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samedi 2 juin 2018
Alfred Hitchcock #11: A l'Américaine (1928)
Synopsis: Une jeune femme, habituée au luxe, doit trouver du travail après que son père lui a dit avoir perdu tout son argent.
Il y avait bien longtemps que je n'avais pas regardé un film d'Hitchcock. Apparemment 2 ans, au vu du dernier billet que j'ai consacré à l'un de ses films.
Et voilà qu'hier, ça m'a pris, comme ça, après avoir noté sur une feuille tous les films du Maître en ma possession (pas moins de 43!) par ordre alphabétique. (Oui, une autre lubie. Pourquoi ne pas regarder ses films par ordre alpha plutôt que chronologique. Cela me permet de passer d'une époque à une autre, et de sa période anglaise et américaine d'un film à l'autre).
C'est donc le film Champagne (intitulé en français, "A L'Américaine" (voilà pourquoi il est premier de ma liste)) que j'ai visionné. Deuxième incursion pour moi dans l'univers du muet à la Hitchcock (un genre dont je ne suis pas très friand, j'avoue) après "Downhill" (que j'avais grandement apprécié).
Alfred Hitchcock, très grand amateur de champagne, décide de tourner un film avec ce titre. Alors, son idée de départ était l'histoire d'une jeune femme, héritière d'une grande cuvée de champagne, qui voit partir les bouteilles sur Paris, elle qui habite en province,. Elle décide de partir à la capitale pour voir où vont les bouteilles qu'elle fait livrer. Elle va alors vivre une vie parisienne mouvementée, qui la fera tomber dans la prostitution. Ensuite, la rédemption, retour en province, où elle reprend son exploitation de champagne, en se culpabilisant de voir ses bouteilles partir sur Paris, ville de débauche.
Voilà l'idée de monsieur Hitchcock, un thème, la déchéance, qu'il avait si bien mis en image dans "Downhill") qui lui est cher. Sauf...que le studio n'en veut pas.
Après le succès de "The Farmer's Wife" (Laquelle des trois?), son précédent film qui était une comédie. le studio veut de nouveau une histoire dans le même genre.
Alfred va alors imaginer le scénario au jour le jour, d'une jeune héritière, qui fait les plus folles excentricités, qui exaspèrent tellement son père (qui se méfie également du fiancé de la jeune femme) que celui ci lui fait croire qu'il est ruiné et qu'il la fait suivre par un détective, pour voir comment elle se débrouille. Elle va alors prendre un travail de serveuse dans un cabaret pour aider son père.
Alfred Hitchcock, n'est pas enthousiasmé par la réalisation de ce film, mais il obéit au studio. Toutefois, on trouve dans sa réalisation des petites merveilles comme le point de vue à travers un verre de Champagne (Hitchcock avait fait construire un verre de champagne géant pour avoir ce point de vue là). Technique qu'il réitérera entre autre dans la 2e version de "L'homme qui en savait trop".
Et cette petite touche d'humour, où l'on voit le détective, qui joue un homme ivre pour détourner l'attention de Betty, qui est le seul à marcher droit lors d'une tempête en mer,sort également du lot.
Pour tout vous dire, j'ai apprécié ce film et c'est encore une fois, grâce à la musique (ici de Xavier Berthelot). Pour moi, c'est l'élément important pour apprécier où non, un film muet. Puis, j'ai aimé Betty et son espièglerie, si bien jouée par Betty Balfour. Et je suis tombé sous le charme de Jean Bradin, qui interprète le fiancé, quitté puis repris, pour être quitté à nouveau, puis repris, de Betty.
Non, non, vraiment, j'ai apprécié ce petit film d'Hitchcock,qui est très sympathique à regarder, même s'il n'est pas exceptionnel. Il y a quand même quelques petites ingéniosités dans la réalisation du grand Alfred, qui démontre tout le futur talent de ce dernier.
dimanche 8 mai 2016
Alfred Hitchcock #10: Le chant du Danube (1934)
Synopsis: A vienne, une belle comtesse encourage Johann Strauss a composer la célèbre valse, le Beau Danube bleu.
Étonnante découverte que ce chant du Danube (qui n'est autre que la célèbre valse que Johann Strauss Jr à composée).
L'un des premiers films d'Hitchcok, qui s'essaye encore une fois à plusieurs genres (musical et biopic) qui sont bien loin du genre principal qu'il mettra en scène plus tard et qui fera de lui le maître du suspense.
Ce Chant du Danube est un bon film, qui m'a fait passer un agréable moment. Alors, je ne sais pas où est la vérité et la fiction dans ce film, par rapport à Johann Strauss Jr et à la création du Beau Danube bleu, mais qu'importe. Il m'a emporté dans son sillage.
L'interprétation des acteurs est convaincante et j'ai surtout aimé les rivalités dans ce film, entre la comtesse et Rani, la jeune pattissière, amoureuse du beau Johann, mais aussi la rivalité entre le père et le fils Strauss.
Mais surtout, ce qui retient l'attention, c'est la mise en scène d'Hitchcock,encore une fois. Elle est balbutiante, mais elle démontre déjà un certain sens esthétique.
Alors, attention, ce n'est pas une comédie musicale, à proprement parlé, c'est plus un film sur la musique, mais celle ci est entrainante et nous fait entrer dans la danse (surtout que Le beau Danube bleu fait partie de mes musiques classiques préférées).
Pas grand chose à dire de plus, ce film est un bon moment de cinéma, qui nous dévoile les prémisses d'une réalisation inventive qui explosera dans le film suivant:L'homme qui en savait trop .
jeudi 26 février 2015
Alfred Hitchock #9: Fenêtre sur cour (1954)
Synopsis: A cause d'une jambe cassée, le reporter-photographe L. B. Jeffries est contraint de rester chez lui dans un fauteuil roulant. Homme d'action et amateur d'aventure, il s'aperçoit qu'il peut tirer parti de son immobilité forcée en étudiant le comportement des habitants de l'immeuble qu'il occupe dans Greenwich Village. Et ses observations l'amènent à la conviction que Lars Thorwald, son voisin d'en face, a assassiné sa femme. Sa fiancée, Lisa Fremont, ne le prend tout d'abord pas au sérieux, ironisant sur l'excitation que lui procure sa surveillance, mais finit par se prendre au jeu...
Et un chef d'oeuvre de plus pour Hitchcock! Un!
Un film, que, malgré ses nombreuses diffusions, je n'avais jamais vu (Shame on me!). Avec ce film, Hitchcock est à l'apogée de son art. Tout est maîtrisé dans ce huis-clos, qui, mine de rien, sans que vous vous en rendiez compte, vous met les nerfs en pelote. D'une situation banale (qui n'a jamais regardé par la fenêtre de chez lui pour voir ce qui se passait chez ses voisins?), Hitchcock fait monter la pression du spectateur qui se retrouve impuissant devant ce qu'il voit...car il y a un peu une mise en abyme dans ce film: le spectateur du film est aussi voyeur que l'est Jeffries (admirablement interprété par James Stewart) puisqu'il assiste à la situation sans pouvoir rien faire, bloqué par un écran (qui est une autre fenêtre) et en dehors de la situation.
Les prises de vues du film sont maîtrisées en tout point et nous offrent plusieurs points de vue différents, en ayant pour décor la même fenêtre et la même façade d'immeuble.
Chapeau bas aux acteurs (James Stewart et Grace Kelly, en tête),et plus particulièrement à ceux qui interprètent les voisins. Ceux ci sont filmés de manière que leur jeu ne passe que par le geste (la parole étant exploitée à de rares occasion et souvent étouffées de par l'éloignement de Jeffries, puisque tout est vu de sa fenêtre.
Ce qui fait la force de ce film, c'est son parti pris de ne nous montrer que le point de vue de Jeffries, qui peut être erroné. Ben oui, des attitudes et des gestes peuvent être mal interprétés quand on ne connait rien de la vie de ses voisins. Puis, l'oisiveté et l'ennui de Jeffries peut lui faire faire et comprendre ce qu'il veut, juste pour mettre un peu de piment dans sa vie.
J'ai mi un petit peu de temps à entrer dans le film. Je regardais la vie des voisins de Jeffries avec passivité, sans grand entrain, puis, sans m'en rendre comte, j'étais captivé et je cherchais à savoir comment cela allait se finir. Puis, j'ai fini le film, sur les dents, complètement tendu, par une fin qui m'a estomaquée.
Au final, un film des plus maîtrisé (probablement l'un des plus grands chefs-d'oeuvre de Mr Hitchcock) qui se regarde avec plaisir et avidité. Un film qui inspirera beaucoup de remakes (qui ne leur arriveront pas à la cheville) mais aussi certains artiste comme Renan Luce, par exemple, qui s'inspirera de Fenêtre sur cour pour son clip Les voisines. Le Maître du suspense inspirera encore longtemps, les artistes...qui ne l'égaleront probablement jamais. Mais c'est tout de même un bel hommage
vendredi 18 juillet 2014
Alfred Hitchcock #8: La Taverne de la Jamaïque (1939)
Synopsis: Une jeune Irlandaise est aux prises avec un juge de paix menaçant et de sombres pirates tenant repaire dans la taverne de son oncle. (Source: Allociné)
Alfred Hitchock était un grand admirateur de Daphné du
Maurier. La preuve, : il a adapté trois des ses œuvres :
Les Oiseaux (la plus célèbre), Rebecca et cette Taverne de la Jamaïque qui fut la première incursion d'Hitchcock dans l'oeuvre de Daphné Du Maurier.
J'ai trouvé cette adaptation des plus fidèle :
malgré le noir et blanc, on ressent toute la violence et le mystère
des landes anglaises, la froideur et les frissons que nous procure
cette auberge maudite.
Cependant, il manque à cette adaptation le charme du
mystère du roman (dans le roman, Mary, la narratrice découvre en
même temps que le lecteur ce qui se trame dans cette auberge. Ici,
Alfred Hitchock et ses scénaristes ont préférés mettre le
spectateur dans la confidence en révélant dès les premières
minutes, les mystères de l'auberge (la première scène est un
« naufrage organisé » par des contrebandiers). Ainsi, le
spectateur n'a plus la surprise de découvrir comme Mary, ce que cache
son oncle Joss.
Mis à part cette petite particularité, j'ai trouvé ce
film palpitant. Les acteurs ont vraiment les têtes de l'emploi.
J'aurai toutefois un petit bémol : j'ai trouvé l'acteur
Charles Laughton "mauvais" dans le rôle du juge : "mauvais" dans le
sens qu'il n'a aucune expression qui transparaît sur le visage. Il a
un visage fixe comme s'il s'était fait botoxer,(avant l'heure, à
moins que la chirurgie esthétique existait déjà à l'époque). Et
surtout, cela lui donne un aspect des plus rigides, qui m'a
indisposé.
Autre bémol : mon DVD a eu un petit soucis qui m'a
empêché de voir la fin du film. Heureusement que j'avais lu le
roman avant et que donc l'issue du film m'était connu. Mais il est
bien dommage que je n'ai pas pu profiter pleinement du film.
Au final, une bonne adaptation d'un roman de Daphné du
Maurier, même si ce n'est pas sa meilleure (j'ai trouvé Rebecca et Les Oiseaux vraiment supérieur), par le maître
du suspense au cinéma.
samedi 5 juillet 2014
Alfred Hitchcock #7: Les amants du capricorne (1949)
Synopsis: Charles Adare, aristocrate anglais, débarque en 1835 chez son oncle gouverneur à Sydney. Au cour d'un dîner, il retrouve sa cousine Harrietta, mariée à Sam Flusky. Elle semble complètement désorientée et arrive titubante et decoiffée. Sam raconte à Charles qu'il rencontra sa femme en Irlande alors qu'il n'était qu'un garcon d'étable. Il tua le frère d'Harrietta qui s'opposait à leur mariage... (Source Allociné)
2e film couleur du grand Alfred (et 3e film en costume après « La
Taverne de la Jamaïque » et « Le chant du Danube »),
« Les amants du Capricorne » m'a totalement déconcerté.
Déjà, c'est un film en costume, chose inhabituel pour moi chez
Hitchcock, mais surtout, nous sommes devant un film d'époque et non
un film à suspense (même si des histoires de meurtres et des
tentatives d'assassinats font leurs apparitions dans le film).
Puis, un autre point qui m'a un peu déstabilisé : les
longs monologues débités (admirablement) par les acteurs, faisant
ressembler ces passages à du théâtre. Moi qui, après avoir vu
« Sueurs Froides » ou « La main au collet »,
pensait qu'Hitchcock était un adepte du silence : de montrer
plutôt les choses que de les dire, cela m'a vraiment étonné.
Mais bon, c'est un bon Hitchcock, qui trouve encore le
moyen de nous proposer des scènes d'une ingéniosité folle (comme la
scène ou Charles met son manteau devant la fenêtre pour permettre à Henrietta de voir son reflet comme dans un miroir, afin qu'elle
contemple sa beauté, , ou bien celle qui se focalise sur le regard d'Henrietta (Ingrid Bergman qui montre, rien qu'avec ce regard, une grande palette d'émotion) devant les
agissements de Milly sont des scènes admirable.
Justement, l'autre point positif du film sont ses acteurs qui interprètent avec conviction et charisme leurs personnages,
Ingrid Bergman et Joseph Cotten en tête (Joseph Cotten qui m'a une
nouvelle fois impressionné devant son charisme, mais qui n'égale
pas sa prestation de « L'ombre d'un doute ».
Au final, un bon Hitchcock, qui malheureusement n'aura
pas complètement su me satisfaire (en même temps j'étais un peu
fatigué et avait du mal à suivre les dialogues en langue anglaise
(même si les sous-titres français étaient là pour m'aider).
Tellement fatigué que j'ai même remis le film en version française
pour le voir plus posément sauf que le son était vraiment mauvais.
Je suis donc vite revenu à la VOST) et qu'il faudra probablement que je revois un jour pour mieux l'apprécier.
vendredi 27 juin 2014
Alfred Hitchcock #6: La main au collet (1954)
Synopsis: John Robie, cambrioleur assagi, goûte une retraite dorée sur la côte d'Azur. Le paysage s'assombrit lorsqu'un voleur, utilisant ses méthodes, le désigne tout naturellement comme le suspect n°1. (Source: Allociné)
Dernier film de Grace Kelly tourné pour Hitchcock
(pourtant pressentie pour tourner dans Pas de printemps pour
Marnie , cette collaboration ne se fera pas, Grace Kelly,
nouvellement femme du prince Rainier et donc nouvelle princesse de
Monaco, abandonne le cinéma pour se consacrer à sa famille), La
main au collet à ce côté français qui m'a complètement charmé,
cette fois ci. (Mon premier visionnage de ce film, vu sur France 3, il
y a quelques années, ne m'avait pas laissé un souvenir
impérissable. En fait, je n'y avaits pas tout compris ou bien n'étais
je pas dans de bonnes conditions pour le voir). En fait, je pense que
ce qui a fait la différence, c'est de l'avoir revu en VOST :
j'ai ainsi pu remarqué que beaucoup de dialogues étaient en
français dans le texte (Collette Aubert et Charles Vanier, actrice
et acteurs français sont d'ailleurs au générique), même Cary
Grant prononce quelques phrases en français (certaines sont
d'ailleurs incompréhensibles, mais bon, ce n'est qu'un petit
détail).
L'humour qui se dégage de ce film m'a énormément plu,
les sous entendus « sexuels », la fameuse scène du feu
d'artifice, monté de telle manière (en alternant les images du feu
d'artifice et des acteurs dans la chambre) pour faire comprendre que
les personnages vivent une nuit d'amour enflammée sans la montrer
(afin d'éviter la censure, très en vigueur à l'époque).
L'intrigue, que j’avais trouvé compliquée la première
fois et qui m'avait perdue à la fin et fait complètement décrochée, à été limpide cette fois ci. En même temps, l'intrigue du vol des
bijoux n'est pas celle qui prévaut ; ce qui m'a intéressé
cette fois ci, c'est le jeu de séduction entre Grace Kelly et Cary
Grant. D'une certaine manière, elle lui « vole » son
cœur, lui le voleur de bijoux, que tout le monde croit coupable.
Les scènes extérieures montrant la Côte d'Azur sont
d'une pure beauté et donne un charme particulier au film : il
se dégage un petit air de vacances dans ce film, et surtout on rit, entre deux scènes plus intense en suspense.
Une dernière scène du film m'a marquée : celle
de la course poursuite sur les routes de la Riviera, où l'on voit
Grace Kelly appuyer sur le champignon pour semer les policiers, et
qui va prendre ses virages très étroitement. Dire que cette scène
mythique se reproduira sur la même route, des années plus tard,
sauf que ce ne sera pas du cinéma et Grace Kelly y laissera la vie. En revoyant
cette scène je n'ai pas cessé de penser à ce fameux jour de septembre 1982. Le destin est parfois ironique et cruel.
Au final, j'ai encore passé un agréable moment devant
un Hitchcock. Plus je découvre les films de ce maître du cinéma,
plus je les apprécie. Pourvu que ça dure !
jeudi 12 juin 2014
Alfred Hitchcock #5: L'ombre d'un doute (1942)
Synopsis: Oncle Charlie et sa nièce sont très attaches l'un a l'autre. Enfin, jusqu'à un certain point, car Charlie n'apprécie vraiment pas que sa nièce puisse le soupçonner d'être l'affreux assassin que recherche la police. (Source: Allociné)
Premier film « américain » de Sir
Hitchcock, L'ombre d'un doute était le film préféré
du réalisateur.
Tourné en 1942, ce film raconte l'histoire de Charlie,
jeune fille d'une famille modeste, qui voit débarquer chez eux, son
oncle préféré, qui porte le même prénom qu'elle :
« Charlie ». Mais, sous ses apparences de jeune homme
bien sous tous rapports, sympathique et avenant, qui est vraiment
« Oncle Charlie » ? C'est ce que la jeune Charlie
veut découvrir.
J'ai beaucoup aimé ce film, mais peut être pas autant
qu'il aurait fallu. Je m'explique. Pour moi, c'était la première
fois que je le voyais. Donc, ne connaissant pas ce film, je me suis
laissé emporter mais sans réellement sentir que j'étais devant un
film d'une rare efficacité. Je n'avais pas tous les secrets. En
fait, c'est en voyant le documentaire fait sur le film, en 2000, que
j'ai compris tous les tenants et les aboutissants du film. C'est ce
« Making of », où certains témoins du tournage du
film, comme Theresa Wright (la jeune Charlie) , ou la fille d'Alfred
Hitchcock, qui m'a permis de voir que ce film était totalement
génial (et qu'il faudrait donc le revoir dans quelque temps pour
l'apprécier, sans mes yeux de novice).
C'est l'un des films d'Alfred Hitchcock les plus
réalistes qu'il ait réalisé : ici pas de star glamour ou
d'élément fantastique ou fantaisiste, qui perd quelquefois le
spectateur. C'est un film entre la chronique familiale (une famille
d'une petite ville qui vit doucement au gré des saisons) et le film
à suspense (tout au long du film, Charlie, et le spectateur se
demande que fuit l'Oncle Charlie). Où comment la folie du monde et
le meurtre s'invite dans les foyers. Ce qui plaisait beaucoup à
Hitchcock ; Alfred Hitchcock disait qu'avec ce thriller
psychologique, « il ramenait le meurtre et la violence dans les
foyers, là où ils se doivent d'être » (C'est flippant
de lire ça , vous ne trouvez pas?) Flippant mais totalement
juste : ne voit on pas toute sorte de meurtre, ou de violence
dans des familles apparemment sans histoires ?).
Tous les acteurs du film sont fabuleux (Joseph Cotton
interprète un Oncle Charlie charismatique, d'une ambivalence
saisissante, passant de l'homme gentil à un être beaucoup plus
sombre et "méchant" (les gros plans fait sur son visage, m'ont totalement glacé d'effroi et son discours sur les veuves m'a beaucoup dérangé)). C'est ce genre de personnage à multiples
facettes qui font les "vrais méchants" et donne de la consistance au
personnage, mais surtout laisse toujours ce doute planer sur sa
culpabilité. D'ailleurs, à la fin du film, le doute plane toujours
sur le rôle d'oncle Charlie dans cette affaire.
Theresa Wright est celle qui m'a le plus charmée (et a
laquelle je me suis beaucoup identifié) : cette jeune fille qui
s'ennuie dans sa petite ville, voit l'arrivée de cet oncle adoré
comme un regain d'intérêt et surtout le retour du bonheur dans sa
famille : elle sait que sa mère, va être heureuse, puisque son
petit frère est de retour. Tout au long du film, on voit la
transformation et l'évolution du personnage : elle passe d'une
jeune fille espiègle à une femme qui va perdre ses illusions sur
le monde.
Patricia Collinge m'a également beaucoup ému dans le
film : sa scène finale est d'une tristesse qui m'a touché au
cœur.
La réalisation d'Hitchcock est irréprochable et
m'épate à chaque fois : le fait qu'il « voit le film »
avant même de le tourner est époustouflant.
En revanche, j'ai perdu au jeu « Où est
Alfred ? » (depuis que je regarde les films d'Hitchcock,
j'ai inventé ce petit jeu : où es Alfred ? (c'est comme
« Où est Charlie ? »). Hitchcock s'était fait une
spécialité de l'apparition dans ses films, un petit gimmick qu'il
m'amuse toujours de retrouver à chaque film. Cette fois ci, j'ai eu
beau chercher, je n'ai pas vu ce cher Alfred...mais je sais dans
quelle scène il apparaît (en fait, une photo de son apparition est
sur la pochette du DVD. Ce cher Alfred était de dos, voilà pourquoi
je ne l'ai pas reconnu.)
Au final, un Hitchcock superbe qui restera parmi mes
préférés et que je reverrai avec un très grand plaisir. Un
Hitchcock que je vous recommande chaudement. A voir absolument !
jeudi 1 mai 2014
Alfrend Hitchcock #4: Sueurs Froides (1957)
Synopsis: Scottie est sujet au vertige, ce qui lui porte préjudice dans son métier de policier. Rendu responsable de la mort d'un de ses collègues, il décide de quitter la police. Une ancienne relation le contacte afin qu'il suive sa femme, possédée selon lui par l'esprit de son aïeule. Scottie s'éprend de la jeune femme et se trouve ballotté par des évènements qu'il ne peut contrôler. (Source: Allociné)
Sueurs
Froides est probablement l'un des plus grands chefs- d'oeuvre d'Alfred Hitchcock.
Pourtant,
ce fut ma première vision du film. Et je peux vous dire que ce fut
un choc.
Je
ne sais pas pourquoi mais j'imaginais que j'allais être un peu perdu
et déboussolé par ce film. Que j'allais ne rien y comprendre. En
un mot, que j'allais passer à côté, et c'est une chose que je ne
voulais pas.
« Sueurs
Froides » est adapté d'un roman de Boileau-Narcejac (qui pour
moi resteront à jamais les papas de « Sans Atout » , un
jeune détective qui a bercé mes lectures d'ado) nommé « D'entre
les Morts » (titre beaucoup plus juste que « Vertigo »,
ce me semble. Mais bon, comme le vertige est la pièce centrale du
film, cela passe.)
J'ai
adoré ce film (même si j'ai trouvé quelques petites longueurs par
moment (vers la fin du film car je ne voyais absolument pas comment
Hitchcock voulait terminer son film)
James
Stewart est parfait dans le rôle de Ferguson car il correspond
parfaitement au rôle du mec normal, auquel le spectateur peut
s'identifier. Ainsi, lui aussi peut jouer au détective et essayer de
démêler le vrai du faux dans cette histoire de fou. Mais surtout,
c'est un personnage complexe qui nous montre ses sentiments les plus
profonds. Ferguson tombe amoureux pour la première fois et James
Stewart nous le montre superbement bien.
Kim
Novak est sublime dans ce film: elle nous montre plusieurs
personnalités (mais je n'en dirai pas plus pour ne pas déflorer le
suspense pour ceux qui ne l'aurait pas vu.) Elle incarne une blonde évanescente, et qui va réussir à séduire
Ferguson le héros.
Il
faut savoir qu'Hitchcock a complètement façonné l'actrice à
l'image qu'il voulait donner au personnage de Madeleine. Il l'a
modelé, habillée, pour en faire ce qu'il voulait. Il a ainsi pu
jouer sur le contraste des couleurs.
Ce
qui a également retenu mon attention : c'est la méthode
qu'Hitchcock adopta pour signifier le vertige au spectateur. Ce zoom
avant mêlé à un travelling arrière est des plus ingénieux (de
toute façon, Hitchcock était un génie du cinéma).
La
scène la plus frappante pour moi fut le rêve de Ferguson : ce
travail sur la couleur est stupéfiant et donne une impression de
vertige au spectateur que je suis.
Je
suis plus que ravi d'avoir enfin visionné ce film qui fait parti du
panthéon des chefs -d'oeuvre d'Hitchcock. Film qui pourtant, à sa
sortie n'a pas eu le succès attendu. Mais on sait bien que les plus
grands films révèlent leur plus beau visage (ainsi que leurs secrets)
au fil du temps.
jeudi 28 novembre 2013
Alfred Hitchcock #3: L'homme qui en savait trop (1934)
Synopsis: En vacances en Suisse avec leur fille, Bob et Jill Lawrence se lient d'amitié avec un Français qui est assassiné. Avant de mourir, il prévient Jill qu'un diplomate va également être assassiné. Pour empêcher le couple de parler, les futurs meurtriers enlèvent leur fille. Jill se rend a l'Albert Hall ou un tueur doit abattre le diplomate et tente de faire échouer l'attentat. (Source: Allociné)
"L'homme qui en savait trop" est probablement le premier chef d'œuvre d'Hitchcock. Filmé en 1934, ce film est un pur joyau.
Ce qui fait la force de ce film c'est que la star du film n'est pas le héros Bob Lawrence, mais le méchant de l'histoire: Abbot (magistralement interprété par Peter Lorre). Cela est encore plus accentué par le fait que c'est lui qui se trouve sur l'affiche et non le couple Lawrence.
Malgré sa présence infime au début du film (il prendra plus de place vers le milieu du film), on ne remarque que lui. Cet acteur à une présence folle et un regard hypnotique. D'ailleurs Peter Lorre a souvent interprété des méchants au cinéma et malgré ça, j'ai été surpris par la douceur de sa voix. (c'était la première fois que je voyais Peter Lorre). Cet acteur m'a complètement bluffé.
Malgré son sujet noir, Alfred Hitchcock parsème son film de petites touches d'humour, comme la scène au restaurant, où Bob Lawrence enroule le fil de laine autour du bouton de veste de Louis, pour défaire le tricot de sa femme. On voit alors les danseurs s'emmêler les pieds sur ce fil. La force de cette scène, c'est que le spectateur que je suis, ne s'est pas du tout attendu à la suite de la scène. On passe alors du rire au drame en une seconde. C'est aussi avec cette scène que l'intrigue est réellement lancée.
La musique a aussi une importance capitale dans ce film. Hitchcock se sert de son expérience sur le tournage du "Chant du Danube", comédie musicale qu'il tourna juste avant "L'homme qui en savait trop", pour faire de la musique, un atout dramatique important. La scène à l'Albert Hall ou Jill doit empêcher le meurtre du diplomate est rythmée par la musique: c'est elle qui fait monter la tension du spectateur et qui devient complice du tireur puisque ce dernier attend les cymbales pour pouvoir tirer.
Le seul petit bémol (à relativiser ma foi) que j'aurai à apporter sur ce film, c'est sa brièveté: le film ne dure qu'une heure douze minutes. L'intrigue est trop vite menée. L'avantage, c'est que cela maintient le spectateur en haleine et en tension du début à la fin.
21 ans plus tard, Alfred Hitchcock tournera un remake de son propre film anglais, dans une version américaine plus longue (2h) et plus centré sur le couple Lawrence, il me semble (là où la version anglaise donnait la part belle à l'antihéros, Abbot).
Un film admirable qu'il faut absolument voir.
dimanche 18 août 2013
Alfred Hitchcock #2: Junon et le paon (1930)
Synopsis: A Dublin, pendant la guerre qui oppose l'Irlande à l'Angleterre, un couple tente de survivre malgré les privations et la misère. La promesse d'un héritage annonce des jours meilleurs pour l'homme et son épouse, mais le destin continuera de s'acharner sur eux... (Source: Allociné)
Voici un autre bonus particulier (se trouvant sur le DVD "L'homme qui en savait trop" de 1934 avec Peter Lorre): "Junon et le paon", datant de 1930.
Avant le début du film, il est indiqué que la qualité sonore n'est pas très bonne mais qu'il serait dommage de se priver de ce film du grand maître (film qu'Hitchcock a renié, apparemment).
Je peux vous dire que j'ai été surpris par ce film. L'histoire, en elle même, aurait pu être intéressante, mais il n'en est rien. Il ne se passe quasiment rien et le contexte politique de l'époque (la guerre entre irlandais et anglais) n'est que survolée. J'ai trouvé que les acteurs avaient une façon de jouer un peu trop théâtrale (normal me direz vous, le film étant tiré d'une pièce de théâtre, mais quand même). Le misérabilisme des personnages, devient vite lassant.
Mais surtout, ce qui pêche, c'est la réalisation: celle ci est d'une platitude (oui oui, c'est bien de la réalisation d'Hitchcock dont je parle) et n'apporte rien de plus. C'est très académique mais surtout, c'est filmé parfois n'importe comment. Je m'explique: la caméra se borne a filmer les corps des acteurs en leur coupant la tête (!), ce qui fait qu'on ne voit pas leurs expressions quand ils s'expriment. Ce qui est gênant et frustrant pour le spectateur qui ne s'investit pas plus dans l'histoire.
La fin est mieux que le reste du film: une fin tragique qui m'a fait frissonné. Sara Algood, l'interprète de Junon Boyle est touchante (même si celle ci sur la dernière image en fait un chouia trop).
Vous l'aurez compris: même si j'ai apprécié tout de même le visionnage, je me suis un peu ennuyé devant ce film qui ne ressemble pas aux films habituels d'Hitchcock. Là où je reconnaissais sa patte, sur "Downhill", ici, il n'y a plus rien du maitre. C'est plat, sans intérêt. Vraiment un film oubliable, que j'ai toutefois voulu voir pour avoir une découverte la plus complète possible du grand réalisateur qu'est Alfred Hitchcock.
jeudi 17 janvier 2013
Alfred Hitchcock #1: Downhill (1927)
Synopsis: Par loyauté, un étudiant est puni pour une faute commise par un camarade. Il est exclu de son école, rejeté par sa famille, et sa vie va de dégringolade en dégringolade. (Source: Wikipedia)
C'est complètement par hasard, que j'ai choisi de visionner ce film ce soir. Je m'apprêtais à voir avec curiosité "Le chant du Danube", seule comédie musicale d'Hitchcock (voilà d'où venait ma curiosité, ne sachant pas que le grand Alfred s'était essayé au genre musical), quand j'ai remarqué qu'il y avait un bonus particulier sur le DVD de ce "Chant du Danube": un film muet de 1927 intitulé "Downhill".
Ni une, ni deux, j'ai changé mon fusil d'épaule et j'ai pris la décision de visionner ce film de la période anglaise d'Hitchock. Surtout que je veux si possible découvrir les films d'Alfred Hitchcock dans l'ordre chronologique.
C'est avec appréhension que j'ai commencé à regarder ce film dramatique anglais, tiré d'une pièce homonyme de Constance Collier et Ivor Novello (qui interprète le rôle principal du film). Je ne suis pas un habitué des films muets. J'en ai vu très peu dans ma vie et ceux que j'ai vu furent les films de Charlie Chaplin, qui peuvent être teinté de drame mais souvent drôle.
Sauf que dès les premières images, le charme à opéré sur moi (la musique du film signé Christophe Henrotte, n'y est pas étrangère) et je me suis laissé embarquer dans cette histoire.
J'ai été touché par le destin de Roddy, qui voit sa vie partir en vrille après avoir couvert la faute de son ami Tim.
Ce que j'ai aimé dans ce film, c'est que tout passe par l'image: il y a très peu d'encarts de dialogues intégrés au film, les situations se devinant sur le visage des acteurs. Toute l'histoire reste compréhensible du début à la fin. Mes scènes préférées furent celles du renvoi de Roddy par son père, forte d'intensité, et la scène du délire de Roddy, qui nous montre déjà tout le génie du réalisateur.
Un film que j'ai pris plaisir à voir.
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