samedi 11 avril 2015

Les 3 crimes de West Memphis

4e de couverture: West Memphis, petite ville de l’Arkansas. Le 5 mai 1993, trois enfants de 8 ans sont portés disparus. On les retrouve égorgés le lendemain dans un bois dénommé le « nœud du diable ». Ils auraient été tués suite à un rituel satanique.
Très vite, trois adolescents, Damien Echols, Jason Baldwin et Jessie Misskelley sont appréhendés suite au témoignage accablant de deux personnes.
Malgré une enquête bâclée et une absence totale de preuves, Baldwin et Misskelley sont condamnés à la perpétuité, Echols à la peine de mort…
Face aux incohérences du dossier, un détective privé décide de mener sa propre enquête.


En 1692, a Salem Village (aujourd'hui Danvers) quelques jeunes filles, dont Abigail Williams, Ann Putnam et Betty Parish accusent certains concitoyens de les avoir envoutées et d'être des sorciers et des magiciens alliés à Satan. Ce fait divers resta gravé dans l'histoire américaine sous le nom des Sorcières de Salem. Mais cela vient d'un autre temps, et comme on dit autre temps,autre moeurs. Dans notre société actuelle, cela ne se reproduirait pas. Sauf que...300 ans plus tard, en 1993, dans une petite ville de l'Arkansas, West Memphis, une "nouvelle chasse aux sorcières" est lancée, et cela parait impensable, mais c'est pourtant vrai: 3 jeunes adolescents marginalisés, qu'on dit satanistes, vont être pris pour cible par la police dans le meurtre de 3 enfants de 8 ans, d'une telle monstruosité qu'on ne peut pas l'imaginer. 

Mara Leveritt, journaliste vivant en Arkansas, décrit, de façon objective et neutre tous les points troublants de cette affaire qui défraya la chronique. Elle démonte, un par un, tous les manquements de la police et de la justice dans cette affaire, sans jamais prendre parti, pour qui que ce  soit. 

J'ai été happé dès les premières pages: ce livre sur cette affaire incroyable, se lit comme un polar et est aussi addictif. Au fil des pages, l'enquête bâclée de la police est dévoilée point par point, ce qui fait qu'on a toute la lumière sur cette affaire, de l'intérieur. On prend alors fait et cause pour les 3 accusés. Il ne peut en être autrement, au vu des événements et des éléments que l'auteur nous donnent à lire. Du moins, le lecteur est troublé par tout ça. 

Jamais un livre ne m'a autant révolté et mis en colère. A chaque page, je fulminais devant le manquement des policiers, du juge et des procureurs, qui, parce qu'ils n'ont pas fait leur travail correctement et consciencieusement, ont préféré s'en prendre à 3 adolescents qui ne sont coupable de rien, sauf de ne pas être comme les autres adolescents de leur âge, s'intéressant aux mondes occultes, écoutant du heavy metal... Pour autant, cela ne fait pas  pas d'eux des adorateurs du diable...Oui, mais voilà, nous sommes dans le Sud profond des Etats Unis, là où, dans les années 50,  le Rock était considéré comme une musique du diable et Elvis, un chanteur possédé par Satan (!!) Et tout ce qu'on peut dire, c'est que ces croyances ont la vie dure. 
Les flics n'ont pas étudiés toutes les pistes et tous les indices en leur possession: l'homme noir couvert de sang, vu dans les toilettes des femmes du restaurant Bojangles, le soir de la disparition des gamins, le passé violent de Mark Byers, le beau-père, d'un des garçons tués, le couteau ensanglanté de ce même Byers, remis à la police quelque temps avant les procès des 3 adolescents...et autant de preuves qui sont passés à la trappe, parce que la police a préféré s'orienter vers la thèse d'un crime sataniste et s'est acharné sur 3 adolescents. 

Mara Leveritt nous donne tous les indices de cette affaire, mais se focalise aussi sur John Mark Byers, le beau-père de Christopher, en nous rappelant son passé et ses démêlées avec la justice. Cette mise en lumière sur l'un des pères d'une des victimes fait de lui l'un des suspects potentiels dans cette affaire...sauf que la police ne l'a pas pris en compte. 

Alors, j'avoue, c'est facile de prendre fait et cause pour les 3 accusés (qui sont les 3 autres victimes dans cette affaire) quand le lecteur a tous les éléments pour arriver à cette conclusion, puisque l'auteur nous retranscrit, point par point, toute l'enquête de l'intérieur. Mais, je me suis alors posé la question: si j'avais lu l'histoire de cette affaire dans les journaux, à l'époque, quel aurait été mon sentiment: aurais je pris la défense de ces 3 adolescents ou les aurais je condamné moi-même? Je ne peux pas répondre à cela car je n'en sais rien. 

Heureusement pour Damien Echols, Jason Baldwin et Jesse Miskelley Jr, certaines personnes ont cru en leur innocence et se sont battus pour les faire sortir de ce système qui les a broyés. (Après 18 ans d'incarcération, les 3 de West Memphis ont été libérés,en 2011  mais pas de la bonne manière: ils ont dû accepter un accord impensable: ils devaient plaider coupable pour trois chefs d'inculpation pour meurtre, tout en clamant leur innocence, s'ils voulaient que l'Etat les libèrent. C'est à dire qu'aux yeux de la loi, ils sont toujours considéré comme des repris de justice (ce qui veux dire qu'à la moindre infraction, c'est retour direct par la case prison). Ils sont libérés mais pas innocentés, tout ça parce que l'Etat ne veut pas reconnaître avoir fait des erreurs. Tout simplement révoltant. 

Voilà un livre passionnant, qui ravira les amateurs de faits divers, sur une enquête qui fit grand bruit aux Etats Unis, moins connu en France (en fait, le nom de Damien Echols ne m'étaient pas inconnu mais je ne me souvenais pas où je l'avais entendu. Cela m'est revenu hier en voulant savoir ce que les 3 de West  Memphis étaient devenu aujourd'hui: j'ai vu Damein Echols dans l'émission de Thierry Ardisson, Salut les Terriens, en mars 2014, pour la sortie de son livre , La vie après la mort (un livre témoignage qui m'interpelle encore plus après la lecture du livre de Mara Leveritt et que je pense lire un jour  pour avoir la vision d'un des protagonistes de cette macabre histoire, de l'intérieur). 
Un livre passionnant et addictif qui se lit quasi d'une traite, et qui, malgré son sujet très difficile (il faut avoir le coeur bien accroché sur certains passages), nous éclaire encore une fois sur la bêtise humaine. 
On dit souvent que l'erreur est humaine, mais quand celle ci est dû à des incompétents qui risquent la vie de 3 adolescents, elle est impardonnable. On ne peut pas jouer avec la vie des gens. 

Un livre coup de poing qui me marquera pour longtemps. J'ai été estomaqué, bouleversé, révolté, en colère. En tout cas, je vous invite à vous faire votre propre opinion en vous plongeant dans ce document captivant qui se lit comme un thriller et qui nous montre un autre pan de la société américaine. Et ce n'est pas le plus joli. 

Merci à Audrey et aux Editions L'Archipel pour cette découverte des plus captivantes. 

Mara Leveritt: Les 3 crimes de West Memphis, (Devil's Knot), L'Archipel, 394 pages, 2015





mercredi 8 avril 2015

La Discothèque du 20e siècle #101

En 1952, Mouloudji nous expliquait d'où lui venait sa passion  des coquelicots.

Mouloudji: Comme n p'tit coquelicot (1952)

Comme un p'tit coquelicot by Mouloudji on Grooveshark

Adaptation d'un refrain populaire du XVIe siècle (J'ai descendu dans mon jardin) que l'on doit à Claude Valéry (pour la musique) et à Raymond Asso (pour le texte), Comme un p'tit coquelicot est, avec Un jour, tu verras, la chanson la plus célèbre de Mouloudji. Acteur tout d'abord, puisqu'il avait tourné pour le cinéma dès la fin des années 30 (Les Disparus de Saint-Agil) Mouloudji a ensuite participé au renouveau de la chanson française. Comme un p'tit coquelicot lui a même valu le Grand Prix du disque en 1953. (Source: Fascicule "L'encyclopédie de la chanson française n°22", Universal Collections)

Bonne écoute!

lundi 6 avril 2015

Nous ne sommes pas nous-mêmes

4e de couverture: Une révélation littéraire comme on en voit rarement. Épique, tendre, cruelle, traversant toute la deuxième moitié du xxe siècle, une oeuvre bouleversante qui, à travers le désir d'ascension d'une femme, interroge l'American Dream et rappelle les plus belles heures du grand roman américain.

De son enfance dans un minuscule appartement du Queens d'après-guerre, fille unique d'un père camionneur idole du quartier, et d'une mère qui noyait sa mélancolie à grands coups de scotch, Eileen Tumulty a tiré un principe : toujours viser plus haut, ne jamais renoncer à sortir de sa condition.
Faire des études, décrocher un diplôme d'infirmière : Eileen s'accroche, s'endurcit. Tomber amoureuse, épouser Ed : Eileen s'envole, elle a de l'ambition pour deux. Donner naissance à un fils, trouver la maison de ses rêves, former une vraie famille : Eileen veut encore plus, encore mieux.

Et pourtant...
Les rêves ne sont-ils jamais que des rêves ?

Sentir la menace, redouter le pire, se révéler dans l'épreuve.

Et puis choisir de continuer à vivre, malgré tout.


Ce roman-fleuve de Matthew Thomas m'a déconcerté. En lisant la 4e de couverture, je m'attendais à lire une fresque de l'Histoire Américaine, vécue à travers le prisme d'une famille américaine, sur plus de 60 ans. J'ai commencé ma lecture avec cet objectif et, au final, ce n'est pas ce que j'y ai trouvé. Non, ce roman n'est pas un livre sur l'Amérique. C'est un roman intime centrée sur une famille, les Leary,  avec leurs joies et leurs peines. Ayant compris cela, c'est à ce moment là que le roman s'est révélé à moi. Il m'a bouleversé, chamboulé. 
Matthew Thomas a donné du corps à ses personnages. Nous sommes vraiment dans l'intimité d'un couple, de sa rencontre jusqu'à la disparition d'un des deux. Ed et Eillen Leary démontre que l'amour est plus fort que tout. Malgré ses rêves de grandeur, Eillen n'a jamais baissé les bras et a toujours soutenu son mari, jusqu'au bout. C'est beau, émouvant. 

En fait, j'ai pris le temps de lire ce roman car, au final, il ne s'y passe pas des événements majeurs qui vous clouent sur place et vous fait tourner les pages à une vitesse folle. C'est un roman qui prend son temps et qui expose les faits de manière poétique et cruelle, et qui nous parle surtout du temps qui passe et des rêves qui ne restent que des rêves. 
J'en étais donc à penser que ce roman était bien sympathique mais qu'il n'avançait pas beaucoup, pestant déjà sur le fait que l'auteur aurait pu nous éviter certains passages et faire plus court (ceci est un fait avéré pour moi: l'auteur aurait pu resserrer son roman,en évitant de s'appesantir sur certains passages, mais bon, c'est souvent le défaut des premiers romans), et voilà qu'un événement va tout changer dans ma perception du roman. 
A ce moment là, le couple Leary (qui a eu un fils depuis quelque temps déjà) se délite progressivement: Eillen ne reconnait pas son mari et commence à s'éloigner de lui. Elle sent qu'ils n'ont pas les mêmes ambitions et le lecteur que je suis, sent que le couple arrive à un point de non retour. Mais voilà qu'une maladie s'invite dans le couple. Cette maladie va me faire changer de regard sur la famille Leary et changer ma perception du roman. A partir de ce moment là, je me  suis senti proche de cette famille, m'y retrouvant parfois. J'ai été ému aux larmes devant le combat de ce couple qui se lance dans une lutte perdue d'avance, puisque cette maladie (L'Alzheimer pour mettre un nom sur celle ci) ne se soigne pas. 
J'avoue qu'a partir de ce moment, le roman devient un peu éprouvant émotionnellement, puisque cela fait plus de 400 pages  que le lecteur s'est attaché aux Leary, avant que la maladie se déclare. L'auteur ne nous épargne rien sur la dégradation que provoque la maladie chez Ed, et cela a été difficile pour moi de le lire car j'ai été confronté à cette maladie. Cela a fait ressortir en moi des sentiments et des émotions que j'ai vécu. 

La maladie d'Ed pourrait être assimilée à la fin du rêve américain. Au début du roman, Eillen, fille d'un Irlandais qui s'est établi à New York pour y refaire sa vie, a des rêves plein la tête: elle veux avoir un très bon métier (avocate, médecin...), une belle maison dans un quartier "riche": le rêve américain par excellence...sauf que Ed, son mari n'a pas les mêmes ambitions qu'elle, ce qui va la démoraliser. Elle va voir son quartier changer avec des familles noires, indiennes s'installer près d'elle...et ce n'est pas ce qu'elle veut pour sa famille. Elle réussira à acheter une maison dans une banlieue plus huppée, mais c'est à ce moment là que sa vie va basculer et que ses rêves de réussite vont tomber en lambeaux: elle va alors se consacrer à son mari,tout en gardant l'espoir que son fils Connell, aura une meilleure vie qu'elle. Sauf que Connell ressemble plus à son père.
Ce roman fabuleux sur la désillusion et les espoirs déçus est bouleversant, dérangeant parfois, crispant devant certaines situations mais toujours juste. Matthew Thomas nous embarque dans cette histoire américaine qui ressemble à beaucoup d'autre...et c'est ce qui fait sa force: la proximité avec le lecteur. 

J'ai bien conscience que je ne rend pas justice à ce roman avec cette chronique (je n'arrive pas à trouver les mots justes sur les émotions que j'ai ressenti tout au long de ma lecture), mais ne vous arrêter pas à cela. Nous ne sommes pas nous mêmes est un roman à lire pour tous ceux qui aiment les fresques intimistes, les grands romans qui nous parlent des gens simples, et qui déroule le fil de toute une vie: celle de la famille Leary. Faites leur connaissance, vous en ressortirez changé et vous verrez la vie d'un autre oeil. 

Merci à Brigitte et aux Editions Belfond pour cette merveilleuse rencontre avec les Leary. 

Matthew Thomas: Nous ne sommes pas nous mêmes, (We are not ourselves), Belfond, 788 pages, 2015


dimanche 5 avril 2015

Slow Qui Tue #229: Mmm Mmm Mmm

Le slow qui tue de la semaine vous murmure cette chanson à l'oreille.

Crash Test Dummies: Mmm Mmm Mmm


Bonne écoute!


samedi 4 avril 2015

Descente en librairie #54

Au mois de Mars, 17 livres ont rejoint ma PAL (Le Salon du Livre de Paris est passé par là).

07/03


Un roman qui m'a fait envie dès que j'en ai entend parler. Pour sa couverture et ses pages dorées, mais aussi pour son auteur: Mark Gatiss, l'un des scénaristes de "Doctor Who" mais surtout, le co-créateur de la série "Sherlock" (dans laquelle, il interprète le rôle de Mycroft). Mais, le plus beau, c'est que ce livre m'a été offert par un ami,  qui savait que je le voulais absolument. Si c'est pas beau, ça!






(Cadeau)

11/03


Un roman que je n'attendais pas mais que je suis quand même content d découvrir. J'ai profité du passage de l'auteur au Salon du Livre pour le faire dédicacer.









(Reçu dans ma BAL)

17/03


14e roman de la collection Belfond [Vintage]. Un roman anglais, ambiance "Downton Abbey" (d'ailleurs le créateur de la série signe la préface de ce roman), cela ne peut que me plaire. De toute façon, je n'ai pas encore été déçu par un des romans de cette collection. Donc, pourquoi celui ci serait l'exception  qui confirme la règle.







(Reçu dans la BAL)

21/03

Pour mes achats au Salon du Livre, je vous renvoie à l'article récapitulatif de ma journée trépidante de ce Salon: par ici.

24/03


L'année dernière, j'avais découvert le 3e roman de cette auteure, A la Claire Rivière, qui m'avait énormément plu. Voilà que son dernier roman (qui est sorti le 2 avril 2015) rejoint ma PAL avec plaisir. Je vais pouvoir continuer ma découverte de cette auteure avec un livre qui se déroule au XIXe siècle...mais une ambiance toujours aussi anglaise. Tout ce que j'aime.







(Reçu dans ma BAL)

25/03

Une petite visite à France Loisirs qui commençait très mal puisque rien ne me tentait...mais il fallait bien faire son achat du trimestre...Et voilà que je tombve sur ce roman que j'avais repéré en librairie, il y a quelques mois. Un "polar", qui rappelle le film "12 years a slave", du moins pour le début de l'histoire: Tim Wilde enquête sur la disparition d'un enfant et de sa mère, noirs affranchis, kidnappés pour être revendus comme esclaves dans le Sud.






(Achat France Loisirs)

26/03

Un roman avec Broadway dans le titre. Une couverture dont l'image est tiré du Film musical "Tous en scène", les années 40/50. N'en jetez plus, ce livre devait rejoindre ma PAL, car, pour un amateur de comédies musicales comme moi, il ne peut que me parler. Puis, ce sera l'occasion de découvrir la plume de Malika Ferjoukh, auteure de la saga "Quatre Soeurs, dont j'ai entendu beaucoup de bien.






(Achat Espace Culturel Leclerc)

Oui, enfin, ce "Passage du Gué", sur lequel je n'arrivais pas à mettre la main, a rejoint mon petit chez-moi (comme quoi , il est toujours bon de faire un petit tour sur les sites marchands. On trouve toujours son bonheur). Je suis ravi. De plus, il est arrivé en bon état. En tout cas, j'ai tous les romans adultes de Monsieur Blondel. Il ne me reste plus qu'à les lire (ou les relire).







(Achat Amazon)

Au mois prochain pour les nouveaux arrivés dans ma PAL.


jeudi 2 avril 2015

Editions Belfond (Domaine étranger): Avril 2015

Voici certains livres des  Editions Belfond à paraître  pour le mois d'Avril  2015.

Sorties du 2 avril 2015


« La Grande Guerre »… C’est de la bouche d’un mort que le médecin légiste Mehmed Graho, officiant à Sarajevo au lendemain du 28 juin 1914, entend ces mots. Et quel mort : l’archiduc François-Ferdinand en personne, tué en pleine rue avec son épouse, maintenant gisant sur sa table d’autopsie. C’est ainsi que la Grande Guerre a commencé pour Mehmed Graho… et ainsi que commence un roman d’un genre nouveau, où s’entremêlent dans une époustouflante orchestration les vies de soixante-dix-huit protagonistes, réels ou fictifs, figures historiques de cette Belle Époque si confiante en son avenir, ou anonymes de tous les pays engagés. Guillaume Apollinaire ou Jean Cocteau en France, un commerçant d’épices à Istanbul, Hans Dieter Huis, chanteur d’opéra, et  Fritz Haber, inventeur du gaz moutarde en Allemagne, le père Donovan en Angleterre, le roi de Serbie et son fils Alexandre, commandants et officiers des armées de tous bords, chanceux et malchanceux innombrables, démobilisés, revanchards, collaborateurs, espions… Du début à la fin du conflit, tous ces destins humains forment une trame indémêlable où se tisse, au rythme toujours plus ravageur de la guerre, l’effondrement de toute une génération.  


L’érudition de l’historien et le formidable talent du romancier tiennent en haleine et bousculent les frontières de la réalité et de la fiction. Aleksandar Gatalica semble emprunter autant à La Grande Illusion de Renoir qu’À l’ouest rien de nouveau de Remarque ou au cubisme de Guernica, mais surtout il ose réinventer l’Histoire sans la déformer, usant d’un humour grotesque ou surréaliste, d’images saisissantes aussi belles qu’incongrues, d’une touche de folie, comme un coup de baguette magique pour mieux y transporter son lecteur.   


Bath, XIXe siècle. Rachel Crofton croyait échapper à son destin de gouvernante en épousant Richard Weekes, un négociant en vins bien introduit dans la bonne société de Bath. Hélas, quand son mari révèle son vrai visage d’homme colérique, opportuniste et pingre, Rachel se voit contrainte d’accepter la proposition de lady Alleyn, qui cherche une dame de compagnie pour son fils, Jonathan, vétéran de la guerre d’Espagne. Dès son arrivée dans l’auguste demeure de Lansdown Crescent, Rachel comprend que derrière les belles apparences, nombreuses sont les failles : pourquoi Jonathan réagit-il si fortement à sa vue ? Le traumatisme dont souffre cet homme est-il uniquement lié à ses souvenirs de guerre ? Qui était Alice, sa fiancée ? Pourquoi Starling, la petite servante, a-t-elle juré de prendre sa revanche sur Jonathan ? Et quels rôles jouent lady Alleyn et Richard auprès de ces esprits troublés ? À force d’investigations, Rachel va mettre au jour un secret si terrible qu’il pourrait bien faire voler en éclats toute la bonne société de Bath…  


Dans une construction habile où alternent deux périodes, Katherine Webb tisse comme à son habitude une intrigue subtile et vénéneuse qui capte le lecteur jusqu’aux toutes dernières pages, révélant au fur et à mesure tous ses mystères et toute son ampleur. 

Sorties du 16 avril 2015


À 54 ans, Douglas Petersen voyait sa vie toute tracée : encore quelques années à son poste de biologiste avant de profiter d’une retraite paisible auprès de Connie, son épouse artiste, dans leur maison londonienne vidée de leur fils Albie, que la vie aurait consacré grand photographe. Mais Connie en a décidé autrement : elle lui annonce soudainement qu’elle n’est plus certaine de l’aimer. Un véritable choc pour Douglas, dont l’esprit scientifique se trouve démuni. Elle ne peut pas le quitter avant d’avoir accompli leur tour d’Europe qu’il prépare depuis des mois ! Paris, Amsterdam, Munich, Venise, Sienne, Madrid, Barcelone… L’occasion de réveiller les doux souvenirs de vingt ans de vie commune, de reconquérir sa femme et de tisser des liens avec cet inconnu qu’est devenu son fils. Les hôtels sont réservés, les billets de train sont pris, le programme est plastifié, qu’est-ce qui pourrait mal tourner ?   


« Une tragi-comédie sur le mariage, la parentalité, le voyage, l’art et la science », dit David Nicholls, élu meilleur écrivain britannique par le jury du National Book Award 2014 avec ce quatrième roman, succès immédiat à sa parution en Angleterre, sélectionné pour le Man Booker Prize. On retrouve avec bonheur l’art consommé des dialogues et la construction savante de David Nicholls, son sens aigu de l’autodérision et sa finesse psychologique. Rencontres farfelues, péripéties rocambolesques, séquences poignantes : un voyage nostalgique et périlleux pour le trio familial. 

L'esprit d'ouverture


Avez-vous déjà entendu cette histoire : un homme s’endort et rêve qu’il est un papillon. À son réveil, tout est rentré dans l’ordre, mais cet homme se questionne : est-il bien réveillé, ou ne serait-il pas, finalement, un papillon en train de rêver qu’il est un homme ? Ce rêveur, souvent désigné comme le premier des anarchistes, est Tchouang-Tseu, l’un des fondateurs du taoïsme. Sur le modèle du Bonheur selon Confucius, Yu Dan restitue les enseignements du maître et en propose une relecture accessible et enrichie de nos questionnements quotidiens. Comment bannir l’égocentrisme de nos vies et trouver la sérénité dans le rapport à l’autre ? Comment se garder de tout jugement, par nature vain ? Comment trouver une place dans nos sociétés actuelles ?  

Enrichi de superbes illustrations, Le Bonheur selon Tchouang-tseu est un concentré de sagesse pour notre époque.  

Belfond Noir


Keisha Ceylon est une voyante aux dons exceptionnels. En tout cas, c’est ainsi qu’elle se présente aux familles fragilisées par la mort ou la mystérieuse disparition d’un proche, et auxquelles elle vend – très cher – ses services. Dans la réalité, Keisha est une charmante mère célibataire, femme de ménage sans le sou qui, pour arrondir ses fins de mois, arnaque les familles en détresse avec l’aide des supposés disparus. L’entreprise est un succès ! Jusqu’au jour où Keisha se met en tête de « venir en aide » à Wendell Garfield, dont l’épouse Ellie n’est jamais rentrée du supermarché. Face au désespoir de Wendell et de sa fille Melissa, Keisha ne se laisse pas abattre et commence à exposer ses « visions ». Mais cette fois-ci, l’apprentie voyante frôle de très près la vérité… Et vient d’inscrire son nom sur la liste des prochaines victimes.  

 Prise au piège de ses prédictions, une fausse médium se retrouve sur le chemin d’un vrai tueur. Dons de voyance, machinations et rebondissements en cascade, on retrouve avec bonheur l’humour et le sens du suspense de Linwood Barclay.  

mercredi 1 avril 2015

La Discothèque du 20e siècle #100

En 1944, Joseph Kessel et Maurice Druon  rendaient un hommage vibrant aux héros de l'ombre, par la voix d'une résistante, Germaine Sablon.

Germaine Sablon: Le Chant des partisans (1944)

Le Chant des Partisans by Germaine Sablon on Grooveshark

Fille de compositeur et sœur du chanteur Jean Sablon, Germaine Sablon débute au cabaret dès 1932. Engagée dans la Résistance, comme le raconte Yann Plougastel dans son "Dictionnaire de la chanson française et francophone" (éditions Larousse), elle fait écrire et crée Le chant des partisans (paroles de Jospeh Kessel et de son neveux Maurice Druon, la chanson s'intitulait initialement Le chant de la Libération) en 1943. Destinée à l'origine à servir d'indicatif à Radio-Londres, la chanson sera, bien plus qu'un tube, un véritable hymne libérateur au lendemain du Débarquement. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1940/49", Polygram Direct)

Bonne écoute!