Affichage des articles dont le libellé est Littérature anglaise. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Littérature anglaise. Afficher tous les articles

vendredi 10 septembre 2021

Son espionne royale mène l'enquête

 

Résumé: Londres, 1932.

Lady Victoria Georgiana Charlotte Eugenie, fille du duc de Glen Garry et Rannoch, trente-quatrième héritière du trône britannique, est complètement fauchée depuis que son demi-frère lui a coupé les vivres. Et voilà qu'en plus ce dernier veut la marier à un prince roumain !
Georgie, qui refuse qu'on lui dicte sa vie, s'enfuit à Londres pour échapper à cette funeste promesse de mariage : elle va devoir apprendre à se débrouiller par elle-même.
Mais le lendemain de son arrivée dans la capitale, la reine la convoque à Buckingham pour la charger d'une mission pour le moins insolite : espionner son fils, le prince de Galles, qui fricote avec une certaine Américaine...

Depuis quelques années, le "Cosy Mystery" (ou "Cosy Murder") a le vent en poupe, et ce, depuis le succès d'une certaine enquêtrice du nom d'Agatha Raisin. C'est ainsi qu'on a pu voir débarquer pléthore de séries de livres sur des enquêtrices amatrices qui se prennent pour Sherlock Holmes. 

N'oublions pas cependant que le Cosy Mystery existe depuis bien plus longtemps et que la créatrice de ce genre là est la Reine incontestée du crime Agatha Christie avec sa célèbre Miss Marple. Car, le Cosy Mystery, qu'est ce que c'est: ce sont des enquêtes menée par des femmes qui ne travaillent pas dans la police et qui vont devoir résoudre le plus souvent un meurtre, qui s'est passé dans leur entourage. Ces Cosy Mystery se déroulent souvent dans un petit village anglais...Tout comme Miss Marple, vivant à St Mary Mead, petite bourgade anglaise, où il y a toujours des disparitions ou des meurtres. Quand je vous disais que Miss Agatha avait inventé le genre (c'est probablement pour ça que MC Beaton a nommé son héroïne Agatha, en souvenir de la "Reine du Crime"); 

Comme vous le savez, je suis curieux de beaucoup de choses et je voulais tenter ce "nouveau phénomène littéraire" (même si je l'ai déjà testé en lisant pratiquement tous les Miss Marple d'Agatha Christie). Mais il y en a tellement que laquelle découvrir. En parcourant le rayon policier, mon regard s'est attardé sur la série de Rhys Bowen "Son espionne royale". Elle m'a attiré de par son environnement: en effet, ici, nous sommes à Londres (et pas à la campagne), dans les années 30, avec une aristocrate déchue (ne nous mentons pas, la demoiselle n'a plus un sou) qui fait partie de la famille royale d'Angleterre. Idée saugrenue, mais pourquoi pas. 

Cette série et ce premier tome, furent fort plaisant à lire. C'est cosy (forcément), cocasse et drôle, et très intéressant du point de vue social. Car, voir cette jeune aristocrate sans le sou se démener pour s'en sortir dans le Londres des années 30 est fort drôle. Alors, il est vrai que la famille royale anglaise a une petite part dans l'histoire et leur Histoire est racontée (ici, par exemple, la relation naissante entre le fils du Roi et de la Reine, David, qui entame une liaison avec une américaine quasi divorcée), mais il n'est pas nécessaire de connaître La Famille Royale d'Angleterre sur le bout des doigts pour s'y retrouver. Ces éléments historiques sont souvent connu du plus grand nombre. 

Alors, comme souvent dans ce premier tome, on a une longue mis en place (et je me suis même demandé si une intrigue policière allait avoir lieue dans ce tome, tellement je ne la voyais pas venir), mais celle ci est plaisante à lire, car on découvre la nouvelle vie de Georgiana, à Londres, après avoir entendu une discussion entre son frère et sa femme pour lui arranger un futur mariage avec un prétendant. Elle décide alors de plier bagage pour la capitale et chercher un moyen de survivre dans cette grande ville. 
Et comme souvent, dans ce genre de livre, l'héroïne va se retrouver dans le pétrin et devenir détective par hasard pour sauver sa peau et prouver son innocence. Alors cela ne casse pas trois pattes à un canard, mais c'est fort divertissant. J'ai aimé la personnalité de Georgie, ses démêlés avec la famille Royale, son amitié avec Belinda, les situations parfois impossibles dans lesquelles elle se trouve. On passe un bon moment de lecture, et je pense qu'il ne faut pas demander plus à ce genre de livre. 

Bon, en revanche, j'ai trouvé que la résolution de l'enquête est arrivée brusquement: pour tout vous dire, Georgie n'avait pas encore l'ombre d'un coupable une cinquantaine de pages avant la fin et dix pages plus loin, elle avait trouvée. Youhou! Une longue mise en place avant le grand embêtement pour Georgie, pour une résolution en deux minutes. C'était un peu trop rapide, même s'il y a des révélations que je n'ai pas vu venir. Mais je suis généralement bon public pour les intrigues policières et me laisse souvent porter. Enfin, j'espère que pour les autres tomes, la résolution ne viendra pas à Georgie comme une illumination...et surtout que l'auteure laissera un peu chercher le lecteur pour que lui aussi puisse résoudre l'enquête (comme le faisait si bien Agatha Christie dans ses romans).

Au final, un bon début pour une série drôle, sympathique et intéressante sur l'époque qu'elle raconte (les années 30), avec une héroïne combattante, parfois naïve mais qui essaye de s'en sortir. J'ai passé un bon moment de lecture et je compte bien lire la suite. 

Rhys Bowen: Son Espionne Royale mène l'enquête, (The Royal Spyness), France Loisirs, 341 pages, 2019)



dimanche 23 mai 2021

Bienvenue au Club

Résumé: Imaginez ! L'Angleterre des années soixante-dix, si pittoresque, si lointaine, avec ses syndicats prospères et sa mode baba cool. Une image bon enfant que viennent lézarder de sourdes menaces : tensions sociales, montée de l'extrême droite, et une guerre en Irlande du Nord qui ne veut pas dire son nom.
Mais dans ces années où l'État-providence laisse place au thatchérisme, Benjamin, Philip, Doug et leurs amis ont d'autres choses en tête : s'intégrer aux clubs de leur lycée, oser parler aux filles, monter un groupe de musique, s'échapper de Birmingham l'endormie pour des aventures londoniennes... Trop innocents pour saisir les enjeux et les intrigues qui préoccupent leurs parents. Jusqu'à ce que le monde les rattrape.
 


1er volet d'un diptyque (qui est devenue une trilogie entretemps), Bienvenue au Club est une radiographie de l'Angleterre des années 70. 

C'est en remarquant qu'un 3e volet était sorti en poche, que j'ai eu envie de sortir ce 1er volet du "Rotter's Club". Je dois dire que je ne m'attendais pas à autant apprécier ce livre. Bon, le côté lycéen du roman y est pour quelque chose. J'adore les romans qui se déroule lors de cette période de la vie, mais ce qui fait l'originalité de ce roman est dans sa forme. Jonathan Coe alterne les points de vue, entre les adolescents et les parents. Mais prend aussi le parti d'insérer des articles de journaux lycéens, des lettres et autre extraits de journaux intimes. 

Alors, il est vrai que la mise en main n'est pas évidente: le roman est foisonnant et le nombre de personnages à interagir peut nous perdre au tout début, mais on s'y fait et ensuite c'est un plaisir de découvrir les années 70 anglaises: le mouvement des grèves, la musique de ces années là, la montée de l'extrême droite et le côté politique est bien amené grâce à des personnages forts et attachants. 

Benjamin est probablement le personnage auquel j'ai été le plus proche: il se laisse porter par la vie et par les autres, mais réussira à trouver un équilibre. La vie ne va pas non plus l'épargner, et l'évènement qui arrive à sa soeur à la fin de la première partie, va chambouler sa vie en tout point. Bien sûr, son petit frère, Paul, est l'archétype du gamin à baffer que j'ai eu envie d'étriper à chaque apparition. 

Le côté social et politique, que l'on découvre grâce notamment au père de Doug, Bill Anderton, syndicaliste dans une usine, en grève au début du roman, est des plus passionnant et nous montre cette Angleterre aujourd'hui disparue, celle d'avant Thatcher. 

Puis, ce qui retient également l'attention, c'est le postulat de départ du roman: deux jeunes ados, Sophie et Patrick,  dont les parents respectifs se sont retrouvés par hasard à Berlin en 2003, (29 ans avant les évènements du roman) , décident de faire connaissance en racontant la vie de leur parents...sauf qu'on ne saura qu'à la fin du  roman qui est cette fameuse mère et ce fameux père, laissant ainsi au lecteur la surprise et instille un suspense qui nous fait avancer. 

Autre point que j'ai trouvé stylistiquement original, c'est l'écriture de la dernière partie: celle ci n'est composée que d'une seule phrase, dont le point final n'arrivera qu'au bout de 50 pages. Je vous l'accorde, il faut la lire d'une traite, mais c'est un procédé magique qui nous fait avancer et comprendre dans quel état d'esprit est Benjamin à ce moment là. 

Vous l'aurez compris, ce roman m'a plu pour son côté historique, mais aussi stylistique et narratif. Et comme, vous vous en doutez, je veux savoir ce que deviennent Benjamin, Philip, Doug, Claire, et même Paul, quelques années plus tard. Donc, je lirai la suite, off course. 


Jonathan Coe: Bienvenue au Club, (The Rotters' Club), Folio, 537 pages, 2003




vendredi 16 avril 2021

1984

 

Résumé: De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d'en face. Big Brother vous regarde, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston... Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C'était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n'avaient pas d'importance. Seule comptait la Police de la Pensée.


Le risque avant de commencer à lire un classique de la littérature, c'est qu'on a l'impression de connaître déjà l'histoire avant de le commencer...et de se rendre compte qu'on était à côté de la plaque. 

C'est ce que j'ai pensé en commençant 1984 d'Orwell. J'étais persuadé de savoir vers quoi le roman allait se diriger...puis, j'ai débuté ma lecture, et je me suis aperçu que le roman n'était pas du tout ce à quoi je m'imaginais. 

Alors, je n'ai pas l'habitude de lire de la Science-Fiction. C'est donc toujours difficile pour moi d'entrer dans ce genre de roman. C'est bien simple, il m'a fallu la première partie du livre, plus d'une centaine de pages pour pouvoir entrer dans le roman. En même temps, George Orwell, dans cette première partie, nous décrit le monde futuriste dans lequel vit ses personnages, avec ses lois, ses qualités et ses défauts, avant d'entrer dans le vif du sujet. Et c'est avec la 2e partie que l'histoire s'enclenche réellement. 

Je dois dire que j'ai "apprécier"(oui, le mot est entre parenthèse car on ne peut pas dire que ce que j'ai lu soit réjouissant tout de même) la découverte de ce classique de la science fiction, qui, malgré qu'il ai été écrit, il y a plus de 70 ans, sonne toujours très actuel...et c'est ça qui est effrayant. De se dire qu'Orwell nous avait prévenu de ce que le monde pourrait devenir si l'on ne faisait rien et que malgré cela, on s'y dirige encore plus. Comme si l'homme n'apprenait jamais de ces erreurs et effaçait le passé de sa propre mémoire comme dans le roman. 

1984 est un roman complexe à appréhender. Il faut prendre le temps de s'immerger dedans pour essayer de tout comprendre. C'est un roman très contemplatif et explicatif, qui peut paraitre très hermétique, mais qui, pour un esprit curieux peut être fabuleux dans le génie de son auteur. Imaginez un monde totalitaire, qui trouve encore une résonnance actuelle de nos jours. Seuls les auteurs de science-fiction sont capables de cela. Ce sont des visionnaires, qui, en analysant leur propre monde, nous parle du futur de l'humanité...dans ce qu'elle a de plus sombre. 

Je dois dire que c'est le retournement de la fin de la 2e partie, qui m'a fait dévorer la 3e et dernière partie. Les cartes de l'espoir sont rebattues et la fin est glaçante pour le héros Winston. Mais surtout, il y aura une scène de la fin du livre qui me glacera pour longtemps...tout ce que je peux en dire c'est qu'elle concerne des rongeurs que je déteste. 

Ce qui déroute à la lecture de 1984, c'est la date à laquelle se déroule l'action. L'année 1984 (le futur pour Orwell qui écrivit ce roman en 1948) est passée depuis longtemps pour nous qui vivons en 2021, et cependant, à la lecture, on s'aperçoit que le monde décrit est un monde futuriste qui n'existe pas encore. C'est très déstabilisant. Il faut alors faire abstraction du titre du livre pour que l'histoire qu'on lise ne paraisse pas anachronique. 

Pour finir, j'aimerai parler de la traduction. Pour ma part, j'ai lu celle d'Amélie Audiberti, qui date de 1950. Alors, même si des tournures de phrases m'ont paru d'un autre temps, cela ne m'a pas gênée. Après, je peux comprendre qu'on veuille réactualiser une traduction qui peut paraître désuète. Ce qui fut fait pour les 70 ans du livre. Mais, alors, là où je comprends cette initiative, j'ai du mal à comprendre l'intérêt de retraduire le roman deux ans plus tard par un autre traducteur, et avec un titre remanié (en effet, le titre est maintenant écrit en toutes lettres et plus en chiffres). Je trouve que c'est un manque de respect pour les traducteurs précédents (comme une façon de dire, "votre travail n'est pas bien, moi je vais faire mieux") et le changement de titre est tout simplement ridicule (même si il colle au titre original). Comme une façon de se démarquer des autres. Tout bonnement pathétique. 

Ce qui n'enlève en rien au fait que ce classique est à découvrir et qu'il résonne encore en nous comme un livre très actuel...et c'est ça qui fait peur. 


George Orwell, 1984, (Nineteen Eighty Four), Folio, 439 pages, 1950




What do you want to do ?
New mail

samedi 1 juin 2019

Le Moi(s) Belfond #8: Minuit à Pékin

4e de couverture: Entre polar compulsif et document édifiant, un true crime exceptionnel. Dans le Pékin des années 1930, en plein chaos diplomatique et dépravation morale, une enquête minutieuse qui résout un mystère vieux de près de quatre-vingts ans.
 
Par une froide nuit de janvier 1937, au pied de la tour de garde du vieux quartier de la Légation, le corps atrocement mutilé d’une jeune femme est retrouvé. Elle s’appelait Pamela Werner, elle avait vingt ans, elle était la fille adoptive de l’ancien consul de Grande-Bretagne.
 
Crime d’un rôdeur ou affaire d’État ? Dépêché par le Foreign Office, l’inspecteur Dennis lance l’enquête pour s’apercevoir rapidement que personne n’est pressé de voir la vérité triompher. Car Pékin est alors une véritable poudrière. Tandis que diplomates et seigneurs de la guerre complotent dans les fumeries d’opium, les expatriés se plongent dans une frénésie d’alcool, de drogue et de luxure pour oublier les rumeurs de l’invasion japonaise imminente et la fin annoncée de leurs privilèges. Et l’horrible assassinat de Pamela Werner pourrait bien faire l’effet d’une bombe diplomatique…

C'est après avoir lu une biographie d'Edgar Snow, auteur du célèbre "L'étoile rouge de Chine" que Paul French croisa le nom de Pamela Werner. Jeune fille anglaise qui fut retrouvée morte, atrocement mutilée le jour de l'an Russe (le 7 janvier) 1937, à la Tour du Renard, dans le quartier des Légations, en Chine. 

C'est ainsi que lui vint l'idée d'écrire ce livre en 2011, afin de réhabiliter la mémoire de Pamela Werner, et surtout lui rendre une certaine justice, 75 ans après les faits. 
J'ai été attiré par ce livre, à sa sortie, par mon goût de l'histoire, mais aussi pour celui des faits divers, et surtout ceux, non élucidés. 
Ici, le dépaysement est total en plus. J'ai beaucoup aimé ce livre, et découvrir la Chine des années 30, alors en plein changement, avec l'invasion japonaise. imminente. 

Ce document se lit comme un véritable polar, et Paul French a pris le parti de raconter ce fait divers à la manière d'un roman policier. D'un style fluide, rapide et addictif, tout en nous informant sur la situation de la Chine, à cette époque, il revient sur le passé de chaque protagoniste: de Pamela, jeune fille de bonne famille (son père travaille pour la diplomatie anglaise), à son Père, E. T.C. Werner, en passant par les policiers, chargés de l'enquête, le chinois, Han et le britannique, Dennis et toutes les personnes ayant de près ou de loin un lien avec l'affaire. 
Par contre, Paul French ne nous épargne rien, et la scène de la découverte du corps et de son autopsie, est des plus horribles. 
Puis, il fait défiler le déroulement de l'enquête, qui s'enlise, en cela, peu aidé par la délégation Britannique...ce qui fait que l'affaire sera classée sans qu'aucun coupable, ne soit identifié, arrêté et condamné. 

Puis vient la deuxième partie de l'histoire, celle qu'il m'a le plus passionné et que j'ai lu d'une traite, voulant savoir comment cela allait tourner. Alors que l'enquête est arrêtée et l'affaire classée, c'est au tour du père de la victime, E.T.C. Werner de mener sa propre enquête afin de trouver le ou les assassins de sa fille. Il va tout reprendre depuis le début et Paul French va nous reconstituer tout ce parcours et faire part de sa théorie sur ce meurtre vieux de 82 ans. Une théorie  plausible qui pourrait très fortement se rapprocher de la vérité. 

C'est un livre passionnant sur les rouages tordus de la politique (les diplomates britanniques ont souvent mis des bâtons dans les roues à Werner lors de son enquête personnelle),sur la Chine de cette époque, en plein chambardement, sur l'amour d'un père et sa volonté de faire la lumière sur le meurtre de sa fille. Un livre digne des meilleurs polars, mais qui fait froid dans le dos, quand on pense, et qu'on n'oublie pas que tout ce qu'on lit s'est véritablement produit...et les photos inclus dans le livre, sont là pour nous le rappeler. Passionnant et saisissant d'effroi. 



Paul French: Minuit à Pékin, comment le meurtre d'une jeune anglaise a hanté les derniers jours de l'ancienne Chine, (Midnight in Peking, How the murder of a young Englishwoman haunted the last days of old China), Belfond, 302 pages, 2014


vendredi 17 mai 2019

Le Moi(s) Belfond #4: Le Messager (Belfond Vintage Saison 7, Volume 36)

4e de couverture: « Le passé est un pays étranger… » Ainsi s’ouvre ce classique aussi troublant que profond sur ces instants de l’enfance qui façonnent toute une vie. Publié en Angleterre en 1953 et en France deux ans plus tard, un roman tout en finesse porté par une langue précieuse, où Léon Colston, vieux monsieur, explore ses souvenirs et se replonge dans l’été 1900. Un été tragique et brûlant.
Adapté au cinéma par Joseph Losey et mis en musique par Michel Legrand, Palme d’or du festival de Cannes en 1971, un chef-d’œuvre à redécouvrir au plus vite !

Les petites phrases des écrivains qui apparaissent sur les couvertures des livres ou en 4e de couv, sont devenues monnaie courante. (combien de fois Stephen King fut mentionné sur une couverture en disant que ce roman est génial!). 

Le Messager a une citation d'un auteur, qui ouvre la 4e de couverture. Une citation que j'aurai du m'abstenir de lire, car elle a eu l'effet inverse escomptée. C'est à dire qu'au lieu de me donner envie de lire le livre, elle m'a donner envie d' y aller à reculons. Pourquoi, me direz-vous? Tout simplement, parce que l'auteur de cette citation, qui a lu ce livre quand il avait l'âge du héros du "Messager", et qui s'est identifié à lui, mentionne également qu'il a écrit un livre en hommage au roman de L.P. Hartley. Et là, patatras! En voyant le titre du "roman-hommage", je m'aperçois que j'ai lu le livre en question (et même vu l'adaptation ciné qui en fut tirée, plusieurs fois)! Ainsi, j'avais peur de m'être gâché la surprise de la découverte. 

Mais bon, je me suis lancé, et mes craintes ont été confirmées: les deux romans ont un postulat similaire, avec des différences tout de même dans le traitement. C'est pourquoi, il m'a fallu du temps pour entrer dans ce livre: plus d'une centaine de pages furent nécessaire pour accrocher (bon, le fait que j'ai eu peu de temps de lire cette semaine, a participé à cette lenteur)...puis le déclic, s'est fait. 

Après ce déclic, (et le fait que j'avais une matinée de libre) j'ai enchaîné les pages jusqu'à la fin, ne pouvant pas détacher les yeux de cette histoire tragique.  Certes, la fin ne m'a pas surprise, mais les personnages ont su faire le reste c'est à dire, m'intriguer pour savoir ce qui allait se passer. 

C'est un roman dans la pure tradition anglaise avec secrets, mariage arrangé, famille bourgeoise, mais également un roman initiatique d'un jeune garçon de 13 ans, qui découvre un nouvel univers: celui des grandes personnes. 
Effectivement, le personnage du petit Léon Colston, qui peut agacer par moments,se retrouve être mêlé dans un ménage à trois, à son corps défendant, et découvre ainsi, de manière bouleversante, et qui changera sa vie à jamais, le monde intransigeant des adultes, et surtout des convenances. 

Le Messager est également un roman très intéressant sur le thème de l'imaginaire: Léon est un jeune garçon très naïf et rêveur, qui s'invente des histoires, et qui sent l'importance de son rôle de messager, entre Marian, la soeur de son ami Marc, qui l'a invité à passer l'été dans la résidence de ses parents à Brandham Hall, et Ted,un fermier du village. Sauf que l'imagination débordante du garçon va être le catalyseur du drame qui se profile. 
Les nombreux passages d'introspection du jeune garçon sont parfois d'une telle arrogance, qu'on ne peut pas apprécier ce personnage. Heureusement que le Leon de soixante ans est là pour contrebalancer ce comportement détestable. 

En définitive, c'est un très bon roman et je comprend qu'il soit devenu un classique de la littérature anglaise: il est captivant de bout en bout, il est une formidable radiographie de cette Angleterre qui entre dans ce siècle des changements brutaux, qu'est le XXe, et qui ébranlera la famille Maudsley, sur plusieurs points. Mais  je pense que je l'aurai plus apprécié si je n'avais pas lu, il y a quelques années,  un roman, qui lui ressemble étrangement. Le fameux roman de cet auteur qui vie sa vie de petit garçon changer. 
 D'ailleurs, je l'ai aimé, sinon, je ne serai pas accroché coûte que coûte à la  lcture de ce roman. Puis, j'ai grandement envie de voir l'adaptation du film qui en fut tiré... et dont Michel Legrand composa la musique. 


The Go-Between 
(Fait remarquable: cette musique a servi de générique à "Faites entrer l'accusé")

Merci aux Editions Belfond pour leur confiance.



L.P. Hartley: Le Messager, (The Go Between), Belfond, (Collection Belfond [Vintage]), 390 pages, 1953 (pour l'édition originale), 1955 (pour la traduction française), 2019 (pour la présente édition)


dimanche 5 mai 2019

Le Moi(s) Belfond #1: Ce qui restera de nous

4e de couverture: Entre rires et larmes, un roman d’une honnêteté désarmante sur l’amour et les affres de la paternité, qui rappelle le Un jour, de David Nicholls, pour l’humour et la tendresse, mais aussi pour sa peinture sociale des années Thatcher. 

Nous sommes en 1985, dans le nord de l’Angleterre. Graham Melton rencontre Charlotte Marshall. Lui est fils d’ouvrier, abhorre Thatcher et adore la bière. Elle est issue de la bourgeoisie, voterait plutôt conservateur et ne jure que par l’opéra. 
Contre toute attente, entre ces deux-là, c’est le coup de foudre, le début d’une grande histoire d’amour. 

Vingt-quatre ans plus tard, Tony Blair est au pouvoir, la crise a laissé une partie de la jeunesse sur le carreau et Graham élève seul Michael, leur fils de quinze ans. 
Papa poule un peu envahissant, Graham essaie coûte que coûte de tenir son fils éloigné des filles. Michael, adolescent moqueur, inscrit en secret son père sur des sites de rencontres. Avec autant d’amour que de maladresse, chacun veille sur l’autre comme il peut. 


A sa sortie française, Ce qui restera de nous, fut comparé au roman "Un jour" de David Nicholls. Ce fut l'un des arguments qui fit que je l'ai acheté, mais également que j'ai attendu si longtemps pour le lire. En effet, quand je l'ai eu en ma possession, cela faisait quelques mois que j'avais lu "Un jour". 

Le roman de David Nicholls avait été un tel coup de coeur pour moi, que j'avais peur que celui ci ne tienne pas la comparaison et que j'en sors déçu. 
Mon choix fut le bon, car, ce roman à beaucoup de similitudes avec celui de David Nicholls et si je l'avais lu aussi rapproché, j'aurai été déçu, je pense. Alors que là...

"Ce qui restera de nous" est très touchant et balance entre rires et larmes. C'est un très joli roman sur le sujet de la paternité. Il est très rare que le héros soit un père , qui essaye tant bien que mal d'élever son fils de 15 ans, comme il le peut. L'auteur a utilisé le procédé du flashback pour nous raconter la rencontre de Graham (le fameux père) et Charlotte, les parents de Michael. Ils se sont rencontrés adolescents et ont vécu un amour "compliqué" au vu de leur différence sociale. 
Le lecteur se demande tout de suite où se trouve la mère de Michael (dans le récit de 2009) et ce fait (que je me suis spoïlé tout seul en feuilletant le livre, mais pas grave, car je m'en doutais un peu) nous  est révélé progressivement à la fin de la première partie du livre. 

J'ai trouvé Graham fort touchant avec son côté adolescent, gaffeur parfois. Il s'inquiète énormément pour son fils, au point de l'étouffer, mais vu son passif, c'est compréhensible. Par contre, l'évolution du personnage entre le Graham adolescent et adulte n'est pas probante du tout. Graham répète les même erreurs avec Charlotte, son premier amour, et Pippa, la nouvelle femme de sa vie.Cela n'est pas très gênant, si on le comprend de cette manière: Graham n'arrive plus à avancer depuis que Charlotte est partie. Il est resté l'éternel adolescent, qui tant bien que mal s'occupe de son fils en ayant peur pour lui. 

Les différences sociales entre Graham et Charlotte sont très bien décrites par Mark Gartside, par un côté politique prononcé, qui nous plonge dans l’Angleterre Thatcherienne...et cela se ressent par le personnage du père de Graham, syndicaliste, qui est contre Thatcher et son côté capitaliste. L'auteur rend cela fluide et très intéressant à découvrir et ainsi fait  comprendre le système politique anglais, entre les partis conservateurs, et travaillistes. Je trouve toujours ces points de vue intéressants, car très différent de notre système politique. 
Mais rassurez-vous, cela n'est pas le sujet central du livre: non, ce côté politique est juste là pour nous ancrer dans une époque, celle des années 80. 

Non, le noeud de l'histoire, c'est Graham et Charlotte, couple touchant qui se bat contre l'adversité et qui va réussir à avoir une belle vie, jusqu'à...(eh ben, je ne vous le  dis pas pour que vous le découvriez). 
Ce qui est aussi touchant, c'est de voir le même schéma se répéter entre Michael (le fils de Graham) et sa petite amie, Carly. Tous deux sont également de milieu différents, sauf que ceux ci sont inversés (Graham venait du monde ouvrier, alors que son fils Michael, est issue de  la classe moyenne, et Carly, vient du monde ouvrier)...ce qui montre aussi le chemin parcouru par Graham, tout au long de sa vie). 

Alors, je n'ai pas ressenti autant d'émotions que pour "Un jour", mais il m'a beaucoup charmé pour ses personnages touchants comme Graham, Charlotte, Pippa) et drôles(comme Tommy, le meilleur ami de Graham qui l'entraîne des des plans incroyables) et pour sa radiographie d'une époque, celle des années 80). En fait, c'est un livre qui fait du bien, même s'il y a des moments d'émotions intenses où les larmes sont proches de poindre. 
"Ce qui restera de nous" fait partie de ces romans qui font vibrer notre corde nostalgique et qui, au final, font du bien. 

Mark  Gartside: Ce qui restera de nous, (What will survive), Belfond, 431 pages, 2013



samedi 16 mars 2019

Oiseau de nuit

4e de couverture: S’il vous observe, vous êtes mort.     
 
La scène de crime est abominable : un médecin réputé est retrouvé asphyxié dans son lit, nu, un sac en plastique sur la tête, les poignets entravés. Jeu sexuel qui aurait mal tourné ?
Quelques jours plus tard, le corps d’un journaliste de tabloïds est découvert dans des circonstances similaires.
Puis un autre.

Voici donc l’enquêtrice Erika Foster avec un serial killer en liberté, un prédateur qui semble tout connaître des vies très secrètes de ses victimes. 

Qui sait qui il observe en ce moment même ? 


L'année passée, j'avais lu le premier volet des enquêtes d'une nouvelle enquêtrice, Erika Foster. J'ai tellement aimé que ce fut un plaisir de pouvoir découvrir la suite. 

Robert Bryndza reprend alors quasi la même formule, classique, mais efficace, d'une enquête menée par une équipe de flics. Il s'est passé six mois entre le premier volet et celui ci. Fini, donc l'hiver, nous voici dans un été caniculaire. Erika a pris ses marques dans sa nouvelle équipe, même si elle a encore du mal à s'ouvrir aux autres, depuis la mort de son mari Mark. 
Et voilà que l"on retrouve le corps d'un homme, nu, sur son lit, avec un sac plastique sur la tête. C'est Erika et son équipe qui est appelée sur les lieux. 

Dès les premières pages, l'auteur nous embarque dans l'histoire de manière tonitruante avec la scène du premier meurtre. C'est alors parti pour un grand huit qui ne s'arrêtera qu'à la toute fin. Robert Bryndza sait faire son effet et mener son enquête de main de maître. Malgré un classicisme dans sa manière de faire, il sait nous divertir pour que l'on passe un bon moment sans s'ennuyer. 

Il arrive également à s'intéresser à la vie privée de ses personnages, par petites touches, sans trop s'appesantir, évitant ainsi les longueurs...et frustrant parfois le lecteur, surtout sur le passé d'Erika (même si ici, la fameuse journée de la mort du mari d'Erika lors d'une opération est décrite lors d'un flashbacks). 
A la différence de certains auteurs qui ne se focalisent que sur un personnage récurrent solitaire, ne s'intéressant qu'au passé de ce dit-personnage, dans ce 2e tome, Robert Bryndza n'en oublie pas la vie et les détails privés des membres de l'équipe d'Erika, auquel le lecteur s'était déjà attaché dans le précédent volume. Ainsi on apprend que l'enquêtrice Moss a une compagne et un fils, et que le légiste Isaac Strong, ami d'Erika, partage sa vie avec Stephen Linley, auteur de polars à succès. 
D'ailleurs, petit aparté avec ce personnage: lors d'une discussion entre Isaac et Stephen, celui ci rétorque que Erika, est le cliché même  du flic paumé, qui vient de perdre son mari, et qui a retrouvé son poste il y a peu. Cette "méchanceté" de la part de l'auteur concernant son personnage de papier montre bien son auto-dérision. Ainsi l'auteur laisse entendre à son lecteur qu'il ne prétend pas révolutionner le polar, juste se servir de ses codes pour nous divertir et s'en amuser si besoin est. En tout cas, c'est mon ressenti au vu de ce passage. 

Ce qui est également plaisant, c'est que l'auteur nous plonge aussi dans les méandres d'un commissariat avec ses conflits et ses coups bas, et ce, en la personne de Sparks, le flic incompétent du premier volet qui revient ici faire des tourments à Erika.

Alors, même si ce n'est pas neuf, j'ai été surpris par certaines révélations, qui était pourtant visibles, si j'avais bien fait attention et analysé la situation...mais quand je lis un polar, j'aime juste me laisser porter. Ainsi, les surprises arrivent et le plaisir de lecture reste intact. 

Au final, un polar efficace, qui fait le job de nous divertir fort bien avec des personnages sympathiques que l'on a envie de suivre. Ce fut donc, un plaisir de retrouver Erika et son équipe pour cette enquête pleine de surprises. Une série que je continue d'apprécier et que j'ai hâte de retrouver à l'automne (avec la sortie du 3e volet aux Editions Belfond) au vu du final qui vient rebattre les cartes. 

Merci aux Editions Belfond de m'avoir permis de continuer l'aventure. 

N.B. Le premier volet des enquêtes d'Erika Foster: La fille sous la glace est sorti en poche en janvier aux Editions Pocket. C'est le moment de la découvrir! 

Robert Bryndza: Oiseau de nuit, (The Night Stalker), Belfond, collection Noir, 402 pages, 2019



samedi 16 février 2019

Nord & Sud

4e de couverture: Après une enfance passée dans un village riant du Hampshire, Margaret Hale, fille de pasteur, s’installe dans une ville du Nord. Témoin des luttes entre ouvriers et patrons, sa conscience sociale s’éveille. John Thornton, propriétaire d’une filature, incarne tout ce qu’elle déteste : l’industrie, l’argent et l’ambition. Malgré une hostilité affichée, John tombera sous son charme.



Autre résolution pour 2019, lire, de nouveau, des classiques. Et mon premier choix de l'année, s'est porté sur le roman le plus connu d'Elizabeth  Gaskell, Nord et Sud. 

Un constat vient de suite: quel plaisir de retrouver une langue plus classique et travaillée avec un côté très XIXe siècle. Ce fut un véritable bonheur. 
Autre bonheur: retrouver le "charme" de l'Angleterre Victorienne. (Alors, je mets charme entre guillemets car ce qui frappe dans Nord et Sud, c'est la noirceur de la vie des personnages. Que de tristesse!)

Ce qui m'a énormément plu dans ce roman, c'est la dimension sociale: Elizabeth Gaskell nous décrit et confronte deux régions: celle du Sud avec son bon air, ses champs, ses paysans, sa douceur, et celle du Nord, plus noire et sale avec ses usines, ses fumées, ses ouvriers pauvres, les conflits et la violence de certaines situations. 
Cette confrontation se vit à travers deux personnages: Margaret, fille de pasteur venant du Sud et qui s'installe avec ses parents dans le Nord, et John Thornton, patron de manufacture, froid et arrogant. Le patron dans toute sa splendeur. L'auteure met ces deux êtres en conflit, et, pour pimenter un peu les choses, fait tomber amoureux l'un des deux...qui n'est pas aimé en retour. 

Ce qui me frappe en lisant ce livre,ce sont tous les passages sur la grève des ouvriers de l'usine de John Thornton: quelle clairvoyance et quelle audace pour une auteure de cette époque de prendre ce sujet à bras le corps et de le défendre ainsi. Ce qui est encore plus frappant, c'est que bien qu'écrit il y a plus de 160 ans, les comportements et les dialogues qu'elle écrit semblent encore fort actuels dans l'époque où nous vivons...et vient alors ce constat terrifiant: la vie et les combats sont d'éternels recommencements. 

Venons en aux personnages: Margaret est un portrait saisissant d'une femme forte et indépendante, qui n'hésite pas à éconduire ses prétendants pour vivre libre. Elle a une parole libérée et des convictions qui peuvent parfois la conduire dans des situations fâcheuses et complexes. J'ai beaucoup aimé cette demoiselle, et ses combats envers les plus démunis. Sa compassion envers la famille Higgins est des plus touchants. 
Pour John Thornton, c'est plus complexe: j'ai eu beaucoup de mal à le cerner: tantôt, je l'ai détesté, mais sous la carapace, on rencontre un homme qui doute...et surtout c'est un  homme qui s'est fait tout seul. Sous son arrogance, se cache un coeur meurtri. 
Le pasteur et sa femme sont des gens admirables, qui épaulent leur fille du mieux qu'ils peuvent et sont toujours derrière elle, n'entravant jamais sa liberté. 
Les autres personnages, des Higgins, aux membres de la famille Thonton, tous jouent leur partitions à la perfection. 

Bon, je l'avoue, j'ai mis quinze jours à lire ce livre, mais c'est un livre pour lequel il faut du temps pour bien tout comprendre. Alors, il est vrai qu'il y a certaines longueurs, mais l'époque décrite est tellement passionnante, qu'on ne peut qu'y adhérer.
Autre bémol: le manque de romantisme. J'espérais que l'histoire d'amour malmenée de Margaret et John auraient plus des airs d'Elizabeth et Darcy...mais non, nous sommes vraiment dans un roman industriel, qui fait plus la part belle aux conditions sociales de l'époque plutôt qu'à la simple histoire d'amour contrariée.  Certes, il y a des quiproquos, mais il y a vraiment beaucoup de tristesse et de morosité dans ce roman, comme le Nord qui y est décrit. Alors, c'est probablement de ma faute: je me suis fait une fausse idée de ce roman dès le départ. Cependant, ce bémol n'a pas entâché mon plaisir de lecture. 

Au final, malgré ces quelques bémols, "Nord et Sud" est un roman fort, qui touche au coeur de l'être, avec un personnage féminin emblématique et fort, qui nous entraîne dans un tourbillon jusqu'à un final plus apaisé, qui lui m'a ravi.. J'ai maintenant hâte de voir l'adaptation que la BBC a fait de ce grand roman. 

Elizabeth Gaskell: Nord et Sud (North & South), Points, 686 pages, 2005



mardi 15 janvier 2019

Harry Potter Tome 1: à l'école des sorciers

4e de couverture: Harry Potter est orphelin. Il mène une vie bien monotone, chez son oncle et sa tante et leur horrible fils. Le jour de ses onze ans, son existence bascule : un géant vient le chercher pour l'emmener dans une école de sorciers où une place l'attend depuis toujours. Quel mystère entoure sa naissance? Et qui est l'effroyable mage dont personne n'aime prononcer le nom? Harry intègre le collège Poudlard et s'y plaît aussitôt. Voler à cheval sur des balais, jeter des sorts, devenir champion de quidditch (une sorte de football pour sorciers), combattre les trolls : Harry Potter se révèle un sorcier vraiment doué. Il semble pourtant que tout le monde ne l'apprécie pas…

L'une de mes premières résolutions de l'année, en ce qui concerne la lecture: lire le 7e et dernier tome de la saga "Harry Potter" afin de savoir (enfin!) comment ça se termine. (eh oui, j'ai réussi à ne jamais savoir la fin d'Harry Potter). 

Mais, avant de lire ce fameux dernier tome, il me faut relire les 6 premiers pour me remettre l'histoire en tête, avec les détails, (car les grandes lignes, je les ai en mémoire). Alors, j'aurai pu faire ce rappel en regardant les films, mais les fameux détails ne sont pas forcément dans les films (même si le premier est fidèle au premier tome). 

Alors, je ne suis pas un relecteur, loin s'en faut. Je trouve qu'il y a assez de livres à lire pour ne pas "perdre du temps" à relire. Pourtant, avec l'expérience de cette relecture d'Harry Potter, j'ai peut être tort. 
Oui, j'ai adoré relire ce premier tome. Me replonger dans cet univers que J.K. Rowling à su mettre en place de façon magistral. Tous les moindres détails de l'univers sont mis en place (et encore, il y en aura d'autres dans les tomes suivants). Ce fut un régal de revoir les prémices de l'amitié entre Harry et Ron, puis avec Hermione. De faire la découverte de Poudlard, avec des yeux émerveillés, comme Harry. 
Le fait de savoir dès le départ qui est le complice de Vous Savez Qui (alias Voldemort (ouep, même pas peur de lui au point d'écrire son nom), fait qu'on remarque des détails et des subtilités qu'on n'avait pas remarqué à la première lecture. En fait, c'est ça l'un des plaisirs de la relecture. Remarquer des choses qu'on avait pas vu, totalement focalisé sur la résolution de l'énigme. 

Je voudrais tout de même tirer mon chapeau à Jean-François Ménard, qui a fait un travail admirable sur la traduction des noms de certains personnages, et des termes magiques que J.K. Rowling à inventé, comme les Moldus, le Miroir du Riséd... C'est grâce à lui si, en France,  cet univers magique est accessible à tous les enfants, sans oublier les adultes. 

Bon, en revanche, je pense que J.K. Rowling a introduit, dans ce premier tome,  un gros spoiler sur son autre saga "Les Animaux Fantastiques" en ce qui concerne le personnage de Grindewald. Mais, en même temps, elle ne pouvait pas savoir, il y a 20 ans, que devant le succès de sa saga "Harry Potter", elle allait étendre l'univers en faisait un préquel.
Mais cette révélation n'est peut être pas la finalité de sa 2e saga cinématographique. 

Au final, une relecture qui m'a fait un bien fou. J'ai été ravi de revenir dans l'univers fabuleux d'Harry Potter. J.K. Rowling a eu l'art et la manière de développer son univers magique, comme une pro, et Jean-François Ménard, le traducteur, à permis à cette saga de voir le jour dans notre beau pays. Vivement le mois prochain pour (re)lire le 2e tome de la saga. 

J.K. Rowling: Harry Potter à l'école des sorciers, (Harry Potter & the Philosopher's Stone), Folio Junior, 302 pages, 1998


samedi 24 novembre 2018

Roméo cherche Roméo

4e de couverture: Gay, gaffeur et célèbre malgré lui... Le cousin de Bridget Jones ! James vient de rompre. Comme il tourne en rond dans son studio et au boulot, il décide de reprendre sa vie amoureuse en mains. Mais à l ère digitale, pas facile de rencontrer le grand amour romantique ! En attendant, jouant de son humour et de sa belle plume, James trompe l ennui en racontant sur son blog ses blind dates sous le pseudo de Roméo. Une initiative qui ne tarde pas à faire le buzz. Mais qui est donc Roméo ? Devenu malgré lui une célébrité du net, James ne se doute pas des péripéties qui vont suivre. L amour sera-t-il au bout de l aventure ?

Enfin, je suis arrivé au bout d'une lecture! Champagne! 


Quand la Collection "LJ" a été lancé en mai 2018, j'avais dans l'espoir qu'elle propose des comédies romantiques variées, pour tous les styles et tous les genre de lecteurs/lectrices. 
Alors, quand j'ai vu qu'ils allaient proposer une comédie romantique gay, j'ai sauté sur l'occasion pour la découvrir. Surtout que j'étais peu enclin à la lecture ces derniers temps (lecture de romans du moins, car j'ai lu plein de manga et de BD entre temps) et qu'une petite comédie était peut être le bon moyen pour sortir de ma léthargie. 

Ce fut le cas avec cette comédie romantique gay, très enlevée, drôle et touchante à la fois...mais surtout hyper réaliste et pas cliché du tout. 
Nous allons rencontrer James, qui vient de larguer son compagnon, depuis 6 ans, Adam. C'est ainsi que ce journaliste de 35 ans, pour un journal à scandale va se retrouver sur les sites de rencontres à la recherche de son prochain Roméo. Il décide alors de créer un blog pour y narrer ses aventures et ses rencontres avec des mecs. 

Puisant dans son expérience, je suppose, Justin Myers, va alors nous narrer les aventures parfois rocambolesques de James, tout en le confrontant, progressivement à la célébrité...car oui, quand on tient un blog, on s'expose quoi qu'on en dise, même sous couvert d'anonymat...surtout quand on y raconte sa vie privée, qui ne l'est plus tellement, même si on change certains détails. J'ai trouvé ce point de vue très intéressant, de découvrir les affres de la célébrité et surtout les travers de celle ci à travers le parcours d'un mec lambda...car James est un gay tout a fait normal, qui certes, va se taper un sportif local célèbre (mais, c'est une fiction, ne l'oublions pas)...cependant ce point de détail est là pour parler de coming out dans le milieu sportif. Un milieu pas si évident que ça, surtout en ce qui concerne l'homosexualité. Ce point de vue là fut très intéressant à découvrir. 

Alors, certes, James peut paraître égocentrique et très centré sur lui et ses problèmes  au fil du roman, jusqu'au point d'agacer, mais cela va de pair avec sa notoriété naissante. Et on le lui pardonne facilement. 
L'autre point très drôle du roman sont justement ces articles sur les Roméo que l'auteur insère entre deux chapitres et qui sont à mourir de rire. Surtout que James en rencontre des gratinés parfois, comme le "Roméo Crade". Oh mon dieu, quelle horreur! J'en frissonne encore! 
Cette comédie romantique parle aussi des dangers du net et le revers de la médaille quand on s'expose publiquement. C'est très bien retranscrit par Justin Myers qui vit lui même cette exposition puisqu'il tient un blog. Il sait donc de quoi il parle. 

Au final, une comédie romantique qui a réussi à me sortir de ma léthargie. Une comédie drôle, touchante, cash parfois dans ses actions sans être vulgaire et très réaliste, qui m'a fait passer un très bon moment. Elle parle d'amour mais pas que, puisqu'on y parle de notoriété, des dangers du net et des conséquences que certains actes fait sur le net ont dans la vie réelle. C'est bien ficelé, enlevé, et il est toujours réconfortant de voir un personnage gay normal dans une romance. Ni moche, ni trop beau. Juste normal! Quelqu'un à qui le lecteur peut s'identifier. Et ça fait du bien! 
Encore une fois, la collection LJ a su me divertir et ne m'a pas encore déçu. Elle est vraiment la collection de "Comédie Romantique" que j'attendais. 

Merci aux Editions J'ai Lu pour leur confiance. 

Justin Myers: Roméo cherche Roméo, (The Last Romeo), J'ai Lu, Collection "LJ", 351 pages, 2018



samedi 20 octobre 2018

Journal d'une fille motivée Tome 2: l'année détox

4e de couverture: Comment repartir sur de nouvelles bases quand on a :
30 ans et un bébé 
Deux hommes dans sa vie — un amoureux gentleman, mais jaloux, et un ex, roi de la loose (accessoirement aussi papa du bébé), prêt à tout pour vous reconquérir 
Une ex-belle-mère qui ne lâche pas l’affaire 
Une famille aussi adorable qu’insupportable qui croit tout savoir
Et une énoooorme envie de bonheur
Réponse : il faut être MO-TI-VÉE ! Et motivée, Juliette l’est !

Risque de Spoilers sur le premier tome. 

Retour de la très charmante et pétillante Juliette dans des aventures toujours drôles et touchantes. 

Cet été, j'avais découvert le premier journal de cette trentenaire avec enfant, Juliette, qui se retrouvait à élever sa fille seule. 

Une nouvelle année commence et le roman débute là où le premier tome s'était terminé: Juliette sort avec Alex Dalton, son ex Nick, essaie de la récupérer, et elle habite toujours au dessus du Pub de ses parents. 

J'ai trouvé ce 2e tome beaucoup  plus mature que le premier. On sent que Juliette évolue et reprend sa vie en main. Elle a vraiment le profil d'une mère célibataire de trente ans, qui ne se comporte pas comme une adolescente. En tout cas, je n'ai pas ressenti cela dans ce tome là. 
De même l'écriture de Suzy Quinn est plus posée, même si elle garde pour nous ce côté loufoque et drôle qu'on aime tant. 

Il faut tout de même dire que ce 2e tome est dans la même lignée que le premier, la maturité en plus, que ce soit du côté de Juliette, mais également de Nick, l'ex de Juliette et le père de la petite Daisy (une petite fille qui me fait toujours autant craquer), qui essaie de devenir un bon père et tout de même de vouloir récupérer Juliette (alors qu'il vient juste d'avoir un enfant avec Sadie, l'ex meilleure amie de Juliette. Comme vous voyez, même s'il y a du mieux, Nick est toujours irresponsable). 

La famille de Juliette est toujours aussi loufoque, que ce soit sa mère, sa soeur Brandi, ou John Boy, cousin de Juliette, qui revient avec une jambe en moins d'Afghanistan (pas très sûr du pays entre nous soit dit).J'ai trouvé ce personnage très attachant et qui apporte un petit peu de gravité (sans conséquence rassurez vous, cela reste une comédie), qui nous rappelle notre réalité. 
Le seul petit bémol, au niveau des personnages, c'est Alex. Je l'ai trouvé ici, très distant, froid et sa jalousie envers Nick est incompréhensible et énervante. Son comportement le fait passer pour un gros crétin. C'est bien dommage car, il est censé être l'élément romantique du livre puisque l'auteure décide de le mettre en couple avec l'héroïne...sauf que je n'avais pas envie de voir ça. Honnêtement, j'ai préféré l'évolution de Nick sur ce coup là. 
Du coup, le final, m'a laissé un peu froid mais tout de même avec l'envie de lire le tome suivant (qui j'espère sortira) ...en espérant qu'Alex change de comportement envers Juliette. 

Au final, un 2e tome dans la même lignée que le premier au niveau des aventures de Juliette et du ton (drôle, attachant et touchant) que lui donne Suzy K. Quinn, avec un soupçon de maturité en plus. J'aime quand les personnages évolue vers un côté plus adulte. C'est toujours aussi rafraîchissant. 
En tout cas, si vous avez aimez le premier volet, vous aimerez retrouver la suite des aventures drôles et touchantes de Juliette Duffy. 

Merci aux Editions J'ai Lu de m'avoir permis de continuer le voyage dans la vie mouvementée de Juliette.

Suzy K. Quinn: Journal d'une fille motivée: l'année détox, (The Bad Mother's Detox), J'ai Lu, collection L.J., 380 pages, 2018