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vendredi 11 février 2022

La fortune des Rougon (les Rougon Macquart T1)

 

Ah Zola, Zola, Zola! Il y a déjà quelques années que j'ai envie de me plonger dans sa série des "Rougon Macquart". Pourtant, Zola, j'en gardais un mauvais souvenir et je m'étais dis, "plus jamais je le lirai!". J'étais adolescent. 

Pour bien comprendre mon ressenti de l'époque, il faut que je vous raconte une petite anecdote: c'était l'année de la seconde au lycée, dans les années 90 (il faut savoir qu'à cette époque déjà ,les classes étaient surchargées, montant à près de 35 élèves par classe...sauf que dans cette classe de seconde, dont je faisais parti, nous étions seulement 20 élèves). Notre prof de français, madame Marie, avait prévu de nous faire étudier ce cher Emile. Vu le nombre d'élèves dans la classe, elle eu l'idée de nous faire étudier la saga des Rougon-Macquart en entier: la saga comptant 20 tomes, notre classe, 20 élèves, c'était plus que faisable. Et voilà que chaque élève se retrouva à étudier un tome de la saga.  Bien sûr, nous n'avons pas eu le choix du tome (sinon tout le monde aurait lu et fait un exposé sur "Germinal"! Non, il n'y a eu qu'un veinard qui eu cette chance). Notre prof pris ainsi la liste des élèves et le premier de la liste étudia "La Fortune des Rougon", le 2e, "La Curée"...jusqu'au dernier qui devait lire et exposer "Le Docteur Pascal". 

C'est ainsi que j'ai eu la malchance de tomber sur "Le Rêve"(l'histoire d'Angélique Rougon" si mes souvenirs sont exacts).Et là ce fut un véritable calvaire, pourtant le livre est court. Mais il ne se passait rien dans ce livre, les descriptions de Zola à n'en plus finir finissant de m'achever. Je n'ai aucun souvenir de l'exposé que j'ai proposé de ce livre. Je ne garde en tête que mon ennui face à cette lecture qui me fit dire: "ZOLA? PLUS JAMAIS!'

Mais le temps à passé, et ce désir de lire Zola est revenu, et surtout la curiosité de  découvrir la série des Rougon Macquart. Puis, comme la découverte de Balzac l'année dernière fut une belle surprise (je continuerai d'ailleurs ma découverte de la "Comédie Humaine" cette année), je me suis dis que les classiques me faisaient moins peur et que je pouvais me lancer. 

C'est ainsi que j'ai pris l'initiative de profiter de la sortie de la "Collection Emile Zola" chez Hachette pour me lancer dans l'aventure. Ce ne sera donc pas la seule série des Rougon Macquaart que je m'apprête à lire mais l'oeuvre complète de Zola.

Et voilà que l'aventure commence avec le premier tome des "Rougon Macquart", "La Fortune des Rougon". Alors, je sais, on peut lire les livres de la saga dans le désordre (d'ailleurs, je lirai probablement cette saga dans l'ordre que l'auteur à mis en place) mais je pense qu'il est tout de même important de commencer la saga par ce premier tome: en effet, celui ci pose les bases de la famille Rougon Macquart en nous présentant celle qui en est la génitrice, Adélaïde Fouque, jeune fille de 18 ans, qui se marie avec un paysan du nom de Rougon, qui lui donnera un fils, Pierre, puis, devenu veuve, elle se mettra en ménage avec un braconnier alcoolique et violent Macquart qui lui donnera deux enfants illégitimes: Antoine et Ursule. 

C'est ainsi que ce premier tome, qui a pour toile de fond le Coup d'Etat du 2 décembre 1851, voit le conflit qui va se mettre en place entre Pierre Rougon, bourgeois ventripotent, avide de pouvoir et Antoine Macquart, fainéant patenté, qui hait cordialement son demi -frère. Et au milieu d'eux, se retrouve le jeune Silvère et la petite Miette, sa fiancée, qui vont se trouver mêlés à la révolte. 

Voilà, ce qui s'est passé avec Balzac, se reproduit avec Zola: j'ai adoré ce premier tome! Alors, bien sûr, c'est un tome d'introduction où l'action se déroule sur une semaine, un tome de présentation où l'auteur s'amuse avec des retour en arrière pour nous conter la génèse de tous ses personnages qui vont apparaitre pour certains dans d'autres livres: c'est ainsi que l'on apprend que Pierre se marie avec Félicité, avec laquelle il aura 5 enfants: 3 garçons, Eugène (que l'on retrouvera dans le 6e tome), Pascal (qui sera le fameux Docteur Pascal du 20e et dernier tome de la saga) et Aristide ("héros" du 2e tome: La Curée) et 2 filles (dont j'ai oublié les prénoms puisqu'elles ne sont qu'évoquée). Pierre et Félicité font partie de la caste de ces petits bourgeois avides de pouvoir: ils sont abjects et je n'ai pu que les détester. D'ailleurs, Zola peint un portrait catastrophique de cette famille Rougon, qui vont s'enrichir dans le sang. 

De l'autre, nous avons Antoine Macquart, demi-frère de Pierre, qui se retrouve envoyé en service et qui revient de la vie militaire sans le sou et qui apprend que son frère à pris toute la fortune de leur mère, Adélaïde. Antoine, c'est un fainéant, tout aussi détestable que son frère. Il se marie pour que sa femme et ses enfants travaillent à sa place tandis que lui ne fait rien. Parmi ses enfants, on découvrira Gervaise (la fameuse héroïne de "L'assomoir" qui donnera naissance entre autre à Etienne et Jacques qu'elle a eu avec un certain Lantier (Etienne qui sera le héros de "Germinal" et Jaccques "de "La Bête humaine"). (Quand je vous disais que la lecture de ce premier tome est primordiale en première lecture de la saga pour comprendre les tenants et les aboutissants des autres volumes). 

Ce roman aurait tout de détestable s'il n'y avait pas Silvère et Miette, le petit couple qui ouvre le roman lors de la nuit du coup d'Etat, à Plassans. Leur histoire d'amour raconté dans les chapitres I et V est une bouffée d'air frais et un véritable bonheur teinté de romantisme (dans ce qu'il a de plus beau et de plus tragique également) délivré par la plume poétique de Zola, qui est un véritable enchantement. C'est beau, c'est émouvant et cela nous change des êtres détestables que l'on croise autour d'eux. 

Cependant, le côté politique du roman ,avec les réunions au salon jaune, le coup d'Etat, sont aussi passionnant à découvrir. Malgré leur détestabilité, la famille Rougon est des plus passionnantes à suivre. En fait, je ne me suis pas ennuyé une seule minute dans cette histoire. Elle décrit parfaitement une époque (celle du Second Empire) et pour un passionné d'Histoire comme moi, c'est un plaisir décuplé (même si ce n'est pas ma période préférée de l'Histoire). 

Non, vraiment, c'est une formidable surprise que ce premier volume avec un final qui m'a fait frissonner et qui me donne envie de continuer la saga. Ce sera avec le 6e tome "Son Excellence Eugène Rougon" qui reviendra sur le parcours du fils ainé de Pierre et Félicité Rougon. (enfin lecture qui se fera quand il sera en ma possession). 

Ah Zola Zola Zola! Vous m'avez fait souffrir et soupirer quand j'étais un jeune adolescent. Vous me faites rêver et frissonner de plaisir aujourd'hui. Espérons que la suite de l'aventure soit aussi bien. Je croise les doigts. 


Emile Zola: La Fortune des Rougon (Les Rougon Macquart, T1), Hachette, 226 pages, 1871(édition originale), 2022 (pour mon édition)

 



lundi 19 juillet 2021

Les Misérables


 Résumé: Jean Valjean, le forçat que la rencontre providentielle d'un saint homme met sur la voie de la rédemption; Fantine qui, pour sa petite fille, ira jusqu'au bout du sacrifice, par un long martyre; Cosette chez les Thénardier, Gavroche et ses frères, subsistant tant bien que mal dans l'indifférence générale...Ces figures devenues mythiques incarnent le roman-fleuve, "Les Misérables"...


Ce monument de la littérature qu'est "Les Misérables" à longtemps été, pour moi, une montagne infranchissable, ou une mer impossible à traverser. 

J'ai tenté, par quatre fois, de franchir cet Everest de la littérature, durant mon adolescence et ma vingtaine, en échouant lamentablement. Pourtant j'ai persisté, à chaque fois, me disant que si je ne le lisais pas, j'allais passer à côté d'un chef d'oeuvre que je regretterai de ne pas avoir lu. 

C'est ainsi qu'au début du mois de juillet, j'ai décidé de me lancer un défi: lire ce roman-fleuve, durant mes vacances d'été, et cette fois, aller jusqu'au bout, sans retour en arrière, et en me disant que si je chutais une nouvelle fois, j'abandonnerai pour de bon. Une autre règle mis en place, par mes soins pour m'aider: ne pas lire ce roman pour l'histoire que je connais par coeur,  pour l'avoir vu dans différentes adaptations ciné ou entendu grâce à la comédie musicale, mais pour la langue d'Hugo, pour toute l'ampleur et les digressions du roman.  Eh bien...défi réussi. J'ai réussi a relever tous les obstacles et un en particulier (le fameux premier livre de la 2e partie, consacré à Waterloo (c'est là que je chutais lamentablement les autres fois). Et surtout, j'y ai pris du plaisir!

Vous ne pouvez pas savoir comme je suis content d'être arrivé au bout de ce chef-d'oeuvre et je suis ravi d'avoir persévéré car je m'en serai voulu d'être passé à côté de ce bijou littéraire. 

Mais maintenant, comment parler de ce monument, car il y a tellement de chose à dire. Ce roman-somme, ce roman fleuve, brasse tous les genres et peut convenir à tout le monde. Ce roman est plusieurs genres littéraires: à la fois, roman historique (de par ses chapitres sur l'Histoire de France comme la fameuse bataille de Waterloo, ou les révolutions de 1830 et 1848), roman social (de par sa trame principale), roman policier (comme la poursuite de Javert et Jean Valjean accompagné de Cosette; ou le guet-apens ourdit par Jondrette sur M. Leblanc), roman d'amour (par la belle histoire d'amour de Cosette et Marius). Tout cela s'entremêle pour former un tout. Et c'est génial. On se plonge dans ce roman en prenant le temps pour tout digérer. Mais au final, on en ressort groggy et comblé. 

Alors, oui, comme souvent dans les classiques, les descriptions sont légions et ne sont pas les plus passionnantes à lire, mais ce qui fait le charme et la force de ce livre, ce sont ces digressions, plus passionnantes les unes que les autres. Je pense que pour apprécier "Les Misérables", il ne faut pas le lire que pour son histoire, mais pour ses digressions également. En se disant, l'histoire n'est pas le but de ce roman, mais plus une radiographie de la France du siècle d'Hugo, en passant par les plus grands (comme Napoléon ou Louis Philippe) pour aller jusqu'aux plus petits (Cosette et Gavroche), c'est un pari réussi pour Hugo, qui parle de la Misère, mieux que personne. 

Donc, ces fameuses digressions: elles ne sont pas passionnantes au même degré, c'est vrai, mais toujours intéressantes: en fait, le roman est construit comme tel, d'abord chaque partie commence par une digression, et ce dès son début: en effet, le premier livre est consacré à Monseigneur Myriel, et l'histoire débute réellement 100 pages après ce portrait vertueux de ce saint homme. Puis ,dans la 2e partie, c'est la (fameuse) bataille de Waterloo, qui nous est conté dans ses moindres détails (et qui m'a donc fait souffrir plus d'une fois et même cette fois ci, mais j'ai su passer outre) pour nous donner cette scène importante pour la suite,  où Thénardier, voleur, va sauver un colonel. Oui, toute une bataille pour une scène qui va décider de toute la suite). 

Et chaque partie va être construite de cette manière. Hugo va nous raconter dans les moindres détails beaucoup d'éléments, comme un portrait de Paris dans son histoire, ses habitants et sa géographie, le Couvent Picpus, où va se réfugier Valjean et Cosette, sera l'occasion pour Hugo de nous parler de la vie des Soeurs de ce couvent, de sa création jusqu'en 1830; ou bien cette histoire sur les petits gamins de Paris, représenté dans le roman par Gavroche...ou encore, ce Livre consacré à l'Argot où Hugo nous en dit l'origine. Tous ces chapitres ou livres sont là également pour que Hugo nous donne certaines réflexions sur l'époque dans laquelle il vit. Il prend fait et cause pour ces Miséreux et leur donne la parole. Surtout, il va accompageré son lecteur au plus profond de la misère humaine, métaphoriquement mais aussi physiquement par un passage dans les égouts de Paris (dont il nous racontera aussi son origine et son histoire). 

Le rythme du roman est aussi intéressant à analyser. Ce roman est comme une symphonie en plusieurs partie. Elle se joue sur un rythme différent, tantôt lent, avec ses parties sur le Couvent, Waterloo, L'Argot, les Egouts, où le lecteur doit prendre le temps pour bien assimilé et se laisser porter, tantôt effréné dans des parties telle que la poursuite de Jean Valjean par Javert, ou le guet apens dont est victime Mr Leblanc (alias Valjean) par Jondrette, où les dialogues prennent le pas sur les descriptions et où le lecteur retient son souffle, en tournant les pages avec frénésie. Ce roman fleuve se lit donc comme on traverserai une mer avec ses petites vaguelettes et ses tempêtes. Mais le but, c'est d'aller au bout de ce voyage magnifique. 


Comme vous le voyez, il y aurait beaucoup à dire sur ce livre, comme le fait qu'il est devenu un tel chef d'oeuvre que certains noms propres comme Gavroche ou Cosette, sont rentré dans le langage courant (qui n'a jamais entendu cette phrase à propos d'une personne qui se plaint: "Oh  fait pas ta cosette!"), que ce livre est probablement l'un des livres les plus adaptés au cinéma et à la télévision, que certaines chansons du livre sont devenu des airs populaires que les gens fredonnent encore aujourd'hui (comme celui ci dont j'ai eu la surprise de voir que les paroles étaient réellement signées Victor Hugo (et pas Alain Boublil, auteur avec Claude-Michel Shonberg de la Comédie Musicale)  puisque je les ai lu dans ce roman-fleuve). 


En fait, "Les Misérables, le grand-oeuvre de Victor Hugo, est un roman plus que formidable que j'ai eu la chance d'avoir lu cet été. Donc merci à ma persévérance de m'avoir permis de découvrir ce roman fabuleux, que je vous encourage à lire. C'est l'un des plus beaux romans que j'ai lu sur le peuple, et qui fait entendre la voix des petites gens. Un roman indispensable de la littérature qui  bien qu'il est près de 160 ans, est toujours d'actualité aujourd'hui. Cela fait peur, mais c'est ce qui fait toute sa grandeur. 

Victor Hugo: Les Misérables, Le Livre de poche, 1946 pages, 1862




samedi 1 mai 2021

Sans Famille

Résumé: Abandonné alors qu’il n’est qu’un bébé, Rémi est recueilli par un couple, les Barberin. Mais quand l’argent vient à manquer, le père adoptif de Rémi choisit de le vendre à un artiste ambulant, Vitalis, à l’insu de la mère Barberin, très attachée au petit garçon. À huit ans, Rémi découvre alors la vie sur les routes aux côtés du bienveillant Vitalis, de ses trois chiens, Capi, Dolce et Zerbino, et de Joli-Cœur le singe…
 

"Je suis sans famille, je m'appelle Rémi/ Et je me ballade avec tous mes amis/ Vitalis et Dolce, Joli Coeur, Zerbino/ Capi et Rémi vont faire leur numéros..."


Je pense que tous les quarantenaires et au delà auront reconnus ces paroles que j'ai retranscrites plus haut. Sans Famille, classique de la littérature enfantine française, fut adapté en série d'animation japonaise à la fin des années 70 et a bercé l'enfance de plusieurs gamins et gamines. Gamins dont je fais parti. 

Sans Famille fut l'un de mes dessins animés préférés (avec "Candy" et "Le Petit Lord" (oui, j'adorais les dessins animés qui font pleurer dans les chaumières) et j'avais lu la première partie du roman quand j'étais enfant (le livre était publié en 2 volumes à l'époque et je n'avais que le premier). 

J'ai eu la chance de trouver un exemplaire de ce livre à France Loisirs (qui a la belle idée de republier quelques grands classiques de la littérature) il y a quelque temps et là j'ai eu envie de retrouver cette histoire qui m'a touché quand j'étais gamin. 

Bien évidemment, quand vous lisez un livre dont l'histoire vous est déjà connu, vous l'appréhendez d'une autre manière. Et cette lecture, m'a fait ressentir des sentiments contradictoires.

Dans sa première partie, le roman m'a conquis car il correspond à la partie que j'ai lu étant enfant, et dont j'avais gardé le plus de souvenirs marquants, (comme la location de Rémi par Vitalis, son parcours sur les routes de France, son apprentissage de la lecture, mais aussi des évènements plus tragiques que je tairais ici pour ceux qui ne connaitraient pas ce roman.) et qui faisait vibrer en moi la corde sensible de la nostalgie. Honnêtement, en redécouvrant cette histoire, je suis redevenu ce gamin de 6 ans, qui s'installait chaque mercredi devant Récré A2 pour regarder "Rémi". J'ai été ému en redécouvrant le parcours chaotique de Rémi et de ses amis. 

Puis vint la 2e partie, celle dont je n'avais pratiquement aucun souvenir,(sauf la fin) et que je ne connaissais qu'en images, n'ayant pas lu cette partie là étant enfant. Ce fut la partie de la redécouverte de la suite de l'histoire et je me suis surpris moi même en redécouvrant des évènements disparus de ma mémoire. Sauf que cette 2e partie m'a moins emballée que la première. J'ai trouvé que les malheurs qui s'abattaient continuellement sur Rémi (et Mattia, jeune garçon qu'il rencontre à  Paris et qui le suivra dans ses aventures)  devenaient un peu lourd. Trop de malheur gâche le malheur, si bien qu'à un moment on à du mal à croire à tant de tristesse. A se demander si l'auteur n'en fait pas trop pour faire pleurer. Donc un peu moins emballé par cette 2e partie, mais ravi d'être reparti sur les routes avec Rémi. 

Un autre point qui m'a laissé perplexe, c'est le style employé par Hector Malot pour raconter l'histoire. Celle ci est racontée du point de vue de Rémi, petit garçon de 8 ans, (au début du roman) mais qui s'exprime comme un adulte, de par l'écriture d'Hector Malot, au style simple mais pourtant recherché, surtout pour un enfant qui ne sais même pas lire et écrire au début de l'histoire. Mais ce style, que l'on trouve impropre au début, prend tout son sens à la fin, quand on comprend que ce que l'on a lu, est retranscrit par Rémi, devenu adulte. 

Je suis tout de même content d'avoir retrouvé cette histoire qui m'avait tant ému quand j'étais enfant. Un classique de la littérature qu'il faut faire découvrir aux enfants, car elle représente bien une époque, celle de la France de la fin du XIXe siècle. Et en plus, elle nous permet de découvrir notre beau pays. Un superbe voyage, un peu triste, je vous l'accorde, mais qui vaut le détour. 


Hector Malot: Sans Famille, France Loisirs, 620 pages, 1966 (2016 pour mon édition)


(j'ai eu la chanson dans la tête tout au long de ma lecture)





samedi 16 février 2019

Nord & Sud

4e de couverture: Après une enfance passée dans un village riant du Hampshire, Margaret Hale, fille de pasteur, s’installe dans une ville du Nord. Témoin des luttes entre ouvriers et patrons, sa conscience sociale s’éveille. John Thornton, propriétaire d’une filature, incarne tout ce qu’elle déteste : l’industrie, l’argent et l’ambition. Malgré une hostilité affichée, John tombera sous son charme.



Autre résolution pour 2019, lire, de nouveau, des classiques. Et mon premier choix de l'année, s'est porté sur le roman le plus connu d'Elizabeth  Gaskell, Nord et Sud. 

Un constat vient de suite: quel plaisir de retrouver une langue plus classique et travaillée avec un côté très XIXe siècle. Ce fut un véritable bonheur. 
Autre bonheur: retrouver le "charme" de l'Angleterre Victorienne. (Alors, je mets charme entre guillemets car ce qui frappe dans Nord et Sud, c'est la noirceur de la vie des personnages. Que de tristesse!)

Ce qui m'a énormément plu dans ce roman, c'est la dimension sociale: Elizabeth Gaskell nous décrit et confronte deux régions: celle du Sud avec son bon air, ses champs, ses paysans, sa douceur, et celle du Nord, plus noire et sale avec ses usines, ses fumées, ses ouvriers pauvres, les conflits et la violence de certaines situations. 
Cette confrontation se vit à travers deux personnages: Margaret, fille de pasteur venant du Sud et qui s'installe avec ses parents dans le Nord, et John Thornton, patron de manufacture, froid et arrogant. Le patron dans toute sa splendeur. L'auteure met ces deux êtres en conflit, et, pour pimenter un peu les choses, fait tomber amoureux l'un des deux...qui n'est pas aimé en retour. 

Ce qui me frappe en lisant ce livre,ce sont tous les passages sur la grève des ouvriers de l'usine de John Thornton: quelle clairvoyance et quelle audace pour une auteure de cette époque de prendre ce sujet à bras le corps et de le défendre ainsi. Ce qui est encore plus frappant, c'est que bien qu'écrit il y a plus de 160 ans, les comportements et les dialogues qu'elle écrit semblent encore fort actuels dans l'époque où nous vivons...et vient alors ce constat terrifiant: la vie et les combats sont d'éternels recommencements. 

Venons en aux personnages: Margaret est un portrait saisissant d'une femme forte et indépendante, qui n'hésite pas à éconduire ses prétendants pour vivre libre. Elle a une parole libérée et des convictions qui peuvent parfois la conduire dans des situations fâcheuses et complexes. J'ai beaucoup aimé cette demoiselle, et ses combats envers les plus démunis. Sa compassion envers la famille Higgins est des plus touchants. 
Pour John Thornton, c'est plus complexe: j'ai eu beaucoup de mal à le cerner: tantôt, je l'ai détesté, mais sous la carapace, on rencontre un homme qui doute...et surtout c'est un  homme qui s'est fait tout seul. Sous son arrogance, se cache un coeur meurtri. 
Le pasteur et sa femme sont des gens admirables, qui épaulent leur fille du mieux qu'ils peuvent et sont toujours derrière elle, n'entravant jamais sa liberté. 
Les autres personnages, des Higgins, aux membres de la famille Thonton, tous jouent leur partitions à la perfection. 

Bon, je l'avoue, j'ai mis quinze jours à lire ce livre, mais c'est un livre pour lequel il faut du temps pour bien tout comprendre. Alors, il est vrai qu'il y a certaines longueurs, mais l'époque décrite est tellement passionnante, qu'on ne peut qu'y adhérer.
Autre bémol: le manque de romantisme. J'espérais que l'histoire d'amour malmenée de Margaret et John auraient plus des airs d'Elizabeth et Darcy...mais non, nous sommes vraiment dans un roman industriel, qui fait plus la part belle aux conditions sociales de l'époque plutôt qu'à la simple histoire d'amour contrariée.  Certes, il y a des quiproquos, mais il y a vraiment beaucoup de tristesse et de morosité dans ce roman, comme le Nord qui y est décrit. Alors, c'est probablement de ma faute: je me suis fait une fausse idée de ce roman dès le départ. Cependant, ce bémol n'a pas entâché mon plaisir de lecture. 

Au final, malgré ces quelques bémols, "Nord et Sud" est un roman fort, qui touche au coeur de l'être, avec un personnage féminin emblématique et fort, qui nous entraîne dans un tourbillon jusqu'à un final plus apaisé, qui lui m'a ravi.. J'ai maintenant hâte de voir l'adaptation que la BBC a fait de ce grand roman. 

Elizabeth Gaskell: Nord et Sud (North & South), Points, 686 pages, 2005



dimanche 30 avril 2017

Esprits de Nature: De contes macabres en merveilleuse nature

4e de couverture: Au fil de ses nombreuses nouvelles (traduites pour la plupart par Charles Baudelaire), Edgar Allan Poe (1809-1849) a écrit à la fois des textes de belle nature et de nature terrifiante...
Cette opposition est une caractéristique de son oeuvre. Qu'elle soit de rêve ou de cauchemar, la nature chez Poe est chargée de brumes et de reflets qui renvoient un réel changeant, une nature imaginaire. Ses descriptions de nature sont très évocatrices et d'une grande beauté. Dans les nombreux genres qu'il a explorés et initiés (roman fantastique, science-fiction, roman policier), il parle du cosmos, d'expériences scientifiques, de descriptions géographiques, il emmène ses lecteurs dans un Pôle Sud imaginaire, il sait être drôle, changer d'angle sur le paysage en imaginant un voyage en ballon jusqu'à la lune (qui a inspiré Jules Verne)...
Poe s'est aussi passionné pour l'art des jardins et a écrit deux nouvelles sur les « jardins paysages » qui sont de véritables performances de description. Ce sont des tableaux précis, imaginés et décrits dans le moindre détail, d'un bout à l'autre du paysage, avec une rigueur presque mathématique.

Sous la direction d'Elizabeth Combres, Les Editions Plume de carotte ont lancée une nouvelle collection d'ouvrages, qui s'intitulent "Esprits de nature". Cette collection a pour but de donner à lire et à (re)découvrir les plus beaux textes de grands auteurs comme Edgar Allan Poe, Pierre Loti, Tourgeniev,et bien d'autres, par le biais d'extraits concernant la nature. 
Quand les éditions Plume de Carotte m'ont proposé de découvrir cette nouvelle collection, j'ai mis du temps a donner mon accord, car je me demandais si lire seulement des extraits de romans, nouvelles, journaux intimes et autres récits de voyage, n'allaient pas faire naître la frustration de n'avoir que des petits bouts pris de ci de là.
Puis je me suis dis, "tente, tu verras bien ce que ça donne". Et c'est comme ça que je me suis retrouvé avec les 3 premiers volumes de la collection: Poe, Loti et Tourgeniev.

J'ai débuté la découverte avec Edgar Allan Poe, (un auteur dont le ne connaissais pas la plume, comme Loti ou Tourgeniev, d'ailleurs) en me disant que le lire au printemps était idéal.
Il y a tout d'abord une préface d'Elizabeth Combres, qui présente l'auteur et son rapport avec la nature. Très instructif et qui donne une autre image de Poe. Puis départ dans l'aventure et l'univers de Poe. C'est alors qu'on s'embarque pour des voyages magnifiques, vers des contrées inconnues, comme au Pole Sud, ou bien dans des jardins  ou des paysages de la côte est des Etats Unis.
Je dois dire que la frustration tant redoutée n'est pas venue:en effet, ne lire que des extraits (bien choisi par ailleurs par Elizabeth Combres, bravo pour ce travail titanesque que de ne choisir que des extraits particuliers, qui s'emboîtent parfaitement en créant une sorte de fluidité qui ne nuit pas à la lecture) des nombreuses nouvelles de Poe comme "Silence", "La Chute de la maison Usher, "L'île de la Fée", "L'ange du Bizarre" et bien d'autres m'a complètement charmé et m'a même fait sentir une certaine sérénité devant tant de beauté de paysages.

Bien sûr, comme ces extraits ne concernent que la nature, ils ne sont que descriptifs mais ils sont débarrassés de la lenteur que les descriptions peuvent avoir dans un récit complet. On se laisse embarquer par la plume et dans un voyage fabuleux.
Le seul bémol que je pourrais trouver, concernant ce volume consacré à Poe, est l'écriture parfois trop poétique de Poe, avec des termes qui m'ont paru suranné ou mal employé, mais cela n'est pas à imputer à Poe en lui même mais plus à la traduction de Charles Baudelaire, qui a voulu donner un style trop poétique à Poe.

Au final, une découverte surprenante que cette collection, que je vous encourage à découvrir (si Poe ne vous attire pas, laissez vous tenter par Pierre Loti, Tourgeniev ou un prochain volume de la collection (les prochains auteurs publiés dans "Esprits de nature" seront Bernardin de Saint Pierre (l'auteur de "Paul et Virginie" entre autres), Octave Mirbeau et George Sand). Pour ma part, je continuerai ma découverte avec Pierre Loti (probablement cet été) et Tourgeniev, et probablement George Sand, dont j'aime la plume depuis ma tendre enfance.

"Esprits de nature": une collection d'ouvrages qui permet de découvrir les grands auteurs par une porte dérobée inédite (celle de la nature), à l'aide de petits ouvrages (une centaine de pages) qui sont une bouffée d'air frais entre deux lectures. Et que l'on peut emporter partout grâce à son  format pratique. Ainsi, on peut le feuilleter et lire un extrait lors d'une promenade en pleine nature.

Edgar allan Poe: De contes macabres en merveilleuse nature, Editions Plume de Carotte,"Collection "Esprits de nature", 122 pages, 2017


jeudi 28 mai 2015

Le Hussard sur le toit

4e de couverture: Le hussard sur le toit : avec son allure de comptine, ce titre intrigue. Pourquoi sur le toit ? Qu'a-t-il fallu pour l'amener là ? Rien moins qu'une épidémie de choléra, qui ravage la Provence vers 1830, et les menées révolutionnaires des carbonari piémontais.
Le Hussard est d'abord un roman d'aventures : Angelo Pardi, jeune colonel de hussards exilé en France, est chargé d'une mission mystérieuse. Il veut retrouver Giuseppe, carbonaro comme lui, qui vit à Manosque. Mais le choléra sévit : les routes sont barrées, les villes barricadées, on met les voyageurs en quarantaine, on soupçonne Angelo d'avoir empoisonné les fontaines ! Seul refuge découvert par hasard, les toits de Manosque ! Entre ciel et terre, il observe les agitations funèbres des humains, contemple la splendeur des paysages et devient ami avec un chat. Une nuit, au cours d'une expédition, il rencontre une étonnante et merveilleuse jeune femme. Tous deux feront route ensemble, connaîtront l'amour et le renoncement.

Pour mes 18 ans, j'ai reçu deux livres: Le Rouge et le Noir de Stendhal (que j'avais lu un an avant de le recevoir) et Le Hussard sur le toit de Giono qui ressortait dans cette édition Folio, pour la sortie du film de Jean-Paul Rappeneau avec Olivier Martinez et Juliette Binoche. C'était en décembre 1995. 
Quelques mois plus tard, je me lançais dans la lecture de ce roman (c'était lors d'une pause entre deux cours que je passais, comme souvent au CDI de mon lycée)...pour l'abandonner 50 pages plus tard, n'arrivant pas à entrer dans cette langue qui ne me parlait pas encore. J'ai alors remis ce livre dans ma PAL ou il a dormi pendant...20 ans!
Il m'a fallu le mettre dans ma Book Jar de cette année pour que je me lance dans cette lecture (comme quoi ce petit challenge à du bon). 20 ans après l'avoir reçu (et entre temps vu le film) qu'est ce  que j'en ai pensé. 

Je ressors un peu mitigé de ce roman: l'ambiance du roman est angoissante à souhait, mais en même temps les paysages magnifiques contrebalancent tout ça. La plume de Giono est superbe et d'une poésie telle qu'on est charmé... Il réussit à équilibrer les moments de contemplations, et les moments d'action. J'ai aussi beaucoup aimé découvrir la Provence que je connais peu, (mes souvenirs remontent aux livres d'enfance de Marcel Pagnol ("La gloire de mon père". "Le château de ma mère") et j'ai trouvé que, la plume de Giono était plus tragique que celle de Pagnol. Elle chantait différemment (En même temps, le choléra qui rode dans chaque page n'aide pas à se sentir à l'aise). 
Oui, mais voilà, si j'ai aimé la plume de Giono, l'histoire d'Angelo et son parcours dans cette Provence du XIXe siècle, j'ai été souvent ennuyé par les digressions de l'auteur, qui s'éloignait du récit pour nous offrir des "réflexions philosophiques" ou des descriptions, certes, belles, mais un peu longuettes, qui me faisait décrocher. Mon esprit allait vagabonder ailleurs...et c'est un peu dommage. 
J'ai aimé la relation entre Angelo et Pauline: elle est faite de respect mutuel et d'attirance chaste...Angelo est un gentleman, et j'ai apprécié son comportement. 
En revanche, j'ai trouvé la fin un peu rapide (surtout en ce qui concerne le sort de Pauline vite expédié...comme si l'auteur avait peur de manquer de temps ou que son quota de mots soit dépassé avant de mettre le mot fin) Dommage. J'aurai voulu en savoir un peu plus: l'auteur aurait du s'attarder plus sur le  sort de ses personnages, plutôt que de nous offrir des pages de réflexions que je ne trouvais pas nécessaire. (ce qui pêche en fait avec ce genre de livre "classiques" c'est que j'ai peu l'habitude d'en lire et j'ai toujours un peu de mal avec la langue usité et l'écriture)

Au final, même si j'ai aimé ce livre en général  malgré quelques petits points négatifs (la lenteur de certaines pages et une fin trop rapide), je ressors mitigé de cette lecture. Mais je suis tout de même content de l'avoir (enfin!) lu. 

Jean Giono: Le Hussard sur le toit, Folio, 562 pages (avec le Dossier sur l'oeuvre), 1995


lundi 19 janvier 2015

La maison de Claudine

4e de couverture: Point de Claudine dans ce recueil de souvenirs. Et la maison est bien celle de Sido, la mère que Colette évoque dans ces pages pour la première fois et qu'elle désigne sous le vocable " ma mère ", n'osant pas encore la nommer. La maison où règne la mère, le village où elle exerce son emprise, l'univers de la petite Colette tient en ces lieux : " la maison sonore, sèche, craquante comme un pain chaud ; le village... Au-delà, tout est danger, tout est solitude ". " Les souvenirs d'enfance sont toujours difficiles à définir et à décrire. [...] Qu'y a-t-il au fond des plus beaux de tous, qui sont ceux de Mme Colette ? Vraiment rien. [...] nulle part d'événements, seulement un mot, une attitude, une situation, qui sont demeurés dans l'esprit de l'adulte comme symboles de son enfance. Ils devraient ne rien signifier pour nous, ne nous intéresser aucunement. Par la magie d'un art incomparable, ces souvenirs deviennent les nôtres " (Source Amazon: 4e de couverture de l'édition Fayard)

Je dois vous faire un aveu: je n'ai jamais lu Colette. Pourtant, un exemplaire du "Blé en herbe" s'est trouvé en ma possession, il y a longtemps. Du temps où j'avais encore les joues rouges et pleines de l'enfance. Mais je ne l'ai jamais ouvert. 

Cependant, Colette ne m'est pas inconnue: pour moi, elle aura toujours les traits de Marie Trintignant dans le téléfilm que  sa mère réalisa sur l'écrivain, (celui là même qu'elle tourna à Vilnius, lors de ce terrible drame qui lui coûta la vie). 
Mais aussi Colette restera toujours associé à Dalida et son fameux "Il venait d'avoir 18 ans". Dans cette chanson, qui raconte les amours d'un jeune homme et d'une femme qui a le double de son âge, "le blé en herbe" est évoqué, comme en écho à ce que vit cette femme esseulée. 
J'ai été très heureux quand France Loisirs pris la décision de consacrer un volume à certains romans de Colette dans sa collection "Grands Auteurs". Je pouvais ainsi découvrir la plume de cette grande auteure. 

C'est ainsi que j'ai commencé ma découverte par La maison de Claudine.  Je dois dire, avant toute chose, que j'ai été déstabilisé par le titre de ce recueil de souvenirs. Je pensais que ce livre était attaché à la série des "Claudine" que Willy, le premier mari de Colette publia sous son nom, mais apparemment, il n'en est rien, car, il n'y a point de Claudine dans ce recueil. 
Ce livre est en effet, un recueil de souvenirs d'enfance. L'auteure se livre sur son enfance perdue, dressant le portrait tendre, touchant et souvent juste de sa mère, Sido, de son père et de ses frères et soeurs. Mais surtout, la maison de ce petit village, qui va être le témoin des aventures de cette chère Gabrielle Colette. 

J'ai trouvé ce livre des plus charmants. La plume de Colette m'a emporté dans le pays de l'enfance, faisant venir à la bouche, un goût sucré et chaud de nostalgie. J'ai été bercé par les mots de Colette. Colette n'est pas une romancière (comme le dit Françoise Chandernagor dans sa préface "elle manque de souffle" (p.15) pour l'être): elle ne raconte pas une histoire à rebondissement. En revanche, c'est un très grand écrivain qui trouve sa force dans le récit, la nouvelle et le portrait. Elle nous trousse les portraits de ses proches et de ses animaux avec une justesse et un ton incroyable. Tellement qu'on se laisse embarquer:  on écoute la petite musique de ses mots qui se glissent dans notre oreille pour venir s'y nicher à jamais. J'ai trouvé que ces petits textes étaient de délicieux petits bonbons que l'on croque avec avidité pour ne pas en perdre l'essence. 

J'aurai toutefois un petit bémol: même si j'ai beaucoup apprécié les souvenirs d'enfance de Colette, mais aussi de sa fille surnommé "Bel Gazou", car n'oublions pas que c'est un livre sur l'enfance, j'ai été beaucoup moins réceptif aux chapitres qui concernaient les bêtes, même si j'ai trouvé admirable, la minutie de la description de ces petits animaux de compagnie. Mais je n'y ai pas trouvé mon compte (ce qui me fait peur car "La chatte", fait partie de ce volume consacré à Colette. Mais on verra bien le moment venu). 

Au final, j'ai été plus que ravi et agréablement enchanté de découvrir la plume de Colette, qui ouvre pour nous la plus belle boite au monde: celle des souvenirs d'enfance. Surtout, elle nous montre que le temps qui passe ne détruira jamais notre enfance: les souvenirs sont là, enfoui en nous: il suffit juste de temps en temps, pour les retrouver, d'ouvrir la porte de "La maison de Claudine", et se laisser porter par la plume délicate de cette chère Colette que je vous encourage à découvrir ou a retrouver. C''est un pur délice. 

Colette: La maison de Claudine, France Loisirs, 168 pages (p.15 à p.168), 2011 


lundi 18 novembre 2013

Le Rouge et le Noir

4e de couverture: « C'était un petit jeune homme de dix-huit à dix-neuf ans, faible en apparence,avec des traits irréguliers, mais délicats,et un nez aquilin. Qui eût pu deviner que cette figure de jeune fille, si pâle et si douce, cachait la résolution inébranlable de s'exposer à mille morts plutôt que de ne pas faire fortune. Dès sa première enfance, il avait eu des moments d'exaltation. Alors il songeait avec délices qu'un jour il serait présentés aux jolies femmes de Paris, il saurait attirer leur attention par quelque action d'éclat. Pourquoi ne serait-il pas aimé de l'une d'elles, comme Bonaparte, pauvre encore, avait été aimé de la brillante Mme de Beauharnais ? Depuis bien des années, Julien ne passait peut-être pas une heure de sa vie sans se dire que Bonaparte, lieutenant obscur et sans fortune, s'était fait le maître du monde avec son épée. Cette idée le consolait de ses malheurs qu'il croyait grands, et redoublait sa joie quand il en avait. »

Attention Spoilers (je raconte l'intrigue  du roman et son dénouement, donc, ne lisez pas si vous voulez garder le suspens)

Antoine Berthet, fils du maréchal-ferrant du village de Brangues, remarqué par le curé pour sa vivacité d'esprit, entra au séminaire, puis le quitta pour raison de santé. Il devint précepteur des enfants d'un dénommé Michoud, et, accessoirement l'amant de son épouse. Après un court séjour au grand séminaire à Grenoble, dont il fut exclu, Berthet redevint précepteur dans une famille noble, les Cordon dont il fut chassé après que le père eu découvert sa liaison avec sa fille. Dégoûté de n'être pas reconnu et considéré à l'aune de son intelligence, il devait retourner dans son village natal et, durant la messe dite par son ancien bienfaiteur, tirer un coup de pistolet sur celle qui avait été sa maîtresse, Mme Michoud. Il fut guillotiné à Grenoble, le 23 février 1828; il avait 25 ans. (p. 673 Postface)

Fin des Spoilers

Cet Antoine Berthet, protagoniste de ce fait divers, devint sous la plume de Stendhal, Julien Sorel. 

Julien Sorel: ce nom est connu de beaucoup de personnes, même ceux qui n'ont pas lu une seule ligne du "Rouge et le Noir". 
Pour ma part, c'est la 2e fois que je lis ces (mé)saventures. 

"Le Rouge et le Noir" est le premier "classique" que j'ai lu pour mon plaisir: j'avais 16 ans. J'avais été intrigué par un extrait du roman que j'avais étudié en cours. J'ai alors voulu en lire plus. 
Le roman se compose de deux grandes parties bien distinctes: la première qui raconte la vie de Julien à Verrières et sa relation avec Mme de Rênal et une deuxième, qui conte ses aventures parisiennes. 
Je me souviens que j'avais aimé la première partie: la relation entre Julien et Mme de Rênal que je trouvais très romantique. La partie "parisienne" du roman m'avait lassé et mon intérêt n'était revenu que dans les derniers chapitres: ceux du drame qui se joue devant les yeux du lecteur. 

C'est avec l'arrivée dans ma bibliothèque d'un nouvel exemplaire du "Rouge et le Noir" que j'ai effectué cette relecture, 20 ans plus tard. Mon avis a sensiblement évolué. 
Tout d'abord, j'ai cette fois ci préféré la 2e partie du roman, à la première. La relation de Mme de Rênal et Julien m'a laissé indifférent. J'ai préféré le petit jeu de séduction et de pouvoir qu'exerce Julien sur Mathilde de la Mole. J'ai également trouvé que Julien Sorel n'était pas le romantique que j'avais imaginé adolescent: j'ai vu en lui un être ambitieux, prêt à tout pour réussir, quitte à se jouer des femmes, à les séduire, quitte à détruire leur réputation. Je n'ai vu aucun romantisme dans sa démarche: serais-je devenu sans coeur? Pas spécialement. Simplement, je pense que j'ai compris le livre autrement. 

La plume de Stendhal est un peu difficile d'accès, ne nous voilons pas la face: il m'a fallu quelques pages pour entrer dans son écriture. Toutefois, j'ai trouvé cette écriture très belle, romantique: le Rouge et le Noir, malgré son époque bouleversée par beaucoup de changement est plus un roman psychologique que politique (les chapitres "politiques" sont très peu nombreux et pourtant captivants: la mission de Julien pour le Marquis de la Mole font parti de mes préférés.): c'est un roman "d'amour" et de passions amoureuses, où les discours intérieurs sont légions. Et justement, j'ai trouvé le personnage de Mathilde très intéressant cette fois ci: j'ai aimé son caractère fort qui, certes, peut être agaçant à la longue: un tempérament de jolie petite fille riche, mais qui m'a légèrement plu aux tourments de Madame de Rênal. 

Pourtant, c'est madame de Rênal qui tient le haut du pavé et qui retrouve ma grâce dans les derniers chapitres: ceux ci sont d'une beauté sans pareille. Le final est d'un romantisme exacerbé qui a encore une fois fait palpiter mon petit coeur: car si Julien se joue de ces femmes, ces dernières lui donnerait tout ce qu'elles possèdent: jusqu'à leur âme. D’ailleurs, Stendhal dresse deux jolis portraits de femmes dans ce magnifique roman. 
Pour moi, le "Rouge et le Noir" est un grand roman d'amour: l'amour de deux femmes pour un ambitieux qui n'en méritait peut être pas tant. 

Voilà un classique de la littérature française qu'il faut lire au moins une fois dans sa vie: il y a deux choses essentielles dans ce roman: le Rouge de la passion et le Noir du drame. Deux éléments qui font le sel de la vie. 

Stendhal: Le Rouge et le Noir, Archipoche: "La Bibliothèque du Collectionneur", 687 pages, 2011
















6e roman lu dans le cadre du challenge "La Littérature fait son cinéma". "Le Rouge et le Noir" fut adapté par Clade Autant Lara en 1954, avec Gérard Philipe et Danielle Darrieux. 
Une prochaine adaptation signé Mathieu Amalric est en production. 







samedi 26 octobre 2013

L'étranger

4e de couverture (de l'édition Folio): Quand la sonnerie a encore retenti, que la porte du box s'est ouverte, c'est le silence de la salle qui est monté vers moi, le silence, et cette singulière sensation que j'ai eue lorsque j'ai constaté que le jeune journaliste avait détourné les yeux. Je n'ai pas regardé du côté de Marie. Je n'en ai pas eu le temps parce que le président m'a dit dans une forme bizarre que j'aurais la tête tranchée sur une place publique au nom du peuple français... (Source: Amazon)

La première phrase d'un roman est probablement la plus importante. Elle est celle qui donne le plus de mal à un écrivain car c'est elle qui va donner le ton au roman. 

"Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut être hier, je ne sais pas." (p.19)

Cette première phrase de L'étranger d'Albert Camus est l'une des plus connues. Pour ma part, je connaissais cette première phrase avant de lire le roman. Avant même de savoir de quoi le roman allait parler. 

Depuis quelques mois, j'ai décidé de lire un texte de la collection "Grands Auteurs" de France Loisirs , qui réunit en un seul ouvrage, les textes les plus connus d'un auteur, tous les mois. 
Après ma découverte de Giono, en Août, de Stefan Zweig en Spetembre (qui est un souvenir mitigé car lecture effectuée dans des conditions difficiles), c'était au tour d'Albert Camus, de me dévoiler un de ses textes. (Dans les prochains mois, Fitzgerald, Hemingway, Colette et quelques autres m'ouvriront leurs pages). 

Par le plus grand des hasards, il se trouve que j'ai ouvert "L'étranger" quelques semaines avant le centenaire de la naissance de l'auteur (ce dernier étant né le 7 novembre 1913). 

Je ressors de cette lecture un peu sonné, avec des questions sans réponses dans la tête. 
Voilà un texte fort, lent, (l'auteur prenant le temps d'installer son intrigue) et pourtant si court. La première phrase donne le ton du roman et donne un avis sur la personnalité de Merseault. 

J'ai été happé par ce roman où pourtant, il ne se passe pas des choses mirobolantes au début: il faut attendre la moitié du roman pour que l'intrigue prenne un tournant décisif. Pourtant,j'ai été comme hypnotisé par la plume d'Albert Camus. 
Puis, vient le trouble et la question lancinante qui ne trouvera pas de réponse: pourquoi Merseault commet ce geste irréparable? L'auteur, de par son personnage n'apportera aucune réponse. 
En revanche, le titre trouvera son explication: Merseault se sent étranger, dans la ville où il habite (Alger), mais il également étranger devant la mort de sa mère, ne montrant pas sa peine (en ressent-il au moins?) et étranger face à son crime: l'assumant mais ne ressentant aucun regret. C'est ainsi, tout simplement. 

Si la première phrase de "L'étranger" est connue de tous, c'est pourtant la dernière, qui m'a estomaquée: elle est d'une telle puissance qu'elle ne me laisse pas indifférente, tellement que je l'ai relu trois fois pour m'en imprégner. 

Au final, un roman lu, quasi d'une traite (il est d'ailleurs bien dommage d'avoir été obligé d'interrompre ma lecture pour aller au travail, mon ressenti de la dernière partie aurait été probablement plus fort. Il m'a fallu un petit temps pour me remettre dans l'ambiance du roman, hier soir), qui m'a interpellé, m'a fait me poser des questions (je ne sais d'ailleurs toujours pas le pourquoi de son geste). Un roman que tout le monde devrait lire au moins une fois. 
Si vous n'avez pas encore lu "L'étranger" de Camus, n'hésitez pas une seconde de plus. Précipitez vous dessus. Vous serez aussi chamboulé que moi, j'en suis quasi certain. On ne peux pas rester Etranger devant un tel roman. 

Albert Camus, L'étranger, France Loisirs, 115 pages, (1942) 2010 (pour la présente édition)













4e roman lu dans le cadre du Challenge: "La Littérature fait son cinéma". "L'étranger fut adapté en 1967 par Luchino Visconti, avec Marcello Mastroianni et Anna Karina...









jeudi 8 novembre 2012

L'île magique

4e de couverture: Guernesey, 1888. Tous les vents marins semblent s'être donné rendez-vous le long des côtes emblématiques de l'île, là où s'accroche la vieille chaumière d'André du Frocq et de sa famille. Un lieu sauvage, miroir fidèle des sentiments de ceux qui l'habitent. Face aux assauts des éléments et aux difficultés financières, André pense quitter la ferme. Mais c'est sans compter l'attachement sans faille, presque viscéral, de sa femme Rachel pour cette terre : son havre de paix. Une nuit de tempête, un bateau fait naufrage au large de l'île, et la famille recueille, parmi les rescapés, Ranulph Mabier, un être plein de courage et d'amertume. De secrets aussi. Dès lors, la vie à la ferme change. L'espoir renaît. D'une plume sobre, pudique et raffinée, Elizabeth Goudge (1900-1984) nous offre une magnifique chronique familiale. Un premier roman écrit en 1934 où elle excelle dans l'art de faire vivre les paysages à l'unisson des êtres qui les hantent et qui n'existent que par eux.

Je suis entré à petit pas dans ce roman, me laissant guider par la plume poétique et raffinée d'Elizabeth Goudge.
Ce que j'ai tout d'abord apprécié, c'est de faire connaissance avec les lieux où se déroule l'histoire. La description de la petite île est une invitation au voyage à elle seule. Le lecteur a envie de mettre le cap vers Guernesey et de fouler son sol comme le fait Colin, le petit garçon de la famille du Frocq, dont on va suivre la vie durant un an.
J'ai été surpris à la lecture de ce roman car je ne m'attendais pas du tout à ça. Au fil des pages, l'auteur nous conte dans la plus brève intimité la vie des habitants d'une ferme de l'île  au doux nom de "Bon Repos": les Du Frocq. Un a un les personnages font leur entrée en scène, des parents aux enfants, jusqu'à la petite dernière Colette, qui fut ma préférée. J'ai aimé son espièglerie et sa petite bouille.
Puis, tout va être chamboulé lors de la tempête où un bateau fait naufrage: parmi les rescapés, Ranulph Malbier, qui sera recueilli par la famille du Frocq et qui va changer leur vie à jamais.
Lentement, Elizabeth Goudge, nous livre les secrets que cache ce rescapé qui va être lié à la famille du Frocq.
Avec ce roman, j'ai découvert la jolie plume d'Elizabeth Goudge et un univers fantastique où les légendes se mêlent à la réalité et rend le récit plus féérique. Au fil des saisons, les personnages se dévoilent et on s'attache à eux.
Cependant, (car il y a un petit bémol qui ne concerne toutefois pas le roman) je n'ai pas pu apprécié la fin de ce roman dans de bonnes conditions: ces derniers jours, j'ai été accaparé par des petits évènements qui ont ralenti ma lecture et ne m'ont pas permis de profiter pleinement de la fin. J'ai terminé ce roman dans le train qui me ramenait chez moi, hier soir, fatigué par une longue journée excitante mais très fatigante. Je lisais les dernières pages du roman sans m’immerger complètement dedans. J'étais comme en dehors, tournant les pages s'en m'en rendre compte et mes yeux papillonnant parfois. Je pense donc, que je relirais ce roman un jour pour l'apprécier pleinement.

Malgré ce petit bémol, j'ai aimé découvrir l'univers d'Elizabeth Goudge, qui signe là un premier roman sobre, poétique, charmant et cruel à la fois. Je suis partant pour en découvrir plus. Cela tombe bien, quelques autres romans de cette auteur anglaise m'attendent bien sagement.

Elizabeth Goudge: L'arche dans la tempête: (The Island Magic), Phébus libretto, 1997

jeudi 20 septembre 2012

Il y a du Mr Hyde en moi

4e de couverture: En guise de trésor, le Docteur Jekyll parvient à mettre au point une mixture louche qui lui permet d'être tour à tour ange ou démon. Au fil de lettres et de meurtres mystérieux, l'avoué Charles Utterson enquête sur la liaison étrange qui semble unir Edward Hyde et le Docteur Henry Jekyll. Cette oeuvre majeure de Robert Louis Stevenson, d'une écriture très fine et imagée, développe une intrigue riche et sujette à tous les fantasmes de l'inconscient. Sous la bride des moeurs hypocrites de la société victorienne, Jekyll est M. Hyde : par-delà le bien et le mal. (Source Amazon)

Certains romans, devenus des classiques, devraient être découvert, durant l'enfance ou l'adolescence. Ainsi, ils ne perdraient pas leur charme mais également leur intérêt.
J'ai voulu me plonger dans ce court roman d'une centaine de pages, après son évocation dans le 2e tome d'Enola Holmes. Ce fut également une bonne occasion de vider la PAL rapidement puisqu'il se lit en à peine deux heures (heureusement que j’avais acquis ce livre en vide grenier pour 0.50cts. Une lecture à moindre frais).
En le refermant, je constate que je n'ai pris pas plus de plaisir que ça à la lecture de cette histoire...tout simplement parce que je la connaissais déjà. Le mystère qu'instaure Stevenson dans le roman fut éventé par le fait que je connaissais déjà la véritable identité de Mr Hyde, ayant déjà vu plusieurs adaptations cinématographiques ou entendu également quelques chansons traitant de ce sujet comme celle de Gainsbourg


(Dr Jekyll & Mr Hyde) 

ou celle de Philippe Chatel (dont j'ai repris un vers pour le titre de ce billet).


(Mr Hyde)

Dans ces cas là, comment apprécier un roman dont on connait déjà la fin. Très difficile. Il faut alors prendre du plaisir dans le style et la façon qu'à l'auteur de raconter son histoire. De ce point de vue là, je n'ai pas été séduit par le style, un peu froid, presque clinique de Stevenson et j'ai été déçu. Je ne retrouvais pas le style qui m'avait séduit dans "L'île au Trésor" (que j'ai découvert, à l'adolescence). J'ai lu ce roman sans plaisir, tournant les pages en attendant la révélation finale (que je connaissais donc) et ne la voyant pas arriver avant la toute fin.
En fait, je n'imaginais pas lire une enquête: l'enquête de Utterson, l'avoué et ami du Dr Jekyll, qui va nous amener vers la révélation finale: l'identité de Mr. Hyde. Car, oui, c'est bien un petit roman policier, teinté de fantastique, auquel nous convie Stevenson...oui, mais quel intérêt de lire un policier si on connait déjà l'identité de l'assassin avant de le lire. 

Pourtant, Stevenson soulève un sujet important et qui porte à réflexion: l'ambivalence dont chaque être humain est pourvue: chaque individu a une part sombre en lui, qu'il laisse plus ou moins sortir de temps en temps, à des degrés différents. Qu'est ce qui nous fait succomber à notre part sombre, quelquefois jusqu'au meurtre? Qu'est ce qui nous pousse a passer à l'acte? Qu'est ce qui fait également qu'on ne veuille pas faire sortir ce Mr Hyde de nous? Quoique, chacun a connu son côté Hyde, ce côté méchant qui vous faire dire des horreurs à une personne que vous détestez. 
D'ailleurs, cela me fait dire que ce roman de Stevenson est encore très actuel aujourd'hui: internet, ce merveilleux outil qui permet de faire de belles découvertes est également un merveilleux moyen de faire ressortir le Mr Hyde qui sommeille en nous. Sous couvert d'anonymat et de pseudo, chacun se permet de sortir des insanités, et des horreurs, dans des commentaires parfois douteux et souvent abjects et insultants... 
Alors il y a du Mr Hyde en moi: il m'arrive de faire ressortir mon côté méchant de temps en temps. Mais vous, avez vous, au plus profond de vous, un Mr Hyde qui ressort de temps en temps?
Je finis donc mon billet sur cette  question. 

Comme quoi cette lecture, qui ne m'a pas plus emballé que ça, permet quand même de me questionner sur l'ambivalence de l'être humain. C'est déjà ça. 

Robert Louis Stevenson: L'étrange cas du Dr Jekyll & Mr Hyde, Le Livre de Poche, 120 pages, 1975



3/ Ce roman de Stevenson connut plusieurs adaptations cinématographiques, dont une en 1941 signée Victor Flemming avec Spencer Tracy, Ingrid Bergman & Lana Turner.