de Bavière, n'a que quinze ans quand elle est introduite à la cour des Habsbourg en compagnie de sa soeur aînée, promise à l'empereur. 
Mais ce dernier, attiré par la beauté saisissante de Sissi, son charme rafraîchissant et son esprit vif, décide que c'est elle, en réalité, qu'il veut épouser... Sissi doit d'abord faire face à un dilemme avant d'être brusquement mise sur le devant de la scène royale. Mais la jeune fille n'a aucune idée des épreuves qui l'attendent.

Dans l'inconscient collectif, Sissi est un personnage mythique incarnée à l'écran par Romy Schneider dans trois films. 
Seulement, il ne faut pas oublier qu'avant d'être un personnage de films, Elizabeth de Bavière, devenue impératrice d'Autriche est avant tout un personnage historique, qui est bien loin de ce que montrait les bluetttes cinématographiques. 

Dans ce premier volet, qui retrace la vie de Sissi, Allison Pataki s'éloigne des films pour se concentrer sur la véritable Sissi, et tout ce que je peux dire, c'est qu'elle réussit amplement à donner du souffle à son roman et à son personnage. C'est captivant. 
En lisant ce livre, on se rend compte que Sissi n'a pas eu la vie si facile que ça: à cause d'un coup de foudre pour son cousin Franz, elle va se retrouver propulsée au rang d'impératrice, titre qui aurait dû échoir à sa soeur Hélène. Sauf que la jeune fille de 15 ans, n'est pas prête pour jouer ce rôle, et sa belle-mère, l'archiduchesse Sophie va lui en faire voir de toutes les couleurs. 
On est bien loin du glamour des films et j'ai été souvent peiné de voir la vie de Sissi à la cour de Vienne. J'ai souvent fulminé devant son combat avec Sophie, dans lequel elle est si souvent perdante. 
Sissi est un personnage flamboyant, fougueux, qui se laisse emporter par l'amour (comme toutes les ados de 15 ans), mais son côté rebelle n'a pas sa place à la cour et ses accès de colère et de rébellion sont souvent compris comme des caprices d'enfant gâtée. Mais surtout, Sissi se rend bien compte qu'elle ne peut pas compter sur le soutien de son mari Franz, (le véritable fils à sa môman, qui dit amen à tout ce que dit cette dernière). J'ai souvent eu un sentiment de frustration vis à vis de ça. Le portrait que fait Allison Pataki de l'empereur est bien loin de l'image romantique que j'avais gardé de Franz, mais elle est plus proche de la vérité historique, il me semble. 

Encore une fois, la construction du roman est fait de flashbacks (je rencontre ce procédé assez souvent dans mes lectures,ces derniers temps) , puisque le roman débute en juin 1867, en Hongrie, pour revenir dans le premier chapitre en juillet 1853,  à Possenhofen, lors de la discussion de la duchesse Ludovica, avec ses filles Elizabeth et Hélène, à propos des fiançailles de cette dernière avec son cousin Franz. 
Le récit va ainsi se dérouler sur une quinzaine d'années, pour montrer le coup de foudre de Sissi pour Franz, son mariage, sa vie à la cour de Vienne, son combat avec Sophie, sa solitude et sa dépression, dû au fait que ses enfants soient élevés par sa belle-mère Sophie et qu'elle ne les voit quasiment pas. 
Sauf que Sissi va se prendre de passion pour la Hongrie, pays représenté par un certain Andrassy. Elle va prendre alors une décision qui va changer son destin. 

Au final, un roman historique de très belle facture, qui donne à voir un personnage important de l'histoire d'Autriche, bien loin de l'image guimauve des films. Le style de l'auteur est fluide, et cette histoire d'amour déçu nous ouvre les portes de la cour de Vienne, avec ses intrigues politiques, ses coups bas et autres joyeusetés. C'est captivant de bout en bout et la fin nous augure un nouveau départ pour Sissi dans un 2e tome, que je prendrai plaisir à lire. En tout cas, si vous voulez en savoir plus sur la vraie Sissi, n'hésitez pas à vous plonger dans ce très bon roman d'Allison Pataki. 

Merci aux Editions de l'Archipel pour la découverte. 

Allison Pataki: Sissi, impératrice malgré elle, (The Accidental Empress), L'Archipel, 519 pages, 2017


La Discothèque du 20e siècle #232

En 1990, le groupe C+C Music Factory allait nous faire transpirer sur les pistes de danse.

C+C Music Factory: Gonna Make you sweet (1990)





"Nous allons vous faire transpirer", sous titré Everybody dance now, est le premier n°1 des ventes (catégories pop et rythm'n'blues) aux USA pour ce duo formé par les sorciers de la dance Robert Clivilles et David Cole (d'où le C+C), épaulé pour l'occasion par la chanteuse Freedom Williams. Clivilles décèdera prématurément au milieu de la décennie, peu après la sortie de l'album Anything Goes! (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1990", Polygram Direct)

Bonne écoute!