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vendredi 11 février 2022

La mort sur ses épaules

 

Résumé: A Lynch, en Virginie occidentale, les gens qui n'ont pas déserté la petite ville vivent dans la pauvreté, voire le dénuement. Il y a peu d'emplois et toute la communauté est sous la coupe de Ferris Gilbert, le cruel patriarche d'une famille de criminels, qui fait régner la terreur.

Lorsque Jason Felts, travailleur social qui a la particularité d'être nain, est chargé d'assister l'un des frères Gilbert, détenu à la maison de redressement pour possession de stupéfiants, Ferris y voit l'occasion de faire passer en fraude un dangereux colis à son jeune frère. Ferris Gilbert menace aussi Terry Blankenship, un jeune homme pauvre qui a fui la maison familiale pour vivre dans les bois avec le garçon dont il est amoureux.


Jordan Farmer nous propose avec son premier roman, "La mort sur ses épaules" un polar âpre, noir et poisseux, comme peut l'être le Sud des Etats Unis, lieu de l'intrigue de ce roman. 


Jordan Farmer fait le portrait de personnages paumés sans but dans la vie, vers lesquels on pourrait se sentir éloignés. Mais l'auteur arrive à en rendre certains attachants comme Terry, jeune homosexuel, shooté du matin au soir et qui, pour s'en sortir, est obligé d'accepter la sale besogne que lui a confié Ferris Gilbert, le mafieux du coin, afin de se sortir de ses galères, ou encore Huddles Gilbert, le frère de Ferris, qui se retrouve incarcéré après avoir été pris en possession de drogue. 


Ce qui fait que j'ai été captivé par ce roman, c'est sa construction: une construction en puzzle qui sombre progressivement dans la désolation, au point de nous faire peur devant l'issue inéluctable du roman, qui va fatalement vers une impasse où le happy end serait oublié. Ce qui est difficile a accepté en tant que lecteur quand on s'est pris d'affection pour des personnages comme Terry ou Huddles. 


J'ai toutefois ressenti comme un petit coup de mou dans la 2e partie (celle consacré à Jason, le conseiller de la prison où est enfermé Huddles). Ce dernier, atteint de nanisme (j'ai d'ailleurs eu beaucoup de mal à me représenter le personnage, ne sachant pas à quel point il pouvait être petit par rapport aux autres personnages du roman). Alors, son histoire n'est pas intéressante, mais j'étais tellement pris avec celles des deux garçons, Huddles et Terry, que j'ai eu un peu de mal à les mettre de côté durant cette 2e partie. 


Mais bon, ce n'est qu'un petit bémol car, passé cette partie, le roman repart de plus belle. Un roman noir qui ne ménage pas ses rebondissements dont certains m'ont surpris. La brièveté du roman y est peut être pour quelque chose: ainsi, l'auteur va à l'essentiel et ne passe pas des pages à faire hésiter ses personnages. 

Puis, vient la fin du roman: une fin que j'ai trouvé mélancolique, tout comme la ville de Lynch et ses habitants, qui se meurent à petit feu, comme si ceux ci étaient des condamnés en attente d'une mort prochaine. 


Au final, un petit polar rural surprenant qui a su me conquérir par son ambiance: celle d'un Sud Etasunien en déliquescence où chaque personnage essaie de trouver une porte de sortie, quitte à risquer leur vie. 




Jordan Farmer: La mort sur ses épaules, (The Pallbearer), Rivages, 287 pages, 2022











lundi 29 novembre 2021

L'enfant du silence

 

Résumé: Un enfant de quatre ans, de race blanche, a été retrouvé sur la réserve indienne des Barona, dans une bâtisse inhabitée, à cinq heures trente du matin. Il était attaché à un matelas par une corde à linge.

Bo Bradley, du service de protection de l'enfant, a été chargée de son dossier. Pourquoi était-il attaché, et la personne qui l'a mis là avait-elle l'intention de revenir ? Bo découvre que l'enfant est sourd, et s'attache à lui.
Mais, bientôt, des tueurs surgissent à l'hôpital où est soigné le rescapé et cherchent à le tuer. Bo engage alors une course contre la montre pour découvrir quelle malédiction pèse sur l'enfant et essayer de le sauver.

Les Editions Rivages ont la belle idée de rééditer certains romans de leur catalogue qui sont probablement difficile à trouver. 
C'est le cas pour cet "Enfant du silence" sorti en 1995 et que Rivages a republié en octobre 2021. Ce fut alors l'occasion pour moi de découvrir le premier roman d'Abigail Padgett (mais aussi 1er volet de la série "Bo Bradley"). 

Je dois dire que j'ai passé un agréable moment avec ce roman. L'enquête, même si très classique (pour vous dire, j'ai même compris la clé du mystère bien avant de la découvrir dans le livre) est fort bien menée par l'autrice du début à la fin. L'écriture est rythmée et nous fait tourner les pages rapidement. Non, il n'y a pas à dire, ce livre fait le taf, même si ce n'est pas original dans l'intrigue.
Mais attention, l'originalité se cache ailleurs  et est très réussie. Ce qui fait l'originalité de ce livre c'est son héroïne et le milieu professionnel dans lequel elle évolue: en effet, Bo Bradley est enquêtrice pour les services de protection de l'enfance et se retrouve avec l'affaire d'un petit garçon de 4 ans retrouvé dans une cabane, attaché à un matelas. Je trouve que c'est une très belle idée que de nous montrer l'envers du décor d'un milieu pas trop exploité dans les policiers et les thrillers. Un bon point pour Abigail. 

Mais ce qui retient l'attention, c'est également Bo et le fait qu'elle soit atteinte de dépression (elle est maniaco-dépressive) et doit gérer se affaires ainsi que sa maladie et son passé qui revient la hanter (sa soeur Laurie, sourde à mis fin a ses jours, il y a plusieurs années. Le fait que le petit garçon retrouvé et sa soeur partage cet handicap la ramène vers ses démons intérieurs). 
L'autrice réussit très habilement à nous immerger dans la tête de son héroïne, ce qui fait de ce roman un pur thriller psychologique de très bonne facture. La surdité est également très bien traité par l'autrice entre l'absurdité et les préjugés des uns et l'aide et l'empathie de certains concernant le petit garçon. , Ainsi, le petit Weppo (le gamin retrouvé) trouve sa place dans ce roman très facilement. De plus, le rapprochement progressif entre le Dr Andrew et Bo est très prometteur pour la suite.
Et pour finir, dernière originalité: le choc des cultures avec le personnage d'Annie, une indienne de la tribu des Paiutes, qui découvre le petit Weppo. L'autrice encore une fois maitrise son sujet et nous fait découvrir, par petites touches, cette culture indienne qui fait aussi le charme de l'Amérique.  

Comme vous pouvez le voir, ce thriller psychologique a débuté une petite série de manière fort prometteuse, qui donne envie de découvrir les autres tomes de la saga. L'enquête est classique mais tous les à côtés (une héroïne torturée, le handicap et les indiens Paiutes) rattrape le tout avec originalité, sur un rythme soutenu qui nous fait passer un très bon moment de lecture. Alors, laissez vous tenter par cette réédition. 

Merci aux Editions Rivages pour la découverte de cette série prometteuse. 

Abigail Padgett: L'enfant du silence, (Child of silence), Rivages, 269 pages, 1995 (pour la 1ere édition), 2021 (pour la nouvelle édition)



jeudi 8 juillet 2021

Jusqu'à ce que la mort nous sépare

Résumé: Tess croyait avoir trouvé le mari idéal en la personne de Jim Beckett, un policier jouissant d'une excellente réputation dans la petite ville de Williamstown, Massachusetts.

Mais deux ans après le mariage, elle découvre l'horreur : son époux a assassiné, dans des circonstances effroyables, plusieurs femmes. Tess n'a d'autre choix que de le dénoncer à la justice.

En attendant d'être jugé, Jim est placé dans un quartier de haute sécurité. Le jour où, tuant deux gardiens, il parvient à s'évader, il n'a plus qu'une idée en tête : retrouver celle qui l'a trahi.

Et lui rappeler qu'ils sont unis, quoi qu'il arrive, jusqu'à ce que la mort les sépare...
 


Cela fait quelques années que j'entends parler de Lisa Gardner et que j'avais envie de me plonger dans son univers. Mais par où commencer (car ses romans font souvent partie de séries avec des personnages récurents (comme souvent dans les thrillers)?...eh bien par le commencement: son premier roman qu'elle signa de son nom (car elle a écrit avant sous pseudonyme). 

"Jusqu'à ce que la mort nous sépare", premier volet de la série "FBI Profiler" tient toutes ses promesses. Un thriller psychologique, qui nous embarque dans une histoire de jeu du chat et de la souris, entre un tueur en série et son ex-femme. 

La force de ce roman n'est pas forcément l'action (même si celle si est présente dans les dernières pages du livre qu'on tourne avec frénésie pour avoir le fin mot de l'histoire (et les surprises qui vont avec) mais plutôt sur la psychologie des personnages. Et là, Lisa Gardner fait le taf car ses personnages et leur passé, qu'elle arrive à distiller par petite touches tout au long du roman, sont fouillés jusque dans les moindres détails. Que ce soit Tess, mais aussi J.T., le mercenaire vers lequel elle se tourne pour l'entraîner, ou Marion, la soeur de J.T., agent du FBI. Ces deux personnages qui pourraient passer pour deux persos secondaires, voient leur passé disséqué à la loupe par l'auteur. Ce qui nous les rends très attachants. (Ce qui est encore plus douloureux quand on les croient en danger). 

Non, franchement, un thriller qui tient toutes ses promesses, qu'on ne lâche pas avant la fin (très surprenante pour certains des protagonistes: je ne m'attendais pas à l'avenir de certains persos), un postulat fort plaisant avec un jeu du chat et de la souris entre un tueur et sa potentielle victime, des personnages fouillés auquel on s'attache, la psychologie du tueur fort bien amenée et expliquée par l'auteure. Non, pour un premier roman, c'est très prometteur pour la suite. 

Vous l'aurez donc compris, ma première expérience de lecture d'un Lisa Gardner est une totale réussite et je compte bien continuer à la lire...dans l'ordre chronologique de parution pour voir son évolution. En tout cas, si vous n'avez pas franchi le pas de la découverte, foncez: Lisa Gardner, c'est du très bon, et elle fait déjà fort pour son "premier" roman. Pour ma part, je suis curieux de savoir ce que va donner la suite. Apparemment, c'est aussi du très bon...Après lecture de ce premier roman, je n'ai pratiquement plus de doute. 


Lisa Gardner: Jusqu'à ce que la mort nous sépare, (The perfect husband), Le Livre de Poche, 413 pages, 1998




samedi 19 juin 2021

Mort à bout de course

 

Résumé: Sur les pontons et les quais des Sables-d'Olonne, la foule se presse pour assister à l'arrivée du vainqueur d'une course à la voile en solitaire, retransmise sur les chaînes de télévision. Mais la stupeur est à son comble lorsque le jeune skippeur, Erwan Sauzon, est découvert mort à la barre de son bateau. Les spéculations vont bon train tandis que l'enquête commence.


Jean-Marie Biette nous emmène, dans une enquête au long cours, dans le monde des voileux, avec son roman "Mort à bout de course". 

Ce qui me tentais dans ce polar, c'est son côté maritime. Alors, le monde de la voile m'est totalement inconnu, mais il m'intriguait. Puis, ce pitch de départ, un jeune skipper, qui meurt lors d'une arrivée d'une transat en solitaire, c'est comme le mystère de la pièce fermée avec un cadavre à l'intérieur...c'est tentant de savoir ce qui s'est passé. 

Je dois dire que j'ai passé un agréable moment avec ce polar. Le monde de la Voile, que l'auteur connait bien, est très bien décrit par ce dernier, l'intrigue sur la mort d'Erwann est bien menée et mystérieuse pour nous accrocher, même si celle ci n'est pas des plus principales, en fait. C'est ce que j'ai ressenti, en milieu de roman quand l'un des suspects prend la fuite et que l'auteur nous embarque pour un voyage maritime en côte bretonne, de Belle île à la Baie des Trépassés (et d'ailleurs, les légendes bretonnes qui imprègnent ce lieu et que l'auteur nous raconte, sont des plus fascinantes). C'est plus un voyage en mer qui nous est proposé, même si l'auteur revient ensuite à l'enquête sur la mort d'Erwann, qui va nous mener en bateau jusqu'à la dernière page. Les surprises sont au rendez-vous, et je n'ai rien vu venir pour ma part. Les fausses pistes s'enchaînent et on les suit avec plaisir, en se laissant porter, sans forcément chercher à savoir ce qui s'est passé. 

En ce qui concerne les personnages, ils ont tous un côté attachant, et en premier lieu, le commissaire Rochard, flic  bourru au grand coeur, qui préfère plutôt interroger les suspects ou les témoins autour d'une table de restaurant, plutôt que dans son bureau. En fait, il m'a fait penser à un autre commissaire: Maigret, cher à Simenon. C'est un commissaire à l'ancienne, qui préfère sonder les âmes des suspects, plutôt que de jouer du pistolet. 

Puis, il y a le côté province et bord de mer qui me ravi: la Vendée, proche de chez moi, les côtes bretonnes qui me font rêver. en clair, l'Ouest de la France, si beau et si cher à mon coeur. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai été attiré par la découverte des polars des Editions Ouest France. 

Le seul petit bémol que je pourrais trouver à ce roman, est son humour parfois un peu lourd et incongru dans certaines situations (je pense à la scène de l'autopsie du corps d'Erwann). Heureusement, l'auteur l'utilise avec parcimonie, ce qui ne me fait pas regretter ma lecture. 

Ce fut une bien belle découverte que ce roman de Jean-Marie Biette: celle de la mer, des voiliers et de ce monde maritime que je ne connais pas, mais qui fascine, une enquête qui ménage un suspense jusqu'à la dernière page, un commissaire bonhomme, bourru au grand coeur qu'on aurait envie de retrouver. En bref, un petit voyage sympathique sur la côte Atlantique. Que demander de plus pour ces vacances qui approchent. 

Merci aux Editions Ouest France pour la découverte de ce livre et de cette nouvelle collection, "Empreintes". 


Jean-Marie Biette: Mort à bout de course, Editions Ouest France, collection "Empreintes", 215 pages. 





vendredi 26 février 2021

Snjor (Dark Iceland Tome 2)


 Résumé: Siglufjördur, ville perdue au nord de l'Islande, où il neige sans discontinuer et où il ne se passe jamais rien. Ari Thór, qui vient de terminer l'école de police à Reykjavik, y est envoyé pour sa première affectation.


Mais voilà qu'un vieil écrivain fait une chute mortelle dans un théâtre et que le corps d'une femme est retrouvé, à moitié nu, dans la neige.

Pour résoudre l'enquête, Ari Thór devra démêler les mensonges et les secrets de cette petite communauté à l'apparence si tranquille...

(Notifier que "Snjor" est le tome 2 des enquêtes d'Ari Thor n'est pas une erreur de ma part. Cela s'explique simplement par le fait que le premier tome des enquêtes du jeune flic (dont le titre est  "Fölsk Nota") n'a pas été traduit en français. Alors aucune incidence de commencer par  Snjor puisque celui ci  raconte bien les débuts d'Ari dans la police et son arrivée à Siglufjôrdur. Alors, je pense que ce premier tome non traduit  raconte les circonstances de l'enquête sur la mort du père d'Ari Thor (qui est évoqué au début de "Snjor"), et je suis déçu qu'il n'ai pas été traduit pour le moment, car j'aurai aimé le découvrir.)

L'admiration de Ragnar Jonasson pour Agatha Christie (au point qu'il a lui même traduit dans sa langue,  plusieurs romans de la reine du crime dans sa jeunesse) se ressent dans son écriture et sa manière de mener l'intrigue. 

En effet, Ragnar Jonasson met le temps de poser ses personnages et l'intrigue policière qui va les concerner avant de rentrer dans le vif du sujet, tout comme le faisait Agatha Christie. D'ailleurs, la mort d'un des personnages n'intervient qu'au bout de cent pages. 
Ce n'est pas du tout pour me déplaire. Ce que j'aime dans les romans policiers, c'est aussi l'ambiance qu'il peut instaurer et en savoir plus sur les personnages afin de savoir qui aurait pu commettre un crime. Et c'est toujours agréable de nous présenter le milieu dans lequel on va évoluer pendnt plusieurs pages); 
Ici, niveau ambiance, on est servi. Ce petit village islandais pris dans la tempête de neige m'a glacé les os, dans tous les sens du terme. Tout comme le jeune héros, Ari Thor, qu'on apprend à apprécier, et qui fait ses premières armes de flic dans un petit village du nord de l'Islande où il ne se passe jamais rien...du moins, en apparence. Car cela va changer. 
Ainsi, comme le personnage principal, on se retrouve immergé dans un nouveau lieu qu'il va falloir apprendre à apprivoiser. Pour ça, l'auteur va nous présenter toute une galerie de personnages dans des petits chapitres où il va prendre le temps de s'attarder sur leur passé, en semant des petites graines afin de découvrir le fin mot de l'histoire. Certains chapitres écrits en italiques, et disséminés par petites touche au début de roman  nous parle d'une femme séquestrée par un homme, totalement intriguant pour nous...sauf que l'explication nous sera donné vers la fin du roman. 

Ragnar Jonasson a l'art et la manière de ficeler une belle et bonne intrigue, au point que je n'ai pas vu venir la résolution, même si j'ai cherché. J'ai été complètement pris et charmé par l'ambiance du roman et par son personnage principal Ari Thor, que j'aurai plaisir à retrouver dans une prochaine enquête. J'ai aussi été agréablement surpris que certains s'en sortent sans dommage...comme dans la vraie vie, en fait. 

Si vous aimez les ambiances glaçantes , les enquêtes qui prennent leur temps et des personnages fouillés, auquel on s'attache, je vous conseille d'embarquer pour Siglufjördur. Pour ma part, j'y retournerai avec plaisir. 

Ragnar Jonasson: Snjor, (Snjoblinda), Editions Points, 337 pages, 2018



lundi 8 juillet 2019

Texto

4e de couverture: Il est des gens qui laissent une trace derrière eux, et il y a ceux dont il ne reste rien.
Le smartphone sait tout de nous : notre quotidien, nos vices, nos amours, nos espoirs, nos secrets inavouables. Mon smartphone est moi. Si quelqu'un s'en empare, il devient moi aux yeux de tous. Le temps que l'imposture soit découverte, il est trop tard. Pour tout le monde.
Haletant, sombre, émouvant et engagé, le nouveau roman d'un des prodiges de la nouvelle génération d'écrivains russes.

Dmitry Glukhowsky s'est fait connaître du public par sa saga futuriste "Métro (2033;2034; 2035)". Il revient ici avec un roman fort actuel sur un objet qui gère notre vie: le smartphone. 

Alors, autant vous dire tout de suite, que pour moi, qui ne suis pas un adepte du smartphone (c'est bien simple, j'ai encore un portable à clapet, non tactile, qui ne me permet essentiellement que de passer des coup de fil ou des envois de SMS), ce roman est un peu de la science fiction. 
J'étais toutefois intrigué de me plonger dans ce roman pour la thématique qu'elle aborde: maintenant que nous avons toute notre vie dans notre téléphone portable, comment savoir si l'on est encore en vie et que quelqu'un n'a pas pris notre place, grâce à ce petit objet qui sait tout de nous. 
En effet, Ilya, qui sort de prison après 7 ans d'incarcération, tout simplement pour avoir été interpellé et piégé dans une boite de nuit, décide de se venger du flic qui l'a privé de sa liberté. Il va ainsi le croiser dans la rue, puis le tuer, en emportant son smartphone. C'est ainsi qu'Ilya va s'immiscer dans la vie privée de son bourreau et prendre sa place. 

C'est un roman haletant, qui m'a fait m'interroger sur le sens de notre vie. Il est vrai qu'au jour d'aujourd'hui, notre vie devient quasi public avec réseau sociaux et téléphone portable, et il est très facile pour des gens mal intentionné de prendre notre place sur ces réseaux. Par l'intermédiaire du polar, Dmitry Glukhovsky nous fait nous interroger sur ce sujet là. Il y a un côté voyeurisme dans ce roman: Ilya entre dans la vie privée de son bourreau et victime en prenant sa place et en essayant de se fabriquer une nouvelle vie, mais c'est également la même chose pour le lecteur qui est voyeur de la vie d'Ilya. Il y a un effet miroir déconcertant. 

Alors, si ce côté m'a fortement plu, et que j'avais tout de même envie de savoir comment tout cela allait se terminer, j'ai eu quelques moments de flottement dans ma lecture, n'étant plus aussi assidu. Le fait de ne suivre une histoire que par l'intermédiaire d'un smartphone (on ne suit finalement qu'un seul interlocuteur dans ce roman, c'est Ilya qui n'a aucun contact avec l'extérieur sauf avec le smartphone. Toute les conversation se passant par l'intermédiaire du téléphone) peut devenir un peu redondant à la longue, mais aussi un peu invraisemblable devant certaines situations. J'ai trouvé un peu tiré par les cheveux qu'Ilya s'en sorte aussi facilement par des pirouettes, pour éviter de rencontrer toutes les personnes à la recherche de Petia, le fameux flic, tué par ilya. D'où un petit manque d'enthousiasme au milieu du roman. 
Mis à part cela, c'est un roman qui ne manque pas d'intérêt de par sa thématique (le smartphone et ses dérives en définitive), mais aussi pour le pays qu'il nous fait découvrir: la Russie et ses méthodes pas très subtiles. On découvre que Petia, la victime, n'était pas le flic exemplaire qu'on pouvait croire, mais un flic corrompu). 

Au final, un roman intéressant sur un sujet fort actuel (les portables et leur dérive) qui nous intrigue une bonne partie du livre, mais qui a un petit bémol: certaines situations invraisemblables et un manque de souffle vers le milieu du livre. Mais je ne regrette pas cette lecture et la découverte de l'univers de Dmitry Gluckhovsky. 

Merci aux Editions l'Atalante pour cette découverte.

Dmitry Gluckhowsky: Texto, (Tekct), L'Atalante, 395 pages, 2019


dimanche 16 juin 2019

Snap Killer

4e de couverture: Un élève de terminale est retrouvé mort un dimanche à l’aube, pendu par les pieds à une branche de platane, au milieu de la cour de son lycée. 980 élèves suspects, sans compter le directeur, les profs et le reste du personnel, l’enquête s’annonce complexe. Pourquoi le meurtrier a-t-il pris le risque fou de cette mise en scène ? Y a-t-il un lien entre ce meurtre et le suicide d’une élève de seconde, victime d’un harcèlement brutal sur les réseaux sociaux quelques mois plus tôt ? Pour la commissaire Clara Di Lazio et son équipe, aucun indice ni aucune piste ne sont à négliger.

Sylvie Allouche a exaucé l'un de mes voeux. Souvenez-vous: après ma lecture de "Stabat Murder", j'espérais revoir la commissaire Di Lazio et son équipe dans une autre enquête. 
C'est chose faite avec ce "Snap Killer" de toute beauté. 

Ce fut un plaisir de retrouver toute l'équipe de Clara (Louise, Nathan, Clément et Gauthier (le petit nouveau) qui vont devoir démêler les noeuds d'une enquête des plus complexes. 
Encore une fois, Sylvie Allouche arrive à mener son histoire de main de maître, s'en est bluffant, allant de fausses pistes, en révélations, et tout ça dans un  rythme effréné, sans oublier la psychologie de ses personnages. 
Surtout, Sylvie Allouche va, par l'intermédiaire d'une enquête, parler d'un sujet sensible et toujours autant d'actualité: le cyber-harcèlement, chez les ados. En effet, l'histoire commence au moment où Garance, une jeune fille de 15 ans, en seconde, est victime d'un harceleur, au point de mettre fin à ses jours. C'est étrange, mais cette partie de l'histoire a été la plus difficile à lire pour moi, me renvoyant à mon propre passé (à la différence que les réseaux sociaux et autre joyeuseté des nouvelles technologies, n'existaient pas à mon époque). Sylvie Alouche sensibilise son jeune lectorat en l'interpellant sur ces sujets. Elle le fait de manière intelligente et surtout adulte. 

C'est ce qui me frappe dans l'écriture de Sylvie Allouche: sa maturité: derrière un style addictif, simple, efficace,elle propose un style et une histoire très adulte. Ce n'est pas manichéen: chaque personnage à sa part d'ombre, ses secrets, ses fêlures, et l'on se surprend à se demander jusqu'où l'auteure va aller dans son cheminement. 

"Snap Killer" n'est pas seulement un roman à enquête, il est aussi un roman psychologique ou les personnages ont une part importante, et surtout l'équipe de Clara: chaque personnage à son propre passé et ses propres fêlures, ce qui nous les rend très sympathiques: voir Louise évoluer et faire ses premières armes dans une enquête, sous le regard bienveillant de Clara,Gauthier, le petit nouveau de l'équipe qui a rater son entrée au RAID (je vous laisse découvrir pourquoi) et son rapproche avec Louise,  ou bien Clara, elle même, dont le passé va être encore mis en avant, en la personne de Lilo, sa nièce, qui arrive chez elle, sans prévenir. La relation entre la nièce et la tante, est des plus touchantes, et de nous montrer les blessures de Clara (et surtout celle de la disparition de son frère Vincent, des années auparavant), et sa relation difficile avec sa soeur m'a vraiment bouleversé. 

De plus, cette fois ci, Sylvie Allouche a su bien me mener en bateau, car je n'ai pas deviné avant le final, qui pouvait être le fameux meurtrier de ce jeune homme retrouvé pendu à un arbre. Du grand art! 

Au final, un 2e volet encore une fois bien mené, addictif, sur un sujet fort: le cyber-harcèlement, qui je l'espère, ouvrira les consciences de certains jeunes lecteurs, et de leurs parents. Un retour en force de la commissaire Di Lazio et de toute son équipe, fort sympathique, qu'on prend plaisir à suivre dans leurs investigations. Non, franchement rien à dire de plus que: vivement le prochain volet, car je suis persuadé qu'on en a pas fini avec la commissaire Di Lazio. Un polar adolescent qui ne prend pas ses lecteurs pour des gamins, ça fait du bien! 

Merci aux Editions Syros  de m'avoir permis de continuer l'aventure. 

Sylvie Allouche: Snap Killer, Syros, 322 pages, 2019


mardi 11 juin 2019

La Guerre est une ruse

4e de couverture: Algérie, 1992. Après l'annulation des élections remportées par le Front islamique du salut, une poignée de généraux, les " janviéristes ", ont pris le pouvoir. L'état d'urgence est déclaré,les islamistes pourchassés ont pris les armes. Le pays sombre dans une violence sans précédent...
Tedj Benlazar, agent de la DGSE, suit de près les agissements
du tout-puissant Département du renseignement militaire, le sinistre DRS qui tire toutes sortes de ficelles dans l'ombre. Alors qu'il assiste à l'interrogatoire musclé d'un terroriste, Tedj apprend l'existence de camps de concentration où les islamistes seraient parqués dans des conditions inhumaines. En fouinant plus avant, il met au jour des liens contre-nature entre le DRS et les combattants du GIA. Quel jeu jouent donc les services secrets avec les terroristes ? Les massacres quotidiens sont-ils l'oeuvre des uns ou des autres ? Ou d'une instrumentalisation diabolique des seconds par les premiers ?
Benlazar acquiert la certitude que les généraux sont prêts à tout pour se maintenir au pouvoir. Et la dernière phase de leur plan va commencer : exporter le chaos par-delà la Méditerranée, pour forcer la France à soutenir leur croisade anti-terroriste. Tedj parviendra-t-il à réunir assez de preuves pour convaincre sa hiérarchie avant que l'horreur ne s'invite à Paris ?

Avec ce premier tome, Frédéric Paulin plonge le lecteur au coeur de la décennie noire qui ravagea l'Algérie et préfigura une nouvelle ère de terreur inaugurée par les attentats du 11 septembre.



Premier tome d'une trilogie consacrée à l'Algérie et à la montée du terrorisme dans cette partie du monde, des années 90 aux attentats du 13 novembre 2015 au Bataclan (en passant par les attentats du 11 septembre 2001) , La Guerre est une ruse est un roman très puissant et passionnant. 

C'est grâce à ma libraire que je suis allé vers ce roman là. Elle avait adoré et pensait que cela pourrait me plaire. Alors, il est vrai que le sujet est intéressant, même si j'évite de lire ce genre de livre sur le terrorisme. Je préfère m'évader dans mes lectures et oublier le monde cruel qui nous entoure. Sauf que là, c'est différent: Frédéric Paulin nous explique dans les moindres détails, comment le monde en est arrivé là, en remontant à la source. 
Alors, je dois dire que ce n'est pas si facile d'entrer dans ce livre: les personnages sont nombreux, les enjeux complexes, et il m'a bien fallu une centaine de pages pour me repérer...mais, elles ont été vite lues ces 100 pages. J'ai vraiment été happé par ce polar haletant, qui nous embarque dans une histoire incroyable en nous donnant toute les clés de compréhension. En effet, l'auteur, qui débute son roman en 1992, après que les "Janvieristes", une poignée de généraux ont pris le pouvoir en Algérie, nous raconte ce pays, encore marqué par la guerre d'indépendance, qui plane encore, et son histoire politique de manière très complète. 

On se retrouve alors dans un véritable roman d'espionnage, où un contre la montre est engagé. A travers les personnages de Tedj Benlazar et Rémy Bellevue, on va suivre leurs investigations pour prouver que la DSR, les services secrets algériens ont mis en place des camps de concentration pour y enfermer des islamistes. Petit à petit, il vont essayer de démêler cette toile, pour prouver que la DSR est en lien avec le GIA (un groupe terroriste, mais je schématise un peu).
L'auteur va ainsi mener son histoire jusqu'en 1995, en nous baladant de l'Algérie jusqu'en France. 

J'ai été estomaqué par la plume addictive de l'auteur, qui maîtrise son sujet sur le bout des doigts. C'est fou le nombre de détail qui sont disséminé dans ce roman. En tout cas, c'est un roman qui nous fait comprendre comment le Djihad et tous ces groupuscules terroristes ont commencé...et c'est passionnant. 
En même temps, il ne faut pas oublier que c'est un roman noir, et que l'auteur sait très bien mené son suspense, au point qu'on se surprend à ne plus pouvoir lâcher le livre avant la fin. 
C'est passionnant, terrifiant également de se rappeler de ces événements tragiques, car, même si Tedj, Rémy, Fadoul, Gh'zalla sont des personnages de papiers, d'autres ont réellement existé comme Djamel Zitouni, Jean-Charles Marchiani, et quelques autres, rendant ce roman hyper réaliste. Il nous renvoi à notre propre passé...sauf qu'on y entre par une porte dérobée, pour être dans "le secret des Dieux" celui des services secrets. 
Et le final, est une apothéose et une prémonition sur ce qu'il adviendra dans la suite...et qui nous fait dire: mais pourquoi n'ai je pas acheter le 2e tome en même temps? 

Au final, un roman noir qui oscille vers le roman d'espionnage, pour nous parler des prémices du terrorisme tel qu'on le connait aujourd'hui, en remontant à la source. C'est passionnant, comme un polar, intéressant comme un livre d'histoire, et glaçant, par son réalisme noir et sombre. Tout simplement une superbe réussite. Si vous voulez savoir pourquoi le monde en est arrivé à un tel chaos, lisez ce roman. Vous ne verrez plus le monde de la même manière. 
Vivement vendredi pour la rencontre avec l'auteur, dans la librairie de ma ville...et hâte d'avoir le tome 2 en main! 

Frédéric Paulin: La guerre est une ruse: Agullo, 377 pages, 2018



samedi 1 juin 2019

Le Moi(s) Belfond #8: Minuit à Pékin

4e de couverture: Entre polar compulsif et document édifiant, un true crime exceptionnel. Dans le Pékin des années 1930, en plein chaos diplomatique et dépravation morale, une enquête minutieuse qui résout un mystère vieux de près de quatre-vingts ans.
 
Par une froide nuit de janvier 1937, au pied de la tour de garde du vieux quartier de la Légation, le corps atrocement mutilé d’une jeune femme est retrouvé. Elle s’appelait Pamela Werner, elle avait vingt ans, elle était la fille adoptive de l’ancien consul de Grande-Bretagne.
 
Crime d’un rôdeur ou affaire d’État ? Dépêché par le Foreign Office, l’inspecteur Dennis lance l’enquête pour s’apercevoir rapidement que personne n’est pressé de voir la vérité triompher. Car Pékin est alors une véritable poudrière. Tandis que diplomates et seigneurs de la guerre complotent dans les fumeries d’opium, les expatriés se plongent dans une frénésie d’alcool, de drogue et de luxure pour oublier les rumeurs de l’invasion japonaise imminente et la fin annoncée de leurs privilèges. Et l’horrible assassinat de Pamela Werner pourrait bien faire l’effet d’une bombe diplomatique…

C'est après avoir lu une biographie d'Edgar Snow, auteur du célèbre "L'étoile rouge de Chine" que Paul French croisa le nom de Pamela Werner. Jeune fille anglaise qui fut retrouvée morte, atrocement mutilée le jour de l'an Russe (le 7 janvier) 1937, à la Tour du Renard, dans le quartier des Légations, en Chine. 

C'est ainsi que lui vint l'idée d'écrire ce livre en 2011, afin de réhabiliter la mémoire de Pamela Werner, et surtout lui rendre une certaine justice, 75 ans après les faits. 
J'ai été attiré par ce livre, à sa sortie, par mon goût de l'histoire, mais aussi pour celui des faits divers, et surtout ceux, non élucidés. 
Ici, le dépaysement est total en plus. J'ai beaucoup aimé ce livre, et découvrir la Chine des années 30, alors en plein changement, avec l'invasion japonaise. imminente. 

Ce document se lit comme un véritable polar, et Paul French a pris le parti de raconter ce fait divers à la manière d'un roman policier. D'un style fluide, rapide et addictif, tout en nous informant sur la situation de la Chine, à cette époque, il revient sur le passé de chaque protagoniste: de Pamela, jeune fille de bonne famille (son père travaille pour la diplomatie anglaise), à son Père, E. T.C. Werner, en passant par les policiers, chargés de l'enquête, le chinois, Han et le britannique, Dennis et toutes les personnes ayant de près ou de loin un lien avec l'affaire. 
Par contre, Paul French ne nous épargne rien, et la scène de la découverte du corps et de son autopsie, est des plus horribles. 
Puis, il fait défiler le déroulement de l'enquête, qui s'enlise, en cela, peu aidé par la délégation Britannique...ce qui fait que l'affaire sera classée sans qu'aucun coupable, ne soit identifié, arrêté et condamné. 

Puis vient la deuxième partie de l'histoire, celle qu'il m'a le plus passionné et que j'ai lu d'une traite, voulant savoir comment cela allait tourner. Alors que l'enquête est arrêtée et l'affaire classée, c'est au tour du père de la victime, E.T.C. Werner de mener sa propre enquête afin de trouver le ou les assassins de sa fille. Il va tout reprendre depuis le début et Paul French va nous reconstituer tout ce parcours et faire part de sa théorie sur ce meurtre vieux de 82 ans. Une théorie  plausible qui pourrait très fortement se rapprocher de la vérité. 

C'est un livre passionnant sur les rouages tordus de la politique (les diplomates britanniques ont souvent mis des bâtons dans les roues à Werner lors de son enquête personnelle),sur la Chine de cette époque, en plein chambardement, sur l'amour d'un père et sa volonté de faire la lumière sur le meurtre de sa fille. Un livre digne des meilleurs polars, mais qui fait froid dans le dos, quand on pense, et qu'on n'oublie pas que tout ce qu'on lit s'est véritablement produit...et les photos inclus dans le livre, sont là pour nous le rappeler. Passionnant et saisissant d'effroi. 



Paul French: Minuit à Pékin, comment le meurtre d'une jeune anglaise a hanté les derniers jours de l'ancienne Chine, (Midnight in Peking, How the murder of a young Englishwoman haunted the last days of old China), Belfond, 302 pages, 2014


vendredi 10 mai 2019

Le Moi(s) Belfond #2: Vraie Folie (Promise Falls Tome 3)

4e de couverture: Intoxication meurtrière, assassinat sauvage d’une étudiante, disparitions inquiétantes… Après Fausses promesses et Faux amis, un final apocalyptique pour clore la trilogie consacrée à la petite ville (pas si) tranquille de Promise Falls.
A priori, c’est un samedi matin comme tous les autres qui commence à Promise Falls en ce 23 mai. Chacun se réveille, prend sa douche, son café, son petit déjeuner. Mais soudain, une sirène d’ambulance, puis deux, puis trois ; des gens inanimés dans leur cuisine, sur le pas de leur porte, dans la rue, les urgences saturées…
Un dénominateur commun à ces victimes : toutes ont bu de l’eau du robinet. Il faut se rendre à l’évidence, le réseau hydraulique de la ville est contaminé. Drame sanitaire ou crime de masse ?
Pour l’inspecteur Barry Duckworth, la réponse ne fait aucun doute. L’insaisissable meurtrier fanatique du nombre 23 a encore frappé. Et il n’a certainement pas l’intention de s’arrêter là.
Comment préparer les habitants aux dangers qui les menacent ? Le policier et le privé Cal Weaver vont devoir unir leurs forces dans une mortelle course contre la montre. Mais qui sait combien de fous furieux se sont donné rendez-vous à Promise Falls ?


Alors qu’il enquête sur d’autres disparitions, le privé Weaver se retrouve une nouvelle fois sur le chemin de l’inspecteur Duckworth. L’heure est venue pour eux d’unir leurs forces dans cette mortelle course contre la montre… Mais comment préparer les habitants au danger qui les menace ? Et qui sait vraiment combien de fous furieux se sont donnés rendez-vous à Promise Falls ?

Risque de spoilers sur les tomes précédents "Fausses promesses" et "Faux amis"
Linwood Barclay clôt sa trilogie "Promise Falls" en apothéose avec Vraie Folie. 
J'avais adoré les deux premiers tomes de cette trilogie qui m'ouvrait les portes de la ville de Promise Falls. Même si le tome 1 avait une intrigue policière classique, les sous intrigues et le fil rouge du tueur en série était intéressant pour lire la suite. La trame du Tome 2 avait été un cran au dessus de la première intrigue et s'était terminé par un cliffhanger sanglant. Je peux donc vous dire que j'attendais ce tome 3 avec impatience. 
Celui ci démarre sur les chapeaux de roues avec tout simplement une "apocalypse" qui s'abat sur la ville. En effet, plusieurs habitants de Promise Falls tombent malades, et l'hôpital se remplit rapidement. L'inspecteur Duckworth est appelé à la rescousse, tout comme son acolyte, Angus Carlson. Au même moment, au Thackeray Collège, le corps d'une étudiante est retrouvée, victime du fameux tueur en série... Toute la ville est sur les dents. 
C'est un pur bonheur de retrouver tous les nombreux personnages de Promise Falls, que ce soit David Harwood, Cal Weaver, l'ex maire Finley, toujours dans la course aux élections municipales, Joyce Pilgrimm, l'agent de sécurité de Tackeray, ainsi que l'inspecteur Barry Duckworth, qui, après David et Cal à la parole dans ce dernier tome pour certains chapitres. 
Alors, bien évidemment, les surprises sont au rendez-vous (tout comme le fait qu'il ne s'est passé que trois semaines-un mois, entre le premier et le troisième tome (en même temps, l'intrigue des tomes se déroulent sur deux jours)) et la plume de Linwood Barclay est toujours aussi addictive, nerveuse, et fluide. Un autre point positif: le fait que l'auteur fasse des rappels des intrigues précédentes, ainsi le lecteur, qui, comme moi aurait lu le premier tome un an auparavant n'est pas perdu et se remet les événements en tête. 
Bon, ne nous voilons pas la face: c'est un tome de conclusion, ce qui fait que, d'une, on ne peux pas le lire sans avoir lu les premiers, et de deux, il vient clore toutes les intrigues lancé dans les tomes précédents, ce qui fait que David et Cal ne servent pas à grand chose: seulement à, pour David, essayé de retrouver Sam et son fils qui ont disparu (cf, l'intrigue de Sam Worthington concernant la garde de son fils face à ses beaux parents dont le fils est en prison) et pour  Cal, de s'occuper de la petite Crystal, une petite fille qu'il a rencontré dans le tome précédent. Alors, c'est super de les retrouver et cela vient conclure tout ça: ce que j'appelle du travail bien fait pour un auteur. Il ne laisse pas celles ci en suspens. Mais l'intérêt est ailleurs
L'intérêt de ce tome vient de Barry Duckworth, qui va avoir la lourde tache de retrouver le tueur en série, peut être lié au nombre 23, tout en découvrant qui a empoisonné l'eau de la ville...mais peut être est ce la même personne? Opopop... je ne vous dirais rien. Surtout que Duckworth est un personnage sympathique qui a emporté mon adhésion dès le premier tome. 
Franchement, je n'ai que du positif à dire sur cette trilogie, mis à part peut être un petit bémol: la fin un peu trop abrupte. Alors, je vous rassure, l'intrigue du tueur en série, et celle concernant le fameux inconnu au nombre 23, trouvent leur conclusion dans ce tome...mais la fin pleine d'action, m'a laissée un peu sonné. Je m'attendais tout simplement à un dernier chapitre plus apaisé. 
Au final, une trilogie qui se tient du début à la fin, avec des personnages sympathiques et antipathiques qu'on aime découvrir et qui nous entraîne dans des intrigues folles. L'auteur est allé au bout de toutes les intrigues lancées depuis le premier tome (elles étaient pourtant nombreuses). La seule intrigue qui reste en suspens est celle concernant Randy Finley, l'ancien maire..mais c'est peut être tout simplement pour nous inciter à revenir à Promise Falls, dans un prochain livre de Linwood Barclay. Pour ma part, j'y retournerai bien un jour.  
Merci aux Editions Belfond pour cette visite dans la petite ville (pas si) tranquille de Promise Falls. 



Linwood Barclay: Vraie Folie (Promis Falls Tome 3), (The Twenty-Three), Belfond, collection Noir, 475 pages, 2019