4e de couverture: Malin Fors n’est pas au mieux de sa forme ,
en
conflit avec sa fille ado, renouant avec ses vieux démons, et pourtant
d’une redoutable perspicacité dans une sordide affaire de meurtre..
Troisième enquête de Malin Fors, Automne, ne sera pas mon préféré de la tétralogie. Dans ce tome, Malin est au plus mal et le gouffre sous ses pieds l'englouti progressivement. Elle boit de plus en plus et met son couple et son métier en péril.
Le petit reproche que je pourrais faire est la répétition des enquêtes. Encore une fois nous sommes confronté à un meurtre qui nous ramène dans le passé sordide de la victime. Le meurtrier est encore à chercher dans le passé des victimes.
Mons Kalentoft utilise le même procédé de faire parler les morts, mais aussi de nous livrer les pensées des personnages. Le hic, dans ce tome,c'est que tout se mélange et j'ai eu l'impression de ne plus savoir qui pensait, faisait ou disait quoi.
Autre chose, le problème des dialogues. Ils ne sont pas maitrisé: alors, je ne sais pas si cela vient de l'auteur ou de la traduction mais certains dialogues sonnent faux, limite affligeants.
Il est vrai que je voulais lire les tomes au temps de la saison citée, sauf que les polars de ce type ne sont pas fait pour moi à cette période de l'année, leur préférant les polars anglais qui se prête plus à la saison automnale. Là, j'ai trainé ce livre une semaine, ce qui n'est pas très bon pour un polar.
Puis, j'ai trouvé ce tome vraiment très pessimiste. Malin et tous ses collègues se trainent des problèmes qui ne donnent pas vraiment le moral. Ce qui ne me donnait pas envie de me replonger dans le livre au moindre instant de liberté.
Vous l'aurez compris, ce tome ne restera pas dans la liste de mes préférés. L'enquête Maria Murval est au point mort (et ça m'énerve): j'espère que les réponses arriveront dans le dernier tome de la saga saisonnière de Mons Kalentoft. Je lirai ce dernier tome, puisqu'il est dans la même édition que le 3e, mais plus j'avance et moins je suis passionné par les problèmes de Malin. Peut être aussi l'ai je lu au mauvais moment.
Mons Kalentoft: Automne (Höstoffer), France Loisirs, 466 pages, 2011
Bienvenue dans ce Kabaret où je vous parlerai de mes lectures, mais également de séries, de cinéma, de musique...
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samedi 8 décembre 2012
mercredi 4 juillet 2012
Eté
(un petit conseil: ne lisez pas le résumé qui suit si vous voulez garder le suspens. La quatrième de couverture et ce résumé en disent encore une fois trop). Résumé: C’est l’été le plus chaud que Linköping ait jamais connu. La forêt qui
borde la ville s’embrase, les nuages de fumée planent dans le ciel
obscurci et menacent les citadins. Les incendies n’empêchent pas un
pervers sexuel particulièrement sordide et cruel de faire régner la
terreur dans la ville. L’enfer brûlant des flammes crée une sorte de
solidarité parmi les gens, alors que la peur et l’angoisse face aux
meurtres horribles du tueur font émerger des soupçons et des préjugés
envers celles et ceux qui semblent différents. L’horreur devient totale,
quand la propre fille de Malin Fors — l'enquêtrice des romans de
Kallentoft — se fait enlever. Chaque minute compte, et Malin n’a plus
que son instinct de policier et de mère pour l’aider à sauver l’être qui
lui est le plus cher au monde.(source: Fnac.com)
Lire la série Malin Fors de Mons Kallentoft en suivant les saisons permet au lecteur de se sentir tout de suite dans l'ambiance. Pour le premier "Hiver", je frissonnais de froid et de terreur dans cet hiver suédois. Ici, pour "Eté", j'avais l'impression d'étouffer (même si la chaleur n'a pas encore fait son apparition chez nous) mais aussi d'être pris d'une lenteur (pensez donc, j'ai mis 6 jours pour lire ce polar alors qu'il ne m'en avait fallu que 3 pour "Hiver") dû probablement à la chaleur ambiante du roman.
Ce deuxième opus est tout aussi efficace que le premier. L'auteur reprend son idée originale de faire intervenir la victime en lui donnant la parole et en inscrivant sur papier les pensées de Theresa, la première victime. On suit l'enquête de ce pervers sexuel avec intérêt: l'auteur faisant même un parallèle avec Maria Murvall, personnage apparu dans le premier volet "Hiver". (Maria Murvall, internée en hôpital psychiatrique après avoir été violée).
D'ailleurs, le viol de Maria Murvall est l'un des mystères resté non résolue à la fin de "Hiver". Je pensais que nous aurions le fin mot de cette histoire dans ce tome mais encore une fois l'auteur ne nous en apprend pas plus. J'ai l'impression que le mystère Maria Murvall va être le fil rouge de toute la série.
Le seul petit reproche que je pourrais faire à l'auteur est qu'il ne développe pas assez la vie privée de ses personnages. C'est encore plus vrai avec ce tome où l'auteur ne se focalise que sur l'enquête. Ce qui est bien dommage.
Un roman efficace, qui nous promène sur des fausses pistes. La révélation du coupable m'a surpris et j'ai trouvé cela assez originale. Les 100 dernières pages se lisent à une vitesse folle: tout s'emballe, autant l'enquête, que le lecteur qui veut avoir le fin mot de cette histoire. Mais encore une fois, toutes les réponses ne seront pas donné. Par exemple, nous n'aurons pas les motivations du coupable, ce qui l'a poussé à faire ça. Je suis un peu déçu par ça mais en même temps, je peux comprendre qu'il faut garder une part de mystère: au lecteur de se faire sa propre opinion sur ces motivations. En revanche, j'ai trouvé que la fin était très rapide, peut être un peu trop.
Au final, un polar estival sans temps mort et qui tient le lecteur en haleine. Il me reste maintenant à acquérir "Automne" et "Printemps" pour pouvoir poursuivre l'aventure.
Mons Kallentoft: Eté (Sommardöden), France Loisirs, 400 pages 2010
Lire la série Malin Fors de Mons Kallentoft en suivant les saisons permet au lecteur de se sentir tout de suite dans l'ambiance. Pour le premier "Hiver", je frissonnais de froid et de terreur dans cet hiver suédois. Ici, pour "Eté", j'avais l'impression d'étouffer (même si la chaleur n'a pas encore fait son apparition chez nous) mais aussi d'être pris d'une lenteur (pensez donc, j'ai mis 6 jours pour lire ce polar alors qu'il ne m'en avait fallu que 3 pour "Hiver") dû probablement à la chaleur ambiante du roman.
Ce deuxième opus est tout aussi efficace que le premier. L'auteur reprend son idée originale de faire intervenir la victime en lui donnant la parole et en inscrivant sur papier les pensées de Theresa, la première victime. On suit l'enquête de ce pervers sexuel avec intérêt: l'auteur faisant même un parallèle avec Maria Murvall, personnage apparu dans le premier volet "Hiver". (Maria Murvall, internée en hôpital psychiatrique après avoir été violée).
D'ailleurs, le viol de Maria Murvall est l'un des mystères resté non résolue à la fin de "Hiver". Je pensais que nous aurions le fin mot de cette histoire dans ce tome mais encore une fois l'auteur ne nous en apprend pas plus. J'ai l'impression que le mystère Maria Murvall va être le fil rouge de toute la série.
Le seul petit reproche que je pourrais faire à l'auteur est qu'il ne développe pas assez la vie privée de ses personnages. C'est encore plus vrai avec ce tome où l'auteur ne se focalise que sur l'enquête. Ce qui est bien dommage.
Un roman efficace, qui nous promène sur des fausses pistes. La révélation du coupable m'a surpris et j'ai trouvé cela assez originale. Les 100 dernières pages se lisent à une vitesse folle: tout s'emballe, autant l'enquête, que le lecteur qui veut avoir le fin mot de cette histoire. Mais encore une fois, toutes les réponses ne seront pas donné. Par exemple, nous n'aurons pas les motivations du coupable, ce qui l'a poussé à faire ça. Je suis un peu déçu par ça mais en même temps, je peux comprendre qu'il faut garder une part de mystère: au lecteur de se faire sa propre opinion sur ces motivations. En revanche, j'ai trouvé que la fin était très rapide, peut être un peu trop.
Au final, un polar estival sans temps mort et qui tient le lecteur en haleine. Il me reste maintenant à acquérir "Automne" et "Printemps" pour pouvoir poursuivre l'aventure.
Mons Kallentoft: Eté (Sommardöden), France Loisirs, 400 pages 2010
mercredi 21 mars 2012
La saga des Emigrants Vol 5

4e de couverture: Tandis que l’exploitation de Karl Oskar et de Kristina prospère, et que la maisonnée s’agrandit, le Minnesota devient le trente-deuxième État des États-Unis d’Amérique. Mais la révolte gronde dans les États du sud. Et lorsque la guerre éclate, Karl Oskar est confronté à la difficulté d’être un citoyen libre, et non plus le sujet d’un souverain. D’autant qu’il est aussi époux et père de famille et que d’autres difficultés le guettent…
17 août 1862 : affamées, dépossédées de leurs terres et abusées par le gouvernement du Minnesota qui ne leur a pas versé la somme promise en échange de leurs territoires, les tribus sioux se soulèvent. Karl Oskar peut-il quitter Kristina, alors que celle-ci est affaiblie par une nouvelle grossesse ?
Les épreuves passées, les émigrants s’apercevront que la nouvelle génération s’est mêlée, jusqu’à en oublier sa langue d’origine, à celle qui est issue d’autres pays d’Europe pour former la jeune Amérique.
Risque de Spoilers sur les tomes précédents
C'est avec ce 5e volume que se clôt la saga des émigrants. J'ai attendu quelques semaines avant d'ouvrir ce dernier volume: je n'étais pas encore prêt à dire au revoir à tous ces personnages qui m'avaient accompagné pendant trois mois. L'envie de les retrouver et de savoir la suite de leurs aventures a été la plus forte et j'ai ouvert ce volume pour continuer le voyage.
Je ne serai pas original en disant que j'ai beaucoup aimé ce volume, comme les précédents. Karl Oskar et Kristina sont des personnages attachants qu'on ne peut qu'aimer.
La vie s'écoule plus ou moins paisiblement dans ce 32e état qu'est devenu le Minnesota, jusqu'à la guere civile qui oppose le Nord et le Sud. En apprenant cela, je me suis dit qu'on allait quitter le Minnesota pour suivre Karl Oskar et ses compatriotes suédois vers les zones de combat. Qu'elle n'a pas été ma surprise de découvrir qu'il n'en serait rien. Je trouve admirable de la part de l'auteur de nous parler de l'histoire de l'Amérique en restant sur les bords du lac Chisago (ancien Ki-Chi Saga). Cette guerre civile sera vécue de loin par Karl Oskar (qui a voulu s'engager mais a été refusé à cause de sa jambe gauche) et Kristina.
Je retiendrai deux scènes fortes dans ce volume: l'attaque des indiens qui débutera la guerre entre les indiens et les blancs. Cette scène là où certains personnages comme Danjel Andreason et son fils Sven, vont nous quitter, m'a fait froid dans le dos. L'auteur nous immerge dans cette barbarie de manière brutale. J'ai eu des frissons et j'ai même parfois détourner la tête du roman pour ne pas "voir".
La deuxième scène est l'une des plus belles scènes que j'ai lu: le pommier d'Astrakan que Karl Oskar a planté va donner ses premiers fruits. Kristina, alité par une fausse couche, est au plus mal. Karl Oskar va alors cueillir un des fruits du pommier qui vient de Suède et va la tendre à Kristina. En la sentant sur ses lèvres, Kristina va se croire revenue dans son pays natal.
Cette scène m'a fait pleuré tellement la symbolique du retour au pays est forte et rempli d'émotion.
En arrivant vers les dernières pages, j'ai remarqué que le personnage principal du roman était Karl Oskar (et non Robert comme je le croyait après avoir lu le premier volume): il est l'un des plus beaux personnages qui soit: fort, attachant, travailleur, doux. Il forme un très beau couple avec Kristina. Ces deux là s'aiment et cela se voit.
En arrivant vers l'épilogue de cette formidable saga, je n'ai pas pu retenir mes larmes: je savais la séparation proche.
En tournant la dernière page, j'ai poussé un soupir en me disant: "voilà, c'est fini" et une petite larme à coulée. J'ai alors dit au revoir à Karl Oskar, Kristina, Robert, Danjel, Ulrika et tous ces pionniers venus de si loin pour construire de leurs rêves, l'Amérique.
Vilhelm Moberg: La Saga des Emigrants (Vol5: Au terme du Voyage),("Nybyggarna" & "Sista Brevet Till Sverige"), Le Livre de Poche,597 pages, 1999
mardi 21 février 2012
Hiver

4e de couverture: « Cette journée n’est pas faite pour les vivants », pense Malin Fors au cœur de l’hiver le plus froid qu’ait connu Östergötland, en Suède. Le cadavre nu et gelé, retrouvé pendu à un arbre, semble donner raison à l’enquêtrice. La victime aurait jadis blessé son père avec une hache… Malin s’interroge : ce meurtre est-il l’assouvissement d’une vieille haine ? Ou un sacrifice pour le solstice d’hiver ?
Première enquête du commissaire Malin Fors, Hiver est un très bon roman policier, et idéal en cette saison (je compte d'ailleurs lire les tomes suivant la saison indiqué en titre).
L'auteur nous emmène dans une petite ville de Suède, au mois de Février où le commissaire Fors est appelée après qu'on ait découvert un homme pendu à un arbre. (La couverture du roman fait d'ailleurs froid dans le dos). Avec ses collègues, elle va mener l'enquête et aller de découverte en découverte.
Avec un style simple, direct, qui va à l'essentiel, Mons Kallentoft nous immerge dans cet hiver glacial qui m'a quelquefois fait manquer d'air, surtout devant une scène de torture dans les bois. J'en frissonne encore. L'auteur nous donne plusieurs pistes et j'ai bien aimé mener l'enquête avec Malin (j'ai réussi à savoir qui était le meurtrier et son mobile: il m'a suffit d'un peu de déduction et cela a fonctionné).
J'ai été happé dès les premières pages et j'ai eu du mal a lâcher ce livre: tellement qu'il ne m'a fallu que trois petits jours pour en venir à bout: j'ai enchainé les 150 dernières pages hier soir, qui m'ont laissé, je l'avoue, à bout de souffle.
La petite touche d'originalité de ce roman policier, c'est le fait que l'auteur couche sur le papier les pensées du mort Bengt Andersson. A sa manière, Bengt surveille Malin lors de l'enquête et l'encourage, du haut du ciel. J'ai trouvé ça astucieux. Ce n'est d'ailleurs pas le seul à nous livrer ses pensées, Malin et ses collègues nous livrent également leur pensées.
Pour les petits bémols, je trouve que l'auteur ne se focalise pas assez, à mon goût, sur la vie privée de ses personnages. Certes, il développe la vie privée de Malin avec sa fille de 14 ans, Tove qui a un petit ami, Markus. Puis on apprend que la femme de Börje, collègue de Malin est atteinte de sclérose en plaques mais j'ai trouvé que, même si l'auteur en parle, je ne me suis pas senti plus impliqué car trop en retrait par rapport à l'enquête.
Une autre petite chose: je ne sais pas si ça vient de la traduction ou si c'est le terme exact dans la police suédoise, mais Malin et ses collègues sont tous commissaires (!) sauf Sven qui est le chef de toute cette équipe et Karim qui est le chef de toute la section et qui fait la liaison avec la presse. Il n'y a pas d'autres grades dans la police suédoise comme chez nous où l'on passe de lieutenant à capitaine et commissaire? (Bon, je schématise , mais disons que cela m'a fait bizarre de voir des commissaires sur le terrain mener une enquête)
Je ne vous cache pas que j'ai été un peu frustré par la fin, une question restant sans réponse mais comme le pense Malin: "Chaque question doit elle avoir une réponse?".
Au final, un bon petit polar qui m'a tenu en haleine jusqu'au bout et qui m'a fait froid dans le dos. Il ne me reste plu qu'à lire les 3 autres titres des enquêtes de Malin. Mais pour la lecture du 2e tome, ce ne sera pas avant cet été: "Eté" qui est le titre du 2e Tome. C'est aussi simple que ça.
Mons Kallentoft: Hiver (Midvinterblod); France Loisirs; 485 pages; 2009
vendredi 3 février 2012
La saga des Emigrants Vol 4

4e de couveture: Karl Oskar et Kristina se sont installés avec leurs compatriotes suédois au cœur de la forêt presque encore inviolée du Minnesota. Peu à peu, les Indiens ont cédé la place, chassés par la « civilisation ». Bientôt toute une colonie suédoise vient peupler le territoire ; elle édifie une école et une église et constitue une paroisse. La première partie de ce volume raconte l’histoire de la fondation d’une communauté, avec ses balbutiements et les inévitables conßits qui surgissent.
Quelques années passent. Robert, le frère de Karl Oskar, revient parmi les siens après quatre ans d’absence et de silence. Il a bien changé, physiquement et moralement. Ses convictions et les idéaux qui le firent émigrer sont ébranlés. Il est en proie à une tenace mélancolie et a perdu tout appétit, y compris celui de vivre. La seconde partie du volume est consacrée au récit poignant d’un rêveur parti en quête de l’or, et qui revient avec une vision tragique de la valeur de l’homme et de ses ambitions.
RISQUE DE SPOILERS sur les volumes précédents mais également sur celui ci.
Karl Oskar et Kristina ainsi que toute la petite communauté suédoise du Minnesota me manquaient. Voilà pourquoi j'ai eu envie de retourner sur les bord du Ki Chi Saga.
Tout ce que je peux dire, c'est que cette saga est toujours aussi passionnante et toujours aussi bien écrite.
Ce Volume est composé de deux parties distinctes (tellement distinctes qu'elles ont fait l'objet de deux volumes séparés en grand format): la première nous parle de Karl Oskar et Kristina qui vivent, tant bien que mal sur les bord du lac Ki-Chi-Saga. Jusqu'au jour où Karl Oskar va entendre les bruits d'une hâche dans la forêt. C'est ainsi qu'il va se rendre compte qu'ils ne sont plus seuls autour du lac et que d'autres suédois ont investi les lieux. D'autres arriveront après eux et c'est toute une communauté qui commence à s'épanouir et à se construire.
J'ai toujours de la tendresse pour Karl Oskar et Kristina: j'aime leur courage, leur ténacité et la force de leur amour. Mais ce que j'ai également aimé, c'est que l'auteur nous montre comment un état américain, le Minnesota s'est construit au fil des années: comment l'homme à pris possession de territoires vierges. Pourtant, si l'auteur se focalise sur les colons suédois, il n'en oublie pas d'évoquer les indiens qu'on a progressivement dépossédés de leur terre. Où comment un peuple sédentaire mit "fin" à un peuple nomade, prenant possession de leur terre, jusqu'à prendre possession de leur sépulture. Je peux vous dire que c'est troublant et dérangeant par moments.
J'ai apprécié encore plus l'amitié de Kristina et Ulrika et j'espère qu'elle sera encore là dans le prochain volume.
Dans la deuxième partie "L'or et l'eau", Vilhelm Moberg redonne une place importante à Robert qui avait quitté le Minnesota pour la Californie. Robert qui revient chez son frère riche mais désoeuvré. L'auteur va alors nous faire quitter les rives du Ki Chi Saga pour nous conter les aventures de Robert sur la route de l'Or, durant ces quatre ans d'absence.
Cette partie a un côté onirique: comme Shéhérazade dans les "Mille et une Nuits", l'oreille malade de Robert nous raconte chaque nuit, les aventures de ce dernier: son départ de Saint Louis, sa traversée du désert, la disparition d'Arvid et la désillusion qui s'insinue dans l'esprit de Robert.
Mes retrouvailles avec Robert n'ont pas été des plus heureuses: autant j'ai aimé ce personnage au début de la saga, autant là, il m'a un peu énervé avec son côté menteur. puis, plus j'ai avancé dans l'histoire, plus Robert m'a fait de la peine: a vouloir la liberté, il s'est brûlé les ailes et la naïveté dont il a fait preuve sur la route de l'Or lui coutera cher. J'en aurai presque pleuré.
En conclusion, un volume tout aussi passionnant que les premiers, toujours aussi bien écrit. Je n'ai juste qu'un seul regret: qu'il ne me reste plus qu'un volume à lire (Volume que je lirai dans les semaines à venir). Je sens déjà que tous ces personnages vont me manquer cruellement.
Vilhelm Moberg: La Saga des Emigrants (Vol4: Les Pionniers du Minessota) (Nybbygarna), Le Livre de Poche, 565 pages, 1999
mardi 10 janvier 2012
La saga des Emigrants Vol 3

4e de couverture: Après une longue et rude traversée, le Charlotta entre dans le port de New York. Les Suédois qui ont tout quitté - leur terre et leur famille - foulent enfin le sol du Nouveau Monde. Ils croient être arrivés, mais ce n'est qu'une étape.
Robert et Arvid sont tentés par les charmes de « la plus belle rue du monde », Broadway, mais Karl Oskar et Kristina savent qu'il faut poursuivre le voyage. Ensemble, ils apprivoisent le monstre qui crache le feu, la voiture à vapeur, pour se rendre jusqu'au Mississippi.
Quand ils arrivent, l'hiver s'annonce. Il va leur falloir encore une fois se battre pour survivre, encore une fois affronter des difficultés qu'ils croyaient avoir laissées en Suède et s'adapter à un pays au climat rude, peuplé de sauvages à la peau cuivrée, striée de couleurs éclatantes et effrayantes.
Tout est à construire, tout est possible.
Risque de Spoilers sur les volumes précédents, ainsi que sur celui ci.
Le voyage continue et il est toujours plaisant. Les Émigrants suédois viennent de poser le pied sur le sol américain. Pourtant, le voyage n'est pas encore fini: New York n'est qu'une étape et la route est encore longue avant d'arriver dans le Minnesota. Karl Oskar et Kristina, font, avec leur compatriotes, la découverte des machines à vapeur puis d'une autre traversée en bateau à vapeur sur le Mississippi. Puis, enfin, c'est l'arrivée sur leurs nouvelles terres qui sont encore à conquérir.
J'ai aimé découvrir ce monde de pionniers (cela m'a rappelé des souvenirs d'enfance avec la famille Ingalls dans les romans de "La Petite Maison dans la prairie"). La découverte et la peur des indiens, ces sauvages païens qui scalpent les blancs. Sauf que pour les Nillson et leurs amis, la barrière de la langue est un obstacle de plus. Ils arrivent pourtant à se débrouiller.
J'ai préféré le comportement de Danjel dans ce volume: il a perdu ses illusions, il se croit moins investi d'une mission, même s'il est toujours croyant, il ne se prend plus pour le messie et j'ai apprécié. J'ai aussi été agréablement surpris par l'amitié naissante entre Kristina et Ulrika: elles se détestaient dans les volumes précédents, Kristina étant même arrogante envers la Joyeuse. Sauf qu'elles sont toutes les deux étrangères dans ce pays, ce qui va les rapprocher et les faire devenir amies. En revanche, Robert et Elin ne deviendront pas un couple comme je l'aurai souhaité. Elin va devenir servante grâce à Robert, avec qui elle a appris l'anglais, et à sa mère Ulrika, qui lui a trouvé cette place dans une famille américaine. En ce qui concerne Robert, mon avis à changé: certes, j'aime toujours son envie de liberté mais j'ai remarqué que c'était un éternel insatisfait: il est en Amérique mais ça ne lui suffit pas: il en veut plus: il ne veut pas être le "valet" de son frère et va décider de partir à la conquête de l'Ouest, son oreille malade lui faisant entendre l'appel de l'Or. J'espère qu'il ne s'y brûlera pas les ailes. Si Robert m'a un peu lassé, Karl Oskar est toujours un personnage passionnant: courageux, travailleur, et qui a trouvé son petit coin de paradis sur le sol Américain. Kristina et lui forment un joli couple et ont réussi à construire un petit nid: malgré le froid, car l'hiver est là, ils y font face avec courage et volonté. Au final, je suis ravi que le roman se focalise sur eux deux, la plupart du temps.
Pour conclure, cette saga est toujours passionnante à suivre, bien documentée: elle nous fait voyager et comprendre ce qu'étaient la vie de ces nouveaux colons américains. Il me reste encore deux volumes avant de mettre un terme au voyage. Cependant, je ne compte pas lire le 4e volume à la suite de celui ci: je sens qu'une petite pause s'impose: même si c'est toujours plaisant à lire et à découvrir, j'ai besoin de changer un peu d'air pour éviter que la lassitude s'installe. Je n'ai pas envie de détester les deux volumes suivants parce que je me lasse. Je laisse donc Kristina et Karl Oskar vivre tranquillement sur les bords du lac Ki Chi Saga, dans leur nouveau foyer, avant de les retrouver avec bonheur dans quelques temps.
A suivre...
Vilhelm Moberg: La Saga des Emigrants (Vol3: La Terre bénie), (Invandrarna), Le Livre de Poche, 598 pages, 1999
vendredi 6 janvier 2012
La saga des Emigrants Vol 2

4e de couverture: Sur les quais de Karlshamn, la Charlotta s'apprête à appareiller. Sous la poigne du capitaine Lorentz, vieux loup de mer aigri et solitaire, l'ancien navire de commerce est devenu un vulgaire transporteur d'émigrants, qui s'entassent dans l'entrepont et n'ont décidément jamais le pied marin. La vie à bord n'est que tourments: la promiscuité, la saleté, les poux, le scorbut et le mal de mer s'acharnent sur les passagers.
La Traversée est le récit d'un voyage qui ne devait durer que quelques semaines. un voyage au bout de soi, une douloureuse épreuve ana la fabuleuse destinée de ces émigrants.
Risque de Spoilers sur le volume 1 mais également ce 2e volume.
Pressé de prendre le bateau avec Karl Oskar, Kristina, Robert et les autres émigrants, j'ai de suite commencé à lire ce 2e volume. J'ai ainsi pu débuter ce voyage en mer sur la Charlotta.
Je peux vous dire que ce fut un voyage captivant: sur plus de 280 pages, on se retrouve à bord du bateau pour n'arriver au port qu'à la fin du volume. J'ai trouvé que, malgré la continuité de l'histoire, ce 2e volume est différent du premier, ce qui permet d'éviter la lassitude dans la lecture. On continue le voyage avec les personnages mais le ton est différent: quelquefois, les personnages nous livrent leurs pensées nocturnes. Le lecteur se retrouve confiné dans cet entrepont où la maladie, la saleté, les poux sont présents. Le lecteur sait déjà que parmi ces émigrants, tous ne seront plus là à la fin du voyage, ils iront dormir pour l'éternité dans ce tombeau maritime qu'est la Mer (désolé si je suis morbide mais c'est la réalité des voyage au long cours).
J'ai pris toujours autant de plaisir à faire le voyage avec les personnages dont j'ai fait la connaissance dans le premier volume: j'ai même tremblé que certains personnages que j'aimais bien comme Robert, Kristina ou Karl Oskar ne soit plus du voyage à un moment où à un autre. Mais j'ai tout de même remarqué que les personnages du premier volume s'efface au profit de la traversée en elle même: Robert, par exemple est peu présent et c'est dommage car l'histoire d'amitié ou d'amour naissante entre lui et Elin, la fille d'Ulrika, m'intéresse. J'espère que ces deux là seront présent dans la suite.
Comme je le disais, la vie sur le bateau, les conséquences de la traversée, comme les tempêtes, les maladies (le scorbut pour donner un exemple), les décès et les enterrements célébrés par le capitaine du bateau, sont les personnage principaux de cette 2e partie. L'auteur nous décrit ça tellement bien que j'ai eu l'impression d'être parmi ces émigrants, dans l'entrepont. C'est tellement bien décrit qu'à un moment, je me suis senti oppressé et j’avais parfois un peu le mal de mer comme Kristina, Inga Lena ou Robert.
Cependant, il y a un personnage qui m'a un peu énervé, c'est Danjel, "l'Hérétique" (comme je le surnomme) qui pense que parce que le Christ a investi son corps, il sera exempt du mal de mer et saura parler la langue de l'Amérique dès qu'il franchira le sol (quelle ineptie, je vous jure!). Inga-Lena, sa femme, également investi par le Saint-Esprit, croit à ce que lui dit son mari. Sauf que la réalité sera tout autre pour elle: atteinte du mal de mer, elle n'osera pas en parler à son mari, de peur de le décevoir. Cette pauvre Inga Lena m'a fait de la peine.
J'ai beaucoup aimé continuer le voyage vers l'Amérique avec ces émigrants et malgré l’oppression de la traversée (qui pour moi n'a pourtant duré que deux jours et non deux mois comme les passagers), j'ai bien l'intention de poursuivre leurs aventures. Surtout que le bateau vient d'arriver dans le port de New York. L'aventure américaine commence...
Vilhelm Moberg: La Saga des Emigrants (Vol 2: La Traversée), (Utvandrarna), Le Livre de Poche, 281 pages, 1999
jeudi 5 janvier 2012
La saga des Emigrants Vol 1

4e de couverture: Voici l’histoire des premiers pionniers suédois partis conquérir l’Amérique et comment leur vint l’idée de s’expatrier. Les paysans du Småland, une province du sud-est de la Suède, vivaient paisiblement de leurs terres. Vers le milieu du xixe siècle, cet ordre immuable commença à trembler sur ses bases. Les terres sans cesse divisées par les héritages vinrent à manquer. Et les échos venus d’au-delà de l’Océan donnèrent des envies de liberté. Au pays est le premier volume de l’épopée de ces gens ordinaires animés du souffle de l’aventure et du formidable espoir de recommencer leur vie.
Risque de Spoilers: Oui, je sais que ce n'est que le début de la saga mais je risque de raconter un évènement de la fin du volume, qui n'en est pas vraiment une puisque ce volume n'est que la 1ere partie d'un roman fleuve.
En ce début d'année, j'ai décidé de me lancer dans la lecture de la "Saga des Émigrants" comme on prend la mer pour un long voyage.
Au départ, je ne voulais écrire qu'un seul billet pour les 5 volumes, mais en entamant le 2e volume hier soir, à la suite du premier, je me suis dit que le billet risquait d'être long, beaucoup trop long, pour évoquer toutes les richesses de cette saga. J'ai ainsi décidé de faire un billet pour chacun des volumes: ils seront ainsi plus court.
Le Premier volume "Au Pays" nous raconte la vie paysanne en Suède. J'ai fait la connaissance de Karl Oskar, jeune homme qui a eu la terre de ses parents en héritage puisqu'il est l'ainé de la famille; de Robert, son jeune frère, épris de liberté et qui ne se fait pas à l'idée de n'être qu'un simple valet: c'est avec ce personnage que l'idée de l'Amérique flotte dans l'air (j'ai aimé ce personnage de par son envie d'aventures); de Kristina, la femme de Karl Oskar, douce et aimante; de Danjel, l'oncle de Kristina (c'est d'ailleurs par ce personnage que l'auteur nous parle de l'hérésie qui régnait en suède au XIXe siècle) et de bien d'autres encore.
On comprend pourquoi l'auteur a mis douze ans pour écrire cette saga: il nous immerge dans cette Suède du XIXe siècle sur laquelle il s'est énormément documenté: j'ai apprécié qu'au début du roman l'auteur nous explique les us et coutumes de la Suède, qu'il nous donne certaines clés de compréhension du monde agricole, religieux et de bien d'autres choses encore sur ce pays qui m'est totalement inconnu. Ainsi, j'ai pu me plonger plus facilement dans l'histoire de ces futurs émigrants.
On sent que ce 1er volume n'est qu'un volume de présentation: l'auteur nous présente ces personnages que l'on va suivre durant des pages et des pages: l'Amérique n'est encore qu'un doux rêve: un rêve qui plane pourtant autour de Karl Oskar et de ses proches. Un rêve qui est peut être fait de fausses idées sur ce Nouveau Monde que personne ne connait et qu'ils idéalisent. J'espère toutefois qu'ils ne seront pas déçus.
Ce 1er volume n'est qu'un début: l'aventure américaine n'en est qu'à ses balbutiements et je n'ai pas pu attendre une seule minute avant de commencer cette Traversée vers le Nouveau Monde. J'ai ouvert le 2e volume: ainsi, je continue le voyage avec Robert, Karl Oskar et tous les autres...
Vilhelm Moberg: La saga des Emigrants (Vol 1: Au Pays),(Utvandrarna),Le Livre de Poche, 327 pages, 1999
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