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jeudi 11 juillet 2013

Musical #16: Sister Act






Année: 1992
Réalisation: Emile Ardolino
Music: Marc Shaiman
Chorégraphie: Eve Cauley

Casting: Whoopi Goldberg (Deloris Van Cartier/Soeur Mary-Clarence), Maggie Smith (La Mère Supérieure); Kathy Najimi (Soeur Mary Robert); Wendy Makkena (Soeur Mary-Patrick), Harvey Keittel (Vince LaRocca)...

Synopsis: Une jeune femme, témoin d'un meurtre, intègre un couvent pour se protéger. Elle va alors donner un nouvel élan à l'établissement religieux, invitant notamment les bonnes soeurs à une réorchestration musicale de leurs chants. (Source: Allociné)

Depuis le succès du film Ghost où Whoppi Goldberg se fait remarquer du grand public dans ce rôle de voyante qui aidera le beau Patrick Swayze à communiquer avec sa femme, cette dernière à le vent en poupe.

En 1992, elle se voit confier le rôle  farfelu et jubilatoire de Deloris Van Cartier, une chanteuse de casino, témoin d'un meurtre et qui devra se cacher dans un couvent. Whoppi en nonne, voilà qui vaut le détour! Et en effet, ça déménage.
A sa sortie, le film devient un beau succès. Mais le mérite n'en revient pas qu'à Whoopi Goldberg: ses partenaires féminines valent le détour, Maggie Smith en tête. Voir cette lady en mère supérieure est un vrai régal: encore une fois, elle arrive à sublimer et rendre crédible ce personnage, voir y apporter aussi quelque chose de touchant. Une fois de plus, j'ai été ébloui par son talent.
Je retiendrai aussi les rôles tenu par Kathy Najimi et Wendy Makkena: ce duo improbable est complémentaire: Soeur Mary Robert est aussi réservée que Mary Patrick est joyeuse et exubérante. J'ai une tendresse particulière pour Soeur Mary Robert: ce petit chrysalide fragile et timide qui devient papillon et se révèle grâce à la musique. Si je l'aime autant, c'est que c'est un peu moi: j'ai aussi été une chrysalide qui en grandissant est devenu un papillon et qui a réussi à s'exprimer grâce à la musique.

Justement, la musique est partie intégrante du film: ses airs spirituels repris de façon gospel,  jazzy et rock'n'roll est réjouissant. le tube "I will Follow him" (repris en français par Petula Clark en 1962 sous le titre "Chariot" (petite anecdote en passant) retrouve ici une nouvelle jeunesse. Puis, voir Whoppi Goldberg se déhancher, habillé en nonne, cela vaut tout l'or du monde!

Alors, on va être honnête: le scénario est tout simple et ne brille pas par son originalité. Mais il est servi par des actrices "engagées" qui se donnent corps et âme. La bonne humeur qui se dégage du film est très communicatif. Après avoir vu "Sister Act" vous êtes sûr d'avoir embelli votre journée.

Le film a été un tel succès qu'une suite est mis en chantier l'année suivante. Malheureusement, il ne sera pas aussi bon que le premier opus et marchera un peu moins bien. Comme quoi, parfois, il vaudrait mieux rester sur un succès.

Mais voilà que 20 ans plus tard (pour nous la France car le Musical existe depuis 2006 aux Etats Unis), Sister Act renait de ses cendres en devenant un Musical (comme ce fut le cas pour "Billy Elliot"): le succès est au rendez-vous et  ce dernier dépasse les frontières américaines: "Sister Act" s'installe à Paris au théâtre Mogador en septembre 2012.

"Sister Act" est un film toujours plaisant à voir, encore aujourd'hui. Je l'ai revu hier avec une petite appréhension: allais je autant aimer qu'il y a 20 ans? La réponse est oui. La magie opère: on se laisse porter par la musique entrainante, l'humour de Whoopi Goldberg. C'est tendre et jubilatoire. A voir et à revoir encore et encore.

Avec Sister Act, vous partirez à la rencontre des nonnes les plus roc'n'roll du monde!

Music Culte du film


Oh Maria


I will follow him




mercredi 17 avril 2013

Musical n°15: Moulin Rouge!



Année: 2001
Réalisation: Baz Luhrmann
Music: Craig Armstrong
Choregraphie: John O'Connell

Casting: Nicole Kidman (Satine); Ewan McGregor (Christian); John Leguizamo (Toulouse Lautrec); Jim Broadbent (Harold Zidler); Richard Roxburgh (Le Duc); Gary McDonald (Le Docteur); Matthew Wittet (Satie)...

Synopsis: A la fin du XIXe siècle, dans le Paris de la Belle Epoque, Christian, un jeune poète désargenté, s'installe dans le quartier de Montmartre et découvre un univers où se mêlent sexe, drogue et french cancan, mais se rebelle contre ce milieu décadent en menant une vie de bohème.

Il rêve d'écrire une grande pièce, et le peintre Henri de Toulouse-Lautrec est prêt à lui donner sa chance. Celui-ci a besoin d'un spectacle grandiose pour le Moulin Rouge et le poète est embauché pour rédiger le livret de la revue. C'est là qu'il tombe amoureux de la courtisane Satine, la star du prodigieux cabaret...
(Source Allociné)

Le fabuleux et célèbre cabaret parisien a, de tout temps inspiré les cinéastes.
A la fin des années 90, Baz Luhrmann, réalisateur australien décide de s'inspirer du Moulin Rouge pour son prochain film. Après avoir "osé" réaliser un Romeo & Juliette moderne en gardant le texte de Shakespeare, faisant ainsi un pont entre les deux époques, il se lance dans le projet d'un film Musical: Moulin Rouge!

Ce point d'exclamation à la fin du titre donne un indice sur ce projet: tout comme pour "Roméo+Juliette", le réalisateur va mélanger deux époques: même si l'action du film se situe au début du XXe siècle, son extravagance et ses chorégraphies vertigineuses, nous montrent que nous sommes bien dans un film du XXIe siècle. Il y a un aspect clipesque dans les "tableaux" du film, puis Baz Luhrmann va choisir des tubes de Madonna, des Beatles, de U2, d'Elton John..., pour constituer sa bande son mais aussi intégrer certaines paroles dans les dialogues du film. La seule chanson originale du film est "Come what may", écrite pour "Romeo+Juliette" mais non utilisée à l'époque.

Il va falloir deux ans à la Fox pour réussir à avoir les droits de toutes les chansons que Baz Luhrmann veut pour son film. Ce dernier va profiter de ce temps pour peaufiner son casting.
Beaucoup de comédiennes ont convoitées le rôles de Satine (Renée Zellweiger, Catherine Zeta Jones): c'est la flamboyante Nicole Kidman qui remporte la mise. Pour le poète Christian, Heath Ledger fut un temps envisagé avant de laisser sa place à Ewan McGregor, tandis que John Leguizamo interprètera le rôle de Toulouse Lautrec.
John Leguizamo va alors réaliser une prouesse: pour paraître aussi petit que le célèbre peintre (Toulouse Lautrec mesurait 1,52m pour 1.73m pour John Leguizamo), celui ci va jouer en marchant sur les genoux, la partie inférieure de ses jambes étant effacée par trucage numérique. Une expérience douloureuse qui lui vaudra plusieurs mois de rééducation .

John Leguizamo ne sera pas le seul à souffrir lors du tournage: Nicole Kidman se brisera plusieurs côtes lors du tournage du numéro "Diamonds are a girls best friends", obligeant même l'actrice à jouer certaines scènes en fauteuil roulant, ce qui retardera quelque peu le tournage. De plus, Nicole Kidman et Ewan McGregor doivent prendre 4 mois de cours de chant afin de pouvoir interpréter eux même leurs chansons.
En prime, du fait du retard, l'équipe se voit contraint de quitter les studios de Sydney, où doit  débuter le tournage de "Star Wars Episode II". Tout le monde se replie à Madrid pour finir le tournage.
Une année de post production est également nécessaire pour achever le film, qui sera prêt à temps pour faire l'ouverture du festival de Cannes le 9 mai 2001. 
Grand Succès "Moulin Rouge! décrochera deux Oscars pour la direction artistique et les costumes ainsi que 3 Golden Globes pour Nicole Kidman, Craig Armstrong et au film lui même.

Pour ma part, j'ai mis du temps à apprécier ce Musical: l'extravagance, les couleurs et les séquences au Moulin Rouge me donnaient le tournis, si bien que la première fois, je n'ai pas tenu plus de 10 minutes devant le film.
Devant l'enthousiasme de certains de mes amis pour ce film, j'ai profité d'un soir où le film était visionné sur France4 (le 20 mai 2008 (si je me souviens aussi bien de cette date de diffusion, c'est parce que le 21 mai, je passais le casting pour "N'oubliez pas les paroles") pour le regarder. Cette fois là, j'ai pu visionner le film jusqu'au bout: j'ai trouvé le film sympathique même si le côté extravagant et ce Montmartre, qui ne ressemblait pas à l'image que je m'en fais (j'aime ce quartier de Paris que j'ai trouvé dénaturé dans le film), ne m'ont pas complètement fait adhérer. Je trouvais l'histoire magnifique et tragique (Le côté "Dame aux Camelias" et "Traviata" me plaisait beaucoup).

Puis, je viens de visionner le film pour la 3e fois aujourd'hui, puisque ce film a rejoint ma collection,  "Comédies Musicales".
Après ce 3e visionnage, la magie à enfin totalement opérée et je peux dire que ce film fera partie de mes Musicals préférés. J'ai tout aimé dans ce film, même l'extravagance, les effets clipesques des séquences, le côté Bollywood qui se dégage du film, Ewan McGregor qui est à tomber et qui chante fabuleusement bien, la flamboyance et le charme de Nicole Kidman qui m'a envouté de sa divine voix et son sex-appeal. J'ai ri devant la rencontre de Christian et Satine, j'ai pleuré devant cet amour impossible.
Comme quoi, la persévérance a payée: il y a des films que l'on apprécie dans la durée. Moulin Rouge! en fait partie. 

C'est beau, c'est vivant, c'est moderne et intemporel à la fois. C'est "Moulin Rouge!

Musics cultes du film



Diamonds are a girls best friends



Come What May


Roxanne's Tango



 

jeudi 28 mars 2013

Musical #14: Pin up Girl



Année: 1944
Réalisation: H.B. Humberstone
Music: James V. Monaco
Chorégraphie: Hermès Pan

Casting: Betty Grable (Lorry Jones); John Harvey (Tommy Dooley); Martha Raye (Molly McKay); Joe E. Brown (Eddie Hall); Eugene Palette (Barney Briggs); Dorothea Kent (Kay); Dave Willock (Dud Miller); Charlie Spivak (dans son propre rôle)...

Synopsis: Lorry travaille dans l'armée où elle fait chavirer les coeurs de nombreux soldats. Tombée sous le charme d'un jeune officier héros de guerre, elle fait tout pour le suivre jusqu'à se faire passer pour une star du music-hall. (Source Allociné)

Au départ, Pin up Gril devait être une comédie romantique avec Linda Darnell et Don Ameche. Mais le succès phénoménal de Betty Grable incite LeBaron à changer son fusil d'épaule et à faire de cette comédie romantique, une comédie musicale en mettant en valeur le sex appeal de l'actrice.
Car oui, il ne faut pas s'y tromper: le titre du film est en référence à une certaine photo de l'actrice: cette photo ou Betty Grable pose en maillot de bain, un sourire mutin aux lèvres, envoyée à des milliers de G.I.'s se battant sur le front et qui épinglent sur leur murs la photo de celle qu'on surnommera "The Pin Up Girl".

Le Baron va alors prendre ce titre là pour sa comédie musicale et utilisera même ce fameux cliché dans le film. Ce qui s'avèrera bien pratique puisque l'actrice est enceinte au moment du tournage (elle accouchera deux mois après la fin du tournage). Utiliser le cliché permettra de ne pas trop déshabiller l'actrice sur le plateau.
Son état n'empêchera pas Betty Grable d'effectuer plusieurs danses, en particulier lors de la chanson "Once Too Often", ou elle exécute un remarquable pas de deux avec le "mauvais garçon" Hermès Pan, chorégraphe du film (collaborateur  attitré de Fred Astaire) qui avait déjà dansé avec Betty Grable dans "Soirs de Miami" (1941).

Il faut toutefois avouer que ce petit film ne brille pas par un scénario complexe: celui ci tient sur un timbre poste tellement l'histoire est reléguée au second plan. Ce film est avant tout là pour nous proposer des numéros fabuleux et grandioses qui nous en donne plein la vue. Un numéro de patins à roulettes par la troupe The Skating Vanities qui donne vraiment l'impression de voir une belle chorégraphie de patinage artisitque, les numéros de claquettes des frères Condos (impressionnant, j'ai eu l'impression de ne plus voir leurs pieds tellement ceux ci claquent à une vitesse folle) et le numéro final avec un groupe de femmes militaires appartenant au Women's Army Corps est bluffant, même si je l'ai trouvé déstabilisant.

Malgré son scénario basique, j'ai trouvé ces petits quiproquos entre le couple Lorry/Tommy très plaisant. La jeune secrétaire qui se fait passer pour une star du Musical devant le jeune officier n'est pas une idée neuve mais elle m'a bien fait rire. Surtout que la jeune secrétaire, de passage à New York séduit ce jeune officier en se prétendant star, pensant ne pas le revoir va se retrouver nez à nez avec lui à L'USO où elle travaille comme secrétaire. Pour qu'il ne la reconnaisse pas, elle s'affuble de lunettes (la fameuse technique de Clark Kent qui une fois encore va faire des merveilles!) et fait semblant d'avoir un strabisme sévère quand Tommy aura des soupçons sur l'identité de cette jeune secrétaire qui lui rappelle la femme qu'il aime.

Au final, j'ai passé un agréable moment devant ce petit film sans prétention qui vaut surtout pour ses numéros impressionnants, le charme de Betty Grable mais également celui de John Harvey alias Tommy. J'ai passé un tel bon moment que j'ai été déstabilisé en voyant le mot "The End" apparaitre. J'en voulais encore un peu.
"Pin Up Girl" démontre encore une fois que Guerre et Musique ne sont pas incompatible. C'est aussi cela la magie d'Hollywood.

Musics Cultes du film


Don't carry tales Out Of School


Once too Often



"The Merry Widow" & "Cadence"

 
 

samedi 16 mars 2013

Musical #13: On the Avenue






Année: 1937
Réalisation: Roy Del Ruth
Music: Irving Berlin
Chorégraphie: Seymour Félix

Casting: Dick Powell (Gary Blake); Madeleine Carrol (Mimi); Alice Faye (Mona Merrick); George Barbier (C. Caraway); Alan Mowbray (Fréderick Sims); Cora Witherspoon (Tante Fritz); Warlter Catlett (Jake Dibble); The Ritz Brothers (dans leurs propres rôles)...

Synopsis: Un nouveau spectacle joué à Broadway et interprêté par Gary Blake et Mona Merrick met en scène la riche et puissante famille Carraway, la tournant en dérision. Pour se venger, Mimi Carraway, la fille de la famille, est envoyée par sa famille séduire Blake. Mais bientôt, les sentiments s'en mêlent et les deux jeunes gens tombent amoureux, au grand damn de Mona, la partenaire de Blake ... (Source Allociné)

Les Comédies musicales sont souvent fondées sur le monde du spectacle et leurs coulisses. On the Avenue nous plonge encore une fois dans l'envers du décor sur l'avenue la plus belle et la plus animée de New york, Broadway. Le tout saupoudré de quiproquos de pince sans rire, de coups bas et bien évidemment d'une histoire d'amour (que seraient les musicals sans amour?).

En 1936, Darryl Zanuck, grand producteur de la Fox propose à Irving Berlin, qui vient de signer les partitions de deux grands musicals de la RKO avec Ginger Rogers et Fred Astaire (Le chanteur du dessus (Top Hat), En suivant la flotte), de collaborer à un nouveau projet. Irving Berlin, à qui Zanuck propose un cachet de 75 000 dollars et un pourcentage sur les recettes, va s'investir totalement dans ce projet: en plus de composer les chansons du film, il fournira également l'histoire originale que Gene Markey et William Conselman transformeront en scénario.

Pour le casting Zanuck "empruntera" Dick Powell (grand chanteur et acteur) à la Warner pour le rôle de Gary Blake. Pour le rôle principal féminin, celui de Mimi, c'est l'actrice britannique Madeleine Carrol, qui vient d'acceder au rang de star après avoir tourné deux films aux Etats Unis, qui l'interprètera. Alice Faye, pourtant star féminine des comédies musicales de la Fox se voit reléguée au second plan: on lui propose le rôle secondaire de Mona, la partenaire de Gary. Alice Faye compensera cette moindre importance en interprétant plusieurs morceaux du film, puisque Madeleine Carrol n'est pas chanteuse. Les Ritz Brothers, trio comique, très populaire à l'époque complètera le casting. Avec la présence de toute ces vedettes, Zanuck est bien décidé à faire d' On the Avenue, un grand succès.

Irving Berlin compose pas moins de 9 chansons pour le film qui vont fournir à Dick Powell et Alice Faye de beaux numéros d'anthologie. Plusieurs morceaux vont devenir de grands standards, comme "This Year Kisses", You're Laughing at me", "Slumming on Park Avenue" ou "I've got My Love to keep me warm", repris plus tard par d'inombrables chanteurs et jazzmen.
Pourtant, Irving Berlin est déçu en s'apercevant qu'au final, le film est tronqué de 3 chansons ("On the Avenue", "Swing sister" et "On the steps of grand Tomb"). Toutefois cela n'empêchera pas que le film enthousiasmera le public.

Pour ma part, ce musical m'a aussi enthousiasmé.  Les numéros sont tous d'une beauté et d'une drôlerie qu'ils m'ont donné envie d'être dans la salle avec le public. La scène entre le gérant du bar, et les deux futurs amoureux Gary/Mimi m'a fait rire au possible car ces derniers le font bien tourner en bourrique. L'histoire est certes classique car elle a souvent été utilisée. Sauf qu'ici, cela ne m'a pas gêné car si cette histoire d'une fille riche qui va vouloir se venger d'un artiste qui a humilié sa famille dans un sketch, puis qui progressivement va tomber sous son charme est souvent vu et revue, il ne faut pas oublier qu'elle n'est pas encore éculée, à l'époque où le film sort (1937). Le cinéma parlant est encore tout jeune (il n'a qu'une dizaine d'année) et beaucoup de sujet sont encore à trouver et à exploiter.
Cette histoire est donc devenue classique, mais elle ne l'était pas encore à l'époque d' On the Avenue.

Je pense avoir appris à faire fit de mes préjugés en ce qui concerne les musicals des années 30 depuis le visionnage de "Dixiana" car j'ai passé un merveilleux moment devant ce film charmant, drôle, incisif par moments sur la petite bourgeoisie et le monde du spectacle. Les acteurs sont tous magnifiques, le dosage entre humour, chansons, tendresse est parfait. Tout est parfait pour passer un agréable moment devant ce petit chef d'oeuvre du Musical signé Irving Berlin.
Alors si vous avez envie de rire, de rêver et de voir un très beau spectacle, je vous invite à aller faire un tour On the Avenue la plus animée et la plus belle au monde: BROADWAY!

Musics cultes du film:

This Year Kisses (reprise (Alice Faye)



You're laughing at Me

 

I've got my love to keep me warm

 





jeudi 7 mars 2013

Musical #12: Lady Of Burlesque





Année: 1943
Réalisation: William A. Wellman
Music: ArthurLange
Chorégraphie: Danny Dare

Casting: Barbara Stanwyck (Dixie Daisy); Michael O'Shea (Biff Brannigan); Iris Adrian (Gee Gee); J. Edward Bromberg (S.B. Foss); Victoria Faust( Lolita LaVerne); Gloria Dickson (Dolly Baxter); Pinky Lee (Mandy); Marion Martin (Alice)...

Synopsis:  Une troupe d'artistes burlesque tente de trouver l'assassin de l'un des leurs.

Lady Of Burlesque (L'étrangleur dans sa version française), n'est pas à proprement parlé un Musical. C'est plus une comédie policière teintée de musique. Mais puisque ce film se passe dans le monde du spectacle, et que certains numéros chantés sont parsemé dans le film, on peut considérer qu'il a sa place dans le monde des Musicals.

Tiré d'un roman de Gypsie Rose Lee, célèbre star du Burlesque dans les années 30 et qui aura droit à un biopic musical avec Natalie Wood dans le rôle titre ("Gypsie, Vénus de Broadway" en 1962) "Lady Of Burlesque" est une comédie policière enlevée, pleine de charme (celui de Barbara Stanwyck entre autres), de suspense et de comédie qui m'a fait passer un agréable moment.
Ce film m'a fait penser aux romans de Dame Agatha Christie: la découverte d'un monde (ici celui du spectacle Burlesque) un meurtre, des suspects mais surtout la réunion dans les loges des danseuses de tout le personnel du cabaret avec l'inspecteur qui interroge et extrapole pour savoir qui est le meurtrier. Ces fameuses réunions m'ont rappelé celles d'Hercule Poirot dans les romans de la reine du crime.
Ce qui m'a un peu dérangé, c'est la qualité de l'image qui n'était pas vraiment au rendez-vous. Cela s'explique par le fait que ce film fut fait par un petit studio indépendant avec peu de moyens. Puis, j'aurai tellement aimé que ce film soit en couleurs pour pouvoir profiter des tenues chatoyantes des danseuses (en effet le noir et blanc ne permet pas de restituer tout ça).

J'ai trouvé le couple naissant du film Dixie/Biff, très touchant et drôle. Ces deux là se cherchent tout au long du film et jouent a un jeu du chat et de la souris très plaisant (Barbara Stanwyck et Michael O'Shea sont très bien associé je trouve).

Je salue également l'audace du producteur Hunt Stromberg d'avoir voulu adapter ce roman de Gypsie Rose Lee car en ces temps où le Code Hays est toujours en vigueur, il est tendancieux de montrer des danseuses de strip-tease dans un film. (Voilà pourquoi, il n'y a pas d'effeuillage de la part de Dixie (Barbara Stanwyck) dans le film). Le producteur à même été obligé de changer le titre initial "G-String Murders" ("Meurtres au String" !) en  un titre plus convenable "Lady Of Burlesque" et que l'arme du crime (un string) soit le moins visible possible. Je trouve cela vraiment dommage car avouez que ce n'est pas courant d'avoir un string comme arme.

La chanson phare du film "Take it off the E-String, put it in the G-String", écrite par Sammy Cahn et Harry Akst est une pure merveille et très sensuelle dans la voix grave de Barbara Stanwyck, qui montre une nouvelle facette de l'actrice. Tout comme la danse effrenée que Barbara Stanwyck exécute avec son partenaire Pinky Lee.
Cette nouvelle facette de Barbara Stanwyck et le parfum de scandale qui entoure le roman de Gypsie Rose Lee (qui parle d'un monde qu'elle connait sur le bout des doigts pour l'avoir porté à son paroxysme), va contribuer au succès du film à sa sortie en salle en avril 1943.

Une comédie policière (et polissonne juste ce qu'il faut) sans prétention qui vous fera passer un agréable moment.


Music Culte du film 


Take it off the E-string, Put it on the G-String




















mercredi 6 février 2013

Musical #11: Dixiana






Année: 1930
Réalisation: Luther Reed
Music: Harry Tierney
Chorégraphie: Pearl Baron

Casting: Bebe Daniels (Dixiana); Everett Marshall (Carl); Bert Wheeler (Peewee); Robert Woolsey (Ginger); Joseph Cawthorn (Mr Van Horn); Jobyna Howland (Mme Van Horn); Dorothy Lee (Nanny); Ralf Harolde (Royal Montague)

Synopsis: Carl Van Horn, un jeune homme de bonne famille, décide de présenter Dixiana,la femme qu'il aime, à sa famille. Sauf que la mère du jeune homme, apprenant que Dixiana est une artiste de cirque, refuse le mariage et la met à la porte.

Dixiana est l'une des premières comédies musicales marquantes du XXe siècle.
Radio Pictures (la future RKO qui lancera les musicals de Ginger Rodgers & Fred Astaire) décide en 1930, fort du succès de "Rio Rita", adaptation d'un spectacle monté deux ans plus tôt à Broadway par le célèbre Florenz Ziegfield, de surfer sur cette vague des musicals pour mettre sur les rails: Dixiana.

Comme on ne change pas une équipe qui gagne, le studio reprend dans son équipe une bonne partie des acteurs de "Rio Rita": la star Bebe Daniels, le metteur en scène Luther Reed, le duo de music hall Wheeler & Woolsey ainsi que leur comparse Dorothy Lee, rencontrée sur le précédent tournage. Vient se rajouter au projet, Everett Marshall, chanteur lyrique venant tout droit du Metropolitan Opera et Bill Robinson (probablement le premier danseur de claquettes noir, dont Fred Astaire était un grand admirateur et qui lui rendra hommage dans un numéro célèbre tiré du film "L'amour chante et danse"), qui fera une petite apparition dans le film dans son célèbre numéro de l'escalier.

En apprenant la date du film et le nom du studio qui le produisit, je peux vous dire que j'ai un peu tiqué et j'ai eu peur. Les Musicals de Rodgers & Astaire, produit par la RKO  ne font pas partie de mes préférés (sacrilège diront certains mais c'est comme ça).
Sauf qu'après vision du film, j'ai beaucoup aimé cette histoire (histoire d'amour contrariée entre un jeune homme de bonne famille sudiste et une artiste de cirque): il y a du Romeo & Juliette dans tout ça (d'ailleurs, le méchant de l'histoire porte le nom de Montague, n'est ce pas un hommage d'Anne Caldweel (parolière et librettiste du film qui travailla avec Jerome Kern entre autres) au chef d'oeuvre de Shakespeare). Bien évidemment, le côté tragique de Shakespeare est gommé et tout est bien qui finit bien, comme souvent dans les films musicaux).

Ce n'est pas tant l'histoire d'amour qui m'a le plus charmé et ravi:  les intermèdes comiques du duo Wheeler & Woolsey (Peewee et Ginger dans le film)  m'ont fait éclaté de rire (le gimmick du jeu des trois cigares; le duel entre les deux comparses pour les doux yeux de Nanny (Dorothy Lee). Toutefois, même si les deux comparses sont souvent inséparables, ma préférence va au doux, charmant mais farceur Peewee (Bert Wheeler). Son duo avec Nanny dans l'escalier fait partie de mes chansons préférées.

La particularité du film (eh oui encore une!) c'est que pour les dernières séquences, celles du Mardi gras,  le réalisateur à utilisé une nouvelle technique: le Technicolor Bichrome. Malgré les limites du procédé, cela rend le film très attractif et donne à ce dernier  un final aussi grandiose que nous  en propose le Music Hall.
Les chansons du film interprétées par Bebe Daniels, Everett Marshall (que j'ai eu du mal à écouter, n'aimant pas trop les voix d'opéra dans les films musicaux, je trouve cela incongru, mais passons), Bert Wheeler, Robert Woolsey et Dorothy Lee,  ont été écrites pour le film par Anne Caldwell et Harry Tierney (la chanson la plus célèbre du film "Dixiana" a été écrite pour les paroles par Benny Davis) et orchestrées par Max Steiner, qui fait ses débuts à Hollywood mais qui composera bientôt la musique d'"Autant en emporte le vent".

Il faut toujours se  méfier des à prioris qu'on  peut avoir. Dès le départ, j'avais décidé de ne pas aimer ce film de par son ancienneté et au final, ce fut une belle surprise.
Partez, vous aussi, en Caroline du Nord faire connaissance avec la belle Dixiana, accompagné de ces deux gentlemen comiques Peewee (mon petit préféré!) et Ginger.

Music cultes du film:

 I'm Your baby now



My One Ambition is you 




samedi 26 janvier 2013

Musical #10: The Fabulous Dorseys






Année: 1947
Réalisation: Alfred E. Green
Music: Jimmy Dorsey, Irving Berlin, Victor Shertzinger
Chorégraphie: Charles Baron

Casting: Jimmy Dorsey (lui même); Tommy Dorsey (lui même); Janet Blair (Jane); William Lundigan (Bob); Sara Algood (Mme Dorsey); Arthur Shields (M. Dorsey); Paul Whiteman (lui même); Art Tatum (lui même)...

Synopsis: Le parcours des frères Dorsey, Jimmy et Tommy , deux rois du swing, de leur enfance jusqu'au sommet de la gloire.

J'ai eu envie de revenir a cette rubrique des Musicals, mis en jachère depuis des lustres (un an et demi, il me semble) pour vous faire encore partager (et découvrir) ces musicals que je vois souvent pour la première fois mais  toujours avec plaisir.
Cette collection de Comédies Musicales me ravi encore et toujours. Voilà 3 ans qu'elle est commencée et je n'imaginais pas que le monde des Musicals était aussi important et divers.

Pour exemple, "The Fabulous Dorseys", dont je vais vous parler maintenant.
Ce film, sorti sur les écrans en 1947, fait parti de ces nombreux biopics musicaux dont le 7e art était friand dans les années 40. Bien évidemment, ces biopics ne sont pas à prendre au pied de la lettre niveau réalité. Comme souvent, la fiction s'invite (comme ce fut le cas avec "Ma vie est une chanson" (consacré au duo de compositeurs Rodgers & Hart) , "La pluie qui chante" (biopic sur Jerome Kern, autre compositeur) ou "Nuit & Jour" (biopic sur Cole Porter) dans le film en la personne du couple d'amoureux Jane, l'amie d'enfance des Frères Dorsey et Bob ,leur pianiste (deux personnages inventés pour le film).

La particularité du  film et son originalité, ce sont les interprètes des deux frères Dorsey:  ce sont  Jimmy et Tommy Dorsey, qui interprèteront leur propres rôles (enfin à l'âge adulte, bien entendu).  D'emblée, on peut trouver ça gonflé: faire un film sur des musiciens, comme un "hommage", et leur demander de "jouer" dans ce film, c'est un peu fort de café, comme un peu de mégalomanie.
Pour ma part,  je trouve au contraire que cela donne une authenticité au film. Il est même amusant de voir les deux frères rejouer leur fameuse dispute qui les sépara pendant dix ans. (au moment du tournage, les deux frères étaient bien évidemment réconciliés).

J'ai adoré ce biopic musical. Certes, il lui manque la couleur (mais bon après avoir vu plus d'une dizaine de musical en Noir & Blanc, je suis habitué et je n'en fait plus le cas), mais celle ci s'incarne dans la musique du film. Entendre ces morceaux de jazz et de swing m'a donné la pêche. Pour tout vous dire, je bougeais sur mon fauteuil au rythme de ces deux fabuleux orchestres. (Bien sûr, il faut aimer un tant soit peu le jazz et le swing pour pouvoir apprécier ce film à sa juste valeur).

Une musique entrainante, une histoire pas si banale que ça, puisqu'il y a de l'amour, des disputes, un petit suspense, de la tendresse, de l'émotion...tout ce qui fait un bon petit film. Le seul petit bémol: sa durée (1h24). C'est  vraiment trop court quand un film est aussi bon. De plus, I fall in love of Dorsey's Music. Je ne connaissais pas ces deux frères Dorsey, rois du swing, et maintenant, je n'ai qu'une envie: en écouter encore plus.

Jimmy & Tommy Dorsey: deux frères vraiment Fabulous!

Music cultes du film:


Marie: Tommy Dorsey



Art Tatum: Art's Blues



Un nouveau petit logo pour la rubrique "Musicals" (qui changera selon le film évoqué)














mercredi 31 août 2011

Musical #9: Le Chant du Missouri







Année: 1944
Réalisation: Vincente Minnelli
Music & Lyrics: Hugh Martin & Ralph Blane
Chorgraphie: Charles Walters

Casting: Judy Garland (Esther); Lucille Bremer (Rose); Margaret O'Brien (Tootie); Mary Astor (Anna); Leon Ames (Alonzo); Tom Drake (John Truett); Harry Davenport (Le grand-Père)...

Synopsis: 1903 à Saint-Louis. La famille Smith est très unie mais, quand le père accepte du travail à Chicago, l'ambiance se tend, surtout que ses filles vivent leurs premières amours. (Source Allociné)

Premier film de Vincente Minnelli en Technicolor, Le Chant du Missouri est un vrai plaisir pour les yeux. Les couleurs sont magnifiées et on assiste à de véritables tableaux.
C'est également ce film qui va donner aux Musicals ses lettres de noblesse.
Arthur Freed (producteur célèbre de Musicals à cette époque) décide d'adapter le roman de Sally Benson et confie la réalisation à Vincente Minnelli. C'est également Freed qui veut Judy Garland dans le rôle principal. Seul hic: la jeune femme de 22 ans en a assez de jouer les jeunes adolescentes romantiques et refuse. Elle accepte ensuite mais ne prend pas son rôle au sérieux et dénigre toutes ses répliques. C'est seulement après avoir eu une discussion avec Vincente Minnelli qui lui explique que si elle ne croit pas au film personne n'y croira qu'elle se reprend. Elle avouera par la suite que Le Chant du Missouri est son film préféré.

Comme je la comprend. Quand j'ai vu ce film pour la première fois l'année dernière, je me suis enthousiasmé dès les premières images. L'histoire est certe classique: suivre une famille, les Smith le temps d'une année, en suivant les saisons. Mais que de fraicheur, de luminosité, de joie de vivre dans ce film. C'est un enchantement tout simplement. Je comprend que le public américain lui ai fait un triomphe. C'est mérité. Ce film nous montre une belle image de l'American Way of Life. Mais surtout, on rit, on pleure, on chante (et quelles chansons!), on s'amuse, on a peur. Ce film, c'est la vie, tout simplement!

Mais que serait un film sans de fabuleux acteurs: Judy Garland, bien sûr, dont Minnelli va tomber amoureux sur le plateau (d'ailleurs cela se voit à l'écran, tant dans la scène pour la chanson de "Boys Next Door" ou "Have Yourself a Merry Little Christmas". Judy Garland y est sublime). Mais il ne faut pas oublier, Mary Astor qui interprète Anna Smith, la mère d'Esther, interprétée par Judy Garland. Mais aussi, Margaret O'Brien, qui donne vie à une Tootie espiègle, frondeuse, et pleine de vie. Elle est formidable cette little star!
Et bien sûr, il y a Tom Drake, le fameux Boy Next Door, dont parle la chanson: John Truett (dont Esther va tomber amoureuse (et elle n'est pas la seule, j'ai moi même eu un petit coup de coeur pour ce charmant jeune homme). Il est maladroit: j'ai beaucoup rit quand il parle du parfum d'Esther en le comparant à celui de sa grand-mère. Mais il est tellement charmant qu'on ne peut qu'être séduit...enfin que les filles ne peuvent qu'être séduites par lui.

Le studio voulait modifier le livre de Sally Benson, trouvant qu'il n'y avait pas assez de suspense. Sauf que Freed n'était pas d'accord. Pour lui, rien que le fait que M. Smith annonce à la famille qu'ils quittaient St Louis pour New York était suffisant. Et je pense qu'il avait raison. Ce futur départ m'a mis dans une angoisse et la scène où Tootie pleure en détruisant les Bonhommes de Neige car elle ne veut pas les laisser là sans elle: Son chagrin me fait pleurer à chaque fois.

Trois chansons vont être écrite par le duo Martin/Blane: "Boy Next Door", "The Trolley Song" et "Have Yourself a Merry Little Christmas" (les autres chansons du film sont des reprises de chansons du début du siècle comme la chanson "Meet Me in St Louis" qui fut écrite pour l'exposition universelle de 1904 (l'année où se situe l'action du film. Le film tourne autour de l'exposition Universelle de 1904 qui s'est déroulée à St Louis). Ces trois chansons vont devenir d'énormes succès: j'ai même été surpris d'apprendre que la chanson de Noël la plus célèbre après "White Chritsmas": "Have Yourself a Merry Little Christmas" avait été créée pour ce Musical.

Si vous ne connaissez pas ce Musical, n'hésitez pas une seconde. Vous passerez des moments merveilleux et délicieux. Pour ma part, c'est l'un de mes Musicals préférés.
Comme quoi, parfois, une simple histoire qui nous faire rire, pleurer, chanter, danser, cela suffit pour nous rendre heureux, du moins pendant presque 2h.
Oh mais excusez moi, j'entends le tramway qui arrive. Je ne voudrais pas le manquer: les Smith m'attendent pour le dîner. "Clang ,clang, clang went the trolley/Ding, ding, ding went the bell..."

Songs cultes du film



The Boy Next Door



The Trolley Song



Have Yourself a Merry little Christmas (Le 2e chant de Noël le plus célèbre au monde après "White Chrismas")(Pour la petite histoire les paroles étaient adressées aux soldats étant loin de chez eux. Le film datant de 1943-1944)


samedi 23 juillet 2011

Musical #8: Ma vie est une chanson



Année: 1948
Réalisation: Norman Taurog
Music: Richard Rodgers
Lyrics: Lorenz Hart
Choregraphie: Robert Alton

Casting: Mickey Rooney (Lorenz Hart); Tom Drake (Richard Rodgers); Perry Como (Eddie Anders); Ann Sothern (Joyce Harmon); Cyd Charisse (Margot Grant); Janet Leigh (Dorothy); Betty Garrett (Peggy)
et dans leur propres rôles: Judy Garland, June Alyson, Lena Horne, Gene Kelly, Vera-Ellen, Mel Tormé...

Synopsis: L'histoire romancée des auteurs-compositeurs Richard Rodgers et Lorenz Hart.


Deux ans après La Pluie qui chante, biopic musical consacré à Jerome Kern (musical que j'aime énormément), Arthur Freed décide de monter un biopic consacré au duo Lorenz Hart/Richard Rodgers. Au moment du tournage, cela fait 5 ans que Lorenz Hart est mort (ce film est un hommage), et Richard Rodgers collabore depuis avec Oscar Hammerstein. Travaillant à New York, Rodgers ne peut pas collaborer au film. Il envoie donc son beau-frère Ben Feiner Jr pour tout superviser. Malgré celà, le film prendra beaucoup de libertés avec les faits, surtout dans le portrait de Lorenz "Larry" Hart, en adoucissant son côté dépressif- dû à une homosexualité mal accepté (détail qui a été gommé dans le film, époque oblige je dirai). De même Rodgers, coureur de jupons invétéré sera montré dans le film comme un amoureux romantique et un mari idéal.

Le terme de biopic n'est donc pas tellement approprié car il prend des libertés avec la réalité. Tous les historiens de Broadway insistent sur le fait que ni Hart, ni Rodgers n'étaient comme dans le film. Ils disent même que le choix de Mickey Rooney est surprenant car il n'a aucun point commun avec le brillant et torturé Lorenz Hart, mis à part la petite taille. Mais bon, là, n'est pas trop le but du film. Le but de celui ci est de nous faire rêver au son des belles chansons écrites par Rodgers & Hart. Car les chansons entendues dans le film sont bien du duo.

Je dois vous dire que j'ai énormément aimé ce musical. Les chansons sont entrainantes ou mélancoliques et je dois dire que Mickey Rooney et Tom Drake forment un bon duo. Ils se complètent tous deux. J'ai beaucoup aimé l'entrain de Rooney et le charme de Drake.
De plus, il y a des guests dans ce film, c'est affolant: Gene Kelly-Vera Ellen; Mel Tormé, Perry Como, June Alyson, Lena Horne mais c'est une "invitée surprise" de marque qui va contribuer au succès du film: Judy Garland. Elle est l'actrice N°1 du studio et le grand patron Louis B. Mayer, lui propose un cachet exorbitant(50 000 dollars) pour interpréter une chanson "I Wish I Were in Love Again" en duo avec Mickey Rooney (tous deux se connaissent bien car ils ont tourné quelques musicals ensemble. Leur complicité se voit beaucoup à l'écran durant ce duo). (Petite anecdote:quelques mois après le tournage lors d'une projection test, le public a tellement aimé le passage de Judy Garland qu'ils en redemandent et Judy retourne en studio pour tourner le numéro "Johnny One Note" qui se trouve tout de suite après sa première séquence. (Le décor à dû être reconstruit et les figurants rappelés. La seule petite différence entre les deux scènes concerne la ceinture: Judy ne la porte pas dans la 2e séquence).
J'ai aimé les deux passages de Judy, même si j'ai une nette préférence pour son duo avec Rooney (les mimiques de Rooney durant la chanson sont très drôles). Ce que j'ai aussi aimé c'est revoir judy Garland et Tom Drake (interprétant le rôle de Richard Rodgers dans ce film) a nouveau réunis (Tom Drake était le jeune voisin dont Judy Garland tombait amoureuse dans Meet Me in St Louis (Le chant du Missouri) en 1944, soit 4 ans avant Ma vie est une chanson.

Tous les passages musicaux sont formidables et j'ai beaucoup aimé la prestation de Mickey Rooney, pleine de vie mais également de mélancolie.
Un musical à voir pour réécouter de belles chansons comme Where or When, The Lady is a Tramp; Manhattan et tant d'autres.
La vie de Lorenz Hart était une chanson. Une chanson qui nous trotte dans l'oreille même après la fin du film.

Song(s) cultes du film



I wish I were in love again by Judy Garland & Mickey Rooney



Johnny One Note by Judy Garland (regarder bien, la ceinture à disparue!)



Manhattan by Mickey Rooney, Marshall Thompson & Tom Drake (doublé par Bill Lee)



The Lady is a Tramp by Lena Horne



Blue Moon by Mel Tormé (triste mais tellement belle).

jeudi 7 avril 2011

Musical #7: La Pluie Qui Chante



Année: 1946
Réalisation: Richard Whorf
Music: Jerome Kern
Chorgraphie: Robert Alton

Casting: June Alyson (Jane Witherspoon/Lou Ellen Carter); Lucille Bremer (Sally Hessler); Judy Garland (Marilyn Miller); Kathryn Grayson (Magnolia Hawks); Lena Horne (Julie LaVerne); Robert Walker (Jerome Kern); Van Heflin (James Hessler)...

Synopsis: La vie du compositeur Jerome Kern, l'un des pionniers de la scène de Broadway et créateur notamment du célèbre Show Boat.

Cela faisait un moment que je n'avais pas fait de billet sur un Musical. Non pas que je n'en regardais plus. Je n'avais simplement plus envie d'en parler sur le blog: soit parce que je n'avais rien a en dire ou qu'il m'avait un peu déçu (pour la bonne et simple raison que ce n'était pas vraiment un Musical).
Puis, l'envie est revenu avec ce fabuleux biopic qu'est La Pluie qui chante.
Un biopic sur ce grand compositeur qu'était Jerome Kern et qui donna ses plus beaux airs populaires au public américain.
Ce film, qui date de 1946 réunit tous les plus grands talents de la MGM, à l'époque, de Lena Horne à Kathryn Grayson en passant par Judy Garland et Frank Sinatra qui aura l'honneur de chanter "Ol'Man River", l'un des grands succès de Kern dans le final du film.

J'ai adoré ce film et je ne me suis pas ennuyé une minute. Pourtant le film fait plus de 2 heures (2H12 pour être précis: et encore certaines séquences ont été coupées au montage après des séances-tests; des séquences de Judy Garland, Kahtryn Grayson et et de Lena Horne entre autres) mais j'en voulais encore. J'ai même versé ma petite larme en voyant le mot "The End" apparaitre car j'en voulais encore.

Ce biopic est tout d'abord un hommage à la carrière de Jérome Kern plutôt que sur sa vie personnelle qu'il trouvait sans intérêt. Nous assistons alors a une rétrospective de cette carrière en réécoutant ses plus grands airs. Le film commence d'ailleurs par la première de Show Boat à Broadway le 27 décembre 1927 à laquelle Jerome Kern (interprété magistralement par Robert Walker. Pour tout vous dire je suis tombé sous le charme) assiste. C'est un triomphe et un chauffeur l'emmène à une soirée donnée en son honneur au Waldorf. Sauf que sur le chemin Jerome-surnommé Jerry- Kern demande de faire un détour par le quartier où sa vie à totalement changée et où tout à commencé.

J'ai passé des moments merveilleux devant ce film qui est l'un des Musicals les plus connus du grand public et ce pour une bonne raison: à la fin des années 60, la MGM a négligé de renouveler les droits, ce qui fait que le film est tombé dans le domaine public. Le film étant libre de droits, plusieurs éditeurs vont proposer des VHS et plus tard des DVDs à la pelle. Mais également la BO du film (qui fut l'une des premières à être éditée simultanément avec la sortie du film) est tombée elle aussi dans le domaine public.

C'est toujours un vrai bonheur de retrouver Judy Garland dans un film même si elle n'a qu'un tout petit rôle, celui de Marilyn Miller, diva de Broadway disparue en 1936. Car, bien évidemment le film nous montre des personnes ayant existé comme Oscar Hammerstein ou Victor Herbert, des personnes qui ont côtoyés et travaillés avec Jerome Kern. En revanche, James Hessler, le meilleur ami et orchestrateur des oeuvres de Kern, ainsi que sa fille Sally, sont des personnages fictifs. Ce qui fait que le film oscille entre la fiction et la réalité. Mais ce qui importe avant tout, ce sont les chansons et les belles chorégraphies que nous proposent ce film.

Malheureusement, Jerome Kern ne verra pas le résultat final puisqu'il fut victime d'une attaque cérébrale le 11 novembre 1945, à l'âge de 60 ans. Le tournage se déroule de décembre 1945 à mai 1946 dans une certaine émotion. Arthur Freed n'imaginait pas qu'en lançant la production de ce film, son coup de chapeau deviendrait un hommage au musicien disparu.

Ce film connu un grand succès lors de sa sortie rapportant plus de 7 millions de dollars, battant l'un de ses concurrent Nuit et jour sortie quelques mois avant lui. Nuit et jour était un film consacré à la carrière d'un certain...Cole Porter.
Comme quoi les biopics des grands compositeurs de Musicals étaient très en vogue à cette époque. Et que les biopics existent depuis longtemps.

Mais cette Pluie qui chante, je ne l'oublierai pas de sitôt. Ce Musical rentre dans mon panthéon des plus grands Musicals et je le reverrai avec plaisir. Il m'a charmé (de par l'interprétation de Robert Walker dans le rôle de Kern), enchanté (j'ai beaucoup souri et été heureux devant les chorégraphies et chansons du film), ému (devant la demande en mariage de Jerry Kern à Eva ou le final du film qui est d'une beauté grandiose) et je n'ai qu'une envie: retrouver ces airs que j'adorerai chanter.


La Pluie qui chante (Till the Clouds Roll By) par Andsbury

Bande annonce du film

Songs cultes du film:


How'd You Like to Spoon With Me? par Angela... par Andsbury

Howd you like to spoon with me by Angela Lansbury


June Allyson Leave it to Jane par richardvallouise

Leave it to Jane by June Allyson


Judy Garland : Look for the silver lining par richardvallouise

Look for the silvern lining by Judy Garland


I won't dance par Van Johnson & Lucille Bremer par richardvallouise

I won't dance by Lucille Bremer & Van Johnson



Frank Sinatra - Old man river par Salut-les-copains

Old Man River: by Frank Sinatra

vendredi 4 février 2011

Musical #6: Les Girls




Année: 1957
Réalisation: George Cukor
Music & Lyrics: Cole Porter
Chorégraphie: Jack Cole

Casting: Gene Kelly (Barry Nichols); Mitzi Gaynor (Joy Henderson); Kay Kendall (Lady Sybil Wren); Taina Elg (Angèle Ducros); Jacques Bergerac (Pierre Ducros); Leslie Phillips (Sir Gerald Wren; Patrick Macnee (L'avocat)...

Synopsis: Les Girls, une Américaine Joy, une Anglaise Sybil et une Française, Angèle étaient les vedettes d'une troupe musicale dont l'animateur était Barry Nichols. Chacune s'est mariée et la troupe s'est dispersée jusqu'au jour où Sybil publie ses mémoires. Cette petite bombe va réunir de nouveau les girls!

Paris a souvent servi de décor pour les films américains, lui donnant une image romantique à chaque fois. Et le genre musical ne fait pas exception, bien au contraire. Mais là où Un américain à Paris donne une image innocente et romantique, Les girls préfère donner un ton plus ironique.

Ce Musical qui est considéré par son réalisateur, George Cukor, plus comme une comédie mis en musique est une comédie géniale, fait de flashbacks et nous donne à réfléchir sur le mensonge. Car, en effet, nous allons avoir droit à trois versions différentes de la même histoire et je n'ai pas pu savoir laquelle était la bonne. Si il y en a une de bonne.
J'ai ri devant ces quiproquos et ce fameux trio. C'était un régal encore une fois de revoir Gene Kelly (que j'adore) dans un rôle un peu différent de d'habitude. Lui qui habituellement joue les séducteurs romantiques, il donne corps à ce séducteur arrogant égoïste et manipulateur. Et j'ai adoré le voir sous cette image là.
Les trois girls sont magnifiques et je comprend que Barry ne puisse s'empêcher de les draguer.

George Cukor nous offre encore une fois une comédie très réussi, tout comme il le fit pour My Fair Lady ou pour Madame porte la culotte. Il excelle dans les scènes de quiproquos et j'ai été captivé jusqu'au bout à vouloir le fin mot de l'histoire. Sur ce coup, je suis resté sur ma faim car impossible de savoir la véritable vérité. Après tout, chacun se fait sa propre opinion et choisit de croire la version qu'il veut.

La musique de Cole Porter est encore une fois sublime, avec un goût de jazz que j'aime beaucoup. Et les chorégraphies et les numéros des girls sont à couper le souffle. Jack Cole à fait un travail remarquable et le numéro que j'intitulerai celui des marquises est à mourir de rire et c'est un plaisir pour les yeux. Et je trouve que l'oscar reçu pour les costumes cette année là est mérité. La chorégraphie du "Ballet du Motard", ou Gene Kelly parodie Marlon Brando est l'un des ballets chorégraphié par Kelly lui même. (Sa patte est d'ailleurs reconnaissable), remplaçant quelquefois Jack Cole car celui ci est tombé malade lors du tournage. Mais le nom de Gene Kelly n'apparait pas en tant que chorégraphe à sa demande. Une belle générosité de la part de Kelly, qui montre un visage plus humain du monde du spectacle.

Ces Girls sont magnifiques et m'ont fait passé un moment très agréable pendant près de deux heures. Je me rends compte que le genre du Musical est infini et que je n'ai pas terminé de faire de belles découvertes. Ces Girls en sont une de plus.

Song(s) cultes du film:



(Les girls )



(Ça c'est l'amour)



Why am I so gone about that Gal)
(le fameux "ballet du Motard" chorégraphié par Gene Kelly)

vendredi 28 janvier 2011

Musical #5: La Mélodie du Bonheur



Année: 1965
Réalisation: Robert Wise
Musique & Lyrics: Richard Rodgers & Oscar Hammerstein II
Chorégraphie: Marc Breaux & Dee Dee Wood

Casting: Julie Andrews (Maria); Christopher Plummer (Le capitaine von Trapp); Eleanor Parker (La Baronne); Richard Haydn (Max); Peggy Wood (La Mère Supérieure); Marni Nixon (Soeur Sophia); Charmian Carr (Liesl)...

Synopsis: Un veuf va voir sa tranquillité terriblement menacée par le charme d'une gouvernante engagée pour veiller sur sa nombreuse progéniture.

Revoir The Sound Of Music, c'est retrouver un morceau de son enfance. Je me suis replongé dans ce film avec une envie très forte d'être à la place d'un des enfants von Trapp et d'apprendre à chanter "Do Re Mi". Surtout avec une gouvernante aussi belle et gentille que Julie Andrews. Et dire que cette dernière, auréolé du succès rencontré par Mary Poppins a tout d'abord hésité le rôle de Maria, le trouvant trop proche de la nurse anglaise. Eh bien, heureusement qu'elle se laissa convaincre et qu'elle accepta car le film n'aurait pas été pareil sans elle.

Ce Musical est une vraie bouffée d'air pur et les paysages autrichiens m'ont fait encore une fois rêvé. Il y a énormément de poésie et d'amour dans ce film familial qui est devenu le film familial le plus populaire de tous les temps (et l'un des plus rentables de toute l'histoire du cinéma américain après Autant en emporte le vent et La Guerre des Etoiles, raflant au passage 5 oscars dont celui du meilleur film.

Robert Wise rajoute une pierre de plus à son palmarès après avoir triomphé avec West Side Story. Et on reconnait la patte du réalisateur dans sa manière de filmer la ville qui sert de décor au film. Dans "West Side", les rues de New York servent de décor pour les ballets, cette fois ci c'est Salzsbourg qui est mis en valeur et les montagnes du Tyrol deviennent le décor du multiples ballets. Sauf que danser en plein air s'avère harassant pour les acteurs (pour la scène d'ouverture, Julie Andrews a du mal a se tenir droite. Il faut dire que cela ne doit pas être évident de danser dans ces prairies et ces montagnes). Le résultat est a saluer car les ballets sont fabuleux.

Quand je regarde ce film, je retrouve mes réactions d'enfants, je m'esclaffe et je pleure en même temps. Les chansons sont toutes devenues des classiques (et le choix des chansons à la fin va être problématique pour moi.) et je les fredonne toujours avec plaisir.
Contrairement à d'autres musicals dont la durée excède 2 heures, je ne vois pas le temps passer devant les 2h47 du film. Et aucune scène n'est superflues et trainent en longueur.

Le scénariste du film Ernest Lehman (également scénariste de La mort aux trousses et West Side Story) a eu la bonne idée d'inclure une deuxième partie plus sombre que la première avec l'annexion de l'Autriche et la fuite des von Trapp. Il aurait pu céder à la facilité et terminer le Musical, comme beaucoup de musicals se terminaient à l'époque (par exemple Guys & Dolls ou Hello Dolly) par le mariage de Maria et du Capitaine von Trapp. Il ne l'a pas fait et tant mieux car cela donne une touche de réalisme au film et nous rappelle à quelle époque se passe le film: dans les années trente juste avant la guerre.
Certes, le film ne se termine pas tragiquement comme dans West Side- c'est un film familial tout de même ne l'oublions pas-, mais cette petite touche de drame nous montre qu'après l'insoucience que j'ai ressenti, la peur s'est progressivement installé,je me demandais si la famille von Trapp allait pouvoir fuir sans danger.Et cela me fait le coup à chaque fois que je le vois, même en connaissant la fin.

Cette Mélodie n'est que du bonheur. Alors, si vous avez un coup de cafard, écoutez (et regardez) The Sound Of Music et il s'envolera comme par magie.

Song(s) cultes du film



(Do Re Mi) ( l'image n'est pas de bonne qualité. J'en suis navré mais c'est la seule que j'ai pu trouver).



(Edelweiss)



(Sixteen going on seveteen)



(Sixteen going on seventeen) (2e version)



(The lonely goatherd)


mercredi 19 janvier 2011

Musical #4: Show Boat




Année: 1951
Réalisation: George Sidney
Musique: Jerome Kern
Lyrics: Oscar Hammerstein II
Chorégraphie: Robert Alton

Casting: Kathryn Grayson (Magnolia Hawks; Ava Gardner (Julie La Verne); Howard Keel (Gaylord Ravenal); Joe E. Brown (Capitaine Andy Hawks); Agnès Moorehead (Parthy Hawks); Marge Champion (Ellie May Shipley); Gower Champion (Franz Schultz)...

Synopsis: En 1890, Julie trouve une place de vedette dans une revue présentée sur le bateau Show Boat qui descend le Mississippi. Mais, apprenant qu'elle a du sang noir dans les veines, ses employeurs la renvoie. Désespérée, elle sombre dans l'alcoolisme et erre de cabaret en cabaret.

Tiré d'un roman d'Edna Farber, Show Boat est l'une des premières comédies musicales à avoir un succès retentissant (qui a d'ailleurs été joué au Chatelet à Paris en 2010 dans un spectacle de plus de trois heures!). Il était normal que le cinéma s'en empare. Il le fait en 1929 puis en 1936 avant qu'Arthur Freed donne sa version de Show Boat en 1951. Pourtant la MGM avait acheté les droits en 1938 mais il faudra plus de dix ans à Arthur Freed pour voir son projet devenir réalité. Kathryn Grayson et Judy Garland sont d'abord pressenties pour les rôles de Magnolia et Julie. Mais quand le film verra enfin son premier tour de manivelle, Judy Garland vient d'être "remercié" par la MGM, il faut lui trouver une remplaçante.
Comme le rôle de Julie est celui d'une métisse, ils pensent tout d'abord à Lena Horne mais la prudence commerciale fera que c'est finalement Ava Gardner qui aura le rôle. (La raison pour laquelle Lena Horne a été écartée du projet est malheureusement parce que dans certains états du Sud, ses films sont censurés. Et comme la question du métissage abordée dans le film pose déjà problème puisque le code Hays essaient d'empêcher Freed de faire le film, ils préfèrent ne pas en ajouter).
D'ailleurs, le résumé du film met l'accent sur le rôle de Julie alors qu'elle n'aura qu'un petit rôle dans le film. Bien dommage car Ava Gardner m'a beaucoup touchée dans le film et j'aurai voulu la voir plus.
Le film est plus centré sur le couple Magnolia/Gaylord et c'est bien dommage car ils m'ont moins touchés. Gaylord est le personnage que j'ai le plus détesté (et dire que dans le spectacle de Broadway, il est encore plus méchant. C'est vous dire), il est un joueur invétéré qui va quitter sa femme au moment où ils seront dans la dèche la plus totale. C'est un menteur, un roublard... Enfin bref, pauvre Nollie. Heureusement qu'elle va retrouver ses parents et le show Boat.

Ce film m'a ému (touchante Julie dont la déchéance m'a fait pleurer), fait rêver (les costumes aux couleurs chatoyantes m'ont éblouis), frissonner (magnifique Ol' Man River) et même si il nous donne une version un peu plus édulcoré que dans le spectacle original (qui était l'un des premiers a faire jouer des acteurs et chanteurs noirs sur scène en 1927. Avant cela, c'était des acteurs blancs qui se grimaient pour les rôles noirs) et la fin fait plus grand public, (c'était le souhait d'Arthur Freed et la marque de fabrique de ses musicals, une vision très MGM, grand public et Technicolor), c'est un film qui marque et que je reverrai avec plaisir. Rien que pour la charmante et émouvante Ava Gardner.

Alors faites comme moi, embarquez sur ce Show Boat qui longe le Mississippi et laissez vous bercer par cette musique que vous n'oublierez pas de sitôt.

Song(s) cultes du film:



(Ol'Man River)




(Can't help lovin' that man) (Ce n'est pas Ava Garnder qui chante. Elle est doublée par Annette Warren. Pourtant elle se débrouillait plutôt bien. D'ailleurs, pour des questions de droits, c'est Ava Gardner qui chante sur la bande originale du film)



(Bill)