samedi 18 mai 2019

Le Moi(s) Belfond #5: Les Délices de Turquie (Belfond Vintage Saison 1, Volume 1)

4e de couverture: Original, cru, provocateur, tendre, un roman à l’énergie contagieuse, à la liberté de ton étonnante, porté par une écriture fougueuse et sensuelle. Quelque part entre Les Valseuses et Le Dernier Tango à Paris, l’histoire d’une passion folle dans l’Amsterdam des années 1960. La redécouverte d’un roman culte et de son auteur, artiste total à la réputation scandaleuse, en révolte perpétuelle contre l’hypocrisie d’une société engoncée dans un protestantisme pudibond. Jan Wolkers est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands écrivains néerlandais d’après-guerre, aux côtés d’Harry Mulisch, Gerard Reve et Willem Frederik Hermans. 

Les Délices de Turquie ont été adaptés au cinéma en 1973 par Paul Verhoeven, avec Rutger Hauer et Monique Van de Ven dans les rôles principaux, et ont été désignés comme le meilleur film néerlandais du XXe siècle.

Premier titre qui lança la collection Belfond [Vintage], il y a 7 ans, Les délices de Turquie est un roman qui me faisait "peur". 
Je l'ai acheté parce que je suis un collectionneur et que, donc, j'aime bien avoir tous les titres d'une même collection...surtout d'une collection dont tous les titres lus jusqu'à présent,m'ont plu, à des degrés divers. 

Pourtant, ce titre, acheté il y a donc 7 ans, a dormi dans ma PAL tout ce temps, car le sujet et l'érotisme dont parlait la 4e de couverture m'attirait moyen. J'avais lu les premières pages il y a quelques années et j'ai de suite pensé que ce livre allait être difficile à lire pour moi, les livres érotiques n'étant pas trop ma tasse de thé. 

Puis, en lançant le Mois Belfond, je me suis dis qu'il serait peut être temps de lire ce premier numéro de [Vintage]. Je me suis dis: vu la ligne éditoriale de la collection et les titres proposés depuis 7 ans, il devait bien ressortir de ce livre quelque chose qui me plairait. 
Ainsi, je me suis lancé ce matin dans la lecture de ce roman et les débuts furent très difficile: la crudité des termes employés dans les premiers chapitres, un côté scato qui apparaît par moment, m'ont été un peu pénible à lire. J'avoue, j'ai commencé à lire ce livre avec un détachement et une volonté d'en finir vite afin de me dire: aussitôt, lu, aussitôt oublié, je pourrais passer à autre chose. 
Ainsi, les pages s'enchaînent et mon esprit est ailleurs, voulant au plus vite être débarrassé de cette lecture pénible...sauf que je me suis surpris a continuer ma lecture par intérêt. Le narrateur de l'histoire avait réussit à me happer et j'ai enfin compris, que derrière ce côté cru et provocant, se cachait un roman touchant sur une passion amoureuse débordante. 

Mais au fait, "Les délices de Turquie", ça raconte quoi: l'histoire du narrateur, qui n'est jamais nommé, qui vient de se faire quitter par sa femme, après deux ans de mariage et qui a du mal à s'en remettre. Il va ainsi nous raconter sa rencontre avec Olga, sur le bord d'une route, sa passion et ses parties de jambes en l'air avec elle, son dégoût pour sa belle-mère, qui fera tout pour que cela capote, car elle ne veut pas que sa fille vive avec un artiste. 

Si l'on passe outre ce côté provocant et sexuel, nous avons affaire à un roman terriblement émouvant sur une histoire d'amour fusionnelle et sans complexe, avec deux personnages tourmentés qui arriveront à briser votre carapace. Je vous assure que la fin du roman m'a donné des frissons tellement c'était beau. On ressent tout au long du roman la détresse du héros devant son amour perdu, mais aussi celle d'Olga, qui errera d'homme en homme après la rupture avec le narrateur, pour trouver le bonheur, si fugace soit il. 
En définitive, c'est un roman bien plus profond qu'il n'y parait, et, qui, sous couvert de raconter une histoire d'amour, nous parle d'une époque libérée sexuellement, celle de la fin des années 60. 

Au final,  un roman bien plus profond et subtil que cache ce côté sulfureux et provocant. Un roman que j'ai ouvert à reculons, en lisant les premiers chapitres avec détachement, mais qui a su me toucher de par ses deux personnages principaux, le narrateur et Olga. Deux êtres libérés qui se sont brûlés les ailes au feu du désir. Un roman sur le deuil d'un amour qu'on ne rencontre peut être qu'une fois dans sa vie. 



Jan Wolkers: Les Délices de Turquie, (Turks Fruit), Belfond, (Collection Belfond [Vintage]), 246 pages, 1969 (pour l'édition originale), 1976 (pour la traduction française), 2013 (pour la présente édition)


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